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[+1]    #1 27/10/2020 18h09

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Bonjour,

Avez-vous eu le temps de faire une recherche philosophique malgré l’impératif de pouvoir épargner suffisamment pour parvenir à devenir rentier un jour ?

Personnellement je ne regrette pas d’avoir pris le temps de réfléchir aux problématiques philosophiques malgré le retard que cela m’a fait prendre dans l’atteinte de cet objectif.

Je ne suis pas un spécialiste de la philo, étant seulement autodidacte. Mes philosophes de prédilection sont par exemple Thomas d’Aquin car il me donne un côté un peu spirituel. Mais pour partager les préoccupations de mes contemporains j’apprécie aussi l’existentialisme contemporain et la recherche de liberté et de responsabilité.

Il y a des personnes qui ont rejetté la richesse matérielle pour ne pas se compromettre dans leur quête de vérité. Que pensez-vous de cette démarche ?

Ou bien la recherche de vérité, est-ce un leurre qui nous empêchera, par l’emprise qu’elle a sur nous, de réaliser au cours de notre vie l’état de liberté du rentier ?

Mots-clés : philosophie, réalité, vérité

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[+1]    #2 27/10/2020 18h42

Membre (2019)
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Ma femme est prof de philo. On parle souvent de philo à la maison. J’ai parfois participé à des repas arrosés avec des philosophes universitaires. C’est parfois très rigolo, comme le Banquet.

Le seul travail lié à la recherche en philo est la relecture de quelques articles et d’une thèse volumineuse due à ma femme.

Il y a des liens entre maths et philo, notamment à travers la logique, mais je considère de mon devoir de professeur d’université de réfléchir à l’épistémologie de ma discipline. Mais je ne fais pas de recherche dans ce domaine. J’en parle à mes étudiants les plus avancés. Je fais quelques allusions dans mes cours de Licence.

Je ne deviendrais jamais rentier car je suis marqué par l’impératif catégorique kantien et en fait par toute la philosophie allemande du 19e siècle dont Marx et Hegel. Je n’ai pas rejeté l’aisance, il y a eu très peu de philosophes ou de mathématiciens pauvres. Mais on ne devient pas riche ainsi. C’est bien le problème du type de carrière que j’ai choisi et j’en avais une conscience très claire quand j’ai fait mes choix.

Dernière modification par Caratheodory (27/10/2020 18h46)

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#3 27/10/2020 19h15

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J’aime le concept d’être "vertueux par caprice" et le panache de Camus. Baudrillard est parfois un peu en roue libre mais ses simulacres sont un outil conceptuel intéressant. J’aime bien Proudhon. Hobbes et son Léviathan. Locke. Hannah Arendt. Les chrétiens vaudois. Borges. Orwell.


Parrain Curve ✯ Mangia bene, caca forte, e non aver paura della morte.

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#4 27/10/2020 20h15

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Bonjour,

C’est un sujet qui a sa place dans nos vie quotidienne ; toutefois j’avoue avoir du mal à en cerner les limites.
Je m’intéresse à tout ce qui peut expliquer nos comportements, tout ce qui donne du sens à l’existence.
Freud est une base incontournable ; la lecture de La Chute à orienté l’ado que j’étais, comme celle plus tard du Caporal Epinglé : est ce encore de la philosophie ? Je ne sais pas…Mais justement vivre sans se poser de question, quel dommage.
Et j’ai suffisamment cogité pour réaliser que ma personnalité ne s’adapterait pas à la situation de rentier, car je suis trop en recherche de liberté et le rentier est en réalité autant sinon plus aliéné que le salarié ("vivre libre ou mourir"). Alors je regarde ce compte en banque, je me demande comment c’est possible d’avoir cette somme sans réellement l’avoir programmé, je cherche en vain ce que je pourrais en faire d’intelligent (autrement, je sais, merci) et j’y retourne, " des fois que ".


