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Forums des investisseurs heureux

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[+4]    #1 12/12/2014 00h01

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Bonjour,

Je fais ce que tout investisseur néophyte ne devrait pas faire : je vois les cours du pétrole chuter, je vois un secteur entier qui s’effondre, je constate que tout ce que je pensais du pétrole jusque là est erroné (peak-oil ?) et plutôt que de m’enfuir en courant, je me dis :

Le marché subit une correction. Le sujet est médiatiquement porteur. Il faut investir sur la peur.

J’ai déjà acheté quelques lignes (pas grand chose mais je suis tenté ce soir par BP et statoil) et là un sursaut salvateur me fait penser : mais qu’en pensent les investisseurs heureux ?

Je n’ai pas vraiment trouvé de discussion synthétique sur comment les différents intervenants du forum abordent cette crise pétrolière.

J’ai trouvé plusieurs graphiques :
http://www.wtrg.com/oil_graphs/oilprice1947.gif

et par exemple:
http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/0/0f/Brent_Spot_monthly.svg/2000px-Brent_Spot_monthly.svg.png

qui montrent que globalement le prix historique du baril (disons à la grosse louche et en prenant en compte l’inflation) est situé entre 30$ et 40$.

L’histoire qui a été racontée est que :
- ou la la un avion s’est crashé dans les tours à New York, le prix du pétrole est tendu => 45$
- puis c’est l’histoire du peak-oil : ou la la il n’y a presque plus de pétrole => 140
- puis c’est la crise financière: ou la la la demande baisse => 45$
- puis on ne sait plus trop : c’est un peu la reprise, un peu la guerre, un peu le gaz de schiste => 110$
- puis tout s’écroule: oh la la c’est 80$, 70$, 60$

donc grosso modo il est très crédible que çà descende à 40$ puisque ce prix a convenu depuis longtemps aux même qui ont encore beaucoup de pétrole aujourd’hui (il ne savent même pas trop combien il leur en reste)

Alors bien sûr, entre les 40$ de 2005 et les 110$ de 2014, il y a beaucoup d’entreprise qui ont cru qu’elles pouvaient augmenter leurs coûts de production. Certains n’ont pas vraiment regardé à la dépense tellement il y avait de la marge.

Et maintenant il y a un risque de squeeze massif.
* Ceux qui produisent trop cher perdent de l’argent.
* Ceux qui ont prêté à ceux qui produisent trop cher vont perdre de l’argent.

Donc la question qui se pose c’est qui est capable de gagner de l’argent avec un baril à 40$ ?

* ceux qui ont des coûts au plancher
* ceux qui sont assis sur les plus grosses réserves déjà équipées
* ceux qui ont les meilleures techniques d’extraction
* ceux qui connaissent bien leurs coûts et ont la lucidité d’arrêter les coûts de production.
* ceux qui ont resisté mieux que les autres lors de la baisse qui a eu lieu entre 1997 et 1999 ?

* BP a annoncé des réductions de coûts. C’est plutôt sain comme annonce.
* Statoil est une entreprise d’un pays en pointe historiquement dans l’extraction (norvège), pays qui a beaucoup de réserves
* .. ?

C’est la fin de l’année, la demande de pétrole est j’imagine déjà censée tourner à plein régime pour les fêtes de fin d’année (transport, industrie, www.eia.gov/totalenergy/data/monthly/pd … energy.pdf )

donc ce n’est probablement pas une augmentation de la demande qui va stopper la baisse.

sur cette image
http://www.eia.gov/forecasts/steo/uncertainty/images/uncertainty_fig1.png

on voit que le prix du baril baisse d’entre 5$ et 10$ par mois depuis le mois de Juillet.

on était à 70$ début décembre, 60$ mi-décembre donc on peut se dire qu’on finira décembre à 55$ et que le plancher sera atteint mi-janvier entre 45$ et 50$.

Entre temps, les gens doivent partir en vacance, les traders ont leur bonus en fonction des positions au 31/12 donc encore du monde va vouloir arrêter les compteurs et couper les pertes avant les fêtes.

Voilà je vous ai raconté une belle histoire et çà a suffit pour me bercer donc je vais aller me coucher.

Si vous aussi vous pensez que ce secteur ne fait que vivre un retour à la "normale" et que vous avez des idées sur les entreprise "normales" du secteur çà m’intéresse.

Une façon peut-être aussi de trouver des sociétés intéressantes est de regarder les valorisations que ces sociétés avaient en 1995-1996 et en 2002-2003, qui sont 2 moments où le baril était à environ 40$ sur plusieurs mois consécutifs. Moyennant une règle de 3 à trouver pour transposer ces valeurs en 2014, cela peut peut-être donner des points d’entrée pour detecter des titres que la peur a particulièrement massacrée.

Pour info:
je suis rentré en pure spéculation contrariante, avant de faire cette analyse du marché, et tant pis pour moi si çà me pince les doigts sur:  BHP Billiton à 17,865€ et sur MPI à 2,98€

Mots-clés : bp, brent, pétrole, total

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[+1]    #2 12/12/2014 09h40

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Microfinance a écrit :

Selon le journal "Le Temps" de Genève en Suisse, l’extraction non conventionnelle (forage horizontal avec fracturage hydraulique) aux Etats-Unis a besoin d’un pétrole entre USD 60 et USD 80 le baril pour être profitable.

Pour  avoir eu l’occasion récemment d’échanger avec des personnes bien placées pour connaître l’industrie (membre du board de ConocoPhillips), pour les shales oil Américains on serait actuellement plutôt réparti entre 35$ et 70$.

Avec 2 choses à garder en tête :
    - l’E&P aux U.S, ce n’est pas 1 ou 2 majors, comme certains se l’imaginent parfois vu d’Europe. C’est plus de 6000 compagnies. Parfois des petites compagnies familiales de 20 personnes, avec des coûts de fonctionnement bien inférieur à ceux des majors, et une réactivité supérieure.
     - Les techniques se sont améliorées par rapport à il y a 5 ans et l’innovation a drainé les coûts d’extraction vers le bas. Ce n’est potentiellement pas terminé.

Dernière modification par julien (12/12/2014 10h20)

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[+1]    #3 12/12/2014 11h48

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Microfinance a écrit :

Selon le journal "Le Temps" de Genève en Suisse, l’extraction non conventionnelle (forage horizontal avec fracturage hydraulique) aux Etats-Unis a besoin d’un pétrole entre USD 60 et USD 80 le baril pour être profitable.

Si on tient compte le coût de forage des nouveaux puits (chaque puits ayant une durée très courte) le seuil de profitabilité est certainement plus élevé http://www.bloomberg.com/news/2014-02-2 … costs.html - plus de liens ici : http://gautiersblog.blogspot.ch/2014/12 … ate-1.html.
En gros cette industrie n’a fait qu’accumuler des dettes année après année, même avec un baril à 100$. Tant que les investisseurs se ruaient sur ce secteur avec la promesse de "l’indépendance énergétique des USA" et de la "renaissance industrielle", cela marchait bien…

Microfinance a écrit :

Je me demande jusqu’où le pétrole va baisser avant de remonter?

C’est difficile à dire, mais ce serait surtout intéressant de savoir quel(s) pays gros consommateur(s) de pétrole est (sont) brutalement entré(s) en récession depuis cet été… Les sociétés ayant beaucoup investi dans ce(s) pays consommateur(s) auront peut-être quelques soucis bientôt…

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[+1]    #4 12/12/2014 20h37

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Nathanael a écrit :

(alors que la conso mondiale diminue)

2014 sera l’année record de la conso mondiale de pétrole (environ 92,5 kM barrils) et tout laisse à croire qu’à ce rythme on sera au dessus de 93,5 pour 2015.

Il n’y a juste une croissance de la demande moins forte que potentiellement anticipée.

A 60 usd je pense le prix n’a pas encore intégré le côté irrationel des marchés. Les ventes à découverts, les appels de marges, les gens qui pensent/savent qu’ils auront le temps d’acheter.

Ma Source : IEA Pétrole : l’IEA abaisse ses prévisions de demande mondiale

Dernière modification par AleaJactaEst (13/12/2014 15h22)

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[+1]    #5 16/12/2014 23h50

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Je possède également ERA, il y a quelques mois j’avais arbitré Bristow contre ERA, comme concurrent il y a également Phi inc.

