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[+3]    #326 30/03/2022 17h45

Membre (2019)
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Bonjour à tous,

@Concerto : Je vous réponds uniquement en ce qui concerne l’énergie et sur des principes généraux. Je ne connais pas le détail puisque je n’ai pas tiré l’analyse poste par poste (dans le cadre de mes fonctions, la partie "retail" n’était pas pertinente).

Concerto a écrit :

Les chiffres d’inflation à fin mars sont en train de tomber en Europe (même si cela m’étonne que des chiffres sortent aussi tôt, des estimations éventuellement révisées plus tard ?) :
- 7,3% en Allemagne (source)
- 9,8% en Espagne (source)

On ne sera évidemment pas sur ces niveaux en France (pour rappel on était à 3,6% à fin février selon l’INSEE).

Et je me demande ce qui explique l’écart. Est-ce uniquement liés aux prix de l’énergie et aux dispositifs de "boucliers" qui ont été mis en place en France ? Si certains se sont penchés moins superficiellement que moi sur la question, cela m’intéresse !

D’une part, je suis sceptique sur l’impact d’un "bouclier" sur l’inflation (s’endetter pour subventionner l’énergie auprès des ménages ne me semble certainement pas déflationniste), et d’autre part, tous les pays ont mis en place des mesures à ce sujet. Du moins, c’est ce qui a été affirmé, malgré le fait qu’il ne me semble pas que cela lutte contre l’inflation, mais seulement contre une partie de ses impacts, de manière limitée dans le temps et en ciblant certaines tranches de population.

Voici deux raisons (parmi d’autres) pour  expliquer les écarts de l’inflation (au delà de raisons plus générales sur l’état du pays et sa gestion) :

1. Le poids des différentes énergies dans le panier des consommateurs selon les pays.

En ce qui concerne l’impact des prix de l’énergie sur l’inflation, il est nécessairement dépendant de la consommation de ladite énergie par le pays étudié. Vous trouverez ci-dessous le mix énergétique (en 2019) des 27 pays :



Prenons les extrêmes pour illustrer le propos : Le Luxembourg et l’Islande (l’Islande ne fait pas partie du graphique mais tire son énergie à plus de 80% de la géothermie). Vous pouvez constater que les ménages Luxembourgeois comptent sur le pétrole et le gaz pour plus de 80% de leurs besoins. De leur côté, les ménages Islandais n’en utilisent pas du tout puisqu’ils produise l’essentiel de leur énergie par géothermie (cela aide d’être assis sur un volcan).

Prenons maintenant la situation dans laquelle l’Europe se trouve ; les prix du pétrole se sont envolés, (à fortiori le diesel, pour les raisons que ce message et les suivants expliquent), et avec eux les prix du gaz. L’impact d’une hausse de 10% des prix du diesel et du gaz serait de 6.2% sur le Luxembourg, et de 0% (modulo quelques effets de bord) sur l’Islande. Par ailleurs, lorsqu’une restriction de la disponibilité du gaz et du pétrole se fait sentir, il existe des effets de bord puissants qui font s’apprécier ceux du charbon.

Si l’on observe la France, l’Allemagne et l’Espagne maintenant :
- La France repose à 48% sur les produits pétroliers, le gaz et le charbon ;
- L’Allemagne à 77.9% ;
- L’Espagne à 74.1%.

Une hausse de 10% des prix de ces matières aurait un impact 77.9/48 = 62% plus important sur l’Allemagne et 74.1/48 = 54% sur l’Espagne par rapport à la France.

En d’autres termes, si l’impact d’une hausse de l’énergie (également répartie entre le pétrole, le gaz et le charbon (purement théorique) et si le % de l’énergie dans le panier du consommateur était le même dans ces pays (ce qui est purement théorique également, mais utile pour notre raisonnement)) était de 3% d’inflation en France, il serait d’environ 4.6% en Espagne et 4.86% en Allemagne. Gardons en mémoire que ce dernier paragraphe est un exercice très approximatif et théorique destiné à illustrer mon propos et donner un ordre de grandeur.

