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Sondage 

Résultat du sondage :

Avez-vous bénéficié de l'ascenseur social ?


Oui

63% - 88
Non

36% - 50
Nombre de votants : 138

#26 05/03/2020 13h35

Membre
Réputation :   31  

J’apporte ma contribution à cette intéressante discussion mais finalement je ne sais pas y répondre…

Grands-parents très modestes, milieu rural et travail à la ferme; parents artisan (et donc femme de ce qui signifie mère au foyer avec aide administrative pour l’entreprise), milieu modeste même si je suis loin d’avoir manqué de quelque chose.

L’éducation a joué un rôle important dans la scolarité et dans les valeurs transmises (travail notamment). Cela a profondément orienté mes choix professionnels en souhaitant suivre l’exemple familial d’un métier manuel. A l’adolescence il ne me serait pas venu à l’esprit de m’orienter vers des métiers lointain de mon cadre de référence (banquier, commerçant…). Ce ne m’a jamais été imposé mais je me suis mis une sorte de pression à suivre le modèle mental de la famille.

D’ailleurs ce sentiment m’a poursuivi longtemps, même dans mes études: au moment de faire un choix entre l’entrée dans la vie active et les deux années supplémentaires pour obtenir un diplôme d’ingénieur j’ai opté pour la vie pro. J’ai choisi de faire mes études supérieurs en alternance (pour l’expérience, le salaire et encore une fois pour coller à la valeur travail).

Bien évidemment, cet exemple n’a pas valeur à être généraliste mais c’est pour illustrer qu’un ado n’a pas forcément la capacité ni la facilité à sortir de son cadre de référence.

Aujourd’hui et grâce à mon parcours pro, mes expériences et rencontres (et la fréquentation de ce forum) je fais des choix que je n’aurai jamais pensé faire. L’ambition a joué un rôle primordial dans mon évolution personnelle alors qu’au sein de la facile c’est un non-sujet.
Je poursuis seul et à mon rythme mon évolution pro, mes investissements immobiliers (qui sont compris mais qui suscitent toujours 1000 questions, voir même des remarques de découragement). Je me suis habitué à cela et considère que c’est une forme de protection et de crainte contre l’inconnu.

J’ai toutefois des blocages comme envisager un jour d’être rentier qui est en opposition totale avec ce que je viens d’écrire ou même envisager une reconversion professionnelle. J’imagine tout cela mais me dis aussi que ce n’est pas pour moi.

Donc l’ascenseur social oui pour ce que le système apporte avec les moyens quantitatifs offerts et en cela je suis reconnaissant d’avoir pu en bénéficier même si ma situation à ce jour reste tout à fait classique.

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[+1]    #27 05/03/2020 15h00

Membre
Réputation :   99  

Question capital
Si je compare avec mes parents, on est exactement au même étage.

Si je compare avec 1 paire de grands-parents, on est exactement au même étage.

Si je compare avec l’autre paire de grands-parents, je suis bien plus basse (ratio 1 pour 100 000 environ).

Question niveau de vie

Si je compare avec mes parents au même âge que le mien : on est exactement au même niveau. Par contre, je me demande ce que ça donnera à la retraite.

Si je compare avec ma première paire de grands parents au même âge que le mien, eux étaient en train de se taper la guerre, 5 gosses à nourrir et pas question de collaborer. Donc entreprise fermée. Donc ventre vide. Après la guerre, même niveau de vie que le mien.

Si je compare avec ma deuxième paire de grands parents au même âge que le mien, ils étaient aussi pendant la guerre. Prisonnier politique, maison réquisitionnée, usines fermées, dot de la grand mère qui servaient à payer les ouvriers en chômage technique qui crevaient de faim. Après la guerre, niveau de vie bien plus bling bling, mais au final, on fait les mêmes choses : vacances sur l’eau (leur bateau était 2 fois plus grand que le nôtre, est-ce que ça compte dans le bonheur ? ), on élève au mieux nos gosses, on s’investit dans notre lieu de vie….

