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Forums des investisseurs heureux

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#26 15/06/2012 10h56

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je ne suis pas du tout plein de certitudes et je pense avoir pris des précautions écrites (va plutôt avoir tendance à").

je crois par ailleurs avoir évoqué les grandes lignes militant pour une inflation basse, voire une déflation en france / Europe.

maintenant, je demande à voir les arguments macroéconomiques en faveur d’une hyperinflation.

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#27 26/06/2014 23h44

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Je fais remonter cette file.

On me demande de plancher sur le thème suivant dans le cadre de portefeuilles liquides prudents: "quelle stratégie pour se prémunir des risques d’inflation et de désinflation?"

J’ai qq idées mais vos lumières sont bienvenues.
Tout d’abord, il y a les arguments sur les deux phénomènes.
- désinflation car baisse des commos, ajustements structurels en eurozone (baisses de salaire), début de reprise toujours peu inflationniste… Cela tend à voir la désinflation actuelle comme temporaire. Tout cel est mitigé par le levier importantdans le système, qui est lui déflationnaire.
- les risques d’inflation représentés par les banques centrales et d’ici qq trimestres par les revendications salariales dans les économies qui propsèrent (US, UK, Allemagne).
Bref, rien de nouveau sous le soleil.
Difficile de se faire une idée du timing ou des catalyseurs.

Question stratégie à déployer dans ce contexte.

- question passif: taux fixes, amortissables ou in fine. En effet les taux sont au plancher donc en cas de désinflation, peu à gratter alors qu’en cas d’inflation, un variable est dangereux.
- question revenus: l’inflation rogne les revenus tandis que les dépenses augmentent vite. En cas désinflation, les dépenses sont souvent incompressibles. Des coupons fixes sont donc à proscrire. Il nous faut des revenus qui au pire stagnent, au mieux croissent (dividendes, loyers?)
- question actifs :
L’absence de volatilité actuellement est l’occasion de faire remonter le niveau de cash en préparation aux soubresauts de marché (genre mi 2011 ou Russie récemment). Donc je mets un peu de cash en attente.
Question obligataire, je pense qu’il y a de la valeur dans les corporates de pays mal notés (Un norilsk nickel noté bbb- est une bonne opportunité de faire du 7% sans gros risque). J’aime l’idée des leverage loans (risque crédit seulement) mais vu la collecte, cela me semble assez bullesque.
Les Catbonds: Warren Buffett n’en fait plus, les taux sont à 5% alors que 2013 fut l’année la moins chargée en sinistres de l’histoire. Là aussi, des désillusions sont possibles
Bref, je suis à court d’idées dans cette classe d’actifs.
Question actions, on trouve facilement des entreprises peu ou pas endettées avec du pricing power donc je me tournerai vers elles ainsi que de situations pays spéciales (Russie, Autriche, Italie) en achetant bêtement les ratios CAPE les plus faibles.
Finalement, sur les devises, je me prémunis en prenant des devises de pays qui ont des excédents commerciaux structurels comme le NOK, SGD, KRW voire notre bon vieux euro.

En me relisant, c’est un peu désordonné.
Quels sont donc ces actifs asymétriques: pile je résiste à un des deux phénomènes, face je m’apprécie?

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#28 23/10/2016 13h24

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Bonjour

Je partage ci dessous la newsletter de JP Betbeze de ce dimanche.

JP Betbeze a écrit :