2. Le poids de l’énergie en général dans le panier du consommateur.

On sait donc qu’une hausse des prix du pétrole, du gaz et du charbon a un impact très différent sur chacun des pays en fonction de son mix énergétique. Mais il existe une problématique encore plus générale puisque l’impact sur l’inflation dépend également de la manière dont l’inflation est calculée, c’est à dire du panier moyen déterminé par la méthodologie propre à chaque pays reflétant au mieux les dépenses de ses administrés.

- Pour l’Allemagne, comme vous l’avez vu dans votre article, il s’agit de Destatis, l’organe statistique Allemand. Celui-ci indique dans son communiqué le % de l’énergie dans son panier moyen : 10.4%.
- Pour l’Espagne, je n’ai pas trouvé l’information sur le site de l’INE, qui semble grouper les loyers, l’eau et l’énergie dans la même tranche. Ceci étant dit, au vu du mix énergétique semblable à celui de l’Allemagne vu le pouvoir d’achat moins fort des Espagnols alors que les prix de vente de l’énergie restent identiques quelque soit le client/pays, je pense qu’il s’agit d’un poids plus important encore que pour l’Allemagne.
- Pour la France, d’après l’INSEE, il s’agissait de 5.7% des dépenses pour un ménage Français.

Les périmètres ne sont pas identiques d’un pays à l’autre et il faut rester prudent sur la précision des chiffres, mais pour donner une idée : une hausse générale des prix de l’énergie aura un impact 10.4/5.7 = 1.8x plus élevé sur le consommateur Allemand qu’il n’en a sur le consommateur Français (dont le portefeuille remercie le nucléaire au passage).

Il existe une multitude d’autres facteurs expliquant l’inflation, mais au titre de l’énergie, il semble qu’une des explications simples repose sur 1/ la différence de mix énergétique et 2/ la proportion de l’énergie dans le panier du consommateur (liée à la richesse par tête du pays dans lequel on vit). L’énergie n’est pas un fardeau pour tout le monde, et à fortiori la France fait partie des pays dans lequel l’énergie est bon marché.

Amicalement,
Ursule

Dernière modification par Ursule (30/03/2022 22h56)

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#327 03/04/2022 15h50

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Concerto, le 21/03/2022 a écrit :

L’histoire montre que d’autres scenarii sont possibles, en tout cas au moins un qui est le scénario "années 40" (aux USA). Ce scénario s’est traduit par des poussées d’inflation fortes qui n’ont pas jugulées par des hausses des taux d’intérêt de la FED. Sans doute parce que l’économie US était très endettée, évidemment comme conséquence de la 2e guerre mondiale. A contrario, le niveau d’endettement dans les années 70 était assez contenu.

[…]

La situation actuelle me semble avoir pas mal de similitudes avec ce scénario "années 40" compte tenu du niveau d’endettement actuel colossal des économies développées.

Dans une chronique récente, Patrick Artus expose cette possibilité (source).

Patrick Artus a écrit :

Que peuvent alors faire les banques centrales ? Probablement trouver un compromis qui consisterait à augmenter les taux d’intérêt nominaux, mais moins que l’inflation, donc à maintenir des taux d’intérêt réels négatifs. Cela leur permettrait de signaler ainsi qu’elles luttent contre l’inflation - un point important - tout en ne prenant aucun risque avec les dettes, l’emploi et l’investissement.

Ce sera donc davantage un signal de lutte contre l’inflation qu’une vraie lutte contre l’inflation.

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[-1]    #328 03/04/2022 16h41

Membre (2021)
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En réalité, si l’activité s’est calmée sur cette file c’est que tout le monde y avait fait le constat que l’inflation allait s’accélérer malgré les mensonges des banques centrales.
Aujourd’hui le constat est facile, les coupables aisément trouvables mais les solutions sont aux abonnées absentes ou en tout cas politiquement insatisfaisantes.

Comment réduire notre déficit structurel alors qu’il y a tellement d’idées à la mode dans lesquelles déverser des millions en parlant d’investissements d’avenir, tellement de copains à nourrir en leur proposant de réaliser des études bidons à la charge du contribuable, tellement d’agences inutiles de l’Etat à créer et diriger après avoir perdu les dernières élections ?

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#329 12/04/2022 12h24

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Pour ceux qui se souviennent du classique argument :

"L’inflation est transitoire car il n’y a pas de boucle "salaire-prix"."

