Suivez les discussions sur : Twitter Facebook RSS   Inscrivez-vous gratuitement à notre newsletter : Newsletters   Utilisez la recherche :
PlanèteMembres  |  Mission

Forums de la communauté des investisseurs heureux

Discussions courtoises et réfléchies sur l’investissement patrimonial pour s’enrichir, générer une rente et atteindre l’indépendance financière

Invitation Vous n'êtes pas identifié : inscrivez-vous pour échanger et participer aux discussions de notre communauté !

#1 01/02/2021 21h48

Membre
Réputation :   7  

Bonjour,

Au fil des années, quand notre business grossit, qu’on a plusieurs entreprises, qu’on a une famille qui grandit aussi et qu’on viellit, il n’est plus possible d’enchaîner des semaines de 50h voire +…, la question se pose donc déléguer.

C’est souvent là que les problèmes arrivent. J’en suis à cette étape délicate, je me pose donc ces questions:

Quelles sont les règles d’or pour bien déléguer?

Les pièges à éviter?

Quelles tâches ne sont pas déléguables?

Les retours d’expériences bonnes ou moins bonnes sont bienvenues.

Merci d’avance.

Mots-clés : déléguer, pme, tpe

Hors ligne Hors ligne

 

[+2]    #2 01/02/2021 23h42

Membre
Top 20 Réputation
Réputation :   1156  

Bonsoir,

Vaste sujet… smile

Vous attendez sûrement (et obtiendrez sans doute) le retour d’entrepreneurs du forum qui vous donneront des exemples concrets, de leurs vécus de chef d’entreprise, je ne pourrai que vous partager ma modeste expérience de manager (déléguer intervient heureusement à de nombreux étages), en espérant que quelques enseignements soient utiles à votre réflexion…

Déléguer, c’est accepter que le travail soit fait différemment de la manière dont on l’aurait fait, c’est accepter que le résultat ne soit pas exactement conforme à ce que l’on aurait imaginé/espéré faire soi-même. C’est accepter que le travail soit réalisé plus lentement que s’il était fait par nous même.

Déléguer c’est d’abord accorder sa confiance, et ne pas contrôler sans cesse la manière de faire de ses collaborateurs.

Déléguer c’est savoir reconnaitre qu’un autre est peut-être plus compétent que soi pour accomplir une mission.

Déléguer c’est mesurer l’importance de sa propre valeur ajoutée, sans se mentir en pensant être le seul capable de faire si bien.

Déléguer c’est aussi reconnaitre la valeur de son temps, et savoir distinguer les tâches que vous accomplissez alors que c’est un non sens économique.

Il me semble essentiel de déléguer les tâches à forte récurrence, celles pour lesquelles une dépense de temps en formation initiale serait très rentable sur le long terme.

Cela a été dit mieux que cela par je ne sais plus qui : contrairement à l’argent, le savoir ne s’échange pas, il se multiplie. Les échanges sont à somme neutre, la transmission de connaissances est à somme positive. Et cela peut décupler les capacités de votre organisation.

"Quelles tâches ne sont pas délégables ?" J’utiliserai plutôt le terme de "décision" à ce niveau.
Ce qui est peu important et ou peu urgent peut probablement être délégué, à vous de lister. Ce qui est stratégique et urgent ne doit sans doute pas être délégué, car vous devez être sûr du résultat et être en accord avec celui ci. A moins que vous n’ayez un collaborateur en qui vous ayez suffisamment confiance pour lui donner carte blanche pendant que vous faites le tour du monde en sac à dos. Là on est plus dans la recherche d’un homme ou d’une femme clé, que dans la distinction de tâches qui seraient délégables ou non.

"Les pièges à éviter" : je ne sais pas quelle genre de structure vous dirigez, mais pour ce que j’ai vu dans des grands groupes, le pouvoir de délégation cela se trace à l’écrit pour éviter les dérives, limiter quelques plafonds par exemple…

Si votre désir est le temps, vous pouvez aussi vous poser la question de la pertinence de certaines tâches, le genre de tâches peu importante, pas vraiment urgente, que se passe t’il si personne ne les fait et qu’on les supprime tout simplement ?

