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#1 08/06/2012 14h15

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Des ordres boursiers chaque microseconde

Les hauts plafonds du palais Brongniart ont été troqués contre les tôles d’un hangar en banlieue de Londres. La Bourse française s’est rapprochée de ses clients, dont la plupart sont dans le coin, commentent les deux réalisateurs, Irène Bénéfice et Olivier Toscer. La distance a son importance : plus les tuyaux de télécommunications sont courts, plus les échanges vont vite. Or, les robots passent des ordres toutes les microsecondes.

C’est l’intérêt : le plus rapide peut remporter beaucoup sur les marchés financiers. Les réalisateurs indiquent ainsi que les sociétés de trading à haute fréquence ont gagné 3,7 milliards d’euros en 2011 aux Etats-Unis, où deux tiers des opérations boursières sont réalisées par des ordinateurs.

Un crash de 14 minutes

Le 6 mai 2010, à 14 heures 42 minutes 44 secondes précisément, les cours du Dow Jones s’effondrent aux Etats-Unis. En quelques secondes, tous les voyants des entreprises cotées passent au rouge. Les analystes croient d’abord à une réaction des traders aux événements grecs.

Il n’en est rien. Le robot d’une seule entreprise de trading à haute fréquence est en cause. Il a vendu 3 000 contrats extrêmement rapidement, entraînant les autres robots dans la panique. Le « flash crash » durera quatorze minutes. Des millions d’euros partiront en fumée.

En France, un tiers des transactions à la Bourse de Paris sont réalisées par ces robots ultrarapides. Et, si Euronext, qui gère la Bourse française, assure aux réalisateurs qu’un tel effondrement éclair ne peut se produire en France, l’Autorité française des marchés prouve le contraire : des mini flash-crashs ont déjà eu lieu, qui peuvent « provoquer des catastrophes et des gains totalement indus ».

Pas encore de faillites d’entreprises

Lors du flash crash américain de juin 2010, l’action de l’entreprise Procter & Gamble a perdu 30% de sa valeur en quelques minutes. De quoi mettre les entreprises en danger, même si aucune faillite n’a encore eu lieu, explique le coréalisateur Olivier Toscer :

« Avant, c’était relativement simple : si le business était bon, le cours de l’action montait. Alors que les traders haute fréquence ne tiennent aucun compte des perspectives à moyen ou long terme de l’entreprise. Leur seul intérêt, c’est de faire bouger les cours, faire croire qu’il y a un mouvement. Les entreprises ne peuvent plus prévoir le cours de leur action. »

Conséquences, liste l’enquêteur :

les entreprises ne savent plus combien elles valent et banques ne savent plus à quelle hauteur leur prêter ;
les investisseurs qui ont perdu beaucoup d’argent avec ces actions yoyo risquent de ne plus en acheter par la suite ;
si l’entreprise a moins de perspectives claires, elle devient plus frileuse, et investit moins.
Des algorithmes tenus secrets

Les machines achètent, vendent, passent des ordres selon des algorithmes tenus secrets par les entreprises qui les mettent au point.

Mais celles-ci recourent parfois à des techniques que l’Autorité française des marchés qualifie de frauduleuses. A visage masqué, un ingénieur qui conçoit de tels algorithmes raconte comment un certain nombre d’entreprises de trading à haute fréquence « envoient des rafales d’ordres pour saturer les ordinateurs de la Bourse et ralentir les flux » : seuls les plus rapides peuvent passer des ordres, les autres sont bloqués. C’est la méthode de la « saturation ».

Celle du « brouillage » est devenue, selon l’homme flouté, « ultraclassique » depuis peu : un système informatique envoie un ordre, et le tue aussitôt. Pour profiter du mouvement qu’il a pu initier. Pour Olivier Toscer, rien de nouveau sur le principe, si ce n’est la rapidité de l’opération, qui la rend désormais indétectable pour les gendarmes de la Bourse.

Sans commentaire sur l’investissement en bourse

Philippe

Mots-clés : high frequency trading, robots, traders


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#2 08/06/2012 15h19

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C’est un peu n’importe quoi, un crash de 14 minutes n’est pas un problème pour les investisseurs ni capable de mettre une entreprise sérieuse en faillite. On prête rarement à une entreprise sur son cours de bourse mais sur son bilan ou son ebitda, sinon comment faire dans le non coté?

Et en 29 quand tout le monde empruntais pour acheter des actions, il n’y avait pas besoin de machines pour avoir des cours déconnectés de la réalité. Cela a bien causé des morts par contre et partiellement joué dans la montée du nazisme.

