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Favoris 1   [+2 / -1]    #1 06/05/2020 23h11

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Ce n’est pas d’aujourd’hui que les technocrates ont commencé à sévir…devant la lâcheté et la démagogie des gestionnaires de la Sécu, soucieux avant tout de ne pas déplaire aux assurés en amenant un peu plus de rigueur dans la gestion (gestion de la Sécu en principe paritaire mais présidée par les syndicats FO puis CFDT) les têtes pensantes des ministères ont conclu que puisqu’on ne pouvait réduire la demande de soins, on allait réduire l’offre…en commençant par inventer le MICA (mécanisme d’incitation à la retraite anticipée) qui a permis à plusieurs milliers de médecins de partir à la retraite à 57 ans (au lieu de 65 ans) entre 1998 et 2003.
Ce n’était pas suffisant , on a inventé le numérus clausus, qui a permis de diviser par 3 ou 4 les promotions de médecins, et accéléré la féminisation (les filles réussissant mieux que les garçons).
Bilan de l’opération: des cantons ruraux entiers complètement desservis en médecins généralistes, une pénurie à peu près généralisée à toute la France …sur le site d’annonces médicales: 1/3 de Roumains, 1/4 d’Algériens, 1/4 de nationalités diverses (Espagnols, médecins d’Afrique francophone), le reste quelques Français dont on se demande ce qu’ils font là, tellement il est facile de travailler vu le nombre de patientèles cédées gratuitement, où même en vissant sa plaque n’importe où…évidemment les femmes médecins ayant une activité moins importante, ou préférant pour des raisons évidentes le salariat contribuent à ce phénomène de dégradation des soins médicaux de premier recours…

Message édité par l’équipe de modération (10/05/2020 12h41) :
- modification du titre ou de(s) mot(s)-clé(s)

Dernière modification par thier496 (06/05/2020 23h24)

Mots-clés : médecin, médecine générale

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[+2]    #2 07/05/2020 11h39

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Bonjour Kabal,
Pour avoir jusqu’à il y a relativement peu de temps fréquenté beaucoup de jeunes étudiants en médecine et médecins (hommes et femmes), je ne partage pas votre constat.
Le souhait du salariat semble se généraliser et rarissimes sont ceux qui acceptent de bosser 70 h avec des gardes et un boulot administratif devenu dingue.

Les vieux médecins le savent, accusent la féminisation mais ont été incapables de percevoir le changement de moeurs analysant les faits avec un biais machiste. Il ne faut pas oublier le contexte de concurrence entre médecins libéraux jusqu’aux années 80/90 ; le numerus clausus a été une aubaine pour les protéger.
La machine hospitalière et l’administration de la santé absorbent elles mêmes beaucoup de médecins. Je n’ai pas de source à citer, c’est ce que nous avons observé avec de nombreux étudiants stagiaires, remplaçants et il y a plus longtemps des copains de nos années d’études.

Il y a exactement 20 ans, lorsque quelqu’un disait au Pdt de l’ordre et aux élus qu’il fallait bouger car la situation devenait déjà tendue, ils ricanaient et renvoyaient balader avec uniquement des vannes sur la féminisation.
Au final et dans un contexte de désertification on se retrouve aujourd’hui avec énormément de médecins libéraux mercenaires (pompes à fric) qui se moquent de faire de la daube et d’autres plus sérieux à la limite du burn out.

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[+4]    #3 08/05/2020 16h32

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Chacun ayant tendance à éclairer ses réflexions à l’aune de ses expériences j’apporte ma modeste contribution à l’édifice.
Je suis à la retraite. J’ai fait l’essentiel de ma carrière de vétérinaire praticien à Nice dans ma propre clinique.
Ma femme était cadre supérieure dans un laboratoire vétérinaire (l’école ça sert aussi à ça…)
Toute ma belle famille est dans le milieu médical universitaire sur 2 générations (doyens, chefs de service etc…).
Mon meilleur ami depuis 40 était généraliste à Nice. Il a pris sa retraite en même temps que moi. C’était un « missionnaire « , de ceux dont on dit qu’ils sont irremplaçables.
Commençons par lui : après plusieurs tentatives de vente, il a été bien heureux de « brader » sa clientèle à deux femmes. Le cabinet marche bien et deux ans après son départ il a été quasiment oublié. Signalons au passage que la région PACA est celle qui compte la plus forte densité de généralistes pour (344 pour 100 000 habitants)
Ma belle famille: depuis 40 ans j’ai toujours entendu mon beau frère (chef de service en réa) se plaindre du fonctionnement de l’hôpital et ma belle soeur (anesthésiste) l’ engueuler parce que tous ses copains qui étaient dans le privé se « gavaient ». Ils ont aujourd’hui une double retraite (enseignants chercheurs) et vont beaucoup mieux smile
Le fis est chef de service en hémato, sa femme en gastro infantile. Ils ne sont pas ravis du fonctionnement de l’hôpital mais sont plutôt professionnellement épanouis.
Donc globalement l’hôpital c’est pas terrible mais il y a de plus en plus de postulants chez les jeunes diplômés. S’ils ne sont pas complètement masos c’est qu’ils choisissent ce qu’ils considèrent comme « moins pire ».

Les flux généraux de médecins sont confirmés par les statistiques  de l’Ordre .
Satistiques Ordre des Médecins
De 2010à 2017 population médicale régulière (on ne compte pas les retraités, même actifs) est plutôt stable mais + 7% de spécialistes , -7%  de généralistes.
Autres flux, les régions et les départements que je vous laisse découvrir sur les nombreuses cartes de l’Ordre.

Plusieurs raisons ont été évoquées, en particulier dans cette file, pour expliquer les déserts médicaux.

- Le numerus clausus. (aux effets à retardement : le nombre de généralistes devrait continuer à baisser jusqu’en 2025)
C’est sans doute le plus simple à régler, puisqu’il s’agit en quelques sortes d’ouvrir les vannes. Sauf qu’il faut un consensus politique /profession qui est toujours délicat en France, et que ses effets sont également à retardement.

-Les jeunes ne veulent pas de la vie de contraintes de leurs ainés. C’est la génération Y, des millenials
Génération Y 
Il s’agit à mon sens du facteur le plus impactant. J’ai eu l’opportunité de m’impliquer dans les structures professionnelles (ordre, syndicat, formation continue). J’ai commencé en 1980 et j’ai assisté à ce lent délitement de la culture de la vocation,  avec également un désintérêt croissant pour l’investissement personnel dans les structures professionnelles. Ma femme chargée d’entretiens d’embauche de cadres vétérinaires ou pharmaciens a constaté le même phénomène, le point culminant étant la période post 35 heures durant laquelle les questions portaient plus sur les RTT que sur le profil du poste.Dans le même temps il faut admettre que le métier de généraliste s’est considérablement compliqué sur le plan administratif et que beaucoup de jeunes sont rebutés par ces contraintes.
Ceci explique sans doute que l’hôpital public attire les jeunes diplômés qui considèrent que leur épanouissement personnel passe par plus de liberté (et donc moins de contraintes).