Si vous transposez ces questions à votre organisation et vos équipes, vous devriez y voir un peu plus clair, du moins je vous le souhaite.

Dernière modification par bibike (02/02/2021 00h00)


Parrain InteractiveBrokers IngDirect SENZYDB Boursorama Degiro Fortuneo 12470190 iGraal eBuyClub RedSFR BSDirect

Hors ligne Hors ligne

 

#3 02/02/2021 02h29

Modérateur
Top 20 Réputation
Réputation :   2408  

La littérature sur le sujet (un classique) est abondante : ici.


J'écris comme "membre" du forum, sauf mention contraire. (parrain Fortuneo: 12356125)

Hors ligne Hors ligne

 

#4 02/02/2021 08h26

Membre
Top 50 Réputation
Réputation :   417  

Dans le beau pays de la Théorie tout est toujours parfait.
Dans la réalité la 1ère chose à faire est de mettre en place des outils de suivis, de les faire valider et de s’y tenir.
Etablissez vos règles, voyez ce qui se passe (vous serez vite fixè) et rectifiez sans délais et sans état d’âme.
Pour les biens familiaux sur lesquels j’interviens pour l’essentiel :
- pas de commande de travaux de la part de l’AI en direct au delà d’un montant pré définis (une exception : un locataire s’étant retrouvé sans chauffage en hiver, l’AI à commandé sans avoir pu joindre qui que ce soit : OK). Sur ce point, il ressort de l’expérience que se fier à son réseau d’artisan est toujours gagnant financièrement et moralement (c’est mieux fait, on y revient moins etc). Pas de gain constaté à déléguer globalement, au contraire.
- pas d’accord quelconque donné à un locataire sans accord préalable des propriétaires (par ex pour des travaux payés par le locataire mais qui modifie le bien en substance)…
Je passe sur le coté financier, vous connaissez forcément mieux que moi.
Le véritable gain est du coté des relations avec les locataires ; le filtre de l’agence sur les récriminations est un vrai plus mais avec un bémol, ils ont tendance à laisser pourrir les situations soit par paresse soit en pensant plaire au propriétaire : un point mensuel permettrait sans doute d’améliorer cela (NB : on revient en Théorie, je ne peux pas le mettre en place faute de disponibilité).
Par contre j’ai un réel soucis : toutes les agences de gestion de ce quartier de Marseille, ou presque, dépendent de la même enseigne désormais.


Tant que t'as pas vendu t'as pas gagné. Mais t'as pas perdu. Mais t'as pas gagné. Mais…Oh zut fait @*

Hors ligne Hors ligne

 

#5 02/02/2021 08h56

Membre
Top 20 Réputation
Réputation :   2332  

Aux excellentes réponses ci-dessus, j’ajouterais :
- il n’y a pas une seule bonne façon de déléguer, mais 36. Ca dépend notamment des personnes en présence : leur caractère, leurs compétences, leur degré d’autonomie.
- le contrôle doit s’exercer via un tableau de suivi, un reporting, des indicateurs… On ne contrôle pas le détail de ce qui est fait, mais on contrôle que les objectifs soient atteints. Ca, c’est la délégation objective, opérationnelle. Mais il faut aussi des discussions formelles et/ou informelles. En posant des questions comme "Comment ça se passe ?", "Qu’est-ce qui vous fait souci ?". Car un reporting conforme peut masquer une personne au bord du burn-out, ou au contraire sous-employée, ou bien une personne qui passe une grande partie de son temps à compenser tel défaut existant sur une machine/une manière de procéder qu’on pourrait pourtant corriger… Ce genre d’informations est recueillie par ces discussions.

Dernière modification par Bernard2K (02/02/2021 09h01)


L'inconvénient avec les signatures de forum c'est que c'est toujours trop cour

Hors ligne Hors ligne

 

[+1]    #6 02/02/2021 09h08

Membre
Top 150 Réputation
Réputation :   170  

Bonjour

savoir déléguer est tout un art.