Si le secteur des opérateurs d’hélicoptère à destination des plateforme pétrolière va perdre quelques pourcents de son CA du fait de la réduction des activités suite à la baisse du prix du baril.

Les vols en hélicoptère sont très gourmand en carburant et ce qu’il perde en CA est plus que compensé par la réduction des frais en carburant.

La baisse du prix du pétrole à fait s’envoler le cours des compagnies aérienne et un hélicoptère consomme bien plus qu’un avion.

La baisse du pétrole a fait baisser tout le secteur pétrolier sans distinction. Mais le sous-secteur du transport par hélicoptère bénéficie plus qu’il ne perd de la chute du prix du baril.

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[+1]    #6 07/01/2015 10h19

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Bonjour

Cher Kiwijuice

Je comprends votre raisonnement, et sans avoir totalement tort, vous n’avez pas totalement raison non plus.

Mais mettez vous à la place d’un banquier, qui voit arriver un entrepreneur lui demandant de financer ses investissements pétroliers. Celui-ci affirme qu’il produira à un coût inférieur à celui de ses concurrents (quelles que soient les raisons). Faut-il le croire ? Pouvez-vous lui prêter ?

Heureusement, bien informé, vous avez la courbe des coûts de production, que je joins ci-contre (je l’ai posté sur mon compte Twitter il y a 2 ou 3 jours).
Et si les prévisions de coûts de cet entrepreneur s’écartent de trop de ces données standards, en bon banquier prudent, vous ne lui prêterez pas.

https://www.devenir-rentier.fr/uploads/2814_petrole_cost_curve_07012015.png

Bien sûr il y a de grands écarts concernant les productions en cours, mais je pense que ce qui est le plus important, ce sont les exploitations à venir. Et de ce point de vue, les extractions de pétrole non conventionnel me semblent plutôt pénalisées.
Hélas, je n’ai plus les chiffres détaillés à jour par pays et pas type de production.
Mais il est tout à fait possible que des champs de pétrole brut conventionnel soient aussi touchés par un prix du baril trop bas.

Je pense que les cartes vont être rebattues au cours de l’année 2015, et qu’il est encore trop tôt pour y voir clair, mais je ne serais pas surpris que nombre d’acteurs du secteur disparaissent.

Espérant que ces quelques infos me rendront plus précieux à vos yeux. :-)


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[+2]    #7 07/01/2015 17h45

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La chute est certes violente mise en regard des dernières années.

Après, si on la met en perspective d’un historique très long terme, ça peut devenir moins évident wink :

https://www.devenir-rentier.fr/uploads/2133_oil-historical-prices.jpg

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[+1]    #8 07/01/2015 17h58

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Julien: Votre graphique est incomplet. Prolongez mentalement la courbe des prix jusqu’à 50$ (le prix actuel), la chute vous sautera surement aux yeux. D’autant plus que le prix d’extraction augmente constamment.

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[+1]    #9 08/01/2015 11h29

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sergio8000 a écrit :

Ce qui est particulièrement brutal sur ce coup là, c’est surtout que le prix d’extraction + investissements nécessaires au renouvellement des réserves (ajout) a triplé sur les 12 dernières années… Donc, en $ d’aujourd’hui ramené au nouveau coût d’extraction + ajout, la chute est réellement impressionnante (en tout cas pour moi - même si j’étais indirectement en position short sur le pétrole, je suis clairement surpris par l’ampleur)

Je suis d’accord que le graph serait plus pertinent avec $/(coût d’extraction + renouvellement des réserves) en ordonnée. J’ai fait avec ce que j’ai pu trouver, et il n’est pas parfait…
Il lui reste malgré tout le mérite de porter un message de prudence, en montrant que le rebond quasi-immédiat comme nous l’avons eu en 2009 n’est pas qqch de systématique après chaque chute historique.

Investisseurheureux a écrit :

Non seulement cela, mais quand on regarde l’évolution des pétrolières ces deux dernières années, elles sont plutôt allées vers l’amont, délaissant l’aval.

Si les cours se maintiennent au niveau actuel, quel horrible timing !

A l’opposé et dans le genre bon timing, on peut souligner la fermeture par la maison Amiral de son fonds Sextant Peak oil alors qu’il trustait la 1ère place des classements, avec une note de clairvoyance dans la lettre ayant accompagné cette décision :

http://www.amiralgestion.com/documents/ … %20oil.pdf

Dernière modification par julien (08/01/2015 11h32)

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[+1]    #10 12/01/2015 17h16

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Il y a probablement de nombreuses opportunités à saisir dans le secteur en ce moment pour l’investisseur discipliné et patient, mais bien malin qui peut dire quand la chute du baril va s’arrêter…. Si le faible prix du baril venait à durer quelques années, un certains nombres d’acteurs vont mettre la clé sous la porte et le secteur pourrait continuer d’être déprimé un moment… Bilan ou business model solide ou non…

Le phénomène actuel de baisse marquée du pétrole ainsi que les nombreux investisseurs qui y voient des opportunités à saisir me font penser à cette phrase :

«les marchés peuvent rester irrationnels beaucoup plus longtemps que vous ne pouvez rester solvable»

Personnellement je ne touche pas au secteur. J’ignore presque tout des dynamiques de l’offre et de la demande en jeu, le tout dans un secteur hautement géopolitique.

Dernière modification par Thomas (12/01/2015 18h04)


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[+1]    #11 17/01/2015 11h14

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Bonjour,

Si l’on en croit à l’étude d’Alphavalue, ça n’est sans doute pas une bonne idée de revenir sur les valeurs du secteur pétrolier en ce moment:

http://bfmbusiness.bfmtv.com/mediaplaye … 46860.html 

http://bfmbusiness.bfmtv.com/mediaplaye … 90239.html

L’étude Alphavalue datant de 2012 avait souligné que le pétrole avait de grandes chances se retrouver à 50$ en 2015.
Bien sûr comme le dit avec humour Stéphane Soummier, avant d’être déclarer gourou il faut avoir raison 2 fois… Mais les arguments paraissent solides et cohérents.

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[+5]    #12 31/01/2015 12h56

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Etant sous-traitant de l’industrie pétrolière sur un secteur de niche (environ 70% de mon CA sur l’oil&gas), permettez-moi un commentaire vu de l’intérieur.

Désolé, ce n’est que qualitatif, mais cela vous donnera un aperçu de l’ambiance dans le secteur.

Au niveau des majors occidentales, mais aussi des étatiques du moyen-orient, les coupes tant capex qu’opex liées à la baisse des cours du brut sont impressionnantes de par leur brutalité et leur rapidité, à un niveau que peu de personnes dans l’industrie avaient envisagé ou déjà vécu. Cela correspond en plus à une fin de trend sur les nouveaux projets (les investissements en nouveaux projets sont assez cycliques dans le secteur, avec une périodicité de quelques années relativement commune à toutes les majors), qui va être catastrophique pour les parapétrolières. Ma société était par exemple positionnée comme sous-sous-traitant sur un projet downstream de US$ 7md au Qatar, tout simplement abandonné par le client final. Toutes les études pour les quotations par les différents bidders passées par pertes & profits, des mois de boulot sans aucun gagnant. Sur les projets existants, certains ne s’en tirent pas trop mal (gaz, avec des contrats long terme, quoique souvent rentables uniquement par les condensats associés), pour d’autres (ud offshore, cela risque de faire très mal, avec un effet ciseau entre les demandes du management de prolonger la durée de vie des installations encore plus longtemps que ce qui était prévu, alors que les opex fondent).

Par ailleurs, l’impact global sur l’ensemble de l’industrie (hors o&g) me semble mal appréhendé. Par ses investissements colossaux, le secteur de l’oil & gas rayonne de manière très importante sur des pans entiers de l’industrie lourde, et sur la chaîne de sous-traitance associée. Même le transport aérien me semble dépendant du secteur, le voyageur pétrolier représentant une manne importante avec un revenu/voyage des plus élevés (cela reste un des seuls secteurs où les déplacements en business sont largement acceptés) vers des destinations à marges élevées, par exemple l’afrique pour AF. Idem pour les ingénieries et constructeurs d’infrastructures BTP ; une clientèle très bonne depuis plusieurs années est celle des pétrodollars (métro d’AD etc). Ces débouchés risquent de se tarir, pour plutôt aller dans la consolidation de l’existant.

