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#1 10/12/2019 09h25

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Bonjour,

J’ai suivi et pris position sur TULLOW OIL hier en surfant sur ce que j’ai retenu comme le résultat de la VAD et des algo.
Remember: cette société pétrolière a annoncé hier des difficultées de production sur son principal champ pétrolifère et le départ de son dirigeant et la coupe du dividende. En général le marché n’apprécie pas ce type de news.
La production devant passer de 85 000 barils par jour à 70 000 barils par jour.
C’est désagréable, ca va chatouiller les covenants de cette entreprise endettée mais en face il y a de très beaux actifs.

La sanction -71% à la clôture

Le volume de transaction était bien sur énorme mais en valeur ca donne environ 60 M$ pour une capitalisation avant krack de 2 600 M$.

Mon hypothèse fut donc: forte présence d’institutionnel = prets de titres = VAD + algo dans le même sens = opportunité.

A suivre

La situation devrait se normaliser au regard de la qualité des actifs de la société mais au final en cumulant ALGO et VAD ne risque t-on pas de détruire des entreprises.

Article des échos il y a quelques jours

Le fonds de pension public japonais GPIF a annoncé qu’il ne prêterait plus ses actions sur le marché. Un geste qui pourrait mettre en difficulté ceux qui empruntent des titres pour parier à la baisse.

« Bravo, excellente initiative ! La vente à découvert devrait être illégale. » Voilà comment Elon Musk, le fondateur de Tesla, a réagi sur Twitter aux annonces du  plus gros fonds de pension au monde, le GPIF. Ce fonds, qui gère les retraites de la fonction publique japonaise et dont le portefeuille représente l’équivalent de 1.500 milliards de dollars, a pris la décision de ne plus prêter les actions qu’il détient, faute de transparence sur les emprunteurs finaux.

La nouvelle a créé une petite onde de choc sur les marchés financiers, où la pratique du prêt-emprunt de titres est extrêmement répandue. Elle permet à des gérants d’actifs et à tout type d’actionnaire de gagner de l’argent en prêtant leurs actions. Selon le « Financial Times », l’an dernier, le GPIF a ainsi empoché 300 millions de dollars de commissions nettes, en faisant circuler les titres logés dans ses portefeuilles domestiques et étrangers.
Le problème vient de l’absence de traçabilité. Le fonds, pionnier en matière d’investissement responsable au Japon, estime que l’opacité du circuit du prêt-emprunt de titres n’est pas compatible avec son code de conduite.

Les actions de ses portefeuilles peuvent, notamment, tomber dans les mains de vendeurs à découvert (« short-sellers »), ces investisseurs qui spéculent à la baisse sur des sociétés cotées. Ceux-ci empruntent des titres, les vendent et, dans un deuxième temps, les rachètent à un prix potentiellement plus faible. Si les « short-sellers » se perçoivent comme des  modérateurs de marché (ils font baisser le cours des titres surévalués), les dirigeants d’entreprise les voient plutôt comme des parasites. A l’instar d’Elon Musk, dont la société  Tesla a été très chahutée en Bourse.

Si le GPIF, avec ses 750 milliards de dollars d’actions, fait des émules chez les autres grands gérants de portefeuilles, la pratique de la vente à découvert risque sérieusement d’en pâtir. « S’il arrête de prêter les actions qu’il détient passivement, cela va plonger les participants de marchés dans l’incertitude », commente un analyste de Tokai Tokyo interrogé par Bloomberg. « Cela pourrait rendre particulièrement compliqué de vendre à découvert les petites valeurs cotées. Si d’autres fonds publics suivent, le coût d’emprunt des actions va grimper. »

un autre article des echos du mois d’avril 2019

Ils s’appelaient « Midnight Trader », « Disruptive Investor », « Alchemy of Finance » ou « Pump Terminator » et faisaient régner la terreur. Entre 2010 et fin 2017, ces auteurs sous pseudonymes ont publié sur le site financier communautaireSeeking Alpha 1.720 articles sur des sociétés cotées américaines, selon une étude (*) de Joshua Mitts. Ces articles à charge conseillaient de vendre à découvert ces actions, notamment dans les secteurs des biens de consommation, pour parier sur leur chute. Dans 9 cas sur 10, ces publications étaient précédées, la veille, de volumes anormaux sur les options de vente sur les titres ciblés qui permettent de gagner si l’action baisse.

