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Forums des investisseurs heureux

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[+1]    #1 21/02/2012 14h29

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On peut faire sans trop de difficulté de l’essence synthétique à partir du charbon, les Allemands l’on fait en masse pendant la guerre.

Dernière modification par placementapapa31 (05/01/2015 12h39)

Mots-clés : peak oil, pétrole

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[+1]    #2 04/03/2012 16h30

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Petit compte rendu sur Les grandes batailles de l’énergie : Petit traité d’une économie violente de Jean-Marie Chevalier : c’est un état des lieux, actualisé, post - Fukushima - du marché de l’énergie, en précisant l’offre  existante et éventuellement future. C’est aussi un appel à l’innovation, pour trouver de nouvelles sources - en sachant l’inertie des grands programmes existants.

Les auteurs précisent que le levier important sera plus les économies d’énergies - que la création de nouvelles énergies. D’ailleurs, les prix de celles-ci sont trop basses pour des raisons politiques - et devront être amenés à croître fortement.

Pour jouer cette thématique en bourse, je vais regarder les titres suivants :
Maurel - Technip - Assystem - Total - Saint Gobain

Dernière modification par MichelPlatini (04/03/2012 16h32)

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[+1]    #3 16/08/2012 11h15

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Bonjour,

Exxon à sorti un rapport très intéressant sur les perspectives de l’énergie à l’horizon 2040

D’ici 2040 le PIB mondial augmentera de 133%, pour les pays de la CEE se 69% seulement  et pour l’Inde de 410%.

Les besoins en énergie croîtrons aussi mais dans une moindre mesure, car l’utilisation rationnelle de l’énergie se développera.
Dans les énergies primaire classique c’est le gaz qui aura la croissance la plus importante et dans le renouvelable c’est l’éolien.

Pour participé à la croissance des émergents, une exposition via des fonds me semble la plus adéquate.

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[+1]    #4 16/05/2013 22h16

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2 questions me turlupinent :
- une croissance économique dans un monde aux ressources physiques limitées et non-renouvelables comme plus 90 % de l’énergie consommée par exemple, n’est-elle pas irréaliste?
- une économie en décroissance globale ne signe-t-elle pas la chute des rendements d’investissement, soit la fin du capitalisme comme système économique?

La question en fait, n’est pas tant de savoir si notre croissance éco aura une fin car elle en aura une un jour mais quand aura lieu cette fin. Si c’est dans cinq siècles, ok on peut continuer à faire mumuse en bourse; par contre si c’est dans la décennie, il va falloir sérieusement revoir notre stratégie d’allocation d’actifs, n’est-il pas?


Une citation tirée du blog de Damien Perrontin a écrit :

Or les énergies fossiles abondantes et bon marché qui ont subventionné le mode de vie industriel se raréfient. La production de pétrole brut conventionnel stagne depuis 2004 et pour répondre à la demande nous sommes obligés de nous tourner vers des substituts coûteux et difficiles à extraire comme le pétrole de schiste ou les sables bitumineux. Naturellement si ces substituts, qui sont connus depuis longtemps, n’étaient pas exploités, c’est qu’il y avait une bonne raison : leur rendement est mauvais, parfois même négatif. Le rapport entre l’énergie qu’ils fournissent et celle nécessaire à leur extraction est très inférieur à celui du pétrole conventionnel, ce qui se traduit par des coûts très élevés.

Le résultat c’est qu’il reste de moins en moins de surplus pour entretenir les infrastructures et faire croître l’économie. De là vient son l’atonie actuelle, atonie particulièrement marquée en Europe car nous ne disposons pas de matières premières, devons entretenir une société très complexe avec quantités d’infrastructures matérielles et immatérielles et ne disposons plus d’outils monétaires, ou d’une puissance géopolitique qui nous permettrait, à l’instar des États-Unis, de pomper la richesse de notre périphérie.

Dans ces conditions, il est illusoire de croire que la croissance va redémarrer. En fait on peut s’attendre à ce qu’elle s’inverse et que nous subissions une décroissance forcée de longue durée. Les appels des uns et des autres au retour de la croissance tiennent donc plus de l’acte de foi que de la politique constructive.

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[+1]    #5 17/05/2013 10h00

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Cette thèse malthusienne est complètement bouleversée depuis deux ans avec le gaz et le pétrole de schiste, que personne n’attendait et qui est plus facile à extraire que le pétrole des sables bitumineux.

Non seulement du coup cela redonne de la marge sur les réserves totales, mais en plus cela laisse du temps supplémentaire pour de nouvelles innovations technologiques susceptibles d’extraire à moindre coût le pétrole des sables bitumineux.

D’autre part, le pb de coût est plus complexe que cela. Si l’extraction coute 80$ / baril, mais avec de l’argent dépensé entre sociétés occidentales, cela est différent d’une extraction à $20 / baril, mais dont l’argent va au moyen-orient (rente pétrolière avec un transfert de richesse des pays occidentaux aux pays pétroliers).

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[+1]    #6 18/05/2013 18h50

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InvestisseurHeureux a écrit :

Cette thèse malthusienne est complètement bouleversée depuis deux ans avec le gaz et le pétrole de schiste, que personne n’attendait et qui est plus facile à extraire que le pétrole des sables bitumineux.

Aux USA peut être, ailleurs c’est encore a vérifier. La Pologne, s’est lancée la première en Europe dans l’exploitation des gaz de roches mères. Ses réserves supposées seraient les plus importantes du continent, mais les compagnies Américaines engagées dans des projets d’exploration et exploitation rebrousser chemin. Le boom du gaz de schiste Polonais pourrait être compromis.
Après ExxonMobil qui a annoncé il y a quelques mois l’abandon de ses projets d’exploitation de gaz de schiste en Pologne, Talisman et Marathon jette aussi l’éponge.

North American firms quit shale gas fracking in Poland - BBC News

www.terraeco.net/Gaz-de-schiste-en-Polo … 5713.htmla

Non seulement du coup cela redonne de la marge sur les réserves totales,

Combien ? Quels sont les ordres de grandeurs ?

mais en plus cela laisse du temps supplémentaire pour de nouvelles innovations technologiques susceptibles d’extraire à moindre coût le pétrole des sables bitumineux.

Quelles innovations technologiques pourraient changer la nature épuisable d’une ressource de stock, par nature une ressource finie ?

D’autre part, le pb de coût est plus complexe que cela.