Sur l’industrie lourde, une bonne partie des paiements ne se fait au FOB des machines. L’impact CA ne se fera donc bien sentir que dans quelques trimestres, le temps d’écouler les projets en cours. Sur les ingénieries, cela devrait être plus rapide, avec un carnet de commandes qui va aller en se tassant pendant encore des trimestres.

En définitive, si je devais m’exposer de nouveau au secteur, ce ne serait clairement pas avant encore plusieurs trimestres, sauf à savoir jouer le zig-zag des cours qui me semble le scénario le plus probable dans les mois à venir.

lct

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[+2]    #13 23/03/2015 09h42

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Mind map du secteur pétrolier (Crédit Suisse).

https://www.devenir-rentier.fr/uploads/416_image.png

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[+1]    #14 20/06/2015 12h08

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En complément un graphe vaut mieux que des mots parfois. Après cela ne présage pas de la ou ca peut aller…

https://www.devenir-rentier.fr/uploads/3322_era.jpg

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[+1]    #15 19/07/2015 08h39

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C’est peut-être (à demi?) hors-sujet, mais je recommande à tous les investisseurs intéressés par les pétrolières de jeter un œil à cette extraordinaire (et ancienne) présentation aux actionnaires, signée de feu Ken Peak, CEO de Contango Oil & Gas Company.

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[+1]    #16 01/08/2015 15h54

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Suivi de mon précédent message…

Les majors ont publié leur T2-2015 et finalement, c’est Total qui s’en sort le mieux grâce à une super performance de l’aval !

Royal Dutch Shell et BP limitent la casse, Chevron est dans les choux et je n’ai pas été impressionné par Exxon Mobil.

Ces résultats sont plutôt à l’inverse des recommandations de Morningstar mais en phase avec celles de RBC Capital Markets.

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[+1]    #17 18/08/2015 09h59

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Un récapitulatif des cours des principales pétrolières vs estimés de valorisation d’après Morningstar et RBC Capital Markets :
https://www.devenir-rentier.fr/uploads/2_petroliere-20150818.gif
Sources : Morningstar, RBC Capital Markets, Bloomberg, xlsPortfolio

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[+1]    #18 27/10/2015 21h53

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Une analyse intéressante d’Alexandre Andlauer qui a le mérite, par rapport à d’autres analystes, d’avoir prédit la baisse des cours (cela dit, je ne suis pas allé vérifier…) : Pétrole de schiste : une révolution déjà finie ? (Alexandre Andlauer)

Point important, il estime le seuil de rentabilité des acteurs du schiste à 50$.

Alexandre Andlauer a écrit :

On peut estimer que le point d’inflexion, d’un cercle vertueux vers un cercle vicieux, s’enclenche aux alentours de 50 $ par baril de WTI. Seul un rebond franc au-dessus de ces prix permettra ainsi aux acteurs du schiste américain d’enrayer leur baisse de production (sous réserve que les ouvriers ne quittent pas la région).

Mais il souligne un autre point, parfaitement logique : quand bien même les acteurs du schiste feraient faillite, la simple existence de ces nouvelles techniques devrait "caper" les prix du pétrole durablement.

Alexandre Andlauer a écrit :

L’OPEP, qui se réunit le 4 décembre à Vienne, a donc gagné la première bataille avec un baril à 40 $ (ayant entraîné une baisse de la production américaine) mais perdra la suivante avec un baril à 60 $ : les budgets de ses pays membres ne seront toujours pas équilibrés tandis que les acteurs américains du schiste seront eux bien de retour.

Dernière modification par PierreQuiroule (28/10/2015 13h19)

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[+3]    #19 27/11/2015 16h34

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Pour ceux qui s’intéressent au secteur du oil & gas (enfin, surtout oil), un peu de lecture : www.islainvest.com/wp-content/uploads/2 … _Final.pdf
Il s’agit d’une lettre aux investisseurs d’un gestionnaire de fond value, qui a décidé de tout miser sur des entreprises US du secteur pétrolier (ce qui est un peu osé, quand même).
On y apprend des choses intéressantes, notamment sur l’offre et la demande aux US, en Chine…

Je cite un passage que j’ai trouvé particulièrement intéressant concernant le risque pour l’arabie Saoudite de continuer à produire autant de pétrole:

Otherwise, all countries in the Middle East, including Saudi, are currently producing near
maximum levels. According to IEA and others, this has left very little spare production capacity
remaining in the region. This represents a different kind of risk than implied in the original
question, though, so I’ll save that for a bit later.
Saudi can’t pump high forever because, in short, to do so would mean they run the serious risk
of permanently damaging their oil fields. The oilfields in Saudi are made of carbonate rocks,
and one of the dangers associated with producing at maximum levels from carbonate reservoirs is that you start producing larger amounts of water – and the science around carbonate
reservoirs suggests that once you start producing larger amounts of water, the reservoir will
forever produce larger amounts of water - even at reduced production levels.
Which means an already extremely daunting engineering challenge – coaxing oil out of the
ground – becomes significantly more difficult, not to mention expensive. Wells decline and
deplete faster, efficiencies worsen dramatically, and corrosion can become a very serious
problem. Saltwater, as you can probably imagine, can be lethal to oilfield equipment.

Dernière modification par Aelthen (27/11/2015 16h36)

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[+1]    #20 25/01/2016 15h17

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Un effet inattendue (?) de la baisse du pétrole, les grosses compagnies ferroviaires US (Union PacificKansas City Southern, CSX, Norfolk Southern), qui avaient le vent en poupe ces dernières années, notamment suite au rachat via Berkshire Hathaway par Warren Buffett de Burlington Northern Santa Fe en 2009 sont au "tapis"…

En effet, le charbon, qui constituait une partie de leur fret a diminué, car il est moins utilisé par les producteurs d’électricité au profit du gaz.

Évolution des cours de bourse dividendes réinvestis sur un an :
https://www.devenir-rentier.fr/uploads/2_ferroviaires-20160125.gif

Sur 5 ans :
https://www.devenir-rentier.fr/uploads/2_ferroviaires-20160125bis.gif

Ici l’efficience des marchés à l’oeuvre… Le PER projeté est curieusement monté à plus de 20 fois les profits en 2015 (complètement en dehors de la tendance historique) pour être divisé par deux en un an :
https://www.devenir-rentier.fr/uploads/2_ferroviaires-20160125ter.gif

Rappelons que les compagnies ferroviaires reçoivent bcp de cash :
https://www.devenir-rentier.fr/uploads/2_ferroviaires-20160125quattro.gif

Mais que celui-ci est "mangé" par de lourds investissements de maintenance (erreur sur le graphique pour Union Pacific au dernier trimestre ?) :
https://www.devenir-rentier.fr/uploads/2_ferroviaires-20160125cinco.gif

Et les possibilités de croissance sont faibles, sinon en rachetant leurs propres actions.

Du coup, plus de 20 fois les profits pour des sociétés comme celles-ci, c’était folie.

Les prix actuels sont plus raisonnables, et même légèrement en dessous de la tendance historique.

À ce titre, il vaut peut-être la peine de s’intéresser à ces sociétés à présent.

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[+1]    #21 28/01/2016 16h18

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Ce qu’il y a de sûr, c’est que le pétrole n’est pas un produit économique comme les autres, qui serait régi par des mécanismes économiques, et notamment par la loi de l’offre et de la demande.

Le pétrole est une arme géopolitique, et depuis longtemps : le premier choc pétrolier (1973) a été déclenché par les pays arabes, pour protester contre les Etats occidentaux qui "soutiennent Israël", en pleine guerre du Kippour.

Les USA ont un intérêt politique à ce que le prix du pétrole baisse, pour mettre à mal les ressources économique de certains pays "non-amis", comme l’Iran et la Russie. Il est à peu près sûr qu’ils ont donné la consigne, ou au moins encouragé l’Arabie Saoudite à pratiquer sa politique de prix bas, en 2013 ou 2014.