Tant que t'as pas vendu t'as pas gagné. Mais t'as pas perdu. Mais t'as pas gagné. Mais…Oh zut fait @*

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#5 28/10/2020 14h36

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Caratheodory, le 27/10/2020 a écrit :

Je ne deviendrais jamais rentier car je suis marqué par l’impératif catégorique kantien

Longtemps plutôt déontologiste, j’ai mis de l’eau dans mon vin…

J’aime bien l’éthique de la vertu d’Aristote, mais évidemment, c’est plus subjectif.

Comme doubletrouble et Iqce, je pense qu’A. Camus est un incontournable, mais aussi A. de Saint-Exupéry.

Après, c’est assez éloigné de la philosophie universitaire, mais je suppose que le sujet initial faisait plutôt référence à la "philosophie" d’abord comme une aide pour comprendre le sens que l’on peut donner à sa vie.

Azythum a écrit :

Avez-vous eu le temps de faire une recherche philosophique malgré l’impératif de pouvoir épargner suffisamment pour parvenir à devenir rentier un jour ?

J’ai du mal à voir le rapport entre les deux ?

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#6 28/10/2020 16h10

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Je veux dire, sauf si on a l’intelligence suffisante pour mener les deux de front ou si on a réussi à faire de la philosophie son métier, il est souvent difficile de devoir se spécialiser et exceller dans un domaine afin d’en tirer un revenu substantielle, et également de se plonger dans les bouquins pour chercher une philosophie de vie qui nous convient.

Du coup j’ai l’impression que les gens qui se spécialisent dans un domaine lié à leur métier sont un peu comme des automates, d’ailleurs l’expression métro-boulo-dodo l’exprime bien. Là où la recherche philosophique permet de gagner en liberté et de prendre du recul par rapport à cette vie automatique.

Ceci dit, si on anticipe de ne pas mourir trop tôt, on peut planifier de vivre sans trop se poser de questions existentielles pendant quelques dizaines d’années et une fois rentier avoir le loisir de réfléchir à des sujets plus profonds.

PS: Merci aux autres intervenants pour leurs réponses.

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Favoris 1   [+1]    #7 28/10/2020 16h33

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Pour ceux qui comme moi aiment les ponts entre les disciplines universitaires, voici un livre à la croisée des chemins entre le cours de philosophie magistrale, l’histoire et les théories économiques. Ce livre est brillant, je l’ai apprécié (sans comprendre la toute fin, mais peu importe). Ecrit dans un français superbe.
(j’envoie la photo de la couverture sur le site de l’éditeur : si c’est assimilé à de la publicité, merci au modérateur de supprimer le lien)

Les Grandes représentations du Monde et de l’economie


"C'est à la fin de la foire que l'on compte les bouses" (sagesse populaire)

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#8 28/10/2020 17h20

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@Azythum : c’est un point de vue curieux que de vouloir opposer une bassesse supposée de l’existence routinière à une sorte de retraite spirituelle dans les pics enneigés de la philosophie. Nietzsche, peu de temps avant sa mort, fond en larme et étreint un cheval battu par son cocher en pleine rue. Le quotidien dans toute ses formes peut nourrir nos réflexions aussi bien, voire bien mieux, que les lectures les plus savantes.


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Favoris 1    #9 28/10/2020 17h27

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@doubletrouble :Je suis d’accord qu’il faut vivre des expériences afin d’avoir des faits à analyser. Mais la lecture des penseurs à travers l’histoire nous aide à savoir où porter le regard. Bref il faut savoir articuler théorie et expérience.

Dernière modification par Azythum (28/10/2020 17h28)

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#10 28/10/2020 19h24

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Azythum a écrit :

Ceci dit, si on anticipe de ne pas mourir trop tôt, on peut planifier de vivre sans trop se poser de questions existentielles pendant quelques dizaines d’années et une fois rentier avoir le loisir de réfléchir à des sujets plus profonds.