Ha bon ? Pas aux USA en tout cas :

WALMART, le géant américain de la grande distribution, offre aujourd’hui jusqu’à 110 000 dollars pour recruter des chauffeurs de poids lourds.

Source : Entreprises cherchent salariés désespérément - investir.ch

EDIT

Les chiffres d’inflation US sont tombés :

Sur un an, l’inflation atteint 8,5%, un record, contre 8,4% de consensus FactSet et 7,9% pour la hausse de février qui constituait déjà un plus haut de 40 ans. Hors alimentaire et énergie cette fois, le CPI s’est apprécié de 0,3% contre 0,5% de consensus. Il progresse de 6,5% sur un an contre 6,6% de consensus.


Rapport Gérants : imiter les meilleurs gérants de fonds

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[+3]    #330 12/04/2022 14h53

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Tentative de mise en perspective de la situation actuelle :

   1- On a eu plusieurs décennies avec une inflation faible (et même une crainte de déflation), accompagnée d’une baisse progressive des taux d’intérêts (jusqu’à devenir négatifs), et un chômage endémique, sur fond de mondialisation; Pas mal de monde s’attendait à ce qu’un jour, les taux remontent. Moins de monde anticipait que le chômage serait bien moins un problème, ou que la mondialisation reculerait. 

   2- A présent, l’inflation semble repartir (un peu ou beaucoup, temporairement ou pour longtemps, selon le sentiment de chacun) sous l’effet de plusieurs facteurs qui ont rompu l’équilibre qui régnait au niveau de l’économie, en particulier : stop&go liés à la crise du Covid, hausse des prix de l’énergie, guerre en Ukraine et sanctions vs Russie (et les pénuries associées), freinage de la mondialisation (conséquence structurelle du Covid, entre autres), rareté des "talents" (qui pourrait alimenter une boucle salaires-prix), besoin de réagir au changement climatique (qui fait évoluer la valeur de pas mal de choses).

   3- On ignore encore si (et quand) l’économie va retrouver un nouvel équilibre, tenant compte du contexte modifié (y compris en payant au juste prix les "talents" dont elle a besoin et qui se font rares), et donc si l’inflation va largement se calmer, dans quelque mois/années. Tant qu’un tel équilibre n’est pas retrouvé, on peut considérer être en situation de crise (avec ses aberrations, temporaires, et peut-être que payer un chauffeur 110k$/an en est une), pendant laquelle, si certains acteurs arrivent à s’adapter vite, voire à tirer avantage du changement, d’autres (nombreux !) en subissent les inconvénients sans en percevoir de fruits, et voient donc leur vie devenir bien plus difficile (même si les états providences s’efforcent de limiter ceci).

    4- On ignore aussi le poids des forces de rappel qui tentent de ramener à la situation antérieure (taux bas, inflation faible, etc.), mais elles existent, même si actuellement elles ne semblent pas dominantes, mais il ne faut pas les négliger.

    5- Il serait paradoxal de se plaindre de ce changement, quand hier on se lamentait du fait que le chômage semblait un mal invincible (et mortifère pour la cohérence sociale), et qu’aujourd’hui les entreprises peinent à recruter, et que la problématique n’est plus de disposer d’offres d’emplois en nombre suffisants (au point d’être tenté de créer des "jobs" plus ou moins bidons), mais plutôt de disposer de candidats correctement formés en nombre suffisants.

    6- Les valeurs relatives du capital accumulé et de la force de travail formée semblent susceptibles de changer pas mal (et ce n’est pas le fait de tel ou tel homme politique, mais celui du contexte mondial) : La situation sans inflation et avec fort chômage, même avec des taux très bas, était plutôt confortable pour les "rentiers", et plutôt angoissante pour ceux qui n’avaient que leur force de travail pour vivre. La situation avec inflation (plus ou moins forte/durable) et avec un certain plein emploi (au moins pour les personnes formées, ou formables), pourrait être bien moins confortable pour les "rentiers" (sauf, pendant un temps, pour ceux qui avaient mis en place des emprunts à long terme à taux d’intérêt fixe bas, et investi les fonds concernés de manière à générer des flux que le changement de contexte ne menace pas), et plus confortable pour ceux qui n’ont que leur force de travail pour vivre.