Est-ce que cet intérêt politique est encore suffisamment fort pour qu’ils acceptent de sacrifier le pétrole de schiste ? Ou bien, est-ce qu’à un moment, ils ont dit à l’Arabie Saoudite "bon, ça a assez baissé maintenant", et que l’Arabie a fait la sourde oreille et continué sa politique de prix bas à l’encontre des consignes US ?

Je n’en sais rien, et bien peu de gens doivent être dans la confidence.

A partir de là, tout ce que je peux dire, c’est qu’il est dangereuex de faire des choix d’investissement sur un secteur dont l’évolution ne dépend pas seulement de mécanismes économiques connus voire prévisibles, mais aussi de stratégies géopolitiques, d’accords secrets et de décisions politico-militaires dont nous n’avons pas connaissance.

Dernière modification par Bernard2K (28/01/2016 16h20)


Surtout, ne pas nuire à l'ambiance générale.

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[+1]    #22 18/04/2016 11h47

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Je pense que l’on deviendra indépendant du pétrole et du gaz que lorsque leurs coûts d’extractions et leurs prix auront atteint un tel niveau que les énergies de transition seront viables à grande échelle et sans subvention . C’est  grâce aux pics pétroliers qu’on a pu accélérer la transition et les investissements nécessaires.

Les centrales thermiques tournent généralement soit au gaz soit au fioul soit au charbon . Le thermique à flamme est de loin la 1ère source de production d’électricité dans le monde donc il est évident que les transports automatisés électriques auront du mal à changer quoique ce soit à la dépendance énergétique actuel aux énergies non renouvelables , seul les avancées technologiques peuvent nous sortir de l’ornière et pour le moment elles ne font que compenser légèrement  l’extinction des énergies fossiles . Le nucléaire est un allié de taille dans cette guerre énergétique mais il a trop mauvaise réputation et c’est bien dommage…

Conduire une voiture qui roule grâce à de l’énergie électrique produite par des centrales au charbon ce n’est pas très écolo ^^

J’investis actuellement dans le charbon en partie car je pense que l’on en aura toujours besoin pour faire tourner toutes ces voitures électriques , et entre le charbon et le gaz de schiste écologiquement parlant je trouve qu’il n’y pas tant que ça de différence .

Dernière modification par vbvaleur (18/04/2016 12h05)

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[+1]    #23 04/12/2016 09h47

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Bonjour,

En quoi la baisse du baril est un cadeau que l’Arabie saoudite faisait aux USA ? Je ne comprends pas.
De mon point de vue, c’est bien le contraire. Avec l’émergence des gisements non conventionnels, rentables avec un prix du pétrole élevé, les USA sont devenus indépendants. L’effondrement du prix du pétrole en inondant le marché par les pays du Golfe était une attaque directe pour que les puits US fassent faillite et que les USA redeviennent dépendants.

Par contre, comme ça fait plusieurs années que cette guerre économique est en place, il y a un moment où l’équilibre budgétaire et social de ces pays les poussent à prendre des décisions plus pacifiques. D’autant plus qu’aux USA, la réactivité pour fermer les puits non rentables, et les ré-ouvrir dès que cela redevient intéressant me parait très élevée.

De toutes façons, ce n’est pas après un rallye qu’il faut acheter, il fallait le faire il y a quelques mois, quand tout le monde criait sur un baril à 20$. Facile à dire, évidemment.

Pour ma part, j’avais prix un peu d’OPCVM russie (pas assez….) , que je suis en train de vendre avec toutes ces bonnes nouvelles et la hausse du rouble, et je garde les OPCVM Commodités et Minières, achetées il y a trop longtemps à un niveau trop haut.

Vu qu’actuellement, on hurle sur la hausse des taux avec la baisse "inéluctable" des REITs qui va en découler, je dirige mon regard là-dessus.
Je verrai bien si je trouve quelque chose d’intéressant où investir et si je suis capable de supporter la volatilité (un vrai travail sur soi, comme toujours).

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[+2]    #24 26/12/2016 21h48

Banni
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Le baril sera finalement passé de 37 à 53$ au cours de l’année 2016 ; on est donc très loin des prévisions apocalyptiques formulées en début d’année par d’éminents analystes qui le voyaient descendre jusqu’à 20$, avant de remonter tout doucement jusqu’à 75$ à la fin de la décennie. Il est toujours amusant de constater qu’il se trouve des employeurs pour verser des salaires à ces prévisionnistes, salaires sans commune mesure avec les pauvres minima sociaux perçus par ceux de nos concitoyens que la droite "républicaine" traite d’assistés…..

On demanderait à un RSAste de prévoir les cours du pétrole, il ne ferait sans doute pas plus mal que les analystes car personne n’en sait rien et prétendre savoir quelque chose est déjà une forme de sophisme.

En cette fin d’année, les mêmes doctes esprits qui voyaient le pétrole plonger das les abysses expliquent que les cours vont désormais se stabiliser et évoluer dans une étroite fourchette couvrant au plus large la bande de 50 à 60$ : le pétrole de schiste serait en effet redevenu rentable et l’abondance de l’offre découragerait toute velléité haussière ; à l’opposé, la sagesse des pays OPEP et de nos très chers amis Saoudiens serait un gage de régulation "du robinet" pour réduire si besoin la production et éviter toute nouvelle baisse des cours. On ne savait pas que ceux qui manient le sabre avec dextérité pour couper les têtes sont aussi capables de délicatesse dans la régulation des robinets…..bref le baril évoluera cette année entre 50 et 60$, on nous le dit et on est prié de le croire……c’est bien connu il n’y a que la foi qui sauve !

On veut bien croire, mais l’observation des cours du baril semble plutôt indiquée des évolutions assez heurtées à la hausse comme à la baisse, les périodes de stabilité tranquille étant plutôt rares.

N’ayant pas envie de me faire couper la tête, fût-ce par le bourreau le plus adroit de la péninsule arabique, je me garderai bien de prédire si le pétrole évoluera à la hausse ou à la baisse en 2017 ; en revanche, au risque de passer pour apostat, il m’étonnerait que les cours restent stables tout au long de l’année.

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[+1]    #25 27/08/2017 14h34

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FrancoisOlivier a écrit :

Mon avis est basé sur le fait que l’offre (la production de petrole) est toujours de plus en plus abondante : tous les pays ne veulent pas (ou plutot ne peuvent pas et meme l’arabie saoudite ) reduire de 20-xx% leur production.
Pourtant c’est ce qu’il faudrait. Avec à coté du petrole de schiste nord américain exploité à fond la caisse .
Bien que la demande soit en augmentation reguliere (plutot des pays en voie developpement ou tiers monde), l’offre est trop abondante.
Je remarque aussi que les progres techniques sont significatifs, et que on a abaissé le cout d’exploitation d’un puit ou qu’on sait pomper plus de petrole.

Maintenant si on regarde le passé, cela fait plus de 2ans que j’entend dire que le petrole va remonter fortement.
Et il stagne dans une fourchette grosso modo de 40-60$ depuis mai 2015.
Avec ces 2 dernieres années, des que les seuils de 50-55$ sont atteints, on voit une reouverture de puits (surtout petrole de schistes ) et les stocks de petrole remontent fortement après.

Une guerre peut toujours arriver certe, un interdiction de l’exploitation du petrole de schiste. A moyen terme, je ne vois pas de changement de paradigmes.

L’offre n’est pas toujours plus abondante sans investissements en capital, qui ont été réduits depuis trois ans. Il y a un délai de plusieurs années entre fin des investissements et baisse de la production car les gros projets pétroliers mettent plusieurs années à produire.

Les projets techniques sont significatifs mais pour le Shale surtout. Comme le Shale représente 5% de la production mondiale, même si le shale double sa production (Alors qu’il stagne depuis deux ans), cela ne compense que la baisse à venir due a la baisse des investissements notamment en offshore, et en champs traditionnels. Le Shale compense pour le moment, jusqu’où cela ne suffira plus et il faudra aller chercher en eau profonde. A ce moment la demande de services et pièces va augmenter, le couts des services va aussi augmenter ainsi que le prix de revient des producteurs.

A coté de cela la demande augmente, Inde, Chine, Afrique, c’est pas fini. Le marché est déjà en equilibre et on s’amène vers des déficits. Je pense donc que les prix finiront par remonter (Sauf grosse crise économique mondiale).