Ascenceur social ? Est ce nécessaire d’être dans le penthouse pour goûter au bonheur ? (OK, personne ne mérite d’être dans le sous-sol…)

🌲🌲🥀🌲

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#28 05/03/2020 18h35

Membre
Réputation :   21  

Je ne voudrais pas polluer le post, car il est intéressant, mais comme on m’a posé des questions, j’y répond.
Le modérateur pourra supprimer mon message s’il le désire

swantonbomb a écrit :

Pensez-vous que sans elle vous auriez pu finir aussi en GJ à votre tour ?

Avec ou sans aide, avec ou sans réussite financière, non, je n’aurai pas pu finir Gilet Jaune. Mon état d’esprit, depuis que je suis en âge de réfléchir, est résumé dans ma signature sur ce forum : aide-toi, le ciel t’aidera.
Si une situation ne me convient pas, j’essaie de la changer.
Si je ne peux la changer, j’essaie de vivre avec et de l’accepter (et c’est difficile). Même si parfois/rarement je me plains, je passe rapidement à autre chose.
Donc non, le mindset d’un gilet jaune est trop éloigné du mien pour que je puisse adhérer à ce mouvement et ça n’a rien à voir avec le niveau social.

swantonbomb a écrit :

Auriez-vous apprécié que l’on vous prenne de haut comme on prend les immigrés de haut car ils n’avaient qu’à se bouger comme d’autres n’avaient qu’à naître dans le bon pays?

Je ne vois pas dans mon post ce qui vous fait penser que je prends les GJ de haut… Dire à quelqu’un que le changement auquel il aspire dépend plus de lui que de quelqu’un d’autre, ne signifie pas qu’on le prend de haut.

Traz a écrit :

Dez67 a écrit :

ils ont tous potentiellement plus de chances de réussir que moi et au lieu de se prendre par la main, ils préfèrent se plaindre

Est parfaitement faux et relève du café du commerce. Les statistiques sont parfaitement claires.

Votre « est parfaitement faux » est incompréhensible car nous disons la même chose. Vous dites que les statistiques montrent qu’il y a un certain déterminisme social: un fils de cadre a plus de chance de devenir cadre qu’un fils d’ouvrier. Et un fils d’ouvrier à plus de chance de devenir ouvrier qu’un fils de cadre.

Et je suis d’accord et c’est ce que j’ai écrit: un fils de français (par exemple un GJ) a potentiellement plus de chance de mieux réussir sa vie que le fils d’un d’immigré (par exemple moi) car la classe sociale d’un fils d’ouvrier (même si elle est « basse ») est toujours plus élevée que celle d’un travailleur émigré…

Après comme vous dites l’exemple n’a pas force de loi.


Iuva te et caelum te iuvabit

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#29 05/03/2020 20h49

Membre
Réputation :   77  

Dez67, mea culpa si j’ai lu trop rapidement votre post.

Mais je réagis de manière épidermique aux personnes qui mettent en avant leur réussite personnelle pour jeter leur bile et leur mépris sur ceux qui n’y arrivent pas (ces pauvres qui voudraient nous faire culpabiliser de notre richesse bien méritée !).
(je ne dis pas que votre post exprime cela)

Je ne dis pas qu’il n’y a pas de fainéants dans le lot et je ne dis pas non plus que la réussite ne se produit que par le hasard ou par le bonheur de la naissance. Mais la diversité des parcours de vie doit inciter à la retenue dans ses jugements.

Tout le monde ne porte pas un sac à dos de même poids sur les épaules et tout le monde n’a pas la même solidité. Et certains évènements de vie détruisent à jamais certaines personnes, quelque soit leur courage pour s’en sortir.

Dernière modification par traz (05/03/2020 20h53)

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#30 06/03/2020 09h39

Membre
Top 50 Réputation
Réputation :   306  

@Traz :

Nous avions eu sensiblement le même échange l’an dernier dans la file situation et avenir de la France.