Je ne sais pas jusqu’à quel niveau de recherche "philosophique" vous voulez aller, mais il doit être possible de travailler, épargner, faire du sport, et pour autant de lire des ouvrages "philosophique" et fréquenter les cafés philo. :-)

Le CNAM propose même des formations autour de la philosophie : https://chaire-philo.fr/la-philosophie-au-cnam/

Et la plateforme Coursera propose aussi quelques cours sur des "spécialités", comme celui-ci sur l’éthique : https://fr.coursera.org/learn/ethique

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#11 28/10/2020 19h45

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Azythum a écrit :

Bref il faut savoir articuler théorie et expérience.

Le sujet que vous avez initié m’intéresse, mais j’ai beaucoup de mal à savoir comment y répondre.
En effet, ma vision de la philosophie est inverse à celle que vous présentez: j’ai construit et fait évoluer mon "système comportemental"/"philosophie de vie" au fur et à mesure des années. Et seulement après (ces dernières années), j’ai entendu parler de philosophes qui ont discuté sur des positions similaires à celles auxquelles je suis arrivé.

Les philosophes viennent donc en "confirmation" de mes positions, mais à aucun moment ils ne constituent pour moi une inspiration. Pour une raison très simple: même si je dois adopter plus tard leur position, le fait est que si je ne l’ai pas déjà fait, c’est que je ne suis pas encore près à le faire.
Ex: quelque chose me titille avec le véganisme, et tout les propos philosophiques que j’ai pu lire/écouter sur le sujet sont incapables de me convaincre. Pourtant, je n’exclue pas de changer d’avis dans quelques années.

Bref, j’ai beaucoup de mal à considérer la philosophie comme un outil pour évoluer, je n’arrive qu’à le percevoir comme la constatation de là où j’en suis (ou pas, en fonction des philosophes)


La vie d'un pessimiste est pavée de bonnes nouvelles…

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#12 29/10/2020 09h27

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Pour ma part j’ai lu un peu de philosophie sans jamais vraiment accrocher jusqu’à tomber sur les écrits de Sénèque et le stoïcisme. J’ai l’impression d’y avoir trouvé quelqu’un "qui pense comme moi" et qui vivait pourtant il y a 2000 ans. Ca fait prendre du recul!


Employé, Assistant maternel, Commis de cuisine, Maraîcher, Investisseur

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#13 29/10/2020 09h39

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Pour ceux qui souhaitent découvrir la philosophie sans avoir à lire La République de Platon ou La Critique de la Raison Pure de Kant dans le texte, il y a le bestseller Le Monde de Sophie du philosophe/auteur Josteein Gaarder qui brosse un historique de la philosophie et de ses différentes théories de manière romancée, abordable et intéressante. Cela permet notamment d’un avoir un aperçu général avant de creuser sur les philosophes et les théories avec lesquels on accroche.

Sinon dans un autre genre de vulgarisation philosophique, j’ai aussi bien aimé Le Petit Traité des Grandes Vertus d’André Comte-Sponville. On y parle notamment humour, amour et courage.

Message édité par l’équipe de modération (29/10/2020 11h03) :
- ajout de balises Livre

Dernière modification par Liberty84 (29/10/2020 09h43)


“It ain’t what you don’t know that gets you into trouble. It’s what you know for sure that just ain’t so.” M.Twain

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#14 08/03/2021 13h54

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Après avoir lu de nombreux articles de ce forum, j’ai le sentiment que la plupart des membres pratiquent la philosophie, consciemment ou inconsciemment : ils se posent des questions sur le sens de la vie et l’usage de l’argent (ou sur le sens de l’argent et l’usage de la vie) ; ils cherchent des réponses dans la logique voire dans l’éthique.