Pour en revenir à la question du titre de cette discussion ("inflation : comment s’en protéger ?"), je vois deux types de stratégies :
     a) valoriser sa force de travail (dont la valeur vs celle du capital, devrait augmenter);
     b) avoir mis en place des emprunts long à taux fixes, et avoir investi ces fonds (tout comme les fonds propres qu’on possédait) de manière à générer durablement des flux peu menacés par l’inflation.


J'écris comme "membre" du forum, sauf mention contraire. (parrain Fortuneo: 12356125)

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#331 13/04/2022 01h04

Membre (2021)
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Oui bien résumé GBL, les mesures d’inflation sont incroyablement élevées et même ceux qui étaient les premiers détracteurs des banques centrales il y a un an commencent à se demander si c’est réellement possible d’avoir 10%/an sur plusieurs années, à mon avis il est probable que la consommation prenne rapidement un coup car les gens n’auront plus les moyens de consommer. C’est déjà ce qu’on voit dans l’immobilier où certains chantiers s’arrêtent car les prix des matériaux sont trop élevés. Mais bien malin qui peut lire l’avenir dans ce nouveau monde où l’on combat l’inflation en distribuant des chèques inflation…

Mais quel dommage que votre épiphanie arrive si tard !

Vous avez bien raison de faire remarquer dans le -1 que vous avez eu l’obligeance de m’accorder quelques messages plus tôt qu’effectivement, tout le monde sur ce forum n’avait pas prévu une augmentation de l’inflation dans les prochains mois et vous étiez d’ailleurs le premier pour affirmer l’exact contraire il y a de cela 10 mois.

GoodbyLenine, le 15/06/2021 a écrit :

Autre idée : bien se souvenir de revenir lire ce message dans 1 an et dans 2 ans, pour constater quelle "inflation" il y a eu, aux USA comme en Europe.

PS n°1 : Il me semble que Facebook censurait les personnes qui "affirmaient" [1] que le virus du Covid-19 avait été "conçu et fabriqué" [2] en laboratoire. Ce n’est pas du tout la même chose que [1] "émettre une hypothèse" et [2] indiquer que le virus est "d’origine naturelle et pourrait (conditionnel) avoir fuité" d’un laboratoire. Pouvez-vous voir les différences ?

PS n°2 : Ecrire que "l’inflation est maintenant bien installée", quand
  - une inflation grandissante (certes, mais nullement incontrôlée, ou "installée" dans la durée) est constatée (aux USA : 5%/an de mai 2020 à mai 2021, 0.6% d’avril à mai 2021; en Europe c’est plutôt vers 2%/an de mai 2020 à mai 2021)
   - … depuis la sortie de la crise du Covid-19 (avec tous les déséquilibres que ça a induit : stop&go de pas mal d’activités, déversement de cash y compris sur ceux qui n’en avaient pas vraiment besoin, et pouvaient peu dépenser, etc.), c’est à dire depuis quelques semaines, au plus quelques mois (après des décennies sans inflation),
   - … quand les grandes tendances plutôt déflationnistes à long terme sont toujours là (mondialisation, transparence des prix, vieillissement de la population, …) avec bien moins de stimulations inflationnistes (pénurie de quelques types de ressources (sans doute temporaires et liées au Covid-19), taux durablement bas favorisant l’endettement, prise en compte de l’écologie dans le coût de fabrication, …),
   - … et des banques centrales qui ont toujours tout le contrôle qu’il faut sur la situation monétaire (et affirment que la hausse de l’inflation est temporaire, et continuent à acheter de la dette, et se disent (BCE) prête à parer à toute remontée injustifiée des taux d’intérêts ou (FED) analyse la situation ou (BOJ) anticipe que l’inflation n’attendra pas l’objectif de 2% (au Japon) de sitôt), c’est être bien affirmatif…
Il serait sans doute plus avisé d’attendre que les équilibres économiques retournent à un certain équilibre, avant d’affirmer que ce nouvel équilibre est significativement différent de celui d’avant le Covid-19.

