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#151 12/06/2019 18h41

Membre
Réputation :   14  

Une autre vidéo sur le sujet:

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[+1]    #152 20/06/2019 14h02

Membre
Réputation :   6  

Bonjour,

On a tendance à penser que les banques font de la création monétaire lorsqu’elles octroient un prêt.
Mais alors, si les banques créent leur monnaie, quel est le role par exemple de la BCE?
A quoi servent les taux directeurs?
Auriez-vous des liens vers des explications assez simples de ces mécanismes monétaires?
Ma question peut sembler un peu ’idiote’, mais posez ces questions autour de vous et vous verrez que même des personnes impliquées dans le monde des financent vous répondront chacune avec une vision différente…

Merci par avance smile

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[+1]    #153 20/06/2019 14h50

Membre
Réputation :   107  

Vous pouvez deja consulter cette conversation qui donne 2 choses :
- des personnes impliquées ont bien des visions differentes ( ou en tout cas une maniere differente de retranscrire )
- des liens utiles.

https://www.devenir-rentier.fr/t8412

cdt

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[+1 / -1]    #154 21/06/2019 23h02

Banni
Réputation :   -2  

Afin de bien comprendre le mécanisme de création monétaire, il est indispensable d’avoir une approche en termes de bilan bancaire.  Vous trouverez ci-dessous un exemple de base permettant d’illustrer ce processus.

Etape 1: création de la banque la société généreuse (SG)

Je dispose d’un terrain d’une valeur de 50 que je vais apporter à la banque en tant que fonds propres.  Je prends volontairement un actif illiquide et difficilement divisible et évaluable à des fins pédagogiques.  Je demande par conséquent au puriste de ne pas venir dire qu’un terrain n’est pas éligible comme fonds propres bancaires pour raison réglementaires.  A la fin de l’étape 1, le bilan de la SG est le suivant :

Actif : 50
- Terrain : 50
Passif : 0
Fonds propres : 50

Étape 2: Octroie d’un crédit immobilier et création monétaire

Mr A vient me voir afin de solliciter un crédit d’un montant de 100 pour l’achat d’une RP.  Suite à l’évaluation de sa solvabilité, je décide de lui accorder.  A la fin de l’étape 2, le bilan de la SG est le suivant :

Actif : 150
- Terrain : 50
- Créance sur Mr A : 100
Passif : 100
- Dépôt de Mr A : 100
Fonds propres : 50

C’est à ce moment précis que la création monétaire par le crédit a lieu.  La SG a créé de l’argent par une simple écriture comptable.

Etape 3 : Réalisation de la transaction immobilière

Mr A achète la maison de Mr B qui est également client de la SG.  Le dépôt est donc transféré de Mr A à Mr B.  A la fin de l’étape 3, le bilan de la SG est le suivant :

Actif : 150
- Terrain : 50
- Créance sur Mr A : 100
Passif : 100
- Dépôt de Mr B : 100
Fonds propres : 50

Etape 4 : Demande de retrait de l’argent de la banque

Mr B décide d’acheter une voiture pour un montant de 20 à Mr C qui n’est pas client de la SG mais d’une autre banque : le crédit fermier (CF).

Et maintenant, nous avons un problème.  La SG doit transférer 20 au CF.  Du coté passif, aucun problème, il suffira de réduire le montant du dépôt de 20 à la SG et le montant du dépôt augmentera de 20 au CF.  Cependant que faire au niveau de l’actif ?  Le CF n’a que peu d’informations sur la valeur du terrain et sur la qualité de la créance sur Mr A (le CF n’a pas étudié son dossier lors de l’octroi du prêt).  De plus, ces actifs sont difficilement divisibles.

Solution : La SG va emprunter de la monnaie banque centrale soit à auprès d’une autre banque commerciale soit directement auprès de la BCE.  A la fin de l’étape 4, le bilan de la SG est le suivant :

Actif : 170
- Monnaie banque centrale : 20
- Terrain : 50
- Créance sur Mr A : 100
Passif : 120
- Dette envers la BCE : 20
- Dépôt de Mr B : 100
Fonds propres : 50

La nécessité pour les banques d’emprunter est bien illustrée dans cette étape 4.

Etape 5 : L’argent sort de la SG

La SG dispose maintenant d’un actif divisible, liquide et dont la valeur est reconnue par tous et va pouvoir réaliser le transfert relatif à l’achat de la voiture de Mr B.  Au niveau de bilan, Mr B ayant dépenser 20, le montant de son dépôt baisse du même montant au passif de la SG.  Du coté actif, la SG transfert la monnaie banque centrale au CF.   A la fin de l’étape 5, le bilan de la SG est le suivant :

Actif : 150
- Monnaie banque centrale : 0
- Terrain : 50
- Créance sur Mr A : 100
Passif : 100
- Dette envers la BCE : 20
- Dépôt de Mr B : 80
Fonds propres : 50

Du coté du CF, le bilan varie de la façon suivante :
Actif, Monnaie banque centrale : +20
Passif, Dépôt de Mr C (le vendeur de la voiture) +20

Etape 6 : Faillite de la SG

Mr A décède dans l’incendie de sa maison.  Ni la maison, ni le prêt de Mr A ne sont assurés.  A la fin de l’étape 6, le bilan de la SG est le suivant :

Actif : 50
- Monnaie banque centrale : 0
- Terrain : 50
- Créance sur Mr A : 0
Passif : 100
- Dette envers la BCE : 20
- Dépôt de Mr B : 80
Fonds propres : -50

La SG n’a plus de fonds propres et se retrouve liquidée.  Le terrain est vendu et les 50 récupérés sont partagés selon une règle entre la BCE et Mr B.  Cette étape 6 répond à la question : « Si les banques peuvent créer l’argent, pourquoi certaines font faillite ? »

D’une part une banque commerciale crée effectivement l’argent mais certaines conditions doivent être réunies :
-    Il faut une demande de crédit d’un client
-    Certains ratios prudentiels de liquidité et solvabilité (Bale 3), que je connais mal et que je ne souhaite pas aborder par simplicité, doivent être respectées

Mais surtout, d’autre part, nous l’avons vu lors de l’étape 2, l’argent créée par la banque ne lui appartient pas (mais appartient aux déposants) et ne vient pas modifier le montant de ses fonds propres.