Ben oui le coût financier n’a aucune importance, ce qui compte c’est le coût énergétique matérialisé par l’EROIE

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[+1]    #7 19/05/2013 11h24

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J’ai retrouvé assez facilement votre post sur le forum oleocene.org

Je vais vous répondre de manière plus philosophique.

Des crises financières, des guerres, des thèses malthusiennes, etc, il y en a toujours eu (lire : L’histoire ne se répète pas, elle rime : crises financières). Vous avez ceux qui vont de l’avant, comme Vincent Bolloré qui a investi 2 Md€ avant même les constructeurs automobiles dans la voiture électrique, Warren Buffet qui investi 2,5 Md€ dans le solaire, etc. Ce sont ce type de personnes et autres inventeurs/entrepreneurs qui ont permis la révolution industrielle, du chemin de fer, du nucléaire, Internet, etc.

Vous avez ensuite les déclinistes. Ils s’enorgueillissent de voir avant tout le monde qu’on est foutu. En général ils voient aussi le mal partout :

exemple a écrit :

Clique sur son lien c’est juste un attrape con …..pour placer des tunes …une bonne baignoire a bulles

..

On peut baiser son prochain ( euphémisme pour "investir"), en le vousoyant …. leurs signature et de leurs pseudo ne m’ inspire que mépris ….c’est a cause de ce genre de gus qu’ on est dans la merde ….Il faut revenir a des activités du premier , voire du 2e niveau , pour subvenir a ses besoins …et faire la guerre a ces parasites …bordel ou qu’ j’ai mis mon flingue !

Ils investissent en général dans l’or, actif qui ne produit aucun flux, ne sert à rien et n’a quasi aucune valeur intrinsèque. Ils utilisent tous les services et biens qui ont été créées par les entrepreneurs indiqués dans le précédent paragraphe. En dehors de cela, bien sûr, ils ne font surtout pas grand chose sinon essayez d’informer les autres qu’on est foutu et critiquer tout ceux qui font quelques choses (les crétins, s’ils savaient). Ils peuvent capter une certaine attention, à l’instar d’Olivier Delamarche, pourtant complètement incompétent.

Il ne s’agit pas de cultiver une optimisme béat et nier certains faits, moi-aussi je trouve qu’il a une bulle immobilière en France, que la France décline, que les bigs caps US sont actuellement surévalués, que la planète est polluée, etc ; mais néanmoins avoir conscience que globalement de part la nature humaine, l’humanité avance et qu’il est dangereux de parier contre celle-ci.

Sur les énergies fossiles, je maintiens : aucun scénario n’avait prévu le gaz de Schiste, qui modifie la donne énergétique aux USA et va probablement modifier les relations au proche-orient, si la dépendance des USA vis-à-vis de ces derniers diminue.

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[+2]    #8 05/11/2014 13h39

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En 2008 :

https://www.devenir-rentier.fr/uploads/2_petrole-20080509ter.gif

https://www.devenir-rentier.fr/uploads/2_petrole-20080509.gif

Aujourd’hui :

https://www.devenir-rentier.fr/uploads/2_petrole-20141030bis.gif

https://www.devenir-rentier.fr/uploads/2_petrole-20141030.gif

En fait ces gens là ne font qu’une chose : prolonger la tendance, puis donner une justification.

Quand la tendance est cassée, ils font la prévision inverse et donnent une autre explication.

Et à chaque fois, les médias font les choux gras de ces assertions (Apple à $1000, l’or à $2000).

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[+3]    #9 01/12/2014 17h52

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Bonjour,

Face aux événements liés au secteur de l’énergie, j’ai voulu en savoir plus et ai trouvé deux MOOC qui me paraissent très intéressants:

1/ Fundamentals of global energy business de l’université du Colorado, qui se termine bientôt, donc dépechez-vous pour vous y inscrire (possibilité de télécharger facilement tout les suppors de cours et vidéos). J’ai beaucoup apprécié les quatre premières semaines qui donnent une bonne connaissance de base, de façon claire, sur ce sujet.

2/ Politics and economics of international energy de Sciences Po. Ce cours commence seulement en janvier 2015, et parait être un bon complément du premier (avec je pense pas mal d’overlap tout de même).

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[+1]    #10 13/12/2014 07h23

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InvestisseurHeureux a écrit :

En 2008 VS. Aujourd’hui

Excellent de ressortir les anciennes prévisions des "experts" pour les confronter à l’évolution réelle des choses.

Attali est un spécialiste des prédictions. J’avais lu son bouquin de 2007/2008 pour le début du quinquennat Sarkosy. En vantant les chiffres de sa croissance il donnait l’Espagne comme modèle à suivre… c’était juste avant l’explosion de la bulle immobilière; quelques années après l’Espagne s’enfonçait dans le chômage de masse.

On pourrait s’attendre à un peu d’humilité et de précaution pour ses prédictions suivantes, et non. Il assène ses vérités comme un Oracle qui n’aurait jamais failli.

Dans le même genre en plus léger, Elisabeth Teissier qui annonçait à DSK pour 2012 une année aux grandes responsabilités. Son horoscope datait évidemment d’avant son troussage de domestique.

Le seul honnête du lot est Paco Rabanne. Il prévoyait qu’une météorite détruirait Paris la nuit du passage à l’an 2000… et qu’il arrêterait toute prédiction si celle là ne se réalisait pas. Il a tenu parole.
L’absence de vergogne chez les autres est tout bonnement incroyable.

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[+1]    #11 15/01/2015 11h12

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Les articles qui expliquent la baisse du pétrole foisonnent :

Oil Prices: What’s Behind the Drop? Simple Economics

Ha bah oui, c’est tellement évident à expliquer après…

Et Goldman Sachs (qui anticipait $200 en 2010) fait les gros titres anticipe maintenant $50 en 2015 vs 2015.

Et dans six mois si le pétrole remonte, nos experts auront encore de nouvelles explications et anticipations…

Même chose sur l’EUR/USD et les taux longs.

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[+1]    #12 15/01/2015 11h58

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Prévisions du prix du Baril 2015-2016 par différentes banques

https://www.devenir-rentier.fr/uploads/416_capture20150115.png

Les prévisions les plus récentes sont dans le haut du tableau et les plus anciennes dans le bas du tableau.

Ce qui explique que certaines banques apparaissent plusieurs fois.

