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#201 22/09/2021 20h43

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Quel est votre avis aujourd’hui sur Generic Sweden ? Je comptais en prendre, mais après la claque sur CBrain j’ai largement tempéré mes ardeurs. Est-ce que les ratios et les perspectives justifient une valo aussi élevée selon vous ?


L1vestisseur

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[+2]    #202 22/09/2021 21h43

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Bonsoir,

Au risque de vous décevoir, je n’en ai pas la moindre idée. Vu que toute l’information investisseur est en Suédois, il m’est très difficile de faire une analyse approfondie.

Tout ce que j’avais constaté à l’époque, c’était un secteur sexy / porteur, avec une forte amélioration des résultats, surprenant dans le bon sens, et des projections des analystes optimistes pour la suite. Mais bon ça vaut ce que ça vaut hein, les projections, surtout quand il n’y a qu’un analyste qui se trouve par hasard être le cousin de la belle sœur du PDG :-D

Autant vers une trentaine d’EBITDA, pourquoi pas payer pour voir, autant là, je serais vraiment plus prudent. Quitte à payer 50xEBITDA, je reprendrais plutôt du Esker / Alfen / Garo etc, qui me semblent plus facile à suivre…

Sachant que la FED nous dit ce soir qu’il y a un peu plus d’inflation que prévu, avec un tapering dans les tuyaux, je suis plutôt méfiant sur ces small caps à forte croissance.

Mais il faut dire que je me sens d’humeur très "ours" ces jours ci, probablement la météo, et regarde passer les trains: Lumibird et Nature House encore aujourd’hui (pas voulu payer à +4, on finit à +9 mdr). Bon pour Lumibird j’ai une excuse, puisque je suis déjà dedans ;-)

Je me tâte depuis un moment sur Enento aussi. Mais bon je ne peux pas être partout.

Edit: je fais partie de ces gens qui pensent que parce que ça a déjà monté beaucoup, ça ne peut plus donner grand chose. Principe démenti quotidiennement en bourse (ASML, Sartorius, Esker, le luxe jusque récemment etc), mais je continue d’être sujet à ce biais dont j’ignore le nom (retour à la moyenne ?). Ou alors c’est juste de la vexation d’avoir manqué le départ du train, allez savoir, auquel cas c’est encore pire..

Dernière modification par Nemesis (22/09/2021 21h49)

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[+1]    #203 23/09/2021 08h41

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Bonjour Nemesis

J’ai parcouru un peu votre file, et vous avez des choix de valeur poussés.

J’ai une remarque pas plaisante mais que je me pose vraiment, sur laquelle il me semble que votre commentaire serait interessant.

-Je regardais vos valeurs justement car ce sont des entreprises interessantes, et je vois des PE de 35, 50, 70 pour des entreprises, qui ne croient pas forcément vite.

Or, sur la page 1 de votre file, vous notez qu’un PE de 29 est cher, ou même 24 fois.

Avez vous fait un rabaissement de vos criteres de prix depuis 2019 ? Est ce du a une désensibilisation aux valorisations fournies par le marché? Ou c’est juste l’augmentation des prix de vos entreprises?

J’y vois un fort risque de retours futurs decevants et de glissement, c’est a dire que nos criteres suivent le sentiment du marché au lieu de rester propre à nous et nous empechent la discipline sur la valorisation.

Dernière modification par BulleBier (23/09/2021 08h41)

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Favoris 1   [+6]    #204 26/09/2021 23h13

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Bonjour Bullebier,

Tout d’abord merci pour votre retour et votre question très pertinente.
Désolé de vous avoir fait attendre mais je voulais formaliser la réflexion, tant dans mon esprit qu’à l’écrit, et cela a pris du temps - d’autant plus que je n’en disposais pas ce WE, de temps ;-)

Réponse courte:
Oui, j’ai évolué. Est ce à cause de la mode du marché ?
Forcément peut être un peu, personne ne peut prétendre être totalement imperméable aux influences extérieures alors que nous sommes noyés quotidiennement sous les informations.
M’enfin j’aime à croire qu’il y a une bonne part de réflexion personnelle et d’apprentissage là dedans…

Réponse longue:

*Cette fois, c’est différent ? (d’il y a un siècle)

Il faut savoir que j’ai commencé à me former en lisant Benjamin Graham, la bible en somme. Je me suis dit "OK la bourse c’est pas compliqué, on achète pas cher et on vend cher".
Comment on sait si c’est cher ? Bah on regarde si les ratios ils sont plus bas que d’habitude, notamment le P/B (comme ça on sait si on achète un peu d’usines, ou beaucoup d’usines…).
Vraiment facile ! Les premiers messages de la file reflètent ce mode de pensée…

Et c’est comme ça que l’on se retrouve avec plein de boîtes sur des secteurs en déclin ou structurellement difficiles, en disruption, des cycliques en fin de cycle etc (auto, banques, assurances, pétrolières, telco …) des boîtes à gros dividende qui distribuent plus qu’elles ne devraient (Orange ?) ou qui n’ont pas de perspective de réinvestissement.
Il n’y a guère que les foncières de commerce que j’ai évité au début, d’avantage parce qu’elles ne rentrent pas en PEA qu’autre chose, autrement j’aurais sûrement pris du Unibail comme tout le monde.
Et je suis persuadé que j’aurais trouvé les foncières de logistique (Argan) ou de data centers trop chères à l’époque si elles rentraient en PEA (d’ailleurs il est probable que ce soit toujours le cas).

Sauf que, bien que les enseignements de Graham restent plein de sagesse et sa "philosophie" très pertinente, je pense que ses écrits ne doivent pas être pris au sens littéral, et être adaptés au contexte actuel:
- de circulation instantanée de l’information
- d’entreprises du monde virtuel et de services vs manufacturières
- de monde qui évolue toujours plus vite
- de taux zéro et de "quoi qu’il en coûte"
- d’administration du marché par les Banques Centrales
- de gestion passive, d’ETFs momentum etc…

Sans remonter jusque Graham, au tournant des années 2000 les fonds Euros rapportaient du 4%, et mon premier PEL plus que cela ! Pour l’anecdote, j’ai eu l’intelligence de le fermer contre l’avis de mon banquier de l’époque pour constituer un apport personnel pour un appart (bravo l’artiste, je ne connaissais pas la communauté IH à l’époque !).
Pensez vous qu’avec une inflation à 2% et des taux réels négatifs - je suis actuellement rémunéré pour avoir acheté ma RP à crédit ! - on puisse valoriser les actions comme le faisait Graham ?

Alors bien sûr, vous allez me rétorquer que c’est une anomalie historique.
Certes, mais cette anomalie dure depuis maintenant une décennie, et la baisse des taux est une tendance longue, dont les Banques Centrales vont avoir le plus grand mal à sortir.

Néanmoins, peut être cette tendance arrive t’elle à sa fin ?
Peut être que la transition énergétique et écologique, la nouvelle guerre froide US/Chine et les relocalisations, la fin des ressources abondantes et pas chères, une accélération démographique, la fin du progrès technologique … vont sonner le glas du cycle déflationniste que nous connaissons en occident.
Mais cela fait beaucoup de "peut être" et en attendant de le voir concrètement, je préfère continuer à raisonner dans le paradigme actuel. Il est somme toute logique que dans un monde où le capital est abondant et le rendement une denrée rare, les actions se paient plus cher qu’au 20e siècle.

*La pertinence du PER

Sur la pertinence du ratio PER en particulier, et les considérations sur les valorisations à l’heure actuelle, je vous renvoie à l’excellent post de Corran, en réponse à Ursule:
Encore un krach sur le marché actions… p.286
Le PER nécessite tellement de retraitements qu’il ne représente plus grand chose, les ratio que je trouve les plus pertinents désormais seraient EV/EBITDA et EV/EBIT.
Après, on peut mettre de côté le débat sur le PER et parler de "valorisation" au sens large, ce qui est l’esprit de votre question…

*La qualité d’abord, le prix ensuite (ou plutôt l’optimum des deux)

Bref, j’ai continué à me former, à lire d’autres bouquins (notamment ceux proposés par l’IH sur l’autoformation à la bourse), dont ceux de Fisher, Buffet ou Peter Lynch (Lynch est probablement mon chouchou car en plus d’être tout à fait pertinent, amusant à lire).
Le résultats de ce gloubiboulga et de ma - très - modeste expérience, c’est que la qualité et les fondamentaux doivent passer bien avant le prix, le prix n’est qu’une préoccupation secondaire.
Quand on achète, il faut considérer que l’on va conserver la société (au moins) 10 ans, et qu’elle sera encore là - et beaucoup plus forte si possible - dans 10 ans.
Ca ne veut pas dire qu’il ne faut plus la regarder après (encore que c’est peut être ce qui marcherait le mieux), hein, mais c’est l’état d’esprit dans lequel on doit se trouver.
On ne vendra que si les fondamentaux évoluent ou si la valo est vraiment déconnante. Et encore, pour l’instant quand j’ai vendu car "trop cher", ça a fait X2 dans les 6 mois.