Pour compléter ce qui a été dit, je pense qu’avant de réfléchir à déléguer, il faut d’abord réfléchir à tout ce que l’on fait. Tout est-il réellement indispensable? (Déléguer une tache qui n’a aucune valeur ajoutée ou qui peut être automatisée ne sert pas à grand chose).

Pour gagner du temps, la première étape est de définir exactement comment sont structurées vos journées. Concrètement que faites vous?

Ensuite, passer vos journées par un filtre

est ce urgent? important? les taches réalisées ont elles un véritable impact sur mon business?

Cela donne 4 catégories:
- urgent et important
- urgent et pas important
- important mais pas urgent
- pas urgent pas important.

Réfléchir aussi en terme de productivité: je fais 50h, mais suis-je vraiment en train de travailler pendant 50h? en gros suis-je en train de travailler ou suis-je simplement occupé?
Si vous notez tout ce que vous faites dans une journée, je suis sure que vous allez vous apercevoir qu’il y a des moments où vous avez…. juste brasser du vent! (oui ça arrive même aux meilleurs!)

Ensuite, réfléchir:
- voir ce qui peut être purement et simplement supprimer (en général la catégorie pas urgent pas important contient pas mal de choses qui peuvent être supprimé)
- voir ce qui peut être automatisé,
- voir ce qui peut être sous traité (déléguer c’est bien, mais si vous surchargez votre personnel c’est pas forcément le top non plus).
- réfléchir à votre productivité (votre environnement vous permet-il de travailler dans de bonnes conditions? Etes vous souvent dérangé? êtes vous efficace?)

Une fois que vous en êtes arrivé là, vous pouvez commencer à réfléchir à déléguer, mais vous aurez peut être déjà gagné du temps en définissant vos priorités, en éliminant ce qui est inutile et en maximisant le rapport temps passé/travail effectué

- faire un point sur les compétences de tout le monde (les votres comme celle de votre équipe)
- voir comment répartir les taches qui restent entre tout le monde
- ne pas hésiter à solliciter votre équipe pour avoir leur avis (quand on écoute vraiment les gens, on se rend compte qu’on a souvent la solution à bien des problèmes juste sous son nez)
- définir un cadre et des moyens de contrôle pour les taches déléguer (attention à ne pas créer une usine à gaz!)

Généralement, on a tendance à traiter l’urgent. La catégorie important mais pas urgent a tendance à être moins travaillé=> c’est un point auquel il faut accorder beaucoup d’attention.

Bonne journée


Le matin tu as 2 choix: soit tu retournes te coucher et tu continues de rêver soit tu te lèves et tu vas réaliser tes rêves

Hors ligne Hors ligne

 

#7 02/02/2021 12h38

Membre
Réputation :   7  

Elodie01 a écrit :

savoir déléguer est tout un art.

Effectivement je vous rejoins, déjà par mon vécu et à la lecture des réponses ci-dessus,

Le plus simple à déléguer est évidemment la tâche répétitive mais le patron de TPE est rarement dans ce schéma… on est souvent dans une zone grise de trucs qui rentrent dans aucune case.

Mon gros problème c’est que je sais pertinemment quels sont les maux à prendre à la racine dans mes boîtes pour ne pas qu’il fasse boule de neige et éviter que le temps gagné soit perdu par l’énormité des dégâts, je suis donc trés réactif quand je sais que c’est important et dépense beaucoup d’énergie pour le couper au plus vite la fuite:
- un impayé qui je sais risque de durer longtemps
- un client insatisfait pour une vraie raison
- gérer l’expulsion d’un locataire qui ne paie pas
- un concurrent qui sort un produit très compétitif
- gérer les modifications planning de livriason et les urgences de certains clients
- une évolution structurelle de mon marché
- un fournisseur qui me l’a fait à l’envers (qualité, prix ou délai)
- Détecter l’insatisfaction d’un salarié
- un papier administratif, une aide qui n’arrive pas, une connexion internet non fiable bref…etc une foule de petits problèmes à gérer au quotidien qui demandent une grande polyvalence et surtout de savoir hiérarchiser l’urgence.

