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#76 09/01/2021 20h09

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Voici comment est calculé le Quality Rank de Stockopedia : Quality Rank

Stockopedia a écrit :

Is it a good company? (Quality of Franchise)
Is the company a stable, growing, cashflow generative business with high returns?

    Long Term Average Return on Capital Employed
    Long Term Gross Profits to Assets - (made famous by Robert Novy-Marx)
    Long Term Average Free Cashflow to Assets Ratio
    Long Term Operating Margin Stability
    Long Term Sales Growth Consistency

Is it an improving company? (Fundamental Momentum)
In which direction are the company’s fundamentals headed?

    Piotroski F-Score (discussed in depth here) - We heavily weight the F-Score given it’s effectiveness, especially amongst small caps.

Is it a safe company? (Bankruptcy & Earnings Risk)
Is there a risk to your capital investing in this company?

    Altman Z-Score, a bankruptcy meter (discussed in depth here)
    Beneish M-Score, an earning manipulation flag (discussed in depth here)
    Current Leverage (Net debt to assets)

Je le trouve tout à fait pertinent. D’ailleurs je constate que mes meilleures valeurs en terme de comportement boursier sont celles qualifiées de "high flyer" par Stockopedia (qualité + momentum).

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#77 09/01/2021 21h38

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Le soucis avec leur façon de quantifier la qualité, c’est qu’elle privilégie des business mûrs et prévisibles et/ou une croissance essentiellement organique. Comme je le disais, on ne perd pas d’argent avec ça, mais ça a une utilité limitée pour détecter des boîtes en forte expansion ou qui croissent par acquisition (Aqualis est qualifiée de Momentum Trap par exemple, car la formule ne permet pas de prendre en compte les acquisitions récentes).


Parrain Stockopédia ✯ Mangia bene, caca forte, e non aver paura della morte.

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#78 09/01/2021 22h03

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Juste une remarque à propos du momentum dans l’univers des small et mid cap. L’impact de la liquidité est à mon avis un facteur notoire d’explication du phénomène : quand il y a que peu d’échanges quotidiens, le passage d’un niveau de capitalisation à un autre (par exemple intégrant une bonne publication), ou simplement l’entrée/sortie d’un gros investisseur au capital nécessite forcément un "temps de réponse" important en regard du carnet d’ordre.

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[+7]    #79 18/01/2021 16h07

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Aujourd’hui


Les marchés sont dichotomiques, à deux vitesses. Les valeurs de croissance sont toujours plus onéreuses. Les valeurs value, reste value.
Le paroxysme du marché est illustré avec Tesla. L’intelligence collective a oublié le loi implacable du capitalisme, la concurrence.
Paraît-il que cette fois, c’est différent. Comme toujours. Finalement c’est comme d’habitude, un éternel recommencement. Le scénario semble similaire aux années 2000. Des pans du marché sont bullesques, d’autres, raisonnable.

Restons donc raisonnable, nous aussi.

Demain


Paraît-il que c’est très dur de prévoir le marché, donc il ne faut pas le faire. C’est bien vu de faire preuve de modestie. Pourtant un portefeuille est un pari dans l’avenir, une position stratégique assumée. Prenons mon cas, un portefeuille value avec beaucoup de cyclique. Je fais des paries, une sur-performance des actions délaissées et une reprise économique post covid. En somme, je suis optimiste.

La stratégie est offensive, les constatations ci-dessous sont à l’origine de mes anticipations macro.

• Décollecte des fonds small ces dernières années. Le phénomène s’inverse actuellement.
• Sur-performance des actions de croissance depuis presque dix ans. Fin de cycle en cours (illustré par des bulles)
• Injection massive de cash dans l’économie (BCE et FED : QE)
• Épargne des ménages élevées (dû au confinement). Gros pouvoir (et envie) de consommation
• Nature humaine optimiste et confiante après une crise majeure. Phénomène observable dans l’art.
• Signaux objectif de reprise de l’économie (résultat des entreprises, cours des matières premières, etc.)
• Pas d’alternative à l’investissement action (taux bas)

Après-demain


Si aujourd’hui nous sommes en 2000, j’ai bien peur qu’après-demain nous seront en 2018 (marché onéreux, surchauffe des cycliques). À plus long terme, j’ai peur des excès du marché, le cocktail taux bas et optimisme économique peuvent être fatal. Nous ne savons pas quand ça arrivera, mais tôt ou tard, nous y serons à nouveau confrontés.

Je travail ma stratégie, sans grand succès.

Les pistes en réflexion :
• Cash en portefeuille
• Obligation
• Valeur refuge solide (=peu corréler à l’économie et cheap)

Le portefeuille




Achat de Derichebourg

• Effet d’échelle avec l’acquisition d’Ecor. Part de marché passant de 16-17% à 35%.
• Synergie très forte dans le business
• Amélioration de la marge de Lyrsa. Au rachat: 4%. Actuellement : 5%. Oojectif: 8%.
• Consolidation du marché espagnol, atomisé actuellement
• Prévision croissance EBITDA 2021 : 15-20%
• Économie circulaire → potentiellement une valeur verte !
• Baisse du capex à venir (beaucoup d’investissement réalisé ces dernières années)
• Grosse reprise du marché des métaux
• Objectif MidCap à 15€. C’est un excellent cabinet de conseil et c’est très rare de voir des objectifs si élevés.

Si l’acquisition de Ecor tombe à l’eau, je vends.

Achat de Realités

• Forte croissance à venir. Objectif (non officiel) 600M de CA en 2024 (et 30M de RN)
• Management a réussi à tenir ses promesses (jusqu’à maintenant)
• Management impliqué financièrement. Alignement des intérêts. 49/90 manageurs ont investi au moins 75K dans la boîte
• Stratégie de différenciation de l’entreprise, pas un simple promoteur mais "créateur d’espace urbain innovant"
• Rentabilité masqué. Croissance à marche forcé au détriment des marges à CT
• Carnet de commande en forte croissance
• Les dirigeants se renforce au capital (de manière continue)

Bien entendu c’est optimiste comme dossier mais avec un prix d’achat de ~25E je pense avoir une marge de sécurité correct.

Vente de Graines Voltz

À 119€ j’ai sorti GRVO. Le prix semble intégrer un scénario rose, je ne paie pas pour ça. Je veux bien acheter de la croissance, mais pas de la croissance anticipée comme certaine. J’ai profité d’un article positif d’Investir et d’un carnet d’ordres blindé à l’achat pour sortir, la cotation a dû être interrompue à cause des mesures de sécurité Euronext.