En ce qui concerne mes références personnelles, j’apprécie :
- Arthur Schopenhauer. Le nom de cet Allemand peut sembler ronflant, mais sa pensée est plutôt accessible. En plus il est devenu rentier (par héritage …) et recommandait de ne travailler que 3 ou 4 heures par jour.
- le bouddhisme theravada dans la tradition du dhamma de la forêt (l’appellation est longue, pour être précise). C’est une religion dans le sens où il faut croire en la validité du message - après avoir vérifié cette validité par sa propre expérience. Ce n’est pas une religion dans le sens où il se désintéresse de la question de l’existence (ou de la non-existence) de dieu. Comprendre et tenter d’appliquer le dhamma conduit à devenir frugaliste ; ce qui aide à devenir rentier.


Rentier frugal depuis septembre 2019

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#15 03/09/2021 11h43

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J’ouvre une discussion qui n’intéresse peut être que moi pour illustrer une caractéristique du langage naturel que nous employons intuitivement dans presque toute discussion.

J’ai coupé dans un message sur la file de la Taxe foncière le paragraphe suivant:

Le terme de charte est connoté dans un contexte français puisqu’il a été employé en lieu et place de la notion de constitution entre 1814 et 1848. Il y a un imaginaire monarchiste qui est implicite dans la notion de charte puisque une charte était au Moyen Âge en Occident un statut octroyé par le Roi à un corps intermédiaire comme par exemple une commune (exemple: le charte de Lorris en Gâtinais, la Magna Carta,  l’institut formant les archivistes-paléographes de l’État s’appelle l’Ecole des Chartes).

Je l’aurais bien mis dans la file de la charte du forum mais celle ci est fermée. A vrai dire, la modération était implicitement contestée dans un message, je faisais une analyse de la dialectique à l’œuvre qui est fondamentalement celle de l’autorité (H. Arendt, La Crise de la Culture). En effet, le rôle de la modération est précisément d’exercer la fonction de régulation des conflits dans la communauté ouverte que forme le forum. Or, l’argument en dernier ressort est l’argument d’autorité.

Quoi qu’il en soit, il y a une réelle charge mentale dans le fait de devoir exercer un argument d’autorité et je suis prêt à reconnaître ma difficulté émotionnelle à l’assumer - même si j’arrive à le manier avec aisance mais c’est que je me suis entrainé…… Je regarde comme des martiens ceux qui y arrivent facilement.

L’autorité. Encore un signifiant chargé d’un nuage de signes! C’est ça la caractéristique du langage naturel que je veux souligner.

La notion de langage naturel s’oppose à la notion de langage formel. C’est un des points de départ de toute une tradition philosophique à tendance logiciste que je connais mal. Et il y a un problème extrêmement concret qui se pose à moi dont je vois bien que son analyse théorique requiert ce type de méthodes: comment enseigner la logique aux étudiants de Licence? Sachant qu’on ne veut pas passer à la logique formelle tout de suite. La logique mathématique naïve (qui est celle de l’informatique) a pour caractéristique normative principale que les signifiants doivent être dégraissés du nuage de signes pour prescrire le signifié sans ambiguité. D’où le fanatisme de la définition.

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#16 18/12/2021 22h23

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zeboulon, le 29/10/2020 a écrit :

Pour ma part j’ai lu un peu de philosophie sans jamais vraiment accrocher jusqu’à tomber sur les écrits de Sénèque et le stoïcisme. J’ai l’impression d’y avoir trouvé quelqu’un "qui pense comme moi" et qui vivait pourtant il y a 2000 ans. Ca fait prendre du recul!

Je suis un incorrigible stoïcien, je n’ai jamais réussi à m’intéresser à aucun livre de philosophie d’autres courants.
Par contre impossible de résister à une dose d’épictète, de marc aurèle ou de sénèque tout les 6 mois

J’imagine que c’est le coté pratico-pratique de la manière de voir le monde des stoïciens qui m’intéressent là où la philosophie plus abstraite décortiquant les concepts, même si elle peut être pertinente, n’arrive pas à accrocher mon attention durablement.

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