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Forums des investisseurs heureux

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#76 18/01/2017 14h14 → Essilor : jusqu'où la hausse ?

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Une question niaise : Qu’es-ce qui empêcherait l’apparition d’un Huawei de l’optique ?


Buy sheep, Sell deer.

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#77 18/01/2017 15h36 → Essilor : jusqu'où la hausse ?

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Si vous connaissez une entreprise ou un secteur protégé à tout jamais des nouveaux entrants "low-cost", je suis preneur !

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#78 18/01/2017 17h20 → Essilor : jusqu'où la hausse ?

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Infrastructure, Service à la personne, Construction, Secteur de l’interim et du travail, Distribution, SIIC, luxe, santé, la haute technologie, les brevets, les pétrolières, la défense.
Tout entreprise qui a une bonne moat pérenne ou une barrière à l’entrée en fait.

Les lunettes et les verres ne sont pas très technologique (me trompe je?), Essilor a créé une joint venture avec Wanxin Optical pour fabriquer les verres en Chine qui semble être un axe stratégique important pour la croissance. Je ne connais pas Essilor, mais cela fait échos à IBM - Lenovo.


Buy sheep, Sell deer.

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#79 29/03/2018 11h17 → Essilor : jusqu'où la hausse ?

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InvestisseurHeureux, début 2017 a écrit :

Essilor (n°1 mondial des verres) était déjà une des plus belles sociétés de la cote française (IH Score de 8), et le mariage avec Luxottica (n°1 mondial des lunettes et également avec un IH Score de 8) est juste génial.

Pour une fois il ne s’agit pas d’une fusion avec des "synergies" (comprendre, on vire le personnel des fonctions support), mais d’une complémentarité des activités.

Le monde a écrit :

Les chiffres

Essilor
61 000 salariés dans le monde, dont 10 613 en Europe.
32 usines, dont 4 en France.
Chiffre d’affaires : 6,7 milliards d’euros en 2015.
Bénéfice net : 757 millions d’euros en 2015.

Luxottica
79 000 salariés dans le monde.
12 usines, 7 800 magasins.
Chiffre d’affaires : 8,8 milliards d’euros en 2015.
Bénéfice net : 804 millions d’euros en 2015.

La fusion avec Luxottica a été approuvée par les autorités de la concurrence début du mois.

Le groupe restera français et sera complètement dominant dans la lunette : aussi bien dans la fabrication de verres que dans la distribution.

Déjà en tant qu’acteurs séparés, Essilor et Luxottica étaient des acteurs dominants dans leur secteur respectif.

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#80 30/03/2018 11h24 → Essilor : jusqu'où la hausse ?

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Bonjour,

J’aimerai vous apporter quelques petites nuances de mon point de vue de praticien du droit de la concurrence (je précise que je ne connais absolument pas le dossier de l’intérieur):

- Déjà, voici le communiqué de presse officiel de la DG COMP. En général, il vaut mieux se méfier des articles et autres commentaires d’analyse qui contiennent énormément d’approximations dans ce type d’affaires.
On y apprend notamment que Luxottica détient moins de 20% de parts de marché en Europe sur le marché des montures. Bien qu’étant le plus gros acteurs de ce marché et détenant des marques fortes (voire incontournables), Luxottica est donc loin d’être dominant.
Pas d’informations précises sur les parts de marché d’Essilor dans les verres d’optique mais on sait par ailleurs qu’ils sont sans doute dominants sur le marché (grosse part de marché en Europe, pas d’autre acteur de taille comparable).

- L’originalité de ce dossier est qu’il s’agit d’une concentration verticale et non horizontale comme la plupart du temps. Les règles du droit du contrôle des concentrations n’ont pas été créées avec ce type d’opération en tête et les pouvoirs des autorités y sont plus limités.
Les tests sont assez simples (résumé TRES simplifié): on regarde la structure du marché et les parts de marché des acteurs actuels, et on compare à la situation post-concentration. En l’espèce, pas de problème "mathématique" pour cette opération, il faut donc s’intéresser aux effets potentiels en regardant la réalité du terrain.

