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[+1]    #1 08/02/2015 19h23

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Naled a écrit :

Question : quand la banque accorde un crédit, d’où vient cet argent exactement ?

Plutôt que de raconter n’importe quoi et de verser dans le conspirationnisme béat, pourquoi ne pas tout simplement chercher à comprendre comment fonctionne une banque?

Très grossièrement :

(1) Les épargnants placent des dépôts à la banque contre rémunération (disons 2%);

(2) La banque prête ces dépôts aux agents économiques qui sollicitent des crédits contre rémunération, ou taux d’intérêt (disons 3%).

(3) La banque empoche le spread, soit 1%. C’est sa marge d’intérêt.

(4) Elle paie ensuite ses agents, taxes et frais de fonctionnement : reste son profit.

Pour répondre à votre question, une banque se finance donc (1) via les dépôts; (2) en empruntant à la banque centrale); (3) sur le marché obligataire - chacun de ces financements ayant ses avantages et ses inconvénients.

Mots-clés : banques, bâle, création monétaire, monnaie, morale, qe, ratio

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[+3]    #2 08/02/2015 20h58

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Philippe30 a écrit :

@Elodie

Suite aux commentaires de Naled , je serais intéressé d’avoir votre avis sur ces citations d’hommes connus

Bonsoir Philippe30

je vous remercie pour votre message, il est extrêmement intéressant et a le mérite d’ouvrir un débat intéressant. Par contre, je ne pense pas être plus légitime qu’un autre pour répondre à vos interrogations.
Je vais tout de même tenter de répondre à vos remarques car le sujet que vous mettez sur la table, à savoir la moralité de la finance me semble tout à fait intéressant et d’actualité dans bien des cas qui nous préoccupent aujourd’hui.
J’espère que d’autres membres se prêteront également au jeu afin d’avoir un échange sur le sujet!

Philippe30 a écrit :

"Si la population comprenait le système bancaire, je crois qu’ il y aurait une révolution avant demain matin"
Henry Ford

J’avoue que cette citation me laisse perplexe. Je ne sais pas si une révolution aurait lieu ni exactement pour quel motif. Par contre, ce qui est sur, c’est qu’il serait intéressant que la population s’intéresse un peu plus au système financier (comme a bien d’autres choses d’ailleurs). Cela éviterait bien des problèmes et des incompréhensions. Je pense aussi que cela ferait bouger certaines choses.

Philippe30 a écrit :

"Le procédé par lequel les banques créent de l’argent est tellement simple que l’esprit en est dégoûté"
John Kenneth Galbraith

Pas d’avis sur cette citation, j’avoue ne pas l’avoir vraiment compris….

Philippe30 a écrit :

"Donnez-moi le contrôle sur la monnaie d’une nation, et je n’aurai pas à m’occuper de ceux qui font ses lois"
Rothschild

C’est une des citations qui me semble parmi les plus intéressantes. En effet, on peut constater, particulièrement aujourd’hui, que les financiers ont du pouvoir. Le pouvoir n’est pas illimité mais l’argent offre un bon moyen de pression.
Dans notre économie, je pense par exemple au lobby des assureurs. Etant un des principal "consommateur" des obligations étatiques, il me semble que ce lobby a un pouvoir de "persuasion" important lors des négociations avec l’état. Il y a bien d’autres exemples…

Philippe30 a écrit :

"Par essence, la création monétaire ex nihilo que pratiquent les banques est semblable, je n’hésite pas à le dire pour que les gens comprennent bien ce qui est en jeu ici, à la fabrication de monnaie par des faux-monnayeurs, si justement réprimée par la loi. Concrètement elle aboutit aux mêmes résultats. La seule différence est que ceux qui en profitent sont différents "
Maurice Allais

Je dirais quand même que la création monétaire des banques est encadrée par un cadre légal (Bale 3 notamment) afin que ça ne vire pas au grand n’importe quoi…. Le système est sans doute perfectible mais ce n’est pas le far west non plus… enfin de ce que j’en vois de ma modeste fenêtre une fois de plus. Cette création est "pilotée" par les banques centrales via la gestion des taux, en principe dans l’intérêt commun.
Les faussaires travaillent dans leur intérêt personnel uniquement.
Même si on ne peut totalement exclure un intérêt personnel de la part de nos dirigeants, la politique monétaire menée est quand même faite pour avoir des répercussions sur tel ou tel pan de l’économie afin de faire bouger les choses dans le bon sens….
Je ne vis pas non plus dans le monde des bisounours, mais bon, j’ose espérer que nos dirigeants, y compris ceux dans banques centrales travaillent quand même un peu pour régler les problèmes que nous rencontrons actuellement (chomage, risque de déflation ou d’inflation selon les pays et les périodes…..).

Philippe30 a écrit :

"Il y a deux manière de conquérir et asservir une nation. L’une est par l’épée, l’autre par la dette"
John Adams

Cette situation me semble tout à fait d’actualité. Lorsque je la lis, je ne peux m’empêcher de penser à ce qu’il se passe en Grèce actuellement.
Par contre, cette citation m’amène également à la réflexion suivante: le dette étant souscrite volontairement, quelle est la part de responsabilité ou d’irresponsabilité de l’emprunteur dans ce cas?

Philippe30 a écrit :

"Le banquier peut créer de la monnaie sans se faire traiter de faussaire. Il peut prêter ce qu’il n’a pas sans se faire traiter d’escroc. C’est son droit, c’est même l’essentiel de sa fonc­tion"
Jean Marie Albertini

La encore, je dirais que le crédit est encadré, tant sur les montants prêtés que sur les conditions de prêt. Néanmoins, il y a très certainement des abus. Quand on voit le taux d’usure par exemple, on ne peut s’empêcher de se dire que c’est abusé quand on connaît le taux d’inflation actuel.
C’est pour cela, notamment, qu’une meilleure connaissance des consommateurs devrait normalement limiter les abus permis par la loi.
Qui irait emprunter à 20% avec une inflation entre 1 et 2%?

Philippe30 a écrit :

"Le sens de ma question concerne la mise en place de cette dictature de l’argent par la dette, de cette création ion facto d’argent , des taux directeurs des banques centrales pour diriger l’économie.

Par la finance toute puissante en mesurent de faire s’effondrer un pays en conduisant les gens à la misère et des pays à la guerre.

Par l’annonce de la BCE  de créer 1000 milliards d’€ 3 jours avant l’élection en Grèce dont l’issue faisait peu de doutes.

Merci de vos réponses avec vos connaissances et  votre franchise

Philippe

J’ai tenté, en quelques lignes de vous donner mon sentiment. Vous l’aurez compris, je pense que:
- le système bancaire n’est pas parfait, mais néanmoins, il a le mérite d’être encadré au niveau légal,
- une meilleure connaissance de ce système entrainerait sans doute des réformes (à défaut d’une révolution cf la 1ère citation) mais en tout cas éviterait les abus, même permis par la loi,
- le problème de la dette n’est pas si simple, la dette à quand même été souscrite volontairement,
- la finance a effectivement une puissance importante, comme d’autres pans de l’économie (je pense pas exemple aux ressources naturelles)…

Bref le sujet est vaste et mérite sans doute bien plus que cette modeste contribution.
Et vous quel est votre avis sur ce sujet?

Bonne soirée

Dernière modification par Elodie01 (08/02/2015 23h04)


Le matin tu as 2 choix: soit tu retournes te coucher et tu continues de rêver soit tu te lèves et tu vas réaliser tes rêves

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[+1]    #3 09/02/2015 08h21

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Tout ca est en effet extrêmement simple…

Les banques créent de la monnaie, autant de monnaie qu’elles estiment nécessaire (par divers procédés techniques qui vont du simple pret à la consommation au rachat de dettes d’états de la BCE). Cette monnaie est censée représenter le potentiel de richesse de la zone.

Il arrive immanquablement et depuis que la monnaie existe que trop de monnaie soit crée (Que ce soit pour faire des guerres ou maintenir leur train de vie comme au temps des rois, ou pour se faire réélire dans nos démocraties). Les politiques sont les premiers responsables mais il est évident que le monde de la finance trouve dans cette création un moyen de profit à court terme, bien que les banques centrales soient censé être raisonnables et freiner les ardeurs des politiques.

Pendant un moment on arrive à faire comme si la monnaie représentait toujours la richesse, mais petit à petit la confiance s’en va et on s’aperçoit que la monnaie émise ne représente plus rien. On efface alors la dette ou on la rembourse en monnaie de singe. On a en général au minimum une crise avec régime dictatorial au pire une guerre.

Le problème est que les états repoussent le plus possible cette issue qui se traduira forcément pas des désagréments (guerre, émeutes etc…) et semblent considérer qu’il y a des recettes miracles.

Par exemple supprimons la dette grecque (qui est évidement impossible à rembourser) et prêtons 1000 euros de plus à chaque Grec pour relancer l’économie (recette populiste Tsypras). Ca semble fantastique non ?
Que va faire un grec de ses 1000 euros ? va-t-il créer des entreprises pour produire et vendre des biens aux chinois et aux indiens ? va-t-il acheter des produits grecs qui feront travailler des autres grecs ? Malheureusement non car la grèce ne produit que des fonctionnaires et des olives (la grèce c’est psomi ke elies me disait mon grand père qui était né en grèce). Avec ces 1000 euros les grecs achèteront des smart phones coréens, achèteront sur amazon et même des voitures allemandes. Aucune richesse ne sera crée et ces 1000 euros qui ne correspondent à aucune richesse à venir ne seront jamais remboursés.

La création de monnaie est un tour de passe passe, par contre la création de richesse et la balance commerciale ne mentent pas. On peut faire comme ci un moment, mais à un moment la musique s’arrête.