Le mot est de Jean-Claude Trichet : « l’inflation, c’est comme le dentifrice, une fois qu’elle est sortie du tube, c’est très difficile de l’y faire rentrer ! ». De fait, après des années d’attente, l’inflation montre sa couleur. Elle apparaît aux Etats-Unis. Le dernier indice des prix a augmenté de 0,2 % en septembre, contre 0,1 % en août et -0,2 % en juillet. La déflation s’éloigne et laisse place à sa symétrique : l’inflation. Sur un an, la voilà à 1,5 % en septembre contre 1,1 % les mois d’avant. Derrière cette inflation, le prix du pétrole joue un rôle, mais il varie en tous sens. C’est du côté des salaires qu’il faut regarder. Le coût du travail a augmenté de 0,6 % entre mars et juin et de 2,3 % sur un an, à fin juin. C’est l’inflation salariale qui vient. Et même en retard, avec ce taux de chômage à 5 % depuis des mois.
Et ce n’est pas fini. La patronne de la Fed, Janet Yellen, a dit que, selon elle, des chômeurs n’avaient pas encore rejoint le marché du travail. Ils restent sous le choc de la crise de 2008. Donc il faut laisser monter encore les salaires et l’inflation tout en augmentant doucement les taux courts. Donc l’inflation « sait » qu’elle peut aller vers, peut-être, 2,5 % !
Allons au Royaume-Uni puis en zone euro. Le Brexit a fait baisser la livre de 15,8 %. Par rapport au dollar, elle est à son plus bas depuis trente ans. Cette livre ultra-faible aide à exporter et encourage les touristes, mais fait aussi monter l’inflation importée. La Banque d’Angleterre pense que l’inflation totale sera autour de 2% l’an prochain, puis à 2,4 % en 2018. Les marchés parlent de 4% ! En zone euro, l’inflation remonte à 0,4 %, à 0,5 % en France et autant en Allemagne.
L’inflation sort du tube ! On la voit dans les pays en plein emploi, passant par les salaires. On la trouve chez les autres, passant par les services. Donc les taux longs vont encore monter. Ils ne vont pas attendre les hausses des taux des banques centrales : ils savent qu’elles seront en retard. Ils  vont même ne pas les écouter, pour prendre les devants. Autant de gagné ! Alors la bourse va s’interroger et regarder les entreprises trop endettées, avec trop peu de trésorerie.
Alors les banques centrales vont se réjouir et mesurer la pâte dentifrice sortie du tube : Etats-Unis d’abord, puis Royaume-Uni et Japon, puis zone euro. 2 % en vue ! Laissons faire, diront-elles. On entendra des pleurs : les entreprises qui ont trop profité des crédits en solde, les pays émergents qui vont trouver l’argent plus cher, les investisseurs qui vont se demander ce qui leur a pris d’acheter des bons du trésor à 50 ans qui leur rapporteront royalement 0,5 % ces cinquante prochaines années. Et comment l’expliquer aux clients !
Puis, disons dans un an, les Etats-Unis vont dire que c’est assez. Les salaires auront assez monté, les taux longs aussi, avec le dollar. Le commerce extérieur va piquer du nez, les profits aussi, donc la bourse. Derrière le chômage qui a permis la hausse des salaires vient l’inflation à combattre, par la récession.
Partout, on va alors se dire qu’on en a trop fait : trop de quantitative easing, trop de crédit pas cher pour désespérer l’épargnant et attirer l’emprunteur ! Trop de confiance et de liberté pour les banques centrales ! Quelle idée que leur « monnaie hélicoptère » ! La monnaie, amassée chez les ménages et les entreprises, va se dire qu’il faut sortir. Vite. Sortir pour acheter avant que les prix n’augmentent, acheter l’appartement avant que les taux ne prennent l’ascenseur. Et les entreprises vont penser que c’est maintenant ou jamais qu’il faut faire des OPA ou des OPE sur le concurrent. Mais c’est déjà bien tard.
Alors, on va tout faire pour faire rentrer l’inflation dans le tube. Janet Yellen et Mario Draghi vont dire que tout est sous contrôle : pas de panique ! On demandera à l’épargnant de rester en banque, on le paiera même pour cela ! On s’inquiétera des clients en assurance vie qui veulent vendre leurs obligations, quitte à prendre leur perte avant qu’elle n’augmente encore. On leur parlera. Peut-être qu’on les bloquera, s’ils persistent. Ambiance.
L’inflation n’est jamais celle qu’on veut, ni autant qu’on veut. Elle peut venir des salaires, impôts et taxes ou des importations. Mais, pour qu’elle se manifeste, il lui faut toujours de la monnaie. Et il n’y en a jamais eu autant, pour aussi peu d’inflation. Cependant, la monnaie ne dit jamais ce qu’elle va faire. C’est son secret, bien connu, dans son tube


L’argent est un bon serviteur et un mauvais maître (A. Dumas )

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[+1]    #29 23/10/2016 16h01

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Oui, beaux enchaînements de scénario catastrophe.

Pourtant cela fait 10 ans que ça dure. Cela fait 20 ans que le Japon stagne malgré une politique monétaire expansionniste.