Là on tombe sur l’assistant(e) de direction fine, intuitive, investie, de confiance, qui laisse ses problèmes persos à la maison mais si on veut rester à REX constant, puisque c’est un travail qui ne va pas générer de CA en +, il faut se diminuer en rémunération pour les tâches qu’elle prend pourquoi pas mais c’est une grande marche et il faut êtes sûr qu’elle fasse le job aussi bien que nous sinon totalement contre productif si faut tout rattraper derrière.

Ou l’associé(e) de confiance, on y revient! j’ai un ami qui bosse avec son frère, ils se divisent parfaitement les tâches et ça marche au poil mais c’est toujours un jeu d’équilibre psychologique complexe à maintenir dans la durée.

Il faut se rendre à l’évidence, il n’y a pas miracle, le chef d’entreprises qui gère que le stratégique et délègue totalement l’opérationnel en TPE n’existe pas sauf pendant de courtes périodes de + calme mais l’idée est de tendre vers la situation parfaite par de petites évolutions en ce sens.

En tous cas, le constat que je fais après 20 ans, c’est que le métier de chef d’entreprise n’est absolument pas fait pour les personnes qui ont une quelconque fragilité physique qui demande des séjours en hôpital et convalescence, surtout si vous avez une telle fragilité c’est déjà pas marrant, mettez vous sous la protection du statut de salarié ou encore mieux fonctionnaire, c’est pas un parti pris c’est un constat.

Autre constat, la France est un beau pays mais complétement sclérosé par son administration trop lourde et inefficace (administration au sens large: enedis, orange resoline, asp, mairie, communauté de commune, urssaf, greffe tribunal de commerce, centre des impôts, pôle emploi… bref on les connaît tous et leur petites musiques de répondeurs infinies pour vous raccrocher au nez au bout de 45min, scandaleux! Payez vos impôts, il sont à votre service et là personne manifeste), il y a de beaux discours, de belles volontés de simplifications mais jamais ils ont réussi. Un chef d’entreprise en France ne peut pas avoir toujours la tête dans le guidon et s’occuper principalement de ses produits et de ses clients, il doit absolument être un bon gestionnaire, trop de parasites sont là pour vous sucez l’énergie que vous dépensez dans votre activité, même si vous avez de très beaux produits, services, vous devez absolument boucher les trous au lieu d’écoper toujours +. Il faut avoir les yeux fixer sur le compte bancaire chaque dépense doit être scrutée, il faut intégrer qu’on est dans un espèce d’effondrement lent de pays en voie de sous développement, chacun tire la couverture à soit, en interne comme en externe, l’entreprise est la vache à lait, ils font tout pour dégouter le chef d’entreprise de regarder son compte en banque, il délègue alors le max à son expert-comptable (pour vous concentrer sur votre coeur de métier comme ils disent) et là vous avez ouvert la porte aux charges en tous genres (attention aussi à vos fournisseurs de logiciels et leasing en tous genre, conditions de sortie etc..) et vous n’aurez jamais assez de CA pour compenser la fuite. Donc mon conseil, naviguez le plus léger et efficace possible, préférez perdre des clients et rester petit pour garder du temps pour la gestion pure. N’écoutez pas les sirènes des gros donneurs d’ordres qui vous promettent de gros contrats si vous investissez dans votre outil de production, ce qui compte c’est le RNET pas le CA, l’idéal trouver une niche où on a vite la taille critique.
Après il y a le startuper mais là c’est + un don de faire rêver l’investisseur (privé et public), c’est un peu le même business que la FDJ où les tickets de loto sont des entreprises. J’ai jamais compris qu’on puisse rêver d’une startup nation mais bon, je dois être trop vieux.

J’ai un peu dévié du sujet de déléguer même si ça se rejoint dans le besoin de prendre du recul, et fallait que ça sorte et si ça peut servir à certains qui se lancent, tant mieux!

Dernière modification par bdx033079 (02/02/2021 16h20)

Hors ligne Hors ligne

 

Pied de page des forums

Parrains Faites-vous parrainer
Apprendre le bonheur