Dernière modification par pvbe (15/01/2015 21h50)

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[+1]    #13 15/01/2015 17h53

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Je me permets de reprendre ce lien poste par un membre sur l’IF : une interview intéressante d’un analyste d’Alpha Value expliquant la récente chute des prix et surtout la marge de manœuvre qu’ont encore les producteurs de pétrole de schiste US au niveau des coûts.

Baril à 50 dollars: "Le prix du pétrole devrait continuer de baisser jusqu’au mois de mai"

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[+2]    #14 16/10/2016 18h45

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Bonjour,

Pour ceux que ça intéresse, j’ai fait un petit (gros) travail d’agrégation de données sur les ressources fossiles (WEC, AIE, EIA, BP notamment) afin, entre autres d’avoir une évaluation la plus précise des ressources ultimes récupérables (ressources totales récupérables restantes + ressources consommées).

Les projections de production sont ensuite réalisées en fittant un modèle de Hubbert.
Ce modèle a pour faire simple trois paramètres (quantité de ressources ultimes récupérables Qo, date du pic T, production maximale Pmax) dont seuls deux sont en fait vraiment "ajustables".
- Qo est fixé par les données.
- T et Pmax sont ajustés pour coller au mieux aux données historiques (à vue de nez l’incertitude autour de cet ajustement est, à Qo donné et pour avoir une reproduction correcte du passé, d’environ 10% pour Pmax et +/- 5 ans pour les dates)

Ressources ultimes récupérables :
Pétrole : 3 000 Gbl (Gbl = milliards de barils) dont 1350 Gbl déjà consommés
Gaz : 10 000 Tcf (Tcf = mille milliards de pieds cube) dont 3700 Tcf déjà consommés
Charbon : 1 200 Gt (Gt = milliards de tonnes) dont 250 Gt déjà consommés

Projection :
Pétrole : pic autour de 2020 à un niveau de production sensiblement équivalent au niveau actuel (31 Gbl/an).
Gaz : pic autour de 2030 à 105-110 Tcf/an
Charbon : pic autour de 2055 à 10 Gt/an

Quelqu’un a déjà réalisé ce genre d’estimations de son coté ?
Ca serait intéressant de comparer.

https://www.devenir-rentier.fr/uploads/3207_nrj3.png
Unité du graphique : Gtoe = milliards de tonnes équivalent pétrole afin d’avoir toutes les ressources dans la même unité.

Dernière modification par Geronimo (16/10/2016 19h17)

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[+1]    #15 16/10/2016 20h24

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Le modèle de Hubert n’est absolument pas utilisé dans l’industrie pétrolière, modèle trop simpliste.
Il n’est pas utilisé non plus pour les puits ou champs (groupes de puits localisés +/- au même endroit) mais alors absolument pas. Je vous l’assure.
Pour estimer les profils de productions et donc les réserves, les petroleum ou reservoir engineers utilisent les méthodes suivantes (classées par ordre croissant de difficulté):

- 1 - Quand on a pas de données, on utilise les puits ou champs analogues pour se faire une idée et on bricole.
- 2 - Analyse de courbe de déclin (cela fonctionne assez bien quand on ne fore plus de nouveaux puits sur un champ et lorsqu’on opère les puits toujours de la même manière).
- 3 - De la simulation des réservoirs : on modélise en 3 dimension le gisement que l’on découpe en petits blocs de roche. On assigne à ces blocs les propriétés importantes pour l’écoulement des fluides et le calcul de volumes tels que la porosité, la perméabilité, la saturation en huile/eau/gas, les propriétés thermodynamiques du fluide ect ect. On place alors virtuellement les puits dans ce modèle 3D et on simule les écoulements.
- Il existe aussi des méthodes à mi chemin entre 2 et 3 mais le but n’est pas de faire compliqué ici

Concernant le break through technologique, il existe sur Terre des volumes d’hydrate de gaz (je vous laisse chercher ce que c’est sur Wikipedia) qui dépasse l’entendement. Si nous trouvons comment l’exploiter de manière économique, nous aurons du gaz pour des centaines d’années. Juste un exemple, pas besoins de pipe jusqu’à Titan.

Dernière modification par InMyselfITrust (16/10/2016 20h34)

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[+1]    #16 16/10/2016 22h28

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" The Stone Age came to an end, not because we had a lack of stones, and the oil age will come to an end not because we have a lack of oil." Sheik Yamani former Saudi oil’s minister…

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[+1]    #17 16/08/2017 13h44

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Outre les coups de boutoir portés par les pays producteurs de pétrole à l’industrie des produits du schiste, les ventes de pétrole se voient à terme menacées par la « transition énergétique », pour reprendre le vocable consacré. D’aucuns parlent désormais d’un « peak oil » induit par la demande et non par l’offre.

Le but ici n’est pas de tenter de déterminer dans quelle mesure cette transition énergétique est vraiment motivée par des enjeux écologiques, la volonté de s’affranchir de la férule du Moyen Orient ou le poids grandissant des lobbies des producteurs d’énergies dites « renouvelables ».

Il s’agit plutôt de poser la question suivante : bien que toutes les majors pétrolières se soient en partie engagées dans la promotion et l’exploitation des énergies nouvelles, leur avenir n’est-il pas, à plus ou moins long terme, menacé par les changements en cours ?

Exxon Mobil, BP, Shell, Total resteront-ils les acteurs principaux du secteur énergétique ? Continueront-ils à verser de gras dividendes à leurs actionnaires ? Ne s’étioleront-ils pas petit à petit ? Ne devront-ils pas concéder le flambeau à de nouvelles entités issues de la nébuleuse mondialiste ?

Il est assurément bien difficile de prédire l’avenir. Mais des arguments non dépourvus d’intérêt peuvent assurément être échangés sur cette question d’actualité.

Que vous en semble ?

Déontologie : actionnaire d’une ou plusieurs société(s) listée(s) dans ce message.

Dernière modification par Ours (16/08/2017 13h46)

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[+7]    #18 16/08/2017 14h36

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Je ne sais pas trop ce qu’est "la nébuleuse mondialiste" mais pour commencer à répondre à la question, il suffirait, sans doute, d’aller sur le site de l’AIE (IEA en anglais), l’autorité la plus sérieuse en la matière (puisque combinant les avis d’organisations indépendantes, d’associations, d’États et de toutes les entreprises du monde énergétique, renouvelable ou non). Le track-record de l’IEA est plutôt bon.

