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Favoris 16   [+8]    #676 24/06/2021 21h10

Membre (2020)
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Réputation :   276  

Comme il y a de plus en plus de monde intéressé par les options, je vous propose une critique de quelques livres de ma bibliothèque sur ce sujet.
Trier par niveau de compétence, débutant (ne connais pas ou peu les options), amateur (connais les stratégies de bases et vaguement les grecques) et expert (connais des stratégies avancées comme le gamma hedging) et des livres inclassable

Débutant:

Faire de l’argent avec les options de Lee Lowell

Une présentation rapide:
Le livre est divisé en 2 parties, une théorique et une pratique. Le livre est parfait pour un débutant ou un amateur qui ne souhaite pas allé trop loin. Il présente la théorie sans trop creuser, et quelques stratégies simples et la mise en pratique dans des exemples réels.

Points positifs: ce seul livre peut suffire pour la majorité des gens, il est disponible en Français, la partie pratique est plutôt rare dans les autres ouvrages.
Point négatifs: l’auteur a une vision précise de l’utilisation des options et se limite à cette vision (avoir la valeur temps dans la poche) et donc ne traite pas énormément de stratégie.

Create Your Own Hedge Fund: Increase Profits and Reduce Risks with ETFs and Options de Mark Wolfinger

Présentation rapide:
Le livre tourne autour de deux choses les ETFs et les options. Le but est de faire un portefeuille d’ETF, de générer des rendements supplémentaires et de réduire le risque en utilisant des ventes d’options couvertes (en gros le portefeuille de Miguel avec des ETFs). Donc les ETFs et la base des options est présenté. C’est idéal pour un investisseur à long terme qui souhaite battre les indices sans trop travailler.
Point positif: Le sujet est simple d’accès. La stratégie est bonne. On a une présentation simple des ETFs et des options en un seul livre, il suffira à la plupart des gens.
Point négatif: Un peu limité, existe qu’en Anglais.

Amateur:

The bible of options strategies de Guy Cohen
Présentation rapide:
Le livre ressemble à un gros powerpoint qui aurait été imprimé, mais ça a un côté finalement assez pratique. Et il porte plutôt mal son nom de bible car très incomplet. Le livre présente toutes les combinaisons d’options existantes (ou presque). Pour chaque combinaison, vous aurez tous les détails, effet du temps, comment la mettre en place, le profile de risque, dans quel scénario l’utilisé, l’effet des grecques et du temps avec 6 graphiques etc… C’est très orienté pratique. Il y a plusieurs tableaux pour aider à choisir ses stratégies en fonction de certains paramètres.
Point positifs: Très orienté pratique, simple à lire, l’influence des grecques n’est pas oublier (sans pour autant avoir besoin de les connaître).
Point négatifs: Titre trompeur, le livre ne traite que des combinaisons, il faudra d’autres livres pour maîtriser les grecques ou apprendre les bases. En anglais.

Expert:

Trading option greeks de Dan Passarelli
Présentation rapide:
Le livre ne tourne qu’autour des grecques et de leur influence sur le prix des options, il faut déjà avoir des connaissances sur les options et je dirais même, qu’idéalement, il faudrait déjà avoir pas mal d’expérience sur les options pour mieux le comprendre. Le livre vous aidera a mieux comprendre les grecques et savoir comment en profiter pour créer des stratégies gagnantes. Par exemple, si vous avez raison sur la direction, mais que vous placer mal votre trade avec les options, vous pourrez quand même perdre de l’argent, après avoir lu se livre vous serez plus souvent dans le cas inverse, ne pas avoir forcément raison sur le sens, mais finir gagnant quand même grâce aux autres paramètres.
Points positifs: Il n’y a pas forcément besoin d’un bon niveau en mathématiques financières, le livre est plus pratique, que scolaire, contrairement au Hull. Peut vous permettre d’améliorer significativement votre compréhension des options.
Points négatifs: Plus de graphiques sur certaines parties n’aurait pas été un luxe. En anglais

The option trader’s hedgefund de D Chen et M Sebastian
Présentation rapide:
Le livre à l’air médiocre et pour débutant si on le feuillette rapidement, mais en réalité il est très intéressant et plus difficile d’accès qu’il n’y parait. Le livre compare les vendeurs d’options à des assureurs (pas intéressant), il vous donne un plan de trading (pas intéressant), une gestion du risque traité trop superficiellement mais intéressante. Mais là où ça devient intéressant, c’est sur les stratégies de base qui sont creusées de manières très intéressantes avec leur expérience et certains sujets sont plus creusés qu’ailleurs comme le skew de volatilité et sa déformation dans différents cycles.
Points positifs: Le coté pratique approfondi, certains sujet traiter en profondeur sous l’angle de la pratique.
Points négatifs: Un tiers du livre ne sert à rien et ne vise pas le bon public. En anglais.

Les livres multi-niveaux:

Options, futures et autres actifs dérivés de John Hull
Présentation rapide:
Très académique, la partie sur les options peut convenir du débutant à l’expert. Le débutant y verra quelques stratégies simples et principes de base. L’amateur y verra les grecques et le pricer fournis avec le livre. L’expert pourra étudier le GARCH, faire des simulations de Monte-Carlo, avoir toutes les formules mathématiques pour travailler. Et comme son nom l’indique, vous trouverez aussi d’autres produit financiers comme les SWAPS, futures etc…
Point positif: Très riche sur la partie mathématique. Les autres actifs.
Point négatif: Il y a souvent une différence entre pratique et théorie, hors ici, vous n’aurez que la théorie. Le coté trop mathématique peut faire fuir quelqu’un qui n’a pas les notions adéquates.

Volatilité et pricings des options de Sheldon Natenberg
Présentation rapide:
Le livre le plus complet sur les options, à la fois théorique (toutes les formules sont en index) et pratique. Vous saurez ce qu’est une option, les stratégies de bases, les grecques, la volatilité implicite, la couverture de portefeuille et même des stratégies d’arbitrages. Le livre est à mis chemin entre le Hull trop académique et le Lowell très pratique.
Points positifs: Très complet, plutôt bien illustré, lorsque l’on maîtrise on retrouve des informations très importantes, le seul livre qui parle aussi des options sur futures (faire un calendar spread sur future n’a pas la même complexité que sur action) et des spread inter-marchés.
Point négatif: Un peu austère pour un débutant.

Dernière modification par JohnGaltTagart (24/06/2021 21h11)

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[+4]    #677 04/08/2021 16h25

Membre (2015)
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Je voudrais dire ici à quel point la lecture de Père Riche Père Pauvre de Robert T. Kiyosaki a été incroyablement instructive pour moi.

