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Screeners actions Consultez l’analyse graphique et les dividendes de Bénéteau sur nos screeners actions.

[+4]    #1 04/05/2022 20h59

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Jusqu’à présent je postais mon point de vue sur Beneteau sur le fil consacré à Catana.
Je pense maintenant que Beneteau mérite un fil à lui tout seul.

Ce chantier a presque 140 ans d’âge et est sans doute un des plus anciens chantiers navals au monde à majorité familiale.

A - Historique familial
Les générations de Beneteau qui se sont succédées à la tête de ce chantier sont les suivantes:

1 - De 1884 à 1928 : Benjamin Beneteau (1859 / 1928), le fondateur, bateaux de pêche en bois

2 - De 1928 à 1964: André Beneteau, (1907 / 1964), le fils unique du fondateur qui reprend à 21 ans les rênes du chantier avant de décéder en 1964

3 - Depuis 1964:
Annette Roux-Beneteau, André Beneteau (même prénom que son père, l’architecte des pêche-promenades en polyester et des voiliers jusqu’aux "Evasion" et les vedettes "Antares") et Yvon Beneteau soit trois des cinq enfants, jusqu’au décès d’André et à la sortie d’Yvon de la holding familiale en 09/2018.
La quatrième et la cinquième génération des Beneteau, depuis la création de chantier n’ont jamais assumé la Direction Opérationnelle du Groupe depuis le retrait d’Annette Roux surnommée "la reine mère".

Du point de vue patrimonial, la situation est la suivante: André Beneteau (père, né en 1907) a eu cinq enfants:
- André Beneteau (15/09/1934 / 1999), l’architecte des premiers voiliers de plaisance, jusqu’au First 30, marié à Marie Renaud (12/09/1935 / -).
Ils ont eu deux enfants Michèle Beneteau épouse Violleu (18/05/1957 / -) et André-Patrick Beneteau (07/04/1959 / -).

- Annette Beneteau (04/08/1942 / -), épouse de Louis-Claude Roux décédé en 1994.
Ils ont eu deux enfants: Anne-Claude Roux (1976 / -) contrôleur de gestion à la holding familiale BERI21 et Louis-Claude Roux (15/06/1982 / -) Président du Directoire de la holding BERI 21 et Vice Président du CS ou du CA (selon la structure) de Beneteau

- Ginette Beneteau épouse Gourlay, ( 15/08/1946 / ?), mariée à Lionel Gourlay

- Yvon Beneteau (20/06/1950 / -), marié à EliZabeth Thaillard (10/09/1953 / -), quatre enfants Benjamin Beneteau (24/04/1979 / -), Jonathan, Simon et Emmanuelle

- Maryse Beneteau épouse Dupé, (09/05/1955 / -), mariée à Luc Dupé, censeur au CA de BEN, ils ont eu deux enfants: Dupé Aurélien (02/1980 / -), Dupé Estève (01/1981 / -), tous deux membres du CS de BERI 21.

La holding familiale BERI 21 regroupe les parts des membres de la famille Beneteau (45 millions de titres, 54,36% du K de BEN).
A noter une autre holding BERI 210 possède 3,13 millions de titres soit 3,78% du K de BEN.

Après le décès de son mari, Madame Annette ROUX et ses deux enfants ont apporté l’héritage (une grosse quincaillerie industrielle) à la structure familiale, ce qui a permis à sa branche de commencer à prendre l’ascendant sur les autres.

BPI France a pris en 2008 2,51% du K de BEN et un pourcentage non révélé de BERI 21.

Deux branches sur cinq des héritiers sont sorties de la holding familiale BERI 21:
- la branche Ginette Beneteau-Gourlay en 2002
- la branche Yvon Beneteau en 09/2018 dont les parts dans BERI 21 ont été rachetées en partie par la branche Annette Roux-Beneteau et en partie par BPI France.
Une cession de 20% en 2018 (25/09/2018 communiqué BPI France) pour un montant de 47M€, voir page 13 du rapport annuel 2018 de BPI France a bien été présenté par Mme Annette ROUX comme la sortie "d’une branche minoritaire" rachetée par BPI ET la branche majoritaire. Elle s’est accompagnée en 2019 de la nomination d’un représentant de BPI (Sébastien Moynot) au Conseil de Surveillance de BEN.
20% de BERI 21 correspond à 11% environ de BEN, donc l’investissement de 47M€ de la BPI peut correspondre à environ la moitié des 20% cédés, selon la valorisation (faible) de BEN à l’époque.

Le site "www.pappers.fr" compile les différents actes de la vie de BERI 21 et aide à bien tout comprendre.

Le 02/08/21 Challenges indiquait que "la famille fondatrice possédait un peu plus d’un tiers du Groupe au 1,1 milliard de CA pour une valeur qui était passée de 210M€ en 2020 à 410M€ en 2021", mais la distinction entre la famille d’Annette Roux et la famille Beneteau est à géométrie variable selon les années ….
Un peu plus d’un tiers peut correspondre à une détention de 60 à 70% de (BERI 21 =54,36% + BERI 210 =3,78%) de BEN et 210 puis 410M€ à l’évolution de la valorisation de BEN entre 2020 et 2021.
BPI détiendrait au moins 10% de la holding familiale BERI 21, soit de 5 à 10% (?) au total de BEN, en ajoutant sa détention de 2,51% en direct.

Le dernier INPI du 01/05/2022 précise les dirigeants du CS et du Directoire de BERI21, on y retrouve:
- la branche Annette Beneteau,
- la branche André Bénéteau (les 2 enfants Michèle et André-Patrick),
- la branche Maryse Beneteau (famille Dupé, les deux enfants Aurélien et Estève).

Le capital de BERI 21 est détenu à 60,68% par la branche Annette Roux usufruitière et ses deux enfants nue propriétaires, ce pourcentage recoupe bien la valorisation de Challenges.
une minorité d’environ 30% est, par différence, détenue par les deux autres branches de la famille et environ 10% par BPI France.

Le futur patrimonial de BEN est totalement entre les mains de Madame Annette Roux, 80 ans le 4 août 2022.

B - Historique industriel
1 - Le décollage des chantiers Beneteau a été la conversion de la construction en bois vers celle en polyester en 1964. Beneteau avait d’ailleurs été précédé dans cette mutation par les américains, en Vendée par les chantiers Jeanneau et Kirié dès 1959 et par Jouët en 1962 avec le Golif.
Le second élément a été la bonne facture des pêche promenades puis de la série des voiliers "Evasion" et des vedettes de pêche "Antarès" dessinés par André Beneteau l’architecte maison et frère d’Annette Beneteau, bien qu’à la même époque Jeanneau commercialisait déjà la série des Love love, Sangria, Poker et Folie Douce, des voiliers plus "modernes".
La France surfait alors sur la fin des 30 glorieuses et la plaisance décollait à la suite des succès en course de Tabarly.