Qu’est ce qui définit de bons fondamentaux:
- Un secteur porteur, surfant sur une ou plusieurs méga tendances (essayer de les distinguer des modes éphémères).
- Au moins un peu de croissance (qui a envie d’acheter un business décroissant ? Pas d’acheteur => cours en baisse). Beaucoup c’est mieux, mais c’est plus cher… On y reviendra ;-)
- Une activité pérenne avec un risque modéré de disruption (souvent la disruption ne devient visible qu’une fois le secteur malmené, malheureusement…).
- Une activité résiliente au cycle économique, des revenus récurrents (éviter les années de perte, qui sont autant de temps gaspillé, et éviter de devoir "timer" le cycle).
- Une activité qui répond aux besoins fondamentaux de l’être humain (se nourrir, se soigner, se loger, se reproduire/séduire etc… on sous pondère les "loisirs" / conso discr.).
- Un bon track record, de mauvaises performances passées présageant rarement d’un futur brillant (SG, Orange …), sauf si l’on comprend vraiment la nature du changement fondamental, et pourquoi le crapaud va devenir un prince charmant.
- De la "scalabilité" (ex: logiciel) et/ou un effet réseau (les GAFAM).
- Une niche où l’acteur domine la concurrence, qui n’intéresse pas trop les "gros" (ex: Lectra, Viscofan).
- Plutôt du B2B que du B2C. En B2C, une niche ou des marques très fortes: les modes changent vite chez les particuliers, alors que les pros évitent le changement car il induit des coûts/risques.
- Des marges élevées par rapport au secteur et relativement peu fluctuantes.
- Des retours sur capitaux investis élevés (<10 on ne regarde pas, 15 ça devient sympa, >20 Yummy!): une entreprise qui fabrique plein d’argent avec son capital et qui sait/peut reproduire la recette devrait enrichir ses actionnaires.
- Un endettement raisonnable / sous contrôle (cela dépend de l’activité, et de ce que finance la dette).
- Un gros "moat". Mais si les autres critères sont remplis, il y en a sûrement un de toutes manières.

D’une façon générale, le temps doit jouer pour nous. Si on surpaye un beau business, il "suffit" d’attendre et la valeur rattrapera le prix, sauf catastrophe. Par contre sur un mauvais business qui continue de s’enfoncer, même acheté pas cher, l’attente n’est pas très confortable.

*La question du prix

Bon le problème avec le prix, c’est que lorsqu’une société remplit la majeure partie des critères ci - dessus, elle est souvent chère, en tout cas si l’on se base sur les ratio de l’exercice précédent ou en cours.
Mais quand on y réfléchit, il est parfaitement normal qu’un business résilient, avec des revenus récurrents, des perspectives de croissance, une forte position concurrentielle, qui compose à des 20% et plus, se paie plus cher qu’un business "quelconque" (ou pourquoi L’Oréal se paie plus cher que Renault).
Il y a des business que l’on ne verra jamais à un P/E de 10, sauf apocalypse financière, et il faut l’accepter (soit accepter le prix, soit accepter de rester en dehors).
Donc ensuite la question est où on met le curseur entre la qualité / les perspectives vs la valorisation.

D’après ma modeste expérience:
- Lorsque j’ai acheté une valeur pour sa faible valorisation ou son gros dividende, ça s’est souvent mal passé pour le moment. Si c’est "pas cher", il faut en comprendre la raison, la nature des craintes du marché. Si le problème est conjoncturel, avoir une thèse de sortie de crise de la société. Si les problèmes sont structurels, on n’y touche pas ! Or il n’est pas toujours évident de distinguer les deux, et certaines sociétés cumulent les deux types de problème.
  Mon track record suggère que je ne suis pas particulièrement brillant dans cet exercice :-D
  A la limite sur une micro cap, on peut imaginer que le marché ne s’intéresse pas à cette valeur et ne réalise pas son potentiel (=> anomalie), mais sur les grosses caps ça semble très rare.
- A l’inverse les actions pour lesquelles j’ai accepté de payer un premium pour leurs performances financières ont souvent très bien performé. (ex: le luxe, le logiciel)
- Enfin les valeurs que j’ai refusé de surpayer ont la plupart du temps poursuivi leur parcours haussier exceptionnel sans moi (ex: Sartorius Stedim depuis 2019, HMS Networks ou Hexagon que j’ai regardées en début d’année…)

Peut être que c’est dû au marché très haussier depuis mes débuts, au contexte très favorable aux valeurs de croissance, et que cela changera, rien n’est écrit d’avance…

Mais alors comment faire pour ne pas surpayer ?
- on peut acheter des sociétés médiocres, avec vraisemblablement des performances correspondantes, sauf à être bon en timing.
- on peut acheter de belles sociétés pendant les soldes. C’est le scénario idéal et dont on rêve tous, le problème étant qu’est ce qu’on fait en dehors des soldes ? On dort sur son cash ? Surtout quand, comme moi, on a prévu d’investir de façon régulière…
- on peut prendre le risque de surpayer et peut être se manger un krach ou un accident de parcours de la société dans les mois qui suivent… Compter sur un DCA pour lisser le prix d’entrée ?

Conclusion:

Aujourd’hui j’essaie d’avoir une approche GARP: chercher une opportunité qui me semble présenter un compromis qualité / résilience / perspectives / prix raisonnable, indépendamment du niveau du marché.
Depuis l’été, je trouve que ça devient difficile et les valorisations élevées m’amènent à une certaine défiance qui m’a fait manquer les quelques opportunités qui se sont présentées.

J’espère que cela répond à votre question, et reste à votre disposition si quelque chose n’est pas clair.

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[+1]    #205 27/09/2021 11h54

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Eh bien le timing du précédent post ne pouvait pas mieux tomber, puisque ce matin le marché fête la victoire de l’occident sur le virus et la réouverture des liaisons aériennes US/Europe, en entamant une nouvelle rotation sectorielle, vendant la croissance défensive et achetant du transport aérien et de la cyclique. A moins que ce ne soit le réveil tardif du taux US 10 ans aux propos de la FED… Remake du début de l’année ?

Dernière modification par Nemesis (27/09/2021 11h56)

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[+1]    #206 27/09/2021 20h34

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Bonjour Nemesis,

Vous avez le mérite de poser la réflexion smile. Quelques questions pour lesquelles j’aimerais avoir votre sentiment.

1/

D’une façon générale, le temps doit jouer pour nous. Si on surpaye un beau business, il "suffit" d’attendre et la valeur rattrapera le prix, sauf catastrophe.

On entend/lit souvent cela. Est ce que vous sous-entendez que le cours pourrait stagner mais qu’à un moment donné dans le temps (indéfini par définition), les fondamentaux seront en parfaite corrélation avec la valorisation?

Si c’est cela n’y a t’il pas mieux à faire de son argent et revenir sur cette valeur d’extrême qualité quand les fondamentaux auront rattrapé le cours?

2/

Aujourd’hui j’essaie d’avoir une approche GARP: chercher une opportunité qui me semble présenter un compromis qualité / résilience / perspectives / prix raisonnable, indépendamment du niveau du marché.

J’essaie d’avoir la même approche donc n’y voyez pas malice de ma part wink.

Cependant est ce que ça ne rentre pas en contradiction avec vos propos précédents? Si une entreprise croit, a de bons fondamentaux et de belles perspectives, comment le marché ne pourrait il pas le voir et valoriser en conséquence cette société?