De plus on nous serine à juste titre que les résultats passés ne sont pas garantis dans le futur.
Pourquoi cela serait différent pour les mécanismes de l’inflation?
Abondance de liquidités n’a toujours pas eu d’effet sur l’inflation aujourd’hui et les taux courts et longs sont au plus bas.
Certains nous prédisent le retour de l’inflation depuis 2009 et les premiers QE…

Il faudrait que les analystes ou prétendus spécialistes admettent qu’il n’y a pas de certitudes et que dans le domaine financier pour ne pas dire économique, on navigue à vue.
Mais cela a t’il été différent à d’autres époques?


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#30 23/10/2016 18h05

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Cependant quelque soit le mécanisme et qu’on constate ou non de l’inflation, une politique monétaire expansionniste n’a qu’un seul effet : diminuer la valeur de la monnaie et augmenter la valeur des biens rééls.

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#31 23/10/2016 20h19

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L’inflation hors pétrole est entre 1 et 2% depuis quelques temps déjà.

Par contre les salaires n’ont pas augmenté.

Je ne sais pas si c’est un scénario catastrophe. Aucune idée. C’est juste que le retour de l’inflation pourrait grandement changer la donne pour les rentiers/investisseurs…


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#32 24/10/2016 21h26

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Ci-dessous un graphe de Jefferies qui indique les performances des secteurs en cas d’anticipations de progression de l’inflation.

https://www.devenir-rentier.fr/uploads/6453_inflation.jpg

On voit que les banques sont les plus à plaindre en cas de remontée de l’inflation. Cela se comprend car leurs clients qui ont des prêts à 2 ou 3% vont rembourser avec une monnaie qui perdra autant voire plus avec l’inflation chaque année.

De façon générale les secteurs très compétitifs vont aussi perdre car ils ne pourront pas augmenter leurs prix comme ils l’entendent.

L’énergie et les matières premières vont le plus facilement s’adapter à un monde inflationniste voire même devenir refuge au fur et à mesure de la perte de confiance dans la monnaie.

Les utilities enfin ne sont pas non plus à plaindre car probablement ils peuvent facilement augmenter leurs prix (clientèle captive et services de première nécessité).

Enfin l’immobilier se voit assez immunisé à l’inflation probablement parce que les propriétaires peuvent gagner sur les deux tableaux: alléger le poids de leurs remboursements avec une monnaie qui se déprécie alors que les taux d’emprunts sont fixes et faibles et augmenter les loyers (clientèle aussi captive et service de première nécessité).

Au global la bourse (indice S&P500) se comporte plutôt bien en période d’augmentation de l’inflation.

En conclusion si vous croyez au retour de l’inflation, ne foncez pas sur l’or, le pétrole semble en bien meilleure posture; encore sur des niveaux faibles de valorisation et excellents profits avec plus d’inflation.

Dernière modification par Jef56 (24/10/2016 21h27)


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#33 15/12/2016 17h06

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Voici un article intéressant :

Grande distribution : les sales coups de la guerre des prix - Libération

Et si pour faire revenir l’inflation, la solution n’était pas le QE mais un retour à une "entente oligarchique" dans la distribution ? (qui se trouve actuellement plutôt en période difficile).


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#34 16/12/2016 00h44

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Je crains qu’il n’y ait pas vraiment d’autre alternative pour sortir du musée cette vieillerie qu’est l’inflation et que nos sociétés occidentales ont banni de leur vocabulaire.

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#35 15/08/2018 13h29

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Je remonte ce sujet car il semblerait que l’inflation soit cette fois de retour pour de bon, dans toute la zone euro, en retrouvant en juillet, pour la France, son plus haut niveau depuis mars 2012 (2,3 % sur un an).

https://www.lesechos.fr/medias/2018/08/01/2195524_linflation-est-a-son-plus-haut-niveau-depuis-2012-web-0302057956387.jpg

Source : Les Echos.fr - L’inflation est à son plus haut niveau depuis 2012

Si elle se vérifie à nouveau, la phrase de l’ancien président de la BCE Jean-Claude Trichet (« L’inflation, c’est comme le dentifrice, une fois qu’elle est sortie du tube, c’est très difficile de l’y faire rentrer ! »), mentionnée dans un précédent message de MisterVix, pourrait laisser penser que cette nouvelle situation pourrait s’inscrire dans la durée et même, pourquoi pas, que cette hausse de l’inflation pourrait s’accentuer encore un peu.