- Le troisième point est la féminisation des professions médicales. En ce sens les vétos font même plus fort que médecine avec au taux de réussite au concours de 80 % pour les filles. Dans les 2 professions les filles représentent désormais 50 % du cheptel des actifs. Pour autant je ne partage pas l’ambiance générale (pas sur ce site…) qui aurait tendance à considérer ce facteur comme pénalisant. En ce qui concerne ma propre expérience je considère que les femmes sont souvent plus impliquées. Dans les entretiens d’embauche que j’évoquais précédemment nous les avons trouvées  plus matures et plus structurées. Bien sûr elles ont des contraintes, mais elles les assument et les intègrent dans leur plan de carrière. Le temps partiel n’a jamais été un problème pour moi. Au contraire j’ai eu la chance de tomber sur des femmes impliquées, faisant souvent plus que leurs horaires et souvent disponibles en cas de coup dur.
Des constatations identiques sont faites dans le monde économique
Women are more productive

les enfants ne sont pas nécessairement des entraves
Enfants

en plus elles sont encore plus rentables sans climatisation smile
Les femmes sont plus productives quand il fait chaud

Je ne considère donc pas que la féminisation d’une profession soit un handicap, mais plutôt une opportunité. Elles ont des contraintes qui ne sont pas insurmontables. Il est certain par contre que pour des tas de raisons comme celle évoquées fort justement par Range l’adaptation du secteur professionnel ne s’est pas faite par le conservatisme et le manque de clairvoyance d’instances professionnelles quasi exclusivement masculines.

Range a écrit :

Les vieux médecins le savent, accusent la féminisation mais ont été incapables de percevoir le changement de moeurs analysant les faits avec un biais machiste. Il ne faut pas oublier le contexte de concurrence entre médecins libéraux jusqu’aux années 80/90 ; le numerus clausus a été une aubaine pour les protéger.

Dernière modification par philthevet (08/05/2020 19h55)

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[+2]    #4 09/05/2020 09h29

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Il y a un autre phénomène que la féminisation qui a aggravé le problème ( je schématise un peu) : la medecine était une question de vocation. Avec le concours de 1ere année et le numérus clausus depuis les années 80 de mémoire, les étudiants reçus ne sont pas uniquement ceux qui ont la vocation mais surtout les meilleurs en maths.
La medecine est une option, ils auraient aussi bien pu être ingénieurs. Au final, ils n’ont pas du tout l’envie de se cogner les horaires et les contraintes de leurs ainés.

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[+3]    #5 09/05/2020 10h22

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J’ai du mal à comprendre le sujet.
Les jeunes médecins préfèrent un poste salarié avec un bon salaire, des avantages tel que des congés payés, une mutuelle payée, des collègues, etc, plutôt qu’un poste libéral, moins payé à l’heure, sans vacance (ou peu), isolé et seul toutes la journées.

Donc c’est à cause des femmes ?

Question annexe : les prélèvements sociaux de 17,2% et la crise sanitaire c’est aussi à cause des femmes ?

En lisant le titre et les commentaires, ça fait peur, on se croirait revenu au début du siècle dernier.

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[+6]    #6 09/05/2020 22h03

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A mon tour de participer à cette discussion, déjà elle m’intéresse et en plus elle me concerne. Je suis donc une femme, et dans le secteur de la santé.

Pour l’instant, il n’y a que des intervenants masculins.
D’autres débats sur la femme ont eu lieu, où on sépare explicitement "femme vs homme", citons en exemple : les femmes dans les médias (présentatrice, animatrice de jeu,…), ou encore les femmes voilées.

Voici le traitement des médias sur ces sujets:

[url=https://www.programme-tv.net/news/tv/248285-christophe-dechavanne-detruit-et-fracasse-il-sexplique-apres-un-message-inquietant-sur-twitter/]Christophe Dechavanne[/url] a écrit :

l’animateur de 62 ans publiait un message sur son compte Twitter pour le moins intriguant : "Je vais vous dire un truc ..intime presque … l’homme qui écrit ce post est laminé, détruit, fracassé, diminué… une crotte. La fièvre monte exponentiellement au fil des heures … je n’ai rencontré personne de Chine, beau pays… je diminue doucement. À bientôt j’espère les amis".
"Je suis comme un fumeur qui n’a plus de cigarette : en manque".

A la place de promouvoir des nouvelles têtes féminines, on écoute les même animateurs de 60 ans, masculin, qui se lamentent de ne plus avoir d’émissions alors qu’ils ont monopolisé la place pendant des décennies.

Pour les femmes voilées, c’est encore pire " 286 interventions lors des débats, 0 femme voilée",

[url=https://www.liberation.fr/checknews/2019/10/17/une-semaine-sur-les-chaines-d-info-85-debats-sur-le-voile-286-invitations-et-0-femme-voilee_1758162]Libération[/url] a écrit :

la sociologue et directrice de l’association Dialogues citoyens, Ouisa Kies, a regretté l’absence de femmes voilées sur le plateau : «Je constate qu’il y a deux femmes sur ce plateau. Aucune n’est voilée, c’est souvent le cas, c’est-à-dire qu’on parle souvent à leur place.»

Je ne suis pas militante féministe, mais ouvrir une discussion " la femme cause la ruine de la santé", ça me fait  (un peu) bondir.

Déjà, l’entrée dans les études

Thier496 a écrit :

Ce n’était pas suffisant , on a inventé le numérus clausus, qui a permis de diviser par 3 ou 4 les promotions de médecins, et accéléré la féminisation (les filles réussissant mieux que les garçons).

Je maintiens mon propos :

amoilyon a écrit :

Le numerus clausus et féminisation de la profession: Les filles ont pas gagné des places grâce à leurs organes génitaux… C’est un concours, alors tout le monde part sur un pied d’égalité.
Que proposez vous à la place du concours ? "Les garçons sont des garçons alors on leur donne 5 points en plus pour compenser".

Le concours est le moyen le plus impartial d’ouvrir une égalité des chances. Tout le monde a le même temps et le même sujet. Copie anonyme. C’est le meilleur qui gagne.
Introduire un quota garçon et fille est puéril. On prend les meilleurs éléments, point final.
Et si on commence à mettre des quotas car " les pauvres garçons n’ont pas réussi le concours", il va falloir introduire le principe de partout ( exemple Lauren Simmons seule femme trader à NY)

Il n’y a aucune différence entre un homme et une femme, une compétition est une compétition. 

Que suggéreriez vous à la place ?

Thier496 a écrit :

Bilan de l’opération: des cantons ruraux entiers complètement desservis en médecins généralistes, une pénurie à peu près généralisée à toute la France

Qu’on soit homme ou femme, de secteur médical ou non, quand on choisit son lieu de vie, on le fait pas uniquement pour soi, mais pour sa famille (conjoint, enfant).

Pour mon anecdote : Il y a 2 ans, mon conjoint a eu une opportunité d’association en Haute Loire. Nous sommes allés sur place pour la journée. 25/30 minutes de la grande ville. Deux classes dans le village (donc 4 niveaux par classe), périscolaire jusqu’à 17h15, un car pour aller au collège (départ avant 7h00 et retour après 18h, un passage par jour), à partir du lycée les parents choisissaient souvent l’internat.
De mon côté, les offres d’emploi : extrêmement rare et à l’autre bout du département donc 1h de route.
Même si le poste aurait pu convenir à mon conjoint, il n’était pas envisageable pour nous, pour notre qualité de vie d’emménager la bas. Je ne veux pas perdre mon temps sur les routes de campagne, à perdre de l’énergie, du temps et de l’argent. Puis aucune autonomie pour les enfants, j’aurais du le conduire de partout (aucun transport en commun, sauf le car pour le collège).
L’installation est un projet de vie, et que ce soit l’homme ou la femme du couple, il faut une unanimité.
Pour des installations plus nombreuses, il faut que le cadre de vie soit conforme à ce qu’attendent des jeunes familles de nos jours.