Je m’excuse donc platement d’avoir prêté des qualités de divinations économiques à l’intégralité des membres du forum quand certains en sont manifestement dépourvus.

Concernant les affirmations "un peu trompeuses" sur le lien entre déficit structurel et inflation, j’avais l’impression d’enfoncer des portes ouvertes mais peut-être qu’en ces temps troubles, affirmer la doxa devient un acte révolutionnaire ?

Je me permets donc de vous traduire les premières lignes de ce papier de recherche du FMI datant de 2003, peu suspect de complotisme (ça n’avait pas encore été inventé !).

FMI a écrit :

Une théorie macroéconomique bien établie est que les gouvernements ayant des déficits persistants doivent tôt ou tard financer ces déficits par de la création de monnaie ("seigneuriage"), produisant ainsi de l’inflation.

Par honnêteté intellectuelle, je signale quand même que, dans ce papier, les chercheurs ne trouvent pas de lien fort entre inflation et déficits dans les pays avancés et à faible inflation mais qu’ils la mettent en lumière dans les autres pays…

De plus, vous m’excuserez de la médiocrité de la traduction. Je sais bien qu’on dit "traduttore, traditore" et je n’ai aucun doute sur votre capacité à traduire ces modestes lignes mais je ne voudrais pas vous prêter de nouveau des qualités que vous n’avez pas ! Même les plus idiots apprennent de leurs erreurs ! wink

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#332 13/04/2022 08h50

Membre (2017)
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Je suis manager dans une ESN, une activité très procyclique et en avant du cycle. J’ai noté quelques points de plus en plus prégnant ces dernières semaines:
Il y a une accélération des salaires qui se généralise.
Par exemple un acheteur sur Cherbourg avec 3 ans d’expérience qui valait en moyenne 38K€ l’année dernière vaut maintenant entre 42 et 45K€.
Par exemple un ingénieur avec 2 ans d’expérience dans l’ingénierie nucléaire vaut maintenant entre 40 et 44K€.
Pour les profils type développeur informatique (C#, Python, etc..), nous sommes directement en concurrence avec des entreprises US qui propose du "total remote" avec des salaires entre $150K et $200K. Impossible pour nous de s’aligner. Au mieux on peux mettre 70K€ pour ce type de profil.

Sur beaucoup de profils brassés (c’est le métier des ESN), il me semble que la boucle prix salaire commence à s’enclencher.

A titre personnel, sur les façons de se protéger de l’inflation:
- s’endetter un maximum à taux bas et fixe pour acheter de l’immobilier (LMNP en direct , des parts de SCPI en SCI IS)
- le patrimoine est répartit entre immobilier (57%) et Actions (41%), garder le cash au minimum (20K)


L'argent, c'est de la liberté frappée.

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#333 13/04/2022 09h38

Membre (2020)
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Autant l’augmentation salariale va être inévitable sur certain metiers.
Autant il faudra m’expliquer comme certaines entreprises qui sont déjà asphyxié par l’augmentation des matières premières et par une futur baisse de la demande pourront augmenter les salaires .
Sans cette boucle prix salaire , pas d’inflation durable .
On en est encore très très loin .

Dernière modification par Kopka (13/04/2022 09h38)

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#334 13/04/2022 09h51

Membre (2018)
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@Kopka, ils vont simplement augmenter leur prix pour garder leur marge quand c’est possible.
Si cela n’est pas, ça sera la clef sous la porte, ou on licenciera.

Tout les contextes macro-économique sont bons pour de l’immobilier sur ce forum, franchement, renforcer l’immobilier dans ces conditions me parait très risqué.

Ma stratégie consiste à sortir en devise de l’€  acheter de l’or, on peut aussi surpondéré les secteurs profitant de l’inflation en bourse. Et enfin, alléger mon immobilier (SCPI, SCI) , je compte revendre des parts si la situation continue à se tendre, ou que le taux sans risque continue à augmenter.
Ca serait pas déconnant de voir un livret à 2.5% l’année prochaine si cela continue comme ca.

J’ai l’impression toutefois que la France est en décalage complet avec les autres pays, ce qui peut être un avantage pour les investisseurs.