S’il s’agit d’une bonne nouvelle pour ceux notamment qui ont contracté un prêt immobilier au cours de ces dernières années, c’en est une beaucoup moins bonne pour ceux qui ont une partie plus ou moins importante de leur patrimoine financier sur des supports tels que les fonds euros ou les PEL, sans même parler des livrets bancaires.

La hausse des prélèvements sociaux à 17,2 % cette année n’arrange rien puisque même les meilleurs fonds euros ou les PEL à 2,5 % pourraient se voir rapidement grignoter par l’inflation. Pour les PEL à 2,5 %, c’est d’ailleurs déjà le cas puisqu’ils ne fournissent désormais qu’un rendement annuel net de 2,07 %.

Au vu de cette nouvelle situation, je commence déjà à m’interroger à propos des arbitrages que je pourrais être amené à faire et ça m’intéresserait également de savoir ce qu’il en est pour vous.

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#36 15/08/2018 14h00

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Hmm. Il faudrait relativiser quand même. Une inflation autour de 2%, c’est juste parfait et ce qu’il faut pour que l’économie tourne bien (si les salaires suivent).

En fait, le mandat de la BCE est explicite sur le but de 2% pour l’inflation.

C’était aussi inévitable avec la fin prévue des QE.

Par contre, si ça monte plus, oui on aura un problème.

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#37 15/08/2018 14h29

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Je veux bien investir mes liquidités ailleurs que sur un fond euros mais je ne pense pas qu’il existe des supports qui proposent des performances similaires avec garantie du capital et effet cliquet.

Avec les PS, cela fait 0.34% de moins pour un fond à 2% soit 1.66% par an et 0.43% de moins pour un fond à 2.5% soit 2.07% par an.
Comme je ne suis pas imposable, je ne paye pas d’autres impôts (ajout des intérêts à mes revenus en cas de retrait).

Je commence donc effectivement à perdre de l’argent avec l’inflation actuelle.

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#38 15/08/2018 15h04

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L’article dit que cette récente hausse de l’inflation est liée aux prix de l’énergie, ce qui fait qu’il n’y a pas de quoi paniquer. Les prix de l’énergie sont parmi les plus volatils et cette forme d’inflation persévère rarement. Et d’un autre côté, l’inflation sous-jacente (prix de l’énergie et alimentaires exclus) est actuellement à 0.99%. Fort de ces chiffres, mon interprétation est que la hausse récente de l’inflation est temporaire, destinée à durer quelques mois tout au plus. A mon humble avis, mieux vaut attendre de voir ce que le futur va donner avant de faire des arbitrages ou se mettre à emprunter.

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#39 15/08/2018 15h21

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Devrait-t-on inclure les taxes dans l’inflation ? Sur le carburant, les véhicules (bonus malus = taxe déguisée), sur les plastiques, l’électricité, le gaz, les revenus etc.

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#40 15/08/2018 19h27

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@AleaJactaEst : le baromètre d’inflation utilisé par la BCE, le HICP (Harmonised Index of Consumer Prices) prend en compte les prix pour le consommateur, donc il inclut les taxes. On peut comparer ce HICP avec le HICP-CT (à taux de taxes constants), pour évaluer l’impact des taxes sur le consommateur.

A part ça, je partage les avis de Gaspode et de Mewtow : il faut essayer de "lisser" la volatilité du HICP due notamment aux prix des matières premières (dont l’impact peut être important mais est normalement temporaire), pour estimer le niveau "moyen" d’inflation. L’inflation sous-jacente reste modeste, comme dit par Mewtow.