Il n’y a aucune différence homme/femme pour moi sur ce point.

jctrader a écrit :

Pourquoi les étudiants de la génération x accepterait elle de travailler 55 heures ou plus alors qu’elle aurait des revenus équivalents et un statut protecteur en centre hospitalier ? C’est de la bonne gestion que de choisir mieux pour moins de temps de travail  d’autant que tous les copains ont déjà du mal à faire 35/39 heures …

On est sur un forum où un bon nombre de présentation prônent " je veux diminuer mon temps de travail / prendre ma retraite anticipée / avoir un complément afin de lever le pied" et en même temps on blâme ceux qui après des études longues, difficiles, sont enfin en poste, avec un bon salaire et ne veulent même pas bosser 70h…

Ils ont proné le serment d’hippocrate où ils soignent les vies qui leur sont confiées, pas de devoir sacrifier la leur !

Le modèle du médecin rural homme qui exerce seul, de 8h à 22h avec sa femme qui gère le secrétariat et l’administratif (ainsi que les enfants) est bel et bien révolu.
Les femmes souhaitent leurs indépendances financières et leurs épanouissements professionnels aussi.
Questionnez un peu ces personnes, qu’ont elle vu de leurs enfants ? Souvent ils profitent bien plus des petits enfants que de leurs propres enfants…
Qui a réellement envie de cette vie ?

Philthevet a écrit :

Toufou a écrit :Dans la commune où je vis, il y a deux médecins ( mais cinq vétérinaires)

So what ? Quelles conclusions en tirez vous ?

En se basant sur des hypothèses : que les vétérinaires se sont associés en un collectif à 5 afin de mutualiser les frais ( local, secrétariat, téléphone,…) et répartir les contraintes inhérentes au métier ( garde, astreinte, gestion administrative) tout en pouvant avoir une meilleure qualité de vie ( vacances tournantes, jour pour aller en formation…).
Que les généralistes sont restés sur " un généraliste = 1 cabinet" et qu’ils gèrent de front les frais fixes, la paperasse et les patients.
A choisir, vous préféreriez bosser dans quelle structure ?

Thier496 a écrit :

sur le site d’annonces médicales: 1/3 de Roumains, 1/4 d’Algériens, 1/4 de nationalités diverses (Espagnols, médecins d’Afrique francophone), le reste quelques Français dont on se demande ce qu’ils font là, tellement il est facile de travailler vu le nombre de patientèles cédées gratuitement, où même en vissant sa plaque n’importe où…

Si les places offertes à la campagne offrent ces perspectives : 70h de boulot, 12h de boulot/jour, exercer tout seul ( et l’aspect psychologique d’être tout seul à tout devoir assumer), avec un conjoint qui ne trouve pas de poste à proximité, et des enfants qui doivent être scolarisés à plus de 30 minutes de car de la maison, alors non, effectivement, je comprends que les volontaires soient peu nombreux. Même avec les meilleures incitations fiscales possibles.

Toujours aucune différence entre un homme et une femme, pour moi.

Afin de proposer une meilleure qualité de vie, je pense que l’on doit se pencher sur les maison médicale, avec une mutualisation des frais, un regroupement de professionnel de la santé (kiné, ostéo, infirmière, dentiste, généraliste,..) qui permettent aux jeunes médecins de ne pas être seul face à des patients pas toujours si patients que cela. Durant toutes les études, les jeunes médecins sont habitués à discuter des cas ensemble, et sitôt le diplôme en poche il devrait se débattre tout seul contre les patients qui "ont lu sur Google que…"
Par ailleurs, ajoutez que la formation est une formation de médecine, que la médecine. C’est bête dis comme cela, mais on ne les forme pas à devenir des "entrepreneurs" de leur cabinet. Voici aussi pourquoi vous avez des médecins, avec un bon salaire, qui n’ont aucune économie au bout de plusieurs années de pratique. ( Et qui sont des bons pigeons pour des Pinel et autre, n’ayant aucune idée qu’on peut avoir mieux).

Concernant la vie de famille, c’est un autre vaste débat, sur les commodités en campagne vs la ville. Abandonnons nous nos campagnes ?

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[+2]    #7 09/05/2020 23h09

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Quelques données intéressantes : il y a de plus en plus de médecins en activité (2018): voir atlas de la démographie médicale +2% par rapport à 2017 et + 12% depuis 2010.

Pour ceux qui ont la flemme de lire, quelques phrases tirées de ce document :
- la distribution géographique de la population générale selon l’indice de
vieillissement présente des similitudes avec celle du vieillissement de la population médicale.
- Age moyen 50,8 ans (en rajeunissement / 2017)
- 43% de femmes (en forte augmentation depuis 2010 où elles représentaient 39,2%) mais 61% depuis 2017.
- baisse régulière du nombre de médecins généralistes (-0,9% par an en moyenne)
- augmentation du nombre de spécialistes (logiquement) : +0,5% par an
- l’évolution de la densité médicale suit, à quelques exceptions près, celle de la population.
- parmi les nouveaux inscrits à l’ordre : baisse continue des diplômes étrangers (européens et extra européens). 16% des médecins actuellement inscrits ont un diplôme étranger.

Ainsi on peut dire :
- Il y a plus de femmes
- Il y a moins de médecins étrangers
- Il y a plus de médecins actifs.
- La démographie médicale suit la démographie locale.

Certains commentaires font peur et sont particulièrement nauséabonds.

Quelques éléments de réflexion :
- taux de suicide des médecins 2,5 fois la moyenne nationale
- 40 à 50% de burn out dont plus de 60% pour les généralistes.
- peu de jeunes médecins choisissent de s’installer en libérale et le territoire est un facteur déterminant

Je vois ici des théories étonnantes, en particulier en cette période qui repose énormément sur les compétences et le dévouement des femmes et j’espère que vous prendrez le temps de modérer vos réflexions. Il s’agit d’un métier difficile pour lequel ces femmes et ces hommes ne souhaitent pas en plus sacrifier leur vie personnelle. Heureusement!

Je rajoute une couche avec les multiples articles sur les maisons médicales vides, payées par les deniers publics par des maires qui souhaitent se faire ré élire, en dehors de toute considération économique. Et visiblement ils ont fait des adeptes dont certains trainent ici.

Enfin je pense que vous avez tous conscience qu’une médecine de qualité nécessite des moyens humains et matériels. Il me parait illusoire d’imaginer que ce soit accessible partout, à 5 min de voiture, entre une course au superU et un tour chez le coiffeur. Parce qu’un médecin sans plateau technique, sans laboratoire de biologie, sans imagerie, sans service spécialisé à qui référer les cas complexes … c’est de la médecine 30 ans en arrière. Pas forcément mauvais, et je pense que le médecin de campagne s’en tire de son mieux, mais personnellement je préfère un exercice moins isolé.