D’un point technique et psychologie du marché, je pense que le dividende va être coupé ou fortement réduit. Cette mesure risque de doucher les investisseurs les plus optimistes.

De même à moyen terme je vois bien une AK. Va bien falloir payer cette croissance européenne !

Cette entreprise m’a beaucoup appris. Dans le fond, les fondamentaux n’ont pas changé du tout au tout, loin de là. En revanche, c’est la perception du marché qui a littéralement changé, et c’est ça qui a fait bouger le cours. J’ai gardé longtemps pour cette raison, mais à 119€, c’est trop pour moi.

Vente Metropole TV

Pas grand-chose à dire, si ce n’est que j’avais besoin de cash !
Je pense que cette entreprise n’a pas un potentiel mirobolant au cours actuel, son marché est très mature (voire en déclin !). Le potentiel de hausse est trop faible pour être dans mon portefeuille. En revanche, ce n’est pas cher et l’action a un bon rendement. Je ne jetterai pas la pierre à ceux qui possèdent cette entreprise, loin de là. Cette vente est un simple arbitrage.

Allègement TF1 et Focus

TF1 suit la même logique que Metropole TV : besoin de cash et arbitrage. J’ai réduit Focus (à 64€) à cause du poids en portefeuille (et de valorisation), RAS sur le dossier.

Articles intéressants


Pourquoi les prédictions sont souvent fausses (et quelles leçons en tirer)
Les indicateurs de valorisation pour prédire le rendement futur du marché boursier

Citation intéressante


Howard Marks a écrit :

Mon point de vue est que les théoriciens […] posent la volatilité comme un substitut du risque pour des raisons de commodité. Ils avaient besoin d’une valeur pour leurs calculs qui soit objective et qui puisse être établie sur le passé et extrapolée pour le futur. La volatilité répond au cahier des charges, lorsque la plupart des autres types de risques n’y arrivent pas. Cependant, le problème avec tout cela, c’est que je ne pense vraiment pas que la volatilité soit le risque dont la plupart des investisseurs se préoccupent. Ils existent plusieurs types de risques… Mais la volatilité est certainement le moins pertinent d’entre eux

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#80 18/01/2021 16h27

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Bonjour Thomas,

Question : pourquoi autant d’Akwel et PVL et 0 Delfingen ?

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#81 18/01/2021 18h43

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Bonjour Thomas,

Articles très intéressants qui invitent à la réflexion sur son propre portefeuille et qui permettent de prendre un peu de hauteur notamment sur le tropisme technologique d’un nombre croissant d’investisseurs….

Je retiens ces phrases qui m’appellent à l’humilité:

« La futorologie se trompe presque toujours car elle prend rarement en compte les changements de comportements », selon l’historienne Judith Flanders. Nous ne regarderions pas les bonnes choses : « le transport pour aller au travail, plutôt que la forme du travail ; la technologie, plutôt que les changements de comportement engendrés par la technologie » ; etc……..Pour l’auteur Lawrence Samuel, le progrès social est le « talon d’Achille » de la futurologie. Il estime que l’on oublie trop souvent cette remarque de l’historien britannique Arnold Toynbee : ce sont les idées, et non la technologie, qui ont entraîné les plus grands changements historiques.

Jeff Bezos, fondateur d’Amazon, a un jour expliqué qu’il déterminait la stratégie du géant du e-commerce en fonction de ce qu’il appelle les « signaux stables » : « On m’a souvent posé cette question : ‘Qu’est-ce qui changera dans les dix prochaines années ?’. C’est une question très intéressante, mais très commune. En revanche, on ne m’a jamais demandé : ‘Qu’est-ce qui ne va pas changer dans les dix prochaines années ?’. Or pour moi, cette deuxième question est la plus importante puisqu’elle permet de construire une stratégie autour de ce qui reste stable dans le temps. Toute l’énergie et les efforts que nous mettons chez Amazon dans ces signaux stables porteront encore leurs fruits dans dix ans ».

…avec une variable prix de moins en moins prise en compte.


Evidemment, les dividendes comptent, mais l’évolution du prix est le plus important, car c’est lui qui influence le plus le rendement final d’un investisseur.

De nombreux investisseurs n’apprécient pas le fait que le prix soit le plus important, car cela reviendrait à dire que leurs rendements dépendent du sentiment des opérateurs de marché au lieu des fondamentaux. Autrement dit, beaucoup d’investisseurs ne veulent pas être étiquetés comme des spéculateurs. Ils refusent d’admettre que leurs rendements sont dépendants des arbitrages d’autres personnes et préfèrent se comporter comme des hommes d’affaires qui « achètent » et « conservent » des parts dans des sociétés pour toujours. Ils estiment que leurs rendements proviendront directement des fondamentaux, des flux de trésorerie des entreprises, indépendamment de ce que le marché fait.

Bien à vous,

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Favoris 1   [+3]    #82 19/01/2021 17h04

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@Selden : J’ai déjà entendu ces citations. Elles doivent être très connues.

Soyons honnête, je ne suis pas anti-croissance, loin de là. Google à 33x les bénéfices, ce n’est pas déconnant vu la qualité de l’entreprise, ses perspectives LT et son MOAT. Quand mon PEA et PEA-PME seront pleins, j’envisage d’ailleurs une diversification US dans des actions de grande qualité à prix abordable, Google semble être dans cette catégorie.

En revanche, Tesla, McPhy et Hopium, c’est du grand délire.

@corran : Cinq raisons. Simplement car PVL et Akwel ont eu d’excellentes performances au sein du portefeuille (1). Au moment du krach, je cherchais un équilibre entre cyclique endetté (PVL) et cyclique au bilan solide (Akwel), Delfingen aurait cassé la balance du portefeuille (2). Le poids du secteur auto est élevé dans mon portefeuille (3). J’ai une excellente opinion sur l’ensemble de mes équipementiers auto, difficile d’arbitrer du coup (4). Enfin, connaissant bien Delfingen et lorgnant sur elle depuis longtemps, hésitant à participer à l’AK, j’ai eu tout l’honneur de voir le titre décollé sans moi, du coup j’ai un biais psychologique sur cette entreprise je pense (5).

Mais Delfingen offre de belle perspective pour un tarif abordable. Elle pourrait rejoindre le portefeuille à terme.

***

Revenons au point deux, l’équilibre entre bilan solide et entreprise endetté. Avec du recul, je planche sur une nouvelle stratégie uniquement en temps de crise.