Je rajoute un second paramètre qui est le parcours de cette monnaie depuis sa création. Il est évident qu’on ne peut pas expliquer au peuple que l’argent est créé comme ca ex-nihilo en un tour de baguette magique, ca serait très dangereux. C’est une chose bien trop importante pour être laissée aux politiques qui attendraient les électeurs avec des promesses d’argent frais. Les banques centrales sont censées être indépendantes des politiques et ne pas distribuer directement leur création aux utilisateurs finaux. L’argent créé passe donc en principe par des banques traditionnelles puis par des entreprises et sont injectées en salaires.
Suivant les Pays ce circuit fonctionne plus ou moins bien : dans les Pays africains par exemple tout l’argent est ponctionné par la corruption. Dans nos démocraties d’Europe du sud l’argent reste bloqué car dans un système étatiste personne n’a envie de prendre des risque et d’utiliser cet argent, ou alors uniquement pour des projets d’état sans risques mais improductif.
Dans les démocraties anglo-saxonne cet argent arrive assez rapidement dans l’économie même si les banques se servent effectivement au passage (c’est un fait qu’il serait malhonnête de nier).
Le même QE qui aux états unis va se retrouver dans l’économie réelle (et l’injection de monnaie va produire de la richesse) risque fort d’être inutile au niveau de la zone euro (et en pratique représenter une baisse de la valeur de notre monnaie)

Dernière modification par bifidus (09/02/2015 10h43)


Le pouvoir doit se définir par la possibilité d'en abuser

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[+1]    #4 09/02/2015 13h42

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thomz a écrit :

Naled a écrit :

Question : quand la banque accorde un crédit, d’où vient cet argent exactement ?

Plutôt que de raconter n’importe quoi et de verser dans le conspirationnisme béat, pourquoi ne pas tout simplement chercher à comprendre comment fonctionne une banque?

Très grossièrement :

(1) Les épargnants placent des dépôts à la banque contre rémunération (disons 2%);

(2) La banque prête ces dépôts aux agents économiques qui sollicitent des crédits contre rémunération, ou taux d’intérêt (disons 3%).

(3) La banque empoche le spread, soit 1%. C’est sa marge d’intérêt.

(4) Elle paie ensuite ses agents, taxes et frais de fonctionnement : reste son profit.

Pour répondre à votre question, une banque se finance donc (1) via les dépôts; (2) en empruntant à la banque centrale); (3) sur le marché obligataire - chacun de ces financements ayant ses avantages et ses inconvénients.

Je ne pense pas raconter n’importe quoi.
J’essaie de comprendre ce système depuis quelque temps..

Pardon Elodie si j’ai pu paraître agressif, ce n’était mon intention.
J’invite les personnes à regarder ce documentaire intéressant qui, est dans le thème du débat présent :


Donc Nek, vous dites que les prêts accordés, viennent tous d’argent "réel", existant sur des comptes d’épargnants? Pensez vous que celà est possible?


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[+2]    #5 09/02/2015 20h47

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Philippe30 a écrit :

Si la banque finance ses prêts avec l’argent des dépôts qu’elle rémunère moins que le coût de l’argent qu’elle prête , cela semble correspondre à une vision simpliste du système financier.
C’est pourtant une vision juste.

Si je prête l’argent que j’ai en dépôt comment je fais pour rendre cet argent en cas de retrait des épargnants ?
On peux supposer sur le volume des dépôts et sur le fait que les épargnants ne vont pas tous récupérer leur argent en même temps.
C’est tout à fait ça, et même s’il y avait un bank run, il n’y a pas assez de monnaie fiduciaire
pour compenser la monnaie scripturale.


La banque doit avoir un ratio de fonds propres , les accords de Bâle vont dans ce sens.
Ici on parle de risque de liquidité, donc ce n’est pas les ratios de fonds propres mais le LCR,
mais c’est bien dans le cadre des accords de Bâle.
Les rations plus connus des fonds propres visent à maîtriser le risque de contrepartie principalement.


Un dernier point m’interroge , l’annonce de la BCE du rachat de 1000 milliards € de dette mais d’où vient cet argent , il s’agit bien dans ce cas d’une création monétaire comme le font les banques ?
Une banque centrale est une supra banque donc encore une fois je me pose la question sur quelle base est crée cet argent ?
La BCE inscrit 1000 mds à son passif et rajoute 1000 mds de monnaie scripturale sur son compte  (actif).
Son bilan a enfler de 1000 mds. (dans la réalité je suppose que c’est progressif et pas one shot)
Elle l’utilise, et au grès des remboursements l’argent est détruit.

Une interview du directeur de la banque de France sur la dette Grecque
(bon c’est pas du journalisme de haut niveau je vous le concède…)

Naled a écrit :

Donc Nek, vous dites que les prêts accordés, viennent tous d’argent "réel", existant sur des comptes d’épargnants? Pensez vous que celà est possible?

Banque populaire:
207 Md€ Encours d’épargne
166 Md€ Encours de crédits
Caisse d’épargne:
370 Md€ Encours d’épargne
201 Md€ Encours de crédits
Crédit Agricole
550 milliards d’euros d’encours de collecte
390 milliards d’euros d’encours de crédit.

Je m’arrête là.
Une partie des ressources est hors bilan et n’est pas dans les caisses de la banques,
(dans celui de sa filiale d’assurance, d’asset management, etc…)mais ce n’est pas la majorité.
Bref c’est pour vous illustrer qu’il y a biens des € de dépôts derrière des € de prêts.
Et quand c’est pas les dépôts, c’est sur les fonds propres, avec des obligations subordonnées etc.
Mais il faut vraiment relativiser et être factuel sur les chiffres.

Si vous voulez du sensationnel vous calcul le levier:
crédit accordé et tout le reste soyons fou / fond propres (hors subordonnées)
et vous vous appelez jean pierre chevalier.

http://www.bpce.fr/content/download/712 … _avril.pdf
http://www.credit-agricole.com/Nos-meti … Assurances

Wawawoumz a écrit :

C’est très old school votre méthode, "j’ai 100, je prête 100".

Les banques ont un effet de levier donc elle créent de facto de la monnaie par cet effet de levier. Ce n’est pas que le dépôt de Mr Dupont à la banque qui va arriver à Mr Dupond, Mr Dupont met 100 à la banque, la banque a en dépôt 100 mais elle peut prêter 1000 à Mr Dupond sur ces 100 de départ.
Regarder le bilan de quelques banques, comparer les postes "Dette auprès la clientèle" et "créance envers la clientèle" et constatez par vous même "l’effet de levier".

C’est bien pour cela d’ailleurs que la FED a comme priorité le chômage, un chômeur ne paye pas ses dettes.
C’est je pense simplifier à l’extrême la position de la FED. Le taux de chômage est un indicateur macro économique  relativement important, qui est corrélé à la croissance.
Le raisonnement peut être élargis à:
C’est la crise, j’injecte du cash pour avoir de la croissance et créer des emplois,
bon la croissance est là, le taux de chômage est satisfaisant je peux arrêter ma politique accommodante.


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[+1]    #6 10/02/2015 12h57

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Philippe30 a écrit :

…/…pourquoi les banques cherchent à attirer en permanence des fonds via des livrets ou autres attrapent machins ?
La raison est d’augmenter leur fonds propres pour pouvoir prêter non pas uniquement les sommes déposés mais beaucoup plus en respectant les accords de Bâle 3 , actuellement 10 %  alors que les anciens accords avant 2008 précisaient un taux de fonds propres de 4 %….

Remarque : Les fonds que les clients déposent sur "des livrets ou autres attrapent machin" ne sont pas des "fonds propres de la banque". Il ne faut pas tout mélanger…

De même, les fonds qu’une banque emprunte auprès de la banque centrale ne sont pas des "fonds propres", et la phrase suivante est pleine de confusions :

Philippe30 a écrit :

Quand les fonds propres de la banque diminue , c’est alors dans ce cas ou les banques se refinancent auprès de la banque centrale avec …/…


J'écris comme "membre" du forum, sauf mention contraire. (parrain Fortuneo: 12356125)

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[+1]    #7 10/02/2015 21h32

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Wawawoum a écrit :

[…] mais les dépôts des épargnants n’appartiennent pas aux banques de toute façon, ils appartiennent aux épargnants. Les dépôts ne sont presque qu’une illusion, un financement bancal, ils sont importants dans le contexte de la liquidité de la banque et de son business avec ces épargnants, mais ne devraient pas l’être dans le contexte des prêts.

Les particuliers sont des agents économique à grande capacité de financement, a titre individuelle, les fonds vont et viennent. Mais sur la totalité des agents il y a une masse constante d’argent.
Ce n’est pas si bancal que ça en a l’air.


C’est qu’il faut bien s’entendre sur la définition de dépôt. Il y a les dépôts disponibles pour les prêts et ceux qui ne le sont pas. Et encore faut-il que l’information des différents agents soit parfaite et que les risques qu’ils encourent soient rémunérés à leur juste valeur. Ce qui n’est pas le cas.
Le problème est qu’indirectement, l’épargnant se retrouve à prêter de l’argent qu’il ne souhaite pas prêter et son argent est fortement lié aux actifs de la banque.

La banque fait de l’intermédiation. Si Mr A dépose 100, que la banque les prête a Mr B.
Mr A peut récupérer ses fonds quand il veut. Si Mr B fait défaut, la banque rendra quand même
100 au client. C’est elle qui porte les risques de liquidité et de contrepartie et qui est rémunéré.

Bien évidemment si vous faites la supposition d’une faillite etc on est plus dans la même logique.
(voir d’ailleurs les sujet sur la garantie des dépôts). Et oui votre contrepartie c’est la banque qui a également ses contreparties.


Sur la "croissance", ce que vous dites revient à peu près au même, maintenant, quelle est la qualité de cette croissance? Qu’est-ce que cela veut dire? Je préfère les concepts terre-à-terre et je préfère voir que si tous ces gens endettés n’ont plus de travail la pyramide s’écroule. La croissance pour moi est un concept creux.
Oui oui ça revient au même, j’élargissais le raisonnement où le taux de chômage est juste un
indicateur "sous jacent" de la croissance, pour montrer que l’objectif de la FED c’est la croissance.
Je ne suis pas un grand spécialiste de macro économie et c’est aussi très abstraits pour moi.
Il faut comprendre qu’il y a un système de cercle vertueux:
Endettement -> consommation/investissement -> croissance qui permet d’assumer l’endettement
C’est résumé à l’extrême, sauf que les arbres ne montent pas jusqu’au ciel, et que le moindre
grain de sable peut casser net le mécanisme.