On voit ici, étalé sur des milliers de pages, la logique des marchés avec la disparition des petits pour des entreprises plus solides, les acquisitions, les regroupements, on applaudit des 2 mains quand A fait une OPA sur B ce qui lui procure un avantage décisif … et ce sont les même qui, dans un élan schizophrene, imaginent que le soin ne suit pas la même logique.

C’est l’hôpital qui se fout de la charité!

Dernière modification par Piou Piou (09/05/2020 23h21)

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[+1]    #8 09/05/2020 23h46

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Piou Piou a écrit :

Quelques données intéressantes : il y a de plus en plus de médecins en activité (2018): voir atlas de la démographie médicale +2% par rapport à 2017 et + 12% depuis 2010.

Je lis plutôt qu’il y a plus de médecins inscrits à l’ordre (les retraités sont inclus, certains sont considérés comme restant en activité)



Les actifs  (généralistes + spécialistes) sont assez stables +0,5% sur 10 ans   

[url=]null[/url]

Les généralistes ont baissé de 7 % (point bas prévu 2025) et les spécialistes ont augmenté (ce qui explique que le chiffre global d’actifs soit resté stable)



Pour les suicides c’est un phénomène connu hélas également chez les vétérinaires, et pas qu’en Belgique
Suicides vétérinaires 4 fois supérieurs à la moyenne

De nombreuses études montrent que plusieurs facteurs sont à prendre en compte et notamment le stress professionnel, les difficultés du rapport à la mort, et malheureusement l’accès facile aux substances d’euthanasie.

Pas bien gai tout ça …

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[+2]    #9 10/05/2020 09h36

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Je suis aussi une femme-médecin et de mon point de vue la féminisation de la profession pose, il est vrai, quelques soucis.

Moi-même je préfère largement le salariat à l’hôpital que l’exercice libérale pour des raisons évoquées plus haut par les différents participants. En plus, même à l’hôpital il y a énormément de postes à pourvoir et donc aucune difficulté à trouver et peu importe la région.

Dans l’hôpital où je travaille plusieurs collègues-femmes sont soit à mi-temps, soit à 80 % pour des raisons familiales. Elles ne souhaitent pas faire des gardes ou alors le strict minimum et l’hôpital doit payer les intérimaires à prix d’or. Je constate que les collègues-hommes sont au contraire demandeurs des gardes pour gagner plus. Bien sur il y a quelques exceptions mais bon…

Tout ça est compréhensible et n’est la faute à personne mais ce serait largement le temps d’envisager les choses pour améliorer la situation.
Il nous faut des gens pour faire des gardes, assurer les permanences des soins le soir, astreintes, aussi le service des urgences est un vrai problème, le service est le plus sinistré en France. 

L’augmentation de numérus clausus parait une nécessité. Pour ma part, je ne serai pas contre d’admettre 50% des filles et 50 % des garçons en études de médecine mais j’imagine que presque personne ne sera d’accord avec moi :-).
Aussi pourquoi ne pas utiliser les méthodes qui existent dans d’autres pays : par exemple les étudiants qui s’ engagent de travailler quelques années dans les déserts médicaux auront besoin d’obtenir moins de points au concours par rapport aux autres.

En plus là, avec le COVID 19 , nous avons déjà perdu 29 confrères libéraux plus les autres :
« On a laissé tomber les médecins de ville », la colère du fils du Dr Paul Alloun décédé du Covid-19 | Le Quotidien du médecin
On se rend bien compte que les médecins libéraux de ville étaient très mal protégés contre l’épidémie ce qui ne va pas arranger notre problème, il y aura encore moins de volontaires pour prendre leur place.

Je ne suis pas d’accord que ceux qui réussissent le mieux le concours seront forcément les meilleurs médecins plus tard. Pour bien réussir ce concours il faut surtout une très bonne mémoire mécanique, en tout cas c’est le souvenir que j’en garde ( sans me vanter, j’étais classée 2ème dans mon Université mais ce qui m’a aidé c’était une excellente capacité de la mémorisation, j’étais capable de répéter comme un perroquet les pages entières phrase par phrase ).

L’attractivité des campagnes est également un soucis comme dit plus haut. Après 9 ans passés en Bretagne en milieu rural je quitte la région cet été pour Nice. Mes enfants entrant au lycée ont besoin des commodités et études à proximité. Beaucoup de choses en campagne deviennent vite problématiques, il faut faire des kilomètres…


L'argent n'a pas d'odeur, mais a partir d'un million il commence a se faire sentir. T.Bernard

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[+1]    #10 10/05/2020 20h20

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Rucipe a écrit :

gunday a écrit :
J’ai du mal à comprendre le sujet.

Moi aussi.
J’aurais préféré que le titre ne fasse pas référence à la féminisation, mais à la profession de médecin en général. Il y aurait tant à dire !

Tout à fait d’accord. Le sujet a démarré dans la file concernant l’impact économique du covid et j’avais suggéré à la modération une file dédiée à l’exemple de celle très intéressante sur les professeurs. C’est vrai qu’il y a tellement à dire, et à entendre.
En attendant qu’elle soit éventuellement renommée peut être pouvons nous quand même continuer à aborder ces questions. Il y a de nombreux médecins sur le site et leur contribution permettrait j’en suis sûr d’éclairer nos réflexions et d’éviter certains raccourcis. J’ai pris connaissance avec tristesse du chiffre de 25 décès en libérale. Combien doit-on malheureusement ajouter à l’hôpital, en associant bien sûr les personnels ?
S’agissant des déserts médicaux c’est une réalité indiscutable. On peut en discuter les causes, on peut également imaginer sinon des solutions au moins des améliorations. Les zones rurales sont principalement concernées, avec en plus une moyenne d’âge qui augmente et les difficultés de déplacement qui vont avec. Pourtant le contribuable du fond de la Creuse (au hasard) a financé les études médicales comme l’a fait son cousin contribuable à Paris ou à Lyon. D’autre part peut-on stigmatiser les générations médicales montantes qui aspirent à plus de libertés personnelles ou familiales? Le tout dans un contexte social fort bien souligné par Rucipe où la tendance est plutôt à remettre en cause la parole des experts, voir à les poursuivre en justice.
Il faut donc trouver des solutions pour satisfaire les uns (les "clients") sans contraindre les autres (les "médicaux" , car le désert ne concerne pas que les praticiens). Du côté des médecins, et comme rappelé par @exilefiscal, la suppression du numerus clausus, ou à minima sa modification, paraît impérative (rappelons que dans tous les cas ses effets sont à retardement, au minimum 6 à 7 ans). L’encouragement à l’installation, éventuellement pour un temps donné, est également une bonne piste, toujours moins brutale que la contrainte.
Les consommateurs ont peu de moyens de participer au débat si ce n’est en sollicitant leurs élus. La mode des "maisons médicalisées" est liée notamment à cette pression subie par les maires.
Pour autant quand le maire d’une petite commune aménage un local, même bien, avec des fonds privés ou publiques comme évoqué dans un précédent post, ce n’est pas une maison de santé. C’est au mieux une erreur de jugement, au pire une opération immobilière foireuse.
Une maison médicale sans médecin

A Doubs, riche commune d’un peu plus de 2 000 habitants proche de Pontarlier (Doubs) et de la frontière suisse, un bâtiment tout neuf, au bord de la route principale, vient d’être terminé. Un énorme projet privé de près de 2 M€ initié par des pharmaciens de la région. Cette grande maison médicale de 320 m 2 sur deux niveaux est destinée à abriter cinq cabinets médicaux pour des médecins. Mais alors que tout est terminé, aucun généraliste n’a seulement posé sa candidature pour s’installer dans ces locaux parfaitement adaptés.