J’avais été frappé par votre pessimisme sur la faisabilité globale de se hisser alors que j’y opposai un optimisme global, certes non étayé de statistiques comme de votre côté, mais appuyé sur le formidable accès au savoir qu’est désormais internet pour des personnes curieuses de tout et volontaires.

Je constate que nos positions mutuelles n’ont guère changé, pour autant je n’ai lu personne à mon sens comme méprisant et encore moins de discours culpabilisant qui me fasse penser à la fameuse tirade de Balkany " on ne va pas toute notre vie s’excuser d’être né riches…"

Jérôme Leivrek citait la chance dans les facteurs, c’est indéniable, je dirai même que la baraka doit nous suivre longtemps car c’est plus un marathon qu’un sprint.

Melvortex nous offre une formule très juste et inspirante dans son post également.

J’ai très peu d’admiration pour les youtubeurs immo mais je leur reconnais une formule plutôt bonne entendue "seules nos croyances sont limitantes" qui me semble une bonne base de départ.

Comme facteurs de réussite, j’ajouterais (de mon expérience perso et rien d’autre là encore) :

la mobilité géographique indispensable pour saisir des opportunités pro (j’ai trop vu des gens refuser ou ne pas postuler ailleurs pour ne rien sacrifier, même un peu) et devenir plein d’aigreur des années après .

de faire parfois sienne la formule qu’on ne peut pas faire d’omelettes sans casser des œufs…sans rentrer dans les détails, notamment dans l’entreprenariat, trancher dans le vif est souvent indispensable, et pas grand chose ne vous y prépare, il faut vivre avec.

je plussoie votre constat que ce pays en fait énormément pour donner les moyens de se former tout au long de sa vie pro, pour autant  j’ai été écoeuré  du gaspillage de deniers publics, du moins d’orientations "malheureuses" des fonds à minima…

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[+4]    #31 06/03/2020 10h15

Membre
Réputation :   77  

Je dois évidemment avoir une déformation professionnelle. Je suis psychologue et je rencontre de nombreuses personnes brisées. Malgré tout le courage qu’elles peuvent avoir, elles n’arriveront pas à se hisser. Tout simplement car elles sont trop abimées, parfois dès le plus jeune âge.

Je ne pense pas que les blessures de la vie donnent de la force, au contraire. Les évènements de vie marquent de manière indélébile et la résilience est parfois impossible.

Les expériences difficiles peuvent donner des qualités, parfois même des ressources, mais en tout cas, elles ne rendent pas plus léger.

Mon propos venait contredire celui de zeb sur la volonté, que je trouve absolument insupportable.
Venez rencontrer des gens brisés et dites leur ça en face. Ce mépris et ces jugements, elles les subissent tous les jours (y’a qu’à faut qu’on, moi je l’ai bien fait malgré mon enfance à la Cosette…). Tout le monde ne traverse pas les mêmes épreuves et tout le monde n’a pas la même force pour les encaisser.

Mon propos peut sembler pessimiste car je ne parle que d’un côté de la pièce. Il y a le second côté, celui de l’évolution du caractère, du travail, etc. Mais il faut comprendre que ce second côté ne peut exister que si les fondations ne sont pas trop fissurées.

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[+1]    #32 06/03/2020 14h51

Membre
Réputation :   81  

TRAZ a écrit :

Je reconnais cependant que nous sommes dans un pays qui favorise particulièrement l’évolution sociale des personnes : université quasi gratuite, congés de formation d’1 an avec maintien du salaire + paiement de la formation jusqu’à 21600 euros TTC par le Fongecif, maintien des allocations chômage suite à une démission pour une formation, remboursement des séances chez le psy pour ses problèmes existentiels, etc.

Ce n’est pas si simple, les fonds des partenaires d’avenir (ex-fongecif) ne sont pas extensibles, le dispositif est en priorité destiné aux non ou peu diplômés, il n’y à pas d’ascenseur pour qui passe un CAP ou un BAC.
De plus vous devez avoir le feu vert de l’employeur, s’il dit non le projet est repoussé d’une année.