Dit autrement, si la valorisation est attractive malgré les fondamentaux, n’y a t’il pas comme vous dites une raison que nous particuliers ne saisissons peut être pas?

Finalement, est ce que toute cette démarche ne nous ramène pas au point de départ?

A savoir essayer de trouver des anomalies de marché peu importe notre style d’investisseurs (qualité, croissance, value) ?

Der anfang ist das ende und das ende ist der anfang

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[+1]    #207 28/09/2021 12h19

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Nemesis, le 26/09/2021 a écrit :

Et c’est comme ça que l’on se retrouve avec plein de boîtes sur des secteurs en déclin ou structurellement difficiles, en disruption, des cycliques en fin de cycle etc (auto, banques, assurances, pétrolières, telco …) des boîtes à gros dividende qui distribuent plus qu’elles ne devraient (Orange ?) ou qui n’ont pas de perspective de réinvestissement.

Merci pour vos perspectives.
C’est vrai que ce sont des secteurs a eviter dans la majeure partie du temps, mais quand ils sont value, cela rapporte gros, (Civeo, Gazprom, Bank of Ireland recemment).

Nemesis, le 26/09/2021 a écrit :

Sauf que, bien que les enseignements de Graham restent plein de sagesse et sa "philosophie" très pertinente, je pense que ses écrits ne doivent pas être pris au sens littéral, et être adaptés au contexte actuel:
- de circulation instantanée de l’information
- d’entreprises du monde virtuel et de services vs manufacturières
- de monde qui évolue toujours plus vite
- de taux zéro et de "quoi qu’il en coûte"
- d’administration du marché par les Banques Centrales
- de gestion passive, d’ETFs momentum etc…

Sans remonter jusque Graham, au tournant des années 2000 les fonds Euros rapportaient du 4%, et mon premier PEL plus que cela ! Pour l’anecdote, j’ai eu l’intelligence de le fermer contre l’avis de mon banquier de l’époque pour constituer un apport personnel pour un appart (bravo l’artiste, je ne connaissais pas la communauté IH à l’époque !).
Pensez vous qu’avec une inflation à 2% et des taux réels négatifs - je suis actuellement rémunéré pour avoir acheté ma RP à crédit ! - on puisse valoriser les actions comme le faisait Graham ?

Alors bien sûr, vous allez me rétorquer que c’est une anomalie historique.
Certes, mais cette anomalie dure depuis maintenant une décennie, et la baisse des taux est une tendance longue, dont les Banques Centrales vont avoir le plus grand mal à sortir.

Néanmoins, peut être cette tendance arrive t’elle à sa fin ?
Peut être que la transition énergétique et écologique, la nouvelle guerre froide US/Chine et les relocalisations, la fin des ressources abondantes et pas chères, une accélération démographique, la fin du progrès technologique … vont sonner le glas du cycle déflationniste que nous connaissons en occident.
Mais cela fait beaucoup de "peut être" et en attendant de le voir concrètement, je préfère continuer à raisonner dans le paradigme actuel. Il est somme toute logique que dans un monde où le capital est abondant et le rendement une denrée rare, les actions se paient plus cher qu’au 20e siècle.

Investir sur la base d’un changement de paradigme perçu revient a faire un choix macro economique fort. Je pense qu’il faut mieux investir pour resister plutot bien a tout type de paradigme, celui actuel et aussi un retour a l’inflation ou aux ressources, une baisse des valorisations, un scenario sans croissance ou la techno est leader, etc. Cette fois c’est different n’est pas un bon adage boursier.

Nemesis, le 26/09/2021 a écrit :

Quand on achète, il faut considérer que l’on va conserver la société (au moins) 10 ans, et qu’elle sera encore là - et beaucoup plus forte si possible - dans 10 ans.
(…)

- A l’inverse les actions pour lesquelles j’ai accepté de payer un premium pour leurs performances financières ont souvent très bien performé. (ex: le luxe, le logiciel)
- Enfin les valeurs que j’ai refusé de surpayer ont la plupart du temps poursuivi leur parcours haussier exceptionnel sans moi (ex: Sartorius Stedim depuis 2019, HMS Networks ou Hexagon que j’ai regardées en début d’année…)

Peut être que c’est dû au marché très haussier depuis mes débuts, au contexte très favorable aux valeurs de croissance, et que cela changera, rien n’est écrit d’avance…

Mais alors comment faire pour ne pas surpayer ?
- on peut acheter des sociétés médiocres, avec vraisemblablement des performances correspondantes, sauf à être bon en timing.
- on peut acheter de belles sociétés pendant les soldes. C’est le scénario idéal et dont on rêve tous, le problème étant qu’est ce qu’on fait en dehors des soldes ? On dort sur son cash ? Surtout quand, comme moi, on a prévu d’investir de façon régulière…
- on peut prendre le risque de surpayer et peut être se manger un krach ou un accident de parcours de la société dans les mois qui suivent… Compter sur un DCA pour lisser le prix d’entrée ?

Conclusion:

Aujourd’hui j’essaie d’avoir une approche GARP: chercher une opportunité qui me semble présenter un compromis qualité / résilience / perspectives / prix raisonnable, indépendamment du niveau du marché.
Depuis l’été, je trouve que ça devient difficile et les valorisations élevées m’amènent à une certaine défiance qui m’a fait manquer les quelques opportunités qui se sont présentées.

J’espère que cela répond à votre question, et reste à votre disposition si quelque chose n’est pas clair.

C’est vrai que surpayer pour une entreprise de croissance, c’est pas trop trop grave si on a un horizon 10-15 ans. Mais quel investisseur aura la patience de regarder un cours plat sur 10-15 ans si il paye des PE de 100 ou plus, ou meme sur 5 ans car il paye un pe de 60 (scenario de crise sur les valorisations). Pas moi en tout cas.

Sur ce qui a marché dans le passé, lorsque l’on a eu une expansion des multiples enormes, il faut  recalculer le retour sans expansion pour evaluer un retour futur. Sinon encore on specule une future expansion des multiples, et c’est plutot hardi.

Je pense qu’il y a toujours des approches GARP pas tres cheres quand on cherche bien, pas besoin de soldes generales comme vous le dites, mais il faut etre selectif, comme des entreprises qui passent beaucoup de depreciation, ou des entreprises en Asie ou Europe de l’est.

Dernière modification par BulleBier (28/09/2021 12h20)

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[+2]    #208 28/09/2021 13h54

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Bonjour Selden,

Merci pour vos remarques, je vais finir par me luxer un neurone avec toutes ces réflexions big_smile

Selden, le 27/09/2021 a écrit :

Vous avez le mérite de poser la réflexion smile. Quelques questions pour lesquelles j’aimerais avoir votre sentiment.

1/

D’une façon générale, le temps doit jouer pour nous. Si on surpaye un beau business, il "suffit" d’attendre et la valeur rattrapera le prix, sauf catastrophe.

On entend/lit souvent cela. Est ce que vous sous-entendez que le cours pourrait stagner mais qu’à un moment donné dans le temps (indéfini par définition), les fondamentaux seront en parfaite corrélation avec la valorisation?

Si c’est cela n’y a t’il pas mieux à faire de son argent et revenir sur cette valeur d’extrême qualité quand les fondamentaux auront rattrapé le cours?

Si, bien sûr qu’il y a mieux à faire ! Je n’ai jamais dit qu’il fallait acheter à n’importe quel prix. Mais êtes vous capable de dire combien vaut réellement chacune de vos actions à l’euro près, sachant que cela peut varier d’une news/publi à l’autre, et que le marché, qui passe ses journées à chercher le bon prix semble lui même avoir le plus grand mal. Je voulais dire qu’il peut arriver de surpayer, soit volontairement (le marché attribue un premium à cette valeur et vous acceptez de payer car vous pensez que ce premium persistera ou que cela restera néanmoins un bonne idée à long terme), soit accidentellement, car vous étiez simplement trop optimiste sur cette valeur, ou vous avez raté un élément.