Vous y trouverez moult articles (le mieux est de lire le rapport intégral avec leurs prévisions pour 2035 !). Mais connaissez-vous la part du pétrole pour le transport ? ("seulement" 52 %, les 48 % restant c’est la pétrochimie, bitumes, engrais, etc. qui a tendance à fortement augmenter et pas du tout à diminuer…)

Et dans cette sous-partie pour le transport connaissez-vous la part de pétrole utilisé pour des véhicules légers ? (qui à moyen terme sont les seuls vraiment impactés par l’électro-mobilité… les camions électriques sont une vaste blague vu le faible ratio puissance/poids des batteries)
Et dans cette sous-sous partie de l’utilisation de pétrole, connaissez-vous celle concernant les pays de l’OCDE ? (car en Asie du Sud-Est, en Amérique Latine ou en Afrique, on ne parle pas de véhicules électriques).
Vous vous apercevrez que c’est beaucoup plus faible que vous ne le pensez… et si ajoute à cela la croissance continue de la consommation de produits pétroliers…

En fait, plusieurs experts (qui valent ce qu’ils valent bien sûr), pensent le contraire d’une baisse de la demande (j’ai un avis plus mesuré pour info) :
March: Global oil supply to lag demand after 2020 unless new investments are approved so

Ce qui est vrai en revanche et disons-le à peu près certain (la seule incertitude est : dans 10 ans ? 20 ou 30 ans ?) c’est que les vaches à lait constituées par la distribution de carburants aux particuliers (donc VL), particulièrement en Europe, États-Unis et une partie de la Chine, vont assez vite pâtir des effets de l’électro-mobilité. 

Pour le reste, cela va être une très très lente transition… on a consommé beaucoup plus de carburants pétroliers en 2017 qu’en 2016 (et en 2016 qu’en 2015, etc.) dans à peu près tous les domaines (pétrochimie, poids lourds, aviation, marine, véhicules légers dans tous les pays en voie de développement) sauf dans la "sous-catégorie" VL dans les pays de l’OCDE (et encore ça dépend des jeux de données).

Il ne faut surtout pas voir un domaine par le seul prisme du "véhicule électrique léger pour particulier dans les pays riches" qui pourrait penser que l’on ne connait pas l’immensité du sujet.


Do your homework! Parrain pédago pour Bourso, Binck et Bourse Directe : écrivez-moi en MP :-) et  mon portif

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[+2]    #19 16/08/2017 20h17

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Pas seulement. La Chine a un plan de 3 millions de NEV/an (électriques et hybrides) à terme 2025 avec une obligation pour les constructeurs de plus de 500 000 véhicules/an de monter progressivement à 12% de NEV. C’est de loin le plan de développement le plus ambitieux au monde pour cette échéance, et dans un marché en croissance, contrairement à ceux de l’OCDE, cela aura une importance certaine.

Voiture électrique?: le plan de Pékin qui inquiète Washington et Bruxelles

L’inde, autre marché critique, a annoncé l’interdiction de la vente de véhicules essence en 2030 soit 10 ans avant le plan Français considéré comme extrêmement optimiste.Ca ne réussira probablement pas, mais l’effort dans cette direction aura des conséquences.

L?ambitieux pari indien d?un parc automobile 100% électrique - Asie-Pacifique - RFI

Les Sud Américains sont au Bio-éthanol depuis des années.

Donc les efforts des émergents sont au moins aussi importants que ceux des pays de l’OCDE.

Ca ne résout pas le problème des camions cependant.

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[+1]    #20 17/08/2017 10h11

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J’etais en chine il y a quelques mois, et vu la quantité de véhicules à essence, si le gouvernement décide de favoriser grandement les véhicules électriques, il y a moyen que le pays devienne le plus "vert" dans le secteur des transports dans la prochaine décennie. C’est une question de survie du régime, la population "accepte" la pseudo-dictature tant qu’il y a amélioration de leur condition de vie, hors avec le vieillissement de la population et les revendications de plus en plus visible d’une vie à-l’occidentale, conjugué à une pollution des villes catastrophiques, bon nombre de hauts-fonctionnaires mettent en place des plans pour rassurer la population. Et si ça veut dire déplacer cette pollution là où les citadins ne voient pas, en déplaçant des villes et des usines entières, ils le feront (ça donne toujours du travail). Et le plan quinquennal actuel prévoit la construction de centrale à charbon mais au moins autant de centrale électrique à énergie renouvelable.
Mais les dirigeants chinois savent que la population dociles s’éduque de plus en plus (c’est nécessaire pour les secteurs stratégiques, informatiques, militaires, …) et le "contrat social" risque d’être ébranler bien plus rapidement que nous autres occidentaux croyons. On croit les chinois complement lobotomisé par la propagande du gouvernement, mais ils sont surtout fier de leur pays et de leur tradition. Bon nombre de chinois ne ressente pas le besoin d’aller voir à l’extérieur, vu qu’ils ont tellement d’histoire à domicile, et ce malgré qu’on ait l’impression que le tourisme chinois explose à l’international, il n’est rien pas rapport à l’explosion du tourisme intérieur.
Les chinois "acceptent" ce régime (qui a réussit à mener une transition du communisme vers une économie mixtes avec brillo) pour l’instant, mais si les jeunes ne trouvent pas de boulot, si les villes ne réduisent pas leur pollution, si trop de gens meurent de la pollution si les gens ont l’impression que leur vie "recule", aucun char ne pourra arrêter, selon moi, le renversement du régime. Même derrière leur "grand pare-feu", ils ont accès à certaines informations.
On en est loin, et je vois que le gouvernement fait beaucoup pour éloigner tout risque, en investissent intelligemment dans des secteurs clés, énergie renouvelable, architecture "propres", etc. Eux ont compris que ce sont des jobs non-délocalisable (qui commence à devenir un problème en chine également)

En discutant avec une chinoise, celle-ci m’a expliqué pourquoi un si grand nombre de vélo/scooter/tuktuk électriques (il y en a énormément, je dirais que plus de la moitié des deux roues à Shanghai est électrique). Elle m’a expliqué qu’il y a une aide du gouvernement + ils ont droit de prendre les pistes cyclables, contrairement aux motocycles à moteur qui doivent se mêler au milieu des voitures. Ce sont des tout petits moteurs, tout pourri, mais efficace.

Et jamais vu autant de Tesla qu’à Shanghai. Alors quand on me parle que le numéro trois mondial de la voiture électrique est chinois, je le crois volontier (semble bien parti pour devenir premier en vente dans les prochaines années).