Les maisons de santé sont des structures pluridisciplinaires qui correspondent à un cahier des charges bien précis qui implique les professionnels de santé, les communes et l’état. Elles sont fiancées par des fonds publics et soumises à l’agrément des ARS (ce qui explique en partie que les dossiers sont longs).
Elles ont pour vocation de maintenir et d’attirer des professionnels de santé dans des zones carencées.
Maisons de santé . Poles de santé

Ca ne marche pas si mal que ça puisque :

Le Quotidien du médecin a écrit :

Les maisons de santé pluridisciplinaires ont connu un essor rapide en cinq ans. En 2017, on dénombre 910 MSP contre seulement 174 en 2012… 1 933 centres de santé sont en fonctionnement.

Multiplié par 5 en 5 ans !
https://www.lequotidiendumedecin.fr/act … e-de-sante

Ce n’est bien sûr qu’une des pierres à l’édifice mais elle fonctionne parce que le projets ne peuvent se faire sans les professionnels concernés. La plupart du temps ils sont même les initiateurs. Stabiliser, grâce aux professionnels, des structures qui permettent de mutualiser les contraintes est un des moyens de limiter les déserts médicaux et de permettre l’attraction des jeunes. Aménager un local, même confortable, même avec des conditions de loyer avantageuses en espérant qu’ils viendront poser leurs plaques est illusoire. 
Pour ceux que le sujet intéresse je vous conseille la lecture de cette thèse récente (2018)
Les Maisons de Santé Pluriprofessionnelles : connaissances et
attractivité chez les jeunes médecins généralistes
qui montre que malgré tout ce n’est pas gagné et qui permet de mieux comprendre quelles sont les aspirations des générations montantes.

Enfin je  serais curieux de connaître les avis des médecins (et de tous bien sûr ) sur la télémédecine qui a connu un véritable essor depuis l’épidémie Covid19 et qui peut également contribuer à sortir certains territoires de leur isolement.

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[+1]    #11 11/05/2020 12h38

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Sur les maisons de santé il y a fort à dire et les résultats sont très contrastés.

Les élus semblent persuadés que créer des infrastructures suffit à faire apparaître des professionnels alors qu’il n’en est rien puisque l’on a construit massivement sans qu’il n’en sorte du chapeau.

Pour imager, on a construit plein de bocaux sans poissons rouges à mettre dedans. Et des bocaux très chers ; ici pour faire venir ceux qui étaient déjà là… on a dépensé plus d’1.2 millions d’Euros.

Les maisons médicales financées sur fonds publics ont par ailleurs fait l’objet de cogitations fumeuses des autorités de santé avec des contraintes improbables et très coûteuses : ici plusieurs médecins sont partis dont un qui a avancé sont départ en retraite du fait des contraintes informatiques et des surcoûts. C’est malin !
Au stade du projet, j’ai du alerter les futurs participants quant à la structure juridique proposée étroitement liée aux nouveaux modes de financements et les très probables galères et mésententes à en attendre, sans parler des risques financiers (pour faire simple, une partie des budgets de fonctionnement de la structure juridique est financée par la sécu sur la base de l’activité des seuls médecins ; un médecin ou tous se tirent et soit c’est le dépôt de bilan soit explosion des charges pour ceux qui restent). Ils ne l’avaient pas vu.

De façon générale, le politique et l’administration centrale répondent à un problème qui ne peut se résoudre que sur la durée -en formant des praticiens et en encourageant les autres à rester- en construisant des bâtiments pour pouvoir répondre "on a fait quelque chose pour les attirer".
Tant mieux pour les bureaux d’étude, les archi et entrepreneurs…

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Favoris 1   [+3]    #12 11/05/2020 16h00

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Une remarque en passant : le problème de la répartition des besoins médicaux sur le territoire s’est déjà posé (et a été résolu) pour les officines de pharmacie.
Les pharmaciens ayant tendance à s’installer en ville et délaisser nos campagnes, la Loi du 11 septembre 1941 ( par la suite validée dans son principe et légèrement amendée à la Libération par  l’ordonnance du 23 mai 1945) a fixé un quorum d’installation pour les officines.
Il est amusant de voir que ce qui a été imposé aux pharmaciens et qui est souvent présenté comme un avantage exorbitant en faveur de la profession représenterait une contrainte intolérable pour les médecins.   
Le même type de mesure existe pour d’autres professions : notaires, huissiers,…
( remarque :les médecins peuvent me mettre des -1, je suis vacciné :-))

Dernière modification par toufou (11/05/2020 16h00)

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[+1]    #13 16/09/2020 11h04

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BetterCallSam a écrit :

Et comme pour le privé, plus de médecins = plus de compétitions donc potentiellement une baisse des prix de la consultation. Quand on voit des ophtalmologue qui prennent 50€ pour 5min pour faire une nouvelle prescription de lunettes… ça ne peut pas faire de mal si les prix baissent un peu.

Je comprends parfaitement votre indignation concernant une consultation bâclée. Attention cependant aux raccourcis. Un cas ne vaut pas généralité. Dans le cas présent il faudrait changer de praticien. Bon courage suivant votre lieu de résidence. Les délais de 3 mois, hors urgences qui sont gérées à l’hôpital, sont courants dans une spécialité qui est désormais en carence de candidats (autre débat intéressant : pourquoi certaines spécialités sont désertées).

En même temps (comme dirait l’autre …) le tarif de base d’une consultation d’ophtalmologie de secteur 1 est de 30 €. Durée des études 11 ans (10 ans pour ceux qui ont réussi le concours en première année ).
Pour le généraliste sans spécialité 7 ans et 25 €. On peut effectivement envisager de faire baisser ces prix. Dans cette hypothèse j’encouragerai les postulants déçus à se tourner vers une belle enseigne de coiffure (prix de la coupe homme 20 € et plus, pour les femmes on ne compte pas …)

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[+1]    #14 16/09/2020 13h50

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On veut une médecine de très haute qualité, rapide d’accès et pas cher ?

Vous trouvez la simultanéité de ces trois caractéristiques dans quel autre secteur ?

Dernière modification par swantonbomb (16/09/2020 13h51)

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[+3]    #15 16/09/2020 21h56

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Bonjour, je pense que tous ici seraient preneur d’éléments chiffrés qui étayent cette opinion.

RadioInvest a écrit :

Beaucoup de ceux qui se plaignent du prix de la consultation en particulier chez le généraliste, n’ont aucune idée du montant des charges obligatoires du médecin et du gap entre le brut et le net.

Facturer 25e brut et habiter à Dijon, cela n’a rien à voir avec le fait de facturer 25e et d’habiter à Paris intra-muros.