2 - En 1976, l’excellent bateau de course "L’Impensable" de l’architecte naval André Mauric est devenu le First 30, premier voilier "sportif" commercialisé pour les plaisanciers et le recours à des professionnels extérieurs aux chantiers navals est alors devenu la norme pour le dessin des coques des voiliers mais aussi pour le design général (Stark, Pininfarina, chez Beneteau, par exemple)

3 - les années 80 seront des années contrastées avec le développement de voiliers dédiés aux sociétés naissantes de location, dont la série des "Idylle" ancètre des "Océanis" actuels.
Mais la création aux US d’une usine en Caroline a pris plus de temps que prévu et en 1987 les coques sont victimes d’une osmose très précoce due à la mauvaise qualité des produits d’un fournisseur.

4 - En 1995, un coup de maître a été le rachat à la barre du Tribunal de Commerce de La Roche-sur-Yon de l’éternel concurrent Jeanneau, de même taille, au bord de la faillite, à la barbe de Dufour et de son PDG Poncin (l’actuel actionnaire principal de Catana, le monde est petit) et de Zodiac.
A cette occasion Bruno Cathelinais, le Directeur financier de Beneteau, futur DG puis Président du Directoire a joué un rôle clé au côté de la famille Beneteau.
Beneteau devient alors le leader mondial des voiliers de plaisance.

5 - L’expansion s’est ensuite faite en partie par de bonnes décisions de rachat d’autres chantiers mais certaines ont été plus douteuses, comme celle de Wauquiez en France ou même plus récemment Rec Boat aux US, sans parler de Monte Carlo Yachts dont sa pédégère a été démise brutalement de ses fonctions en 2018, après la découverte d’importantes pertes…

6 - Au total le parcours industriel De Beneteau a été loin d’être un long fleuve tranquille.
Il a été le cadre de plus de réussites que d’échecs dans un marché de la plaisance très cyclique, jalonné de nombreuses crises (1996, 2008, 2020) et de la disparition de la plupart de ses différents acteurs durant les 30 dernières années (qui se souvient des Chassiron, des Edel, des Jouët, des Kirié, etc.. pour ne parler que de chantiers français, d’autres ne survivant que dans des marchés de niche comme Alubat ou Amel, etc…).

C - Historique managérial
Jusqu’au milieu des années 90, Annette Roux, secondée par ses deux frères André et Yvon et conseillée par son mari a dirigé le chantier.
Mais son mari décède en 1994, André en 1999 et Yvon s’est éloigné pour finalement quitter la holding familiale en 2018.
Le tournant a été pris en 1996 quand le Directeur Financier Bruno Cathelinais est nommé DG puis Président du Directoire en 2005 … avant d’être viré en 2015.
D’aucuns on dit qu’il prétendait "Devenir Calife à la place du Calife".

A ce cadre Sup de Co Nantes, succède un Essec, Sciences Po et ENA, Hervé Gastinel qui avait occupé la Direction de Terreal, filiale de Saint Gobain avant d’être remercié par le groupe des nouveaux investisseurs de cette société.
Las, il est viré quatre ans plus tard, en juin 2019, les résultats médiocres qui se profilent et l’affaire Monte Carlo Yachts n’étant sans doute pas étrangers à ce départ.

Lui succède Jérôme de Metz, un financier pragmatique et ami de longue date de la famille qui est la cheville ouvrière du redressement de Beneteau en 2021 et des probables excellents résultats à venir en 2022.
A noter que peu de temps après son arrivée, de Metz a viré le DAF de l’époque Gastinel, Christophe Caudrelier.

Le reste (retraite de Jérôme de Metz en juin prochain, nouvelle structure, etc…) est connu.

D - Conclusion personnelle
Aucun des héritiers de la quatrième génération (dont les enfants de madame Annette Roux qui peut à elle seule décider du sort de l’entreprise, usufruitière de plus de 60% de BERI 21 qui est actionnaire à 54% de Beneteau) n’a été en mesure ou n’a eu envie de reprendre la Direction Générale opérationnelle de cette entreprise.

Le parcours industriel a été mouvementé et Beneteau qui a failli couler plusieurs fois, a toujours surnagé avant de devenir un des leaders mondiaux du marché, encore en mutation, de la Plaisance.

Je pense que le nouvel épisode faste des années 2021 et 2022 offre une opportunité de vente de l’entreprise dans de bonnes conditions.
Les récentes annonces d’évolution de la gouvernance et l’attribution d’actions gratuites conditionnelles vont également dans ce sens:
La société avait racheté environ 1.248.000 actions en 2019 et 2020 autour du plus bas, 6 à 10€, elle a attribué 1.241.400 actions gratuites en 03/2021 aux cadres et dirigeants avec des CONDITIONS liées aux résultats 2022 ET A L’EVOLUTION DU COURS DE BOURSE par rapport à un panel de 6 autres concurrents, ce qui n’a jamais été fait dans le passé, pour le dernier point. Le calcul donnant le nombre définitif attribué sera effectué après la clôture des comptes 2022, soit le 15/03/2023.

Il a été attribué 226.000 gratuites à de Metz (qui va prendre sa retraite), 100.000 à Chapeleau qui part également à la retraite et 170.000 à Girotti (DG délégué, mandataire social donc on en connait le nombre, voir page 162 du rapport annuel 2021).
On ne connait pas l’attribution au nouveau DG délégué Thivoyon (qui n’est pas (encore) mandataire social).

Et le reste, c’est à dire environ 600.000 à d’autres membres du personnel.

Le nombre attribué à de Metz est exceptionnel, mais Comme la famille ne possède que 54% du K, il est plus économique pour elle de lui accorder des actions de BEN plutôt que des actions de la holding familiale BERI 21 (dont de Metz est cependant un modeste actionnaire et censeur).

Il est curieux de constater que ces attributions pour de Metz et Chapeleau ne sont pas liées à des conditions de présence à fin 2022, mais partir en retraite n’est pas être viré !

A noter cependant que si l’âge légal est 62 ans, les cadres BEN peuvent rester jusqu’à 65 ans dans l’entreprise (Metz aura 63 ans en 06/2022 et Chapeleau 65).

A noter aussi que la nouvelle structure: poste de Président et Poste de DG dissociés  est mentionnée dans le rapport annuel 2021 et le salaire de l’ex nouveau Président Lyon-Caen (72 ans, l’ami de 30 ans de la famille) est également prévu (350.000€ / an, voir page 164), le rapport annuel et le communiqué concernant la nouvelle gouvernance se complètent parfaitement.