Quand aux prix passés, ils ne présagent pas des prix futurs.

Les marchés financiers pensent actuellement que les services pétroliers sont une industrie cyclique. Je pense que c’est une industrie en croissance structurelle qui a vécu un cycle baissier unique due à la découverte du pétrole de chiste et le déséquilibre de l’offre conséquent. A moins que l’on fasse une deuxième révolution comme cela ailleurs que dans les USA, c’est un cas unique.

Je suis donc investi non pas sur les pétrolières car c’est plus compliqué d’analyser les producteurs mais sur tout ce qui est services pétroliers diversifiés (holdings) et pays impactés (Brésil et Afrique).

Dernière modification par BulleBier (27/08/2017 14h35)

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[+1]    #26 02/07/2019 18h21

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BulleBier a écrit :

Je suis donc investi non pas sur les pétrolières car c’est plus compliqué d’analyser les producteurs mais sur tout ce qui est services pétroliers diversifiés (holdings) et pays impactés (Brésil et Afrique).

Je rebondi là-dessus, pour justement présenter une petite vidéo qui présente l’évolution de la production par pays et par année:



Et aussi la consommation de pétrole par pays sur la même période:



Quant aux réserves connues, et contrairement à certaines idées reçues, elles ne cessent d’augmenter:



Cela montre un peu mieux de quoi on parle, et que parler de morosité, ce n’est ni dans la demande, ni dans l’offre… clairement !

Dernière modification par WhiteTiger (02/07/2019 18h24)


“The pessimist complains about the wind; the optimist expects it to change; the realist adjusts the sails.” W.A Ward

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[+1]    #27 20/04/2020 14h56

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@JeromeLeivrek : Nous sommes à un jour de roll over des contrats futures sur le WTI de mai. Celui de juin et à 22$ alors que nous en sommes à 11$ sur celui d’aujourd’hui. C’est une distorsion à la fois inquiétante et logique…
Mais effectivement, nous sommes à des niveaux plus vus depuis …. 1999 !

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[+1]    #28 20/04/2020 19h53

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Heu… Je n’avais jamais vu ça… Heureusement que c’est l’échéance de Mai… Mais c’est très très préoccupant.

https://www.devenir-rentier.fr/uploads/5960_krachwti_may.jpg

https://www.devenir-rentier.fr/uploads/5960_capturekrachwti.jpg

EDIT: Remarque importante, le graphique, est un CFD, mais cela prouve bien: 1- qu’il faut faire attention aux CFDs dans les conditions extrêmes 2 - Que le Future lui s’est écroulé presque autant  3 - C’est un signe de conditions extrêmes et les indices peuvent faire des flash krachs également… Bref, faites attention à ce que vous faites et aux leviers !

Dernière modification par ThomasAurlant (20/04/2020 19h57)

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[+1]    #29 20/04/2020 22h20

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Pour la postérité smile

https://www.devenir-rentier.fr/uploads/6786_img_0105_1.jpg


Stay away from negative people. They have a problem for every solution.

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[+2]    #30 21/04/2020 00h29

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Ils sont livrés. Et doivent se démerder avec la contrainte et les coûts de stockage voire destruction. Bref, c’est pour ca que ca passe en négatif.

Je ne me souviens plus de cette anecdote d’un jeune assistant qui doit boucler une position spéculative et la double au lieu de la clôturer comme son patron lui avait demandé, et est puni en allant prendre livraison (de tonnes de matière première ou je ne sais plus quoi)


L’argent est un bon serviteur et un mauvais maître (A. Dumas )

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[+2]    #31 21/04/2020 09h10

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Comme expliqué dans le fil voisin : Le WTI s’échange surtout à titre de "future". Là, il s’agissait du future pour livraison au moins de mai, dont le contrat expire ce mardi. Or, les traders qui spéculent sur le baril ne sont, pour la plupart, pas des acheteurs de physique. Ils ne veulent surtout pas prendre livraison ; ils ne sauraient pas quoi en faire, et n’ont aucune connaissance de comment on stocke, et revend si nécessaire, le pétrole qu’on a acheté. Donc, il leur fallait se débarrasser urgemment de leurs contrats. Certains ont donc payé pour être débarrassés.

Les traders ne sont pas des acheteurs, mais des spéculateurs. Ils n’ont aucune envie d’acheter la matière première.

Notez que le contrat future, c’est 1000 barils, soit 20000 $ le ticket d’entrée par les temps qui courent, mais plutôt de l’ordre de 70000 ou 100000 $ habituellement. Ca montre bien que seuls les gros traders professionnels achètent vraiment les contrats futures. Les traders ordinaires achètent forcément des produits dérivés, des "réplicateurs du prix du baril". C’est là qu’il est important de savoir quel prix exactement !

Logiquement, c’est un signal baissier. Si les gens ne veulent pas de pétrole brut début mai, ils n’en voudront pas plus début juin. Il faut savoir que les capacités de stockage sont quasiment pleines (y compris les supertankers pétroliers qui servent actuellement de stockage flottants) et qu’il n’y a donc plus d’exutoire possible pour la surproduction ; et que, réciproquement, même si la demande de produits raffinés repart, vu les énormes stocks constitués en brut et probablement en produits raffinés aussi, la demande réelle sur le brut mettra du temps à redécoller.

Dernière modification par Bernard2K (21/04/2020 09h26)


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[+1]    #32 21/04/2020 10h30

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Ceux qui ont acheté durant le rebond récent (25 à 30 $) auraient revendu à forte perte à 20 $ et moins. Même des traders professionnels se disent "si je revends maintenant, je vais me faire tuer par mon chef, donc j’attends, car ça va forcément remonter".

Je serais curieux de savoir quelle proportion de ces traders professionnels ne savaient pas, ou n’avaient pas imaginé, que le prix pouvait passer en territoire négatif. Ce qui les a piégés dans ce squeeze, c’est que c’est un phénomène tout à fait inhabituel. D’après la presse, c’était du jamais vu depuis 40 ans. Donc, ça a surpris tout le monde.

"Ca va forcément remonter", c’est très humain comme façon de raisonner, et c’est à l’origine de beaucoup de pertes. wink

Encore une remarque : pour rouler sa position, encore faut-il qu’il reste quelque chose à rouler !  Avec des prix du future de mai en territoire négatif, la revente se fait à perte, et si on doit racheter du future de juin, ça ne peut pas être avec le produit des ventes des futures de mai !

PS : pour répondre au sujet du fil : ça ne semble pas du tout le moment d’investir sur les pétrolières et les parapétrolières. Il y a quelques semaines, on envisageait encore un choc brutal mais court. Maintenant qu’on nous parle de relance seulement progressive, d’épidémie qui va durer, peut-être de confinement on/off pendant des mois au fur et à mesure des vagues d’épidémie, il ne fait plus de doute que la crise va durer. Certains secteurs s’en sortiront bien, mais pas le secteur pétrolier. Je pense qu’il y aura des faillites, à commencer par les producteurs de pétrole cher (schistes et sables bitumineux) et par les parapétrolières. Or, la valorisation d’une future faillite devrait être zéro, mais ça, le marché met très longtemps à l’intégrer (on l’a assez vu avec Sears, entre autres…).

Selon les spécalistes commodities de Goldman Sachs, ça devrait durer encore au moins jusqu’à mi-mai :
’We don’t think this is the end of it’: Goldman Sachs’ commodities expert explains why oil market chaos can continue into mid-May

Ce même article explique aussi qu’un puits de pétrole est très coûteux à arrêter et redémarrer, et que c’est une des raisons qui font que les producteurs ont tant de mal à limiter l’offre.

Dernière modification par Bernard2K (21/04/2020 15h12)


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[+6]    #33 21/04/2020 19h40

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On vit une période historique. Hier 20/04/20, le prix du pétrole WTI est descendu à - 37 $. On peut certes dire que c’était dû à la spécificité des futures de mai qui arrivaient à échéance, mais quand même, un prix négatif, et négatif à ce point, c’est marquant.

Aujourd’hui 21/04/20, le prix du future de juin sur le WTI, le plus tradé donc le nouveau prix future "de référence", s’est écroulé de 21 $ à 6,50 $, soit -68 %, avant de remonter à 11 $. La "commodity" par excellence a chuté de 68 % dans la même journée, pour descendre dans une zone de prix qu’il n’avait plus fréquenté depuis 1998 (et même en-dessous, cf un peu plus loin la discussion sur la correction de l’inflation).