Je reprends ici une définition de l’excellent article de la BNP.

Monnaie banque centrale : « L’impression de billet n’est qu’une infime fraction de la création monétaire. Il existe deux types de création monétaire bien distincts. D’une part, la banque centrale crée la monnaie dite “banque centrale” (ou « haute puissance », « base monétaire » ou agrégat monétaire M0) constituée des pièces et des billets émis, auxquels s’ajoutent les réserves des banques commerciales auprès d’elle. Cette dernière forme ne s’échange qu’entre banques sur le marché interbancaire. »

Pour ceux qui veulent aller plus loin, revenons à l’étape 4 et remplaçons-la par l’étape 4 bis.

Etape 4 Bis: Gain d’un nouveau client Retail

Mr C qui est client non-résident du CF possède un portefeuille d’actions françaises au CF.  Par incompétence, Le CF applique une retenue à la source de 30% sur les dividendes perçus.  Mr C qui est lecteur assidu de ce forum est furieux car il sait que depuis le 01/01/2018, la retenue est de 12,8% sans avoir à fournir de formulaire 5000.  Il décide donc de transférer toute son épargne (dépôt + titres) à la SG.  Ses dépôts s’élèvent à 50 et le montant des titres est hors bilan (à la différence de titres détenus chez un assureur).  A la fin de l’étape 4 bis, le bilan de la SG est le suivant :

Actif : 200
- Monnaie banque centrale : 50
- Terrain : 50
- Créance sur Mr A : 100
Passif : 150
- Dépôt de Mr B : 100
- Dépôt de Mr C : 50
Fonds propres : 50

Les 50 de monnaie banque centrale sont déposées à la BCE qui applique sur ce montant un intérêt négatif qui s’élève à -0.4% (Taux de rémunération des dépôts).  Ce taux de rémunération des dépôts négatif est censé inciter les banques commerciales à octroyer des credits.  Cependant, j’ai eu beaucoup de mal à comprendre par quel mécanisme. En effet, regardons l’étape 5 Bis.

Etape 5 Bis : Octroie d’un nouveau prêt

La SG octroie un nouveau crédit immobilier à Mr D d’un montant de 50.  A la fin de l’étape 5 bis, le bilan de la SG est le suivant :

Actif : 250
- Monnaie banque centrale : 50
- Terrain : 50
- Créance sur Mr A : 100
- Créance sur Mr D : 50
Passif : 200
- Dépôt de Mr B : 100
- Dépôt de Mr C : 50
- Dépôt de Mr D : 50
Fonds propres : 50

Les 50 de monnaie banque centrale sont toujours la et on pourrait penser qu’il continue à produire des intérêts négatifs.  Alors, pourquoi un taux de rémunération des dépôts négatif incite à prêter ?

Je posterai peut la réponse plus tard.  Je précise que l’incitation à prêter est réelle et la raison plus technique que les explications ci-dessus.

Afin d’illustrer les explications ci-dessus par un exemple réel, vous trouverez ici :
https://www.cic.fr/partage/partage_fr/I … l_2018.pdf
le rapport annuel du CIC au 31/12/2018.  Le bilan se trouve en page 218 et 219.

La première ligne de l’actif (31 709 au 31/12/2018) agrège la monnaie banque centrale ainsi que les pièces et billets dans les coffres. 
La ligne « Prêts et créances sur la clientèle au coût amorti », (188 520 au 31/12/2018), représente l’argent prêter à la clientèle.
La ligne « Dettes envers la clientèle au coût amorti », (152 060 au 31/12/2018), les dépôts de la clientèle.

A l’instar de naphto, il est choquant qu’en 2019 sur un forum prétendument fréquenté par des personnes éclairées, beaucoup ne connaissent pas ces mécanismes de base.

A titre personnel, je trouve également que la passivité de la modération, lorsque certains prétendent que yink propage des inepties est également choquante.

Dernière modification par Momo (22/06/2019 10h13)

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#155 22/06/2019 00h05

Membre
Top 100 Réputation
Réputation :   190  

Il me semble opportun d’ajouter que passifs et actifs doivent s’équilibrer au bilan. Les capitaux propres sont inscrits au passif.

Il est choquant qu’en 2019 sur un forum prétendument fréquenté par des personnes éclairées, beaucoup ne connaissent pas ce[s] mécanisme[s] de base.

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#156 22/06/2019 00h33

Membre
Réputation :   23  

Momo a écrit :

Ce taux de rémunération des dépôts négatif est censé inciter les banques commerciales à prêter.  Cependant, j’ai eu beaucoup de mal à comprendre par quel mécanisme.

Une explication simple est que les banques commerciales prêtent leurs réserves à leurs clients. Un taux négatif augmente le cout d’opportunité de conservation des réserves, ce qui pousse les banques à les prêter en lieu et place de les parquer à la banque centrale.

Mais pour accepter cette explication, il faut adhérer à l’idée que les banques prêtent des dépôts et/ou des réserves pré-existants, même si cela ne se voit pas ainsi dans leur bilan comptable, où tout semble montrer que les banques créent de la monnaie à partir de rien. En somme, les banques prêtent bien de la monnaie pré-existante, sans que cela ne soit incompatible avec le fait que les crédits font les dépôts ! C’est une chose qu’il n’est pas très bien vu de dire de nos jours, mais qui a l’avantage de résoudre beaucoup de problèmes aussi bien théoriques qu’empiriques, tout en étant compatible avec les résultats tirés de l’étude des bilans comptables. Quelques références dans cet article, qui résume bien mon avis sur la question : The Problems with MMT-Derived Banking Theory).

D’une manière plus générale, on peut étendre la question des taux négatifs à l’influence des taux directeurs liés à l’emprunt et/ou à la rémunération des réserves sur les taux bancaires/obligataires. Même quand les taux directeurs sont positifs ou nuls, il reste à expliquer pourquoi ceux-ci influencent l’offre de crédit de la part des banques. Cette relation ne peut pas s’expliquer si les banques peuvent créer de la monnaie à partir de rien : dans ce cas, les taux seraient ceux qui maximisent le profit des banques et seraient indépendants de la politique de la banque centrale… Comme quoi, l’étude des bilans comptables ne fait pas tout !