E - Une vente donc une OPA, à qui et à quel prix ?
A qui ?
Vaste question: les concurrents français Fountaine Pajot et Catana me semblent trop petits et insuffisamment structurés pour prétendre reprendre une telle entreprise.
A l’étranger, le groupe américain Brunswick, beaucoup plus gros et profitable que Beneteau aurait les moyens d’un tel rachat.
C’est un fournisseur de BEN (moteurs entre autres) et il est plus spécialisé dans le marché des bateaux à moteur (ses marques connues en France sont Bayliner, Cresliner, Boston Whaler, moteurs Mercury, …).
En France, une société comme Trigano pourrait être au moins intéressée par la division "Habitat de loisirs" de BEN (15% de l’ensemble de l’activité)

A quel prix ?
Le marché de la Plaisance reste cyclique, donc le PER à un instant T ne me semble pas un très bon indicateur.
Historiquement, dans les cinq dernières années, le PH a été de plus de 23€ en 01/2018 et le PB autour de 6€ au début de la crise du covid en 03/2020.

Les chiffres des années  2016/2017 et 2017/2018 ont été voisins:
CA de 1200 à 1290M€
EBITDA de 153M€
RN de 61M€
La valorisation boursière maximum de 1900M€ en 01/2018, soit 12,5 fois l’EBITDA et 31 fois le RN est pour moi suspecte: elle correspond à la période de sortie du fonds américain Franklin qui vendait après avoir acheté jusqu’à 15% du K de BEN, soit plus de 30% du flottant.

Les chiffres de 2021 sont:
CA de 1227M€ (donc stabilité par rapport aux deux années ci-dessus)
EBITDA de 182M€
RN de 73M€
La valorisation actuelle de 1000M€ (cours de 12,5€) soit 5,5 fois l’EBITDA et 13 fois le RN, sans parler d’une trésorerie nette de 222M€ au 31/12/2021 est clairement très basse, compte tenu également des perspectives 2022 réitérées par l’entreprise.

=> Le dossier est attractif, on peut viser au moins 16€ sans OPA et au moins 20€ en cas d’OPA.

Déontologie : je détiens une position acheteuse/vendeuse sur une ou plusieurs société(s) listée(s) dans ce message.

Dernière modification par Jbpv (05/05/2022 10h45)

Mots-clés : beneteau, catana, fountaine, plaisance

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#2 05/05/2022 10h24

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Belle intro.

Je regarde rapidement les ratios.
Le DSO est très bas à 20 jours. ALPFC est à 4j. Normal, on s’arrache les bâteaux.
Mais attention au retour du cycle car très discrétionnaire en ces temps d’inflation. Donc la position cash est à surveiller, notamment les dettes à CT.

Optiquement, BEN semble mal gérée hors la filiale US.
Les ventes ont cru de 3% par an sur 15 ans. Très modeste.
Pourquoi les dépenses SG&A sont-elles à 45% du CA? Les concurrents sont à 30-35%?
La fiiale Asie patine : aucun décollage des ventes en 10 ans.

Plus généralement, est-ce que le positionnement généraliste est pertinent? Surtout en termes de prix.

Il me semble que cette industrie peut difficilement générer des efficiences : c’est beaucoup de fait main. Donc le haut de gamme est plus rentable (ALPFC encore).

Est-ce que BEN a trouvé le moyen de produire moins cher ses bateaux ?
Quel est le split main d’oeuvre dans le coût total?
Pour l’automobile, c’est autour de 10%, c’est pourquoi on produit encore en France, Allemagne, pour les véhicules plus margés.

Est-ce que les chantiers navals peuvent faire comme les voitures, à savoir :
- coques communes
- pièces communes comme les mats, les gouvernails, …
- equipements communs comme les radios, les voiles…
- finitions communes comme le bois des tables à cartes, etc ?

Normalement, BEN a les volumes pour obtenir les rabais.


Patron d'un cabinet CGP

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[+1]    #3 05/05/2022 12h06

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Est-ce que les chantiers navals peuvent faire comme les voitures, à savoir :
- coques communes
- pièces communes comme les mats, les gouvernails, …
- equipements communs comme les radios, les voiles…
- finitions communes comme le bois des tables à cartes, etc ?

Bonjour, je vais vous répondre pour la partie motonautisme que je connais bien car propriétaire d’un Jeanneau et connaissant d’autres propriétaires et suivant avec intérêt les gammes de Jeanneau et Bénéteau :
- oui il est possible d’avoir des coques communes à plusieurs marques du groupe : les Bénéteau Antares et Jeanneau Merry Fisher ont les mêmes coques depuis plusieurs années.
- pièces communes : bien sur pour tout ce qui est accastillage, qui est peu différenciant et avec des fournisseurs connus comme Lewmar pour les guindeaux électriques par exemple.
- équipements et finitions communes : idem.
J’ajouterai que Jeanneau et Bénéteau rationalisent leurs gammes : disparition des petites unités peu rentables et début de suppression des doublons entre marques. Les Bénéteau Barracuda ont disparu au profit des Jeanneau Sport, avec en plus un positionnement plus généraliste pour ces derniers.
Quid de l’avenir ?
A l’horizon 2022 et 2023, tous les bateaux disponibles ou prévus en production sont vendus d’après les concessionnaires des deux marques. Plus loin, nul ne sait !
Sur l’impact de la hausse des matières premières : elle se fera sentir inévitablement car les prix des matériaux comme la résine et les tissus de fibre de verre vont augmenter. Mais cela reste quand même une industrie de main d’œuvre essentiellement et on ne voit pas pour le moment de hausse fulgurante des salaires en Europe.
Par contre, la hausse des tarifs des bateaux se fait sentir, +10% en moins de deux ans pour mon petit bateau et c’est pareil ou pire pour la totalité des gammes. Pour le moment les acheteurs suivent et se disputent les bateaux en stock aussi bien en neuf qu’en occasion. Mon concessionnaire par exemple, qui est un gros revendeur Jeanneau, n’a rien en stock ni en occasion ni en neuf !
Un problème par contre est la disponibilité des équipements, notamment les moteurs et surtout l’électronique de plus en plus présente dans les bateaux.
Voilà ce que j’en sais pour une partie de la production du groupe Bénéteau.
@suivre

Dernière modification par Yg75 (05/05/2022 12h10)


B.Graham "Le principal problème de l’investisseur - et même son pire ennemi - est probablement lui-même".