J’ai utilisé le dispositif personnellement, j’ai du faire des concessions, école à 1200 km, location d’hôtels, jours de congés à poser, seul le coût de la formation a été pris en charge.

Je suis aussi au chômage depuis quelques jours, franchement c’est pas joyeux, le seul petit bonus que j’ai eu après 17 ans dans la même boite m’est repris en carence par pole emploi.

Le chômage ne sera jamais équivalent au salaire, faire ce choix c’est être sur que cela n’aura aucun impact, d’avoir quelques économies et d’être préparé au pire, la projet pourrait ne déboucher sur rien de concret.

Dans ma jeunesse, il était surtout important d’avoir un travail qui nous plaisent, j’ai voulu être mécanicien, j’ai quitté l’école après avoir loupé le bac pro.

Ma carrière professionnelle jusqu’à maintenant s’avère plus que décevante, pourtant je n’ai pas l’impression d’avoir démérité, j’ai démissionné de 3 CDI, pendant mes 17 ans de boite j’ai passé le bac pro, le diplôme de CGP et maintenant je suis sur l’executive, mes employeurs eux ne m’ont laissé aucune chance.

Je vais avoir 39 ans, est-ce que ça va marcher pour moi, aucune idée.

Pour l’instant mon ascenseur ressemble plus à un tapis de course, vous avez beau avancer, le tapis vous laisse sur place.


La règle n’est pas absolue, mais il semblerait que plus le niveau de scolarité de votre lecteur est élevé, plus ce dernier accorde de l’importance à l’orthographe. Le lecteur aurait tendance à mesurer l’intelligence de son interlocuteur à son mode d’expression. Méconnaître ce réflexe vous exclura.

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[+2 / -1]    #33 06/03/2020 15h48

Membre
Réputation :   17  

En France, l’ascenseur social n’existe pas et il n’existe probablement nulle part.

S’il existe quelque chose de ce genre, c’est certainement un escalier social, où il faut faire un effort pour gravir chaque marche…
Mais cela n’est pas aussi simple que cela selon moi.

Je m’explique :
Je pourrai dire que je suis fils d’ouvrier, petit fils de mineur etc… et que j’en suis aujourd’hui à me demander comment placer mon argent et montrer ainsi que j’ai su faire les efforts pour gravir les marches.
Ce serait occulter que fils d’ouvrier n’est pas une catégorie en soi.

Il y a des ouvriers qui sont blasés de leur travail et qui ont conscience que leurs enfants peuvent progresser dans la société pour prendre l’escalier. Ils les poussent à travailler, leur apprenne le goût de l’effort. (C’était le cas de mes parents, par exemple)
En revanche, il y a des ouvriers qui ne se posent pas ce genre de questions, qui passent leur temps libre devant la télé à regarder Turbo ou le foot ou que sais-je et qui n’ont aucune volonté d’apprendre à leurs enfants les choses importantes pour prendre cet escalier.  Il y a même des ouvriers qui disent à leurs enfants de bosser à l’école mais qui ensuite, leur racontent toutes les fois où ils ont mis la misère au profs, ce qui fait bien rire tout le monde… Et je ne parle même pas de ceux qui boivent et se battent dans les bistrots etc…
J’ai pas mal (d’anciens) amis dont les parents étaient comme cela. Ils sont aujourd’hui ouvriers eux-mêmes, voire chômeurs ou alcooliques ou drogués etc… et force est de constater que je ne les côtoie plus.

Il s’avère donc que certaines personnes n’ont même pas été guidées jusqu’au pied de l’escalier… Et si certains le trouvent par hasard, au détour d’une rencontre ou d’une claque, la plupart errent dans les couloir,s cherchant les toilettes ou la salle télé…

Et ceci est également vrai pour fils d’immigré, de réfugié, de clochard etc…

Pour me trouver au quotidien avec des jeunes en difficultés, je ne remets pas du tout en cause le système qui permet d’avancer mais je constate que nous ne sommes pas tous égaux, loin de là, et que ce n’est pas juste une question de volonté.