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#157 22/06/2019 08h03

Banni
Réputation :   -2  

wulfram a écrit :

Il me semble opportun d’ajouter que passifs et actifs doivent s’équilibrer au bilan. Les capitaux propres sont inscrits au passif.

Les bilans sauf faute de frappe sont équilibrés.  On a actif = passif + capitaux propres.

Certaines entreprises cotées ont adopté cette présentation (eg p.6
https://cct.listedcompany.com/newsroom/ … FZL.2.pdf)
Total asset = Total liabilities + total equity

&GoodbyLenine: Il serait peut être intéressant de pointer ces inexactitudes/erreurs.

&Mewtow: Ce n’est pas la bonne réponse, vous pouvez relire l’étape 5 bis.

Dernière modification par Momo (22/06/2019 10h13)

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[-1]    #158 23/06/2019 09h41

Banni
Réputation :   -2  

Mewtow a écrit :

Une explication simple est que les banques commerciales prêtent leurs réserves à leurs clients.

A qui?

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#159 23/06/2019 12h28

Membre
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Les exigences en fonds propres sont les actifs pondérés des risques, un actif non liquide ou très risqué nécessitera beaucoup de fonds propres (c’est une des inexactitudes du raisonnement plus haut, mais pas la seule). Le message ci dessus ressemble plus à de la propagande anti bancaire/capitaliste qu’autre chose en prétendant faire une démonstration qui est complètement fausse.

Dernière modification par roudoudou (23/06/2019 12h28)

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#160 23/06/2019 14h36

Banni
Réputation :   -2  

Je suis assez surpris que vous prétendiez que la description du processus (ce n’est pas un raisonnement) que j’ai effectuée est fausse en raison des exigences de fonds propres dans la mesure où je n’ai pas souhaité aborder ce sujet.  Effectivement je ne sais pas comment sont calculés les ratios prudentiels bancaires.  Cependant cela ne gène en rien pour comprendre que les banques commerciales crée la monnaie à partir de la demande de crédits.  Vous auriez mieux fait de répondre à la question que je posais si vous êtes si compétent : Alors, pourquoi un taux de rémunération des dépôts négatif incite à prêter ?

Alors il faut repartir de l’étape 4 bis ou le bilan de la banque est le suivant :
Actif : 200
- Monnaie banque centrale : 50
- Terrain : 50
- Créance sur Mr A : 100
Passif : 150
- Dépôt de Mr B : 100
- Dépôt de Mr C : 50
Fonds propres : 50

Les 50 de monnaie banque centrale qui ont été transférés par le crédit fermier lorsque Mr C a transféré ses avoirs produisent des intérêts négatifs.  La BMP a besoin de monnaie banque centrale (peu importe la raison).  Les intérêts négatif sont évidement une incitation à prêter cette monnaie banque centrale à la BMP.  Après ce prêt, la SG ne paie plus d’intérêt négatif sur sa monnaie banque centrale car elle n’en a plus.

Actif : 200
- Créance BMP : 50
- Terrain : 50
- Créance sur Mr A : 100
Passif : 150
- Dépôt de Mr B : 100
- Dépôt de Mr C : 50
Fonds propres : 50

Cette opération de prêt à la BMP peut être vue comme un prêt du dépôt de Mr C.  Cependant :
-    Il n’y a pas eu de création monétaire
-    Le prêt de monnaie banque centrale ne peut se faire que sur le marché interbancaire

Je reprends ici une définition de l’excellent article de la BNP.
Monnaie banque centrale : « L’impression de billet n’est qu’une infime fraction de la création monétaire. Il existe deux types de création monétaire bien distincts. D’une part, la banque centrale crée la monnaie dite “banque centrale” (ou « haute puissance », « base monétaire » ou agrégat monétaire M0) constituée des pièces et des billets émis, auxquels s’ajoutent les réserves des banques commerciales auprès d’elle. Cette dernière forme ne s’échange qu’entre banques sur le marché interbancaire. »

La raison pour la quelle un taux de rémunération des dépôts négatif incite à octroyer des crédit aux entreprises/ménages est la suivante.  Lorsque qu’une banque octroie un prêt, elle est tenue de déposer un montant de monnaie banque centrale chez celle-ci (réserve obligatoire).  Pour simplifier 10%.

A la fin de l’étape 4 bis le bilan de la SG est :
Actif : 200
- Monnaie banque centrale : 50
- Terrain : 50
- Créance sur Mr A : 100
Passif : 150
- Dépôt de Mr B : 100
- Dépôt de Mr C : 50
Fonds propres : 50

Si les réserves obligatoires sont de 10% des montants prêtés alors les réserves obligatoires sont de 10% de la créance sur Mr A = 10 et les réserves excédentaire sont de 50 - 10 = 40.  C’est sur ce montant de 40 seulement que la SG paieras des intérêts négatifs et pas sur l’intégralité de la monnaie banque centrale qu’elle possède.

Soumettre l?ensemble des réserves excédentaires au taux négatif ? - Revue Banque

« le principe applicable en termes de rémunération diffère selon qu’il s’agit de réserves obligatoires ou excédentaires (i. e. au-delà des réserves obligatoires). Les premières n’ont pas vocation à circuler et devraient donc être rémunérées à un taux voisin de celui des opérations principales de refinancement afin de limiter le coût d’opportunité supporté par les banques. En revanche, les réserves excédentaires peuvent être rémunérées à un taux inférieur, qui constitue le plancher du corridor dans lequel évoluent les taux du marché interbancaire (aucune banque n’ayant intérêt à prêter à un taux inférieur au taux de rémunération de ces réserves excédentaires) afin d’encourager la circulation des excédents de monnaie centrale entre les banques commerciales »

L’auteur de l’article est Laurent Quignon (Responsable Économie bancaire - BNP Paribas).