La particularité de ce livre, c’est que je l’ai pris comme une occasion d’exercer mon esprit critique :
1) le lire une première fois, en exerçant son esprit critique, mais en sachant apprécier aussi les belles histoires et les beaux rêves qu’on nous propose. Ca serait dommage de s’en priver.
2) le lire une deuxième fois en en faisant un résumé dans un fichier Word, pour essayer de dégager les vraies idées, au milieu de toutes les belles histoires et des considérations un peu foisonnantes. En gros, ce résumé tient sur 7 pages. Oh, un livre de 300 pages résumé sur 7 pages, sans que j’ai l’impression que rien n’y manque : y aurait-il si peu de vrai contenu ? (et encore, 7 pages, c’est parce que j’ai voulu retenir certains exemples et certaines formules emblématiques ; le vrai résumé de ce qu’il faut retenir tient en 3 vérités qui s’énoncent en 12 lignes : voir un peu plus bas dans ce message).
3) y repenser encore, et se dire "mais quand même, non, vraiment ? A ce point ?". Remettre en cause, réfléchir, se documenter.
4) Lire des critiques tierces, et notamment la critique de Père Riche, Père Pauvre de Kiyosaki par Luc Brialy (en français et facile à lire) ou, bien mieux, la critique de Père Riche, Père Pauvre de Kiyosaki par John T. Reed (bien plus difficile à lire car en anglais, très longue, touffue… mais bien plus riche d’enseignements). Et pour faire bonne mesure, la réponse de Kiyosaki à ses détracteurs… sachant que Reed a continué à alimenter ses pages de critique, cela fait que la réponse de Kiyosaki correspond à une version plus ancienne et plus courte de la critique de Reed. Je souligne au passage que ces lectures très instructives sont gratuites.
5) Au fur et à mesure, noter dans mon résumé, en italique, les principaux commentaires et critiques que je peux faire aux idées et assertions de M. Kiyosaki. Mesurer au passage combien de points j’avais ratés lors de mes premiers questionnements, et sur lesquels MM. Brialy et Reed m’ont ensuite aidé à réfléchir ; c’est une source d’humilité.

Une fois que j’ai eu fait tout cela… sur l’ensemble de ce processus, j’ai vraiment beaucoup, beaucoup appris. Merci M. Kiyosaki de m’avoir donné l’occasion d’exercer ainsi mon esprit critique. Ce n’est pas tous les jours qu’on reçoit une aussi bonne leçon. Comme quoi vous avez raison sur au moins un point : il faut toujours apprendre, toujours être curieux, toujours développer ses compétences financières.  big_smile

Ajouts.
Notes complémentaires à propos de la distinction entre trois types de revenus qu’on trouve dans les "dernières réflexions" :

Ces trois types de revenus sont :
- earned (salaires ou revenus d’un artisan, d’un commerçant ou d’un travailleur libéral)
- portfolio (actions, obligations et équivalent)
- passive (notamment immobilier locatif) ce qui est maladroitement traduit en français par "revenus hors exploitation".
John T Reed explique que cette distinction est essentiellement une distinction fiscale des USA. Les termes passive income et portfolio income sont des termes du Revenue Code, le code des impôts des USA. Kiyosaki dit que ces revenus sont taxés respectivement à 50 %, 20 % et 0 %, ce qui est faux. Ces revenus sont taxés de la même façon ; le vrai taux d’imposition final vient de si on peut déduire les pertes de même nature ou non.
Il y a certes un taux de 20 % sur le portfolio, mais seulement pour les gains long terme. En fait, ce taux sur les gains long terme peut s’appliquer pareillement aux catégories portfolio et passive.
Les seuls revenus taxés à 0 % (totalement défiscalisés) sont des choses spéciales telles que des obligations municipales et des gains de moins de 250000 $ par époux issus de la vente de la résidence principale.
Il est possible de réaliser des transactions sans devoir de taxe pour l’instant, par le paragraphe 1031 sur les échanges, mais c’est à la condition que vous mettiez l’argent issu de la vente d’une propriété locative dans l’achat d’une autre propriété locative, sans percevoir de revenu, donc ce n’est pas vraiment un revenu taxé à 0% puisque vous ne disposez pas de ce revenu. Lorsque vous voudrez finalement prendre votre bénéfice vous serez taxés sur la plus-value, donc cette histoire de taux à 0% est fausse. Cette notion de revenu non taxé (untaxed), car latent, c’est à dire non réalisé (unrealized), comme dans le cas du chapitre 1031, est effectivement une piste des riches pour payer moins d’impôt ; encore faut-il la traiter sérieusement et pas par de telles approximations.
De toute façon, ces considérations américaines, non seulement sont fausses aux USA comme l’explique Reed, mais ne ne sont pas transposables en France.

C’est tout l’inconvénient de traduire et d’exporter un livre américain à l’étranger, sans aucun effort d’adaptation au pays cible : les conseils et considérations ne sont pas adaptés au pays cible. Il y a de grosses différences culturelles, et il y a de grosses différences fiscales, or la fiscalité détermine en grande partie la rentabilité et l’attractivité de tel ou tel placement.

A propos de l’identité de père riche :

L’identité du Rich Dad est longtemps resté secrète. En 2009, le décès de Richard Wassman Kimi, homme d’affaires à Hawaï, principalement constructeur et gérant d’hôtels, a révélé qu’il s’agissait de lui, et que son fils "Mike" avait pour vrai prénom Alan. Robert T. Kiyosaki l’aurait confirmé lui-même en 2016, en interviewant Alan Kimi en tant que le "Mike" du livre. Le Rich Dad du livre, bien que basé sur cette personne réelle, est probablement très largement romancé. Plus d’infos sur cette page : Robert Kiyosaki’s Real Life Rich Dad | Freedom Mentor

Appréciation globale du livre :

Au total, le livre contient trois vérités :

I) si vous voulez vous enrichir, limitez vos dépenses et placez de l’argent dans des actifs rentables (produisant des revenus), tout en gardant votre emploi rémunérateur.
II) Si vous voulez vous enrichir, vous devez développer votre intelligence financière, qui comporte notamment 4 domaines d’expertise :
- la comptabilité et les finances d’entreprises
- l’investissement : comment faire de l’argent avec de l’argent
- le fonctionnement des marchés, de l’offre et de la demande, donc aussi le marketing
- le droit, notamment pour minimiser ses impôts tout en restant dans la légalité et pour diminuer son risque juridique (le risque de faire quelque chose d’illégal ou se faire attaquer au tribunal).
III) Pour une entreprise, les plus importantes compétences sont la vente et le marketing. Ventes = Revenus. Pas de ventes, l’entreprise périclite. C’est une évidence, mais elle est effectivement trop souvent oubliée notamment par les gens qui méprisent les vendeurs et par ceux qui préfèrent les grands idéaux aux contingences matérielles.