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[+3]    #4 05/05/2022 13h11

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Beaucoup de questions de la part de Kiwijuice je vais essayer d’y répondre, au moins partiellement

Tout d’abord une information personnelle:
Je pense bien connaître le marché de la plaisance en temps que plaisancier depuis 1975, six voiliers successivement achetés, les deux derniers de 14m et le dernier, acheté neuf au moment de la crise de 2008.
Quatre d’entre eux ont été des Jeanneau, un a été un bateau en bois (que je n’aurais jamais dû vendre, la petite série est devenue une collection !) et un a été un Dufour.
Par contre, même si j’ai visité deux chantiers en France,  je ne suis pas un professionnel de ce secteur.

- "les bateaux s’arrachent, le DSO": oui et je pense qu’il ne faut pas s’inquiéter de l’augmentation du prix de revient des bateaux, les constructeurs ajustent leurs tarifs plusieurs fois par an.
L’attitude des consommateurs est la suivante:
    - est-ce que j’achète un bateau ?
    - si oui, neuf ou occasion (la durée de vie est de 30 à 40 ans et donc le CA de l’occasion par les professionnels est environ 3 fois celui du CA neuf, les prix de l’occasion suivent l’évolution du prix du neuf),
    - si neuf, après une première sélection, l’acheteur va comparer les modèles équivalents dans les différentes marques de même qualité perçue, donc si toutes les marques "équivalentes" augmentent leurs prix de façon similaire (ce qui est le cas), les marges sont préservées.

- pour les frais généraux plus élevés que la concurrence: joker, quand à l’évolution générale du CA de BEN et la qualité de sa gestion je vous renvoie à mon post:
"Le parcours industriel a été mouvementé et Beneteau qui a failli couler plusieurs fois, a toujours surnagé avant de devenir un des leaders mondiaux du marché, encore en mutation, de la Plaisance.""
Je dirais que Beneteau s’est débrouillé moins mal que beaucoup de ses concurrents, ceux qui ont fait faillite ou été rachetés à vil prix (Jeanneau en France, les voiliers insubmersibles Etap en Belgique, … ou des chantiers à l’étranger comme Bavaria en Allemagne, Cantiere del Pardo en Italie, etc…).

- positionnement généraliste: je connais beaucoup mieux la concurrence dans le domaine des voiliers que dans celui des bateaux à moteur:
Il y a une différence de qualité entre des constructeurs généralistes (par exemple les voiliers Beneteau, Jeanneau, Dufour, Hanse, …) et leurs concurrents "haut de gamme" comme X-Yachts (voiliers sportifs et de course) ou Swan ou Amel (voiliers de luxe) par exemple, mais à taille équivalente ces derniers sont trois fois plus chers et je pense que les  différences de qualité (perçue et réelle) ont beaucoup diminué en 20 ans.
Le positionnement "luxe" ne peut donc être qu’une niche en volume, mais Ferrari est très rentable …
Il est exact que ALFPC arrive à vendre ses catamarans de qualité beaucoup plus cher que les Lagoon de Beneteau et surtout les Bali de Catana, mais Fountaine a racheté le chantier Dufour dont les monocoques sont en concurrence (prix et qualité) avec ceux de Beneteau.

- réduction des coûts de production chez Beneteau: OUI et enfin!
Comme pour l’industrie automobile (plateformes et moteurs communs aux différentes marques d’un même groupe), Beneteau est enfin passé d’une construction par marques à une construction par tailles, les plus petites étant confiées à des usines à l’étranger à la main d’oeuvre moins cher ou abandonnées, etc …

- coques, pièces, équipements, finitions, etc…
Certains moules de coque sont communs: un bateau que se soit un voilier ou une vedette est construit de la même façon:
une coque vide, sortie du moule reçoit un contre moule structurel et de finition puis tout son équipement (moteur, menuiserie, …) et le pont lui aussi contre moulé à part vient ensuite fermer l’ensemble comme le couvercle "d’une boîte de sardines", quelques vis Parker, du joint silicone en abondance et des reprises de tissus de verre aux endroits critiques, c’est très propre et ça tient (dans 99% des cas !) (*).
Les moteurs et sail drives sont achetés à des fournisseurs (Volvo, Yanmar, Cummins, Man, Caterpillar, Evinrude, Mercury, Yamaha, Suzuki, etc …), beaucoup d’américains, des japonais, quelques italiens, aucun français (Renault Marine et Goïot ont arrêté leurs productions depuis longtemps).
A noter que le prix de la motorisation est une part très importante des bateaux à moteur, Beneteau est un gros client du leader mondial américain de la Plaisance Brunswick.
De même les mats et le haubanage (fournisseurs français en Vendée), les voiles, les winchs, les barres à roue, l’équipement électronique proviennent de fournisseurs spécialistes, les lests en fonte également (fonderies spécialisées), etc…
La menuiserie est fabriquée en interne ou sous traitée. Comme pour les tableaux de bord des voitures elles sont différentes d’un modèle à l’autre, mais on commence (enfin) à trouver depuis quelques années les mêmes poignées, boutons, … transversalement d’une marque à l’autre d’un même Groupe.

Je pense donc que si l’industrialisation a fait des progrès, il reste encore du gras … mais les plus gros défis sont sans doute ailleurs (croissance en part de marché du moteur par rapport à la voile, montée en puissance de la location, industrialisation ? du reconditionnement ? et de la déconstruction ?, etc…)

Concernant Beneteau, je pense que les planètes sont alignées et que l’on a commencé en 2021 un nouvel épisode faste qui se double (voir mon premier post) d’une possibilité d’évolution capitalistique.

Edit du 06/05
(*) les techniques de construction ont fait d’énormes progrès entre les années 70 à 90 et maintenant:
- On est passé d’une coque moulée avec varangues intégrées à une structure moule et contre moule collés l’un à l’autre donc d’une coque "simple" mais épaisse sur laquelle était collé un cache misère / tissu moussé de finition à une coque "double" plus légère et plus rigide, dessinée et calculée avec des outils de type Catia (Dassault), soit la même évolution que dans les années 30 dans l’automobile: passage d’un châssis plus carrosserie boulonnée dessus à une coque autoporteuse.
- Il en est de même pour les superstructures.
- quant aux moteurs, l’évolution est claire pour les vedettes: abandon des moteurs inboard essence (danger d’explosion), recul des diesels lourds et coûteux, montée en puissance des nouveaux hors bords 4 temps, légers, économiques et faciles à entretenir ou à remplacer.

Déontologie : je détiens une position acheteuse/vendeuse sur une ou plusieurs société(s) listée(s) dans ce message.