J’ai observé les phénomènes suivants :
1. Les entreprises cycliques et endettées sont bradées durant les crises, et pour cause, elles sont dangereuses car elles peuvent faire faillite !
2. Sous l’effet de la panique, tout le monde bazarde les titres, sauve qui peut. Du coup, le prix ne reflète plus du tout la valeur intrinsèque de l’entreprise
3. Plus le prix d’une action diminue, plus son risque diminue (à court terme hein, pas sur une longue période car les fondamentaux bougent aussi)
4. Post crise, le cours des entreprises cycliques endetté explose (logique, le risque de faillite semble écarté). J’observe un x2 au minimum (voire plus, voir PO en 2009).

Partant de ces observations, j’ai fais un constat simple. Si mes survivants font x2 et que mes échecs sont des faillites, voici le tableau de performance.

Portefeuille = 10 titres équipondérés.

0 faillite : 100%
1 faillites : 80%
2 faillites : 60%
3 faillites : 40%
4 faillites : 20%
5 faillites : 0%
6 faillites : -20%
7 faillites : -40%
8 faillites : -60%
9 faillites : -80%
10 faillites : -100%

Nous constatons que notre portefeuille extrêmement risqué, peut supporter 5 faillites sur 10 titres en portefeuille. Impressionnant.

Mes conclusions :
1. La psychologie de crise pousse des entreprises à être valoriser à un point où le risque devient faible.
2. Détenir une entreprise endetté est très risqué, en détenir plusieurs dilue le risque (style CDS, voyez le genre).

Cette stratégie trouve son origine dans une réflexion simple : Une entreprise peut être très risqué, mais si son prix chute inexorablement, au bout d’un moment le risque deviendra faible. Il y a bien un plancher où le rapport risque / opportunité devient favorable et ce chiffre ne peut être une valorisation de 0.
Bien entendu, nous excluons les entreprises qui se font disrupter et sont en décroissance structurelle. Nous parlons uniquement et exclusivement d’une période de crise où des facteurs exogènes viennent affecter l’entreprise, d’où le cas d’étude des cycliques en temps de crise.

Dans la panique boursière et la pagaye générale, le marché ne fait plus de distinction dans l’endettement des entreprises, pas le temps ! alors que beaucoup de facteurs doivent être pris en compte :
- Dette à CT ou LT ?
- Entreprise familiale ? Si oui, ils vont se buter comme jamais pour garder le bateau à flot
- Possibilité de tirer des lignes de crédit à CT ?
- L’entreprise va-t-elle faire des pertes ?
- Comment s’est comporté l’entreprise lors de la dernière crise

Cette réflexion reste au stade de la planche à dessin, mais je compte bien creuser ma théorie.
La clé est la défaillance psychologique humaine qui en tant difficile, n’arrive plus à évaluer correctement les actifs.

Edit (un rajout) : Qu’on le veuille ou non, la majorité des gains en bourse se font au détriment des autres. Pour un acheteur, il y a un vendeur. Or, un humain est intelligent, plusieurs humains sont très intelligents. A contrario, la psychologie d’un humain est faillible (= biais), la psychologie d’une foule est très faillible (= biais individuel + biais de foule). Cette dichotomie fourni un angle d’attaque très intéressant. L’investisseur individuel doit choisir un terrain à son avantage pour générer une meilleure performance que le marché.

Dernière modification par thomas69 (20/01/2021 22h08)

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Favoris 1   [+7]    #83 20/01/2021 17h25

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Dernière lecture : La chose la plus importante de Howard Marks.

L’auteur : Howard Marks


Né en 1946 (76 ans), Howard débute en 1968 comme analyste action, chez CitiCorp. Il fait ce que son employeur lui demande, à savoir étudier les « Nifty Fifty », à la recherche des plus belles entreprises de croissance, peu importe la valorisation.
Par la suite, il se spécialise dans les placements obligataires de type « obligations à haut rendement » (junk bond). D’abord chez CitiCorp, puis en 1985 chez TCW Group. C’est là qu’ils rencontrent les futurs associés de son fonds d’investissements Oaktree, crée en 1995.
La performance est de 19% par ans. La fortune personnelle de Howard est de 2,1 milliards de dollars en 2020 (391e fortune mondiale).

Pas mal de bouteilles pour notre auteur, il est caractérisé par un style très défensif, dû à son expérience d’investisseur en obligation. Un esprit contrarien, marqué par son travail d’analyste durant les « Nifty Fifty ». Paraît que Buffet apprend toujours des choses intéressantes dans ces mémos. Voici la dernière, à vous de juger.

Résumé


Des copains m’ont demandé un résumé, j’ai commencé à prendre des notes, quant à la fin de l’ouvrage, l’auteur nous livre une synthèse du livre. J’ai recopié ces lignes, que je compte relire de temps à autre.

***

La meilleure base d’un investissement fructueux - ou d’une carrière réussie dans l’investissement - c’est la valeur. Vous devez avoir une pensée précise de la valeur des choses que vous envisagez d’acheter. Il y a beaucoup de composantes dans la valorisation, et beaucoup de manière de l’aborder. Pour simplifier à l’extrême, il y a les liquidités sur les comptes et la valeur des actifs tangibles, la capacité de l’entreprise ou de l’actif à générer des liquidités, et le potentiel pour que ces éléments croissent.

Pour obtenir de très bons résultats, votre connaissance profonde de la valeur doit être supérieure. Vous devez donc apprendre des choses que les autres ne savent pas, voir les choses différemment ou faire un meilleur travail d’analyse qu’eux - idéalement, il faut les trois ingrédients.
Votre perception de la valeur doit se baser sur un fondement solide, factuel et analytique, et il faut s’y tenir fermement. Ce n’est qu’à ce moment que vous saurez quand acheter ou vendre. Ce n’est qu’avec un sens très aigu de la valeur que vous aurez la discipline nécessaire pour prendre vos bénéfices sur un actif hautement prisé dont tout le monde pense qu’il continuera toujours à monter. Ou que vous aurez les tripes pour tenir une position et la moyenner à a baisse en temps de crise même si les prix continuent à baisser tous les jours. Bien entendu, pour que tous ces efforts soient bénéfique au final, il faut que votre estimation de la valeur se situe bien dans la cible effective.

***

La relation entre le prix et la valeur est l’élément clé pour réussir un investissement. Acheter en dessous de la valeur est la méthode la plus fiable pour engranger des gains. Payer au-dessous de la valeur fonctionne rarement.