Décryptage - BCE : l?épineuse question des réserves excédentaires en période de taux négatifs  | CPR Asset Management - Société de gestion d’actifs - CPR AM

« Le principe d’un tel système est que les banques ne paient des taux négatifs qu’au-delà d’un certain montant de réserves excédentaires. Il y aurait donc deux conséquences principales :
•    Les banques paieraient moins de taux négatifs sur les réserves excédentaires
•    Cela crédibiliserait l’idée du maintien à des niveaux bas plus longtemps (sinon, à quoi bon créer un nouveau mécanisme pour quelques mois ?) »
Au passage, dans le 2ime lien se trouvent des illustrations sur base de bilans bancaires.

Enfin je recommande le très bon article suivant (celui qui m’a fait comprendre les choses). Le comment et le pourquoi d’un taux négatif pour la facilité de dépôts ? :
https://www.nbb.be/doc/ts/publications/ … 014_h6.pdf

Maintenant, retournons à l’étape 5 bis, le bilan de la SG est le suivant :
Actif : 250
- Monnaie banque centrale : 50
- Terrain : 50
- Créance sur Mr A : 100
- Créance sur Mr D : 50
Passif : 200
- Dépôt de Mr B : 100
- Dépôt de Mr C : 50
- Dépôt de Mr D : 50
Fonds propres : 50

Si les réserves obligatoires sont recalculées 10% x (Créance sur Mr A et D) = 15.  Les réserves excédentaires ne sont plus de 35 (au lieu de 40) et la SG ne paieras des intérêts négatifs que sur 35.  C’est à ce niveau que se trouve l’incitation à octroyer des crédits aux entreprises/ménages.

Quelle agressivité Roudoudou! Je vous suggère de relire également les intervention de Mevo/Scipion8 des pages précédentes.

Mewtow a écrit :

. Cette relation ne peut pas s’expliquer si les banques peuvent créer de la monnaie à partir de rien : dans ce cas, les taux seraient ceux qui maximisent le profit des banques et seraient indépendants de la politique de la banque centrale… Comme quoi, l’étude des bilans comptables ne fait pas tout !

Tiens, je n’avais pas vu cette question.  Vous retournez la question en demandant pour quoi un taux plus élevé inciterait les banques à ne pas prêter.  Eh bien, cette relation peut s’expliquer même si les banques créent de la monnaie à partir de la demande de crédit.  Mais plus tard.

Dernière modification par Momo (23/06/2019 16h07)

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#161 23/06/2019 14h56

Membre
Réputation :   18  

C’est dingue.
Vous débarquez sur le forum. Vous ne vous présentez pas, vous postez des messages au ton-professoro-doctoral.
Quel crédit peut-on donner à vos explications ? Êtes-vous spécialiste de la question ou un troll complotiste ?

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#162 23/06/2019 15h12

Banni
Réputation :   -2  

Quel crédit accordé, je ne sais pas.  Je n’ai que rarement fait confiance aveugle à ce que je peux lire sur ce forum (ou ailleurs).  Par contre ce forum est souvent un bon point de départ pour effectuer les recherches par soi même.  Ce que je sais est que ceux qui feront l’effort d’aller vérifier mes explications par eux même constaterons qu’elles sont correctes. 

Et si quelqu’un pense qu’elles sont fausses alors cela serait gentil de préciser où.

Dernière modification par Momo (23/06/2019 15h12)

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#163 23/06/2019 15h54

Membre
Réputation :   23  

Momo a écrit :

La raison pour la quelle un taux de rémunération des dépôts négatif incite à octroyer des crédit aux entreprises/ménages est la suivante.  Lorsque qu’une banque octroie un prêt, elle est tenue de déposer un montant de monnaie banque centrale chez celle-ci (réserve obligatoire).  Pour simplifier 10%.

Je vois que vous connaissez le taux de réserves obligatoires, ce qui m’étonne vu les erreurs de vos messages précédents. A l’étape 2, vous ne tenez pas en compte l’existence du taux de réserves obligatoires : un dépôt est crée, mais les réserves obligatoires associées ne sont pas introduites, ce qui fausse toutes les étapes suivantes. Et vous ne pouvez pas corriger cela sans renier l’idée que les banques n’ont pas besoin de financer leurs crédits à partir de sources extérieures, en acquérant les réserves avant le crédit.

Au passage, beaucoup d’erreurs de ce style se retrouvent dans vos messages précédents.

Ensuite, vous n’expliquez pas pourquoi les taux négatifs incitent à prêter. Vous vous contentez de dire que les taux négatifs se répercutent sur les réserves excédentaires, rien de plus. En quoi le fait que ces réserves soient taxées par la banque centrale est un problème pour les banques, vu qu’elles peuvent toujours acquérir les réserves dont elles ont besoin en empruntant à des taux quasiment nuls à l’heure actuelle ?

Si l’idée est de dire qu’en augmentant leur encours de crédit, ces réserves excédentaires vont passer en réserves obligatoires, alors il y a plusieurs problèmes. Déjà, d’où vient cette demande de crédit que les banques n’avaient pas exploité auparavant ? Et à supposer que les banques baissent leurs taux pour augmenter la demande de crédits, pourquoi le feraient-elles sachant que cela réduirait leur profitabilité ?

Momo a écrit :

Tiens, je n’avais pas vu cette question.  Vous retournez la question en demandant pour quoi un taux plus élevé inciterait les banques à ne pas prêter.  Eh bien, cette relation peut s’expliquer même les banques créent de la monnaie à partir de la demande de crédit.  Mais plus tard.

On est d’accord, les banques "créent de la monnaie" en fonction de la demande de crédit. Maintenant, les relations entre taux et demande de monnaie/crédit ne se voient pas dans le bilan comptable, pas plus que les explications qui se cachent derrière les dépendances entre taux directeur et taux des crédits. Vous avez encore beaucoup à apprendre.

Dernière modification par Mewtow (23/06/2019 16h00)

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#164 23/06/2019 16h12

Banni
Réputation :   -2  

Je n’en tiens pas compte à l’étape 2 par simplicité.  Ne suffit il pas de créer une étape 1bis demande de monnaie banque centrale auprès d’une banque commerciale ou de la BCE ou de vendre une partie des actifs pour obtenir de la monnaie banque centrale? Avec

A l’actif: augmentation de la monnaie banque centrale et pour compenser

Au passif: apparition d’une dette BCE/banque commerciale ou
A l’actif: baisse de la valeur de l’actif vendu

Oui l’idée est de dire qu’en augmentant leur encours de crédit, ces réserves excédentaires vont passer en réserves obligatoires. 