@Naled: Je prendrais connaissance des vidéos quand j’aurais un peu de temps pour donner un avis.

Philippe30 a écrit :

Simpliste pour la BCE et c’est exactement ce que font les banques en s’appuyant sur les ratios de fonds propres , un cou pde passif et un coup d’actif en ligne d’écriture et le tour est joué.
Pour moi ce n’est pas tout à fait la même chose, la banque ne change pas le solde de son compte comme la BCE. Elle utilise du vrai argent (dépôt, obligation, fond propres) voir mon exemple précèdent:
Les banques créer de la monnaie par l’emprunt:
Un client A dépose 100.
Un autre client B emprunte 100 pour acheter un bien chez un commerçant C.
Le commerçant C dépose les 100 dans sa banque.
Vous avez bien 100 qui ont été créer (augmentation du bilan de la banque)
et qui seront supprimé au grès des amortissements du prêt.


Quand les fonds propres de la banque diminue , c’est alors dans ce cas ou les banques se refinancent auprès de la banque centrale avec un taux d’intérêt inférieur aux taux bancaires pour évidemment gagner de l’argent et payer leur fonctionnement.
Les fameux taux directeur de la banque centrale qui oriente les taux des banques commerciales.
[…]

Peu de personnes ont connaissance de cette création d’argent in facto des banques commerciales , pourquoi les banques cherchent à attirer en permanence des fonds via des livrets ou autres attrapent machins ?
La raison est d’augmenter leur fonds propres pour pouvoir prêter non pas uniquement les sommes déposés mais beaucoup plus en respectant les accords de Bâle 3 , actuellement 10 %  alors que les anciens accords avant 2008 précisaient un taux de fonds propres de 4 %

voir mon petit paragraphe sur la BCE en dessous. Les livrets ne constitue pas des fonds propres.
Il est impertinent de comparer les % des différents accords de Bâle, car les méthodes de calcul
des fonds propres et des engagement n’était pas les même. Mais sur le fond oui ça va en durcissant.


On peux comprendre que si tous les épargnants vont retirer de l’argent ça risque de coincer très vite ….
Comme je l’ai dit, il n’y a pas assez de monnaie fiduciaire à la base donc tout le monde ne sera pas servie c’est sûr !

Déjà aujourd’hui pour ressortir une somme un peu importante et en fonction des banques cela peux prendre entre 24 et 48 heures.
Il faut comprendre qu’il y a la liquidité de l’argent en générale et la monnaie fiduciaire.
Une banque ça a des fonds dans un coffre, un fond de roulement,  il y a souvent une procédure
qui fait que pour un retrait important (montant variable d’une banque à l’autre)
on va commander ses espèces aux convoyeurs pour ne pas se retrouver à sec de billet mais pas d’argent.
Il y a des procédures de sécurité qui font que le fond de roulement en billet va être réduit au minimum par exemple.
Il ne faut pas y voir un signe de défaillance des banques.
De plus les caisses et agences avec coffres sont voué à disparaître.


Effectivement un épargnant , un déposant de compte courant est un créancier de la banque mais la toute puissance des banques leur permet de limiter les remboursements des dépôts à hauteur de 100 K€ .
Sauf si je ne comprend pas votre propos, il y une garantie de 100k mais c’est le fond de garantie pas la banque qui vous donnera les 100k € en cas de pépin de la banque.
Ce n’est pas un plafond de retrait, c’est que si la banque fait défaut, vous aurez 100k€ de sauvé par le fond. (voir le sujet qui en traite).


Les pratiques bancaires sont non seulement obscures et opaques mais frauduleuses par les  montants des transferts d’argent vers des zones off shores à coté de cela les bilans sont arrangés.
Là je ne peux avoir de position, je sais juste que de nombreuses banques ont des succursales dans les pays exotiques, mais je soulignerais qu’il en est de même pour beaucoup de grosse boîte non financière.

Quelques remarques sur la BCE et sur le marché interbancaire:

Une banque au cours de la journée encaisse les dépôts et remboursement de prêt,
et décaisse les retraits et les prêts accordés.
Si elle a trop de trésorerie elle va la prêter / Si elle en manque elle va emprunter.
Les banques en consolidée ont un besoin structurelle de liquidité.
La BCE est donc là pour répondre à ce besoin (elle le comble à 70% de mémoire).

La BCE a un taux majeur (c’est l’information souvent reprise), le REFI ou OPR. (0.05%)
Tout les mercredi super Mario dit aux banquiers, j’ai tant de milliards à prêter sur une semaine, qui en veut ?
Pour infos en ce moment c’est 100 à 150 milliards qui sont prêtés chaque semaine.
Le banquier doit mettre en face des garantie (REPO) en fait c’est un contrat d’achat vente.
La banque donne ses titres contre une quantité de cash, et inversement une semaine après (à la différence près).
La BCE ne prend pas n’importe quoi (titre d’état, corporate, portefeuille de prêt hypothécaire).

Il y ensuite le taux de facilité de dépôts. Les banques doivent avoir un peu d’argent dans un
compte à la BCE, mais cette obligation est anecdotique.
Mais une banque a le droit de déposer autant d’argent dessus pendant 1 jour,
la BCE lui rémunérera (actuellement ce taux est de -0.2%.).

Ensuite le taux marginal de prêt.
Une banque peut demander une somme sans limite de montant
pour une durée d’un jour à 0.3%.

Il y a donc un phénomène de corridor:
Je suis une banque avec du cash je vais plutôt prêter mon cash à un banquier plutôt que de payer 0.2% (je le prête à -0.03%)
Je suis une banque en manque de cash mais j’ai un besoin de 1 jours, je vais emprunter à un confrère plutôt qu’à 0.3% à la BCE.

Les banques euro se prêtent entre 20 et 40 milliards au jour le jour en blanc (sans garantie).
Mais les banques se prêtent aussi à plus long terme, jusqu’à 1 ans.

La BCE maîtrise ce corridor de taux et induit les taux des banques entres elles.

En plus elle fait des opérations ponctuelles OPRLT avec un taux souvent proches du refi.
Fin janvier une trentaine de milliards ont été prêté à 3 mois.
En décembre c’était 120 milliards à 3 ans.

Ces chiffres s’entendent sur toutes la zone euro et c’est uniquement pour vous illustrer
les mécanismes et quantités en jeux.

volume OPR
https://www.banque-france.fr/fileadmin/ … 015_FR.pdf
volume EONIA
Calculated by collecting data on unsecured overnight lending in the euro area - bank EONIA_TO, Volume for the overnight maturity - Quick View - ECB Statistical Data Warehouse
volume OPRLT
https://www.banque-france.fr/fileadmin/ … 014_FR.pdf

On parle ici de cash. Ça ne change en rien au "plafond" intrinsèque d’engagement voulu par le comité de Bâle.

PS: la monnaie c’est aussi du vent/de la confiance (suivant votre point de vue).
Le bout de papier dans votre portefeuille a coûté un ou deux euros à fabriquer,
pourtant vous pouvez aller dans un commerce et avoir l’équivalent de 50€ de marchandise.
C’est de la confiance.

Dernière modification par Nek (10/02/2015 22h45)


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[+1]    #8 13/02/2015 02h19

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Okavango, vous avez parfaitement raison. Les dépôts ne sont pas vraiment une limite pour la création monétaire car les crédits créent des dépôts. Dire qu’il n’y a pas de problème de levier parce que les dépôts sont égaux aux crédits ne veut pas dire grand-chose. Surtout si l’on exclut le système de shadow banking dans l’équation qui transforme des passifs en actifs et du plomb en or. La limite, ce sont les fonds propres.

coyote a écrit :

Il me semble qu’au départ, il y a 100 + 3 actifs

Pas forcément, vous pouvez avoir des maisons qui ont été construites, auquel cas il y a création de valeur ajoutée par le travail. Sinon, il y a création pure et simple, par exemple les terrains. Il n’appartiennent à personne à la base et pourtant, un jour, quelqu’un s’est dit "c’est à moi, le prochain devra payer". Vous avez création de "valeur" et de monnaie sans que rien n’ait changé. Ou encore les oeuvres d’art ou les matières premières qui peuvent "créer" ou "détruire" de la monnaie sans que rien ne change vraiment. Faites l’exemple avec des Picasso, des Monnet ou des voitures qui prennent de la valeur, vous créez sans que rien ne soit créé. Après, je doute qu’une banque prête pour acheter un Picasso, sauf si vous avez le salaire et le travail pour. Auquel cas, on ramène de la création future de valeur dans le présent, de la dette donc pour la coller dans des oeuvres d’art.

Le problème est un problème d’information et , la chaine bancaire s’étire et les clients ne savent pas dans quoi ils mettent leur argent, il y a là il me semble une forte asymétrie de l’information qui fait prendre aux épargnants plus de risques qu’ils ne le pensent. Et c’est presque normal quelque part, car effectivement les banquiers doivent prendre plus de risques pour se payer leur salaire au passage. Tant que cette asymétrie est sous contrôle çà va, mais quand les banques se prennent pour des génies qui ont réinventé la roue et découvert l’alchimie (et doivent être payés en conséquence), cela pose de gros problèmes. Et la nature reprend ses droits.

Dernière modification par Wawawoum (13/02/2015 02h33)

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[+6]    #9 13/02/2015 16h56

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Bonjour

Je dois reconnaître que je suis assez surpris par le titre de cette file.
Et je me demande pourquoi, à la différence de la question posée, la question suivante « Est-il moral d’emprunter auprès d’une banque pour disposer immédiatement d’un bien alors que l’on n’a pas l’argent pour le payer » ne semble pas poser problème.
Et pourtant, c’est bien le cœur du problème.

Comme il semble que les mécanismes soient flous dans l’esprit de certains, je précise qu’il faut bien différencier les aspects réglementaire et financier.

Partons d’un exemple simple. Prenons une banque qui a un capital de 1000. Elle peut prêter 10 fois son capital, donc 10.000. C’est l’effet de levier. Pourquoi cela ? Parce que les banquiers se sont rendu compte depuis des siècles que tous les clients ne venaient pas tous en même temps retirer tout leur argent tant qu’il n’y avait pas panique. D’où le rôle des états et des banques centrales d’éviter la panique.