***

Qu’est-ce qui fait qu’un actif se vend en dessous de sa valeur ? Les opportunités exceptionnelles d’achat existent essentiellement parce que la perception minore la réalité. Même si une très bonne qualité peut être clairement manifeste, il faut une connaissance approfondie pour détecter qu’elle est bon marché. Pour cette raison, les investisseurs confondent souvent la valeur objective et l’opportunité d’investissement. L’investisseur exceptionnel n’oublie jamais que l’objectif est de trouver de bons achats, pas de bons actifs.

***

Au-delà de l’augmentation du potentiel de gains que cela procure, acheter lorsque le prix est plus bas que la valeur est un élément essentiel pour limiter le risque. On ne peut pas obtenir cela en payant plus cher un actif en forte croissance. On ne peut pas obtenir cela en payant plus cher un actif en forte croissance, ni en prenant part à un « envolée » du marché.

***

La relation entre le prix et la valeur est influencée par la psychologie et les paramètres techniques, des forces qui peuvent prendre le dessus sur les fondamentaux sur le court terme. Les oscillations extrêmes des prix qu’induisent ces deux facteurs donnent lieu à des opportunités pour de gros profits ou de grosses erreurs. Pour vous trouver dans le premier cas plutôt que dans le second, vous devez vous conformer aux principes de la valeur et résister à la psychologie et autres paramètres techniques.

***

Les économies et les marchés ont des cycles de hausses et de baisses. Quelle que soit la direction suivie à un instant donné, la majorité des gens finissent par penser qu’elle ne s’arrêtera jamais. Ce raisonnement est une source de danger majeur car il empoisonne les marchés, amène les valorisations à des niveaux extrêmes, et provoque les bulles et les paniques auxquelles les investisseurs auront du mal à résister.

***

De même, le côté grégaire dans la psychologie de l’investissement mène à des schémas réguliers de mouvement de balancier, entre optimisme et pessimisme, entre crédulité et scepticisme, entre crainte de passer à côté d’une opportunité et crainte de perdre de l’argent, et donc un empressement d’acheter et urgence de vendre. Le mouvement de balancier entraîne le troupeau à acheter à des prix élevés et à vendre à bas prix. Faire parti du troupeau mène tout droit à la catastrophe, tandis que le contrariarisme dans les extrêmes vous aidera à éviter les pertes et vous mènera tôt ou tard à la réussite.

***

En particulier, l’aversion au risque - dont un niveau approprié est une composante essentielle d’un marché rationnel - est parfois trop limitée, parfois excessive. Les fluctuations de la psychologie de l’investisseur à cet égard jouent un rôle très important dans la création des bulles et des krachs des marchés.

***

Il ne faut jamais sous-estimer la force des influences psychologiques. La cupidité, la crainte, les excès de crédulité, le conformisme, la jalousie, l’égo et la capitulation, toutes ces influences font partie de la nature humaine, et elles ont toutes une grande capacité à imposer des actions, en particulier lorsqu’elles sont exacerbées et partagées par l’ensemble du troupeau. Elles influenceront les autres, et l’investisseur sérieux les ressentira aussi. Personne, pas même nous, ne doit s’attendre à être immunisé et à l’abri. Cependant, même si nous les sentons, nous ne devons pas y succomber pour autant. Il faut plutôt les reconnaître en tant que telles, et les combattre. la raison doit dominer les émotions.

***

Les tendances - haussières ou baissières - finissent en général par être exagérées. Ceux qui les identifient suffisamment tôt en bénéficient, mais les derniers à le faire sont pénalisés. C’est la raison pour laquelle mon adage numéro un pour l’investissement est « Ce que le sage fait au début, le fou le fait à la fin ». La capacité à résister aux excès sont rare, mais c’est une qualité importante de la plupart des investissements qui réussissent.

***

Il est impossible de savoir quand un marché en surchauffe va se retourner à la baisse, ou lorsque la chute va cesser et que la hausse va reprendre. Mais même si nous ne savons jamais où nous allons, nous devrions savoir où nous en sommes. nous pouvons déduire la situation des marchés dans leur cycle à partir des comportements des autres autour de nous. Lorsque les autres investisseurs sont insouciants, il nous faut être prudent, et lorsqu’ils sont en panique, nous devrions devenir agressifs.

***

Cependant, même le contrarianism n’assure pas toujours de faire des profits.
Les grandes opportunités pour acheter et vendre vont de pair avec les valorisations extrêmes, et par définition cela n’arrive pas tous les jours. Nous sommes aussi tenus d’acheter et de vendre à des niveaux moins attrayants dans le cycle, étant donné que la plupart d’entre nous ne pouvons pas nous contenter d’agir moins d’une fois par an. Nous devons identifier lorsque la chance n’est pas de notre côté et nous montrer alors plus prudents.

***

Si vous achetez des valeurs sûres à la base, à bas prix relativement à la valeur, et dans un contexte psychologique globalement déprimé, vous avez une très forte probabilité d’obtenir d’excellents résultats. Mais même dans ce cas, il peut y avoir des vents contraires pendant une certaine durée jusqu’à ce que la situation revienne à ce que nous avions prévu. « Sous côté » n’est absolument pas synonyme de « va bientôt remonter ». D’où l’importance de mon second adage fétiche « Avoir trop d’avance sur son temps est indiscernable de se tromper. » Il faut beaucoup de patience et de courage pour tenir une position suffisamment longtemps jusqu’à ce qu’elle soit confortée.

***

Au-delà de leur capacité à déterminer la valeur d’un actif et de chercher à l’acquérir lorsque son prix est intéressant, les investisseurs performants doivent aussi avoir une approche rationnelle du risque. Ils doivent aller bien au-delà de la définition académique du risque, qui le restreint à la volatilité. Ils doivent comprendre que le risque qui importe le plus est le risque de perte définitive. Ils doivent rejeter l’idée qu’augmenter la prise de risque est la formule universelle pour réussir un investissement. Ils doivent aussi savoir que des investissements plus risqués impliquent un éventail plus large de résultats possibles et une plus grande probabilité de pertes. Ils doivent bien être conscients du potentiel de perte intrinsèque à tout investissement, et ils ne doivent l’accepter que si la récompense est plus convenable.

***

La majorité des investisseurs ont une approche simpliste, ne se préoccupant que de la probabilité de rendement. Certains découvrent qu’il est aussi important de comprendre le risque que le rendement. Mais c’est l’investisseur exceptionnel qui parvient au raffinement nécessaire pour apprécier la corrélation, un élément essentiel pour maîtriser le niveau de risque d’un portefeuille dans sa globalité. Du fait de différence au niveau de la corrélation, des investissements spécifiques de même niveau de risque absolu peuvent être combinés de diverses manières pour constituer des portefeuilles aux niveaux de risques globaux largement variables. La plupart des investisseurs pensent que la diversification consiste en la détention de plusieurs choses différentes. Mais peu comprennent que la diversification n’est effectivement en place que si on peut compter sur le fait que chaque composante du portefeuille réagir différemment à une évolution spécifique de l’environnement.