[…]

Le taux horaire des médecins généralistes est dérisoire rapporté à la charge de travail.

Je tente avec un certain nombre d’hypothèses et un comparatif personnel (situation / volume horaire).
- Consultation: 25€
- Fourchette basse/haute : 4 consult à l’heure / 6 consults à l’heure
- Prenons un 8h 20h (30 minutes pour manger) sur 5 jours pendant 45 semaines
- Fourchette basse: 46 consult à la journée / haute 69
- Fourchette basse: 258 k€, mettons 50% de charges > restent 129 k€ brut, (pas loin de 48 € brut de l’heure, pas loin de 5 fois le SMIC); pour faire les mêmes horaires j’en suis assez loin
- Fourchette haute: 388 k€, mettons 50% de charges > restent 194 k€

A l’inverse pour 100 k€ brut font 35 consults à la journée, on les obtient en faisant 9h 18h30.
Pour peu que le cabinet du doc soit à côté de chez lui (ce que je ne peux que concevoir), cela me paraît être plutôt sympathique comme vie.

Preneur d’éléments chiffrés contradictoires et idéalement sourcés afin d’avancer vers une vérité.

Sinon pour une ou deux années supplémentaires de spécialisation vous devenez dermato et la c’est *3 par consultation, jackpot, ou semi rentier dès le départ.

La démonstration peux sembler orientée mais j’aimerais vraiment comprendre de quoi on parle réellement, rythme de travail, volume horaire, responsabilités, charges… pour le moment très peu de hard facts.

Dernière modification par Dooffy (16/09/2020 22h00)


Bien à vous, Dooffy

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[+3]    #16 16/09/2020 23h39

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Bonsoir,

Puisque vous souhaitez savoir de « quoi on parle réellement » et avoir des « hards facts », chose ô combien raisonnable que l’on aurait aimé que vous appliquiez à votre « contribution », je vous propose de taper pour vous « enquête rémunération médecin généraliste libéral » sur un moteur de recherche et de vous en coller le lien hypertexte (hyperlink en startup nation) :

Hard facts chiffrés contradictoires et idéalement sourcés sur la remuneration des médecins libéraux

Concernant les éléments chiffrés étayant la contribution très pertinente de RadioInvest sur l’acte à 25€ brut à Dijon ou Paris intramuros, je vous laisse taper « coût de la vie +Dijon/Paris » ou « prix de l’immobilier  + Dijon/Paris ».

À vous lire la rémunération du médecin libéral devrait se définir en fonction de la vôtre.

Votre cas d’études « fourchette haute » à 388k€ pour un généraliste, vous pouvez y intégrer le coût de l’AVC à 45 ans histoire d’être un peu plus réaliste.

Concernant les responsabilités, peut-être vous imaginez vous que le médecin n’est qu’un prescripteur de paracetamol, mais si c’est le reflet de votre expérience personnelle je vous encourage soit à changer de médecin soit à revoir votre seuil de besoin en consultation médicale.

Bref, on nage en plein rêve de l’autre, ce type de contribution baveuse est surprenante sur ce forum, reprenez vous.

Bien à vous,

Dr. Minimal

Édit : le pdf sus-mentionné devrait vous surprendre concernant les revenus supposés x3 d’un dermatologue

Dernière modification par DrMinimal (16/09/2020 23h52)


Bonjour, je suis Dr. Minimal, et je blogue mes progrès vers l'indépendance financière en Français et en Anglais.

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[+2]    #17 17/09/2020 00h17

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Dooffy a écrit :

Bonjour, je pense que tous ici seraient preneur d’éléments chiffrés qui étayent cette opinion.

RadioInvest a écrit :

Beaucoup de ceux qui se plaignent du prix de la consultation en particulier chez le généraliste, n’ont aucune idée du montant des charges obligatoires du médecin et du gap entre le brut et le net.

Facturer 25e brut et habiter à Dijon, cela n’a rien à voir avec le fait de facturer 25e et d’habiter à Paris intra-muros.

[…]

Le taux horaire des médecins généralistes est dérisoire rapporté à la charge de travail.

Je tente avec un certain nombre d’hypothèses et un comparatif personnel (situation / volume horaire).
- Consultation: 25€
- Fourchette basse/haute : 4 consult à l’heure / 6 consults à l’heure
- Prenons un 8h 20h (30 minutes pour manger) sur 5 jours pendant 45 semaines
- Fourchette basse: 46 consult à la journée / haute 69
- Fourchette basse: 258 k€, mettons 50% de charges > restent 129 k€ brut, (pas loin de 48 € brut de l’heure, pas loin de 5 fois le SMIC); pour faire les mêmes horaires j’en suis assez loin
- Fourchette haute: 388 k€, mettons 50% de charges > restent 194 k€

A l’inverse pour 100 k€ brut font 35 consults à la journée, on les obtient en faisant 9h 18h30.
Pour peu que le cabinet du doc soit à côté de chez lui (ce que je ne peux que concevoir), cela me paraît être plutôt sympathique comme vie.

Preneur d’éléments chiffrés contradictoires et idéalement sourcés afin d’avancer vers une vérité.

Sinon pour une ou deux années supplémentaires de spécialisation vous devenez dermato et la c’est *3 par consultation, jackpot, ou semi rentier dès le départ.

La démonstration peux sembler orientée mais j’aimerais vraiment comprendre de quoi on parle réellement, rythme de travail, volume horaire, responsabilités, charges… pour le moment très peu de hard facts.

Je suis désolé d’avance Dooffy mais votre démonstration souffre d’approximations grossières.

Vous omettez sciemment ou non le temps administratif du médecin généraliste = temps obligatoire non facturable donc non rémunéré qui vient diminuer significativement son taux horaire.
8h 20h du lundi matin au vendredi soir à raison de 6 patients/heure, ce n’est vraiment pas sérieux comme démonstration / hypothèse.

Je vous laisse consulter ce lien officiel (CARMF = organisme de gestion de la retraite des médecins libéraux) pour étudier le récapitulatif des revenus 2017 des médecins libéraux : revenus médecins libéraux BNC CARMF

Inutile de préciser qu’à rémunération égale avec un salarié du privé, l’absence d’avantages pour le médecin généraliste vient diminuer d’autant sa rémunération (PEE = 0, participation/intéressement = 0, comité d’entreprise pour vacances = 0…).

La prochaine étape étant de dériver sur la pseudo-charge financière des étudiants en médecine payés par la société, je vous laisse lire ce récapitulatif officiel Emoluments personnel hospitalier France concernant la piètre rémunération des étudiants en médecine (de 130 à 240 euros par mois) pour une alternance (50% du temps à l’hôpital et 50% du temps à la faculté) et la comparer avec des alternants dans le privé.

Evidemment, vous pourrez en profiter pour regarder dans le même temps la rémunération des internes en médecine (Bac +6 à bac +9 voire bac +11 pour certaines spécialités) et vous faire une idée de la mascarade que cela représente.


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[+3]    #18 17/09/2020 08h36

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Bonjour, tout d’abord merci pour les sources. Savez vous s’il existe une étude avec les chiffre de 2019 (ceux proposés sont de 2011).