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#34 06/03/2020 17h59

Membre
Réputation :   53  

On voit rapidement le débat arriver vers inné vs acquis.

C’est assez logique et il serait intéressant, si ce n’est pas déjà le cas, que les contributeurs s’auto positionne sur leur positionnement politique en comparaison à leur position sur cette file.

Un éclairage différent ici.

En tout cas, je constate que la tendance se confirme sur une sur-représentation des mobilités sociales ascendantes sur le forum.

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#35 06/03/2020 23h06

Membre
Réputation :   17  

Attention à votre conclusion :
A notre époque et dans notre pays, il est plus facile et probablement plus valorisant de se décrire comme une personne qui vient d’un milieu modeste et qui a progressé socialement. Même sur un forum où l’ouverture d’esprit est la règle.
Tous les membres n’ont pas répondu, loin de là.

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#36 09/03/2020 08h15

Membre
Top 150 Réputation
Réputation :   150  

Sauf erreur de ma part, ascenseur social fut une formule du candidat Chirac pour la campagne de 1995; idée soufflée à l’époque par Madelin je crois, et qui a fait mouche !


Ericsson…!  Qu'il entre !

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#37 09/03/2020 08h53

Membre
Top 50 Réputation
Réputation :   535  

Bonjour !

AMHA, la notion même d’ascenseur social est inique. Chaque fois que quelqu’un "monte" socialement, cela implique une (très) légère baisse de l’ensemble du reste de la population considérée.

Donc, tous ceux qui ont bénéficié de cet ascenseur social sont responsables de la dégradation sociale d’autres personnes.

Autre aspect : comment mesurer cette ascension ?  Beaucoup ont utilisé des notions de ressources matérielles (revenus, patrimoine…). Mais d’autres éléments pourraient être des moyens d’évaluation. Par exemple la reconnaissance publique, le pouvoir, l’apparence sociale, le positionnement philosophique ou religieux reconnu, l’environnement de vie, etc.

Mais aussi, ceux qui se sont exprimés sur le sujet n’étant pas représentatifs de la population, tout ce qu’on peut déduire de ce fil de discussion, c’est que ce forum n’est pas représentatif de la société (je m’excuse pour la tautologie).

Quant à l’origine politique de l’expression, elle est exacte. Mais il faut se souvenir qu’elle a été utilisée pour faire rêver des électeurs, sans jamais relever qu’un ascenseur, ça monte comme ça descend, et qu’il est impossible de monter tout le monde par rapport à tout le monde. Ce qui est similaire à la publicité, qui est un mensonge par omission quasi généralisé.  En étant cynique, on pourrait faire remarque que les électeurs n’ont pas plus noté cette partialité dans l’utilisation de cette notion d’ascenseur…

Dernière modification par M07 (09/03/2020 08h59)


M07

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#38 09/03/2020 12h56

Membre
Réputation :   77  

Adrien a écrit :

On voit rapidement le débat arriver vers inné vs acquis.

C’est assez logique et il serait intéressant, si ce n’est pas déjà le cas, que les contributeurs s’auto positionne sur leur positionnement politique en comparaison à leur position sur cette file.

Un éclairage différent ici.

En tout cas, je constate que la tendance se confirme sur une sur-représentation des mobilités sociales ascendantes sur le forum.

Non je ne pense que le débat soit sur ce sujet.
Je parle bien de force (de constitution) et d’expériences (d’acquisitions) dans la destinée humaine, je n’oppose pas les deux. Comme le poids de ces deux déterminations est différent pour chaque individu et qu’elles sont complètement entremêlées, on ne peut pas trancher et ce débat n’a aucun intérêt.

Je dirais que la réflexion tourne davantage autour de la liberté individuelle (et donc de la responsabilité individuelle, de l’importance de la volonté, etc) vs le déterminisme biologique ou social. Là encore, le débat est peu intéressant car tautologique. On est d’autant plus libre qu’on ne subit pas de trop de déterminations aliénantes. Et là encore, on ne peut rien trancher car chaque individu subit des déterminations de différents poids. On ne peut dire qu’une chose, c’est que certaines personnes sont plus libres que d’autres, et que certaines personnes sont plus irresponsables que d’autres, passionnant !