***

Autant l’investissement agressif est susceptible de produire des résultats impressionnants lorsqu’il fonctionne - en particulier dans les périodes haussières - autant il a peu de chances de générer des profits aussi sûrement que l’investissement défensif. La devise d’Oaktree « Si vous évitez les mauvais, les meilleurs prendront soin d’eux-mêmes » s’est révélée bien utile au fil des années. Un portefeuille diversifié en investissements, dans lequel aucun n’a de grande chance de générer de pertes importantes, est un bon départ pour réussir.

***

La maitrise de risque est au coeur de l’investissement défensif. Plutôt que de tenir de faire ce qu’il faut, l’investisseur défensif accorde une importance particulière à ne pas faire ce qu’il ne faut pas. Assurer la capacité de survie dans des conditions difficiles étant incompatible avec la maximisation des rendements dans les périodes favorables, les investisseurs doivent choisir l’équilibre qu’ils établiront entre les deux. L’investisseur défensif décide de mettre l’accent sur le premier choix.
La marge pour l’erreur est un élément déterminant dans l’investissement défensif. Même si la majorité des investissements seront réussis si les choses se déroulent telles qu’espérées, il faut une marge pour l’erreur pour rendre les résultats supportables lorsque les choses ne vont pas dans le bon sens. Un investisseur peut mettre en place une marge pour l’erreur en se concentrant sur les valeurs tangibles et durables dans le contexte présent, en n’achetant que si le prix est bien en dessous de la valeur, en écartant tout effet de levier et en diversifiant. Le fait de mettre l’accent sur ces éléments peut limiter vos gains les périodes haussières, mais cela optimisera aussi vos chances de passer entre les gouttes lorsque tout ne se passe pas si bien. Mon troisième dicton favori est : « N’oublions jamais cet homme d’un mètre quatre-vingts qui s’est noyé en traversant une rivière profonde d’un mètre cinquante en moyenne. » La marge pour l’erreur vous donne l’endurance et vous permet de tenir dans les périodes de creux.

***

La maîtrise du risque et la marge pour l’erreur devraient tout le temps être présents dans votre portefeuille. Mais vous devez garder à l’esprit que ce sont des « actifs cachés. » Sur les marchés, la plupart des années sont bonnes mais ce n’est que dans les mauvaises années - lorsque la marée redescend - que l’intérêt de l’approche défensive devient évident. Dans les bonnes années, les investisseurs défensifs doivent se contenter de savoir que leurs gains, même s’ils ne sont pas maximisés, ont été obtenus avec couverture du risque adéquat…. même si cette dernière se s’est pas avérée utile.

***

Une des exigences essentielles pour la réussite d’un investissement - et qui fait donc partie de la psychologie des grands investisseurs - est la prie de conscience que nous ne savons pas ce qui va arriver dans le futur. Peu de gens, voir personne, n’en savent plus que le consensus sur ce qui va se passer concernant l’économie, les taux d’intérêt et les principales places de marché. Il vaut donc mieux que l’investisseur passe du temps à acquérir des avantages compétitifs en termes de connaissances sur ce qui peut l’être : les domaines d’activités, les entreprises et les titres. Plus vous rentrerez dans le détail, plus vous aurez de chance d’apprendre ce que les autres ignorent.

***

Beaucoup d’investisseurs pensent - à tord - connaître la direction que vont prendre les économies et les marchés dans le futur - et agissent dans ce sens. Ils prennent alors des initiatives agressives qui produisent rarement les résultats escomptés. investir sur la base de prédictions fermement crues bien qu’incorrectes est à l’origine de pertes potentielles très importantes.

*** 

Beaucoup d’investisseurs - amateurs comme professionnels - considèrent que le monde fonctionne selon un processus bien ordonné qu’on peut maitriser et prédire. Ils font abstraction de l’aspect aléatoire des choses et des distributions de probabilité qui sous-tendent tous développements futurs. Ils choisissent donc de baser leurs actions sur un scénario fixé dont ils prévoient qu’il se produira. Cela marche quelque fois - attirant les honneurs pour l’investisseur - mais pas de manière suffisamment régulière pour donner lieu à un succès sur le long terme. Dans la prévision économique comme dans la gestion de placements, il est à noter qu’il y a généralement quelqu’un qui a tout bon… mais il est rare que ce soit la même personne plusieurs fois de suite. Les investisseurs qui réussissent le plus ont « presque tout bon » la plupart du temps, et c’est bien mieux que les autres.

***

Bien faire les chose consiste en grande partie à éviter les écueils qui sont fréquemment représentés par les fluctuations économiques, les difficultés d’entreprises, les revirements nerveux des marchés, et la crédulité des autres investisseurs. Il n’y a pas de formule infaillible pour le faire, mais la prise de conscience de ces dangers potentiels est très certainement le meilleur point de départ pour s’efforcer de les éviter.

***

Un autre élément important est d’avoir des attentes raisonnables. Les investisseurs rencontrent souvent des problèmes parce qu’ils agissent dans la perspective de rendements déraisonnablement élevés ou sur lesquels on compte trop. Cela se produit en occultant le fait que généralement toute augmentation de l’objectif de rendement va de pair avec une augmentation du risque supporté. La solution est de bien réfléchir aux propositions qui pourraient être trop belles pour être vraies.

***

Ni les investisseurs défensifs qui limitent leurs pertes en période de déclin, ni les investisseurs agressifs aux gains substantiels dans un marché haussier ne prouvent qu’ils ont du talent. Selon nous, pour dire que des investisseurs créent réellement de la valeur, il faut regarder leurs performances dans des environnements dans lesquels leur style n’est pas particulièrement bien adapté. L’investisseur agressif peut-il se prémunir de perdre tous ses gains lorsque le marché se retourne à la baisse? L’investisseur défensif peut-il bénéficier en bonne partie d’un marché haussier ? Ce type d’asymétrie est caractéristique du talent réel. Un investisseur donné a-t-il plus de placements gagnants que de perdants ? Les gains sur les gagnants sont-ils plus importants que les pertes sur les perdants ? Les bonnes années rapportent-elles plus de profits que les résultats ne sont mauvais dans les périodes défavorables ? Enfin, les résultats sur le long terme sont-ils meilleurs que ce que le seul style de l’investisseur laisserait espérer ? Ces éléments sont le propre de l’investisseur exceptionnel. Sinon, les rendements pourraient résulter de pas grand-chose en dehors du mouvement de marché et du bêta.