Les 12 lignes ci-dessus sont le véritable résumé de ce qu’il y a retenir dans ce livre.

A part cela, le livre contient :
- des fables, largement inventées de toute pièces, ou romancées sur une base réelle,
- des maximes, des formules qui sonnent bien mais qui sont souvent creuses, peu précises voire franchement fausses ; ce genre de discours vague mais séduisant, dans lequel chacun peut avoir l’impression de trouver des vérités, n’est pas sans rappeler le discours des prédicateurs, des politiciens et des horoscopes,
- Des approximations,
- Des erreurs grossières, notamment sur la distinction actif/passif ou sur l’épargne qui était rentable dans les années 1970 mais plus aujourd’hui,
- des mauvais conseils et des conseils franchement dangereux,
- des répétitions et du délayage,
- une critique permanente de l’instruction scolaire et académique, alors que les statistiques prouvent que le niveau d’études est fortement corrélé avec le niveau de revenus, l’importance du patrimoine, la durée de vie et un moindre risque de chômage. Ses affirmations sur ce point sont donc contraires à la réalité.

De façon plus insidieuse, le livre se base sur des présupposés qui ne sont pas discutés, alors qu’ils devraient l’être :
- "tout le monde veut être riche" (plutôt que : "tout le monde recherche le bonheur et une certaine qualité de vie", ce qui me semble plus proche de la vérité ; être riche au sens de Kiyosaki n’est pas la seule façon d’y arriver).
- la seule façon de devenir riche, c’est d’entreprendre, de placer son argent dans des entreprises plus ou moins risquées (et souvent plus que moins, vu les exemples fournis !)
- Il faut frauder le fisc, comme de faire passer ses dépenses personnelles et de loisir sur le compte de l’entreprise,
- Il faut se payer en premier, quitte à risquer amendes, frais, pénalités de la part des gens à qui l’on doit de l’argent, voire de risquer la faillite.
- il faut dépasser sa peur (plutôt que se demander si la peur ne vous avertit pas fort justement d’un risque ; plutôt que se demander si la peur ne mesure pas notre ignorance et notre impréparation face à un danger, et doit donc être combattue, non pas en osant davantage, mais en apprenant davantage et en calculant davantage)
- tout le monde doit s’inscrire dans une logique d’entrepreneuriat, tout le monde doit être un homme d’affaires aventureux (alors que la principale alternative, c’est d’acheter des actions, c’est-à-dire faire confiance à de grosses entreprises dans leur capacité à gagner de l’argent, ce pour quoi elles ont les moyens, les savoir-faire, les compétences, et un track record pour le prouver ; donc, l’alternative, c’est en fait de déléguer son entrepreneuriat à des gens parfaitement formés et entraînés pour, tout en diversifiant le risque) ;
- il faut agir, au risque de gesticuler de façon inutile ou contre-productive, et tant pis si l’on perd (alors que l’inaction est parfois la solution la plus avisée) ;
- les conseils donnés partent du postulat que l’on peut battre le marché en stock picking et en market timing… ce qui est pourtant bien rare. D’après lui, tout le monde est un génie financier, qui, avec un effort d’apprentissage, aura la capacité à reconnaître les meilleures affaires (et donc aussi à éviter les affaires pourries) et les retournements de marché (et donc à savoir distinguer un bottom d’une simple pause dans une baisse qui va continuer). C’est bien évidemment trompeur. Cf A Random Walk Down Wall Street ; disponible en français : Une marche au hasard à travers la bourse, Burton-G Malkiel

Il y a des erreurs vraiment grossières, et notamment :
- « la maison est un passif » (l’erreur énorme, c’est que cela va à l’encontre du B.A.BA de la comptabilité et de la définition normale d’un actif et d’un passif ; il y avait moyen de faire les mêmes mises en garde sans proférer de telles énormités qui vont ensuite être très difficiles à corriger pour ceux qui vont vouloir se former à la vraie comptabilité seulement après qu’ils auront intégré ces principes erronés. Au-delà d’une erreur, c’est peut-être volontaire. Donner un sens spécifique et inhabituel à un mot courant est un moyen d’endoctrinement et d’isolement utilisé notamment par les gourous : ainsi, on est obligé de penser "comme Kiyosaki" parce qu’on utilise les mots "comme Kiyosaki" ; et il devient difficile de confronter ses idées avec des gens qui ne pensent pas comme lui car le vocabulaire nous sépare. Donner un sens inhabituel à un mot pour mieux isoler ses disciples est une pratique sectaire, AMHA).
- L’épargne rapportait dans les années 70 car les taux d’intérêt qu’elle servait étaient élevés, alors qu’elle ne rapporte plus rien aujourd’hui car les taux d’intérêts sont faibles (l’erreur énorme est de ne pas comparer les rendements corrigés de l’effet de l’inflation et de ne pas même pas dire un mot sur l’inflation).
- la clause "soumis à l’accord de mon partenaire en affaires", dans ses offres, ledit partenaire étant son chat, c’est du grand n’importe quoi. C’est non seulement un mauvais conseil, mais c’est aussi complètement infantile de faire de telles affirmations irréalistes. Gross childish bragging. Ce n’est pas d’ailleurs pas le seul passage qui relève de cela… Approfondissons un instant cet aspect, car c’est peut-être la clé de l’énigme :