Dernière modification par Jbpv (06/05/2022 13h48)

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#5 08/05/2022 15h42

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Beneteau suite

A - Les erreurs du passé

En 07/2020, dans le cadre de sa réorientation stratégique le nouveau PDG Jérôme de Metz avait annoncé qu’il cherchait à "vendre ou à gérer en joint venture" les chantiers Monte Carlo Yachts, CNB, Glastron et Scarab, pour se concentrer sur les marques Beneteau, Jeanneau, Lagoon, Excess Catamarans, Four Winns, Wellcraft et Delphia.

CNB (Chantier Naval de Bordeaux) produisait dans la région de Bordeaux (comme son nom l’indique) de grands voiliers de plus de 20m, avait été acquis en 1992 par Beneteau et avait vu sa production être transférée en 2019 à Monfalcone (au fond de l’Adriatique, près de Venise).
Sans surprise, en 04/2021, Beneteau annonce que le chantier a été cédé à l’italien Solaris qui est situé à Aquilée, à quelques kilomètres de Monfalcone.

Monte Carlo Yachts (yachts jusqu’à 32m) est (ou plutôt était) également à vendre depuis 2020.
Après des résultats catastrophiques en 2019/2020 (CA de 30M€ et perte de 49,6M€ !) ce qui avait justifié en 11/2018 que sa pédégère Carla Demaria ait été brutalement démise de ses fonctions (l’ex DAF de Beneteau ayant aussi été viré quelque temps après), de Metz vient de déclarer, lire:

Bénéteau : "Notre plus grosse marge de développement est en Amérique du Nord"

qu’il n’était pas pressé pour vendre Monte Carlo yachts (lire plutôt "on a remis à zéro les comptes pour éviter la faillite, mais on n’a pas de repreneur", d’ailleurs en Italie le nom Monte Carlo Yachts vient d’être remplacé par Groupe Beneteau Italia et la valeur de la Marque a été dépréciée à 100% dans les comptes 2021 (voir page 133).

De Metz a également déclaré ne pas être pressé pour vendre Glastron et Scarab.
Rappelons cependant que Glastron et Scarab sont deux des quatre marques (avec Four Winns et Wellcraft) de l’acquisition par Beneteau du chantier américain Rec Boat en 06/2014 !
Toujours aux USA, l’usine historique de Marion qui fabriquait des voiliers monocoques (petit marché aux US) a été vendue à un fabricant de piscines  en 09/2020.

Plus loin dans le passé, on a eu le rachat en 1997, puis la cession du petit chantier Wauquiez: si Henri Wauquiez a connu le succès dans les années 70 à 90 avec les excellents Centurion, Prétorien, Amphora et Amphitrite, construire de gros voiliers, loin de la mer, à Tourcoing puis à Neuville-en-Ferrain n’était pas l’idéal. De plus, les "pilot saloons" qui ont suivi n’ont pas connu le même succès. Pour Beneteau, racheter ce chantier tenait plus d’une oeuvre de charité que d’une réflexion stratégique.

Mettre 10 ans à se rendre compte que la diversification Microcar trouvée dans la corbeille du rachat de Jeanneau était une impasse a été un peu long.

Enfin, avoir laissé Fountaine et Catana se développer sur le nouveau marché des catamarans de croisière et de location avant de développer sérieusement Lagoon a été une faute de management.

Au total, beaucoup d’erreurs qui ne pouvaient être corrigées, pour les plus récentes, que par une nouvelle tête (de Metz), mais une évolution globale du CA faible et inférieure à celle du marché sur les quinze dernières années, des résultats et cours de Bourse (de 6 à plus de 20€) en dents de scie ont été le prix à payer des erreurs de cette période.

B - Après un tableau aussi sombre, pourquoi alors s’intéresser à Beneteau ?

1 - le marché de la plaisance explose actuellement, comme il ne l’a jamais été.
Lire par exemple sur leur site les résultats du leader mondial le Groupe Brunswick (2020, 2021, T1 2022), ceux en 2021 des petits chantiers français Fountaine et Catana, ceux des petits chantiers italiens, etc…

2 - le toilettage des marques à vendre ou à abandonner est bien avancé (ventes) ou dans les comptes (voir 3).

3 - les excellents résultats 2021 et les perspectives 2022 de Beneteau ne sont pas dans les cours actuels et le coût du nettoyage des écuries par de Metz a déjà été passé dans les comptes de 2020 (perte de 80,9M€ dont 78,5M€ de non courant cette année là, alors que le redémarrage de la plaisance commençait déjà fin 2020).

4 - beaucoup d’indices, déjà évoqués, rendent plausible une vente de la Société par les trois branches de la famille détenant encore des parts dans la holding familiale BERI 21 (58% du K de BEN, dont la branche de Madame Roux qui détient plus du tiers du K de BEN).
Malgré les erreurs commises dans le passé, Beneteau est le leader européen de la Plaisance et le leader mondial du marché des voiliers.
En cas de mise en vente, ce serait une opportunité d’achat exceptionnelle.
Du point de vue du cours de Bourse, une OPA serait alors la cerise sur le gâteau !

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[+1]    #6 11/05/2022 19h23

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Beneteau a publié son CA T1 2022 (317 ME), en hausse de 8.9% à taux de change constant  par rapport à la même période un an plus tôt et de 10.6% en données publiées.

L’activité est portée aussi bien par le pôle Bateau (+5,3% à tcc, à 238.5 ME) que par l’Habitat (+21.4% à tcc, à 78.5 ME).

MAIS si l’habitat a retrouvé son niveau d’activité par rapport à 2020, ce n’est pas encore le cas pour les bateaux (297,5M€ au T1 2020). edit du 12/05 à 9h17: soit encore -20% par rapport au T1 2020, malgré un effet $ favorable.

Beneteau souligne que si l’année 2022 est marquée par ’la qualité des commandes et la réussite commerciale des produits’, est aussi celle des tensions sur les approvisionnements qui brident la croissance.

"La qualité des commandes" doit faire référence aux ventes aux particuliers dans de meilleures conditions de marge que celles aux loueurs qui ne progressent que de 2,9% et à la répercussion sur les ventes aux particuliers de l’évolution des prix de vente en fonction des hausses des prix de revient.
Un carnet de commandes plein jusqu’à fin 2023 permet d’imposer ces hausses !

Le groupe maintient ses perspectives 2022 de chiffres d’affaires et de résultat opérationnel courant, soit un CA attendu en croissance de 11 à 14% en données publiées et un ROC attendu entre 110 et 120 M€.

Je pense que la bonne nouvelle pourrait venir du ROC.

