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#1 17/01/2021 11h56

Membre (2018)
Réputation :   6  

J’ai lu un livre "Comprendre l’économie et la finance" d’Alain Lemasson aux éditions Gereso.

Comment la banque accorde les crédits ?

L’analyse du risque :

Prêté c’est faire un pari sur la situation future de l’emprunteur. Et pour évaluer cette situation future, le prêteur ne dispose…que d’éléments passés. C’est le passé qui permet de se faire une idée de la capacité de l’emprunteur à rembourser son prêt.

En règle générale, les banques regardent les comptes des trois dernières années qui précèdent la demande de crédit. Pourquoi trois ? Parce que l’expérience montre qu’aller plus loin dans le passé n’a pas grand sens.


Est ce que pour le choix d’une valeur, doit-on faire comme une banque face à un emprunteur c’est à dire ne pas regarder au delà de trois ans en arrière ?

Mots-clés : choix d'une valeur, finance, prêteur, situation future, économie, éléments passés


Ouf ça y est vacciné à l'Astrazeneca ( première fois que je trouve un avantage d'être plus ou moins gros ).

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#2 17/01/2021 12h35

Membre (2014)
Réputation :   83  

wincentheureux a écrit :

Est ce que pour le choix d’une valeur, doit-on faire comme une banque face à un emprunteur c’est à dire ne pas regarder au delà de trois ans en arrière ?

Non.

Certes les données financières d’il y a 10 ans en arrière peuvent parfois être obsolètes en raison de l’environnement économique très mouvant dans le quel nous vivons, ou du secteur d’activité ultra évolutif de l’entreprise (ex: la tech’) MAIS prendre du recul et analyser en profondeur les exercices plus anciens (au delà des 3 ans) et l’historique de l’entreprise vous permettront d’acquérir une expérience dans l’analyse financière et dans la compréhension de la société extrêmement précieux.

Dans un monde où les gens justifiant d’un statut d’ "analyste" payé par une entreprise, ne lisent même pas le rapport annuel d’une entreprise dont ils achètent une action, vous disposerez ainsi d’un avantage énorme.

En outre acquérir des connaissances profondes de l’entreprise et de son histoire vous forgerons une culture financière/économique/générale qui comme les intérêts composés croitront dans le temps.

Quand on veut apprendre une discipline, faire "l’extra kilomètre" de plus vous distinguera de la foule. Apprendre à lire un rapport annuel c’est comme apprendre une nouvelle langue. A force de pratiquer vous entrainez votre cerveau et développez vos connaissance. La pratique est le meilleur entrainement.

Enfin, cela peut parfois être "frustrant" pour certain de lire un document de plus de 100pages mais vous trouverez souvent une petite ligne ou un petit paragraphe qui a une extrême valeur, caché dans une masse d’info parfois négligeable à 1ère vue.

EDIT: arguments supplémentaires: Parfois 3 ans ne suffisent pas pour appréhender la cyclicité d’une entreprise cyclique où n’apparaitront par exemple que la phase haussière ou baissière de l’activité.

Enfin, le retour sur investissement d’un investissement massif ou d’une stratégie peut parfois prendre plus de 3 ans pour se matérialiser dans les comptes. Une lecture plus approfondie sur quelques exercices supplémentaires vous permettra ainsi de juger les paroles/actes du management.

Dernière modification par Elias (17/01/2021 12h41)

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#3 17/01/2021 12h41

Membre (2018)
Réputation :   6  

Bonjour Elias.

Est ce que Morningstar est assez compétent pour lire l’ancienneté d’une valeur, il n’y a qu’eux que j’ai trouvé en gratuit sur les informations financières des dernières années ?


Ouf ça y est vacciné à l'Astrazeneca ( première fois que je trouve un avantage d'être plus ou moins gros ).

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#4 17/01/2021 12h49

Membre (2021)
Réputation :   58  

wincentheureux a écrit :

Est ce que pour le choix d’une valeur, doit-on faire comme une banque face à un emprunteur c’est à dire ne pas regarder au delà de trois ans en arrière ?