Il n’empêche que dans le cas hypothétique où vous avez surpayé, mieux vaut avoir business de grande qualité qui sort de bonnes publis, que l’inverse. Mon point était surtout que si l’on doit attendre avec une valeur en portif,  il est plus confortable psychologiquement d’attendre avec une société qui a de bonnes performances (financières / économiques), c’est tout. A priori cela reste une erreur d’avoir surpayé :-)

Si en considérant deux sociétés, A et B, avec les mêmes perspectives, vous êtes capable de dire que A est 20% surévaluée par rapport à B, achetez B ! Sauf si par exemple:
- Vous avez déjà plein de A et voulez quand même un peu de B, dans un esprit de diversification.
- Vous n’avez pas totalement confiance dans votre évaluation (mon cas).

Sur le fond vous avez parfaitement raison mais c’est plus facile à dire qu’à faire !

Selden, le 27/09/2021 a écrit :

2/ Aujourd’hui j’essaie d’avoir une approche GARP: chercher une opportunité qui me semble présenter un compromis qualité / résilience / perspectives / prix raisonnable, indépendamment du niveau du marché.

J’essaie d’avoir la même approche donc n’y voyez pas malice de ma part wink.

Cependant est ce que ça ne rentre pas en contradiction avec vos propos précédents? Si une entreprise croit, a de bons fondamentaux et de belles perspectives, comment le marché ne pourrait il pas le voir et valoriser en conséquence cette société?

Dit autrement, si la valorisation est attractive malgré les fondamentaux, n’y a t’il pas comme vous dites une raison que nous particuliers ne saisissons peut être pas?

Finalement, est ce que toute cette démarche ne nous ramène pas au point de départ?

A savoir essayer de trouver des anomalies de marché peu importe notre style d’investisseurs (qualité, croissance, value) ?

Haha oui c’est un peu la quadrature du cercle cette histoire …C’est sûr que tout le monde cherche à faire une bonne affaire en bourse, en général :-)
Et comment faire une bonne affaire s’il n’y a pas d’anomalie ?
Il me semble que si dans l’ensemble le marché est relativement efficient, et si les cours réagissent en général "dans le bon sens" aux nouvelles, il y a tout de même ponctuellement des anomalies et des exagérations, et le marché me semble parfois extrapoler les tendances à l’infini:
- panique / euphorie
- modes sectorielles
- petites sociétés peu suivies
- transformation du business que le marché tarde à valoriser
- problème conjoncturel

Mais en fait par GARP, je n’entends pas forcément "en solde", ou "anomalie", j’entends plutôt à son prix. Ensuite la création de valeur de la société fait le reste, les profits futurs deviennent un peu moins futurs, et le cours suit les bénéfices (croissants)…

Bonne journée et au plaisir d’échanger !

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#209 28/09/2021 20h14

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Bonjour Nemesis,

Mais en fait par GARP, je n’entends pas forcément "en solde", ou "anomalie", j’entends plutôt à son prix. Ensuite la création de valeur de la société fait le reste, les profits futurs deviennent un peu moins futurs, et le cours suit les bénéfices (croissants)…

Vous touchez là le vrai problème.
Je vous rejoins. La difficulté étant de trouver ces entreprises la pour un particulier, qui fassent in fine mieux que le marché, car sinon autant acheter un etf ^^.

Bien à vous,

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#210 28/09/2021 23h55

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@Selden: c’est pour ça qu’environ 50% de mes apports d’épargne vont désormais sur l’ETF World, ce qui en plus d’être reposant, m’assurera de ne pas trop dévier du marché, à terme…

@BulleBier:

Dans l’ensemble, je trouve vos réflexions pleines de sagesse, et votre invitation à la prudence et la discipline tout à fait de circonstance, alors que nous venons de vivre des performances exceptionnelles ces derniers mois sur les marchés. S’attendre à ce que cette tendance continue indéfiniment est évidemment dangereux (voire suicidaire).

Sur les cycliques / secteurs à éviter:

BulleBier a écrit :

Merci pour vos perspectives.
C’est vrai que ce sont des secteurs a eviter dans la majeure partie du temps, mais quand ils sont value, cela rapporte gros, (Civeo, Gazprom, Bank of Ireland recemment).

C’est exact, encore faut il savoir les analyser, les acheter et les vendre au bon moment, ce qui ne semble pas être mon cas (pour Gazprom il y a aussi le côté sulfureux politiquement). Je veux dire, rétrospectivement, c’est évident qu’il fallait acheter les matières premières en sortie de crise par exemple. Bah cela ne m’a même pas traversé l’esprit ;-) Dans une démarche plus passive, en B&H, les performances ne doivent pas être folichonnes ?

Mais c’est bien pour ces raisons que j’ai conservé des dossiers value tels Total, Axa, Michelin ou Sanofi, même si le portefeuille sur pondère effectivement la croissance désormais, avec les conséquences prévisibles en cas de rotation.

BulleBier a écrit :

Investir sur la base d’un changement de paradigme perçu revient a faire un choix macro economique fort. Je pense qu’il faut mieux investir pour resister plutot bien a tout type de paradigme, celui actuel et aussi un retour a l’inflation ou aux ressources, une baisse des valorisations, un scenario sans croissance ou la techno est leader, etc. Cette fois c’est different n’est pas un bon adage boursier.

"Cette fois c’est différent ?" était justement un clin d’oeil à l’adage boursier. Vous avez également raison qu’il est probablement sain d’essayer de concevoir un portefeuille "tout terrain". Il n’empêche que je continue de penser que nos fondamentaux "stagflationnistes" vont assez vite se rappeler à nous une fois que la reprise va s’émousser, donc je sur pondère délibérément ce scénario dans mes hypothèses de travail.

Après c’est sûr qu’il est toujours difficile de penser dans un cadre différent de celui auquel on est habitué, et de sa zone de confort (surtout quand on est un jeune investisseur qui n’a connu qu’un cadre, justement). D’un autre côté sur les marchés on aime bien jouer à se faire peur et être dans un mode de pensée un peu binaire, c’est tout ou rien.

J’ajoute qu’un scénario d’inflation, de hausses de taux d’intérêt, et de compression des multiples m’irait très bien, puisque je suis en début de capitalisation sur les actions et endetté à un faible taux fixe sur l’immo. Donc l’inflation rognerait mes dettes et me permettrait d’avoir plus d’actions des mêmes boîtes pour un prix moindre (ce qui est plus intéressant à horizon 10 - 20 ans, que les multiples actuels, même si voir mes actions monter fait du bien au moral et à l’égo).

BulleBier a écrit :

C’est vrai que surpayer pour une entreprise de croissance, c’est pas trop trop grave si on a un horizon 10-15 ans. Mais quel investisseur aura la patience de regarder un cours plat sur 10-15 ans si il paye des PE de 100 ou plus, ou meme sur 5 ans car il paye un pe de 60 (scenario de crise sur les valorisations). Pas moi en tout cas.

Moi non plus :-)
Mais je pense que le raisonnement est plutôt que si ça se paie 100X et que ça continue de sortir les mêmes performances, ça continuera de se payer 100X. Je vous accorde volontiers que c’est une hypothèse très hardie, et que plus on valorise des profits "lointains", plus c’est risqué.

Juste pour être clair, et au risque de me répéter, je n’ai jamais dit d’acheter n’importe quoi à n’importe quel prix. Au contraire j’ai à plusieurs reprises commenté la valo "très optimiste" de dossiers comme Sartorius Stedim, Esker, Adyen, Alfen (bon sur Alfen j’y suis allé, mais sur la pointe des pieds). Ou j’ai précisé dans la présentation de Garo que je ne serais pas acheteur au cours actuel. Et regretté à maintes reprises de ne pas me sentir à l’aise à l’idée de renforcer des valeurs dont le cours montait plus vite que les profits ( = extension des multiples). Donc on est assez en phase en fait.

A vrai dire je suis bien emm… avec ces dossiers qui prennent des 50% en un trimestre, parce que je les trouve souvent trop cher, mais vendre c’est prendre le risque de sortir d’un train qui peut aller encore plus haut (FOMO), et c’est contradictoire avec ma stratégie initiale qui consistait à minimiser les mouvements et miser sur les apports réguliers en DCA. Je m’aperçois que je n’ai pas de process pour gérer ces situations, et je m’allège au petit bonheur la chance (jusqu’ici souvent à tort).