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Dernière modification par Jbpv (12/05/2022 09h18)

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[+1]    #7 20/05/2022 16h04

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Nouvelles réflexions concernant Beneteau

A - Le journal Investir a cru intelligent de présenter de façon humoristique, mais à mon avis erroné, les derniers évènements concernant Beneteau:

1 - L’annonce que le PDG Jérôme de Metz allait prendre sa retraite devient:
Investir

Les précédents départs de PDG ou Président du Directoire ont toujours été clairs:
07/2015 Licenciement de Bruno Cathelinais qui "exigeait" de continuer à pouvoir exercer son mandat, bien qu’atteint par la limite d’âge et ne préparait pas sa succession. Il immédiatement été remplacé par Hervé Gastinel,
06/2019 Licenciement de Hervé Gastinel, immédiatement remplacé par Jérôme de Metz qui cumule alors les deux postes de Président et de DG,

Dans le cas présent, l’annonce de la prochaine retraite de de Metz s’est accompagnée de louanges de la part de la Société …. et de confortables attributions d’actions gratuites (226.000).

Par ailleurs la nouvelle structure prévue, le futur Président du Conseil de Surveillance Lyon-Caen 72 ans (le retour !) et la promotion des deux adjoints de de Metz, un financier récent dans l’entreprise Bruno Thiroyon et le Directeur de la stratégie marques Gianguido Girotti donne clairement l’impression d’une solution d’attente, d’autant qu’un autre pilier de l’entreprise Chapeleau, 65 ans prend également sa retraite en juin …. avec attribution de 100.000 actions gratuites.

Cette évolution de gouvernance n’est pas une "mutinerie" mais un processus qui pourrait s’expliquer (voir plus loin).

2 - Le même Investir écrit au sujet de la parution du T1 2022 (un peu léger à +10%, le référentiel T1 2021 était très bas du fait d’une cyberattaque ayant alors perturbée le T1 2021):
Investir
Le nombre de bateaux presque terminés est de l’ordre de 600 ce qui est considérable (problèmes récurrents de manques de composants) mais n’affecte pas le carnet de commande qui est plein jusqu’à fin 2023.
Rappelons que le mode de comptabilisation du CA a changé et le CA n’est maintenant enregistré qu’après la livraison et non au fur et à mesure des paiements par les clients et à la mise à disposition en usine du produit fini.
Rappelons aussi que le prix du bateau pour le client est celui du catalogue à la date de livraison et que des hausses de l’ordre de +15% en moins d’un an sont en cours …. les "retards" ont peut être une autre explication ?

3 - Le 14/05, toujours dans la même veine sur la forme, Investir modère son jugement avec un objectif de 15€:
Investir

=> Tout ça est un peu superficiel

B - Evolutions récentes du cours de l’action:
Depuis début 01/2022 et des PH autour de 16€, logique compte tenu des perspectives annoncées des résultats 2021 et au delà, le cours de l’action a perdu environ 30%, bien au delà de la baisse générale de la Bourse ou des autres actions (Fountaine et Catana) dans le même secteur.
On remarquera que l’annonce de la nouvelle gouvernance puis du CA T1 ont été de "bons prétextes" pour deux baisses exceptionnelles, trop importantes pour être honnêtes:
- nouvelle gouvernance: baisses de -3% puis -4% puis -7.3% les 25, 26 et 27 avril,
- CA T1: baisse de -12.6% le 12/05

=> Troublant

C - Avenir patrimonial de Beneteau:
J’ai retravaillé ce sujet en utilisant toutes les sources disponibles sur internet dont celles de pappers.fr qui donne beaucoup d’informations sur les holdings de la famille Beneteau:
- Holding familiale BERI 21
- Annette Roux Beneteau: SARL FPI, puis SA BERI puis BERI 21, BERI 210 et temporairement BERI 3000
- Deux enfants de André Beneteau fils, décédé: BERI 21
- Maryse Beneteau, son époux Luc Dupé et leurs deux enfants: BERI 21 et ELMA
- Yvon Beneteau, son épouse et leurs quatre enfants: BERI 21 (sorti en 2018), NOVY 6
- Ginette Beneteau: néant a vendu ses parts dans BERI 21 aux autres membres de la famille en 2002

On constate que:
- la quasi totalité des titres ont fait l’objet de donations de la nue propriété à la génération des petits enfants d’André Beneteau père, décédé en 1964,
- depuis le retrait d’Annette Roux Beneteau (80 ans), aucun de ses frères et soeurs, enfants ou neveux maintenant âgés de 45 ans en moyenne n’a un poste opérationnel dans la société et beaucoup semblent vivre de leurs rentes,
- si le retrait de Ginette Beneteau s’est fait en douceur en 2002, cela n’a pas été le cas pour celui d’Yvon Beneteau en 2018,
- les holdings ELMA et NOVY 6 sont principalement utilisées pour des placement immobiliers (aversion au risque),
- si Beneteau a traversé plusieurs crises de la plaisance (dont celles majeures de 2008 puis de 2019/2020) mieux que beaucoup de ses concurrents dont nombre a disparu ou a été racheté, la volatilité du cours de l’action ces dix dernières années (de 6€ à 21€) a créé des tensions internes et a dû donner des sueurs froides aux membres de la famille Beneteau qui doivent s’interroger sur la suite…

D - Titres de BEN auto détenus:
Depuis au moins 10 ans le K de BEN est invariant et un stock de titres auto détenus est périodiquement constitué pour être ensuite conditionnellement attribué aux managers sous la forme d’actions gratuites.
Le stock précédent de 1.241.000 titres ayant été attribué, un nouveau plan de rachat de 828.000 titres a été lancé le 28/04/2022 et au 13/05 219.000 titres avait déjà été rachetés, ce plan et sa vitesse de mise en oeuvre sont des indices de la confiance de la société sur ses futurs résultats, dont le cours actuel est anormalement bas.

E - Rapprochement industriel avec le leader mondial Brunswick
Après la Pologne où Beneteau et Brunswick ont implanté des usines, les deux sociétés se sont implantées au Portugal et au moins en partie dans le même endroit (Vila Nova Cerveira),
Pour les bateaux à moteur, il y a une évolution en cours de la motorisation vers des moteurs hors bord, même pour de grosses unités (14 m).
La motorisation peut représenter jusqu’à 50% du prix total d’un bateau à moteur.
Alors que jusqu’à 2020 Beneteau proposait plusieurs variantes de marques de moteurs hors bord, il met en avant depuis 2021 des offres promotionnelles Mercury (et Mercruiser en IB) filiale de Brunswick, ce qui accroit la dépendance de Beneteau à ce fournisseur très présent également dans l’équipement électronique.