De plus on peut voir que le VIX n’a pas trop bougé en 22 ans donc la volatilité n’a pas sensiblement augmenté avec le trading haute fréquence.

Pour faire vraiment n’importe quoi les machines ont encore à apprendre sur les humains.

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#3 08/06/2012 15h57

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Philippe30 a écrit :

Sans commentaire sur l’investissement en bourse

Cela ne change rien, le business sous jacent n’étant pas affecté.

Cela créé juste du "bruit" sur le cours de l’action.

C’est comme si votre voisin vend l’appartement à coté du votre avec 30% de décote parce qu’il est pressé. Cela ne change pas la valeur intrinsèque du votre qui continue à produire son loyer.

Lors du flash crash américain de juin 2010, l’action de l’entreprise Procter & Gamble a perdu 30% de sa valeur en quelques minutes. De quoi mettre les entreprises en danger, même si aucune faillite n’a encore eu lieu, explique le coréalisateur Olivier Toscer

Cette assertion est fausse, le cours de bourse ne change rien du tout au business d’une société, sauf s’il y a un besoin de refinancement ou de manière indirect quand le cours de bourse est un incitateur de la rémunération via des stock-options. Mais là donc on parle d’une baisse du cours sur plusieurs mois.

Le commentaire d’Olivier Toscer est donc complètement farfelu. En passant, cela fait plusieurs fois que je relève des articles vraiment d’un faible niveau qualitatif sur Rue89.

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#4 08/06/2012 16h48

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Et les stops alors? Le particulier qui boursicote pépère et mets ses stops pour se protéger, il lui arrive quoi quand il y a un flash crash? Il vend à un prix largement inférieur à ce que ça vaut!

Si vous passez des ordres assez importants, avec des ordres stops, je peux vous dire que vos stops on va les chercher. Les cours montent ou baissent jusqu’au centime de votre stop jusqu’à repartir dans l’autre sens.

J’ai même un stop qui a sauté à un cours qui n’a jamais coté, le courtier m’expliquant gentiment que entre 2 secondes il peut y avoir de grosses variations de cours (plus de 3%)

Foutage de gueule… pour ma part plus de stops.


Left the Rat Race in 2013

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[+1]    #5 09/06/2012 01h53

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Je pense pour ma part que de tels flash crack peuvent hélas faire des dégâts.

En effet, il y a une partie (de plus en plus) importante de la soit-disant "liquidité" du marché qui est assurée par des acteurs dont les réactions/décisions peuvent être complètement déconnectées de la valeur réelle des entreprises dont ils achètent et vendent des actions. Ceci peut donner lieu à toutes sortes de dérives et d’abus (dont le déclenchement d’ordres stop, les appels de marge, etc. qui augmentent encore le phénomène, ça peut impacter la confiance envers certains titres ou/et renforcer l’impact de certaines rumeurs infondées, et faire "sauter" certains acteurs ayant mal gérés leurs risques … et une banque systémique qui perd 5 Mds€ ça peut faire mal).  C’est hélas aussi un peu la même chose qui se passera si le marché des trackers sur indice devient de plus en plus dominant, par rapport au marché des titres vifs. 

Le flash trading, avec certaines de ses stratégies (par exemple envoi de nombreux ordre, rapidement annulés ensuite, pour "tromper" les autres acteurs sur la situation du marché), contre lesquelles il n’y a pas de manière efficace de lutter actuellement, comporte pas mal d’autres inconvénients.

La seule solution à mon sens serait d’imposer des fixing, mêmes assez fréquents (un fixing par minute, voire par seconde). Bien entendu, les teneurs de marché ne veulent pas (car cela diminuerait le nb d’ordres, donc leurs revenus, et indisposeraient leurs plus gros clients -et parfois leurs filiales ou actionnaires-), multiplient les excuses (dont celle de la liquidité), et prétendent disposer de gardes-fous adaptés (à tord à mon avis)….


J'écris comme "membre" du forum, sauf mention contraire. (parrain Fortuneo: 12356125)

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#6 09/06/2012 14h12

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Je plussoie les 2 derniers intervenants. Quel est l’intèrêt de telles pratiques ?

Mais plus grave encore me semble être le marché des dérivés. Complètement déconnectés de la réalité il font peser un risque systémique. Voir l’article de Paul Dontigny sur le sujet : JP Morgan expose les véritables risques présents dans le système financier | Investissements PDJ

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#7 09/06/2012 15h07

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GoodbyLenine a écrit :

La seule solution à mon sens serait d’imposer des fixing, mêmes assez fréquents (un fixing par minute, voire par seconde).

Et même : quand il s’agit d’évaluer la valeur actualisée des profits futurs d’une entreprise, j’ai du mal à croire qu’un fixing journalier n’est pas suffisant.