BulleBier a écrit :

Sur ce qui a marché dans le passé, lorsque l’on a eu une expansion des multiples enormes, il faut  recalculer le retour sans expansion pour evaluer un retour futur. Sinon encore on specule une future expansion des multiples, et c’est plutot hardi.

Je pense qu’il y a toujours des approches GARP pas tres cheres quand on cherche bien, pas besoin de soldes generales comme vous le dites, mais il faut etre selectif, comme des entreprises qui passent beaucoup de depreciation, ou des entreprises en Asie ou Europe de l’est.

Je dirais, un maintien des multiples et une extension des profits, mais je me répète. Ou alors j’ai mal comrpris ;-)
Vous avez sans doute raison pour l’Asie et l’Europe de l’Est, mais ce n’est pas trop mon terrain de jeu j’avoue, pour l’instant. C’est comme pour l’immo, peut être qu’il faut sortir des sentiers battus pour avoir des rendements hors norme …

Au plaisir

Dernière modification par Nemesis (28/09/2021 23h57)

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#211 29/09/2021 13h45

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Bonjour.
Le débat est très intéressant, et récurrent. Pour ma part, il y a un papier de Comgest qui reste ma bible, pour expliquer la surperformance à long terme des entreprises de qualité. Vous avez son lien dans un de mes posts ici, ainsi qu’un commentaire issu de leur reporting mensuel de mars 2021, qui trouve à nouveau à s’appliquer à ce qu’il se passe sur les marchés ces jours-ci, notamment hier.

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[+5]    #212 03/10/2021 16h30

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Bonjour, voici le bilan du mois de septembre 2021

*Bilan du mois écoulé

Après la torpeur de l’été, le moins que l’on puisse dire est qu’en septembre on a enfin eu de l’action !

Ca y est on a un nouveau variant ! Le variant "Mumu"… Quand je disais qu’on allait faire tout l’alphabet…
Le variant "Mu", potentiellement résistant aux vaccins, préoccupe l’OMS
Mais apparemment ce n’est pas grave car il est moins méchant que de variant Delta, donc on met ça de côté pour l’instant:
Coronavirus : faut-il s?inquiéter de la montée du variant Mu ? | National Geographic

On a d’abord repris une première petite dose de "Peur sur les taux" lors de la réunion de la BCE, puisque les faucons étaient de sortie. Pensez donc! La zone Euro nous sort des croissances dignes d’un émergent, et on est en surchauffe économique totale avec une inflation qui va exploser au dessus des 2% cette année. Vous savez, ces 2% qu’on essaie désespérément d’atteindre depuis … on ne se souvient plus à vrai dire.
Dame Christine, toujours grande (vous l’avez ?), plutôt que de nous annoncer des taux à 5% pour Noël, a vite fait de calmer tout le monde: on va juste réduire "un peu" le super QE d’urgence Covid.
Ouf de soulagement, on pouvait revenir à notre nonchalance décontractée et profiter de l’été indien en terrasse.

Mais c’était sans compter le cygne noir "Evergrande". Sur le coup on s’est fait une grosse frayeur, et puis finalement il paraît que ce n’est pas systémique, que le PCC ne laissera pas une faillite désordonnée se produire et un krach immobilier s’enclencher.
Certes… Mais à mon avis on n’a pas fini d’entendre parler de cette histoire, ne serait ce que parce qu’il y aura d’autres échéances de dette, et surtout Evergrande est peut être l’arbre qui cache la forêt, vu que tous les promoteurs ont du souffrir des changements réglementaires à différents degrés.

Quoiqu’il en soit on a eu un gros rebond dans la foulée, jusqu’à la réunion de la FED et là ce fut le drame: l’inflation serait un peu plus forte et durable que prévu, on s’orienterait vers un tapering un peu plus tôt et des hausses de taux peut être dès 2022.
Après une absence de réaction qui m’a d’abord surpris, l’information est montée au cerveau et on a entamé une correction, notamment sur les valeurs de croissance.
Pour enfoncer le clou, la hausse des prix de l’énergie a commencé à faire les gros titres un peu partout, avec le pétrole à 80 $ et le gaz dans la stratosphère.
A noter que Dame Christine et Sieur Powell ont tous deux fait une sortie sur l’inflation temporaire dans la foulée, qui n’a pas semblé détendre l’atmosphère. La confiance dans la parole des BCs commencerait elle à se fissurer ?
Cette correction s’est vue accompagnée d’une nouvelle rotation sectorielle, les EU ayant annoncé la réouverture des liaisons aériennes avec l’Europe. Entre le reflux de la vague "Delta", les progrès dans les campagnes de vaccination, et maintenant la pilule magique de Merck qui va enfoncer le clou, les marchés semblent acter la défaite du Covid…

Et moi dans tout ça ? Eh bien je n’ai pas caché mon pessimisme cet été compte tenu des niveaux de valorisation, de la hausse en ligne droite quasi ininterrompue des indices, alors que l’atterrissage de l’économie se profilait. Inutile de vous dire que les derniers développements m’ont fait passer franchement baissier, les facteurs de préoccupation ne manquant pas:
- Le(s) tapering(s) dans les tuyaux des deux côtés de l’Atlantique, avec toujours des interrogations autour du caractère pérenne de l’inflation (prix de l’énergie notamment), et de son impact sur les marges.
- Les pénuries de semi conducteurs qui sont appelées à durer, et le secteur auto parti pour une mauvaise année au lieu de la résurrection attendue.
- D’ailleurs les pénuries se généralisent un peu partout en fait et vont peser plus qu’au S1… Qui n’entend pas parler de délais de livraison exorbitants (quand ce n’est pas annulé simplement), de travaux bloqués etc ?
- L’irrigation des "Chèques Biden" qui a cessé, et les traders confinés qui reprennent ou vont reprendre le boulot.
- Les doutes sur la vigueur de l’économie chinoise, avec la reprise en main "virile" du pouvoir qui semble prêt à couler son économie par ses diverses mesures restrictives: dernières en date, les coupures d’électricité en Chine, dues à des pénuries de Charbon, et apparemment à l’application stricte de mesures environnementales (l’objectif serait de passer de 71% d’électricité charbonnée à 56% en 2021 !?! J’ai du mal à le croire).
- Un agenda "à risque" en Europe, avec rien à attendre à court terme avec les élections allemandes, puis françaises.
- La traditionnelle pantalonnade autour du plafond de la dette US, qui va servir de levier aux républicains pour (re)négocier sur le plan de relance Biden, Biden dont la Baraka commence à retomber (cf débandade en Afghanistan).
- Des comparables beaucoup plus exigeants au S2 qu’au S1, pour beaucoup de sociétés.
- Tendance au cocooning / travaux qui risque de s’essouffler, alors que les gens reprennent le présentiel, et que l’effet "rattrapage des projets" retombe…

Donc en l’absence de catalyseur haussier, avec des indices qui plafonnent sous leurs plus hauts depuis l’été et qui semblent "fatigués", de mon point de vue la correction va se poursuivre en octobre, ne serait ce que pour retrouver plus de potentiel.
J’ai donc commencé à procéder à des allègements, notamment sur des valeurs de croissance bien valorisées, au fur et à mesure qu’elles cass(ai)ent leur tendance haussière, avec l’espoir d’en reprendre un peu plus bas, mon analyse moyen/long terme n’ayant pas évoluée.
Ensuite les résultats trimestriels vont peut être remonter le moral des troupes, mais il reste encore quelques jours avant cela.