Sachez quand même que pour une grosse capitalisation le marché vous donne un résultat très precis de son analyse en direct, via le cours de bourse. Si vous estimez avoir plus de billes que les analystes et traders pro, vous pouvez lire les rapports; mais si vous n’aimez pas ça le rapport plus-value / temps passé est extrêmement mauvais.

En résumé: les journées passées à éplucher des rapports financiers de sociétés du CAC40 seront mieux exploitées à autre chose. À moins que vous n’aimiez ça :)

Dernière modification par Flouzamax (17/01/2021 12h49)

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#5 17/01/2021 12h58

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wincentheureux a écrit :

Est ce que pour le choix d’une valeur, doit-on faire comme une banque face à un emprunteur c’est à dire ne pas regarder au delà de trois ans en arrière ?

Aucun rapport, ce sont deux situations différentes. Dans un cas une banque qui prête de l’argent à un emprunteur, de l’autre un investisseur qui investit sur une entreprise.

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#6 17/01/2021 12h59

Membre (2014)
Réputation :   83  

De mémoire Morningstar (gratuit) affiche les 5 derniers exercices.

Mais je ne peux que vous recommander de vous fier davantage à la meilleure source: les documents financiers officiels de l’entreprise.

En outre, baser une analyse financière préalable à un investissement en se fondant sur les infos partielles/imprécises de Morningstar est aussi risqué (à mon avis) que de prendre la voiture de nuit en se laissant guidé par les lampadaire en bord de route.

Cela éclaire partiellement mais vous pouvez passer à côté de beaucoup de choses dont des infos ultra importantes dans votre compréhension de la société.
Etablir l’existence d’un moat juste en se basant sur la marge nette par exemple est insuffisant.
L’interprétation de la hauteur de la dette réelle peut différer selon les personnes en fonction de leur conservatisme.

J’utilise la version gratuite de Morningstar pour regarder (par curiosité) sur 20 ans le cours de bourse d’une entreprise et, éventuellement, l’historique du dividende. Mais ces 2 éléments n’entrent pas en compte dans mon analyse fondamentale d’une entreprise.

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#7 17/01/2021 13h03

Membre (2018)
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Oh non j’ai beaucoup moins de billes q’un analyste, mais des baisses du CA, du cash flow etc… sur les trois dernières années doivent donner des idées ?


Ouf ça y est vacciné à l'Astrazeneca ( première fois que je trouve un avantage d'être plus ou moins gros ).

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#8 17/01/2021 13h04

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Bonjour,

Un investisseur ne peut raisonner comme une banque. Les deux parties n’ont pas les mêmes attentes, objectifs et risques car leurs investissements sont d’une nature différente. Le banquier est un créancier, l’investisseur détient un titre de propriété.

1. En cas de faillite, la banque se sert en premier. Le propriétaire (= investisseur) arrive en dernier.
Je simplifie et vulgarise, mais il y a une liste de priorité (salariés puis frais de justices etc.) et les créanciers passent devant les propriétaires.

Exemple : Une entreprise capitalise 100M en bourse et dispose de 60M de biens immobiliers. Souscrit un prêt de 50M. Elle fait faillite.
Résultat des courses : La banque récupère 50M en biens immobiliers (perte = 0%). Le propriétaire récupère 10M de biens immobiliers (perte = 90%).


2. Le risque d’une banque est le non-remboursement du capital prêté. Le risque de l’investisseur est une perte partielle ou totale de la valeur de l’entreprise.

Exemple : Une entreprise prospère dispose de 50M de cash et souhaite se diversifier. Elle emprunte 50M de plus, disposant désormais de 100M. En 7 ans, elle dépense 100M et rembourse l’intégralité de son prêt en parallèle. Néanmoins la diversification est raté et grève désormais les résultats de l’ensemble du groupe. Le cours de bourse chute.
Résultat des courses : la banque récupère son capital avec intérêt. Le propriétaire a perdu de l’argent car il y a eu destruction de capital (+ perspective moins prospère).