Toutefois dans cette étude on note en page 60 un revenu moyen de 106 140 € (admettons que c’est un peu surévalué car je comprends que les spécialistes sont englobés dedans).
Les Omnipraticiens émargent à 82 020 € à l’année. On passera sur le fait qu’il existe des disparités importantes comme l’annonce la page 58 en préambule (sans toutefois analyser l’impact de la localisation, il y est surtout question de spécialité).
En page 63 on a la progression annuelle des rémunérations. Faisons l’hypothèse que cette progression reste identique d’une année sur l’autre (probablement faux car le prix de l’acte a augmenté au moins une fois depuis 2011, mais je ne me souviens plus, ne consultant qu’une fois par an tout au plus).
Prenons 0,7% d’augmentation chaque année (soient 5% sur 7 ans) : 78 700 en 2013 > 82 640 € en 2020.

On est en dessous de mes prévisions fantaisistes, mais pas si loin non plus (20% de moins).
Ce qu’il nous reste à voir ce sont effectivement les taux de patients par médecin et par jour, ces données seraient intéressantes pour clarifier et mettre des éléments chiffrés sur les volumes de travail évoqués.

Merci pour la progression du débat.

P.S.: Je précise que je suis neutre dans ce débat, je n’ai pas d’avis personnel sur la question mais bien souvent les discussions peuvent être fantaisistes, les gens parlant sans savoir (mais ceux qui savent ne s’exprimant pas non plus ou laissant les autres divaguer).
La meilleure façon est d’avoir des retours d’expérience sincères et/ou des faits. C’était effectivement pour provoquer des réaction que j’ai fait ce parallèle. Mais pour démontrer il faut bien 1. Prendre des hypothèses, 2.Prendre des référentiels.


Bien à vous, Dooffy

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[+1]    #19 17/09/2020 16h38

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Faith a écrit :

philthevet a écrit :

Nous sommes , de mon point de vue, assez loin de l’image de nantis qui est parfois véhiculée.

Retraite moyenne 80% plus élevée que la moyenne française.
Quant au travail au noir des femmes de médecin, c’est le problème de tous ceux qui font du travail dissimulé: pas de retraite, peu de protection. La seule solution reste de construire un patrimoine personnel (par exemple en utilisant toutes les cotisations non payées) pour compenser l’absence de retraite.

Je me permets de vous citer Faith car le montant des retraites n’est pas un bon indicateur et il faudrait plutôt voir le taux de remplacement.
à cotisation égale et à durée de cotisation égales, les professions libérales sont sacrifiées par rapport aux salariés niveau retraite.
Si revenu 2.5 PASS, taux de remplacement de 28%, comparé aux 50% pour les salariés du privé et aux 75% pour les salariés du public, ça pique les yeux…

Concernant les femmes de médecin travaillant au noir et gardant les enfants, ce n’est plus trop d’actualité depuis 20 ans..^^

Il y a une très grande hétérogénéité des situations des médecins (Paris, désert médical, médecin travaillant à la chaine/prenant son temps,…) mais le médecin généraliste est plutôt dans une situation qui se dégrade année après année…

précision: je suis médecin spécialiste faisant plutôt partie des "privilégiés" mais ne comptant pas ses heures et arrivé sur le marché du travail à 34 ans…

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[+1]    #20 17/09/2020 18h38

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GoodbyLenine a écrit :

Vous êtes bien sur de votre "à cotisations égales" ? Je pense que les cotisations retraite (salariale + patronales) d’un salarié sont bien plus elevees (en % du revenu net par exemple) que celles d’un indépendant ou d’un "profession libérale" (comme par un médecin généraliste non salarié).

Certaines complaintes des concernés à l’occasion des débats sur le système universel de retraite l’indiquaient en tout cas clairement…

Effectivement un peu plus élevées mais pas de manière extraordinaire…!
Pour les médecins (je ne sais pas pour les autres régimes), c’est 8.23% jusqu’à 1 PASS puis 1.87% jusqu’à 5 PASS et 9.80% pour la retraite complémentaire (dans la limite de 3.5 PASS).

source

Les complaintes étaient surtout dûes que les régimes de beaucoup d’indépendant (médecin, kiné, notaire, avocat,..) ont beaucoup de réserves et sont sources de convoitise vu le déficit des autres régimes.
Les ressources viennent d’une bonne gestion (et je ne parle pas du mode de gestion calamiteux des retraites des salaréis), des faibles montants de retraite au vue des cotisations et le tout en payant une partie des retraites du public!

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[+3]    #21 04/04/2021 14h48

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Et on peut les comprendre. Par contre on comprend moins pourquoi il râle aussi sur leurs patients qui viennent faute d’avoir un médecin généraliste qui les acceptent sur le secteur. Ça m’est arrivé de me faire enguirlander par un médecin des urgences car c’est pas une urgence monsieur ? Du coup, je fais quoi avec mon enfant de 2 ans qui vomit non stop (toutes les 30min) sans rien prendre depuis la veille au soir ? J’attends qu’il soit en déshydratation avancé pour l’amener ou qu’un médecin généraliste ou un pédiatre accepte de le recevoir mais que comme il vomit, les praticiens m’orientent gentillement vers les urgences.

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[+2]    #22 06/04/2021 14h05

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La médecine générale n’a de libérale que le nom.

En pratique, la volonté affichée de l’Etat est de faire disparaître les médecins généralistes libéraux (pour les spécialistes, cela prendra plus de temps que prévu dans leur plan initial).

A terme, la médecine générale ne s’exercera qu’en "centre de santé" où le salariat sera la norme.

Mais les patients qui ont actuellement la critique facile concernant la relative faible disponibilité de leur médecin, ne pourront que regretter l’ancien système car le futur sera bien pire.   

Lorsque la rémunération est au rendez-vous (véritable médecine libérale), les horaires à rallonge peuvent être "encaissés" par les médecins. A partir du moment où le salariat sera la norme, la médecine étatisée se pratiquera comme à la Poste : 9h -  13h - Pause déjeuner d’1h - 14h - 18h.
Si besoin, au-delà de 18h, le patient ira dans un centre de gestion des urgences de ville et les cas les plus graves à l’hôpital.

Ainsi, les patients en auront pour leur argent c’est-à-dire peu, tout sera "gratuit" ; ils n’avanceront plus rien, seront ravis de ne rien payer mais auront une médecine au rabais (pas d’interlocuteur médical unique, pas de relation au long cours…).

La médecine libérale sera du secteur 3 : totalement indépendante de l’Etat / Assurance Maladie avec honoraires véritablement librement fixés par le praticien (cela se pratique déjà mais c’est anecdotique), sans remboursement de la consultation.   
Ceux qui pourront payer la consultation, auront une médecine différente :"plus humaine" avec plus d’écoute, une relation privilégiée et donc il y aura bien une médecine de classe.


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[+2]    #23 06/04/2021 16h13

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Ce sera un système comme au Royaume-Uni : soit vous avez de quoi payer 100 euros la simple consultation chez un généraliste du privé ( non remboursée sauf si vous avez une très bonne assurance privée ), soit vous allez dans des centres gérés par la sécu Anglaise ( NHS ) où vous ne pourrez choisir ni votre centre, ni votre médecin … et attendre des semaines pour un rendez-vous.