Le pétrole est gratuit ou quasiment (7 cents le litre, c’est moins cher que tous les liquides vendus au supermarché, même la Cristaline).

Là, on n’est plus dans le trading, où la moindre rumeur de réunion de l’Opep peut faire augmenter le prix de 50 %. On est dans la vraie vie, où tous les acteurs du raffinage disent "on est plein à ras bord, on n’en peut plus". Même si l’Opep arrive à se mettre d’accord sur une baisse de production, on va rester sur des prix très bas du pétrole pendant plusieurs mois, parce que plus personne n’a besoin d’autant de pétrole.

Notez quand même que le WTI n’est le prix que d’un pétrole. Il y a de nombreuses autres qualités de pétrole brut, qui ont chacun leur prix, leur cotation. Ce qui influe sur le prix du pétrole est notamment son contenu en souffre et sa capacité à produire de l’essence au raffinage (plutôt que des produits plus lourds). On trouve ici, par exemple, les prix de différents pétroles bruts et de quelques produits raffinés : Oil Price Charts | Oilprice.com
Les différences extrêmes de prix (entre du négatif et le plus haut vers 28 $) montrent bien le désarroi, la désorganisation du marché. Habituellement, les prix sont beaucoup plus groupés. Regardez les prix des bruts américains et canadiens, ce n’est vraiment pas fameux, avec de nombreuses références à prix négatif. Les prix des "OPEC members" (en prenant bien "daily prices") montre que tout le monde est touché, avec des prix entre 11 et 27 $ ; et encore, je pense qu’il y a un petit délai de mise à jour.

On considère généralement qu’il y a eu un troisième choc pétrolier à partir de 2000. Alors que les deux premiers avaient été soudain et brutaux, on a vu, à partir de 2000, une augmentation très lente, pour finir par atteindre 165 $ à l’été 2008. C’est pourquoi on a parlé de "choc mou". Même si les prix étaient redescendus après la crise de 2008-2009, ils étaient la plupart du temps entre 50 et 100 $, et on peut donc considérer qu’on a connu quasiment 20 ans de pétrole cher, à partir de 2000 (certains disent 2003, mais le début de grimpette était bien en 2000, avec un premier record à 33 $, soit le triple du prix de 1998).

Ce troisième choc pétrolier est désormais mort et enterré.

Voici un graphique qui illustre bien les deux premiers chocs pétroliers et le début du troisième (source : Un 3e choc pétrolier ? | kanaga ) :
https://ridelhistgeo.files.wordpress.com/2008/06/petrole.gif

Voici un graphique parfaitement à jour mais sans les points de repère historiques (source Crude Oil Prices - 70 Year Historical Chart | MacroTrends ). Attention, en échelle log et corrigé de l’inflation.
Le prix du pétrole en dollar courant était de 2 à 3 $ avant le premier choc pétrolier, mais il est utile de voir, avec ce graphique corrigé de l’inflation, que cela représentait 20 à 25 $ d’aujourd’hui. De même, il y a eu des plus bas à 10 $ en 1986 et 1998, mais ils représentent, corrigés de l’inflation, respectivement 26 et 17 $ d’aujourd’hui.
Corrigé de l’inflation, le prix du pétrole n’a jamais été aussi bas depuis 70 ans :
https://www.devenir-rentier.fr/uploads/8969_70_ans_petrole.jpg

Regardez l’allure de la chute de ces derniers jours : sur cette échelle longue, on voit une chute quasi- verticale de 60 $ à 10 $. C’est sans précédent.

Au total, on vient bien de rentrer dans plusieurs mois de pétrole quasi gratuit, à un prix bas jamais atteint depuis 70 ans, grâce ou à cause du coronavirus et des mesures de restriction des déplacements qui ont été décidées.

Il y a des conséquences à en tirer pour les pétrolières et parapétrolières. Et pour ceux qui détiennent leurs actions et leur dette !

Il y a aura aussi des conséquences géopolitiques. De nombreux pays pétroliers ne peuvent pas survivre longtemps sans la manne pétrolière. Rappelons nous que, corrigé de l’inflation, ils vendent leur baril moins cher qu’avant le premier choc pétrolier ! Un prix de misère, au sens propre du terme. Ce n’est pas tenable. Les pays pétroliers, déjà souvent instables, sont désormais une poudrière !
Un article sur le sujet : Chute des cours du pétrole: plusieurs pays menacés d?effondrement - Le Temps

Tout cela à cause d’un virus microscopique. On vit une époque formidable.

Dernière modification par Bernard2K (23/04/2020 08h37)


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[+2]    #34 22/04/2020 10h47

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Il faut saluer le sens du timing de l’OPEP et de la Russie : quel meilleur moment pour lancer une guerre en augmentant les volumes que celui où la demande sera au plus bas, ce qui était prévisible dès le début du confinement des pays développés?

On peut légitimement penser que cela va "nettoyer" le marché pour des décennies : une fois que les opérateurs trop endettés et/ou avec des points morts trop élevés auront été rincés, qui investira dans de nouveaux projets dans le shiste ou l’offshore profond en prenant en considération un prix potentiel aussi bas, fût-il temporaire? Cela va accroître la position de force des pays avec de grandes ressources de pétrole "conventionnel", asseoir la position de majors aux bilans solides.

Dans une moindre mesure, cela s’était produit dans le minerais de fer il y a quelques années, et les majors avaient rafflé la mise : Rio tinto, BHP ou encore Vale ne sont pas prêt d’avoir des concurrents d’envergure.

Sans vouloir être cynique et passer outre la problématique de l’environnement, il semble aussi évident qu’un prix du pétrole contenu ne va pas inciter à se tourner vers des sources d’énergie propres, et cela va soutenir la demande pendant un moment. La tension sociale aidant, j’irais même jusqu’à dire que la hausse exponentielle de la taxe sur les carburants dans notre pays pourrait être mise mal : Les gens accepteront ils de payer toujours plus cher après avoir vu dans tous les médias que le cours du pétrole pouvait être négatif? (vous imaginez bien qu’ils ne creuseront pas la question plus en avant).

A titre personnel, je suis plus que jamais positif sur le pétrole à long terme, mais je me méfie des bilans trop chargés et des compagnies dont la taille ne leur permet pas d’intégrer le rang des "too big to fail".

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[+18]    #35 23/04/2020 06h27

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Dans la série "Trading" et "Trader fail", quelques éléments amusants et réflexions de plus long terme.

Hier donc le prix du future WTI échéance juin a très fortement chuté (de 21 à 6,5 USD quand même… Puis remonté à 14,5 à l’heure où j’écris). L’explication est très probablement que de nombreux traders  ont coupé leurs positions pour éviter de renouveler un "Long Squeeze" tel qu’on a connu il y a deux jours sur l’échéance de mai.

Nous ne sommes donc plus dans l’accident technique de quelques traders qui ont oublié qu’en traitant des matières premières, ils s’engageaient à prendre livraison physique de milliers de barils de brut (ou de têtes de bétail vivant au choix).

"Un trader perd 800 Millions lors du long squeeze sur WTI May"

Non nous sommes dans des variations massives des prix d’une matière première essentielle (pour les producteurs comme pour les vendeurs), certes induite par un dérèglement de l’économie de marché lié à la pandémie, mais dont les conséquences sont difficilement imaginables.

Ainsi le krash de mai n’a probablement pas impacté les producteurs, eux avaient vendu leur pétrole (via leurs traders) et ce sont "seulement" des financiers qui ont été pris dans la tourmente.
Si par contre le prix des futures des échéances plus lointaines s’effondre faute d’acheteurs, là les pays producteurs ont un problème (à noter que le WTI c’est le pétrole américain, les autres sont moins chahutés).

Le même genre de problème peut il se passer sur d’autres matières premières?
A l’inverse, les producteurs seront ils en mesure de livrer les tonnes de matières premières vendues à plus longue échéance (via les futures toujours) alors que les chaînes de production tournent au ralenti?