Bien que la nature des deux entités soit différente, il existe bien entendu des similitudes : bilan, track record, secteur d’activité, perspective etc. Le risque n’est pas opposé, mais différent.

wincentheureux a écrit :

En règle générale, les banques regardent les comptes des trois dernières années

Croire que les banquiers gèrent correctement le risque car c’est leur métier est une erreur. Ce sont des humains avec une psychologie faillible qui effectuent continuellement les même erreurs.

Le cycle du crédit est la meilleure illustration :
1. Début d’une période prospère
2. Les apporteurs de capitaux prospèrent (=base capital augmente)
3. Mauvaises nouvelles rares, les risques liés aux prêts semblent avoir diminué
4. Les institutions financières commencent à accroître leurs activités
5. Elles se font concurrence pour les parts de marchés en diminuant leurs exigences de rendements et en élargissant les conditions d’accès au crédit
6. Fin de la période prospère. Les défauts de crédit arrivent

En fin de cycle, vous trouvez davantage de compte reluisant (basé sur les trois dernières années). Or, c’est justement à ce moment que le risque est maximal. A contrario, en reprise de cycle, les comptes récents sont bien souvent moyens. Or, c’est à ce moment-là que le risque est le plus faible.

L’analyse du risque est très complexe et subjectif.

Le risque est un sujet très vague. Souhaitez-vous recentrer le débat ?

Trois pistes intéressantes :
A - Analyse du risque d’une entreprise individuelle pour un copropriétaire
B - Analyse du risque au sein d’un portefeuille actions
C - Théorie académique du risque versus pratique

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#9 17/01/2021 13h10

Membre (2018)
Réputation :   6  

Ho non, je ne vais pas étaler le débat car je n’ai pas assez de connaissances dans ces 3 domaines.


Ouf ça y est vacciné à l'Astrazeneca ( première fois que je trouve un avantage d'être plus ou moins gros ).

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[+1]    #10 17/01/2021 18h50

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thomas69 a écrit :

Le cycle du crédit est la meilleure illustration :
1. Début d’une période prospère
2. Les apporteurs de capitaux prospèrent (=base capital augmente)
3. Mauvaises nouvelles rares, les risques liés aux prêts semblent avoir diminué
4. Les institutions financières commencent à accroître leurs activités
5. Elles se font concurrence pour les parts de marchés en diminuant leurs exigences de rendements et en élargissant les conditions d’accès au crédit
6. Fin de la période prospère. Les défauts de crédit arrivent

En fin de cycle, vous trouvez davantage de compte reluisant (basé sur les trois dernières années). Or, c’est justement à ce moment que le risque est maximal. A contrario, en reprise de cycle, les comptes récents sont bien souvent moyens. Or, c’est à ce moment-là que le risque est le plus faible.

L’analyse du risque est très complexe et subjectif.

Vous décrivez bien le cycle du risque et la différence entre risque objectif et subjectif.

Voici des courbes qui peuvent représenter le risque objectif (courbe rouge) et le risque subjectif, ou ressenti (courbe bleue) au cours du temps. Au début le risque objectif est faible, il y a peu d’accidents, les personnes prennent confiance, le risque subjectif diminue. Plus il diminue, plus les personnes se sentent prêtes à prendre des risques, et le risque objectif augmente en conséquence, etc, jusqu’à atteindre un sommet où il se passe l’inverse etc. En moyenne dans une population, les risques objectif et subjectif sont donc décalés dans le temps.

J’ai tendance à penser qu’il y a le même décalage entre un indice boursier (rouge, plus il est haut plus le risque objectif est grand) et le risque subjectif (bleu, il est loin d’être maximal quand l’indice est au plus haut).

NB. Le décalage n’est pas toujours le même que sur ces courbes, il dépend du problème considéré.

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