Dans les prochaines années, je ne pense pas qu’on fera un bon suffisant dans la technologie des batteries pour proposer des véhicules électrique avec un niveau de confort égale aux voitures thermiques pour un prix similaire, Model 3 ou Leaf ou Ampera, ça reste un degré en dessous des véhicules thermiques (ne serait-ce qu’en terme de périmètre d’action et de facilité de rechargement). C’est pour ça que je pense que l’hybride à de plus en plus de place dans les prochaines années. Je suis content de voir Toyota régner en maitre depuis des années sur le full hybride, mais je trouve qu’ils manquent d’innovation depuis quelques années. Les scandales des années 2010 ont laissé des traces dans leur R&D ?

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[+1]    #21 17/08/2017 15h18

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Surin a écrit :

Qu’est-ce qu’un NEV ?

Soit Neighborhood Electric Vehicle
Le Twizy de Renault par exemple.
Neighborhood Electric Vehicle - Wikipedia

Soit New Energy Vehicle en Chine.
C’est à dire BEV ou PHEV = véhicules rechargeables
Plug-in electric vehicle - Wikipedia

Dernière modification par Tahure (17/08/2017 15h22)

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[+1]    #22 06/12/2017 18h44

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Je lisais d’ailleurs dans le Financial Times (je mettais avant toujours les liens du FT mais lien payant donc pas très utile) que les acteurs du pétrole de schiste (notamment le bassin du Permian) avaient beaucoup communiqué sur un break-even à 35$-40$ mais que c’était du vent d’après le FT car ça ne comprenait ni les amortissements ni les S&G et qu’en prenant ces éléments en compte, ils trouvaient une moyenne de break-even de 50$ pour les entreprises du bassin du Permian !

Sinon quelle ne fut pas ma surprise en comparant les données IEA 2013 et 2015 pour le ferroviaire. En 2013, 57 % du ferroviaire était mû par… du diesel et 6 % par du charbon (pour tout de même 34 Mtep !). L’électrique ne représentait donc mondialement que 37 % du ferroviaire (j’avoue que je me serais complètement planté si j’avais dû deviner : toujours le problème de nos visions OCDE-centrées, on oublie que l’immense majorité des locomotives en Chine et en Inde sont au diesel).

Mais ce qui est encore plus intéressant, ce sont les chiffres de 2015… la part du diesel est passé à 59 % alors que le marché augmentait ! (non pas que je m’en réjouisse, le diesel ferroviaire étant en plus souvent de qualité moindre et pas soumis aux mêmes normes). Donc non seulement, le diesel augmente en valeur absolue mais la part de l’électrique a diminué dans le ferroviaire en 2 ans ! L’IEA donne l’explication : le basculement de plus en plus rapide vers des locos électriques en Europe de l’Ouest et USA ne compense pas la croissance très forte des locos diesel en Chine et en Inde…

Dès lors, il y a maintenant (ou disons fin 2015 car il y a toujours un décalage important dans les chiffres de l’IEA) 35 Mtep de diesel ou charbon consommé pour le ferroviaire dans le monde soit une 1 Mtep de plus…


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[+1]    #23 12/12/2017 18h04

Banni
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Inutile d’aller aussi loin qu’en Inde ou en Chine, avec la SNCF tout est possible et surtout le pire : depuis maintenant pas mal d’années, l’opérateur national fait circuler des automoteurs diesel sur la ligne Béziers-Neussargues pourtant électrifiée de bout en bout ! C’est ainsi que le train corail Aubrac anciennement tracté par une paire de locomotives électriques a été remplacé par un automoteur diésel : ça pollue le Massif Central, mais les coûts sont tellement plus bas….

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[+1]    #24 21/12/2017 10h50

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Intéressant (et étonnant) cette information sur une ligne régionale au diesel en France, Stokes. Utile en tout cas.

Sinon un article de contre-sens typique de bien-pensance voire d’arrière-garde dans Le Monde (édition abonnés mais une partie de l’article lisible pour ceux qui ne le sont pas) :
Les vieux diesels, bons pour polluer l’Afrique

J’ai lu tout l’article et j’avoue être sidéré par l’erreur de raisonnement du journaliste (poussé par certaines associations sans doute ? de la bien-bien-pensance mal placée ? ) et aussi par un oubli de taille.

Le contre-sens est plutôt lié à un phénomène de la "cavalerie arrivant après la bataille". Le journaliste et les associations s’inquiètent que l’air soit pollué en Afrique (merci nous ne le savions pas) et que le dieselgate va inonder le marché africain de voitures "polluantes". Je cite l’article : « Ce qui nous inquiète, aujourd’hui, avec cette flotte de vieux véhicules diesel, c’est où ils vont finir. Et j’ai déjà une petite idée : le marché africain va être inondé ». Mais ils parlent constamment de voitures des années 2010 (i.e. pas aux normes Euro 6) tout en étant pourtant aux normes Euro 5 (vous noterez dans l’article d’ailleurs le manque de faits, de chiffres et de rappels des normes qui sont les seuls éléments permettant de raisonner pourtant).

Cet article est un magnifique exemple de conclusions erronées à partir de faits à peu réalistes pourtant. En fait, si tous les diesel des années 2010 partent plus tôt que prévu en Afrique en tant que seconde main (plus tôt que prévu car habituellement le cycle est plus long mais là le dieselgate accélère le cycle la valeur des véhicules diesel va chuter plus vite que prévu), cela constituera une énorme amélioration de la flotte africaine (notamment en Afrique de l’Ouest sans doute la plus polluée) et de l’air.
En effet, ces diesel aux normes Euro 5 (ou Euro 6 mais sans les respecter vraiment) tout "polluants" qu’ils sont pour l’Europe, sont en fait littéralement 10 voire 100 fois moins polluants que la flotte de véhicules roulant actuellement (au mieux aux normes Euro 4 voire 3 voire… Euro 2) ! On parle de taux de SOx, NOx et particules fines 100 fois inférieurs. Je ne comprends pas comment l’on peut se tromper à ce point dans un raisonnement. C’est au contraire une chance.