Les transactions menées avant la publication peuvent être initiées par l’auteur de l’article, ses proches ou d’autres spéculateurs mis dans la confidence moyennant rémunération. Une autre hypothèse est que des hackers aient pénétré le site Seeking Alpha pour avoir accès aux articles juste avant leur publication. Des pirates ukrainiens ont déjà réussi, par le passé, à avoir accès aux communiqués de presse de résultats diffusés par des agences.

Ces articles créent de la volatilité : le titre plonge suite à cette publication puis remonte généralement au-delà de son niveau initial dans la semaine qui suit quand le marché se rend compte qu’il a été dupé… Les auteurs changent alors de pseudonymes pour se récréer une virginité éditoriale.

Les vendeurs à découvert ou « short sellers » sont-ils seulement des experts dans l’art de manipuler les cours ou apportent-ils une valeur ajoutée aux investisseurs ? Ce débat, Carson Block, le fondateur de Muddy Waters , un célèbre vendeur à découvert, et Joshua Mitts, l’ont depuis des mois par médias financiers interposés.

Début avril, l’université de Berkeley a réussi à s’offrir ces deux têtes d’affiche lors d’une conférence intitulée « Fraude dans des marchés euphoriques » (« Fraud in the bull market »). Le premier a rendu hommage au second. « A la différence de beaucoup qui se prononcent sur la vente à découvert, il accepte le débat et ne le fuit pas. Nous avons des points de désaccord mais aussi d’accord. » Ils se rejoignent sur le fait que la vente à découvert ne doit pas être interdite , mais divergent sur les améliorations. Le trader souhaite laisser le marché trier entre les bonnes et mauvaises idées des « short sellers » alors que le chercheur souhaite plus de transparence sur la vente à découvert. Il veut aussi augmenter les possibilités d’attaquer en justice les vendeurs à découvert.

a liberté d’expression et le premier amendement de la Constitution des Etats-Unis les protègent. Les procès sont rares car les auteurs se gardent le plus souvent de déformer la réalité en proférant des allégations mensongères sur une société de manière factuelle. Une opinion négative n’est pas diffamatoire si elle est étayée. Il s’agit plutôt d’articles à charge qui recensent tous les points négatifs, rumeurs de marché sur une action, et qui, publiés au moment opportun, peuvent faire de gros dégâts… Le groupe Farmland a traîné en justice un auteur anonyme de Seeking Alpha, Rota Fortunae (« La Roue de la fortune »), accusé de propager de fausses informations sur son insolvabilité qui ont conduit au plongeon de 40 % de son titre.

Carson Block réfute toute collusion entre les vendeurs à découvert et les traders haute fréquence (HFT), les automates de trading ultrarapides, comme semblait le suggérer l’universitaire. Sans être complices des tentatives de manipulations, des algorithmes de trading scrutent en permanence toutes les informations boursières publiées sur les réseaux sociaux et forums comme Seeking Alpha. Ils analysent la source, le vocabulaire employé (termes négatifs et positifs) et prennent très vite une décision : acheter, vendre à découvert ou ne rien faire. S’ils emboîtent le pas aux vendeurs à découvert, « ce n’est pas notre problème ni de notre responsabilité », selon Carson Block. Les HFT, plus rapides que tous les autres intervenants, « n’ont pas besoin d’être avertis à l’avance ». Les grands activistes vendeurs à découvert ont peu recours aux options, hormis dans quelques cas comme Bill Ackman sur le groupe Herbalife. Ils ne cherchent pas à faire des allers-retours à court terme sur une valeur et engagent souvent de longues campagnes.

Les auteurs des articles - sous pseudonymes - de Seeking Alpha ne sont généralement pas les grands vendeurs à découvert les plus influents. Faire connaître son opinion quand on s’appelle James Chanos ou Carson Block a un effet bien plus important sur le cours de l’action qu’en restant dans l’ombre. Ils préfèrent médiatiser leurs campagnes au grand jour en maîtrisant leur communication, support. Les auteurs anonymes peuvent être des analystes au sein de lettres d’investissement ou des lanceurs d’alerte .