Evidemment, la BCE suit tout cela de très près, donc on peut surveiller les nuances du discours de Draghi sur le sujet à chaque nouvelle conférence de presse (chaque mot est pesé au trébuchet) :

Draghi (BCE), déclaration introductive, 26 juillet 2018 a écrit :

La hausse annuelle de l’IPCH dans la zone euro s’est accélérée, s’établissant à 2,0 % en juin 2018, contre 1,9 % en mai, en raison essentiellement de l’augmentation des prix de l’énergie et des produits alimentaires. Sur la base des prix actuels des contrats à terme sur le pétrole, les taux annuels d’inflation devraient fluctuer autour de leur niveau actuel jusqu’à la fin de l’année. Si les mesures de l’inflation sous-jacente restent globalement modérées, elles ont augmenté par rapport aux points bas passés. Les pressions sur les coûts d’origine interne s’accroissent et se généralisent dans un contexte de niveaux élevés d’utilisation des capacités de production et de tensions sur les marchés du travail. L’incertitude autour des perspectives d’inflation recule. Dans la période à venir, l’inflation sous-jacente devrait s’accélérer vers la fin de l’année et progresser graduellement à moyen terme, soutenue par nos mesures de politique monétaire, la poursuite de la croissance économique, la résorption correspondante de la sous-utilisation des capacités productives et l’accélération de la hausse des salaires.

Draghi (BCE), réponses à la presse (non traduites), 26 juillet 2018 a écrit :

it’s true that headline inflation is now 2% from 1.9%, but if you look at the inflation, so the next question that one should ask is – is this going to be sustained? The answer is that if we look at inflation excluding oil and food it’s now 0.9% from 1.1% last time. The underlying inflation remains muted so we see encouraging signs here and there. It’s very early to call victory.

Cette dernière déclaration de Draghi suggère que le principal risque que la BCE voit pour son objectif (un HICP de 2% ou un peu moins, à moyen terme), ce n’est pas un risque d’inflation excessive, mais le contraire : un risque de déflation ! (c’est pour ça que la BCE continue son QE, jusqu’à la fin de l’année). La déclaration de Draghi suggère aussi qu’il accorde beaucoup d’importance à l’inflation sous-jacente.

Cela dit, c’est vrai que le retour graduel de l’inflation vers la cible de la BCE pose des questions sur les meilleurs supports pour l’investissement. Les rendements obligataires (donc la performance des fonds €) risquent de prendre du temps pour remonter car la BCE va continuer d’acheter des obligations souveraines après fin 2018 afin de maintenir constante la taille de son portefeuille QE.

Perso, je vais réduire la part de mon patrimoine placée en fonds € (actuellement 33%), en liquidant le moins performant de mes fonds € (rapportant seulement 1,20% contre 2,65% pour l’autre) à l’occasion d’un achat immobilier. Cela ramènera la part des fonds € à environ 25% de mon patrimoine, et cela augmentera le rendement moyen de cette poche, à un niveau supérieur à la cible d’inflation de la BCE.

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#41 18/03/2020 05h34

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Bonjour,
Mon scénario pour le futur repose en grande partie sur l’impression monétaire que les banques centrales vont effectuer pour essayer d’endiguer la crise actuelle (2020 covid-19).

N’étant pas attiré par l’or pour des raisons qui pollueraient le sujet, je voudrais me protéger de l’impression monétaire en diversifiant sur les devises (en vendant mes euros).

Dans ce scénario, il est vraisemblable que les plus grandes banques centrales vont imprimer, faisant ainsi diminuer la valeur de leur monnaie, mais je cherche à savoir laquelle imprimerait moins que d’autres pour profiter du taux de change.

Comment savoir si la FED aura plus tendance à imprimer que la BCE, la BoJ ou la BoE ? Quelles ont été leurs réactions dans le passé ? Quel pays à tendance à laisser filer sa monnaie en situation de crise, etc.

Dans le même temps, il me semble qu’il faut prendre en compte la demande pour la monnaie. Par exemple si la BNS imprime, mais que la demande en CHF reste forte, cette impression pourrait être sans effet sur la valeur de la monnaie. Du coup, il pourrait être intéressant de se protéger en achetant des CHF. 

Quid des pays dont la monnaie est basée sur des matières premières NOK, CAD, etc. Ont-ils intérêt à imprimer?

Dans "par où commencer" il y a beaucoup de sujets sur les actions, les obligations et l’immobilier, mais je n’en ai pas trouvé sur les devises.

J’ai également entendu parler des PPA pour choisir les devises. Comment s’y retrouver?

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#42 18/03/2020 08h10

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En fait vous avez plus simple et intéressant que de chercher une hypothétique monnaie qui ne serait pas dévaluée.

Le meilleur moyen est de ne pas avoir de monnaie, voir être négatif. Si vous placez dans une autre monnaie vous ne fait que déplacer le problème er vous exposez au risque de change.