Dernière modification par Jaylis (13/04/2022 10h06)

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#335 13/04/2022 09h55

Membre (2020)
Réputation :   3  

L’augmentation des prix compensera en partie les surcoûts des matières premières mais ne permettra pas en plus d’augmenter ses salariés .

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[+1]    #336 13/04/2022 10h07

Membre (2015)
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Bonjour,

Les débats tournent à mon interprétation sur des défenses que je qualifierais d’actives ; or, investir par le crédit revient aussi à encourager l’inflation en achetant des biens (immobiliers) au dessus de leur valeur d’il y a quelques temps par concurrence. Je passe sur les démonstrations de haut niveau, à un moment donné le bon sens doit reprendre le dessus.

Alors il reste pour les gens du commun une stratégie basée au départ sur les modes de défense passifs :
- limiter les déplacements consommateur d’énergie, les achats "inutiles" bref moins consommer,
- ne justement pas acheter des biens immobiliers qui ne sont clairement pas d’un rapport positif, le propriétaire devenant une nouvelle vache à lait pour l’Etat comme l’automobiliste (frais d’entretien, télépéage etc)…

Et ensuite on investi sur de la valeur et du rendement censé suivre l’inflation : pétrole, ENR (en étant sélectif !), matériaux de bases…


Tant que t'as pas vendu t'as pas gagné. Mais t'as pas perdu. Mais t'as pas gagné. Mais…Oh zut fait @*

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#337 13/04/2022 10h29

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Bonjour Iqce,

Votre argumentaire est plein de bon sens, il y a malgré tout deux choses que je ne comprends pas:
- pourquoi le propriétaire devient une vache à lait pour l’état ? Vous parlez de l’investisseur, du propriétaire de sa résidence principale, les deux ?
- si les matières premières augmentent, l’immobilier n’est-il pas une sorte de matière première ? Au sens une maison est construite de plein de matières premières, mais également au sens le logement est une valeur de base pour se loger.

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[+1]    #338 13/04/2022 10h37

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Les deux ; par contre je ne suis pas "contre" la propriété en bon état avec un rendement soit direct (loyers) soit une PV (RP essentiellement), je suis juste convaincu que ce bien immobilier sera le vecteur de dépenses de plus en plus difficiles à assumer (taxations directes et indirectes yc en droits de succession, rénovations pour mise à niveau énergétique).


Tant que t'as pas vendu t'as pas gagné. Mais t'as pas perdu. Mais t'as pas gagné. Mais…Oh zut fait @*

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#339 02/05/2022 12h11

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Une analyse complémentaire sur les stratégies d’investissement en période de stagflation (inflation forte et croissance faible) :
Investing during stagflation

Le panorama général d’une décennie inflationniste me paraît pertinent (et il est très détaillé dans d’autres articles, par exemple celui-ci qui date de septembre 2020).

Lyn Alden a écrit :

The world has been in a disinflationary trend for about four decades. Commodities have been abundant, and new pools of labor from China and former Soviet territory connected with the global market.

The brief inflationary exception during this four-decade period was the middle of the 2000s decade, where commodities became scarce and expensive. However, this wasn’t strongly felt in developed countries other than for a brief period of time; most of these inflationary pressures were exported to emerging markets. The cost of labor continued to be suppressed despite this inflation, because there was an abundance of cheap foreign labor.

In the 2020s decade, this is all different. Commodities are once again scarce. But unlike the 2010s, labor is also scarce. China is no longer ramping up manufacturing capacity like they were in the 2000s, and their working-age population is actually decreasing now. Global shipping capacity is constrained. Wars are occurring, which reduces globalization and forces duplication of resources in various ways.

A key thing to keep in mind is that inflationary environments are rarely linear. In other words, there are often brief disinflationary periods even during inflationary decades, and I think the 2020s will be similar. The macro environment continues to look inflationary, but not necessarily in a straight line.

L’analyse de l’exemple un peu extrême qu’est la Turquie est instructive, même si cela confirme ce que l’on sait déjà sur les protections contre l’inflation !

Lyn Alden a écrit :

This example focused on Turkey over the past five years, but you’ll see similar trends if you look at highly inflation periods in developed markets and other emerging markets.