=> en conclusion un changement patrimonial me semble de plus en plus probable, en profitant de la période faste de 2021 à au moins 2023.
Quand ? A mon avis entre demain matin et fin 2023.
L’acheteur ? Brunswick ? (le seul qui en a les moyens dans le nautisme)
Le prix ? Au moins 20€ à 25€ ?

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Dernière modification par Jbpv (23/05/2022 10h06)

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#8 18/06/2022 14h09

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J’ai continué à rechercher sur Internet un maximum de renseignements concernant la famille Beneteau et cette valeur.

1 - Concernant la holding familiale BERI 21 (SA de droit français), dont chaque action correspond à environ 168 actions BEN, on constate qu’elle a distribué un dividende:
- de 27€ par action au titre de l’exercice décalé 2016/2017, pour un RN de 11,78€ par action BERI 21,
- de 38€ par action au titre de l’exercice décalé 2017/2018, pour un RN de 36,61€ par action BERI 21,
- de 38€ par action au titre de l’exercice de 16 mois 2018/2019, pour un RN de 39,83€ par action BERI 21,
- pas de dividende au titre de l’exercice 2020, pour un RN de 34,37€ par action BERI 21,
- les comptes de l’année 2021 ne sont pas encore publiés et en l’absence de dividende BEN au titre de 2020, le RN BERI 21 devrait être un peu négatif.
PS: les RN de BERI 21 sont décalés d’un an par rapport aux résultats de BEN.

Cette absence de distribution de dividende en juin 2021, au titre de l’exercice 2020 est d’autant plus curieuse que dans le passé  (années de "vaches maigres" de BEN en 2011/2012 (div.BEN=0€) et également en 2012/2013, 2013/2014 (div.BEN=0.04€), 2014/2015 (div. BEN=0,06€)), la holding BERI 21 avait TOUJOURS continué à verser des dividendes, parfois modestes (3,80€ au titre de 2012/2013, 6,36€ au titre de 2014/2015) en puisant dans ses réserves.

Soit la holding a préféré en 06/2021 ne pas distribuer ce cash pour des raisons fiscales en cas de cession (?), soit ce cash a été conservé pour l’achat d’actions BEN à un moment opportun (?), le poste "Autres réserves" étant passé de 13.840K€ à plus de 23.000K€ (voir compte sociaux BERI 21 année 2020 sur www.pappers.fr).
Je n’ai pas retenu l’argument que BERI 21 n’aurait pas décidé en 06/2021 de distribuer de dividende parce que les résultats de BEN en 2020 ont été mauvais: en 06/2021 les bonnes perspectives 2021 de BEN étaient déjà connues par la famille Beneteau.

2 - Concernant les différentes branches de la famille Beneteau:
- la branche Maryse Beneteau Dupé a apporté ses actions BEN dans une société de droit français ALMA (initiales des parents et des deux enfants !)
- la branche Yvon Beneteau a fait de même avec NOVY 6 (initiales des quatre enfants et "6" pour deux parents plus quatre enfants !). Une réduction de capital en 2008 a diminué la participation de cette branche qui a encore été réduite en 2018.
- pas d’info sur les deux enfants de la branche André Beneteau fils,
- la branche Annette Roux Beneteau, la plus importante a procédé depuis une dizaine d’année à une optimisation fiscale en transférant tous ses actifs dans une SARL Luxembourgeoise BERI 210 (de même nom que la SARL devenue SAS de droit français BERI 210 qui a été dissoute puis radiée).
=> opengazettes.com/gazette_notices/330025768, télécharger le PDF et lire à partir de la page 2.
=> tous les actifs de la branche Annette Roux, soit ceux dans BERI 21, BERI 210 SAS, BERI 3000 sont maintenant logés depuis 10/2013 dans BERI 210 SARL de droit luxembourgeois, BERI 210 SAS et BERI 3000 ayant maintenant été dissoutes et radiées.
En conséquence la remontée des dividendes BEN de BERI 21 de la branche Annette ROUX dans BERI 210 au Luxembourg a pu donner lieu à l’achat discret de titres BEN par BERI 210 (sans déclaration AMF) mais explique l’augmentation progressive de la détention de BERI 210 en titres BEN DIRECTEMENT détenus, déclarés dans les rapports annuels de BEN (3,78% soit environ 3.129.000 titres au 31/12/2021, voir page 54 du rapport annuel 2021).

Dans les trois cas (branches Maryse, Yvon et Annette) la création de holdings pour chaque branche est une décision logique permettant une gestion personnalisée de son patrimoine par chaque branche (achats et ventes de titres, distribution de dividendes, donation d’usufruits aux enfants, voire distribution importante via réduction de K pour la branche Yvon, etc..).

Il est clair que la branche Annette a continué à se renforcer, année par année en titres BEN et a mis en place la structure fiscalement la plus optimum de détention indirecte et directe en titres BEN (et également la plus optimum en cas de cession), les autres branches, plus modestes, restant "classiques".

Ces éléments ne constituent pas un début de preuve que la famille BEN pourrait céder la Société dans un avenir plus ou moins proche, mais de simples indices.
La cohésion de la famille Beneteau repose sur les épaules d’Annette ROUX (80 ans en 08/2022).
Le départ de la branche Ginette Beneteau s’est faite en douceur en 2002.
Celle d’une autre branche en 2018 a été plus tumultueuse et a nécessité l’arrivée de la CDC.
Aucun des enfants, petits enfants, neveux et petits neveux n’est en mesure d’assumer la succession dynastique et n’a de légitimité à maintenir une cohésion familiale fragile.

3 - rachat par BEN de ses propres titres
Nouveau programme le 28/04/2022 de rachats de titres pour attribution gratuites aux dirigeants et au personnel portant sur 827.898 actions.
Depuis cette date et à vitesse accélérée (plus de 15000 titres par jour) 579.000 titres ont déjà été rachetés (semaine du 13 au 17/06 non comprise).
Si l’on regarde le passé on constate que tous les rachats antérieurs (2006. 2011, 2016, 2019/2020) ont été faits à de "bons moments" (cours bas).
Je rappelle que les techniques utilisées par les intermédiaires chargés de tels rachats permettent de faire pression à la baisse sur le cours tout en rachetant.
La baisse actuelle des marchés va dans le même sens.

Ma conclusion:
Le marché cyclique de la Plaisance est actuellement porteur.
Même si mes conclusions concernant une évolution patrimoniale s’avéraient infondées, je continue de penser que le cours actuel de BEN constitue une opportunité.

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Dernière modification par Jbpv (18/06/2022 14h15)

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#9 24/06/2022 10h03

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Merci pour la présentation intéressante sur les coulisses actionnariales de la famille majoritaire.