Le premier problème vous l’avez résolu par la baisse des taux d’emprunt. Les banques ne l’ont elles pas fait ces dernières années et n’a on pas vu la profitabilité des banques baissait?

Dernière modification par Momo (23/06/2019 16h18)

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#165 23/06/2019 16h37

Membre
Réputation :   6  

Bonjour à tous,
J’ai l’impression qu’il y a quelques confusions.
Les taux négatifs ne favorisent pas particulièrement le crédit. Les taux bas favorisent le crédit. A travers un mécanisme extrêmement simple, qui n’a, à priori, pas grand chose à voir avec les RO.
La BCE fixe plusieurs taux directeurs, et il me semble (mais j’ai pas tout lu), que vous faites surtout allusion au taux de dépôt. Mais il existe aussi un taux de refinancement qui fixe les niveaux auxquels les banques peuvent venir se servir à la BCE. Et on comprend bien que plus ce taux est bas, plus les banques ont l’occasion de se financer pas cher.
En réalité c’est surtout l’impact que ça a sur les taux de marché : l’EONIA, et les différents euribors, vont suivre, avec un spread relatif au risque de crédit, les niveaux fixés par la BCE.
Par exemple, l’EONIA est à -36. Les anticipations futures (forward) sont également plus bas et donc toute la courbe des taux est plus basse. Le taux d’un crédit se déduit de la courbe swap, d’un spread de liquidité, et d’une marge commerciale. Si la courbe swap est basse, le taux du crédit est plus bas, toutes choses égales par ailleurs. Le QE de la BCE a aussi permis de maintenir bas les différents spreads de crédits des émetteurs éligibles au PSPP.
(Il suffit de voir le niveau des crédits immobiliers aujourd’hui qui n’a, je vous l’assure, rien à voir avec les RO).
Les RO représentent un autre outil de politique monétaire, utilisé par la Chine notamment post 2008 (quand le taux de RO augmentent, faire un crédit, donc recevoir un dépôt, coûte plus cher). Mais il ne faut pas tout confondre. En zone Euro, étant donné l’assiette concernée par les RO, ces dernières ne représentent que 0.1% du total bilan d’une banque moyenne. Une goute d’eau. Les Banques vont conserver des dépôts à la BCE pour des raisons réglementaires bien souvent : le cash posté à la BCE est éligible au numérateur du LCR (HQLA).

Au contraire, le taux de dépôt négatif est un effet de bord de la politique monétaire qui pose problème à beaucoup de banque que Mario Draghi a envisagé d’estomper en mettant en place un tiering (comme en Suisse). Option qui depuis a été je crois abandonnée.

Romain

Dernière modification par rlermi (23/06/2019 16h38)

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#166 23/06/2019 16h52

Membre
Réputation :   23  

Momo a écrit :

Oui l’idée est de dire qu’en augmentant leur encours de crédit, ces réserves excédentaires vont passer en réserves obligatoires. 

Le premier problème vous l’avez résolu par la baisse des taux d’emprunt. Les banques ne l’ont-elles pas fait ces dernières années et n’a on pas vu la profitabilité des banques baissait?

Pour le second point, pourquoi les banques accepteraient de baisser leurs taux d’emprunt et leur profitabilité, juste parce qu’elles ont trop de réserves qui ne leur servent pas ? Logiquement, les banques étant des entreprises, elles doivent chercher à tout prix à dégager un profit maximal. Et l’existence des réserves excédentaires n’est pas un problème du tout pour elle, et surtout pas un problème qui nécessite de rogner leur marge. En théorie, elles devraient attendre que les taux négatifs rognent les réserves excédentaires au point de les faire disparaitre, sans toucher à leurs taux, et donc à leur marge de profit !

Vous ne pouvez pas expliquer les relations entre taux directeurs et taux bancaires sans faire intervenir un mécanisme où les banques doivent financer leurs crédits d’une manière ou d’une autre, par des réserves, des dépôts pré-existants ou un emprunt interbancaire. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle je suis assez sceptique quant à l’étude de la création monétaire par le biais des bilans comptables, qui cache beaucoup de choses et donne lieu à des interprétations foireuses.

La vraie réponse est que les banques vont bien se débarrasser de leurs réserves excédentaires, soit pour les prêter à leurs clients (les prêts ne sont donc pas créés à partir de rien), soit pour les prêter sur le marché interbancaire. Cette seconde option est privilégiée par les banques, ce qui permet aux banques avec un excès de réserves de les prêter à celles qui en manquent. Le résultat est que le taux d’emprunt des réserves sur le marché interbancaire va baisser suite à l’augmentation de l’offre de réserves. Et cette baisse des taux va se propager aux autres taux bancaires, comme indiqué dans le message ci-dessus de rlermi.

La BCE, par sa politique délibérée de taux négatifs sur les réserves, fait ainsi baisser les taux bancaires par augmentation de l’offre de crédit générale. Et au passage, ce n’est pas, comme e dit rlermi, un effet secondaire de la baisse des taux, mais une volonté active de la BCE pour justement faire baisser les taux interbancaires. Pour comprendre pourquoi, il faut savoir que le taux de rémunération des réserves sert de plancher aux taux interbancaires, là où le taux d’emprunt sert de plafond. Les banques n’ont aucun intérêt à prêter à un taux inférieur au taux de rémunération des dépôts : elles vont choisir le meilleur placement entre placer à la banque centrale et placer sur le marché interbancaire. De même, les banques emprunteuses n’ont aucun intérêt à emprunter plus cher que ce que la banque centrale peut fournir : le taux interbancaire est donc inférieur au taux directeur de la banque centrale, à maturité égale.