De nombreuses parties du livre relèvent d’un raisonnement enfantin :
- le titre même, qui dit qu’il a un deuxième père. En général, on a un seul père. Les gens qui peuvent dire qu’ils ont deux personnes qu’ils considèrent comme leur vrai père, et qui en retour sont considérés par ces deux personnes comme leur vrai enfant, sont très rares. Vu les relations décrites dans le livre, le père de Mike est, au mieux, un tonton : une personne bienveillante qui s’occupe de vous, mais sans l’implication d’un vrai père. D’ailleurs, un vrai père transmet sa fortune à ses enfants, or il semblerait que seul Mike ait hérité de "l’empire" de Père Riche. Donc, prétendre avoir un second père est déjà une forte exagération. En fait, une fable. Il ajoute une troisième personne qui l’aurait beaucoup aimé, comme si sa mère et son père ne suffisaient pas. D’autres parlent de fées qui se sont penchées sur le berceau. Quand c’est un auteur tiers qui fait cela, c’est un conte de fées. Quand c’est l’enfant en question, on ne peut que constater il a besoin d’inventer une seconde personne qui l’aurait aimé comme un père ; il a besoin de se rajouter fictivement de l’amour. Comme les enfants qui disent « eh ben moi, mon papa,… » et ce qui suit est une grossière exagération tendant à prouver qu’ils ont un papa formidable qui les aime beaucoup. En général, c’est vers 5 à 9 ans qu’un enfant confond ainsi la réalité et la fiction et s’invente un papa mieux que nature. Après, ça passe.
- Le recours permanent à la notion qu’il va nous révéler des « secrets ». Il n’y a évidemment rien de secret dans ce qu’il raconte, plutôt des lieux communs. Prétendre avoir des secrets, et ne les révéler que si ceci ou cela, c’est aussi ce que font les enfants dans la cour de l’école.
- De nombreux aspects de la biographie de Kiyosaki changent avec le temps. Dans son livre de 1992 If You Want To Be Rich…, il écrivait que son meilleur professeur était son vrai père, et Père Riche n’était même pas mentionné dans les très nombreuses personnes remerciées. 5 ans plus tard, cette personne, inconnue 5 ans plus tôt, accède au statut de père ! Dans certaines interviews, il a dit qu’il n’a jamais possédé une action, mais dans le livre, il se vante de nombreux achats d’actions de sociétés avant qu’elles ne s’introduisent en bourse ou n’annoncent une bonne nouvelle majeure. De son emploi dans la marine marchande, il a démissionné au bout de 3 mois selon certains livres, 6 mois dans d’autres (alors qu’en fait, il n’a pas démissionné du tout, il a profité d’une passerelle vers l’armée, ce qui le libérait de son temps d’engagement envers la marine marchande, compte tenu que ses études avaient été payées par le contribuable). Dans un livre, à la fin de son engagement au Vietnam, il devient soudain objecteur de conscience et refuse donc d’embarquer sur le bateau qui le ramène au champ de bataille, mais il admettra plus tard avoir tout bêtement raté le bateau, comme des dizaines de personnes, car le bateau est parti un peu plus tôt que prévu. Etc. Comment est-ce qu’on appelle quelqu’un qui change sa biographie en fonction des idées qu’il veut faire passer ? Un mythomane, un menteur pathologique… ou un enfant, à qui l’on pardonne bien volontiers cela, car c’est de son âge.
- Kiyosaki lui-même, à force d’être harcelé pour savoir si Père Riche était réel, a demandé « Est-ce que Harry Potter est réel ? Pourquoi est-ce que vous ne laissez pas Père Riche être un mythe, comme Harry Potter ? ». La différence, c’est que Harry Potter n’est pas vendu au rayon « non-fiction ». La différence, c’est que J.K. Rowling ne prend pas aux gens 45000 $ pour assister à un séminaire pour devenir sorcier. La différence, c’est que les gens ne prennent pas des décisions radicales dans leur vie, telles qu’arrêter leurs études ou consacrer toutes leurs économies à une entreprise risquée, sur la base de ce qu’ils ont lu dans Harry Potter. La différence, c’est qu’il n’y a pas 3500 « clubs Harry Potter » de gens qui se réunissent pour sérieusement se demander quelles décisions drastiques d’investissements et d’orientation de leur vie ils vont prendre pour devenir sorcier (alors qu’il y a bien, ou du moins qu’il y eu à une époque, 3500 Rich Dad Clubs). Ne pas se rendre compte qu’on a pas le droit de vendre des fantaisies aux gens qui en dérivent ensuite des décisions importantes voire drastiques dans leur vraie vie, c’est avoir un sérieux problème de relation à la réalité et un manque total de responsabilité !
- Kiyosaki écrit des choses comme « un actif est ce qui amène de l’argent dans votre poche et un passif est ce qui prend de l’argent dans votre poche ». C’est peut-être ce qu’on peut dire à un enfant de 9 ans pour commencer à lui expliquer quelques trucs sur la vie. Mais continuer à raconter cela à l’âge adulte, et raconter cela à des adultes qui cherchent à s’instruire sur le fonctionnement des finances d’entreprise, c’est juste de l’inconscience absolue !
- Quand il compare les taux de rémunération de l’épargne des années 1970 et ceux d’aujourd’hui sans prendre en compte l’inflation : c’est du niveau d’un gamin de primaire!
- La clause "soumis à l’accord de mon partenaire en affaires", dans ses offres, ledit partenaire étant son chat. C’est du niveau primaire ! S’il fait vraiment cela, c’est un rigolo. S’il ne le fait pas (ce qui est probable), il ment comme un enfant du primaire, et il espère qu’on gobera cela !
- Kiyosaki écrit : « Il est plus important d’écouter que de parler. Si cela était inexact, Dieu de ne nous aurait pas donné deux oreilles et une seule bouche ». J’ai suivi le catéchisme en tant qu’enfant. Même les catéchèses enseignant à des enfants de 7 ou 8 ans n’osaient pas sortir des raisonnements aussi simplistes. Comment peut-on sortir de tels arguments dans un livre prétendant enseigner des choses sérieuses à des adultes ?
- - Kiyosaki écrit : « L’action surpasse toujours l’inaction ». Non, ce genre d’affirmations heurte la logique la plus élémentaire donc c’est une exagération grossière et enfantine.

A beaucoup de points de vue, Kiyosaki écrit comme un enfant et raisonne comme un enfant. C’est un adulte bien sûr, avec un esprit d’adulte aiguisé et puissant dans bien des domaines. Mais pour ce qui est du rapport à la vérité, pour ce qui est de la responsabilité concernant les conséquences de ses actes, pour ce qui est du besoin d’être admiré, cela relève plutôt d’un enfant. Kiyosaki semble être un adulte avec la morale d’un enfant.

Comme, en chacun de nous, il y a un enfant qui aime bien qu’on lui raconte de belles histoires et qu’on leur serve des raisonnements simplistes mais séduisants, beaucoup de gens y ont cru. C’est quand les gens prennent ensuite de vraies décisions dans leur vraie vie sur la base de belles histoires fictionnelles et d’idées simplistes que les ennuis commencent pour eux. Kiyosaki, il s’en fout, il a vendu ses bouquins, il a vendu ses séminaires, il est riche.

Dernière modification par Bernard2K (28/09/2021 05h26)


Marchand de biens et formateur en investissement immobilier.