Déontologie : je détiens une position acheteuse/vendeuse sur une ou plusieurs société(s) listée(s) dans ce message.

Mots-clés : actions, spéculation, vad

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#2 10/12/2019 12h27

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corsaire00 a écrit :

La situation devrait se normaliser au regard de la qualité des actifs de la société mais au final en cumulant ALGO et VAD ne risque t-on pas de détruire des entreprises.

Je pense en effet que les grands poisons de la bourse sont :

1) la Vente A Découvert
2) la cotation en continue (qui permet le Trading à Haute Fréquence et la bourse qui clignote et qui s’agite)

Il n’y a ni l’un ni l’autre dans l’investissement immobilier, et cela ne gêne personne.

Mais la vérité est que l’industrie boursière est d’abords là pour s’enrichir elle-même (gérants, cabinets d’affaire, courtiers, médias, etc.).

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#3 10/12/2019 12h59

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@IH : sans oublier la "connivence" qui règne dans ce milieu, qui fait que le trading haute fréquence n’est toujours pas soumis à la TTF ( Taxe sur les Transactions Financières ).
Autre aberration : on n’autorise que les actions Européenne dans un PEA mais si vous voulez avoir des obligations ou des actions US, vous devez passer par des ETF et engraisser leurs émetteurs/gestionnaires.


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#4 10/12/2019 15h13

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Quand vous achetez, vous pensez que cela montera un jour ; apparemment personne n’est gêné à l’idée de léser éventuellement le vendeur. Alors pourquoi la vente à découvert (que je ne pratique pas) serait-elle immorale ?

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#5 11/12/2019 02h32

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Deb67 a écrit :

Alors pourquoi la vente à découvert (que je ne pratique pas) serait-elle immorale ?

Immorale, je ne sais pas…

Par contre, une baisse du cours de bourse peut être auto-réalisatrice, en déclenchant par exemple des covenants, ou en privant l’entreprise d’une source de financement par émission de ses propres actions.

Même si ses défenseurs disent que la VAD améliore la liquidité et diminue la volatilité boursière, quand on voit le cours de bourse qui remonte en flèche en cas de short-squeeze, on a plutôt l’impression que la volatilité est exacerbée et que cela déconnecte le cours de bourse de la réalité économique.

A partir de là, on peut tout de même s’étonner que la pratique de la VAD soit autant banalisée.

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#6 11/12/2019 08h52

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Deb67 a écrit :

Quand vous achetez, vous pensez que cela montera un jour ; apparemment personne n’est gêné à l’idée de léser éventuellement le vendeur. Alors pourquoi la vente à découvert (que je ne pratique pas) serait-elle immorale ?

Tout dépend de son intensité.

Acheter ou vendre à découvert, c’est faire un pari sur les mouvements CT. Cest autorisé…

Là où cela devient "immoral" et lorsque des fonds s’associent à des influenceurs pour influencer le marché, les uns vendant fortement sur le marché tandis que les autres publient des "fausses" mauvaises nouvelles. Cela relève de la manipulation de marché. C’est illégal et parfaitement immoral.


“The pessimist complains about the wind; the optimist expects it to change; the realist adjusts the sails.” W.A Ward

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#7 12/12/2019 12h06

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WhiteTiger,
Ce que vous dénoncer comme immoral ici ressemble plutôt à de la manipulation de marché avec des "fausses" nouvelles.
Ca peut retrouver pour faire baisser un cours mais aussi le faire monter et n’est donc pas forcement lié à la vente à découvert.

Pour moi la vente à découvert n’est pas un problème car ça n’impacte pas la santé financière d’une boite tout comme une flambée temporaire de son cours.
Il est moins naturel de faire des paris à la baisse qu’a la hausse c’est peut être ça qui dérange?

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[+1]    #8 12/12/2019 13h34

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banyuls a écrit :

Pour moi la vente à découvert n’est pas un problème car ça n’impacte pas la santé financière d’une boite tout comme une flambée temporaire de son cours.

C’est inexact, comme je l’ai indiqué dans mon message :
Vente à découvert en bourse : légitime ou perturbateur du marché boursier ?

Par exemple, sur CBL Properties, vous avez 33% du flottant en VAD (le chiffre varie selon les sources cependant). Le cours de CBL serait-il aussi bas sans la VAD ? C’est difficile à dire, mais comme par hasard, toutes les foncières massacrées ont également des % de VAD élevé.