Dernière modification par Mewtow (23/06/2019 17h06)

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#167 23/06/2019 17h43

Banni
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L’existence de réserve excédentaires devrait être un problème pour les banques car le fait qu’elles soient rognées par les taux négatifs constitue une perte pour elles qui diminue donc leurs profits.  Il y a bien un arbitrage à faire entre accepter une perte résultant de l’application de taux négatifs sur les réserves excédentaires ou baisser les taux des prêt octroyés pour augmenter la demande de crédit et faire diminuer les resserves excédentaire par augmentation des réserves obligatoires.  Et au plus le taux est négatif, au plus la balance penche du coté de la baisse des taux des prêts octroyés.

Lorsque vous dites"La vraie réponse est que les banques vont bien se débarrasser de leurs réserves excédentaires, soit pour les prêter à leurs clients", qui se cachent derrière le mot "clients"?

En effet les réserves excédentaires étant constituées de monnaie banque centrale uniquement échangeable sur le marché interbancaire, je ne vois pas comment elle peuvent être prêtées à un client si le client est Mr ToutLeMonde?  C’est la raison de mon message 158.

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#168 23/06/2019 18h02

Membre
Réputation :   23  

Votre explication marche quand les taux de rémunération des réserves sont négatifs, pas quand ils sont positifs ou nuls. Dans ce cas, les banques ont juste à garder le même taux bancaire, qui maximise leurs profits, tout en profitant d’un taux plus élevé pour la rémunération des réserves. Ce n’est pas ce qu’on observe dans le monde réel, où les taux bancaires sont systématiquement plus élevés que les taux de rémunération des dépôts, et à raison. Et pour aller plus loin, cela n’explique la situation actuelle aux USA, où la FED utilise un floor system, où le taux de rémunération des réserves est le seul utilisé pour implémenter sa politique monétaire.

Par clients, j’entends clairement que les réserves peuvent quitter le marché interbancaire pour aller dans la poche des particuliers, suite à un crédit. Plus précisément, lorsque cela arrive, une partie de la base monétaire (les réserves prêtées) est transformée en masse monétaire (le montant du prêt).

Dernière modification par Mewtow (23/06/2019 18h23)

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#169 23/06/2019 18h37

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Mewtow a écrit :

a BCE, par sa politique délibérée de taux négatifs sur les réserves, fait ainsi baisser les taux bancaires par augmentation de l’offre de crédit générale. Et au passage, ce n’est pas, comme e dit rlermi, un effet secondaire de la baisse des taux, mais une volonté active de la BCE pour justement faire baisser les taux interbancaires. Pour comprendre pourquoi, il faut savoir que le taux de rémunération des réserves sert de plancher aux taux interbancaires, là où le taux d’emprunt sert de plafond. Les banques n’ont aucun intérêt à prêter à un taux inférieur au taux de rémunération des dépôts : elles vont choisir le meilleur placement entre placer à la banque centrale et placer sur le marché interbancaire. De même, les banques emprunteuses n’ont aucun intérêt à emprunter plus cher que ce que la banque centrale peut fournir : le taux interbancaire est donc inférieur au taux directeur de la banque centrale, à maturité égale.

Si ce n’est pas faux, c’est au moins beaucoup trop simpliste.
La BCE ne veut pas dégrader la rentabilité des banques. Je persiste et signe, le dépôt négatif est un vrai problème de rentabilité pour les banques (je vous invite à découvrir la notion de marge nette d’intérêt). En effet, les banques sont obligées de conserver des réserves excedentaires de part leur activité. Ce que vous appelez réserves excédentaires, c’est tout simplement la trésorerie d’une banque. Le soir, tout le cash finit à la BCE. Or la Banque a besoin d’en avoir pour fonctionner et honorer ses engagements.
On ne peut absolument pas comparer le placement du cash à la bce versus à un pair bancaire pour au moins les raisons suivantes :
- réglementaires (consommation de LCR)
- solvabilité (consommation de capital)
Regarder les bilans de tous les établissements de crédit, entre 5 et 10% du bilan consiste en de la tréso déposée à la BCE. Mais sont ils fous ?
Non, il vaut mieux prêter à la BCE à -0.40% que prêter à la SG à -0.36% en JJ

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[-1]    #170 23/06/2019 23h22

Banni
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Mewtow a écrit :

Par clients, j’entends clairement que les réserves peuvent quitter le marché interbancaire pour aller dans la poche des particuliers, suite à un crédit. Plus précisément, lorsque cela arrive, une partie de la base monétaire (les réserves prêtées) est transformée en masse monétaire (le montant du prêt).

Merci pour vos réponse malgré un début difficile Mewtow.  Allez une dernière avant mon bannissement définitif.

Vous prétendez que de la monnaie banque centrale peut être prêtée à un particuliers? Je l’ignorais totalement et je ne comprends pas ce mécanise.  Comment s’appelle cette opération et à quoi ressemble le bilan de la banque avant et après cette opération qui ne s’apparente pas du tout à un prêt classique?

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[+2]    #171 24/06/2019 02h52

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Je pense que la plupart des confusions dans la discussion sont dues (1) au fait de n’envisager le bilan que d’une seule banque et non du système bancaire dans son ensemble, (2) au fait d’ignorer le bilan de la banque centrale, "reflet" du bilan du système bancaire, et (3) à l’utilisation de concepts imprécis, notamment celui de "monnaie banque centrale" au lieu du concept plus précis de base monétaire (M0 = circulation fiduciaire + réserves obligatoires + réserves excédentaires des banques à la banque centrale) et des agrégats monétaires plus larges incluant aussi les dépôts bancaires (M3).

1) Le bilan de la banque centrale et le bilan du système bancaire ont des correspondances.

Bien sûr, les réserves (obligatoires et excédentaires) des banques (un actif pour elles) se retrouvent au passif du bilan de la banque centrale. De même, les opérations d’injections de liquidité de la banque centrale sont un actif pour elle, et une source de financement (un passif) pour le système bancaire.

Mais plus fondamentalement, il faut comprendre que la situation nette (agrégée) du système bancaire est déterminée par le solde net des "facteurs autonomes" au bilan de la banque centrale. Ces facteurs autonomes sont ainsi nommés car ils ne sont pas directement contrôlés par la banque centrale dans le cadre de sa politique monétaire : ce sont des facteurs exogènes.