*Actualité des sociétés:

- Accenture continue sur sa lancée, tel le rouleau compresseur, et termine son exercice 2021, en phase avec le consensus. Il n’y a pas grand chose à jeter. Visez plutôt:
14% de croissance du CA, marge d’EBIT à 15%, 16% de croissance de l’EPS. 8,0 Mrds $ de free cash flow.
Et surtout un carnet de commande de 60 Mrds et 12 à 15% de croissance attendue pour 2022.
https://investor.accenture.com/~/media/ … elease.pdf

- Antares Vision signe un contrat au Bresil pour la traçabilité des médicaments de Hypera Pharma:
https://fr.antaresvision.com/upload/blo … ma_ENG.pdf
Et surtout ils ont publié leur S1, et on peut voir le verre à moitié vide ou à moitié plein, selon le degré de confiance dans le management ;-)
C’est assez incompréhensible avec toutes les acquisitions, vu qu’on mélange allégrement les chiffres en comparable et en absolu.
Le bon: +18% de prises de commandes au S1 en comparable, par rapport à 2020, +29,5% de CA en absolu. Guidance confirmée de +14 à +19% en comparable, mais le management "ne veut pas donner de chiffre" (!?!).
Le moins bon: +3,7% de CA réalisé au S1 en comparable, c’est mou, dont -26% pour l’Europe, et on est en décroissance au T2.
Et des marges en baisse (19% d’EBITDA et 15% d’EBIT) avec les acquisitions, les frais d’IPO et le personnel.
La faute il paraît essentiellement à une pause des investissements de la pharma dans le Track&Trace pour cause de Covid, les autres activités se portant bien.
Compte tenu des prises de commandes, du redémarrage des investissements de la pharma, et de la saisonnalité (le S2 est plus fort), le groupe s’attend à un gros S2 qui devrait voir une forte remontée des marges.
Les réponses du management à la session de Q&A m’ont parues assez confuses, voir parfois à côté, me laissant assez circonspect, avec la même sensation désagréable que Verimatrix quand elle a fait son PW (on connait la suite…).
Depuis cette affaire, je me méfie des managements qui promettent des lendemains qui chantent…
Vu la valorisation, j’ai vendu la publi comme Mr le marché, et espère en reprendre plus bas, si les performances annoncées sont au rendez vous.

Axa: Bruxelle veut réformer la réglementation des assureurs pour libérer des fonds propres, ceci afin d’aider au financement de la transition écologique.
Une bonne nouvelle pour la rentabilité des assureurs et la transition, mais probablement une moins bonne pour la stabilité du système financier ?
- https://www.lesechos.fr/finance-marches … es-1348458

- Bureau Veritas fait une petite acquisition dans les tests de conformité des produits en France. CA 2 Mlns et l’on n’en saura pas plus:
https://group.bureauveritas.com/sites/g … 010921.pdf

- Chr Hansen lance une gamme des probiotiques pour les animaux. Bon, je suppose que c’est porteur:
https://tools.eurolandir.com/tools/Pres … chr&v=

- On connaissait déjà la croissance du CA d’Esker (+19%). Désormais on sait que l’EBIT progresse de 50% (14% de marge) et le RN de 40%. De quoi mettre un peu en perspective ces valeurs "toujours trop chères".
Sauf catastrophe, on attend une dynamique encore très forte au S2 (17% de croissance sur l’année, et des marges similaires au S1). Bref horizon dégagé pour Esker:
https://www.esker.fr/a-propos-esker/com … iels-2021/

- GN Store Nord nous fait une pré-communication du Q3 assez étrange (qu’il faut aller débusquer dans leur calendrier)…
On confirme la guidance 2021, mais on nous explique que c’est de plus en plus compliqué et incertain de la tenir, les perturbations s’accumulant. Donc c’est délicat à interpréter. Genre: "on confirme mais préparez vous quand même à un Profit Warning" :-D
Elle a corrigé comme tout ce qui est growth et utilise du semi conducteur, mais tout de même ça ne doit pas aider ce genre de com.
https://www.gn.com/-/media/Files/Financ … -brief.pdf

- Après Gerber et Neteven, Lectra a encore faim puisqu’elle a annoncé l’acquisition de Gemini CAD Systems, société roumaine faisant des logiciels de CAD pour la création de vêtements.
https://www.globenewswire.com/news-rele … stems.html

- Lumibird sort de beaux semestriels. Belle croissance des résultats, confiance affichée pour le S2, et objectifs confirmés à horizon 2023:
https://www.lumibird.com/wp-content/upl … 021-FR.pdf
Interview du DG de Lumibird sur La Tribune (avant les résultats):
https://www.latribune.fr/entreprises-fi … 92375.html
On a aussi une analyse assez complète sur ZoneBourse:
https://www.zonebourse.com/cours/action … -36484773/

- LVMH a racheté FeelUnique.com, acteur du commerce en ligne de produits de beauté. C’était sorti en juillet, mais j’ai raté la nouvelle. C’est une petite acquisition à l’échelle de LVMH, mais stratégiquement cela semble aller dans le bon sens:
https://www.capital.fr/entreprises-marc … ni-1410333

- De l’intérêt de la fusion Nexi / Nets, et d’avoir une empreinte à la fois dans le nord et le sud de l’europe:
https://www.nexigroup.com/content/dam/c … ntries.pdf

- Pharmagest se paie un éditeur de logiciel pour les cabinets médicaux, et va créer une division dédiée aux professions libérales:
https://www.capital.fr/entreprises-marc … ns-1415644
Elle a également publié ses résultats pour le S1, assez bons je trouve:
+20% de CA (10% organique), +20% d’EBIT, +30% RN
https://pharmagest.com/wp-content/uploa … 21_def.pdf
Elle a tenté un décollage vite avorté avec la correction sur la tech.

- Pharmanutra a ouvert le bal des publis de septembre avec un beau Q2, bien meilleur que son Q1, puisque les ventes passent de 14 à 18 mlns.
19% de croissance des ventes au Q2 et 10% pour le semestre en entier. La distribution des ventes change néanmoins, à +20% en Italie et -10% à l’étranger, l’année dernière ayant vu un gros phénomène de stockage.
C’est un peu comme pour Probi, et le management présente cela comme temporaire, et voit une normalisation au S2.
Enfin en dehors du produit star complément en fer, les autres lignes de produits affichent une forte croissance.
Cela, en plus de l’internationalisation, est de bon augure pour la suite…
https://www.pharmanutra.it/wp-content/u … 092021.pdf

- Sanofi s’offre Kadmon: des médicaments pour prévenir les rejets de greffes.
https://www.lefigaro.fr/flash-eco/sanof … s-20210908
Et échoue en phase 3 dans la foulée sur une maladie de peau auto immune avec rilzabrutinib:
https://www.sanofi.com/fr/media-room/co … 00-2293920
Enfin on a des premiers résultats positifs pour le vaccin Covid ARNm, mais le développement est arrêté car il arriverait paraît il trop tard sur le marché:
https://www.sanofi.com/-/media/Project/ … 069-fr.pdf
https://www.boursorama.com/actualite-ec … f3a96994e3

- On connaissait déjà la forte croissance du CA de Somfy sur le S1 à +40% (+30% par rapport à 2019). L’EBITDA fait lui +108% et le RN +126%, excusez du peu.
Le groupe estime que si l’on soustrait l’effet de base des confinements, on est sur une croissance sous jacente d’environ +20%.
On apprend également que Repar’Store nous a coûté 51 MEur pour 17 MEur de CA (sur le semestre).
Pour la fin de l’année, ils attendent des difficultés d’approvisionnement, pas seulement en semi conducteurs, et une forte hausse des coûts des matières premières (au S1 on a en partie vécu sur les stocks).
Une normalisation de la croissance et des marges est aussi attendue, avec des comparables beaucoup plus durs sur le S2, qui affichait déjà une belle croissance par rapport à 2019.
On est dans la même problématique que Thermador, avec la même communication prudente.
https://www.somfy-group.com/fr-fr/actua … rcice-2021

- Comme déjà commenté sur la file dédiée, Streamwide sort des semestriels honorables, mais peu enthousiasmants. Les recrutements pèsent un peu sur les marges.
Le comparable au S2 sera plus dur, le groupe attend une croissance, mais plus faible.
https://www.streamwide.com/wp-content/u … FR-DEF.pdf

- Technogym a publié son S1 avec un mois d’avance sur le calendrier initial, et je l’ai manquée. Bien que ne l’ayant plus (pour l’instant) en portif, je continue à garder un oeil dessus.
C’est honorable avec 24% de croissance du CA et 28% de croissance d’EBITDA par rapport à 2020, comparable certes facile.
https://corporate.technogym.com/en/h1-2 … al-results

- Ca a du s’activer sévère en coulisses, puisque l’Australie ne veut plus des sous marins de Naval Group. Thales répond: "même pas mal". Guidance confirmée.
https://www.thalesgroup.com/fr/group/jo … -objectifs
Naval Group pourra se consoler avec quelques frégates grecques:
https://www.latribune.fr/entreprises-fi … 93207.html

- C’est parti pour l’AK de Veolia, afin de financer le rachat de Suez:
https://www.veolia.com/sites/g/files/dv … 7euros.PDF

- Les résultats semestriels de Wedia sont comme sa publication de CA: ni bons, ni mauvais, sans surprise.
https://www.wedia-group.com/download/51587/

- Wiit sort au H1 un CA de 35,1 MEur en progression de 52,2% dont 11% en organique. L’EBITDA progresse lui de 72%. Les perspectives restent très favorables.
Mivitec GMBh viendra renforcer MyLoc en Allemagne pour poursuivre le développement là bas. Alles gut !
https://www.wiit.cloud/mr_upload/2021/0 … ults-1.pdf

*Les tops du mois (ça va être rapide, il n’y en a pas beaucoup !)
- Lumibird +15,55% sur sa belle publi.
- TotalEnergies +10,68%: hausse du pétrole et du gaz.