Mais pouvoir prêter 10 fois son capital, c’est réglementaire.
En fait, la banque n’a pas cet argent. Et pour prêter cette somme, elle doit l’emprunter. C’est le côté financier.
Et cela lui coûte cher. Les intérêts que nous payons couvrent les intérêts payés par la banque, ses frais de fonctionnement, le coût du risque (en cas de non remboursement), et le prix du temps (car vous allez avoir votre voiture immédiatement plutôt que dans 5 ans). Le prix du temps correspond à la véritable rémunération de la banque, car son véritable métier, c’est l’intermédiation financière, c’est-à-dire transformer des ressources court terme en crédit moyen et long terme.

Pour diminuer les intérêts qu’elle paye, la banque va essayer d’attirer des clients, car un compte ouvert, c’est de la liquidité fournie gratuitement à la banque (en tout cas dans les pays qui ne rémunèrent pas les dépôts). D’où l’importance des crédits immobiliers, qui certes rapportent peu en ce moment, mais lient le client à la banque durant de nombreuses années (on vous fait aussi des cadeaux si vous ouvrez un compte dans certaines banques).
Elle va aussi émettre des obligations pour avoir des ressources à plus long terme.

Il faut comprendre qu’à la différence des entreprises qui établissent leurs comptes tous les 3,6 mois ou à l’année, les banques tiennent une comptabilité quotidienne pour établir leur position, c’est-à-dire savoir si elles sont prêteuses ou emprunteuses au jour le jour sur le marché interbancaire. Elles s’échangent ainsi leurs liquidités. Et tout est basé sur la confiance, à un taux très bas (EONIA). Si cette confiance disparaît (comme avec Lehman Brothers), les autres banques ne prêtent plus et il ne reste que la banque centrale pour sauver le malade.

En vous accordant un crédit, la banque dépose sur un compte en ses livres le montant demandé. Ce sont donc bien les crédits qui font les dépôts, et pas l’inverse. C’est ça la création monétaire.
Le remboursement du crédit diminue la créance que la banque a sur vous. C’est le processus inverse, la destruction monétaire.

Si pour une raison ou une autre vous ne remboursez pas votre crédit, c’est une perte pour la banque, car elle doit toujours rembourser au système bancaire la partie du crédit non remboursée et qui court encore, qu’elle a empruntée. Elle récupère  donc le bien financé pour le revendre et récupérer la totalité de sa créance. Mais si la vente du bien ne couvre pas l’intégralité de la dette restant due (ce qui arrive souvent lorsque la banque a prêté au sommet d’une bulle immobilière qui se dégonfle, comme en Espagne), c’est une perte pour la banque, qui s’impute sur sa marge, c’est-à-dire sur le prix du temps indiqué ci-dessus. D’où l’importance pour la banque de s’assurer que vous pourrez rembourser votre dette.

Mais revenons à notre banque. Ayant prêté les 10.000 que lui autorise la réglementation, elle est bloquée et ne peut accorder de nouveau crédits. Et ses profits sont donc limités ! Problème.
Et bien non ! Pourquoi ? Parce que les banquiers sont des gens futés, au cas où vous ne l’auriez pas remarqué.
Ils vont donc regrouper des crédits de même nature (par exemple automobiles, hypothécaires, prêts étudiants, etc…), en faire des paquets de 1000 ou 5000 (ou plus), découper le paquet en tranches plus ou moins risquées (les plus risquées rapportent plus, mais on peut tout perdre), et céder ces packages dans une filiale ou les revendre à des investisseurs, caisses de retraite, etc…. Bref, ils sortent ces crédits de leur bilan. C’est la fameuse titrisation. Ainsi ils reconstituent leur capacité de prêt. Et de profit.

Mais le danger, c’est que les banques fassent un peu n’importe quoi, comme avec la crise des subprimes en 2007. Car si les emprunteurs ne remboursent pas, les détenteurs de ces packages perdent leur argent et font faillite. Et il y a un effet boule de neige.

C’est là qu’on en arrive aux « Quantitative Easing » des banques centrales. La BCE va donc accepter,  à partir de mars, de reprendre aux banques jusqu’à 60 milliards d’euros par mois de créances (principalement des obligations d’états), et leur donner de la liquidité en échange. C’est de la titrisation. Sauf que la BCE regardera la qualité des créances qu’on lui repasse. C’est donc mieux encadré et plus sûr que ce qui a été fait entre 2000 et 2007 aux USA. Et pour pousser les banques à prêter à l’économie réelle et éviter que les banques replacent ces liquidités à la BCE, la BCE a instauré un taux d’intérêt négatif ! Espérons que cela fonctionne. Mais c’est loin d’être sûr.

Enfin, pour refermer le cercle. La BCE peut elle créer autant de liquidité qu’elle le veut, sans limites ? Et bien non.
En augmentant la liquidité, elle fait baisser la valeur de l’euro par rapport aux autres monnaies (€/$ = 1,40 $ en mai 2014, 1,14 $ aujourd’hui, soit -18,5 % en 8 mois). Mais en l’augmentant trop, elle risque l’effondrement de celle-ci, c’est-à-dire la panique dont on parlait au début (c’était l’un des problèmes de la Banque Nationale Suisse, non la panique, mais une baisse trop prononcée du CHF, d’où le décrochage CHF / €).

J’espère que c’est un peu plus clair pour ceux qui se posaient encore des questions. Je ne dis pas qu’avec ça, vous pourrez organiser des conférences rémunérées à Abu Dhabi comme … Ah, j’ai oublié son nom…, mais bon, dans un dîner …

Cordialement


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[+1]    #10 15/02/2015 16h41

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Bonjour

Oui, vous avez raison, je me suis mal exprimé, et je m’en suis rendu compte après coup.

Dans le cas de la Suisse, c’est un peu plus compliqué parce le CHF n’était pas produit par la BNS pour favoriser les exportations suisses en faisant baisser le cours, mais parce que le CHF était demandé en tant que valeur refuge. Et le problème devenait encore plus crucial avec l’arrivée imminente du QE de la BCE. La BNS craignait à juste titre que des intervenants profitent des facilités de crédit en euros pour  l’échanger contre du CHF.
C’était pour éviter que le CHF ne s’apprécie trop face à l’euro (la zone euro est le premier partenaire commercial de la Suisse) que la BNS avait mis cette limite de change à 1,20 CHF pour 1 €.
Mais ça ne pouvait pas tenir, et c’est ce qui est arrivé.
Le cours limite à 1,20 CHF favorisait les entreprises exportatrices suisses, mais pénalisait les suisses puisque leur monnaie ne pouvait pas s’apprécier plus. En supprimant la limite, la BNS favorisent les suisses mais au détriment de ses entreprises exportatrices.
Tant que le CHF sera considérée comme une monnaie de réserve, la BNS sera confrontée à ce dilemme.
Et comme je l’avais dit sur une autre file, je ne vois pas vraiment d’autre solution à terme pour la Suisse que d’intégrer la zone euro. Peut-être sur la base d’1 CHF ou 0,8 CHF pour 1 €. Car sinon, c’est la mort pour les entreprises suisses exportatrices. Et elles sont nombreuses.

J’espère que c’est un peu plus clair.


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[+1]    #11 15/02/2015 23h01

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okavongo a écrit :

Si j’ai bien compris le processus de création monétaire par les banques, dans les dépôts (l’encours épargne) on trouve beaucoup de crédit. C’est de l’argent "réel", mais créé par les banques.

Ce n’est pas ce que j’ai décrit, j’ai répondu en disant que ce que le banquier prête
c’est ce qu’il a dans ces caisses (dépôt des clients). Je ne parlais pas de création
monétaire dans le passage que vous citez.


Cette monnaie nouvellement émise […] elle n’est pas "couverte" par les dépôts contrairement à ce que nombre d’intervenants laissent entendre.

Je n’ai personnellement jamais dit que la création monétaire était couverte par les dépôts.
J’ai abordé deux points:
- la banque prête l’argent qu’il y a dans sa caisse ou dit autrement les prêt sont couvert
par des ressources dont majoritairement les dépôts
Ici je parle de solvabilité.
- les banques créent de la monnaie en faisant des prêts.
Mais votre raisonnement vous amène à un fait tout à fait juste:
En créant de la monnaie par le prêt, sa injecte de la liquidité qui permet de prêter à nouveau.
Maintenant il faut relativiser, je vous prête 100 vous achetez un bien à un commerçant qui le
dépose sur son compte.
Ne va t il pas payer ses matières premières, sa TVA, sa main d’oeuvre,  ses charges rembourser ses emprunts…  Etc
Combien croyez vous qu’il y a de liquidités en plus dans le système ? 
Autre exemple vous empruntez pour acheter un bien immobilier. Le vendeur dispose du cash, va rembourser le capital restant dû et il n’y aura création monétaire que du différentiel.
De plus il ne faut pas croire que les banques prêtent le maximum possible en continue.
Voici l’encours et l’évolution de l’endettement des ménages et SNF en France.
Particuliers +2.6 % d’augmentation de l’encours de crédit bancaire sur un an (1018 milliards d’encours)
SNF + 2.2% d’augmentation de l’encours de crédit bancaire sur un an (837 milliard d’encours)

BDF - Crédits aux particuliers
BDF - Dette bancaire et endettement de marché des sociétés non financières
BDF - Crédit aux entreprises (encours)


Le volume net de dette n’évolue pas fortement vous en conviendrez ?

Durun a écrit :

Mais pouvoir prêter 10 fois son capital, c’est réglementaire.

Voir mon paragraphe sur Bâle.

Pour diminuer les intérêts qu’elle paye, la banque va essayer d’attirer des clients, car un compte ouvert, c’est de la liquidité fournie gratuitement à la banque.

La liquidité gratuite c’est un bout de la face émergé de l’iceberg.
Il faut pas oublier que l’intermédiation ce n’est que la moitié du métier de la banque ( et environ la moitié des revenus).


Si cette confiance disparaît (comme avec Lehman Brothers), les autres banques ne prêtent plus et il ne reste que la banque centrale pour sauver le malade.