Generally speaking during unusually high inflation (which typically includes a significantly stagflationary element to it), bonds have a very bad time, stocks have a moderately bad time, levered real estate does great, and commodities or hard monies do great.

Enfin, certaines considérations sur les différences entre actions value et growth dans un contexte de stagflation me semblent aussi intéressantes.

Lyn Alden a écrit :

During disinflationary environments, inventory is often considered a liability in practice. Companies do their best to focus on just-in-time delivery, inventory reduction, and so forth. This optimizes their capital efficiency. Inventory that is held too long, or in too large amounts, represents capital that could have been spent more productively elsewhere. This is also true for asset-heavy business modules, such as pipeline companies and manufacturing facilities and so forth.

This rapidly changes during environments where the cost of goods is rising and there are multiple delays and shortages in acquiring various goods. Suddenly, having a big inventory is a good thing; the value of that inventory tends to increase while it is held, and it buffers the company from shortages and disruptions. Assets that are hard to build tend to go up a lot in value, since their replacement cost is so much higher now.

Imagine, for example, how much more expensive it is to build a new manufacturing facility or pipeline in 2022 compared to just three years ago in 2019. There is 40% more money in circulation in the US. Labor costs are higher. It’s more difficult to get construction supplies. Regulatory complexity has increased. Everything about building this infrastructure is more expensive than before.

Companies that have been sitting on valuable and hard-to-replace infrastructure, suddenly look a lot better in an inflationary environment. In a world of supply-chain scarcity and energy scarcity, most of the existing energy production assets, energy transportation assets, manufacturing capacity assets, and shipping/transportation capacity assets, become a lot more valuable.

Dernière modification par Concerto (02/05/2022 12h11)

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Favoris 2    #340 02/05/2022 15h13

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Si vous voulez une prédiction à 6 mois : crise alimentaire massive. C’est M. Shah qui le dit :

Rockefeller Foundation?s Rajiv Shah Sees ?Massive? Global Food Crisis - Bloomberg



Le printemps arabe n’était qu’une mise en jambe sympathique pour ce qui risque de se passer cette année.

Quoi qu’il en soit, cela ne devrait pas vraiment contribuer à faire baisser l’inflation.


Parrain Curve ✯ Mangia bene, caca forte, e non aver paura della morte.

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#341 04/05/2022 10h51

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Un lien mettant en perspective les taux réels, nominaux et fonds fédéraux aux usa sur le long terme.

Real Interest Rate - 151 Year Chart | Longtermtrends

Les ecarts sont "importants" c’est le moins qu’on puisse dire, ca laisse augurer de belles hausses de taux à venir.

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[+1]    #342 11/05/2022 14h47

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On a les chiffres de l’inflation "transitoire" aux USA :

April Consumer Price Index: +0.3% vs. +0.2% consensus and +1.2% prior.

Y/Y, CPI rose 8.3% vs. +8.1% consensus and +8.5% prior.

On a peut-être atteint le pic le mois dernier, mais ça reflue moins vite qu’anticipé par les acteurs de marché.

L’inflation Core CPI augmente par rapport au mois dernier et est également supérieure au consensus :

Core CPI: +0.6% vs. +0.4% consensus and +0.3% prior.
Y/Y, core CPI: +6.2% vs. +6.0% consensus and +6.5% prior.

En résumé, c’est pas folichon !


Rapport Gérants : imiter les meilleurs gérants de fonds

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[+1]    #343 13/05/2022 10h48

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Peut on se passer du gaz russe ?

Prix du gaz USA
Gaz naturel - Prix Mensuel - Prix des Matières Premières

4.91$ le million BTU

Prix du gaz Russe
Gaz naturel russe - Prix Mensuel - Prix des Matières Premières

42.39$ le million BTU

Vu qu’on continue à en acheter à ce prix là on doit avoir du mal à faire autrement……

Il semble que les prix soient amenés à s’ajuster

Natural Gas Weekly Update

mais ce sont plutot les prix US qui montent que les russes qui descendent.