Médecins en Europe : au Royaume-Uni, le NHS au centre du jeu | Profil Médecin

Système de santé au Royaume-Uni : National Health Service (NHS)

https://www.themedicalchambers.com/fr/p … A0-Londres

Il existe deux systèmes de santé parallèles au Royaume-Uni. Le secteur public et le secteur privé. Le système de santé public est connu sous le nom de NHS et présente l’avantage essentiel d’être gratuit. Il est comparable à la Sécurité Sociale française. Dans le secteur privé, les soins sont payants et pris en charge par vous ou votre assureur.

EN PRIVÉ: La plupart des généralistes privés  vous recevront le jour-même pour un rendez-vous urgent et souvent à un horaire qui vous convient. Et bien sûr vous pourrez voir le médecin de votre choix.

DANS LE NHS: Les délais sont longs comparés à la France. Il n’est pas rare d’attendre jusqu’à deux semaines pour une visite de contrôle. La plupart des cabinets essaient de vous recevoir dans les 48 heures pour un rendez-vous urgent, mais on doit souvent attendre plus longtemps et se voir proposer un rendez-vous à un horaire qui ne convient pas forcément et pas nécessairement avec le médecin de son choix. En ville la plupart des cabinets de GPs sont des cabinets de groupe et on vous donne rendez-vous avec le médecin disponible.

AURAI-JE ACCÈS IMMÉDIATEMENT À MON MÉDECIN EN CAS DE BESOIN?

EN PRIVÉ: Certains généralistes  proposent un accueil 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7; ils se rendent disponibles lorsque vous en avez besoin. Certains spécialistes peuvent également vous donner un rendez-vous en urgence en cas de nécessité.

DANS LE NHS: Non.

POURRAI-JE CHOISIR MON MÉDECIN?

EN PRIVÉ: Oui. Vous avez une liberté totale dans le choix de votre médecin. Cependant, sachez que certains assureurs au Royaume-Uni pratiquent un système de référencement ouvert et vous proposent, indépendamment de votre GP, un choix entre deux parfois trois spécialistes. Mais la plupart des compagnies d’assurance internationales vous laissent le choix.

DANS LE NHS: Non.

COMBIEN DE TEMPS DURERA MA CONSULTATION?

EN PRIVÉ: La réponse varie d’un médecin à l’autre, qu’il soit généraliste ou spécialiste. Mais vous pouvez être sûr que la consultation sera suffisamment longue pour assurer la meilleure évaluation possible de vos besoins. Et beaucoup plus longue qu’auprès du NHS.

DANS LE NHS: 10 minutes. Votre GP vous demandera de ne venir que pour UN problème et vous invitera à prendre un autre rendez-vous si vous avez besoin de plus de temps. Les contraintes de temps peuvent rendre votre consultation frustrante, vous donnant l’impression d’être rapidement chassé et que votre problème n’a pas été pris au sérieux.

MON ENFANT PEUT-IL CONSULTER UN PÉDIATRE?

EN PRIVÉ: Oui. Plusieurs excellents pédiatres français exercent actuellement à Londres. Il n’est pas nécessaire de passer par votre GP pour les consulter.

DANS LE NHS: Non, à moins d’ être référé  par votre GP à un pédiatre hospitalier.
Une des différences principales par rapport à la France est qu’au Royaume-Uni les enfants ne sont pas suivis par un pédiatre. Votre GP vous orientera vers un pédiatre s’il ne peut pas traiter le problème.


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[+5]    #24 07/04/2021 10h14

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Je me permets d’apporter mon avis en tant que jeune généraliste installé depuis une paire d’années.
Je me retrouve à plusieurs égards dans les propos du médecin qui raconte son déplaquage : emballement des premières années, difficultés à renoncer aux nouveaux patients, horaires qui se rallongent, administratif épouvantable, gardes… Cercle vicieux qu’il est difficile de stopper.

Si je suis sur ce forum, c’est aussi pour prévoir mon ralentissement d’activité et savoir à quel moment je pourrai souffler. C’est un métier épanouissant, épuisant nerveusement et physiquement (tout comme d’autres j’en conviens). L’idée d’avoir un horizon à portée me permets d’avancer.

Pour le futur, voici ma vision :
- Les centres de santé salariés vont se multiplier mais ils montrent déjà leurs limites. Les centres municipaux ne sont pas rentables : à 25e la consultation brut brut, il est facile de comprendre qu’on ne clotûre pas le budget avec un 39h à 5000e. Du coup le contribuable paie deux fois : le déficit via les impôts locaux et la sécu via les cotisations sociales !
De plus, le salarié est de l’ordre de deux à trois fois moins productif que le libéral. Donc cette solution pourrait aggraver le déficit médical.

- Les regroupements de médecins (initiatives privées) : Maisons de santé, Communauté de soins, Equipe de Soins… Les exemples sont multiples, c’est le modèle privilégié par la sécu. Il a le mérite d’être attractif mais exit l’ancien modèle un village = un médecin. La sécu rajoute des subventions à coup d’obligation (responsabilité médicale territoriale = prendre en charge toute la population du secteur, impossibilité de refuser de nouveaux patients). Nous verrons dans quelle direction iront les nouveaux syndicats médicaux.

- La délégation des tâches. Pour moi c’est inéluctable. Infirmière de Pratiques Avancées, assistantes médicales, secrétaires… Au quotidien, ça serait assez simple à imaginer, mais c’est un bouleversement de notre exercice. Les radiologues ont l’aide des manips, les ophtalmologues l’aide des orthoptistes, pourquoi pas les généralistes avec des assistantes ? C’est une piste de la sécu également. On rejoint le modèle anglais du NHS. Mais on rappelle que les médecins anglais sont payés à la capitation (par nombre de patients suivis) et gagnent en moyenne deux fois plus que les généralistes français…
L’IA fait partie de ces aides au quotidien, indispensable. De là à remplacer le médecin, il y a un pas (le biologiste signe toujours en bas des analyses médicales, le radiologue signera toujours les comptes rendus d’examens quand bien même ceux-ci seront automatisés).

Les jeunes médecins ne veulent pas forcément travailler moins, mais travailler plus confortablement. Les exemples sont multiples autour de moi. On en peut pas comparer le temps de travail d’un généraliste aujourd’hui avec ceux de 1960. Les outils et la société ont changé (informatique, examens complémentaires, "patients experts", gardes mutualisées…)

Qui peut blâmer les généralistes de vouloir une meilleure qualité de vie quand la société française est passée aux 35h depuis plus de 20 ans ?

Un généraliste en bonne santé = soins de qualité big_smile

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[+1]    #25 17/04/2021 19h56

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amoilyon, le 16/04/2021 a écrit :

Y-a-t-il d’autres salariés dans mon cas ? Comment procède votre vaccinodrome ?
Ici, il m’indiquait qu’il fallait une dérogation de mon employeur, et que pour la rémunération c’était trop compliquée.

Pour les salariés du privé qui font ça sur leur temps de repos, la rémunération se fait via la CPAM. Si c’est sur le temps de travail, c’est effectivement à voir avec l’employeur. De ce que j’ai compris par exemple pour un pharmacien, c’est l’officine qui est payée et qui doit ensuite reverser au salarié.
Pour le secteur public je ne connais pas le fonctionnement en revanche.

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