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#678 08/08/2021 14h11

Membre (2018)
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Bonjour,

Livre de l’allemande Heike Buchter " Black Rock " Ces financiers qui s’emparent de notre argent.

Massot Editions. 22,90 euros.

C’était peût etre le dernier ou bien l’unique exemplaire de la librairie quand je l’ai prit.

On pourrait penser que c’est un livre 100% "à bas Blackrock", mais non, la journaliste d’investigation bien que quand même critique n’hésite pas à sublimer par exemple la montée de Blacrock, à mieux expliquer la montée en puissance des ETF et leurs perversités à long terme.

Je ne savais pas avant de lire ce livre ( il me manque un chapitre ) qu’on ne pouvait rien refuser à Blackrock, même avec 5 ou bien 6% d’actionnariat ils sont les maîtres, à Wall Street on n’ose rien critiquer de leurs actions.

Pourtant ils sont inconnus du public français.

Je ne suis pas très bon pour résumer un livre, je préfère que vous le découvriez par vous- mêmes.


Ouf ça y est vacciné à l'Astrazeneca ( première fois que je trouve un avantage d'être plus ou moins gros ).

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#679 08/08/2021 14h22

Membre (2015)
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wincentheureux a écrit :

Pourtant ils sont inconnus du public français.

Je ne pense pas : il y déjà eu Larry et moi de Denis Robert (connu pour ses investigations sur les milieux financiers) et on a beaucoup parlé du fait que les représentants de BlackRock trainaient à l’Élysée pendant les discussions sur la réforme des retraites (époque Delavoye). Il y a notamment eu le documentaire d’Arte « Ces financiers qui dirigent le monde ».

wincentheureux a écrit :

On pourrait penser que c’est un livre 100% "à bas Blackrock", mais non, la journaliste d’investigation bien que quand même critique n’hésite pas à sublimer par exemple la montée de Blacrock, à mieux expliquer la montée en puissance des ETF et leurs perversités à long terme.

Je pense que ces arguments contre les ETF ont été assez bien démontés sur le présent forum notamment par Fructif dans ce fil et dans d’autres.

Je suis donc assez peu convaincu par votre proposition de lecture. Vos propositions suivantes seront sûrement meilleures !

Dernière modification par Gog (08/08/2021 14h23)

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#680 08/08/2021 14h38

Membre (2018)
Réputation :   6  

Je parlais de la perversité à long terme :

Les investisseurs ( surtout ceux qui ont empruntés à taux bas ) veulent des progressions toujours plus fulgurantes pour les rendements, les entreprises qui veulent prendre leur temps pour affiner leur exploitation pour en tirer une meilleure rentabilité n’auront plus de financements, car seuls celles qui pourront à fabriquer des produits et services non finis s’en tireront.

Vous croyez que le livre de Denis Robert et le document d’Arte ont suffit à informer suffisament les français, ce n’est pas vrai!

Ce n’est pas un forum essentiellement composés de purs et durs capitaliste quand même !

On a le droit de réfléchir à l’après demain.


Ouf ça y est vacciné à l'Astrazeneca ( première fois que je trouve un avantage d'être plus ou moins gros ).

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#681 08/08/2021 17h01

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J’ai pas compris. C’est qui qui s’empare de mon argent après demain?

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Favoris 1   [+1]    #682 09/08/2021 11h43

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Je voudrais partager ici la lecture de Mister K de Jérôme Lefilliâtre Mister K , Jérôme Lefilliâtre, Docum… | Editions Seuil biographie sur le parcours de Daniel Kretinsky milliardaire par ses affaires à 35 ans.

Ce n’est pas un livre qui changera votre vision du monde, mais pour les investisseurs le parcours de Daniel Kretinsky n’est pas sans intérêt. C’est le parcours d’un investisseur contrariant, à contre courant permanent des tendances.

Il fait fortune, très rapidement, en misant sur le charbon au moment où les grandes compagnies vendaient leurs mines peu chères pour verdir leur bilan ESG, même chose dans les centrales à charbon puis dans la grande distribution (Casino) quand les doutes s’installent sur son avenir (et son bilan) ainsi que chez Metro.
Ses acquisitions à marche forcée dans les médias (Le Monde, L’obs, Marianne, Elle, France Dimanche…) sont à visée sans doute bien plus politique, il a d’illustres prédécesseurs. Il semble se positionner pour l’acquisition de biens nationaux (privatisation de filiales d’EDF ?).

Le livre n’est pas spécifiquement dirigé vers un lectorat d’investisseurs et n’est pas très dense en chiffrage. Il permet cependant la compréhension globale de l’état d’esprit de l’investissement contrariant et il sera difficile de le lire sans se projeter dans certains secteurs (pétroliers, cigarettiers…)


Par vent fort, même les pintades arrivent à voler

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Favoris 1   [+7]    #683 16/08/2021 22h25

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Après bien d’autres personnes, je livre quelques notes de lectures concernant The Millionaire Next Door, livre datant de 1996. En espérant que sur ce sujet rebattu, certains y trouvent tout de même quelques éléments intéressants.