Probablement juste le début :

U.S. Natural Gas Prices Get Caught Up In Perfect Storm | OilPrice.com

Aux USA les prix à la pompe montent fortement sûrement à cause de la guerre en Ukraine, peut etre un peu aussi à cause des marges des producteurs/raffineurs qui explosent :

Oil And Gas Production Industry Profitability by quarter, Gross, Operating and Net Margin from 1 Q 2022

Au moins on sait dans quelles poches vont finir les stimulus délivrés lors de la crise Covid.

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[+1]    #344 17/05/2022 09h18

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Même l’ancien président de la FED Ben Bernanke s’y met :

Ben Bernanke a écrit :

An unspoken edict amongst former Fed chairs has been to not speak ill of their successors to preserve the apolitical nature of and trust in the institution. But former Fed Chair Ben Bernanke broke those rules on Monday morning when he said that the central bank had erred in its approach to addressing 40-year-high inflation.

"The question is: Why did they delay that? … Why did they delay their response? I think in retrospect, yes, it was a mistake," he said during an interview on CNBC’s Squawk Box Monday. "And I think they agree it was a mistake."

Ben Bernanke a écrit :

Even under the benign scenario, we should have a slowing economy," he said. "And inflation’s still too high but coming down. So there should be a period in the next year or two where growth is low, unemployment is at least up a little bit and inflation is still high. So you could call that stagflation.

Source : Fed’s slow inflation response was a mistake, Bernanke says - CNN


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#345 19/05/2022 22h15

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L’investissement immobilier en profitant de taux bas fixes très inférieurs à l’inflation réelle paraît séduisante, mais il ne faut pas oublier que les politiques d’encadrement des loyers se généralisent, en France et en Allemagne notamment. Le pricing power n’est donc pas si évident : peut-être même s’avérera t-il préférable d’être locataire si les salaires s’apprécient mieux que les loyers (cf. les loyers 1948 à Paris par exemple).
Evidemment, on peut aussi tabler sur l’espoir d’une plus-value future pas trop imposée, à condition d’être au bon emplacement qui s’avérera gagnant dans 10 ou 20 ans.
Par ailleurs, les frais d’entretien de cet immobilier risquent fort de dépasser le taux d’inflation (recours à des produits faisant largement appel aux ressources naturelles : minerais, énergie,…). Certes, il y aura sans doute des aides d’Etat par exemple sur la transition énergétique, mais cela entraîne assez souvent une augmentation corrélée des prix par les entreprises du bâtiment.
Comme d’habitude, la meilleure façon de protéger son épargne contre l’inflation, et contre tous les autres aléas, cela reste la diversification : actions, obligations, immobilier, divers, avec une répartition au goût de chacun selon son tempérament. Si on n’a pas d’immobilier, il est a priori préférable de saisir encore l’opportunité des taux bas, comme c’était déjà le cas ces dernières années. Si on a déjà beaucoup d’immobilier, je ne suis pas certain qu’il faille le surpondérer davantage.

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[+1]    #346 20/05/2022 15h18

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Ben Felix, gestionnaire de portefeuille au sein de la société canadienne PWL Capital et vulgarisateur/défenseur des ETF sur sa chaîne Youtube (excellente à mon sens), traite de la question qui nous taraude tous sur la protection contre l’inflation dans sa dernière vidéo.

Il discute notamment de :
1. La qualité de protection des différentes classes d’actifs telle que documentée par la littérature académique en finance
2. Les impacts de l’inflation anticipée par les marchés (expected inflation) et non anticipée (unexpected inflation) sur les prix des actifs et le choix de ceux-ci
3 La question de l’horizon de temps sur lequel on souhaite se protéger de l’inflation

Au final, pas de recette miracle là non plus pour se protéger à long terme :
- La protection offerte par des actifs traditionnellement vus comme résistants à l’inflation comme l’or, Bitcoin et les matières premières n’est que très imparfaite
- La meilleure ou en tout cas la moins pire des protections reste d’avoir un portefeuille d’actions très diversifié tant sectoriellement que géographiquement, en jouant éventuellement sur les facteurs comme la value ou les small caps (en même temps c’est son fond de commerce dont je ne m’attendais pas à une autre conclusion wink… mais elle rejoint les contributions avisées que l’on peut voir sur ce forum dans le contexte actuel compliqué)

Vidéo YouTube

Dernière modification par Concerto (20/05/2022 20h01)

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