Alors oui, dans le meilleur des mondes, il faudrait des véhicules déjà aux normes européennes de 2018 en Afrique… mais ils seraient largement trop chers. Qui paierait ? Il s’agit là en fait, avec le dieselgate, d’une chance inespérée pour l’Afrique de l’Ouest d’avoir des véhicules au rabais (je parie que le prix des occasions diesel va vite baisser en Europe) mais de bien meilleure qualité que leur véhicules des années 80, 90 ou 2000 ! Donc oui, si l’on raisonne froidement et pour le bien réel des Africains (pas moralement), le dieselgate constitue une chance inespérée pour la qualité de la flotte africaine et la rapidité du renouvellement.

Ce point concernait le contre-sens.

Maintenant l’oubli : on ne parle quasiment pas du fait que la pollution de l’air en Afrique est due pour une très grande partie à… l’essence et au diesel frelatés venant de petites mafias locales au Nigéria avec plus ou moins de corruptions et d’assentiments tacites de certains gouvernements locaux (pas tous, il y a de très bons élèves en termes de pollution et de "chasse" à ces terribles carburants frelatés hyper riches en plomb et soufre, ce n’est même pas les normes des années 80 là, on est dans du carburant du 19ème siècle). Mais non ça ce n’est pas cité bien sûr…


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[+2]    #25 27/12/2017 13h47

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Bonjour !

Les lois dites "d’objectif", comme le nucléaire à 50 % en 2025, tous les établissements recevant du public aménagés pour les handicapés, interdiction du diesel en 2024 à Paris, etc. etc.  ne sont que des hypocrisies politiciennes à but démagogique.

Ceux qui proposent et font voter ce genre de carabistouille savent très bien que l’objectif ne sera pas atteint, et espèrent bien (secrètement) transmettre à d’autres les problèmes de (non)-mise en oeuvre et ne garder pour eux que les effets d’annonce.

Comment peut-on sérieusement annoncer une interdiction du diesel dans six ans, alors que 100 % des camions (livraisons) sont diesel, 79 % des SUV et autres 4x4, l’immense majorité des autobus, et près de la moitié des automobiles, qui ne seront pas toutes hors service d’ici 2024.

Dernière modification par M07 (27/12/2017 13h47)


M07

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[+2]    #26 27/12/2017 16h00

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Je pense exactement l’inverse: donner des objectifs dont on sait pertinemment qu’ils ne seront pas tenus est le meilleur moyen de décrédibiliser la parole politique.
On attend de nos dirigeants qu’ils agissent concrètement, pas qu’ils nous fassent miroiter des choses qui n’arriveront pas.

Il y a énormément de choses à faire concrètement aujourd’hui.
On continue de nous faire penser que nos dernières voitures aux normes euro-machin sont une révolution par rapport à nos vieilleries de l’an 2000 alors que la différence, concrètement, c’est à dire lors de l’utilisation à long terme au quotidien et dans toutes les conditions climatiques, n’est pas si flagrante. Il est de plus impossible de comparer les consommations qui continuent d’être biaisées par l’éco-éco-conduite des tests non-reproduisibles dans la réalité.
Là on nous vend du rêve qui pollue peu en sortie d’usine et si on le teste dans un laboratoire.
Il en est de la même chose pour les objectifs intenables de suppression du diesel, on voit déjà le temps que cela prend pour que le prix du litre de diesel se rapproche de celui de l’essence.

Je trouve que cet ensemble fait que quand les politiques prennent la parole sur le sujet ou annoncent des dates après leur mandat, ils n’ont qu’un intérêt de communiquant, ce n’est rien d’autre.

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[+1]    #27 11/02/2019 19h19

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Je me permets sur cette thématique de signaler un blog remarquable (de l’auteur du non moins remarquable "Or noir") :

Oil Man | Chroniques du début de la fin du pétrole, par Matthieu Auzanneau

L’auteur vient de publier de nouveaux articles mis à jour, avec pas mal de données et de sources.

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[+1]    #28 21/10/2019 21h39

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Je l’ai lu aussi et je pense que c’est à à contre courant de la pensée dominante.
L’éolien est le solaire ne sont pas capables selon moi à si brève échéance de remplacer le pétrole, le nucléaire et le charbon.

Dernière modification par Franc23 (21/10/2019 22h00)

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[+1]    #29 21/10/2019 23h26

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Tant qu’il n’y aura pas un moyen permettant de stocker l’énergie électrique produite par l’éolien, le solaire,…on aura toujours besoin d’une production de fond (le nucléaire par exemple) et des unités souples pouvant démarrer et s’arrêter rapidement pour gérer les pics de consommation (les centrales au gaz sont parfaites pour cela). La consommation de pétrole déclinera probablement petit à petit mais il ne disparaîtra pas si rapidement : je ne vois pas le retour des bateaux à voiles, ni la création des avions électriques pour demain. Donc le pétrole sera encore largement, mais moins, utilisé.

Dernière modification par nounours (23/10/2019 20h39)

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[+1]    #30 22/10/2019 13h06

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nounours a écrit :

Tant qu’il n’y aura pas un moyen permettant de stocker l’énergie électrique produite par l’éolien, le solaire,.

Il existe des solutions :
Les Autrichiens remontent l’eau en haut des barrages hydroliques à leurs heures perdues ;
Le pari sur l’hydrogène d’air Liquide est aussi de cet ordre là. On peut faire des piles à hydrogène. Ça demande de l’énergie, mais ça la conserve relativement bien, surtout qu’on est au début des recherches dans ce domaine.

Il y a certainement d’autres solutions, que je ne connais pas.

🍂🍂🌳🍂

Dernière modification par Flower (22/10/2019 13h07)

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[+1]    #31 07/12/2019 02h27

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Report: U.S. oil producers burning record amount of natural gas

En gros, l’extraction du pétrole produit en même temps du gaz, mais plutôt que de le récupérer et de le mettre dans des pipelines, il est de plus en plus souvent brûlé sur place, faute de pipelines gaziers suffisants.

Donc non seulement cela pollue, puisque vous avez une "torche" allumée en permanence en haut de chaque puit de pétrole, mais en plus on gaspille de l’énergie fossile non renouvelable.

Mais les USA étant ce qu’ils sont, une société de pipeline (et non une ONG écologique) a porté plainte pour que la réglementation soit plus strict sur ses torchères.

Les pays qui gaspillent le plus le gaz de cette manière sont la Russie, l’Irak et l’Iran, puis les USA (source).

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[+1]    #32 14/03/2020 10h38

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BulleBier a écrit :

Si ces conditions durent deux ans, le pétrole de chiste est fini, donc l’offre diminue fortement, donc… Le prix remonte.