En attendant, avec un cours à la cave, impossible pour CBL d’émettre des actions.

Pour Rallye/Casino, si j’ai bien compris, les actions Casino étaient utilisées en collatéral, donc la baisse du cours nécessite de compenser la baisse du collatéral, et si la holding n’a pas d’argent à ce moment-ci pour y faire face, les créanciers prennent le pouvoir.

Donc un cours de bourse trop bas peut être un problème.

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#9 12/12/2019 21h57

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C’est difficile à dire, mais comme par hasard, toutes les foncières massacrées ont également des % de VAD élevé.

C’est parce qu’elles ont des % de vente à découvert élevés quelles sont massacrées ou sont elles massacrées parce qu’elles ont des difficultés, que beaucoup de personne se séparent de leur action parce qu’ils n’y croient plus et que les vendeurs à découvert se disent que les cours sont encore trop haut par rapport à ce quelles valent à leur yeux?

Pour Casino, et alors?
On ne va pas accuser les créanciers de prendre le pouvoir si la boite à été mal géré.

Je ne vois pas en quoi c’est plus noble de spéculer à la hausse que de spéculer à la baisse.
Ça reste de la spéculation

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#10 13/12/2019 10h27

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banyuls a écrit :

Pour moi la vente à découvert n’est pas un problème car ça n’impacte pas la santé financière d’une boite

Vous avez tout faux comme vous l’a déjà expliqué Philippe: short puis baisse de capitalisation puis difficultés de refinancement puis explosion de la charge de la dette puis licenciements puis faillite.

Les conséquences sur la santé financière de l’entreprise sont donc majeures.

Je ne vois pas ce qu’il y a de difficile à comprendre dans ce raisonnement, ou ce que ça aurait de noble d’enfoncer une entreprise en difficulté.

Dernière modification par Trahcoh (13/12/2019 10h28)

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[+1]    #11 13/12/2019 12h37

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Tracoh,

Les vendeurs à découvert le font sur des sociétés qui vont mal, qu’ils suspectent de cacher une grosse fraude ou qu’ils estiment en situation de bulle.
Pour celles qui vont mal, vente à découvert ou pas ces sociétés auront plus de mal à se refinancer que d’autres en bonne santé. La vente à découvert est une conséquence de leur mauvaise santé financière et non la cause.
Vouloir accuser la vente à découvert de tout les maux n’a pas de sens.

édition pour correction de fautes

Dernière modification par banyuls (13/12/2019 14h54)

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#12 13/12/2019 22h47

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Bonjour,

je reviens sur le cas Tullow Oil qui est un bel exemple du coktail explosif ALGO + VAD.

Voici l’évolution du cours du Tullow Oil sur 5 jours et je précise qu’il y a uniquement une seule news qui est à l’origine de cette volatilité.



In fine Tullow Oil est une de mes plus belle opération de l’année 2019.

Je ne suis pas d’accord avec le fait que la VAD concerne les sociétés qui vont mal et que de facto au même titre que les charognards, la VAD contribue à l’efficience du système.
D’expérience, je dirais surtout que le VAD va se concentrer sur des sociétés qui cochent certaines cases et pas forcément la mauvaise santé financière.

AU final ce qui me dérange le plus, ca n’est pas la VAD mais ce qu’elle implique avec les ALGOS qui me dérange.
A savoir le terme bourse pour un "petit porteur" qui recouvre une réalité totalement différente par rapport aux années 2010 avec les acteurs professionnels du marché qui vivent sur l’asymétrie d’information entre les professionnels et les amateurs.

Déontologie : je détiens une position acheteuse/vendeuse sur une ou plusieurs société(s) listée(s) dans ce message.

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#13 13/12/2019 23h21

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Corsaire00, pouvez-vous nous dire pourquoi nous, amateurs, serions mieux informés sur les hausses, plutôt que sur les baisses, comme le suggère votre dernière phrase ?