Tout le monde a entendu que les banques ne se faisait plus confiance pendant la crise.
Constatez le volume de prêt interbancaire à 1 jours sans garantie (eonia)  durant cette période.
Entre 40 et 60 mds grosso modo avant la faillite de LB.
Entre 30 et 50 milliards jusqu’en décembre ( la faillite était début septembre)
Mis à part 2 journée creuse à 10 mds et 20 mds fin décembre (qui sont récurrente),
ça continue à osciller entre 20 et 40 mds.
On est loin d’une crise de confiance absolue…

BCE - Volume EONIA


La BCE va donc accepter,  à partir de mars, de reprendre aux banques jusqu’à 60 milliards d’euros par mois de créances (principalement des obligations d’états), et leur donner de la liquidité en échange. C’est de la titrisation .

Non ce n’est pas de la titrisation.
Un prêt est un engagement  contractuel entre deux partie, intrinsèquement non cessible.
La titrisation est le fait de rendre négociable cet actif.
Racheter des titres négociable (OAT) c’est pas de la titrisation.
Voir plus bas mon commentaire sur la titrisation.


Et pour pousser les banques à prêter à l’économie réelle et éviter que les banques replacent ces liquidités à la BCE, la BCE a instauré un taux d’intérêt négatif ! Espérons que cela fonctionne. Mais c’est loin d’être sûr.

Ce taux est négatif depuis juin 2014.
Et par définition une banque perd de l’argent si elle dépose ce qu’elle emprunte à la BCE même si le taux de dépôt est positif puisque la BCE prête plus cher que ce qu’elle rémunère comme toute les banques…

okavongo a écrit :

. Si j’ai bien compris les ratios de Bale 3, elles peuvent multiplier par pratiquement 10 (solvablité minimale de 10,5 %)leur fonds propres sous forme de crédits

Voir mon paragraphe sur Bâle

La titrisation est devenu un gros mot, du salon des bonnes familles jusqu’au comptoir des bistrots depuis 2008.
La titrisation n’est pas intrinsèquement mauvaise !
Comme je le disais un prêt est un engagement contractuel entre deux parties.
Il n’est par nature pas cessible. La titrisation est le fait de le rendre négociable (le transformer en titre littéralement).
La titrisation est devenu un abus de langage pour de multiple moyens différents pour une
banque de sortir un plus ou moins grand portions du risque de son bilan.
La banque peut juste transformer les prêts et les détenir en titres
(elle garde le risque dans son bilan mais ça lui permet de mettre ses titres temporairement
en garantie (repo) auprès de la BCE) ; ou aller jusqu’à extérioriser totalement le risque d’un portefeuille d’actifs en le vendant.
Entre les deux il y a plusieurs solutions avec une partie de risque plus ou moins grand, ou des subtilités diverses.

Mais la titrisation est un outils très utile pour faire porter le risque à d’autre acteurs et optimiser le financement de l’économie.

Je m’autoquote:

Nek a écrit :

L’encours des prêts immobiliers en France est de 831 milliards d’euros à novembre 2014. En juin 2013, 89 milliards était titrisé.
Même en incluant les prêts à destinations des entreprises, à l’échelle européenne la titrisation est peu développé.

BFD - crédit aux particuliers
BDF La titrisation en France : évolutions récentes
ACPR- Le marché de la titrisation en Europe :caractéristiques et perspectives

Refus de prêt immobilier au motif : "défiscalisation sans être propriétaire" ?

Les accords de Bâle sont plus complexe qu’un j’ai 10 je peux prêter 100.
Bâle c’est plusieurs volets réglementaire différents.
-LCR :
Ici on vieille à ce que les banques disposent de suffisamment de cash face à une situation difficile.
On impose donc un montant de cash à conserver, qui permet en cas de crash
( beaucoup de retrait, défaut sur les remboursements, peu de prêt interbancaire) de tenir assez longtemps.

-Ratio de levier:
Ici on bride la taille de la banque,  les fonds propres divisé par le total actif. Il ne doit pas être inférieur à 3%.
Le total bilan de la banque peut être 33 fois supérieur à ses fonds propres.
Ce sera en application en 2018. Le 3% n’est surement pas définitif.

- Ratio prudentiel:
C’est le plus connu, mais le moins compris.
On divise les fonds propres par le risque pondérés.
C’est le pondéré que personne ne prend en compte.

Dans un premier temps on différencie les fonds propres en fonction de leur qualité (core tiers one…)
Mais on fait pareil pour le risque: Un prêt immobilier hypothécaire de 100 € comptera pour 20 € de fonds propres.
Un prêt sans garantie à une entreprise mal cotée de 100 € comptera pour 150 € de fonds propres.

Il est donc faux de dire qu’une banque qui a 100 de fond propre peut prêter 1000.
Elle pourra prêter 500 de prêt immo comme seulement 100 à des entreprises.
Mes chiffres sont arbitraires.
Ce ratio prend en compte le risque de contrepartie, de marché et opérationnel.

Voici un exemple concret du calcul de ce ratio pour le CIC:


Les 140 mds de prêt à la clientèle ne représente que 80 mds de risque pondéré.

Dernière modification par Nek (15/02/2015 23h41)


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[+1]    #12 16/02/2015 13h34

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@Wawawoum
Les réserves sont l’accumulation des bénéfices (résultat net) des exercices précédents.

Voici le détails du passif comptable:


https://www.cic.fr/fr/banques/telecharg … l_2013.pdf

A propos de la confiance, ce que je tire des données c’est que la presse dramatise tout.
On a eut une crise sans précèdent, qui n’a impacté que très partiellement la confiance
interbancaire au sein de la zone euro. Ma conclusion est qu’il ne faut pas surestimer l’impact d’une crise sur la confiance du système bancaire.

@Durun
Je l’ai bien compris, je me suis permis de développer quelques points qui me semblaient important.
C’est un sujet technique, j’espère offrir une vision large et un poil approfondi pour éviter les problèmes
de compréhension, et apporter une valeur ajoutée que les lecteurs ne trouveront pas facilement par
eux même dans la presse etc…

J’espère que vous n’avez pas mal pris mon intervention, si c’est le cas j’en suis désolé.


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[+1]    #13 19/02/2015 13h40

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@gilgamesh : 
JP.Chevallier présente côte à côte des éléments exacts et de grosses bêtises (une technique efficace pour crédibiliser de la propagande), et attribue à certaines personnalités des conceptions qui ne sont pas exactement les leurs (ou alors en les simplifiant tellement que ça en change le sens).
Je passe sur son "ton" moqueur, et sur sa censure des commentaires qui ne vont pas dans son sens : il met de son coté ceux qui apprécient qu’on se moque des banques ou des puissants, et évite que des avis contradictoires puissent s’exprimer, ce qui donne l’impression aux lecteurs de son blog qu’il n’a aucun contradicteur et que tout le monde l’approuve, alors qu’en fait il n’a pas les arguments pour répondre à ces contradicteurs.

Un exemple :
Pour JPC, le fait que la Crédit Agricole ait pu émettre pour 1 Mds€ d’actions (c’est à dire des titres pour lesquels il y aura versement d’un dividende quand la CA fera assez de bénéfices)  constitue des "fonds propres" (améliorant sa solidité financière).
Par contre le fait que le crédit Agricole ait pu émettre 1 Mds€ d’obligations subordonnées perpétuelles (c’est à dire des titres pour lesquels il y aura paiement d’un coupon annuel, sauf si le CA passe en perte, auquel cas le paiement de ce coupon sera reporté jusqu’à retour à meilleure fortune) devrait être pris en compte comme une "dette" (diminuant sa solidité financière)… alors que le CA n’aura jamais à les rembourser, et que leurs conséquences financières pour le CA sont très proches de celle d’actions sans droit de vote.
Le bon sens me fait plutôt considérer que, plus le CA a pu émettre de Mds€ d’obligations perpétuelles, plus sa structure financière est solide, que l’inverse (comme le soutient JPC)…. Si mon entreprise pouvait lever des fonds en émettant des obligations perpétuelle, je considèrerais que ça améliore sa solidité financière….

Autres exemples : En se basant juste sur le Core Tier 1 comme JPC, on considère qu’une dette exigible demain représenterait exactement le même engagement qu’une dette qui ne sera exigible que dans 10 ans. De toute évidence, ces deux dettes n’ont pas le même impact sur la solidité financière de l’emprunteur… De même, on considère qu’un prêt fait à un emprunteur lambda, sans aucune  garanti, génèrerait le même risque qu’un prêt fait à un emprunteur solide et ayant fourni un collatéral en béton. De toute évidence, ces deux prêts ne génèrent pas le même risque, et n’ont pas le même impact sur la solidité financière du prêteur… etc.

Dernière modification par GoodbyLenine (19/02/2015 14h03)


J'écris comme "membre" du forum, sauf mention contraire. (parrain Fortuneo: 12356125)

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[+1]    #14 16/06/2016 17h49

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Sans la monnaie de banque centrale difficile pour une banque d’accroître la quantité de monnaie scripturale (masse monétaire) . Dons sans le bon vouloir de la BCE impossible de créer de la monnaie contrairement à la BCE qui peut acheter des actifs directement sur les marchés .

Si les banque commerciales pouvaient créer de la monnaie comme bon leur semble les Banques Grecques et Italiennes n’auraient pas tant de problème que ça .
Pour moi en zone euro seul la BCE  à l’entier pouvoir de création monétaire, les banques commerciales peuvent augmenter la masse monétaire que si la BCE est d’accord et acceptent les garanties apportés en contrepartie par les banques .

Cette video propage le ressentiments envers nos banques commerciales et fait miroiter un pouvoir absolu des banques commerciales … C’est bien dommage ce sont juste des entreprises commerciales qui se livrent à une concurrence féroce pouvant les mettre en difficulté et comme elles sont vitales pour notre économie , lorsqu’elles ont des problèmes c’est à nous de casquer .