Votre raisonnement me semble trop simple.

La production du pétrole de schiste peut être arrêtée du jour au lendemain, ce n’est pas du forage en haute mer avec des contrats de locations de plates-formes sur plusieurs mois ou encore les installations pétrolières en Sibérie qui gèlent si elles ne sont pas utilisées.

Donc même si la production de schiste était déstabilisée temporairement, elle reprendra à plein pot dès que le pétrole reviendra à $40-50, éventuellement avec d’autres acteurs (ConocoPhillips, ExxonMobil, Chevron) si certains producteurs ont fait faillite entre temps.

L’économie de l’Arabie Saoudite ou de la Russie est bcp plus pénalisée que les USA avec un pétrole à $30, c’est une situation intenable à moyen terme pour eux. D’ailleurs, l’Arabie Saoudite n’a fait que réagir à la Russie, pour maintenir ses parts pétrolières, tandis que Mohammed ben Salmane, de plus en plus contesté, emprisonne à tout va.

Mon scénario est le suivant :

1) La Russie se transforme en dictature, et Poutine s’enorgueillit de faire de la Russie une puissance d’influence. Il y a quatre ans, il souhaitait Trump comme Président des USA, aujourd’hui, il n’en veut plus.

2) Il profite de la crise du coronavirus, pour ajouter à l’instabilité en œuvrant pour écraser le prix du pétrole. L’Arabie Saoudite, qui a une certaine flexibilité maintenant que l’IPO de la Saudi Aramco a eu lieu, est "obligée" de suivre.

3) Ce jeu durera jusqu’à l’élection présidentielle américaine, avec l’objectif que Trump ne soit pas réélu.

4) Post-élection, la Russie rentre dans le rang du cartel de l’OPEP, et tout le monde œuvre pour un pétrole à $50-60, qui arrange à peu près tout le monde.

De toutes les façons, la production de schiste cape le cours du pétrole à $50-60.

Pour moi, les incertitudes principales à long terme sont :
- à quelle vitesse la voiture électrique va se généraliser,
- quelles sont les réserves de pétrole de schiste, sachant que les meilleurs puits auraient déjà été forés et qu’ils s’épuisent en 1-3 ans.

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[+1]    #33 14/03/2020 12h43

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M07 a écrit :

Toutefois, une théorie récente, un peu échevelée, circule actuellement dans certains milieux :
- La consommation de pétrole diminuera fortement à partir de 2050, à cause du développement des énergies renouvelables et du nucléaire. Les prix du pétrole s’effondreront à ce moment-là. Les grands producteurs actuels ont donc intérêt à beaucoup vendre tant que c’est possible, en capitalisant les gains, pour survivre à cette (future) période bien moins pétrolière.

J’avais aussi entendu cette théorie, et comme vous je la trouve assez échevelée:
augmenter la production de 20/25% mais occasionner une baisse du prix du brut de 50% ne semble pas, de prime abord, la stratégie la plus efficace pour s’enrichir.

Il faudrait étudier les équilibres géostratégiques de production mondiale pour vraiment se faire une idée de l’impact à moyen terme. Peut-être qu’ils visent à agir comme un dealer: en voyant le client près à décrocher, il lui offre une dose gratuite pour le rendre davantage accro ? Ou espèrent-ils que certains pays producteurs (Norvège par exemple) réduisent d’eux-même leur production parce qu’ils s’engagent pour préserver le climat ?

Une partie de billard à trois bandes bien complexe… mais pour le moment très surprenant !

Audois a écrit :

Ce sont précisément les données recueillies avec ITER qui permettront d’apprécier si le projet de production à grande échelle dans la décennie 2030 sera tenable.

ITER est un réacteur de recherche. Il sera suivi par un autre réacteur de recherche qui produira, si tout se passe bien un peu d’électricité en 2040.
La phase de production massive de réacteurs de fusion ne commencera en aucun cas avant 2050. Et ils ne produiront que de l’électricité (qui est très peu produite à partir de pétrole)

le programme ITER se déroule à ce jour exactement comme prévu

Pas vraiment au budget prévu (x4)… mais je suis d’accord pour dire que le budget est un critère secondaire (surtout qu’on n’en est que à 20 Mrds, répartis sur plusieurs des plus grosses nations du monde)
Par contre, quand même déjà 5 ans de retard (et ça n’est pas surprenant).

Malgré ces rappels, je reste un fervent soutien à ITER et au nucléaire en général.

Dernière modification par Faith (14/03/2020 12h50)


La vie d'un pessimiste est pavée de bonnes nouvelles…

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[+1]    #34 14/03/2020 14h40

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https://www.devenir-rentier.fr/uploads/6399_photo-2020-03-11-10-16-45.jpg

De la difficulté de toute prévision concernant le cours du pétrole.


L’argent est un bon serviteur et un mauvais maître (A. Dumas )

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[+1]    #35 14/03/2020 19h42

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Concernant la politique énergétique calamiteuse de l’Allemagne :

Pole Technologique Sud Champagne a écrit :

La fameuse révolution énergétique allemande, l’Energiewende, a été lancée il y a 15 ans et a englouti des centaines de milliards d’euros pour faire basculer la production d’électricité en Allemagne vers le tout renouvelable, éolien, solaire et biomasse tout en abandonnant le nucléaire. Mais elle est loin de produire les effets escomptés. Non seulement, les prix de l’électricité ne cessent de monter, mais les émissions de CO2 ne baissent pas du tout comme espéré. L’Allemagne est ainsi de loin le plus gros émetteur de CO2 d’Europe (22% du total l’an dernier), bien plus du double de la France (9,3%). Car outre-Rhin, quand il n’y a pas de vent ou de soleil, ce sont les centrales à charbon, particulièrement polluantes, qui prennent le relais.

Heureusement que, parmi les écologistes, il y en a des lucides comme Jancovici. Sinon, je trouve que le discours anti-nucléaire fanatisant du catéchisme écologiste décrédibilise fortement leur message. Sur moi, ça a même un effet répulsif, alors qu’ils disent peut-être des choses intéressantes par ailleurs. Mais personnellement, je déteste les idéologies qui virent à la religion.

Dernière modification par Vibe (14/03/2020 19h43)

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[+1]    #36 26/03/2020 17h02

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Les Echos a écrit :

Les Etats-Unis vont inculper le président vénézuélien Maduro de « narco-terrorisme »
Le sénateur américain Bill Rubio a indiqué que le président vénézuélien Nicolas Maduro allait être inculpé de narco-terrorisme. Le président et d’autres hauts responsables vénézuéliens sont accusés d’être liés à des cartels de stupéfiants.