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#8 09/06/2012 17h01

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Il y a justement eu hier soir l’émission sur France 2 Cash Investigation sur le Trading haute fréquence

Replay :
http://www.pluzz.fr/cash-investigation.html

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#9 09/06/2012 17h31

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Justement, j’ai regardé cette émission ce matin.

Cela fait froid dans le dos, jusqu’où iront-ils?

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#10 17/06/2012 09h40

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Investisseurheureux a écrit :

Lors du flash crash américain de juin 2010, l’action de l’entreprise Procter & Gamble a perdu 30% de sa valeur en quelques minutes. De quoi mettre les entreprises en danger, même si aucune faillite n’a encore eu lieu, explique le coréalisateur Olivier Toscer

Cette assertion est fausse, le cours de bourse ne change rien du tout au business d’une société, sauf s’il y a un besoin de refinancement ou de manière indirect quand le cours de bourse est un incitateur de la rémunération via des stock-options. Mais là donc on parle d’une baisse du cours sur plusieurs mois.

Le commentaire d’Olivier Toscer est donc complètement farfelu. En passant, cela fait plusieurs fois que je relève des articles vraiment d’un faible niveau qualitatif sur Rue89.

Même analyse de la part des "Investisseurs financiers" sur le site Canadien LesAffaires.com, sur exactement le même sujet (baisse de Procter & Gamble à cause d’un flash crack) :

Investisseurs financiers a écrit :

Voilà un mythe qui a de quoi apeurer les investisseurs! On associe la valeur d’un titre à la performance financière de la société sous-jacente. Or, il n’existe aucun lien entre les deux. En fait, un effondrement du titre peut constituer un avantage pour les actionnaires qui ne cèdent pas à la panique. Comment est-ce possible?

La société dégage des flux de trésorerie lui permettant de racheter des actions. Si Procter & Gamble se transigeait à un prix ridicule, les dirigeants pourraient procéder à un rachat des actions à des prix qui enrichiraient considérablement les actionnaires. Par conséquent, si on investit dans des sociétés qui ne souffrent pas d’un besoin constant de financement, on peut tirer profit de la volatilité.

Dans la vidéo, on va même jusqu’à affirmer que l’entreprise aurait pu avoir à fermer des usines si son titre s’était mal comporté pendant assez longtemps. Ce n’est pas parce qu’un titre s’effondre que la demande pour les produits de la société disparait. En fait, la cause et la conséquence doivent être inversées. La demande pour les produits affecte indirectement le prix d’un titre. Si les profits continuent d’être engendrés, les actionnaires n’ont pas à s’inquiéter. C’est pourquoi l’on doit développer le réflexe opposé. On doit devenir gourmand lorsque les autres paniquent. Cet extrait de CNBC survient durant le fameux crash.

L’un des commentateurs, Jim Cramer, semble stupéfait par la chute du titre Procter & Gamble, et affirme qu’il faut l’acheter!

Source : La confusion amène des inquiétudes inutiles | LesAffaires.com

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#11 02/03/2017 08h47

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Bonjour

Je déterre cette file suite à la publication récente d’une étude de l’AMF sur le sujet.

Comportement des traders à haute fréquence sur Euronext Paris

Il y a des chiffres, une analyse comportementale et des informations intéressantes sur les dessous de ces acteurs…

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#12 02/03/2017 09h16

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Un petit résumé de ces 36 pages serait le bienvenu. Sinon bon courage aux lecteurs.


Parrain BOURSORAMA LIKA0507 - TOTAL ENERGIES code 112210350 & BforBank YYXC

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#13 02/03/2017 10h55

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- le HFT apporte de la liquidité sur les valeurs du CAC40/Eurostoxx 50 ce qui réduit le spread. Sauf quand il y a un risque et alors là le HFT disparaît.
- le spread est le plus intéressant et le moins risqué à midi. En toute fin de journée c’est pas mal aussi (mais dépendant d’un seul acteur non HFT donc moins stable à mon avis)

Mais bon, on parle que des valeurs déjà très liquides donc déjà avec un spread réduit. Sauf à être day traders, ça ne change pas grand chose.

Ce que j’en retient surtout c’est que la bourse de Paris, c’est un peu le désert (relatif certes). Le rapport cite un acteur HFT (qui se lève à 10h qui représente 1/3 de la profondeur HFT) et un instit (qui aime les fins de séances et qui représente 50% du carnet d’ordre) qui ont une influence énorme. Or on pourrait penser que le trading est une activité très morcelée. Donc pour la plupart des acteurs mondiaux, Paris ou Tombouctou c’est le même niveau d’intérêt.

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