Dernière modification par vbvaleur (16/06/2016 18h11)

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[+1]    #15 16/06/2016 22h21

Banni
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VbValeur, simplement copier/coller un lien n’a pas grand intérêt (et j’ai souvent vu IH coller des -1 pour cela), surtout pas un article qui traite de comment est créée la "monnaie banque centrale". Vous remarquerez éventuellement ce passage au milieu de l’article (EDIT: Pardon, cette citation provient de la 3ème partie de l’article, la suite du lien que vous avez fourni):

Les crises a écrit :

Si les banques veulent prêter, elles peuvent prêter (vous avez déjà vu une banque qui refuse un prêt en disant “désolé, je n’ai plus d’argent disponible…” ?). Je ne développe pas, car c’est un peu plus compliqué, j’y reviendrai, mais en fait elles créent de la “monnaie courante” comme la banque centrale crée de la “monnaie centrale”.

Si vous faites toute confiance à Olivier Berruyer et son site, qui, je dois bien l’avouer est globalement bon (vous y trouverez aussi des commentaires de ma part si vous le parcourez), consultez-le un peu plus alors ! J’ai un peu cherché pour vous, mais que ça ne vous arrête pas d’aller plus loin dans la recherche sur le site.

Cet article du même site vous intéressera peut-être: Contre propagande bancaire Tout le passage sur "Les dépôts des Français ne financent pas les activités spéculatives" commencera peut-être doucement à vous convaincre (quoi que pas 100% sûr).

Les crises a écrit :

[..]non intuitive, mais fondamentale : ils créent la monnaie tout simplement en accordant des crédits – monnaie détruite au moment du remboursement des crédits. Ainsi, tant qu’il y a une demande jugée solvable, les banques ont la possibilité de créer tout l’argent qu’elles veulent – elles ne peuvent jamais en manquer pour financer l’économie réelle

Il y a un paquet de bonne citations juste en dessous, je vais tout de même en recopier une ou deux:

Banque de France a écrit :

« Les particuliers – même paraît-il certains banquiers – ont du mal à comprendre que les banques aient le pouvoir de créer de la monnaie ! Pour eux, une banque est un endroit où ils déposent de l’argent en compte et c’est ce dépôt qui permettrait à la banque de consentir un crédit à un autre client. Les dépôts permettraient les crédits. Or, cette vue n’est pas conforme à la réalité, car ce sont les crédits qui font les dépôts. » [Banque de France, La Monnaie et la Politique monétaire, 1971]

Fed de New-York a écrit :

« Les banques commerciales créent de l’argent de comptes bancaires chaque fois qu’elles consentent un prêt, tout simplement en inscrivant de nouveaux dollars dans leurs livres, en échange d’une reconnaissance de dette de l’emprunteur. » [Fed de New-York]

Dernière modification par Mevo (16/06/2016 22h59)

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[+1]    #16 17/06/2016 14h57

Banni
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VbValeur, pour essayer de faire court: "un simple jeux d’écriture interne suffit à faire apparaître les euros sur les comptes" Oui, chez eux en INTERNE. Tant que des clients du même réseau bancaire s’échangent de "l’argent" entre eux, tout reste en interne dans la banque, ça n’est que des écritures comptables. Quand ça sort vers une autre banque, pour faire simple, la banque des banques, c’est la banque centrale: C’est là que les banques ont un compte. Quand la BNP paye la SOCIETE GENERALE, en Euros c’est un virement entre leurs 2 comptes à la BCE (c’est à ce moment la BCE qui joue le même jeu d’écritures comptables que les banques jouent avec leurs clients)

Si une banque a x% de part de marché. Lorsqu’un de ses clients veut un crédit, il y a x% de chances qu’il paye un autre client de la banque. x% des crédits (on peut raisonner en somme globale de crédits) émis vont donc rester au sein de la banque. Et sur l’ensemble des crédits émis par les autres banques, cette banque va en capter x%. Pour que ça marche bien, il faut donc une certaine taille critique. Avec une certaine taille, les 100-x% de crédits qui partent vers les autres réseaux bancaires vont être en grande partie compensés par les x% qui proviennent de ces derniers. C’est là qu’entre en jeu la compensation des différences tous les soirs. Les grandes banques se payent juste la différence entre les entrées/sorties entre elles.

"Pourquoi les banques empruntent-elles à la BCE" ?
Pourquoi est-ce que vous emprunteriez à une banque ?  La BCE n’est que la banque des banques Européennes. les banques empruntent pour la même raison que vous ne le feriez. La façon sans doute la plus simple d’expliquer ça, c’est que chaque banque émet en fait "SA MONNAIE", sauf que cette monnaie s’appelle des Euros et vaut 1 euro. Mais il n’y a réellement que SES CLIENTS qui acceptent sa monnaie. Si votre banque veut vous acheter quelque chose, à vous client, elle l’achète et crédite votre compte de la somme.  Elle peut entièrement créer cette somme dans ses livres. Par contre si votre banque veut payer une autre banque, l’autre banque n’a pas de compte chez elle (bien qu’elle peut aussi), elle veut sans doute que son compte auprès de la BCE soit crédité. Ces Euros là, votre banque ne peut pas les créer, elle va les emprunter auprès de la BCE (qui va faire ce que votre banque a fait lorsqu’elle vous a acheté quelque chose à vous)

Donc, une banque emprunte surtout auprès de la BCE pour payer les autres banques ou acheter des actifs pour lesquels elle ne peut pas "payer" en créditant un compte ouvert chez elle. La BCE fonctionne comme une banque, mais elle est un cran au dessus, les banques commerciales ne peuvent que créer de la monnaie sur les comptes de LEURS clients, pas au dessus. (Un fournisseur peut faire un crédit fournisseur à ses clients, il ne peut pas s’octroyer un crédit fournisseur auprès de ses fournisseurs, c’est eux qui doivent le lui accorder)

Ces explications, avec un peu de réflexion devraient répondre à vos autres questions.

Dernière modification par Mevo (17/06/2016 17h21)

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[+2]    #17 17/06/2016 15h26

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Je vous conseille cet excellent cours sur coursera : Economics of Money and Banking, Part One.

Une banque ne créé pas de monnaie fiduciaire (billets et pièces), c’est la banque centrale (?) qui le gère (avec l’argent "banque centrale").

Les banques peuvent néanmoins créer de la monnaie scripturale (écritures comptables). Je vous prête 10k€ et je crédite votre compte à vue de 10k€. Sauf que si vous retirez ces 10k€ en monnaie fiduciaire, il faudra bien que la banque en trouve, elle ne peut pas en créer. De même si vous virer cet argent sur le compte d’une autre banque et que cette autre banque ne veut pas faire de prêt à la première.

Le rôle premier de la banque centrale est justement de gérer les prêts à une banque qui serait en situation de déficit par rapport aux autres (préteur de dernier ressort contre du collatéral). Depuis, elles gèrent aussi l’émission de monnaie fiduciaires pour que les états ne fassent pas n’importe quoi et contrôlent la création de monétaire des banques (via les réserves obligatoires notamment).

Le cours de Coursera explique bien qu’en général l’argent de banque centrale (les billets par exemple) a la même valeur qu’un montant similaire sur un compte de dépôt à vue chez une banque. En situation de crise, la hiérarchie de la monnaie peut revenir. On a eu l’exemple récemment à Chypre.

Donc les banques (hors banque centrale) peuvent ou ne peuvent pas créer de monnaie selon ce que vous entendez par monnaie.

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[+1]    #18 17/06/2016 16h38

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Vbvaleur: Dialogue de sourd est le mot. Merci pour la leçon en tout cas: Expliquez tout ce que vous voulez, la personne restera sur son idée de départ, fusse-t-elle fausse. J’avais beau le savoir, ça fait toujours bizarre. Je vous ai parlé de ces dits ratios et du fait qu’il ne sont en presque rien limitatifs (et puis, rien que pouvoir créer 10 fois ce qu’on a, c’est pas mal non ?), et qu’il n’était pas question de contrepartie, mais passons.

Je pourrais vous sortir les chiffres des agrégats monétaires qui vous disent que la monnaie crée par les banques commerciales doit être environ 4 fois (réellement x4, c’est pas une façon de parler) supérieure à tout ce qui est créé par la BCE de près ou de loin (et encore, ça dépend de quels chiffre on prend pour la BCE, x4 est vraiment le strict minimum). On parle de 11.000 milliards d’Euros au total, et la BCE est au très grand maximum responsable de 3.000 milliards, chiffre extrêmement large. La BCE elle-même dit avoir un bilan vers les 300 milliards actuellement. Ca dépend vraiment de ce qu’on prend en considération comme chiffres.

Les banques commerciales n’impriment pas de billets, ça c’est sûr. Une fois qu’ils auront disparu (c’est déjà le cas de l’émission du billet de 500), le problème sera réglé wink

Je suis d’accord avec vous, arrêtons là, définitivement.

Dernière modification par Mevo (17/06/2016 16h39)

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[+1]    #19 17/06/2016 21h39

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A la bourse, un mec achète, un autre vend, les deux pensent faire une affaire. Jean Yanne.

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[+1]    #20 17/06/2016 22h43

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Vbvaleur, ça n’est pas moi qui ai posté le lien vers la vidéo youtube (que je n’ai pas regardé d’ailleurs), et je n’ai jamais dit que je pensais que les banques avaient "tout pouvoir". Ca c’est votre interprétation, que je comprend, vu que j’ai défendu ce type de vidéo dans deux de mes messages je crois.

Pour ma part, ça remonte à un bout de temps maintenant, les deux premières fois que j’ai vu ce type de vidéo (Paul Grignon ou équivalent), je me rappelle bien avoir rejeté l’idée et avoir trouvé le concept de la banque commerciale qui pouvait créer de la monnaie, et prêter de l’argent qu’elle n’avait absolument pas parfaitement farfelue. Donc, oui, j’avoue, mon idée est que la création monétaire EST difficile à imaginer pour un novice. Peut-être que j’ai tort sur ce point mais oui, ça c’est mon interprétation, basée sur ma propre expérience passée, et sur ce type de réponse, que je trouve assez courant tout de même: (allez, il aura tout de même servi à quelque chose comme ça)

Durun a écrit :

Sauf qu’affirmer que
"elle (une banque) peut prêter plus qu’elle n’a réellement, sans qu’elle n’ait besoin d’emprunter (contrairement à ce que vous dira votre banquier)", ou encore que la création monétaire
"un simple jeux d’écriture interne suffit à faire apparaître les euros sur les comptes" ,
ne sont que des bêtises qui prouvent que vous affirmez sans savoir.