Ces facteurs autonomes injectent de la liquidité dans le système bancaire quand ils sont à l’actif de la banque centrale (réserves de change, or, immobilier, titres en euros, créances à l’Etat) ou ils en absorbent quand ils sont au passif de la banque centrale (circulation fiduciaire, dépôts publics, fonds propres). Le solde de ces facteurs autonomes (en couleurs "chaudes" sur le graphique ci-dessous) détermine si le système bancaire (en agrégé) est dans une situation de besoin ou d’excédent de liquidité vis-à-vis de la banque centrale :

- Si les facteurs autonomes sont plus importants à l’actif qu’au passif, alors en termes nets ils injectent de la liquidité, donc le système bancaire est en surplus de liquidité et la banque centrale devra absorber cet excédent pour conduire sa politique monétaire (par exemple par l’émission de bons de banque centrale).

- Si les facteurs autonomes sont moins importants à l’actif qu’au passif, alors en termes nets ils absorbent de la liquidité, donc le système bancaire est en déficit de liquidité et la banque centrale devra injecter la liquidité nécessaire pour conduire sa politique monétaire. C’est le cas en zone euro (compte tenu de l’importance de la circulation fiduciaire).


2) Le rôle principal des réserves obligatoires dans la zone euro est d’amplifier le déficit de liquidité du système bancaire afin de renforcer la transmission de la politique monétaire de la BCE.

Pour que les taux directeurs de la BCE puissent influencer les coûts de financement des banques, donc les conditions des prêts à l’économie réelle, il faut que les opérations d’injection de liquidité de la BCE aient un volume suffisant. La BCE fait en sorte que cela soit le cas en imposant aux banques des réserves obligatoires (calculées en fonction de leurs dépôts), qui vont renforcer la "dépendance" du système bancaire aux opérations de la BCE.

3) La création monétaire se fait par l’attribution de nouveaux prêts par les banques.

A nouveau, il faut être précis : quand on parle de "création monétaire", on parle en général des agrégats monétaires larges (M3), qui comprennent les dépôts bancaires - qui augmentent bien après l’attribution de nouveaux prêts par les banques.

L’agrégat monétaire le plus étroit, la base monétaire M0, augmente aussi - toutes choses égales par ailleurs - du fait de l’augmentation des dépôts bancaires, sur la base desquels sont calculées les réserves obligatoires.

Le mécanisme est donc le suivant :
i) une banque accorde un nouveau prêt…
ii) … ce qui entraîne une augmentation des dépôts bancaires ailleurs dans le système bancaires
iii) … ce qui conduit à une augmentation des réserves obligatoires
iv) … ce qui conduit, toutes choses égales par ailleurs, à une augmentation du besoin de liquidité du système bancaire, à laquelle la banque centrale répond par des injections accrues


4) Le QE "liquéfie" les bilans bancaires en remplaçant des titres par des réserves excédentaires.

Par le QE, la banque centrale augmente son portefeuille d’actifs en euros, mais cette fois-ci à des fins de politique monétaire (il ne s’agit plus d’un facteur autonome).

Dans le bilan du système bancaire, le QE se traduit par une réduction des portefeuilles de titres (graduellement absorbés par la banque centrale) et leur remplacement par des réserves excédentaires. Naturellement, cette substitution, prolongée sur des années, réduit la profitabilité des banques, puisqu’elles sont forcées de remplacer des titres à rendements généralement positifs par des réserves à rémunération nulle voire négative.


5) Un taux de rémunération négatif pour les réserves excédentaires augmente la vélocité de la monnaie et encourage les banques à prêter ou investir.

Comme dit par Mewtow, le taux négatif (-0,40%) actuellement imposé par la BCE à sa facilité (au jour le jour) de dépôt ainsi qu’aux réserves excédentaires augmente le coût d’opportunité de détention de réserves oisives pour les banques. Au sein du système bancaire, il y a donc un effet "patate chaude" qui conduit les banques à vouloir minimiser leur détention de réserves excédentaires à la fin de chaque journée - alors que le montant agrégé des réserves excédentaires n’est lui pas vraiment contrôlé par les banques car c’est surtout le résultat du QE de la BCE.

Cet effet "patate chaude" conduit les banques à se prêter entre elles, ou bien à prêter à leur clientèle pour changer leur ratio réserves obligatoires / réserves excédentaires (toutes choses égales par ailleurs). C’est évidemment cohérent avec les objectifs macroéconomiques de la BCE (éviter une déflation), même si sur la durée c’est assez néfaste pour la profitabilité des banques.

Un effet extrême des taux négatifs, ce serait la thésaurisation par les agents économiques, si les banques commençaient à rémunérer négativement leurs dépôts. On verrait alors la circulation fiduciaire augmenter (un facteur autonome absorbant) donc les réserves excédentaires baisser.

On voit que les taux négatifs ont des effets sur la composition de la base monétaire M0 : réserves obligatoires vs. réserves excédentaires vs. circulation fiduciaire.

Les taux négatifs doivent décourager les agents économiques (pas uniquement les banques) de détenir des liquidités oisives, et ainsi augmenter la vélocité de la monnaie V : MV = PT (masse monétaire * vélocité de la monnaie = prix * volume réel des transactions). Il s’agit bien d’une mesure anti-déflation, en complément du QE.

6) Quelques détails techniques :

- Les réserves obligatoires sont rémunérées au taux directeur de la BCE (actuellement 0%).

- Les réserves excédentaires ne sont normalement pas rémunérées. Mais depuis que la facilité de dépôt de la BCE est passée en taux négatif, la rémunération des réserves excédentaires se fait à ce même taux négatif (actuellement -0,40%).

- Tout prêt de la banque centrale doit être collatéralisé par des actifs éligibles (de bonne qualité). Donc il faut être prudent quand on compare le taux des financements collatéralisés de la banque centrale avec des taux interbancaires pas forcément collatéralisés (par exemple EONIA), ou pas avec le même collatéral.