***

Seuls les investisseurs ayant une acuité hors du commun peuvent souvent pressentir la distribution de probabilité qui régit les événements futurs et deviner lorsque les rendements potentiels compensent les risques qui se cachent dans la partie gauche des événements négatifs de la distribution.
Cette simple description des condition d’un investissement réussi - basés sur la compréhension de l’éventail des gains possibles et du risque d’événements défavorables - met à plat les éléments qui devraient retenir votre attention. Je vous recommande ce travail. Il vous mènera sur un chemin exigeant, passionnant et stimulant.

Avis personnel


Ce livre est un classique, il doit figurer dans la bibliothèque d’un investisseur. L’auteur maitrise son sujet, cela se ressent fortement. Néanmoins, le lecteur reste sur sa faim, par moments. Des exemples et des mises en situation concrètes auraient été apprécier pour savourer le style du gérant, façon Lynch dans ses ouvrages. Ajoutons que le style très défensif de l’auteur, couplé à son pragmatisme implacable plonge le lecteur dans un état pessimiste vis-à-vis de l’investissement. A vrai dire, le livre manque d’entrain. Thématique boursière oblige, le style est très académique. La traduction façon Valor n’aide pas, comme d’habitude.

Dernière modification par thomas69 (01/02/2021 09h27)

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[+2]    #84 01/02/2021 12h48

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Enigme sur la volatilité


Je travaille actuellement sur la notion de risque au sein d’un portefeuille, fatalement j’étudie la volatilité et le bêta. Autant je comprends d’où provient la sur-performance de la plupart des facteurs (momentum, value, small, etc.), honnêtement sur la volatilité c’est un mystère. Voir un non-sens. Mon intuition serait plutôt que les entreprises risquées (=volatile) sur-perfoment, rémunérant ainsi l’excès de risque et que les autres (=non volatile) sous performent en contre-partie d’une sécurité plus forte. Or, il n’en est rien.

Problématique : Pourquoi les entreprises à faible volatilité font mieux (= sur-performance) que les autres ?

Illustration de l’écart de performance



Source: @srv dans un autre post.

Définition de volatilité et bêta


La volatilité est l’ampleur des variations du cours d’un actif financier. En bourse, le rapport historique entre la volatilité d’un indice et celui d’un titre se nomme le bêta. Une volatilité élevée traduit une espérance de gain forte au prix d’un risque élevé. Si la volatilité est faible, l’espérance de gains et le risque est faible.

Méthode de calcul

Bêta = (Covariance(Rp, Rm) ) / Variance(Rm).

Rp = rendement du portefeuille
Rm = rendement du marché


Volatilité = Ecart type des variations historiques de prix entre un indice et un titre.

Effet du bêta

• bêta < 0 : Le titre évolue à l’opposé du marché. Si l’indice baisse, le titre monte

• bêta = 0 : Le titre et l’indice ne sont pas du tout corrélés

• bêta > 0 et bêta < 1 : Le titre est peu volatile par rapport à l’indice. Si beta = 0,5 et l’indice diminue de 3%, alors le titre ne diminue que de 1,5% (= titre défensif, faible risque et faible espérance de gains)

• bêta = 1 : Le titre se comporte exactement comme l’indice.

• bêta > 1 : Le titre est très volatile par rapport à l’indice, les mouvements sont amplifiés. Si beta = 2 et l’indice diminue de 3%, alors le titre diminue de 6% (=titre offensif, gros risque et grosse espérance de gains)

Dans le monde réel, en France

Voici quelques exemples, histoire de se faire une idée très concrète. Historiquement, les titres faiblement volatils (=défensif) sont liées aux sources de revenues récurrentes, peu importe l’environnement économique : santé, télécom, consommation de base.

• Sartorius : 0,03
• Iliad : 0,15
• Orange : 0,38
• Pernod Ricard : 0,5
• Carrefour : 0,52
• L’Oréal : 0,52

A contrario, les entreprises liées à l’environnement économique ont une volatilité plus élevée.

• Airbus : 2,60
• Société Générale : 2,53
• Renault : 2,36
• Axa : 1,95
• Safran : 1,86
• CapGemini : 1,61

Etude de la volatilité et du bêta en France


Revenons-en à notre énigme, d’où provient la sur-performance des entreprises faiblement volatile.

Ma première intuition est sur la taille des entreprises. J’ai remarqué les faits suivants, plus une entreprise est petite dans mon portefeuille, moins les prix bougent, grosse inertie à la hausse et à la baisse face aux marchés. Cette intuition est pifométrique, je n’avais jamais regardé le bêta associé aux titres mais après coup, force est de constater que ça colle plutôt bien à mes observations.

Du coup je me suis lancé dans des calculs sur la cote française. Toutes les données sont issues de Stockopédia.

Beta corrélé à la taille des entreprises en France





Notes :
• Ordonnée : Beta. Le graphe est redimensionné visuellement sur l’intervalle 0:3, cependant toutes les données sont comprises (notamment utilisés pour la droite de régression)
• Abscisse : Capitalisation. De 40M à 5 000M sur la graphe 1. Zoom sur le second, de 40M à 1000M (l’annotation indique 1100M, c’est lié au logiciel)
• Toutes les entreprises françaises côtés sont compris dans l’intervalle de capitalisation

Il existe une légère corrélation entre la volatilité est la taille des entreprises. Elle n’est pas flagrante, mais elle existe bel et bien. J’ai remarqué que la volatilité des entreprises capitalisant entre 40M et 100M (1,206) est inférieure aux plus grandes capitalisations boursières du pays (>10 milliards = 1,224). D’un point de vue théorique, cela voudrait dire qu’elles sont moins risquées…

Quelques chiffres par intervalle :
• 40-100: 1,206
• 100-200: 1,222
• 200-300: 1,200
• 300-400: 1,217
• 400-600: 1,396
• 600-800: 1,136
• 800-1000: 1,556

• 500-1000: 1,343
• 10M+: 1,224

En y réfléchissant davantage, ce n’est pas tant la taille de l’entreprise qui crée de l’inertie (faible volatilité) d’après mes observations, mais surtout le flottant. Bassac me frappe particulièrement (beta = 0,78; free float ~5%). Mon intuition est la suivante, plus le flottant est faible, moins le titre est volatile. En somme, aucun lien avec le risque associé à l’entreprise, mais uniquement sa configuration boursière.