Je suis enfermé dans l’idée que la création monétaire est difficile à imaginer pour tout le monde, oui, et je vous ai mis dans le même panier, oui. Vous ne m’avez pas beaucoup aidé en commençant par "Les banques commerciales ne peuvent pas créer de la monnaie , c’est seulement certaines banques centrales qui ont ce pouvoir tel que la BCE par exemple", ni après avec " je veux remettre en cause le fait que le faire est un simple jeux d’écriture et qu’elles peuvent le faire à leur guise sans contrepartie et conséquence car ce serait admettre qu’elles ont le pouvoir absolu de création monétaire". J’ai répondu à ça, voilà tout.

"Pour moi tout repose sur des dirigeants non élu démocratiquement comme Mario draghi (ancien de Goldman sachs ) ou ces messieurs du comité de bale". Comité de Bâle = Banques centrales. Et vous considérez que Francois Hollande n’est qu’une marionnette, mais par contre tout repose sur Mario Draghi. Ok, c’est votre vision.

Je maintiens que les accords de Bâle III ne sont pas très limitatifs quand vous regardez un peu. C’est plutôt le fait que les banques aient besoin de plus de capital et hurlent derrière qui est inquiétant. Bref, on a fait le tour de la question. Ce qui est certain c’est que les banques commerciales créent de la monnaie. Après vous êtes libre d’interpréter a quel point les banques centrales les limitent ou non.

Dernière modification par Mevo (17/06/2016 22h45)

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[+1]    #21 18/06/2016 02h08

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Alajactaest, elles ne peuvent preter plus que leur fonds propres ne les y autorisent afin de respecter leur ratio de solvabilité qui n’est pas de 3% comme indiqué par erreur par Mevo.
En réalité avec les différents buffers on est plutôt autour de 8%. Dans la pratique les banques visent des ratios Core tier One de l’ordre de 11% pour pouvoir supporter facilement une éventuelle détérioration de la qualité de credit de leurs clients sans avoir à lancer une augmentation de capital.

Par ailleurs elles sont également limitées par leur liquidité.

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[+1]    #22 18/06/2016 08h48

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xav92 a écrit :

Alajactaest, elles ne peuvent preter plus que leur fonds propres ne les y autorisent afin de respecter leur ratio de solvabilité qui n’est pas de 3% comme indiqué par erreur par Mevo.

Euh sauf erreur le "3%" dont parlait Mevo est le "ratio de levier" soit un levier de 33
=> le "10% core tier 1" étant calculé en pondérant les actifs (ex: OAT = 0)
Ainsi on peut avoir une banque avec une taille de bilan de 100 qui une fois pondérée est ramené à 30.
Avec 3 de fonds propres elle vérifiera bien les 10% côté tier 1 et le levier de 33.
=> mais la "création" est bien limitée par le 33 non?

Donc c’est pas vous qui faites une erreur en ne maîtrisant pas les différentes notions?
J’en profite pour remercier Mevo pour toutes ces interventions de qualite

Dernière modification par Q2000 (18/06/2016 08h58)

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[+2]    #23 11/06/2019 10h51

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Bonjour,

1) La petite vidéo du Crédit Agricole est précise et pertinente : elle permet notamment de comprendre la transmission de la politique monétaire, c’est-à-dire comment le taux directeur de la banque centrale influence le coût global des ressources des banques, donc leurs conditions de prêts, donc la demande de prêts et l’économie réelle, donc l’inflation.

2) Il est correct de dire qu’une banque n’a pas besoin de "matcher" ses prêts par un montant équivalent de dépôts. Au contraire, elle finance l’ensemble de ses actifs (prêts, titres, immobilier) par un ensemble de ressources (dépôts, emprunts interbancaires, emprunts obligataires, emprunts auprès de la banque centrale, fonds propres).

Cela dit, beaucoup de banques veillent à un certain équilibre entre l’encours total de leurs prêts et celui de leurs dépôts, en maintenant par exemple le ratio prêts / dépôts sous une limite de 120%. Dans certains pays, c’est une contrainte réglementaire.

3) Il est correct de dire que la création monétaire se fait par l’attribution de prêts par les banques. Par exemple, Monsieur A et Madame B n’ont aucun argent, et Madame B a une maison. Monsieur A emprunte 200k€ auprès de BNP pour acheter sa maison à Madame B, qui a son compte chez SocGen. Après cette opération, le compte bancaire de Madame B chez SocGen aura augmenté de 200k€. L’encours global des dépôts, donc la masse monétaire, aura augmenté de 200k€. La création monétaire s’apprécie au niveau du système bancaire, pas au niveau d’une banque individuelle (dans cet exemple, c’est la décision de BNP d’attribuer le prêt qui a conduit à la création monétaire, mais c’est chez SocGen qu’elle se manifeste en fin de compte).

4) Cela dit, la capacité de la banque de créer de la monnaie "à partir de rien" ne la dispense pas de boucler son bilan ! Il faut bien que l’encours total de ses actifs (dont les prêts) corresponde à ses ressources totales. Dans notre exemple, l’encours total des actifs de BNP a augmenté de 200k€, c’est-à-dire que le besoin total de financement de BNP a augmenté de 200k€. Le trésorier de BNP prend en compte l’ensemble des flux (entrants et sortants) pour combler le besoin de financement, par exemple via un emprunt interbancaire ou un emprunt à la banque centrale. (L’emprunt à la banque centrale doit nécessairement être collatéralisé par des actifs.)

5) Calculer le coût global des ressources d’une banque est effectivement complexe. On peut essayer de l’estimer à la grosse louche en regardant le bilan de la banque et en estimant le coût de chaque ressource : le taux de refinancement à la BCE est connu, on peut estimer le taux des emprunts interbancaires sur la base des taux EURIBOR à différentes maturités (cela dit, on ne connaît pas nécessairement la distribution par maturités des emprunts, ni la proportion des emprunts collatéralisés - la collatéralisation fait baisser le coût des emprunts), on peut estimer les taux des dépôts à vue et dépôts à terme, on peut regarder le coût des émissions obligataires… Bref, ce n’est pas simple.

6) C’est le libre jeu de la concurrence qui doit assurer aux consommateurs que les banques n’appliquent pas de marges excessives. Le coût global des ressources d’une banque étant assez opaque, on pourrait craindre que les banques en profitent pour imposer aux emprunteurs des marges excessives. Mais dans un environnement suffisamment concurrentiel, de telles stratégies seraient rapidement punies par une perte de parts de marché pour les banques concernées. Il est donc essentiel que la concurrence entre banques s’exerce, et que les consommateurs soient suffisamment mobiles entre les différentes banques (souvent ce n’est pas assez le cas, mais la banque en ligne change la donne).

7) Dans beaucoup de pays émergents (pas en Europe), une concurrence insuffisante entre banques rend les taux des prêts bancaires "rigides", donc insensibles au taux directeur de la banque centrale. Dès lors, la politique monétaire ne peut plus se transmettre. C’est un des obstacles majeurs dans mon travail, car le respect des règles de concurrence n’est souvent pas du ressort de la banque centrale.

Dernière modification par Scipion8 (11/06/2019 11h15)

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[+2]    #24 24/06/2019 02h52

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Je pense que la plupart des confusions dans la discussion sont dues (1) au fait de n’envisager le bilan que d’une seule banque et non du système bancaire dans son ensemble, (2) au fait d’ignorer le bilan de la banque centrale, "reflet" du bilan du système bancaire, et (3) à l’utilisation de concepts imprécis, notamment celui de "monnaie banque centrale" au lieu du concept plus précis de base monétaire (M0 = circulation fiduciaire + réserves obligatoires + réserves excédentaires des banques à la banque centrale) et des agrégats monétaires plus larges incluant aussi les dépôts bancaires (M3).

1) Le bilan de la banque centrale et le bilan du système bancaire ont des correspondances.

Bien sûr, les réserves (obligatoires et excédentaires) des banques (un actif pour elles) se retrouvent au passif du bilan de la banque centrale. De même, les opérations d’injections de liquidité de la banque centrale sont un actif pour elle, et une source de financement (un passif) pour le système bancaire.

Mais plus fondamentalement, il faut comprendre que la situation nette (agrégée) du système bancaire est déterminée par le solde net des "facteurs autonomes" au bilan de la banque centrale. Ces facteurs autonomes sont ainsi nommés car ils ne sont pas directement contrôlés par la banque centrale dans le cadre de sa politique monétaire : ce sont des facteurs exogènes.

Ces facteurs autonomes injectent de la liquidité dans le système bancaire quand ils sont à l’actif de la banque centrale (réserves de change, or, immobilier, titres en euros, créances à l’Etat) ou ils en absorbent quand ils sont au passif de la banque centrale (circulation fiduciaire, dépôts publics, fonds propres). Le solde de ces facteurs autonomes (en couleurs "chaudes" sur le graphique ci-dessous) détermine si le système bancaire (en agrégé) est dans une situation de besoin ou d’excédent de liquidité vis-à-vis de la banque centrale :

- Si les facteurs autonomes sont plus importants à l’actif qu’au passif, alors en termes nets ils injectent de la liquidité, donc le système bancaire est en surplus de liquidité et la banque centrale devra absorber cet excédent pour conduire sa politique monétaire (par exemple par l’émission de bons de banque centrale).

- Si les facteurs autonomes sont moins importants à l’actif qu’au passif, alors en termes nets ils absorbent de la liquidité, donc le système bancaire est en déficit de liquidité et la banque centrale devra injecter la liquidité nécessaire pour conduire sa politique monétaire. C’est le cas en zone euro (compte tenu de l’importance de la circulation fiduciaire).


2) Le rôle principal des réserves obligatoires dans la zone euro est d’amplifier le déficit de liquidité du système bancaire afin de renforcer la transmission de la politique monétaire de la BCE.

