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[+1]    #226 02/03/2021 14h12

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dangarcia a écrit :

Ah, vous vous placez du point de vue de "on" i.e. la société c’est ça ?

non, votre définition qui inclus distinction entre travail imposé budgétairement et travail non nécessaire budgétairement.
Il est vrai que l’emploi du "vous" aurez été plus adapté.

Perso, comme Ririsama, je considère que la définition d’un travail n’est pas lié à la motivation de celui ci!

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#227 03/03/2021 09h10

Membre (2019)
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Les comptoirs de la Grèce ionnienne n’existaient que dans le cadre du monde de la Grèce Antique, de ses relations commerciales internes et du commerce international antique.

Leur activité d’intermédiation était assise sur une économie domaniale de type agricole, le travail étant principalement fourni par des esclaves. Éventuellement par les citoyens pauvres, voir plus bas.
La première utilisation du terme économique semble d’ailleurs due à Aristote, et se rapporte à l’art d’administrer sa maison, entendue comme le centre d’un domaine agricole.

Le commerce était à Athènes (qui n’était pas ionienne au sens strict, mais plus ionienne que dorienne, contrairement à Sparte) beaucoup assuré par les méteques. Je préfère me référer à Athenes car c’est le modèle de cité grecque le mieux connu. Je ne suis pas au courant de divergences majeures avec les cités ioniennes.

Les citoyens (10% de la population environ) quant à eux avaient des occupations politiques et militaires.

Ce qui posait des problèmes économiques aux citoyens pauvres. La vie politique des cites grecques était marquée par la lutte démocratie/oligarchie, les revendications principales des démocrates étant l’abolition des dettes (reformes de Solon) et le salaire citoyen (des indemnités modestes ont parfois été accordées aux petits propriétaires terriens pour compenser leurs pertes puisqu’ils ne pouvaient travailler dans leur exploitation pendant qu’ils étaient à l’assemblée des citoyens.  ). 

Le travail domestique, minier, agricole, artisanal voire commercial était globalement assez mal vu et dédaigné comme servile. 

On peut considérer comme des rentiers plus ou moins riches les personnages des dialogues platoniciens -ou du théâtre d’Aristophane- et ils sont plus ou moins indépendants économiquement (d’ailleurs ce qui distingue Socrate des sophistes est qu’il ne se fait pas payer même s’il n’est pas riche, mais ce n’est pas grave car il a été invité à ce fameux Banquet ou l’on a manifestement bien mangé, bien bu et bien parlé….).

Le sort du citoyen grec antique, sa liberté, dépendait totalement du statut militaire de la cité à laquelle il appartenait. Lui et sa famille pouvaient être tués ou réduits en esclavage en cas de défaite militaire. Une référence datée mais non suspecte de marxisme est Benjamin Constant. C’est la fameuse distinction de la liberté des anciens et de la liberté des modernes.

Platon était indépendant économiquement et pouvait s’adonner à la saine activité qu’est la contemplation des Idées mais cette indépendance économique cachait en réalité une dépendance totale envers un système politique maintenant fermement la distinction citoyen libre/esclave. Car on tombait bien vite dans l’état servile. Platon lui même s’est retrouvé un temps esclave suite à sa capture par des Lacedemoniens qui l’ont vendu au tyran de Syracuse.

****

L’indépendance financière du rentier moderne ne le libère pas de la dépendance au système politique et économique dans lequel il agit. C’est tout à fait évident pour le système économique qui est mondialisé. Mais cette mondialisation repose sur des bases juridiques qui sont des traités internationaux et donc en dernière analyse sur le système politique international.

Il y a aussi l’évidence que la planification financière dépend beaucoup de la politique du pays de résidence fiscale (une taxe progressive  sur le patrimoine avec une première tranche à 1% commençant à 100.000€ changerait drastiquement les termes de l’équation, c’est en gros ce que Piketty propose.).

****

Quelle est la différence du point de vue de la rat race entre le discours FIRE et celui de l’adepte du partage du travail et de la retraite à 60 ans si ce n’est que l’un ne se préoccupe pas des conditions politiques et l’autre des conditions économiques pour rendre possible sa sortie de l’aliénation par le travail salarié?

Évidemment il y a la recherche de la solution individuelle dans le cas de l’aspirant rentier et collective du point de vue de l’utopiste de gauche.

Je trouve que le discours FIRE est mieux construit car les impossibilités économiques de la semaine de 20 heures, de la retraite à 50 ans et du revenu universel en plus de la protection sociale, bref de tout ce rêve socialiste de beurre, d’argent du beurre et de sourire de la crémière,  se manifestent plus vite.

Mais le discours FIRE est, je pense, un discours idéologique. Dans notre société tout discours sur le travail est idéologique.

Je ne suis pas marxiste du tout mais je pense l’analyse marxienne de l’aliénation par le travail est compatible avec le libéralisme politique (auquel FIRE appartient) et que ce qu’on appelle la rat race dans ce discours n’est qu’une forme de l’aliénation par le travail.  Tout n’est pas faux chez Marx, notamment ce qui vient de Hegel…..

D’ailleurs, ce problème est tout à fait pris en compte par les théoriciens du management moderne des RH (cf. Boltanski-Chiapello, Le nouvel esprit du capitalisme)  et on voit des réalisations pratiques pour éviter que les salariés ne sentent aliénés allant jusqu’aux étrangetés que sont les happiness officers.

Autre point que je retire de Marx: aucune idéologie n’échappe à ses contradictions. Ca s’est appliqué au marxisme. Ca s’est appliqué au libéralisme du 19e.

L’idéologie n’est pas le mal absolu, on a tous besoin de valeurs pour vivre et d’heuristiques pour trouver le bonheur.  Ceci dit des qu’on essaye de mettre de l’ordre dans ses valeurs et ses idées, l’ idéologie n’est pas très loin et avec elles ses biais.

Donc, il vaut mieux avoir conscience du caractère idéologique de son discours.  Ce qui n’est pas vraiment le cas pour le discours FIRE qui ne se pose pas la question de ses propres biais idéologiques.

Dernière modification par Caratheodory (03/03/2021 09h12)

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