Jbpv, le 18/06/2022 a écrit :

Je rappelle que les techniques utilisées par les intermédiaires chargés de tels rachats permettent de faire pression à la baisse sur le cours tout en rachetant.

Je suis très circonspect par ce phénomène que vous décrivez. Comment des rachats d’actions peuvent faire baisser le cours ? Cela me semble totalement contre-intuitif…


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#10 24/06/2022 12h46

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Oui @oliv21, c’est contre-intuitif, mais avouez que si c’était possible, ce serait un outil merveilleux dans les mains des professionnels.

….. et cela existe depuis une dizaine d’années, perfectionné en permanence par des équipes d’informaticiens.

Ce qui m’avait mis la puce à l’oreille c’était une "réclame" de locations sur les plate formes de Wall Street d’emplacements (forts chers) pour installer des PC et bénéficier du flux des transactions entrantes avant leurs présentations aux carnets d’ordre.
Il est clair que les clients visés étaient ceux du trading haute fréquence mais pas que ceux là.

Les algos sont devenus très sophistiqués, l’idée générale quand on cherche par exemple à acheter sur une longue période et dans de grandes quantités étant de le faire sans hausse du cours et si possible en le faisant baisser.

Je m’en suis expliqué plusieurs fois sur ce forum, rechercher dans mes vieux posts.

Quelques solutions évidentes:
- attendre une vente à un cours intermédiaire entre celui du CO achats et celui du CO ventes et l’intercepter => la transaction apparaitra, et le dernier cours ne changera pas ou baissera ou remontera. S’il remonte faire une vente de quelques titres (voire un seul, c’est fréquent) qui ramènera le dernier cours au niveau du CO achats.
- acheter au niveau du CO ventes et terminer dans la même seconde par une petite vente au niveau du CO achats => si le dernier cours était au niveau du CO ventes ou intermédiaire, il baisse, s’il était au niveau du CO achats il reste inchangé.
- coller un vendeur qui fait baisser le CO ventes => ne lui acheter qu’une fraction des titres proposé, l’intérêt est double, le dernier cours baisse et le cours du CO ventes baisse.
(voir ESI Group à 11h42’48", 2 titres achetés sur une offre de vente de 100)
- etc …

Pour vous en convaincre, une seule solution, prendre une feuille de papier, trois colonnes;: transactions exécutées, CO achats, CO ventes et rester quelques heures sur une valeur de préférence tradée sur une seule plateforme, avec des volumes faibles, et évidemment avec le carnet d’ordres et les transactions mises à jour en temps réel.
Deux bons exemples en ce moment de valeurs "freinées à la hausse ou poussées à la baisse" pour acheter BEN et ESI.

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[+1]    #11 29/06/2022 11h13

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Le 28/04/2022 un programme de rachats d’actions de 827.898 a été mis en place.
A partir du 29/04 et TOUS LES JOURS depuis cette date une moyenne journalière de plus de 18.0000 titres a été rachetée, le total actuel étant de 750.520.
En conséquence il est probable que le total prévu soit atteint à la fin de cette semaine.

Ce programme de rachats d’actions, effectué très rapidement si on le compare aux précédents, est destiné à l’attribution conditionnelle d’actions gratuites aux dirigeants et encadrement.

Il sera intéressant de voir si une extension de ce programme sera décidée par le CA (pour annulation de titres, par exemple) et/ou si les membres de la famille Beneteau profitent de la distribution des dividendes et du cours particulièrement bas pour acheter des titres.

On remarquera l’antinomie entre les résultats 2021 plus la distribution d’un dividende le plus élevé depuis celui de l’exercice 2007/2008 (0,43€), les perspectives récemment réitérées pour 2022 (CA à +10 à 14%, RO de l’ordre de 115M€ et donc un RN de l’ordre de 86M€ soit +17% par rapport à celui de 2021) et le cours de Bourse qui est de plus en plus bas.

Je m’en suis expliqué dans les deux derniers posts, dans un silence assourdissant de la part d’éventuels lecteurs !

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#12 29/06/2022 11h35

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Jbpv quelle est votre préférence entre Beneteau et Catana ?
Catana semble délivrer de meilleurs résultats que Beneteau.
Est-ce dû à la différence entre les produits commercialisés ? (catamarans vs bateaux à voile et à moteur).

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#13 29/06/2022 13h05

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@L1vestisseur,

Catana a effectivement choisi le créneau actuellement porteur des catamarans (après des errements dont la déconfiture de la gamme de monocoques à prix d’appel mais de qualité médiocre Harmony qui a failli entrainer la faillite de l’entreprise de M Poncin).
En conséquence, depuis un cours presque à zéro, la remontée du cours a été spectaculaire.
On constate que le cours est plus volatil que celui de Beneteau ce qui est normal compte tenu de la comparaison des capitalisations ou plus exactement des flottants.
Je reste cependant prudent vis à vis de Catana dont j’ai pu constater que son dirigeant a eu tendance à être un peu "vantard" dans le passé et je n’ai qu’une petite ligne de cette valeur.

La tendance actuelle très positive de la Plaisance s’appuie sur un basculement progressif des ventes des voiliers vers les bateaux à moteur (par exemple la répartition 75% / 25% de Beneteau au début des années 2000 est devenue 50 /50).
Dans le marché des voiliers, les ventes de catamarans progressent de façon importante en pourcentage (ventes aux flottes de loueurs essentiellement) et celles des monocoques stagnent, le marché du neuf étant largement alimenté par celui de l’occasion (il se vend environ 4 à 5 voiliers d’occasion pour un neuf).
=> Catana (et Fountaine dans une moindre mesure) bénéficient de l’évolution actuelle des ventes de catamarans
A noter cependant que le CA de BEN dans les catamarans (Lagoon et Excess) est supérieur au CA de Catana

De grosses erreurs de gestion ont été commises chez Beneteau, la dernière étant "Monte Carlo Yachts" dont l’apurement a été effectué en 2019/2020 (perte de 81M€ (!), voir DEU 2019/2020).

Je n’ai pas de doute (j’espère ne pas me tromper !) quant aux résultats 2022 de BEN après une très bonne année 2021, ce qui devrait entrainer une hausse importante du cours (restons prudent je vise 16€). je viens de reconstituer une très grosse ligne.
Enfin, les ventes de la division "habitat" (15% de l’ensemble) deviennent (enfin) très rentables.

De plus, comme je m’en suis expliqué dans des posts précédents, une possible évolution patrimoniale, d’ici demain matin à 18 ? mois ne me semble pas impossible.

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Dernière modification par Jbpv (29/06/2022 14h28)

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