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[+1]    #14 14/12/2019 01h17

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Je ne pratique pas encore la VAD comme investisseur (car c’est trop risqué à mon goût), mais je considère la VAD comme un élément absolument essentiel au bon fonctionnement du marché boursier :

1) La VAD cible des entreprises surévaluées, non-viables et/ou manquant à leurs obligations de transparence. Si une entreprise cotée est en bonne santé, si elle communique normalement sur ses activités, son bilan, ses résultats, et si elle est évaluée de façon raisonnable par le marché, aucun VADeur ne va s’y intéresser : dans un marché boursier structurellement haussier, ce serait trop risqué. La VAD permet donc de : (i) mettre en lumière les entreprises nettement surévaluées - ce qui est utile au fonctionnement du marché ; (ii) révéler au grand jour les faiblesses fondamentales de certaines entreprises - ce qui est utile aux investisseurs et même aux entreprises elle-mêmes, contraintes de se réformer ; (iii) obliger les entreprises à plus de transparence, révélant occasionnellement des fraudes comptables.

2) La VAD est essentielle pour les actionnaires minoritaires, dans leur rapport de force avec les actionnaires majoritaires. Il faut bien comprendre que l’actionnaire majoritaire n’a rien à faire de la transparence, car il a l’accès direct à toutes les informations. Sa préférence c’est l’opacité, qui lui permet de se payer excessivement sur la bête (via des rémunérations excessives du management, des contrats d’assistance technique avec une autre société qu’il contrôle, des dépenses somptuaires confinant à l’abus de bien social, etc.). Face à l’actionnaire majoritaire, le petit porteur, actionnaire minoritaire, a 2 alliés : (i) le régulateur et (ii) la VAD. A mon sens la 2e est beaucoup plus efficace que le 1er… car il peut y avoir "capture" du régulateur par des actionnaires puissants, ou en tout cas un lobbying efficace - alors que la VAD est très simple et efficace, en faisant appel à l’avidité de participants de marché voulant tirer avantage d’abus. Un mécanisme de marché est généralement plus efficace qu’une régulation (même si l’un n’empêche pas l’autre).

3) Dans un marché boursier structurellement de plus en plus acheteur, on a besoin de forces contraires afin de garder un signal prix de qualité. Avec la montée en puissance de la gestion passive (exclusivement acheteuse) et le QE, le marché boursier est de plus en plus dominé par les flux acheteurs. On a besoin de flux vendeurs - la VAD en fait partie - pour l’équilibre et l’efficience du marché.

4) Les algorithmes, comme les humains, peuvent opérer de façon procyclique (technique) ou contracyclique (fondamentale). Il y a des algorithmes qui poursuivent des stratégies momentum, d’autres qui poursuivent des stratégies fondamentales. Les premiers peuvent amplifier éventuellement l’effet baissier d’une VAD sur le cours, mais les seconds vont devenir acheteurs si le cours baisse en dessous de la valeur intrinsèque qu’ils calculent de façon fondamentale. Il n’y a pas de différences en ce sens entre les algorithmes et les humains, l’algorithme en lui-même n’étant qu’une simple technique d’investissement, avec une multitude de stratégies, tout aussi diversifiées que celles des humains.

5) Une baisse importante du cours d’une action peut certes avoir des effets réels sur une entreprise (via l’activation de covenants, un accès plus difficile au crédit etc.), mais on n’a jamais vu (à ma connaissance) la VAD mettre au tapis une entreprise viable, respectueuse de son obligation de transparence. Ce scénario extrême est improbable car il y aurait toujours des investisseurs fondamentaux pour acheter les actions d’une entreprise viable exagérément dépréciée par la VAD (avec éventuel effet amplificateur des algos).

Si Casino / Rallye a des problèmes, ce n’est pas à cause de la VAD : c’est parce que Naouri fait ses petits montages dans l’opacité depuis des décennies, dans son intérêt personnel (assurer son contrôle sans mettre les sous qu’il faudrait) et au détriment de l’intérêt de long-terme de ces entreprises.

Si CBL a des problèmes, ce n’est pas à cause de la VAD : c’est parce que c’est une foncière mal gérée (et probablement condamnée à mon avis), sur un secteur très difficile en ce moment.