Mon résumé
Les millionnaires US ne sont pas comme l’image que l’on s’en fait : belle maison dans un quartier huppé, beau costume, montre de luxe, voitures de luxe… C’est parce qu’on confond le niveau de vie avec la richesse. La richesse, c’est le patrimoine net (= patrimoine total - dettes).
Les millionnaires gagnent assez bien leur vie, mais pas tant que ça pour une bonne partie d’entre eux (revenu médian du ménage 131 000 $/an). Ils ont 57 ans en moyenne, car il faut le temps d’accumuler du patrimoine. La plupart sont mariés avec des enfants. La plupart des millionnaires sont des gens qui travaillent dur (ou ont travaillé dur, s’ils sont à la retraite), ont des goûts simples, sont frugaux, tiennent leurs comptes et planifient leur budget et leurs investissements ; le conjoint est souvent encore plus économe et planificateur que le chef de famille. La frugalité est la pierre sur laquelle est construite la richesse.
Ils valorisent le travail et l’indépendance financière qui leur semblent plus importants que d’afficher un statut social. Ils investissent en moyenne 20 % de leurs revenus. Ils investissent notamment dans un plan de pension (plan d’épargne retraite), des plans d’épargne pour les études des enfants, des actions d’entreprises cotées ou non cotées (y compris leur propre entreprise qui représente en moyenne 21 % de leur patrimoine), de l’immobilier commercial… Ils investissent dans des actifs qui vont produire du revenu et/ou s’apprécier, par opposition aux dépenses de consommation qui font s’évaporer l’argent. 97 % d’entre eux sont de plus propriétaires de leur maison. Pour réduire leur revenu imposable, ils recherchent des investissements produisant du revenu latent ou de la plus-value latente (unrealized), donc non imposé, ou bien encore des investissements défiscalisés.
Les millionnaires ont un bon niveau d’études (80 % sont au moins college graduate, c’est à dire diplômés du premier cycle de l’enseignement supérieur) et valorisent les études en général (seuls 14% pensent que ce qu’ils y ont appris ne leur sert pas). Ils investissent dans l’éducation de leurs enfants et petit-enfants.
La richesse moyenne à avoir en patrimoine net est : âge du chef de famille x revenu annuel du ménage /10
A moins de la moitié de cette somme, on est UAW (Under Accumulator of Wealth), à plus du double de cette somme on est PAW (Prodigious Accumulator of Wealth).
Les UAW ont souvent eu des parents eux-mêmes dépensiers, sans culture de l’argent et de l’investissement. Pour les UAW, réussir mieux que leurs parents, c’est gagner plus pour dépenser plus, et non pas corriger cette inculture concernant l’argent et l’investissement. Les UAW entrent dans le cercle vicieux de la consommation à l’américaine : d’abord une maison surclassée (trop chère par rapport à ses moyens) ; ensuite la pression sociale qui va avec cette maison et qui fait qu’on veut afficher des signes extérieurs de richesse et qu’on y consacre tous ses revenus et même plus (grâce aux cartes de crédit). Les texans disent de telles personnes : Big Hat No Cattle (il a un grand chapeau, c’est à dire des signes extérieurs de richesse, mais pas de bétail, c’est pas à dire pas de patrimoine productif). Les médias valorisent ce style de vie, tandis que le style de vie du millionnaire moyen est tellement banal et non excitant qu’il n’est jamais représenté dans les médias.
Si l’on veut être riche un jour, il faut viser une maison dont le montant de l’emprunt est inférieur ou égal à deux fois le revenu annuel du foyer.
80 % des millionnaires sont la première génération à l’être. Plus de la moitié n’a reçu aucun héritage. Seulement 20 % a reçu en héritage plus de 10 % de leur fortune actuelle. En filigrane, ça veut dire qu’une grande partie des enfants de millionnaires dilapident, au lieu de devenir millionnaires à leur tour. Une part importante des millionnaires sont des immigrants récents. Les gens d’origine russes, écossaise et hongroise sont ceux qui réussissent le mieux : 4 à 5 fois plus représentés chez les millionnaires que dans la population générale. Les gens d’origine anglaise sont majoritaires (21 % des millionnaires) mais seulement 2 fois plus représentés que dans la population générale. Les vieilles familles riches d’origine anglaise passent peut-être trop de temps à penser à leur splendeur passée et à dépenser pour leur niveau de vie luxueux…
Les chefs d’entreprise (y compris professions libérales) sont 4 fois plus représentés chez les millionnaires que dans la population générale. Pour autant, la plupart des entreprises gagnent peu, et devenir entrepreneur n’est pas la voie royale vers la fortune. Il n’y a pas de secteur particulier ; la plupart des entreprises de millionnaires sont banales et non excitantes : les millionnaires sont soudeurs, commissaires-priseurs, fermiers producteurs de riz, propriétaires de parcs de mobile-home, dératiseurs, entrepreneurs des travaux publics… Les millionnaires ont su identifier les opportunités d’affaires, travailler dur et efficacement, et mener leur business au succès.
Seulement 20 % des chefs d’entreprise millionnaires transmettent leur entreprise à leurs enfants. Ils savent que c’est une activité dure et risquée. Ils poussent plutôt les enfants vers des professions libérales bien payées : médecin, avocat, expert-comptable, etc. Néanmoins, dans ces professions qui nécessitent d’afficher un statut social, on est poussé à la consommation et le risque de devenir UAW est élevé…

Les dons aux enfants adultes doivent être réservés à deux domaines :
- leur payer les meilleures études qu’ils peuvent faire (= apprendre à pêcher plutôt que donner des poissons)
- les aider à démarrer leur entreprise si c’est ce qu’ils veulent faire (aider un peu ; ne surtout pas tenir à bout de bras).
Tous les autres dons et héritages ont statistiquement tendance à produire des enfants moins productifs, non autonomes, pas courageux, qui ont moins de revenus et de patrimoine au final. Notamment, les aider à acheter leur première maison, c’est souvent acheter une maison trop chère et dans un trop bon quartier par rapport aux moyens du jeune couple, ce qui leur met le doigt dans l’engrenage de consommation des UAW.
A l’intérieur d’une fratrie, aider celui qui s’en sort le moins bien financièrement est très tentant pour les parents, mais c’est « affaiblir le faible » en lui ôtant les occasions de progresser.
Il faut éviter de montrer la richesse aux enfants, éviter d’en parler, et leur transmettre plutôt des valeurs de discipline, de travail et de frugalité.

Mes commentaires :
Excellent livre, très intéressant et très sérieux. C’est le travail honnête de sociologues qui décrivent et analysent ce qu’ils constatent et mesurent. Il a le mérite de faire réfléchir sur ce qu’est la richesse et comment on y parvient vraiment, au-delà des belles histoires et des yaka faukon.
Je vois néanmoins des réserves pour le lecteur français d’aujourd’hui :
1) Inflation
Le premier problème, c’est l’effet de l’inflation. Un millionnaire en dollars de 1913 aurait 28 millions de dollars d’aujourd’hui. Un millionnaire de 1955 serait déca-millionnaire aujourd’hui.
Un millionnaire d’aujourd’hui (2021) n’a que 561 289 $ de 1995 (année de l’enquête sur laquelle est basée le livre). Un millionnaire de 1995 aurait 1,78 million de $ d’aujourd’hui, donc pour étudier les mêmes millionnaires que dans le livre, il faudrait regarder les ménages qui possèdent plus de 1,78 million aujourd’hui, et non pas plus d’un million.
Le nombre de millionnaires augmente en partie du fait d’un abaissement du seuil, du fait de l’inflation. On trouve sur l’internet que le nombre de ménages américains millionnaires serait en 2020 de 12 millions, soit une multiplication par 12/3,5 = 3,4 depuis 1995, et un pourcentage de ménages de 12/128 = 9,4 % (contre 3,5 % en 1995).
Mais, en 1995, la médiane était à 1,6 million. Si la distribution est restée identique, le nombre de ménages qui sont aujourd’hui aussi riches que les millionnaires de 1995, c’est à dire le nombre de ménages qui ont plus de 1,78 million, doit être de l’ordre de 5,7 millions (un peu moins de la moitié des 12 millions). C’est donc une augmentation de seulement 5,7/3,5 = 1,63. Le pourcentage de ménages ayant la même richesse serait donc réellement passé de 3,5 % à 5,7/128 = 4,5 %. En tenant compte de l’inflation, l’augmentation du nombre de millionnaires (en dollars de 1995) est bien moins élevée que si l’on néglige l’effet de l’inflation.
A ce rythme, dans quelques décennies, être millionnaire en dollars, ça sera être pauvre !