Donc la solution, vous achetez des actions, c’est les soldes et ça protège bien de l’inflation. Vous empruntez pour de l’immobilier ou autre et dans ce cas vous serez négatif sur la monnaie et vous rendrez moins grâce à linflation. Ces actifs vont vous protégez de l’inflation et en plus vous faire gagner de l’argent. Et pas de risque de change.

Un bon investisseur ne cherche pas à contourner le problème mais à en profiter.

Dernière modification par JohnGaltTagart (18/03/2020 08h12)

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#43 18/03/2020 08h19

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La mise en marche à l’échelle mondiale de la planche à billet est en effet suceptible de créer de l’inflation.

Dans ce cadre des options intéressantes peuvent être :

- Les actions, "en soldes" en ce moment et qui devraient profiter de l’inflation (les produits et services vendus sont justement ceux dont les prix vont augmenter)
- L’immobilier à crédit, où l’on peut à la fois "rembourser moins" en comptant l’inflation et en partie indexer les loyers sur l’inflation

Les options à éviter seraient :

- Le cash sous toutes ses formes (livrets, devises…)
- Les obligations dont le rendement réel va chuter (delta coupon vs. inflation)

A prendre avec des pincettes, je n’ai pas la prétention d’être un expert.

Dernière modification par piwai (18/03/2020 08h19)

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#44 02/05/2020 19h44

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Bonjour,
Je relance ce sujet, dans la mesure où j’essaie d’anticiper un scénario de stagflation pour les prochains mois / années, compte-tenu des effets suivants :
- crise économique = baisse des actions
- planche à billet / dettes = hausse de l’inflation
Quel pourraient être les investissements les plus résilients dans ce contexte ?
Merci d’avance.

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#45 02/05/2020 20h01

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Bonsoir Yaka, comme indiqué ici sur cette file, les obligations souveraines indexées sur l’inflation, comme les OATi et OAT€i françaises, pourraient vous intéresser.

Certains fonds proposent des paniers diversifiés (par émetteurs et par maturités), d’obligations souveraines européennes indexées sur l’inflation, par exemple :

- Lyxor Euro Gov Inflation Linked Bond DR (MTI) : capitalisation, réplication directe, capi 431 millions €, frais 0,2%, réplique l’indice Bloomberg Barclays Euro Government Inflation-Linked Bond Index : 45% France, 31% Italie, 13% Allemagne, 11% Espagne 

- Lyxor EUR 2-10 Y Inflation Expectations (INFL) : capitalisation, réplication indirecte, capi 1064 millions €, frais 0,25%, réplique l’indice Markit iBoxx EUR Breakeven Euro-Inflation France & Germany Index Nominal TRI : France 74%, Allemagne 26%

- Amundi ETF Euro Inflation UCITS DR (CI3)

Dernière modification par Scipion8 (02/05/2020 20h01)

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#46 12/06/2020 07h48

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Relance de cette file suite à un constat que j’ai pu faire ces derniers jours.

- Plein de courses chez Lidl à ISO panier : Avant la crise 115€, maintenant 125 € --> + 8.6 %
- Coupe de cheveux homme (chez Dessange) : Avant la crise 30 €, maintenant 32 € --> + 6.66%

- Une bière en bord de lac à Evian : Avant 3.2 € après 3.2€ --> nous sommes sauvés.

Trêve de plaisanteries, je vais prêter un peu plus d’attention aux prix avant/après mais l’inflation ne pointerai t-elle pas le bout de son nez ?

Nous verrons si les prix baissent une fois cette crise passée. Personnellement, je n’y crois pas.

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#47 12/06/2020 08h05

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Je suis allé acheter des vêtements pour ma femme -> -30%

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#48 12/06/2020 08h08

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Caceray a écrit :

Je suis allé acheter des vêtements pour ma femme -> -30%

Les vêtements, avec tout ce qu’on voit, des ventes privées, spéciales, soldes, ventes du club VIP, les destockages, nous n’avons plus vraiment la notion de prix réel.
Acheter des fringues à -30% n’est pas révélateur de vrai prix, bien souvent, les remises sont purement et simplement du marketing.