Bref, le cours du lait s’effondre, celui du riz s’envole, et on a vu des tensions avec le vietnam qui a stoppé ses exportations de riz (puis réouvert suite aux pressions internationales)

Re-bref: Le marché des matières premières est sans dessus dessous… Et nous manquons cruellement de visibilité sur l’évolution de la pandémie dans les prochains mois, donc sur les capacités mondiales de production/consommation.

On peut également s’interroger sur le risque géopolitique d’une chute des ressources des pays du Golf, ou des Russes…

Quand à croire dans la finance pour "stabiliser" et "arbitrer" intelligemment ces décrochages de prix qui n’ont rien à voir avec la réalité de ce que coûte un baril de brut, on peut toujours rêver.

Ainsi, acheter un future sur le WTI c’est s’engager à acheter 1000 barils. Un future à 14 USD ne côute donc pas 14$ mais 14 000 $ Ce n’est donc pas à portée de toutes les bourses.

Des petits malins se sont donc jetés sur… un ETF sensé tracker les prix du "spot". C’est pas cher et c’est une occasion en or non?

Ce tracker est ici: USO

A titre d’illustration, voici les stats du site "RobinHood" qui recense donc l’activité d’investisseurs particuliers. On voit que plus le WTI baisse, plus les gens se jettent sur USO parceque "ca va bien remonter un jour, suffit de garder la position"

https://www.devenir-rentier.fr/uploads/6399_ewidxgxwkai-o0d.jpg

Seulement voilà, oui, mais non. On ne peut pas trader le spot du brut (ni même celui de n’importe quelle matière première). On peut seulement traiter les futures, et ceux ci ne sont pas exactement le "spot" (le cours à l’instant T) mais sont des anticipations par le marché du coût du WTI, dans 1 mois, 6 mois, un an.

Ce n’est pas sensé être un jouet pour spéculateur, c’est un moyen de gérer correctement ses approvisionnements, en se couvrant (ex: compagnies aériennes) ou en dégageant aujourd’hui le cash pour une livraison dans x mois (producteurs). Les traders sont seulement sensés donner de la liquidité à ce marché en jouant le rôle de contrepartie. Là le système déraille parceque la finance déconne.

Mais je disgresse!. Donc nos petits malins achètent USO… Sans comprendre comment il fonctionne.

USO donc réplique le prix du spot autant que possible en achetant des futures pour la prochaine échéance.

Mais afin de ne pas se faire livrer ledit pétrole, et pour se couvrir lui même, USO "roule" sa position tous les mois, à peu près quinze jours avant l’échéance du future. C’est à dire que depuis début avril, USO vend progressivement sa position de futures MAI pour acheter du future JUIN, et ainsi de suite chaque mois.

Donc, les génies qui ont acheté USO avant hier pensant acheter l’ETF trackant un barile à -37USD ont donc acheté en fait un tracker bourré de futures JUIN à 21 USD.

Le succès de l’ETF a été tel que mardi, les gérants de USO ont demandé l’autorisation de vendre plus d’actions de leur produit miracle

Le tracker s’est donc effondré, de 3,75 en clôture le 20 avril à 2,5 USD le 22 avril (5,37 le 8 avril). Pourtant le future May lui s’est éteint aujourd’hui en étant passé de -37 USD la veille à + 10 USD.

Dans la foulée, les gérants de ce produit si merveilleux ont modifié sa structure en profondeur, notamment en achetant des futures de plus lointaines échéances. Celà change totalement la structure du jouet, qui va avoir sérieusement à répliquer le spot puisqu’il contiendra des échéance éloignées (donc plus coûteuses car valeur temps, appelée Contango).

A noter que le tracker détient à peu prêt 20-30% en réel du nombre de futures qu’il réplique (nombre d’actions ETF vendues). Si ca c’est pas une arme de destruction massive je ne sais pas ce que c’est. Mais c’est de l’ingéniérie financière, tout va bien se passer.

Tiens d’ailleurs, le future juin dégringole aujourd’hui, alors que probablement USO (et d’autres) achètent des futures. Que va t’il se passer quand, dans 15 jours, USO va commencer à rouler sa position en vendant JUIN pour acheter JUILLET? Oui oui, il va appuyer à la baisse sur le future juin, uniquement par la vente de spéculateurs.

Moralité, il ne suffit pas de "savoir" que "ça va forcément remonter un jour", il faut également bien avoir compris le produit que l’on traite, et lire le prospectus (prospectus imbitable pour un pékin comme moi).

Moralité Bis: J’aime bien la bourse, je crois au marché, mais le marché des matières premières n’est et ne devrait jamais être un jouet pour traders. Nos vies et nos sociétés dépendent réellement des fluctuations de ces marchés.

Plus de détails ici
ET la documentation sur USO


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[+3]    #36 23/04/2020 07h29

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Quelques remarques en vrac :

Votre analyse est intéressante, mais j’y apporterais quelques bémols.

- Les spéculateurs ne sont pas que des traders. Une partie d’entre eux sont des courtiers, c’est à dire qu’ils achètent pour fournir le pétrole à des clients. Ils font leur marge sur le fait qu’ils espèrent acheter moins cher que le prix payé par le client ; le client s’y retrouve par un prix lissé et une assurance de disponibilité de ses volumes disponibles.

- classiquement, on considère que les spéculateurs sont une bonne chose pour la fluidité d’un marché, car ils introduisent de la liquidité : plus il y a d’acteurs sur le marché, plus un gros volume à la vente ou à l’achat va être absorbé facilement, sans provoquer de fortes hausses ou baisses de prix.

- la spéculation introduit de la volatilité (de gros volumes échangés et des variations soudaines de prix) mais n’influe pas sur l’équilibre offre/demande, donc sur le prix moyen. Dans la mesure où aucun spéculateur ne consomme lui-même de pétrole, où tous les volumes de bruts finissent forcément dans les mains des clients consommateurs, la spéculation n’est qu’un jeu intermédiaire. Le prix moyen est bien le reflet de l’équilibre offre-demande.

- conséquence du tiret précédent : si la demande est supérieure à l’offre, le prix montera, quel que soit la spéculation intermédiaire. C’est ce qui était arrivé en 2008 et avait poussé le prix à 147 $ le 11 juillet. Réciproquement, quand l’offre est supérieure à la demande, le prix baissera, même si la spéculation maintient le prix entre temps : c’est ce qui vient d’arriver de façon spectaculaire.

- dans l’épisode récent, à l’approche de l’échéance du contrat future, ce sont les "méchants" traders qui ont été contraints de vendre à prix négatif, et les "gentils" utilisateurs de physique (des raffineurs, logiquement), qui ont acheté leur pétrole à prix discount. Les méchants traders sont punis (et un certain nombre devraient faire faillite), tandis que les gentils acteurs de l’économie réelle sont récompensés par du pétrole offert (on les paie même pour qu’ils le prennent, ce qui arrange leurs affaires en ces temps difficile). C’est l’action de la main invisible du marché qui vient corriger automatiquement ses déséquilibres ! C’est pas beau, ça ? wink

- il est vrai que les trackers introduisent encore une autre volatilité, alors même que, comme vous le dites, ils ne couvrent qu’une partie de leurs positions par des achats de futures. Là aussi, ça devrait s’auto-réguler : le gestionnaire de l’ETF a tout intérêt à asseoir ses positions sur les futures de plusieurs échéances pour éviter les montagnes russes qui viennent de se produire ; du coup, ça ne suivra plus exactement le "cours du pétrole" qui est le le cours du contrat future pour livraison le mois suivant ; du coup, une partie des clients devrait quitter ce tracker, déçu que ça ne réplique pas exactement le cours. Encore la main invisible du marché ! wink

- réciproquement, cela éclaire la hausse de 2008 et toutes les hausses précédentes. Si la surchauffe des prix en 2008 avait été provoquée par la spéculation, on aurait constaté, comme aujourd’hui, des phénomènes d’effondrement des prix du contrat future juste avant l’échéance de celui-ci, quand les trop nombreux traders auraient vendu aux trop rares utilisateurs de physique. Or, on ne constatait pas ce phénomène. Preuve que ce n’était pas la spéculation qui provoquait la hausse des prix, mais bien l’excès de demande par rapport à l’offre.