Beta corrélé à la part du flottant (%) en France



Même configuration que précédemment sauf que là toutes les entreprises françaises côtés sont présentes. La corrélation est bien plus forte.

Autant j’ai réussi à faire corréler le bêta et divers ratios, tel que bêta vs EV/EBITDA ou bêta vs NET Gearing mais la corrélation est logique, plus une entreprise est endetté, plus elle est risquée, c’est parfaitement logique. Mais là c’est inexplicable d’un point de vue théorique, une entreprise ayant X% ou Y% de flottant ne change en RIEN son niveau de risque intrinsèque.

Tout ça pour dire que plus le flottant est faible, moins il y a de volume, moins le titre est volatile, moins il semble théoriquement risqué ?

Je suggère que les entreprises à faible flottant sont très souvent des boîtes familiales qui historiquement surperforment le marché. Les arguments sont nombreux : visions long terme, prudent, intérêt aligné, faible dette, etc.

Sauf que du coup ce n’est pas le facteur volatilité qui crée de la surperformance, mais la typologie d’entreprise, à savoir des boîtes familiales.



Source: Les raisons de la surperformance des entreprises familiales en Suisse

Bonus : bêta corrélé au gearing en France



Aucun lien avec mes réflexions, juste de la curiosité. Les résultats sont logiques. J’ai enlevé les données extrêmes pour me restreindre dans une fourchette -200%:+200%.

La volatilité, un concept fumeux ?


Quelque chose me titille, la dichotomie entre la thèse des théoriciens et celle des investisseurs particuliers.

• Point de vue des théoriciens : la volatilité est une notion de risque, plus un titre est volatil, plus l’actif est risqué.

• Point de vue des investisseurs particuliers : la volatilité n’est pas un risque mais une opportunité d’acheter un actif à vil prix !

Autant je trouve les théoriciens trop théoricien et académique. Autant les investisseurs me semblent naïfs et tout autant théoricien !

Concernant les théoriciens, je rejoins Howard (voir message précèdent). La notion de risque est purement subjective, cependant pour créer des modèles mathématiques il faut une variable pour quantifier le risque. Par conséquent, la volatilité est l’unité mathématique calculable la plus proche de ce qui peut s’apparenter au risque. Faute de mieux, on l’utilise, c’est une commodité.

Concernant l’interprétation personnelle des investisseurs particuliers, qui se veut par nature logique et pragmatique face à une théorie universitaire. Celle-ci souffre de la même lacune, c’est de la théorie. Nous allons démonter ce point de vue avec un exemple tout simple, le Covid. Si pré-crise vous avez un portefeuille avec un beta de 2 et que l’indice chute de 30%, votre portefeuille se prend -60% dans les dents. Le climat est anxiogène, la bourse rouge vif, c’est la panique. Pensez-vous sincèrement que vous auriez eu les reins assez solides pour renforcer ? d’ailleurs avec quelle liquidité, votre portefeuille vient de chuter de 60%. Le risque est surtout psychologique, vous êtes faillibles, comme tout le monde. Dans mon exemple, vue la situation et l’état de votre portefeuille vous risquez de faire n’importe quoi sous l’effet de la panique, amplifié par un portefeuille très offensif.

Ce n’est pas un hasard si beaucoup d’investisseurs chevronnés mettent de côté les boîtes cycliques, déjà rincé par le passé les vieux briscards.

Du coup, récapitulons. La théorie financière est… de la théorie. Mais la volatilité est tout de même un risque, psychologique uniquement. La vérité semble ni noir, ni blanche, mais grise, à mi-chemin entre le théoricien et le petit porteur.

Je conseille l’exercice suivant : calculer le bêta de l’ensemble de votre portefeuille. Celui-ci doit être en adéquation avec vos perspectives (=je reste en bourse pour X années), vos capacités psychologiques (solide / peureux) et votre vision du marché (optimiste / pessimiste).

Intérêt numéro 1 : avoir un portefeuille cohérent avec vous-même. Le bêta doit être logique compte tenu de ces variables. Si vous souhaitez investir à horizon 3 ans, que vous êtes peureux et très pessimiste sur l’avenir économique du monde et que vous avez un bêta très élevé, vous avez un gros problème.

Si vous êtes en bourse, vous êtes optimiste sur l’avenir. Si vous avez un portefeuille offensif (bêta > 1), vous êtes très optimiste. L’êtes-vous vraiment ?

Intérêt numéro 2 : être préparé psychologiquement au pire : Le jour où ça va dévisser sec, il y aura une énorme différence entre l’investisseur qui comprendra l’origine de sa débâcle face à l’indice (=bêta élevé) et celui, incrédule devant la situation. En sommes, psychologiquement vous serez mieux préparer et vous vous direz simplement « il faut que je serre les dents ». Mieux que ça, avec un bêta de 2, un portefeuille qui perd 45% et l’indice 30%, vous trouverez du réconfort en vous disant « je ne m’en sors pas si mal que cela finalement, j’aurais dû être à -60% ! ». L’investisseur qui n’est pas préparé se dira « Mon dieu, la bourse plonge et mon portefeuille fait encore pire ! je dois être sacrément mauvais ». Pour le second, le cocktail est explosif, panique et mauvaise estime de soi.

Conclusion : Le bêta (volatilité) est un outil, servez-vous-en. Ce n’est pas une fin en soi, mais fort utile.

Conclusion générale


La sur-performance des portefeuilles à faible volatilité semble tirer son origine d’une sur-pondération d’entreprise familiale, qui historiquement ont une meilleure performance.
Le bêta est un outil intéressant pour comprendre son portefeuille et sa réaction face aux marchés.

Notes importantes


Je suis un amateur, pas un professionnel de la finance. Ce message est uniquement mon point de vue personnel sur la question suite à mes réflexions. Mon étude manque de rigueur pour en tirer des conclusions définitives, je fais avec les moyens du bord et les données à ma disposition, il faudrait également analyser plusieurs marchés.

Dernière modification par thomas69 (01/02/2021 19h55)

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#85 01/02/2021 13h03

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thomas69 a écrit :

→ [b]Il existe une corrélation entre la volatilité est la taille des entreprises. Elle n’est pas flagrante, mais elle existe bel et bien.

Je ne comprends pas comment vous arrivez à cette conclusion : le coefficient de détermination est proche de zéro ce qui montre au contraire qu’il n’y a pas de corrélation linéaire entre beta et taille des entreprises.

Idem pour la suite.

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#86 01/02/2021 13h26

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Bonjour Thomas69,

Le beta n’est pas toujours lié à la volatilité (c’est un raccourci un peu rapide) et représente plutôt la corrélation entre une action, et son indice de référence.