D’ailleurs un article  ou encore un autre : l’hypocrisie des soldes d’une marque que j’affectionne particulièrement explique ce Marketing qui fini par troubler le consommateur, et qui montre surtout que quand on achète des vêtements hors remise, on se fait bien tondre.
Bien souvent, ces marque à Remises à outrance, sont très souvent de piètres qualité, avec de la fabrication en Chine, ou le client paie plutôt la pub avec Beckham à la TV plutôt que la qualité intrinsèque du vêtement.

Finalement le vêtement, c’est un petit peu comme l’éducation financière, il faut chercher et se cultiver pour apprendre à distinguer une belle matière, un beau montage pour des souliers, connaitre les bonnes adresses, etc. J’arrête le hors sujet.

En revanche, la coupe de cheveux, reflète généralement, bien mieux l’inflation.

Dernière modification par LoopHey (12/06/2020 08h59)

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#49 12/06/2020 09h07

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Inflation ou déflation ?

Un récent article de Jean-Paul Betbeze à ce sujet.
Jean-Paul Betbeze - «Inflation ou déflation ?» - Jean-Paul Betbeze

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[+1]    #50 12/06/2020 13h02

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@LoopHey : mon message était à prendre au second degré, mais j’avoue qu’il méritait quelques explications.

Je suis toujours embêté de parler de l’inflation car elle est passée du stade d’indicateur macro-économique à celui de sujet dont on peut discuter quasiment indépendamment de toute autre considération "réelle".

Je note au moins deux faiblesses au mode de calcul de l’inflation :

1) L’évaluation de la valeur intrinsèque du produit

Parmi les difficultés de comparaison entre les produits, la plus évidente est certainement liée à l’évolution technologique de ces derniers. Un fabricant de téléphones portables, par exemple, peut améliorer sensiblement son produit en y ajoutant un capteur "grand angle" afin de prendre des photos que l’ancien modèle ne pouvait pas proposer. Comparer les prix de vente de ces deux modèles, le jour de leur sortie, aurait peu de sens. C’est un cas de figure trivial, mais cela concerne un grand nombre d’objets du quotidien : téléphones, ordinateurs, TV, électroménager, automobile, santé, sécurité, etc…
L’évolution est claire, dans la mesure où de nouvelles fonctionnalités apparaissent, qui ne sont donc pas une amélioration mais une innovation.

Les améliorations sont beaucoup moins faciles à appréhender, et juger, car elles dépendent essentiellement de la perception du consommateur final.
Pour reprendre l’exemple de votre coupe de cheveux, on peut imaginer que votre coiffeur a amélioré sa technique depuis l’année dernière, vous offrant ainsi une coupe de meilleure qualité esthétique, voire pratique, avec une meilleure manipulation des cheveux qui les abimerait moins qu’avant.

Cependant, il y a fort à parier, compte tenu du contexte sanitaire, que votre coiffeur a dû adapter son process (masques, désinfectants) pour se conformer aux mesures sanitaires, mais cela devient de facto une innovation (cf. paragraphe 1) puisque ce service n’était pas proposé avant.

2) L’évaluation du prix rapporté au cadre de vie

Encore plus subjectif que les améliorations, et automatiquement plus complexes à évaluer, le contexte. Je vais prendre ma situation comme exemple.

J’habite Paris depuis ma naissance. Sans faire de politique, bien que mon orientation ne sera pas un secret après ce que je vais dire, je suis hostile à la circulation automobile dans la capitale, pour des raisons qui me sont propres : confort sonore, visuel, olfactif, sanitaire. Je ne souhaite pas ouvrir de débat car ce n’est pas le sujet de cette discussion mais les récentes évolutions et futurs projets, améliorent sensiblement mon plaisir de vivre à Paris. Ainsi lorsque je dois comparer les prix, mon raisonnement est le suivant :
- Prix d’une baguette en 2019, avec plein de voitures : 1,10€
- Prix d’une baguette en 2020, avec plein de vélos : 1,20€
Aurais-je accepté de payer 1,20€ ma baguette en 2019 s’il y avait eu plein de vélo ? Oui. Donc "inflation"  de 0%.

La valeur d’un produit ou d’un service n’est pas universelle mais, au contraire, fortement corrélée à l’environnement et au contexte. Cela m’amène à la conclusion qu’il n’existe pas de "valeur intrinsèque", rendant la notion "d’inflation" complètement absurde à l’échelle d’un individu.

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