Le trisomique 21 n’a aucun chance de devenir médecin.
La personne la plus biologiquement "parfaite" n’évoluera pas dans un milieu abominable (cf les retards de développement des enfants dans les orphelinats roumains sous Ceausescu).

Ce qui est peut-être plus intéressant, c’est la question du rôle de l’état face aux inégalités. Et là, il y a bien une opposition entre les libéraux et les divers courants de gauche. Mais ce débat est vraiment poussiéreux et a déjà été maintes fois abordé sur ce forum.

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#39 09/03/2020 18h12

Membre
Réputation :   53  

@IndianIggyJoe
Je ne conclus rien, je constate une tendance. Je ne comprends pas trop le point de mentir sur cette question mais peut-être.

@M07
Comme dit, j’entendais des cas de figures du type ouvrier vers employé, employé vers cadre, ouvrier vers cadre…Peut-être la règle n’était-elle pas bien définie et que des réponses n’étaient pas objectives par rapport à ce que j’avais en tête.
En outre, je ne suis pas d’accord avec cette assertion :

M07 a écrit :

AMHA, la notion même d’ascenseur social est inique. Chaque fois que quelqu’un "monte" socialement, cela implique une (très) légère baisse de l’ensemble du reste de la population considérée.

On peut imaginer un remplacement partiel des métiers ouvriers par des robots et transformer le métier d’ouvrier vers employé par exemple. Vous semblez penser (je peux me tromper dans l’interprétation) que l’échelle est relative et que, le cas échéant, le métier d’employé serait alors déclassé.

Je n’ai jamais eu pour objectif de montrer que le forum n’était pas représentatif de la population ; ni d’ailleurs de montrer une évolution de la mobilité sociale (l’INSEE fait ça mieux que moi). Non, le but était de confirmer une intuition sur le fait que ce forum ne soit pas un forum de rentiers nés mais bien d’aspirants.

@Traz
Je ne pensais à vous sur le sujet inné vs acquis et l’objectif n’était pas spécialement d’en débattre ici car, comme vous le dites, cela a déjà été fait. J’apprécie votre point de vue rempli de sagesse et d’expérience

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#40 09/03/2020 18h41

Membre
Réputation :   13  

Bonsoir,
alors pour ma part je déteste depuis tout petit l’ascenseur et le peu de fois ou je l’ai pris il est reste bloquer entre deux étage.
Je préfère prendre l’escalier même s’il y a dix étages.
Je vais a mon rythme et ça me va bien.
Je part d’en bas vu que j’ai aucun diplôme, aucune formation, rien qui permette d’être " mieux que mes parents commerçants"
Mon père à pris l’ascenseur à l’envers, il est parti milieu année 60 de Sud-Aviation devenu  Airbus Helicopters  actuellement pour devenir commerçants.  tongue.

Adrien je sais pas si pour vous passer de préparateur de commande à chef d’équipe puis redevenir préparateur de commande est un "ascenseur social".
Ou passé de préparateur de commande à vendeur de pièces automobile cadre avec ça.
De se que je me souvient je voulais pas faire comme mes parents pour au final faire de la vente dans un commerce de pièces auto pendant trois ans…….

édit pour correction.

Dernière modification par debcos (09/03/2020 18h42)

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[+1]    #41 09/03/2020 19h23

Membre
Réputation :   48  

Bonsoir,

La superstructure détermine t’elle l’infrastructure ou l’inverse ? That is the question.