Celui-ci est généralement mesuré mensuellement.

Prenons deux actionS qui débutent d’un point A (début de mois) et vont vers un point B (fin de mois).

Ces deux actions auront exactement le même beta. En revanche, la première peut y aller en zigzagant fortement, avec une forte volatilité quotidienne, alors qu’une autre peut y aller avec de très faibles variations.

Prenons par exemple l’action Ambu (Danoise) qui est extrêmement volatile (les variations de 5% chaque jour ne sont pas rares). Pourtant, son beta (YahooFinance) est de 0,25. J’ai pris ici un exemple que je connais, mais ce n’est pas une exception !

Un exemple d’indicateur de volatilité (facilement programmable sur ProRealtime)


Ce que j’utilise personnellement pour mesurer la volatilité d’une action n’est pas son beta. Je regarde la volatilité maximale chaque jour.

Celle-ci est le max de :

- (Plus haut du jour - plus bas du jour)/plus bas du jour

- (Plus haut du jour - cloture veille)/cloture veille -> en cas de gap haussier

- (Cloture veille - Plus bas du jour)/plus bas du jour -> en cas de gap baissier

Cet indicateur donne l’amplitude du mouvement d’une action chaque jour (ce qui caractérise mieux sa volatilité que le beta).

On peut ensuite appliquer une moyenne mobile (peu importe la période, 20 par exemple pour une maille mensuelle) pour lisser le résultat.

Dernière modification par MrDividende (01/02/2021 13h38)

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#87 01/02/2021 13h50

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MrDividende a écrit :

Bonjour Thomas69,

Le beta n’est pas toujours lié à la volatilité (c’est un raccourci un peu rapide) et représente plutôt la corrélation entre une action, et son indice de référence.

Ce qui représente la corrélation entre une action et son indice (ou toute autre série de données) c’est le coefficient de corrélation.

MrDividende a écrit :

Prenons deux actionS qui débutent d’un point A (début de mois) et vont vers un point B (fin de mois).

Ces deux actions auront exactement le même beta. En revanche, la première peut y aller en zigzagant fortement, avec une forte volatilité quotidienne, alors qu’une autre peut y aller avec de très faibles variations.

Elles n’auront pas la même covariance avec le marché et donc pas le même beta.

Dernière modification par dangarcia (01/02/2021 13h50)

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#88 01/02/2021 14h03

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Bonjour Dangarcia,

Si je ne dis pas de bêtise (mais je me trompe peut-être), pour calculer le beta d’une action (méthode que j’ai pu lire dans plusieurs livres de finance) :

- on regarde la performance de celle-ci sur une certaine période (par exemple tous les mois, semaine…). On note toutes ces performances mensuelles (hebdo) dans un tableau

- on fait la même chose pour l’indice

- on trace ensuite l’un en fonction de l’autre sur la période étudiée (pour YahooFinance ce sont des beta mensuels sur 5 ans, il y a donc 5 x 12 pts = 60 pts).

La pente obtenue en traçant une régression linéaire donne le beta.

Celle-ci est donc liée à la corrélation entre une action et un indice (si le r2 est élevé).

Comme le beta se mesure à maille mensuelle (ou hebdo) tous les points intermédiaires ne sont pas pris en compte (et donc la volatilité intraday).

Je fais erreur ?

Dernière modification par MrDividende (01/02/2021 14h12)

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#89 01/02/2021 14h11

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thomas69 a écrit :

• Sartorius : 0,03
• Iliad : 0,15
• Orange : 0,38
• Pernod Ricard : 0,5
• Carrefour : 0,52
• L’Oréal : 0,52

A contrario, les entreprises liées à l’environnement économique ont une volatilité plus élevée.

• Airbus : 2,60
• Société Générale : 2,53
• Renault : 2,36
• Axa : 1,95
• Safran : 1,86
• CapGemini : 1,61

Ces chiffres me paraissent très faux.
Les titres avec un beta > 1.5x sont peu légion, peut-être au mieux 20% de la côte. Donc sûrement pas AIR, CS, CAP ou SAF.

Dans l’autre sens, c’est très rare de descendre sous les 0.7x.

Soit vous avez la mauvaise formule, soit votre horizon de temps est bien trop court.

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#90 01/02/2021 14h16

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@Kiwijuice

Le beta YahooFinance donne bien 0,08 pour Sartorius et 1,72 pour Airbus, je viens de regarder. Le beta est calculé mensuellement sur 5 ans glissant (probablement avec la méthode que j’ai détaillé au dessus ? Mais je ne suis pas certain).

Les chiffres de Thomas semblent donc ok (mais pas 100% à jour).

Dernière modification par MrDividende (01/02/2021 14h16)

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#91 01/02/2021 14h30

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MrDividende a écrit :

Je fais erreur ?

Oui quand vous écrivez que deux actionS qui débutent d’un point A (début de mois) et vont vers un point B (fin de mois) […] auront exactement le même beta.

Je pense que vous faites une confusion entre la pente de la droite de régression linéaire des séries de rendement des titres vs celle des rendements du marché (le beta) ; et la pente du cours de bourse des 2 titres considérés (le rendement moyen, qui dans le cas présent sera bien le même).

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#92 01/02/2021 14h33

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Vous ne savez pas comment est calculé le Beta de Yahoo et contre quoi.
Donc impossible de conclure.
Je regarde ailleurs, je trouve un autre résultat. Un beta de 0,08 pour un titre membre de grands indices ne semble impossible.

EDIT: je trouve 0,59 contre Euronext 100 et 0,49 contre le CAC ce qui me semble déjà plus raisonnable.
Calcul sur 5 ans avec les weekly returns.
https://docs.google.com/spreadsheets/d/ … sp=sharing

Sinon cette histoire de volatilité basse pour un faible flottant car entreprise familiale. Voilà un contre-argument : absence de volumes car flottant faible > faible volatilité. Et oui, si vore titre ne traite pas pendant une semaine, son prix reste stable. Cela apparaît comme une vol faible, c’est juste une illiquidité.
C’est le même débat que le private equity, qui se prétend à faible volatilité mais qui en fait profite de l’absence de prix pendant de longues périodes.

Et il y a en effet une anomalie low vol sur les marchés. Elle a été recherchée en long et en large. Regardez SSRN. L’explication retenue est que les gérants sont attirés par les titres à haut béta en espérant faire de plus gros gains. Mais en fait, mieux faut des titres moins volatiles mais plus réguliers!

Dernière modification par kiwijuice (01/02/2021 15h04)

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