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Les dirigeants de sociétés mentent

27/08/2009 - Docteur House avait pourtant prévenu

De l’inutilité d’écouter les dirigeants de sociétés cotées pour investir sur les marchés actions.

Le billet de ce jour sera court ! Je pourrais multiplier les exemples, mais je vais juste en prendre deux récents.

Voici une annonce de ce jour :

Le groupe hôtelier Accor envisage une scission en deux entités autonomes
Le groupe français Accor envisage une scission de ses deux grands métiers, l’hôtellerie et les services prépayés (tickets restaurant…), a-t-il indiqué jeudi dans un communiqué. “Le conseil d’administration a approuvé la proposition de Gilles Pélisson, président-directeur général, de lancer l‘étude de la pertinence d’une séparation des deux métiers en deux entités autonomes, ayant leur stratégie propre et les moyens de leur développement”, écrit Accor, l’un des premiers groupes hôteliers au monde. Accor se donne six mois pour faire cette étude, précise-t-on au sein du groupe. Sa publication pourrait intervenir au moment de l’annonce des résultats annuels de l’entreprise en Février. Accor estime que cette scission se justifie par le fait qu’il n’y a plus de complémentarité des deux métiers. Fondé à l’origine sur l‘émission du Ticket Restaurant, le pôle services, qui a généré 13% du chiffre d’affaires en 2008 mais 40% du résultat d’exploitation, s’est beaucoup développé, notamment à l’international, selon un porte-parole du groupe. Parallèlement, Accor compte recentrer le pôle hôtelier sur l‘économique et le moyen de gamme. La séparation entre les deux grands métiers d’Accor a d’ores et déjà emporté la conviction d’une partie du conseil, écrit le quotidien Les Echos, dans son édition de jeudi. Aux côtés de l’actionnaire de référence, le duo Colony Capital-Eurazeo, qui contrôle environ 30% du capital, Franck Riboud et Philippe Citerne, des administrateurs de longue date, y sont favorables, ajoute-t-il.

Pourquoi cela me fait tiquer ?

Dans cette interview récente (Juillet 2009) au magazine Capital, voici ce que dit Gilles Pélisson à propos des deux activités :

Capital : Les Ticket Restaurant et vos autres activités de service, très rentables, n’ont rien à voir avec l’hôtellerie. Pourriez-vous les céder ?
Gilles Pélisson : C’est une activité très différente, mais très complémentaire. Elle consomme peu de capitaux et génère beaucoup de cash – les hôtels, c’est l’inverse – et elle est beaucoup moins cyclique, ce qui en fait un formidable amortisseur en temps de crise. De plus, le marché potentiel mondial est énorme. En France, on connaît le Ticket Restaurant, le Cesu, mais il y a aussi les tickets garderie en Grande-Bretagne, les tickets alimentation en Amérique latine et, surtout, un nouveau support, les cartes électroniques de paiement prépayées. Leurs usages possibles sont innombrables.

Donc il y a deux mois, les activités sont “très complémentaires” et aujourd’hui, les activités services seraient isolés (prélude à une cession ?) !

Autre exemple, Henry Buzy-Cazaux, délégué général de la Fédération Nationale des Agents Immobiliers, interviewé par Capital :

Capital.fr : On a souvent reproché à la Fnaim son excès d’optimisme alors que les premiers signaux de retournement s’annonçaient…
Henry Buzy-Cazaux : Soyons francs. Ces derniers mois, les messages que nous diffusions étaient un peu en décalage par rapport à la réalité. Mais la question était : “jusqu‘à quel point peut-on prendre le risque d’alarmer le public, alors que nous ne sommes pas certain de l’avenir ?”. Nous nous devions d‘être très prudents. Car notre mission consiste aussi à ne pas trahir nos adhérents. Aujourd’hui, la question de la baisse des prix ne se pose même plus. Nous devons donc dire la vérité.

Ce qui est incroyable, c’est qu’Henry Buzy-Cazaux dit clairement que jusqu’ici la FNAIM mentait et explique d’ailleurs pourquoi : la mission de la FNAIM est de “servir ses adhérents”. Mais ça n’est pas pour autant que les médias ne vont pas continuer à rapporter les propos de la FNAIM sur l’immobilier et s’en servir pour écrire de gros titres : “Ça continue à monter !”, “Il est encore temps d’acheter !”, etc.

Morale de l’histoire : écouter les dirigeants ne sert à rien. Qu’ils mentent sciemment (souvenez-vous du célèbre “Vivendi va mieux que bien !” de Jean-Marie Messier), ou ne peuvent parler car des négociations sont en cours, ou encore ne veulent pas froisser Pierre Paul Jacques, leur discours n’a aucune fiabilité et par conséquent est sans intérêt.

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"Nous n’avons pas besoin d’être plus intelligents que les autres, nous avons juste besoin d’être plus disciplinés que les autres" – Warren Buffett

 

2 commentaires

1) gigi75
07/02/2010
"Les dirigeants de sociétés mentent" ... Oui !! mais pas tous.

Pourquoi croyez vous que Bouton n'a pas été soutenu pas les administrateurs lors de la révélation de l'affaire Kerviel ? Ce n'est pas juste à cause de cet incident, mais pour bien d'autres raisons... D'ailleurs, il a été changé au final, mais la société reste la même: ce n'est pas en changeant simplement la première tête que les pratiques changent. Pour avoir lu le rapport suite à cette affaire, je suis effaré de la façon dont cette société est gérée, mais cela ne m'étonne guère: quand on veut grossir, on prend des risques. Mais là, c'est trop. Je crois qu'il n'y a rien à faire, et j'ai définitivement barré cette société de mes investissements possibles, même si elle chute de 90% !

Après tout, les questions d'argent, c'est une question de confiance. Quand la confiance n'est pas là, on n'arrive à rien.

Les journaux ne font que relater des propose: ensuite, c'est à vous de faire le tri du bon, et du moins bon. Cet exemple sur Accor vous ouvre les yeux, n'est-ce pas ?
L'investisseur heureux : devenir rentier
Philippe
01/09/2010
Encore un exemple récent de "mensonge" avec l'OPA sur Potash, alors même que quelques mois auparavant un éventuel achat de Potash était totalement infirmé par BHP Billiton.

Source : lesaffaires.com

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