2) Contenu de la richesse
Aux USA, ils incluent dans le patrimoine le plan d’épargne retraite puisque c’est de l’épargne volontaire. En France, on ne comptabilise pas le patrimoine équivalent aux droits à retraite (régime général + régimes complémentaires).
Aux USA, il est fréquent d’établir une épargne spécifique pour les études des enfants. En France, on peut faire d’excellentes études dans des écoles publiques ; les parents n’ont besoin que de financer le train de vie des enfants étudiants. Les Français riches peuvent prévoir aussi de quoi payer une école privée, mais ça n’a rien d’indispensable. Au total, je pense que l’argent à mettre de côté pour les études des enfants est bien plus faible qu’aux USA.
Enfin, aux USA, il faut payer pour les soins médicaux, et certains peuvent être très coûteux. Cela contribue aussi à ce qu’une « épargne médicale » soit nécessaire alors qu’en France, la sécu + une bonne mutuelle suffisent. D’une manière plus générale, la sécurité sociale étant bien moins protectrice aux USA, c’est une épargne coups durs dont ils ont besoin et qui est beaucoup moins nécessaire en France.

Au total, avec une bonne dose de pifomètre, j’estime le ménage millionnaire américain d’aujourd’hui a dans son million :
Nature                 Montant    pourcentage
plan de pension                  200 000    20%
épargne études                  150 000    15%
épargne médicale                    30 000    3%
autre épargne de précaution    30 000    3%
actions ou fonds de placement    150 000    15%
valeur de leur business            200 000    20%
valeur de la maison                    200 000    20%
objets mobiliers dont voiture(s)    40 000    4%
TOTAL                                1 000 000    100%

Il y a donc 390000 $ pour des choses en grande partie pourvues par l’Etat et par des systèmes d’assurance mutuelle, en France. Il y a donc 610000 $ (soit 517 000 €) de "vrai" patrimoine, autre que ce qui est couvert par l’Etat en France.

3) Réflexions sur l’ équivalence en France
Il résulte des calculs précédents qu’en gros, aujourd’hui, un ménage millionnaire américain est l’équivalent d’un ménage français avec 500 000 € de patrimoine net, si ce ménage français a une bonne protection sociale (retraite + sécu + mutuelle). Selon les chiffres de l’Insee, le décile de ménages français avec le plus haut patrimoine net commence à 549 600 €. Ce qui, d’après mes estimations, veut donc dire qu’il y aurait en France une proportion égale voire supérieure d’équivalents millionnaires US (plus de 10 % en France contre 9,4 % aux US).

Dernière modification par Bernard2K (20/08/2021 11h34)


Marchand de biens et formateur en investissement immobilier.

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#684 16/08/2021 23h29

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Synthèse intéressante de cet ouvrage.

Je suis assez dubitatif quant à la généralisation de la formule pour la net worth de chacun.

La formule classique, âge x revenu net/10, a tendance à clairement surestimer le patrimoine net cible de la personne concernée lorsqu’il s’agit d’un jeune à revenus élevés dès le début de carrière (sans parler de l’éventuelle dette liée au financement des études supérieures pour certains).

Cette formule serait plus appropriée autour de la quarantaine pour bien faire la différence entre les Prodigious Accumulator of Wealth et les Under-Accumulator.


Primum non nocere

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#685 30/08/2021 12h18

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J’ai cité sur la file de cricri le livre suivant:

Lessons in the Fundamentals in Go

La légende dit que le jeu fut inventé par un empereur chinois pour édifier un fils quelque peu présomptueux.

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#686 07/09/2021 12h25

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Des super « trader » inconnus avec des résultats de malade, dont une personne qui passe de $2,500 à $50 millions, +337% sur 13-ans…une personne avec +58%/an sur 27 ans… ou bien encore un joueur de tennis junior prometteur au Royaume-Uni qui a abandonné sa quête d’une carrière sportive professionnelle pour le trading et a généré sur neuf ans ~300 % par an.

Lien du bouquin : Unknown Market Wizards: The Best Traders You’ve Never Heard of : Schwager,Jack D.: Amazon.com.au: Books

Si j’avais un peu plus l’âme de vouloir vendre une soupe à des gogos, je donnerais ce livre en cadeau à mes « pigeons ». A peu prêt sur que leur cupidité prendrait le dessus et impossible de démontrer que l’hypothèse du succès n’est pas liée à leur « stratégie/intelligence » - ou de prouver que tous cela est faux d’ailleurs. Ensuite je dois juste leur faire miroiter que j’ai, moi aussi, une stratégie gagnante. Accessoirement, tous les vendeurs de méthodes miracle utilisent exactement ces ressorts.

Beaucoup vont voir la preuve que des stratégies peuvent être gagnantes et essayerons de trouver la leur; j’y vois juste un jeu statistique (ou un mensonge). Si je fais suffisamment de fois pile ou face, je dois bien pouvoir avoir 15 fois de suite face (ou pile), un bon 95% si seulement 100,000 personnes essayent et sur un million, 99.99999999999. Il y a toujours de survivants en haut de la pile, les outliners de la distribution. La question est de savoir si c’est reproductible et pas seulement juste la chance. Vous voulez croire que la bonne stratégie existe, moi j’y vois juste une question de hasard….