En ce qui me concerne je dirai qu’au delà des revenus, c’est le milieu social qui m’a propulsé. Evoluant dans un milieu catholique de province avec des revenus moyens, j’ai été imprégné par certaines valeurs et côtoyé par ce biais beaucoup de personnes dont la réussite ne se détermine pas uniquement par les revenus. Père fonctionnaire DGCCRF / mère secrétaire de direction.
Néanmoins, c’est la rencontre avec un camarade de classe (ayant beaucoup plus de prédispositions financières que moi) lui aussi passionné d’économie libérale qui a été le tournant de ma vie. A fortiori car nous ressentions un gros décalage énorme avec le reste de la classe plus enclin à la fumette et aux discours révolutionnaires. Je résumerai donc la montée de l’ascenseur social en deux drivers:

Premier "driver" => l’envie

Mes parents, par manque de connaissance/intérêts n’ont pas vraiment su m’orienter. Dans le même temps ce camarade m’avait enjoint à passer avec lui les concours d’écoles supérieures de commerce (en concours parallèle) que nous avons bossé comme des barjots. Bonne culture générale mais nul en anglais / pas habitué à synthétiser des textes j’ai du travailler sans relâche avec le carburant d’une énorme motivation. Motivation doublée par l’idée d’un degré d’élévation social (heureusement compatible avec mes idéaux). Une fois dans l’école, j’ai aussi du redoubler d’effort en mathématiques/statistiques pour rattraper les camarades issus de prépas. Le travail, rien que le travail !

Second "driver" => la crainte

Faute de moyen il a fallu dégainer le prêt étudiant de 25 000 euros pour trois ans d’études. Il était donc hors de question d’échouer/redoubler ou sortir avec un salaire minable. Entré en école avec l’envie de bosser en e-commerce, je sors finalement double diplômé en finance (mes notes étaient meilleures et l’intérêts pour les chiffres s’est révélé au contact des calculs de CAPEM ou autres B&S) et me dirige peu après la chute de Lehman Brother en cabinet au Luxembourg tout simplement pour pouvoir rembourser le crédit (CDI obtenu à l’issue du stage. Dans le contexte, ca ne se refusait pas). Crédit remboursé en 4 ans au lieu de 5 ans, le reste n’est qu’une suite d’opportunités et de réorientation vers ce qui me plait le plus en conservant un salaire qui atteint depuis mes 30 ans celui de mon père en fin de carrière.

Coût de l’opération d’élévation sociale: des ulcères, un burn-out, des semaines de clinquantes heures durant les premières années mais aujourd’hui un niveau de vie pas transcendant mais suffisamment confortable pour assurer le besoin de notre famille. C’est maintenant moi qui tente de réincarner les valeurs transmises par mes parents à commencer par donner la chose qui compte le plus à nos proches: du temps ! Pas facile …

Conclusion: on se détermine aussi par rapport aux autres, ses idéaux et son milieu social. Cela peut avoir un énorme impact sur sa motivation à franchir les strates (ou à contrario se complaire dans une situation).

Dernière modification par Chris33 (09/03/2020 19h34)

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[+1]    #42 09/03/2020 22h01

Membre
Réputation :   17  

Bonsoir delta,

J’avoue ne pas avoir compris la raison de votre -1.
Pouvez-vous m’éclairer ?

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#43 09/03/2020 22h48

Membre
Réputation :   45  

Côté instruction, mes parents étaient déjà assez diplômés / avec une forte sensibilité académique, sans avoir été du tout poussés par leurs parents (les parents de mon père parlaient à peine français et n’avaient pas reçu d’instruction ; et ma mère avait 7 frères et sœurs, ce qui limitait le temps qu’on lui accordait).
Sans surprise ma sœur et moi avons hérité d’eux de ce côté-là (elle est docteur agrégée en maths et j’ai fait une école d’ingé).

Par contre, ils penchent plus du côté profs gaucho que du côté cadres dynamiques.
Ma sœur les a suivi.
Moi, j’ai pris le contrepied.

Et je me suis heurté à une réalité à laquelle ils ne m’avaient pas préparée : des gens qui parlent bien, qui ont le même profil que moi a priori, mais qui sont prêts à tout pour réussir, qui ont une malhonnêteté intellectuelle à tout épreuve et très peu d’empathie.
J’en regrette presque d’avoir pris l’ascenseur social.
Il ne me reste plus qu’à descendre par l’escalier.