*Les flops du mois (on n’a que l’embarras du choix)
- Probi (-26,93%): croissance défensive, valo exigeante déjà baissière avant la correction. Désormais c’est un naufrage.
- Talenom (-17,96%): prises de bénéfices sur les plus hauts + correction.
- Nynomic, Esker, Garo (dans un mouchoir vers -11%): comme Talenom mais moins pire.

*Les mouvements du mois


Achat:

Renforcement:

- Sanofi 1x87,65: achat après avoir allégé Michelin, me disant qu’il en resterait toujours quelque chose, et parce que j’ai l’impression que ça bouge depuis le changement de DG.
J’ai eu du nez, puisqu’elle a sorti 2 news dans la foulée, qui ont été vendues :-)
Bon ce n’est pas bien grave vu que c’est surtout dans un esprit "buy and forget", pour le dividende.

- Vidrala 1x100,60: après une année assez molle, elle donnait des signes de frémissement, et je trouvais ça raisonnablement valorisé.
Finalement pas très malin, car ils risquent de fortement souffrir de la hausse des prix du gaz cet hiver. Sanction boursière en cours, de même que pour Zignago Vetro.
https://www.zonebourse.com/cours/action … -36485503/
https://www.lesechos.fr/industrie-servi … o2-1185554
Du coup j’hésite à rétropédaler car il est difficile de chiffrer l’impact (ainsi que sa durée).

- ETF World Amundi CW8 1x404,19: renforcement systématique à réception des fonds.

Allègement:

- Michelin 1x137,80 puis 1x132,85: parce qu’il n’y a pas une semaine sans qu’on n’entende qu’une usine auto interrompt la production, et que les positions short ont commencé à fleurir après le point haut.
Il m’en reste 3, je ne pense plus y toucher.

- Envea 2x125: publi décevante de mon point de vue, le redémarrage patinant en Chine. On nous dit que la reprise tarde là bas, mais je me demande par ailleurs s’ils ne seraient pas en train de verrouiller leur marché…
J’en garde 3 pour voir la suite.

- Legrand 1x94,40: bien valorisée malgré toutes ses qualités. Risques sur les pénuries / semi conducteur, et doutes sur un possible ralentissement immo en Chine ? Elle a cassé son canal haussier après 6 mois en quasi ligne droite.

- Thermador 1x88,70: c’est compliqué… "Optiquement" la valo est raisonnable, mais je crains des déceptions au S2 (et S1 2022), avec des chantiers en pause faute de matériaux, et la fin du "cocooning" une fois les gens revenus au boulot.
Comme c’est une ligne conséquente du portif et qu’elle semble en panne de momentum, j’allège un peu. J’hésite d’ailleurs à faire de même avec Somfy, en ballotage.

- Eurofins 5x110,74: j’en pense beaucoup de bien mais le volume de test va aller en diminuant, sauf rebondissement lié au Covid. C’est très bien valorisé pour une croissance très incertaine au moins en 2022. Le rebond sur les 110 a vite avorté et c’est un couteau qui tombe, donc dans la mesure où c’était ma plus grosse ligne après ses performances exceptionnelles, j’ai préféré alléger.
Il m’en reste 15, et c’est toujours la plus grosse ligne devant l’ETF World.

- Dassault Systèmes 3x45,605: je n’ai pas très bien compris les derniers mois de hausse et la valo commençait à être vraiment tendue. Elle se prend donc logiquement une tarte avec la correction tech/growth.
C’est un peu comme Eurofins, le rebond a de suite fait pschitt, donc j’espère en reprendre plus bas.

- Pharmanutra 4x61,6: même raisonnement, j’espère bien qu’elle ira plus bas. (Il m’en reste 8).

Vente:

- Antares Vision 37x12,15: publi décevante sur une valo exigeante, balancée par le marché. J’attends de voir la suite pour revenir éventuellement, ne souhaitant pas rester seul à écoper les fuites (been there, done that).

- Nexi 20x17,09: valo tendue pour une conviction modérée. Je préfère rester en dehors dans le contexte actuel et sors à l’équilibre. Je reviendrai mais plus bas, si elle veut bien y aller.

Trading / AR:
- L’Oreal 1x374,80: parce que très chère et corrélée au luxe / à la Chine. J’espérais juste en reprendre plus bas, ce qui est déjà fait hier à 360. J’hésitais à faire de même avec LVMH, mais la valo me choque moins, bizarrement.

*Le kikimètre:

- Valo totale: 33413 Euros pour 23692 Euros investis (500 Euros versés ce mois - ci)
- Valeur de part: 160,26 (-3,80%)
- TRI depuis ouverture: 19,69%
- Liquidités dispo: 6410 Euros (19%)

Sauf erreur, l’ETF World fait -1,85% et le CAC40GR -2,18%.
Le mois de septembre efface la perf d’août, et c’est mauvais.
Le portefeuille prend dans les dents la correction sur la croissance et la rotation sectorielle, et comme dirait Christophe Mae - un philosophe que l’on sous estime selon moi - "ça fait mal".
Beaucoup plus de cash que d’habitude, mais je reste pessimiste pour octobre, et conserve le doigt sur la gâchette sur un paquet de valeurs…

C’est du market timing et c’est le mal, si je me plante cela va me coûter des sous, mais c’est le jeu ma pauvre Lucette.


Dossiers potentiellement intéressants à creuser/surveiller:

Entech (IPO): du stockage pour les ENR
https://ipo.entech-se.com/?utm_source=G … tent=72890

Bonne journée et bon mois à tous

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#213 08/10/2021 13h45

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Bonjour à tous,

Je sollicite une nouvelle fois votre intelligence collective pour résoudre un mystère (au moins à mes yeux).
Comme vous le savez peut être j’ai quelques actions Metsä Board.

Or il y a en fait 2 types d’actions: METSA et METSB.
Si j’ai bien compris et de mémoire, la A donne 20 droits de vote et la B 1 seul.
Le droit au dividende est le même.

Or, involontairement j’avais acheté des METSA - j’ignorais que les deux étaient dispo chez Saxo, et j’avais tapé Metsa dans le moteur de recherche :-)

Or je constate 2 phénomènes:
1) La METSA s’échange à un prix plus élevé que la METSB (aujourd’hui 9,70 vs 8,09). Je comprends qu’il y ait une prime pour avoir plus de droits de vote, pas de problème !
2) Leur cours diverge: la METSA a consolidé les 9 Euros avant de repartir de l’avant, alors que la METSB est un couteau qui tombe. Et là je comprends moins, pourquoi cette décorrélation.

D’où mes questions:
- Est ce typique de ce genre d’actions ?
- La METSA donne t’elle droit à plus que des droits de vote ?
- Quelqu’un a t’il/elle une explication ?
- Est ce une opportunité d’arbitrage ?

Par avance merci. N’ayant aucune intention de voter en AG ou de prendre le contrôle de la société, la METSB m’irait très bien pour encaisser le dividende avec un plus gros rendement ;-)

Bonne journée

Dernière modification par Nemesis (08/10/2021 13h47)

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[+1]    #214 08/10/2021 17h54

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Pour trouver les réponses à vos questions le plus simple est d’aller sur le site de la société.

Vous y trouverez une FAQ qui explique que la seule différence entre les actions est effectiveùment e nombre de droits de vote associés. Cela doit être lié à l’histoire de la société, pas de raison sinon d’avoir une telle situation.