Pour que les taux directeurs de la BCE puissent influencer les coûts de financement des banques, donc les conditions des prêts à l’économie réelle, il faut que les opérations d’injection de liquidité de la BCE aient un volume suffisant. La BCE fait en sorte que cela soit le cas en imposant aux banques des réserves obligatoires (calculées en fonction de leurs dépôts), qui vont renforcer la "dépendance" du système bancaire aux opérations de la BCE.

3) La création monétaire se fait par l’attribution de nouveaux prêts par les banques.

A nouveau, il faut être précis : quand on parle de "création monétaire", on parle en général des agrégats monétaires larges (M3), qui comprennent les dépôts bancaires - qui augmentent bien après l’attribution de nouveaux prêts par les banques.

L’agrégat monétaire le plus étroit, la base monétaire M0, augmente aussi - toutes choses égales par ailleurs - du fait de l’augmentation des dépôts bancaires, sur la base desquels sont calculées les réserves obligatoires.

Le mécanisme est donc le suivant :
i) une banque accorde un nouveau prêt…
ii) … ce qui entraîne une augmentation des dépôts bancaires ailleurs dans le système bancaires
iii) … ce qui conduit à une augmentation des réserves obligatoires
iv) … ce qui conduit, toutes choses égales par ailleurs, à une augmentation du besoin de liquidité du système bancaire, à laquelle la banque centrale répond par des injections accrues


4) Le QE "liquéfie" les bilans bancaires en remplaçant des titres par des réserves excédentaires.

Par le QE, la banque centrale augmente son portefeuille d’actifs en euros, mais cette fois-ci à des fins de politique monétaire (il ne s’agit plus d’un facteur autonome).

Dans le bilan du système bancaire, le QE se traduit par une réduction des portefeuilles de titres (graduellement absorbés par la banque centrale) et leur remplacement par des réserves excédentaires. Naturellement, cette substitution, prolongée sur des années, réduit la profitabilité des banques, puisqu’elles sont forcées de remplacer des titres à rendements généralement positifs par des réserves à rémunération nulle voire négative.


5) Un taux de rémunération négatif pour les réserves excédentaires augmente la vélocité de la monnaie et encourage les banques à prêter ou investir.

Comme dit par Mewtow, le taux négatif (-0,40%) actuellement imposé par la BCE à sa facilité (au jour le jour) de dépôt ainsi qu’aux réserves excédentaires augmente le coût d’opportunité de détention de réserves oisives pour les banques. Au sein du système bancaire, il y a donc un effet "patate chaude" qui conduit les banques à vouloir minimiser leur détention de réserves excédentaires à la fin de chaque journée - alors que le montant agrégé des réserves excédentaires n’est lui pas vraiment contrôlé par les banques car c’est surtout le résultat du QE de la BCE.

Cet effet "patate chaude" conduit les banques à se prêter entre elles, ou bien à prêter à leur clientèle pour changer leur ratio réserves obligatoires / réserves excédentaires (toutes choses égales par ailleurs). C’est évidemment cohérent avec les objectifs macroéconomiques de la BCE (éviter une déflation), même si sur la durée c’est assez néfaste pour la profitabilité des banques.

Un effet extrême des taux négatifs, ce serait la thésaurisation par les agents économiques, si les banques commençaient à rémunérer négativement leurs dépôts. On verrait alors la circulation fiduciaire augmenter (un facteur autonome absorbant) donc les réserves excédentaires baisser.

On voit que les taux négatifs ont des effets sur la composition de la base monétaire M0 : réserves obligatoires vs. réserves excédentaires vs. circulation fiduciaire.

Les taux négatifs doivent décourager les agents économiques (pas uniquement les banques) de détenir des liquidités oisives, et ainsi augmenter la vélocité de la monnaie V : MV = PT (masse monétaire * vélocité de la monnaie = prix * volume réel des transactions). Il s’agit bien d’une mesure anti-déflation, en complément du QE.

6) Quelques détails techniques :

- Les réserves obligatoires sont rémunérées au taux directeur de la BCE (actuellement 0%).

- Les réserves excédentaires ne sont normalement pas rémunérées. Mais depuis que la facilité de dépôt de la BCE est passée en taux négatif, la rémunération des réserves excédentaires se fait à ce même taux négatif (actuellement -0,40%).

- Tout prêt de la banque centrale doit être collatéralisé par des actifs éligibles (de bonne qualité). Donc il faut être prudent quand on compare le taux des financements collatéralisés de la banque centrale avec des taux interbancaires pas forcément collatéralisés (par exemple EONIA), ou pas avec le même collatéral.

- En principe, les taux interbancaires à court terme devrait évoluer dans le "corridor" formé par les 2 facilités au-jour-le-jour de la BCE, la facilité de prêt marginal (actuellement à 0,25%) et la facilité de dépôt (actuellement à -0,40%). L’opération principale de la BCE est une opération d’injection hebdomadaire, actuellement au taux fixe de 0%.

Dernière modification par Scipion8 (24/06/2019 02h58)

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[+4]    #25 13/09/2020 15h26

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AesculusHippocastanum a écrit :

Pendant le confinement, V s’est effondrée en même temps que T. Pour compenser les banques centrales du monde entier ont augmenté de façon considérable la masse monétaire (M) […]

Les banques centrales n’ont pas augmenté la masse monétaire M (l’argent en circulation dans l’économie), mais la base monétaire B (l’argent dans les coffres des banques), ce qui n’est pas la même chose. Et autant je suis d’accord pour dire que la base monétaire a sacrément augmenté lors du confinement, autant je doute que ce soit le cas pour la masse monétaire. Il faut du temps pour qu’une variation des conditions de crédit se traduise dans l’économie réelle et/ou sur la masse monétaire. Et quand je dis qu’il faut du temps, cela se chiffre en années.

Et on peut comparer la situation actuelle avec les précédents Q.E. Les banques centrales ont fait Q.E sur Q.E après la crise de 2008, et on n’a pas vu le moindre effet sur le niveau des prix (pareil pour le niveau du prix des actifs). Je ne vois pas pourquoi il n’en serait pas de même après le déconfinement, le Q.E restant du Q.E.

Surtout que la banque centrale peut réduire très facilement B si jamais une crise inflationniste pointe le bout de son nez, ce qui est suffisant pour la tuer dans l’œuf. Et l’effet d’une hausse des taux est bien plus rapide que pour une baisse. Le temps que l’inflation commence à pointer le bout de son nez, la banque centrale a le temps de voir venir. Si une crise inflationniste devient crédible, la banque centrale a juste à augmenter ses taux et l’inflation sera tuée dans l’œuf.

De manière générale, les banques centrales sont douées pour garder l’inflation sous ou proche des 2% et elles savent ajuster leurs taux et/ou la base monétaire pour ce faire. Elles anticipent l’avenir et savent très bien corriger l’inflation quand celle-ci s’emballe. Anticiper une inflation future, c’est prédire que la banque centrale fera n’importe quoi et n’arrivera pas à faire son métier. Et vu leur historique de ces dernières décennies (depuis 1970), autant dire que c’est clairement faire un pari risqué.

Ensuite, pour répondre aux autres messages de la file, l’équation M*V=P*Y, bien qu’étant une identité comptable et donc une tautologie, est à interpréter avec précautions. En fait, V est relative à un ensemble de transactions et est définie par M/(P*Y). Les produits M*V et P*T sont deux manières différentes de compter l’argent dépensé dans un ensemble de transactions, sur une période de temps donnée.

Par exemple, prenons l’ensemble des transactions action sur les valeurs du CAC40 à la bourse de Paris qui ont eu lieu depuis le début du mois. L’ensemble de l’argent échangé dans ces transactions est noté E. On peut définir le prix moyen de chaque transaction par le quotient P = E/T, ce qui donne : E = P*T, avec T le nombre de transaction totale, et P le prix moyen d’achat/vente. Mais on peut aussi l’écrire E = M*V en définissant V comme le nombre de fois qu’un euro est utilisé dans les transactions choisies plus haut. En macroéconomie, l’ensemble de transaction choisit est l’ensemble des transactions qui forme le PIB annuel, ce qui fait que la vélocité associée est différente de la vélocité précédente.

Tout cela pour dire que l’équation M*V=P*T est une tautologie, qui est toujours vraie en raison de la définition même de la vélocité de la monnaie et du niveau moyen des prix. C’est un peu l’erreur de la vidéo d’Heu?reka : il ne comprend pas que la vélocité dépend d’un set de transactions, ce qui rend M*V=P*T tautologique. Il part du principe que l’équation doit être corrigée (en partie pour garder la vélocité constante), mais il ne sait pas qu’il existe une vélocité pour le PIB et une autre pour les échanges sur les marchés financiers. Son équation corrigée n’utilise pas la même vélocité de la monnaie que celle avec M*V=P*Y.

Et c’est aussi là que se trouve le problème du message d’OP : la causalité ne va pas du produit M*V vers le produit P*Y, mais les deux sont déterminés par des facteurs communs (la politique monétaire et la production étant les deux principaux). On ne peut pas dire que la vélocité va monter suite au déconfinement. Tout ce que l’on peut dire, c’est comment va se comporter la vélocité suite au déconfinement, en regardant P, Y et M, et en faisant le calcul V = M/(P*Y). Si les gens re-dépensent dans des transactions comptées dans le PIB, alors on verra une vélocité remonter en même temps que P et/ou Y. si les gens préfèrent aller sur les marchés financiers, alors le prix des actions va augmenter et le V des transactions boursières va augmenter là où le V associé au PIB va rester le même. Enfin, si les gens conservent de l’argent sous la forme d’épargne de précaution et ne consomment ou n’investissent pas, alors les deux vélocités resteront basses et les prix n’augmenteront pas, alors que M restera haut. Et quand on voit l’épargne de précaution accumulée par les Français durant le confinement et le fait qu’ils ne sont pas pressés de la dépenser, je vous laisse deviner quel scénario me parait le plus crédible…

Pour résumer, il ne faut jamais raisonner en fonction d’identités comptables tant qu’on ne comprend pas en quoi elles sont impactées par les décisions des agents économiques. Et surtout quand il s’agit de déterminer des prix d’actifs, qui sont déterminés par les taux d’intérêt et non par la masse monétaire (du moins, dans le système monétaire actuel).

Dernière modification par Mewtow (13/09/2020 15h38)

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