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[+4]    #44 11/04/2020 20h43

Membre
Réputation :   81  

Ce sujet me met mal à l’aise car il sous-tend que les gens sont dans des cases hiérarchisées.
Mon père n’avait qu’un CAP et j’ai un diplôme de pharmacien mais je ne pense pas avoir pris un ascenseur social. Non seulement parce que le niveau des études de pharmacie est lamentable mais aussi parce l’accomplissement personnel est bien plus important qu’une réussite sociale basée sur un niveau d’études ou un niveau scolaire.
A t-il pris l’ascenseur social celui qui est cadre et qui frise le burn out en tremblant devant son n+1 ? celui qui avec son diplôme est condamné à vivre dans une ville tentaculaire au rythme du métro-boulot-dodo qui ne lui permet plus de voir la couleur du ciel ? Est-il en haut de la pyramide celui qui, cadre supérieur, n’a même plus le temps de voir ses enfants ?
A l’inverse, où est -il vraiment celui qui ne perd pas sa vie à la gagner ?

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#45 12/04/2020 00h43

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Cette file reste très intéressante car elle permet d’avoir une idée de la mobilité sociale intergénérationnelle dans notre société… Et donc des possibilités qu’auront nos enfants !

Toutefois, dans le fond, je suis d’accord avec vous.
Dans notre monde, nous aimons les distinctions, les frontières bien tracées entre différents niveaux bien hiérarchisés. Cela fait bien penser à des cases. Cet aspect est d’autant plus marqué que nous avons tous nettement tendance à nous définir nous-même par notre métier ou notre façon de gagner notre vie !

Mais les choses changent. De plus en plus de gens se donnent une autre étiquette que celle de leur métier. Ce qui est logique : Internet permet de connecter les gens de différents horizons entre eux.

Je me considère par exemple totalement étranger à mon chef qui a 15 ans de plus que moi : j’ai l’impression qu’il ne vit que pour son métier, comme si la réussite professionnelle était la seule qui compte réellement, au détriment de toutes les autres parties de sa vie.
Je me l’explique notamment par le fait qu’il a vécu ses années de jeune adulte complètement immergé dans son milieu professionnel. Peut-être que, par la force des choses, son métier est devenu tout naturellement sa passion.

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#46 15/04/2020 12h38

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Sujet aussi intéressant que subjectif, et ce malgré les apports objectifs sur les définitions.
En préambule, je me permettrais de dire que l’économie de l’information, la digitalisation, et l’accès à la connaissance rebattent quand même assez largement les cartes voire même rendent ce concept d’ascendeur social obsolète et/ou inapproprié. Concept qui reste toutefois pertinent pour les citoyens qui n’ont pas les accès aussi simple à la connaissance et aux outils digitaux (et il y en a).

Ceci étant dit, nous avons suivi l’ascenseur social partiellement dans ma fratrie:
Grand père ouvrier, mère infirmière, ingénieur de son état pour ma part.
Ceci dit, l’ascenseur au sens permettre au plus grand nombre de s’épanouir est très présent et a joué. Aux US je n’aurais jamais pu atteindre ce niveau d’étude sans m’endetter considérablement (et réduire d’autant une liberté potentielle future).
Pour autant, j’ai des amis dont les parents sont cadres supérieur qui ont fait le choix devenir artisans (plombier en l’espèce) et qui ont une qualité de vie incomparablement plus riche (plus de temps, de liberté, et de revenus).

A suivre.


Bien à vous, Dooffy

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#47 15/04/2020 13h35

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Dooffy a écrit :

j’ai des amis dont les parents sont cadres supérieur qui ont fait le choix devenir artisans (plombier en l’espèce) et qui ont une qualité de vie incomparablement plus riche (plus de temps, de liberté, et de revenus).

Oui, à condition de maîtriser les gestes et postures inhérents à ce métier, et ce n’est pas une mince affaire


Ericsson…!  Qu'il entre !

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