FAQ about Metsä Board a écrit :

15. Where are Metsä Board’s shares listed, and what is the difference between the A and B shares?

Metsä Board’s A and B series shares are listed on the Nasdaq Helsinki in the Large Cap segment. The difference between the A and B shares is in their voting rights. Each series A share entitles its holder to twenty (20) votes at a general meeting of shareholders, and each series B share entitles the holder to one (1) vote. All shares carry the same right to receive a dividend.

Ensuite le rapport annuel vous éclairera sur le capital social existant. En particulier, le nombre de titres A est 10 fois plus nombreux que les titres B:

Rapport annuel 2020 P.12/31 a écrit :

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At the end of the financial period, the price for Metsä Board’s B share on the Nasdaq Helsinki was EUR 8.62. The share’s highest and lowest prices in 2020 were EUR 8.79 and EUR 4.47, respectively. At the end of the financial period, the price for Metsä Board’s A share on the Nasdaq Helsinki was EUR 8.64. The share’s highest and lowest prices in 2020 were EUR 8.80 and EUR 4.80, respectively. In 2020, the average daily trading volumes of the B and A shares on the Nasdaq Helsinki were 616,002 shares and 6,980 shares, respectively.
The total trading volumes of the B and A shares were EUR 950 million and EUR 12 million, respectively.
In addition to the Nasdaq Helsinki, Metsä Board’s shares are also traded on other marketplaces. The
Nasdaq Helsinki’s share of total trading during the review period was around 82%.
During the review period, a total of 200,496 of Metsä Board Corporation’s A shares were converted to B shares. At the end of the review period, the total number of Metsä Board shares was 355,512,746, of which 32,887,151 were A shares and 322,625,595 were B shares.
At the end of the review period, the market value of all
Metsä Board shares was EUR 3.1 billion, of which the
market value of the B shares and the A shares accounted for EUR 2.8 billion and EUR 0.3 billion, respectively
During the review period, Metsä Board received a notification of major holdings according to which Metsäliitto Cooperative’s combined share of votes in Metsä Board Corporation exceeded the limit of two-thirds (2/3).
At the end of the review period, Metsäliitto Cooperative held 48% (31 December 2019: 46%) of all shares, and the votes conferred by these shares was 67% (66%).
International and nominee-registered investors held approximately 16% (15%) of all shares. The company does not hold any treasury shares

Au final, il semblerait que la B share fournisse moins de droits de vote et une liquidité inférieure, ce qui peut expliquer la décote.

Nb: correction suite à la remarque de doubletrouble

Dernière modification par RX (09/10/2021 09h36)

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[+3]    #215 08/10/2021 18h10

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RX a écrit :

Cela doit être lié à l’histoire de la société, pas de raison sinon d’avoir une telle situation.

C’est au contraire très très courant pour les actions suédoises et cela remonte aux empires bancaires du XIXème siècle. Si vous voulez en savoir probablement beaucoup plus que vous n’en demandez à ce sujet, voici un petit papier :

Voting right differentials between classes of shares in Swedish listed… | Download Table

RX a écrit :

In 2020, the average daily trading volumes of the B and A shares on the Nasdaq Helsinki were 616,002 shares and 6,980 shares, respectively.

RX a écrit :

la B share fournisse moins de droits de vote et une liquidité inférieure

C’est l’inverse, la B est plus liquide (et plus volatile comme l’a remarqué Nemesis). C’est le schéma le plus courant en Suède, une classe A avec plus de droits de vote et moins liquide (car moins nombreuse et majoritairement détenue par des actionnaires "sérieux" qui veulent avoir voix au chapitre) et une classe B très liquide mais ne donnant qu’un seul vote.

Dernière modification par doubletrouble (08/10/2021 18h17)


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#216 09/10/2021 14h48

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Merci à vos retours pertinents à tous les deux. J’avais bien regardé le site mais pas le rapport :-)

Donc cela confirme que la B correspond mieux à mon "cas d’usage". Je vais attendre que le couteau se plante et faire la bascule.

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[+3]    #217 19/10/2021 11h42

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Un peu dégouté puisque je voulais prendre aujourd’hui du Aton Green Storage, cousine italienne de Alfen ou Garo, active notamment dans les solutions de stockage sur batterie. Elle a fait 70% de croissance au H1, réalisant ainsi l’équivalent de son CA de 2019 ou 2020, et a passé son seuil de rentabilité. Elle n’a pas de dette à la suite de son IPO, et se paie une quinzaine d’EBITDA 2021 projeté et une grosse trentaine de RN.
Compte tenu du fait que sa croissance devrait se poursuivre, et comparé aux pairs, c’est très raisonnable…

Seul problème: la taille de lot (ça s’achète par 500) ce qui m’obligerait à mettre 10% du portefeuille dessus, ce qui ne me paraît pas raisonnable dans une optique "bon père de famille".

Je partage au cas où elle intéresserait quelqu’un, car pour un plus gros poisson que moi, ce sera peut être une goutte d’eau dans la mer :-)

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[+1]    #218 19/10/2021 13h28

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Errare humanum est, perseverare diabolicum

Je profite de ma prise de parole pour préciser qu’après réflexion ces deux dernières semaines, j’ai mis un terme à mon opération commando de market timing, la plupart des positions vendues ayant été rachetées (certaines en gain de quelques euros, d’autres en perte).

Pourquoi ? Eh bien j’ai réalisé que je ne suis pas madame Irma, que j’ignore ce que la macro va faire et que même lorsque les évènements se déroulent comme je l’anticipe, la réaction du marché, elle, est imprévisible (c’est mauvais mais moins pire que prévu, bad news is good news etc etc)… Donc se baser sur les news à court terme c’est juste se faire "balader" par le marché, donc probablement pas la bonne approche pour gagner de l’argent à long terme. Ce n’est pas comme si c’était écrit un peu partout sur le forum et dans les bouquins…

Alors bien sûr on n’a pas fini d’en découdre avec l’inflation et le tapeing, la pression sur les marges va aller crescendo, et peut être qu’on fait un rebond "technique" - le terme utilisé quand on n’a pas d’explication - avant de mieux couler pour de bon. J’admets que je n’en sais rien.

Mais bon s’il y a toujours une raison d’avoir peur, la Terre (et la plupart des sociétés) continue de tourner:
- En 2018, on avait peur des hausses de taux et on a fait un taper tantrum. Finalement on a rétropédalé vite fait et les entreprises de croissance se sont très bien portées. Et on n’a pas eu de récession.
- En 2019 on a eu très peur de la guerre commerciale à grands coups de tweet (à mon humble avis on devrait d’avantage s’en préoccuper maintenant). Finalement Chine, US, et Europe, ont continué à commercer bon an, mal an, et les sociétés ont sorti de beaux résultats.
- En 2020 c’était la fin du monde. Le Covid allait anéantir l’humanité, mais pire encore, l’économie. On allait vivre 10 ans d’anémie économique car c’était le temps qu’il allait falloir pour trouver un traitement / vaccin. 10 longues années sans pâtes ni papier toilette ma bonne dame ! Finalement les sociétés ont sorti, pour la plupart et en ce qui me concerne, de bons résultats, faisant preuve d’une capacité d’adaptation remarquable, de mon point de vue.
- En 2021 on a eu (un peu) peur des résurgences de l’épidémie, mais surtout de l’inflation et du tapering. Maintenant c’est le ralentissement en Chine, Evergrande, l’inflation, la dette, la fin de l’argent magique, etc…

J’ignore de quoi on va avoir peur en 2022 (la neige, Zemmour, les castors?), mais je ne doute pas que l’on va trouver, et ce ne sera pas forcément l’inflation, puisqu’il semblerait qu’après quelques trimestres sur un sujet, on s’habitue et on passe à autre chose.

Mais en attendant j’avais un semblant de stratégie et en changer au gré du vent pour essayer de booster la performance a de bonnes chances de produire l’effet inverse. Donc on revient aux fondamentaux: des achats réguliers de beaux business, si possible en solde, on laisse faire le temps et la magie des intérêts composés, et on leur fait confiance pour naviguer et s’adapter à l’environnement macro, fut il hostile.

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