Que signifie une telle mise en accusation ? Il semble être de notoriété publique (ou presque) que de tels liens existent effectivement entre le gouvernement vénézuélien et les narco-trafiquants.

La question me semble donc être : pourquoi maintenant ?

La "guerre du pétrole" déclenchée récemment par la Russie et l’Arabie Saoudite, conjuguée à la baisse massive de la demande pétrolière mondiale liée à la "crise du Covid-19", vient mettre à mal l’industrie pétrolière américaine.

Ces évènements d’une portée considérable surviennent à un moment où les dettes d’un certain nombre d’entreprises du secteur du schiste américain sont tout simplement trop grosses pour pouvoir être remboursées.

Depuis des années, le financement de ces entreprises a été assuré (indirectement) par l’"assouplissement monétaire". Sans cela et compte tenu de la précédente crise pétrolière des années 2014 et suivantes, beaucoup (plus) d’entreprises du secteur aux Etats-Unis auraient déjà dû disparaître. Il s’agissait vraisemblablement d’une stratégie assumée par Washington, permettant d’assurer son indépendance énergétique et le redémarrage d’une économie qui, sans cela, serait sans doute restée dans empêtrée dans une certaine pesanteur après la crise de 2007-2008.

Cette stratégie est aujourd’hui menacée : le pétrole américain, plus cher, a besoin de financements peu coûteux et d’un prix du pétrole plus élevé que ses concurrents, pour être produit en quantité suffisante au regard des intérêts énergétiques américains.

Or, le financement à crédit semble être arrivé au bout de sa logique. Le prix du pétrole est extrêmement insuffisant. Economiquement, cela ne tient plus. Avant que le cours du baril ne remonte, de nombreuses entreprises du secteur risquent (encore) de disparaître (toutefois, certaines seront sans doute rachetées/fusionnées par les acteurs solides).

Au vu de ces éléments, les Etats-Unis se retrouvent dans une situation où leur accès au carburant de leur croissance  (le pétrole) pourrait se restreindre dans les années à venir. Il leur faut donc sécuriser des approvisionnements. C’est une nécessité stratégique, géopolitique et économique. C’est très bien de disposer de ressources sur son territoire. Encore faut-il être en mesure de les exploiter.

Or, le Venezuela est l’un des pays du monde doté des plus grosses réserves. L’extraction de ce pétrole est certes plus coûteuse qu’en Russie ou en Arabie Saoudite par exemple. Mais le pays présente l’avantage d’être situé sur le continent (sud-)américain.

De plus, il est possible que la crise du Covid-19, en frappant le Venezuela, renforce le sentiment de ras-le-bol de la population.

Peut-être ce le moment rêvé pour les Etats-Unis d’"agir" (comment ?) pour "remplacer" M. Maduro.

Et de trouver un "bon deal" avec son successeur.

Objectivement, cela aurait le mérite de remettre le Venezuela à flots à moyen terme, par la réalisation d’investissements (risqués, car le pays est risqué) et pourrait mettre fin à la crise économique qui frappe le pays (attention à la maladie hollandaise toutefois).

Au plaisir de vous lire pour échanger sur cette pseudo-analyse, teintée de spéculations,

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[+1]    #37 31/03/2020 16h51

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Bonjour Tigerwings ,

Voilà les 2 ETFs que j’utilise en CTO & qui répliquent les indices directement du prix du Baril:

Wisdomtree Brent Oil Securities GB00B0CTWC01

Wisdomtree Crude Oil Commodity GB00B15KXV33

Dernière modification par MrOizo (31/03/2020 17h08)

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[+1]    #38 18/04/2020 15h55

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D’après ce que j’en comprend oui. Daily Swap Rate 0.001233%.

Index Description
The Index is designed to reflect the movement in the price of the WTI crude oil futures
contracts (that are continuously rolled on a pre-determined rolling schedule) used in
the Bloomberg Commodity IndexSM. A futures contract is an agreement to purchase a
commodity at an agreed price, with delivery and payment to take place at a specified
point in the future. Futures contracts are generally disposed of just before the term of
the contract expires and new contracts entered into in order to avoid taking actual
delivery of the commodity in question (a process known as ’rolling’), so that continuous
exposure to the commodity is maintained. The contracts being purchased may be
more expensive than the contracts being sold which would cause an investor in
commodity futures to make an additional loss. This market trend is known as
’contango’. Alternatively the contracts being purchased may be cheaper than the ones
being sold which would result in an additional gain, known as ’backwardation’. This
price difference is commonly referred to as "roll yield". As the roll yield is incorporated
into the calculation of the value of the Index, it may therefore have a positive or
negative impact on the value of the Index depending on whether there is contango or
backwardation. The ETC will also be affected as its value is based upon the value of the
Index

www.wisdomtree.eu/en-gb/-/media/eu-medi … de-oil.pdf

Il est intéressant de voir que sur le long terme, la performance n’a plus rien a voir avec son sous-jacent.

https://www.devenir-rentier.fr/uploads/11230_wti.png

www.wisdomtree.eu/en-gb/products/ucits- … -crude-oil

Dernière modification par DeadBull (18/04/2020 15h58)

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[+3]    #39 21/04/2020 09h34

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Bonjour !

Dans le cadre d’une surcapacité de production de l’énergie, il y a aussi l’électricité (française). Comme signalé dans le Canard enchaîné de mercredi dernier, EdF a une production importante par des moyens manquants de souplesse. Ainsi, arrêter une centrale nucléaire (arrêt de tranche) coûterait très cher pour la remettre en service à partir du 11 mai. De plus, EdF a obligation d’acheter l’électricité éolienne et solaire produite par des privés. Or, la consommation globale a baissé de de plus de 20 %, surtout à cause des entreprises à l’arrêt.
 
Du coup, le prix (de gros) de l’électricité est devenu négatif. EdF paye donc certains clients afin qu’ils consomment ce courant encombrant.

Effet secondaire : les énergies renouvelables ne sont plus du tout concurrentielles, et de nombreux projets risques d’être abandonnés.

https://www.devenir-rentier.fr/uploads/9187_edfnegatif.gif

Dernière modification par M07 (21/04/2020 09h47)


M07

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