- En principe, les taux interbancaires à court terme devrait évoluer dans le "corridor" formé par les 2 facilités au-jour-le-jour de la BCE, la facilité de prêt marginal (actuellement à 0,25%) et la facilité de dépôt (actuellement à -0,40%). L’opération principale de la BCE est une opération d’injection hebdomadaire, actuellement au taux fixe de 0%.

Dernière modification par Scipion8 (24/06/2019 02h58)

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#172 24/06/2019 07h36

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Pour continuer sur la lancée de Scipion8 et illustrer par quelques chiffres
les montants en jeux pour les réserves obligatoires et les excédents en zone euros:



+229% de progression d’excédents sur la zone euro entre 2015 et 2018…
1275 milliards d’euros sont "rémunérés" à -0.40% par la BCE (5Mds de coût annuel pour les banques de la zone euros).
Et pourtant très peu de banques en zone euro appliquent un taux négatif aux dépôts de leurs clients
(pour l’instant ça se limite aux institutionnels, grandes entreprises de certains pays).



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#173 24/06/2019 11h20

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Merci pour ces réponses extrêmement étayées.

Scipion8 a écrit :

Pour que les taux directeurs de la BCE puissent influencer les coûts de financement des banques, donc les conditions des prêts à l’économie réelle, il faut que les opérations d’injection de liquidité de la BCE aient un volume suffisant. La BCE fait en sorte que cela soit le cas en imposant aux banques des réserves obligatoires (calculées en fonction de leurs dépôts), qui vont renforcer la "dépendance" du système bancaire aux opérations de la BCE.

En pratique c’est non significatif. Les réserves obligatoires représentent une goutte d’eau dans le bilan d’une banque (vous pouvez faire le calcul) en tout cas en zone Euro (en Chine, par exemple, c’est une autre histoire).
Il me semble d’ailleurs qu’il y a une confusion dans votre message, ou alors je le comprends mal. Plus la BCE impose des RO élevées, moins les banques ont vocation à prêter.
Les taux directeurs de la BCE impactent les taux réels à travers l’arbitrage mis en évidence plus haut dans cette file (bien que trop simplifié). Les taux réels impactent le financement des banques et donc le niveau des crédits octroyés.
Dans un monde sans RO, la transmission de la politique de la BCE se ferait quand même.

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#174 24/06/2019 11h48

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@Rlermi : Oui, la transmission de la politique monétaire de la BCE aurait aussi lieu sans réserves obligatoires - mais moins bien.

Dans la zone euro, l’objectif des réserves obligatoires est d’amplifier le déficit de liquidité du système bancaire, donc sa dépendance aux opérations d’injection de liquidité de la BCE.

On détermine les coefficients des réserves obligatoires selon (1) le solde des facteurs autonomes (injecteurs et absorbeurs de liquidité) et (2) la volume théorique minimal des opérations de politique monétaire pour qu’elles transmettent efficacement le taux directeur de la BCE aux banques, donc à l’économie réelle.

Imaginons pour l’argumentation que les facteurs autonomes absorbeurs de liquidité n’excèdent les facteurs autonomes injecteurs de liquidité que de 1€. Le déficit de liquidité du système bancaire ne serait que de 1€ et la BCE n’injecterait que 1€ à son taux directeur. Le taux directeur de la BCE serait-il alors pertinent pour le coût de financement des banques ? Evidemment non. Il faut donc veiller à ce que le déficit de liquidité des banques permette un volume suffisant pour les opérations d’injection de liquidité : c’est le rôle des réserves obligatoires.


Pour jouer leur rôle, les réserves obligatoires n’ont pas besoin d’être massives : tout dépend du solde des facteurs autonomes - qui est spécifique à chaque pays / zone monétaire et évolue au cours du temps. Si la zone euro devait évoluer vers une société sans cash (= baisse de la circulation fiduciaire, un facteur absorbant de la liquidité), il faudrait probablement augmenter significativement les réserves obligatoires.

Certaines autres banques centrales assignent d’autres objectifs à leurs réserves obligatoires : elles permettent notamment d’absorber la liquidité dans des pays à excédents structurels de liquidité (la plupart des pays émergents), et elles peuvent se servir des coefficients de réserves obligatoires pour gérer la liquidité bancaire de façon plus ou moins restrictive.

C’est une manière très grossière de gérer la liquidité : beaucoup de banques centrales de pays émergents évoluent vers une gestion active de la liquidité par des opérations d’injection ou d’absorption de la liquidité. Il s’agit de passer d’une gestion de la quantité de monnaie à un "pilotage" des taux interbancaires (= le prix de la monnaie) autour de la cible définie par la banque centrale (le taux directeur).

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[+1]    #175 13/09/2020 09h53

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Bonjour à tous,

Pour I. Fischer, M X V = P X T
M : masse monétaire (fiduciaire et scripturale)
V : vélocité de la monnaie
P : prix
T : nombre de transaction

Pendant le confinement, V s’est effondrée en même temps que T. Pour compenser les banques centrales du monde entier ont augmenté de façon considérable la masse monétaire (M) et ont ainsi cherché à éviter que l’on rentre dans une crise déflationniste (C’est essentiellement le manque de monnaie et la difficulté d’accéder aux crédits qui ont rendu la crise de 1929 si terrible et fortement déflationniste).

Aujourd’hui, M et donc bien plus importante qu’avant la crise et V a réaugmenté mécaniquement du fait du déconfinement. La partie gauche de l’équation Fischer pèse donc bien plus qu’en début d’année. De l’autre côté de l’égalité, T a aussi réaugmenté en raison du déconfinement mais n’a pas retrouvé son niveau de début d’année (à part en juillet ou la consommation a été supérieure de 1% à celle de juillet 2019). Si l’on rajoute à cela que la production se trouve encore ralentie alors P devrait littéralement s’envoler.

Doit-on conclure de ce raisonnement que les actifs réels ne sont finalement pas chers ?
D’un point de vue personnel, je pense que oui. Je suis donc en train de réduire au minimum mon épargne de précaution pour investir en bourse et je conserve précieusement mes actifs, notamment immobiliers, y compris mes SCPI de commerce.

Au plaisir d’échanger,

Bien à vous,

Dernière modification par AesculusHippocastanum (13/09/2020 10h29)


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