- Attention de bien lire le communiqué: les conclusions sont tirées après enquêtes auprès d’opticiens.
C’est la clef de ce dossier: s’étant vu notifier le projet, la Commission a immédiatement réagi qu’elle percevait des préoccupations de concurrence. Or, au cours de l’enquête, les opticiens ont estimé qu’ils ne percevaient de leur côté pas de risques d’abus de position dominante post-opération. Il s’agissait donc de la perception actuelle des opticiens de leur situation future. La Commission n’a donc pas trop eu le choix et a donné son feu vert.
Mais il ne faut pas oublier que ces conclusions ne lient personne (bien qu’elles permettent d’autoriser l’opération). Pour l’avenir, seule la pratique du terrain sera prise en compte.

[Au passage, il se murmure de plus en plus dans les milieux spécialisés que les autorités européennes de concurrence aimeraient des pouvoirs d’actions renforcés concernant les concentrations verticales.]

- Si pas/peu de "synergies" importantes à attendre (comme c’est habituellement le cas dans les opérations horizontales), d’où peuvent provenir les gains escomptés si le groupe ne fait pas usage de son "market power" ?
De mon point de vue, c’est le risque majeur: le groupe va forcément faire usage de sa nouvelle puissance.
Les autorités de concurrence l’attendent maintenant au tournant et vont être extrêmement vigilantes sur la situation à venir, notamment grâce aux retours terrain des opticiens qui ne vont pas se faire prier pour remonter tout changement de politique commerciale de la nouvelle entité.

On pourrait par exemple penser aux situations suivantes d’utilisation par Essilor de sa position dominante sur le marché des verres pour "verrouiller" le marché des montures: imposer aux opticiens d’avoir en magasin des montures Luxottica (ou un certain pourcentage, ou de ne pas référencer de montures concurrentes); traiter de manière différente les montures Luxottica des montures d’autres fabricants pour (par ex. dans les délais de traitement, réserver certains types de verres aux montures du groupe); nombre de leviers de pression sur les prix…
J’utilise le terme "imposer" mais en pratique c’est beaucoup plus complexe que cela, on regardera dans le détail les modalités contractuelles pour voir à quel point celles-ci favorisent les produits du groupe. 

Je vois donc un risque extrêmement élevé de problématiques de droit de la concurrence à venir pour cette entreprise.

Je ne suis pas certain que les réactions aient été aussi enthousiastes lorsque Microsoft a racheté Nokia, par exemple. 

Bien entendu, ça n’engage que moi!

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#81 30/03/2018 13h00 → Essilor : jusqu'où la hausse ?

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Luxottica, c’est >60% du marché US et bien placé en Asie ( pas sûr des chiffres pour cette région).

Donc, même s’ils ne sont pas dominants en Europe, c’est le cas ailleurs. De plus, Luxottica étant intégré verticalement, de la fabrication à la vente retail, Essilor va profiter d’une distribution améliorée. Il y a bel et bien synergie.

D’autres part, le groupe va être le fameux gorille de 800 kg face à des concurrents beaucoup plus petits et  n’offrant qu’une partie du produit final pour le client.

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#82 30/03/2018 16h09 → Essilor : jusqu'où la hausse ?

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Lautho a écrit :

Je vois donc un risque extrêmement élevé de problématiques de droit de la concurrence à venir pour cette entreprise.

En même temps, cela fait un moment que l’on a l’impression que ces problématiques de concurrence sont oubliées (cf. Google et Amazon).

Pour Essilor + Luxottica, j’ai toutefois été surpris que la fusion ait été approuvée car mes lectures çà et là montraient que déjà séparément les deux sociétés étaient extrêmement dominantes.

Le cas de Luxottica est même abordé par l’humoriste John Oliver dans cette vidéo :


Et aussi bien Essilor que Luxottica sont cités dans le livre Quality Investing: Owning the best companies for the long term, parmi une dizaine d’exemples détaillés de sociétés européennes avec des rentabilités exceptionnelles, liées à des avantages concurrentiels importants (et donc une position dominante).

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#83 14/05/2018 15h51 → Essilor : jusqu'où la hausse ?

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Excellent travail journalistique sur la fusion par the Guardian (lien trouvé via valueandopportunity.com)

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