Maintenant, même si vous aviez raison (des stratégies, a posteriori, existent), je ne le ferai pas parce que je sais depuis longtemps que la probabilité que je sois un mec meilleur, plus intelligent, connaissant mieux le marché que les autres 90% ou 99,99% des « investisseurs » est tout simplement nul. Et pourtant, mon arrogance a tendance à être dans la catégorie ++

J’ai eu la chance d’étudier avec Fama comme prof, et une des premières études qu’il nous montrait, « démontrait » l’impossibilité de détecter le bon trader a posteriori. Corrélation faible, le plus bas quartile avait tendance à rester en bas et le top quartile en haut, mais c’était super faible et au-delà de 15/20 ans, arghhhhh – rien n’a changé depuis. Cependant, a l’unité, too random…Il y a plein d’études sur le sujet, et pourtant, « prouver » quoiquecesoit, impossible. Qui dit Fama, dit Thaler, et leur discussion sont comme une dance bien rodée. Ils ont tous les deux tort ou raison, mais la « preuve » irréfutable n’existe pas. Cela permettra toujours d’alimenter la cupidité un peu aveugle et ce désir de croire à la martingale…

Dernière modification par Garfield (07/09/2021 12h36)

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#687 11/10/2021 20h46

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Ce n’est pas mon "livre préféré" comme le demande le titre de cette file, mais je viens de lire Eugénie Grandet.

Au message #206 de cette file, placementapapa rapportait le passage de l’abattage des peupliers au profit du blé. Il disait que tout y est dans le calcul d’un rendement…

Tout y est sauf le sel de l’investissement : pourquoi ? Pourquoi couper les arbres ? Pourquoi planter du blé ? Pourquoi s’agiter la nuit à des comptes d’apothicaire? C’est bien sûr sur ce vide-là que se fonde la morale du livre. La dernière phrase du livre est assez téléphonée, comparativement à la puissance du reste du texte :  "Ni la Grande Nanon ni Cornoillier n’ont assez d’esprit pour comprendre les corruptions du monde."  Un peu facile et je ne suis pas d’accord.

De façon tout à  fait personnelle et parce que je suis en train de suivre une formation sur les violences faites aux enfants, je trouve édifiant le passage où le père punit sa fille par séquestration. Les voisins tirent la sonnette d’alarme, la fille reste attachée à son père, les voisins se rangent à cet avis. J’en parlerai avec mes formateurs pour savoir comment être sur de son jugement et de son action en tant que tireur de sonnette. Pas facile.

Je n’ai pas vu le film. J’ai vu la bande annonce qui centre tout sur l’amour d’Eugénie et Charles… Alors que, dans le livre, l’amour que Charles porte à n’importe quelle femme n’est que feu de paille. À voir si le film parle, par ailleurs, avec finesse, de l’ avarice.

🌿🍃🌿🍃

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[+4]    #688 08/02/2022 17h27

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Si vous êtes en mal d’idées de lecture dans votre sphère préférée de livres d’investissement, j’ai trouvé ce site intéressant.

Il liste en effet les recommandations de lectures données par telle personne, avec une bonne liste d’investisseurs et d’entrepreneurs célèbres.

Ainsi, coté investisseurs, on peut par exemple y trouver les livres qui ont été recommandées par Warren Buffet, Charlie Munger, Howard Marks, Carl Icahn ou encore Bill Ackman.

De même, coté entrepreneurs, on aura ceux qu’ont recommandé à un moment Bill Gates, Larry Page, Peter Thiel, etc.

Dernière modification par julien (08/02/2022 17h37)

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#689 24/02/2022 14h02

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Je fais une liste des livres de finance/développement personnel que j’ai lus récemment, certains ont été proposés sur la file mais je fais cette liste surtout pour moi, mais si certains ont des questions n’hésitez pas wink

Cashless: China’s Digital Currency Revolution de Richard Turrin
Excellent pour mieux comprendre les paiements électroniques en Chine

Exponential: How Accelerating Technology Is Leaving Us Behind and What to Do About It de Azeem Azhar
Bien mais si on a déjà lu beaucoup de livres sur l’histoire de la technologie, on n’apprendra pas grand chose de nouveau.

La Technique du succès d’André Muller
J’aime bien ce style de livre mais ce n’est pas non plus mon préféré du genre

Zero to One de Peter Thiel et Blake Masters

Learn to Earn de Peter Lynch

One Up on Wall Street de Peter Lynch

Beating the Street de Peter Lynch

The Intelligent Investor de Benjamin Graham

Rich Dad Poor Dad de Robert Kiyosaki
Trop de lieux communs pour moi

Energy and Civilization de Vaclav Smil

Grand Transitions de Vaclav Smil
Pour moi Vaclav Smil est le plus grand écrivain sur la technologie et l’énergie à l’heure actuelle

Debt: The first 5000 years de David Graeber
Exceptionnel mais il faut s’accrocher ce n’est pas un roman de gare !

Théorie de la propriété de Joseph Proudhon

La morale anarchiste de Pierre Kropotkine

Une société sans école d’Ivan Illich

Energie et Equité d’Ivan Illich
Je suis un grand admirateur d’Illich. Sa pensée est pertinente et provocante.

When Genius Failed: The Rise and Fall of Long-Term Capital Management de Roger Lowenstein

The Millionaire Fastlane de MJ DeMarco

McDonald’s: Behind the arches de John Love

The Warren Buffet Way de Robert Hagstrom

Superintelligence: Paths, Dangers, Strategies de Nick Bostrom

How to create a mind de Ray Kurzweil

The Singularity is near de Ray Kurzweil

Why I Left Goldman Sachs: A Wall Street Story de Greg Smith

Histoire et décadence de Pierre Chaunu
J’ai détesté

Il y en a plein d’autres que j’ai oubliés et je complèterais la liste si j’en retrouve !

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Favoris 1    #690 10/03/2022 16h39

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spiny, le 19/04/2011 a écrit :

Je viens de terminer The Little Book of Behavioral Investing de James Montier qui traite de psychologie et des comportements humains face à la bourse.

Le sous-titre "How not to be your own worst enemy ?" (Comment ne pas être votre pire ennemi ?) parle de lui même.

Facile à lire (si on lit l’anglais, bien entendu), le livre est truffé de petits tests psychologiques et de résultats de recherches effectuées sur le comportement des gérants de fonds ou des individus lambdas.

Je dois dire que c’est particulièrement intéressant et je comprends mieux pourquoi nombre de d’investisseurs de talents (Buffet, Klarman) disent que le plus difficile n’est pas tant d’analyser les actions ou de savoir quand vendre ou acheter mais bien de maîtriser ses émotions, ses objectifs d’investissements, l’aspect "moutonnier" de l’homme en général, etc…

Dommage qu’il n’existe pas en français.

Cela devrait être le premier livre à lire avant d’acheter sa première action…

Je viens de terminer le livre et je ne peux que confirmer sa qualité. Je conseillerais ce livre à tous ceux (çàd. à peu près tout le monde ! smile) qui ont des frayeurs liées à la volatilité des marchés.

En effet, il n’y a pas pire ennemi que soi-même quand il s’agit d’investir ou de désinvestir !

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