- l’épisode actuel rappelle à quel point l’offre de pétrole est peu élastique au prix. En 2008, malgré des prix record vers le haut, la production peinait à augmenter. En 2020, malgré l’excès d’offre, la production peine à baisser. Plusieurs phénomènes expliquent cela :
- un puits de pétrole a un débit optimum : lui faire débiter plus, c’est l’endommager (et notamment augmenter la part de pétrole perdue, qui ne voudra plus sortir à la fin de l’exploitation, sauf à utiliser de coûteuses méthodes non conventionnelles), l’arrêter, c’est aussi l’endommager.
- les pays producteurs peinent à s’entendre pour réguler l’offre.
- même quand l’OPEP parvient à un accord, cela n’a pas forcément l’effet escompté car cette organisation ne représente plus que 30 % de la production mondiale, alors que c’était plus de 50 % au moment du premier choc pétrolier.
- phénomène spécifique à la baisse : les entreprises productrices ont juste besoin de survivre. Plus le prix baisse, plus il faut vendre de volume pour essayer de limiter la baisse du chiffre d’affaires. Sinon, le producteur n’a que deux solutions : tout fermer pour couper ses charges et attendre des jours meilleurs (quand c’est possible) ou bien faire faillite. Vendre beaucoup quand les prix baissent, c’est un réflexe de survie.

-J’ajouterais enfin que le prix spot n’est pas très pertinent pour le pétrole. A ma connaissance, il y a peu de volume qui s’échange sur cette base ; et ce prix de référence est établi par une formule qui fait intervenir, entre autres, les contrats futures (ou bien seulement le contrat future le plus échangé), donc reflète en bonne partie le prix des futures. J’avoue que je ne suis pas dans le secret de l’établissement du prix spot, mais je retiens que les futures, et notamment le future le plus échangé, sont bien plus pertinents quand on parle du prix du pétrole.

Ceux qui voudraient approfondir peuvent lire ceci (j’avoue que je ne l’ai pas lu, seulement parcouru le résumé) : www.oxfordenergy.org/wpcms/wp-content/u … h-2010.pdf

Dernière modification par Bernard2K (23/04/2020 08h42)


Surtout, ne pas nuire à l'ambiance générale.

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[+2]    #37 23/04/2020 09h42

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Je suis d’accord avec ce qui a été écrit plus tôt.
Juste en complément : il ne s’agit pas d’un ETF (Exchange Traded Fund), mais juste d’un produit côté en bourse. Il ne s’agit pas d’un fonds (Fund) au sens propre du terme.
C’est une facilité de langage de dire qu’il y a des ETF Matières Premières (que j’utilise aussi parfois …), mais c’est faux.
En l’occurrence USO est un Commodity Wrapper, mais il y a aussi les ETC ou les ETN qui peuvent investir sur les commodities. Il y a des différences qui en temps "normal" ne peuvent paraître importantes, et qui deviennent très significatives en temps de crise. Par exemple, un ETF classique ne peut pas changer "comme ça" d’indice suivi.

Voilà ce que dit la factsheet de USO

USO® is not a mutual fund or any other type of Investment Company within the meaning of the Investment Company Act of 1940, as amended, and USO is not subject to regulation thereunder.

Pour ne pas se tromper on peut utiliser l’acronyme ETP (Exchange Traded Product)

Dernière modification par Fructif (23/04/2020 16h34)

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[+2]    #38 23/04/2020 09h52

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C’était pourtant aisé de ne pas passer à côté du sens du message très clair de Mistervix.

A titre d’exemple, j’ai placé de l’argent sur un ETN au meilleur moment de la crise pétrolière de 2016. Je crois que ça s’appelait UWTI, avec un levier x3. Tant qu’à devenir riche, autant ne pas le faire à moitié.

Malgré l’effet de levier qui promettait une explosion de la valeur de l’ETN à la remontée des cours, je ne suis sorti sans perte que par chance, à la faveur d’une brutale mais fugace remontée du cours, malgré un doublement des cours du brut à cette époque. Cet ETN a ensuite sombré puis disparu.

USO disparaîtra à son tour.

Fuyez ces produits financiers.

Dernière modification par Trahcoh (23/04/2020 16h44)

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[+1]    #39 29/04/2020 08h25

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Apparemment, c’est à nouveau le fonds USO qui a fait baissé le WTI avant-hier :

Marc Fiorentino a écrit :

On sait pourquoi le pétrole s’est effondré avant-hier.
Le plus gros fonds indiciel sur le pétrole, United States Oil Fund, avait accumulé beaucoup de contrats d’achat à terme qui expirent le 19 mai.
De peur qu’il y ait à nouveau une panique le jour de l’expiration, comme le mois précédent, avec des cours négatifs, la Bourse a exigé que le fonds limite ses positions sur les échéances courtes.
Il a donc tout largué.

Source : En fait, c’est simple - MonFinancier.com

Lire aussi : Oil ETF dumps plunging June oil contract as Cramer says hedge funds are trying to crush the fund

Comme l’avait montré MisterVix dans son message, les investisseurs/spéculateurs sur ce fonds étaient majoritairement des petits porteurs, qui se sont positionnés récemment.

Il sont rincés, puisque le cours du fonds s’est écroulé, et qu’en plus, le fonds s’étant à présent positionné sur des futures à échéance plus longue, il a une perspective de rebond moindre.

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[+1]    #40 30/04/2020 18h32

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Un petit message après une année en retrait.

J’ai pour ma part adopté une approche contrarienne j’ai conservé mes quelques titres et effectué de nombreux achats pour me renforcer dans le secteur de l’energie qui represente environ 13% de mon portefeuille actif:
- Royal Dutch Shell ticker RDS.B (initiation de la position suite à la baisse du dividende de ce jour)
- British Petroleum ticker BP (initiation de la position en profitant de l’effet RDS du jour)
- Occidental Petroleum ticker OXY
- Antero Midstream ticker AM
- Kinder Morgan ticker KMI
- Energy Transfer ticket ET
- Alliance Resource Partner LP ticker ARLP
- Targa Resources Corporation ticker TRGP
- Exxon Mobile ticket XOM

Les achats d’il y a 2 a 3 semaines sur AM et ET ont déjà doublé la mise en capital tout en boostant le rendement sur dividendes du portefeuille. En perte d’environ 30% sur XOM et ARLP acheté un peu trop tôt. Les autres sont relativement proches de mon coût d’acquisition. Comme on dit par chez moi, "buy low sell high" et "time will tell" tout en espérant de pas avoir tenté de saisir des "falling knives".

J’ai une approche identique que je partagerais dans doute plus tard concernant les REITs.

T.

Dernière modification par TyrionLannister (01/05/2020 21h17)


Tyrion Lannister - "a Lannister always pays his debt"

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[+1]    #41 06/05/2020 21h31

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Les producteurs pétroliers insolvables n’auront pas accès aux programmes de la Fed, déclare Kaplan: Les producteurs pétroliers insolvables n’auront pas accès aux programmes de la Fed-Kaplan, Actualité des marchés - Investir-Les Echos Bourse

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[+1]    #42 19/05/2020 12h15

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MisterVix, le 23/04/2020 a écrit :

Le tracker s’est donc effondré, de 3,75 en clôture le 20 avril à 2,5 USD le 22 avril (5,37 le 8 avril). Pourtant le future May lui s’est éteint aujourd’hui en étant passé de -37 USD la veille à + 10 USD.

Dans la foulée, les gérants de ce produit si merveilleux ont modifié sa structure en profondeur, notamment en achetant des futures de plus lointaines échéances. Celà change totalement la structure du jouet, qui va avoir sérieusement à répliquer le spot puisqu’il contiendra des échéance éloignées (donc plus coûteuses car valeur temps, appelée Contango).

A noter que le tracker détient à peu prêt 20-30% en réel du nombre de futures qu’il réplique (nombre d’actions ETF vendues). Si ca c’est pas une arme de destruction massive je ne sais pas ce que c’est. Mais c’est de l’ingéniérie financière, tout va bien se passer.

Moins d’un mois plus tard, le cours du WTI est revenu à $30 :

https://www.devenir-rentier.fr/uploads/2_wti-20200519.jpeg

On a donc confirmation que le plongeon du prix en territoire négatif a été uniquement du à la spéculation sur ce fonds USO, qui ne devrait juste pas exister, puisqu’il est structurellement vicié.

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