Professionnellement, à mon petit niveau d’expert de marché de banque centrale, j’ai défendu en 2012 une forme de VAD - les CDS (Credit Default Swaps) souverains - quand certains Etats de la zone euro voulaient les interdire, au motif qu’ils n’étaient que "spéculation" et qu’ils renchérissaient les coûts d’émission de leur dette. En effet, il est plus facile pour un Etat d’obliger les banques de son pays, au nom de l’intérêt national, d’acheter ses obligations à prix d’ami, que d’empêcher le véritable risque de sa signature d’apparaître au grand jour dans les instruments de couverture que sont les CDS. Il s’agissait de "casser le thermomètre" pour cacher la maladie (= la gestion irresponsable des finances publiques de certains Etats). Heureusement cette tentative a échoué.

L’opacité est toujours dans l’intérêt des puissants, celui d’un capitalisme de connivence. Pour nous autres petits investisseurs la transparence des marchés est essentielle, et la VAD en est un élément important.

Je ne fais pas de VAD pour le moment, mais je n’exclus pas d’en faire un jour pour des entreprises que j’ai dans le nez, qui réuniraient des conditions de surévaluation apparente et d’utilité sociale négative (empoisonneurs du type vendeurs de tabac ou de cannabis, nuisances démocratiques du type Niel ou Drahi etc.). Beaucoup de ces entreprises ont baissé en bourse ces derniers temps, heureusement.

Dernière modification par Scipion8 (14/12/2019 01h18)

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#15 14/12/2019 02h24

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Je ne crois pas que la VAD soit "un élement de la transparence des marchés". Je crois plus qu’elle permet pas mal de manipulations de cours qu’il serait bien plus difficile à faire sans VAD. La transparence a bien d’autres manières de s’exprimer…

Je crois que la VAD peut aussi, avec une puissance de feu suffisante, complètement "tuer" une entreprise, même saine, par exemple en rendant impossible toute augmentation de capital, voire tout financement par emprunt. C’est un "jeu" où le plus gros/costaud/fort gagne quasiment à chaque fois, et pas un outil pour protéger les minoritaires ou les petits.


J'écris comme "membre" du forum, sauf mention contraire. (parrain Fortuneo: 12356125)

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#16 14/12/2019 09h34

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Bonjour !

Cher Scipion, je crois le point de vue de GBL plus prosaïque que vos arguments, même vous les explicitez de belle façon.

Scipion8 a écrit :

1) La VAD cible des entreprises surévaluées, non-viables et/ou manquant à leurs obligations de transparence.

Il y a des VAD pouvant répandre une rumeur, une fausse information, et très capables d’exploiter l’émotion économique induite. Et cela indépendamment de la santé financière ou de la transparence de l’entreprise.
Comme disait Francis Bacon : Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose.
Ou De Talleyrand : En politique, ce qui est cru devient plus important que ce qui est vrai.

Scipion8 a écrit :

2) La VAD est essentielle pour les actionnaires minoritaires, dans leur rapport de force avec les actionnaires majoritaires. Il faut bien comprendre que l’actionnaire majoritaire n’a rien à faire de la transparence, car il a l’accès direct à toutes les informations.

AMHA, vous surestimez la puissance des actionnaires. Les directions des entreprises ont, en pratique, beaucoup plus de possibilités et de marge de manœuvre que les actionnaires. Il faut bien réaliser qu’un actionnaire (important) n’a connaissance que de ce qui est discuté en Conseil d’Administration, d’après les informations sélectionnées, filtrées et présentées, par la direction. Il faut examiner, cas par cas, les rapports entre direction et actionnaires pour réellement savoir ce qu’il en est.

Scipion8 a écrit :

3) Dans un marché boursier structurellement de plus en plus acheteur … gestion passive et QE … le marché boursier est de plus en plus dominé par les flux acheteurs

Beaucoup des éléments que vous citez constituent des participations circulaires qui ne se traduisent pas par une réalité acheteuse, mais par une simple illusion

Scipion8 a écrit :

4) Les algorithmes, comme les humains, peuvent opérer de façon procyclique (technique) ou contracyclique (fondamentale) … l’algorithme en lui-même n’étant qu’une simple technique d’investissement, avec une multitude de stratégies, tout aussi diversifiées que celles des humains.

Le problème avec les logiciels utilisés, c’est que des logiciels différents (diversifiés) utilisent un nombre réduit de librairies ; et ces librairies dépendent d’un nombre encore plus réduit d’autres librairies ou algorithmes.  L’analyse profonde des dépendances des logiciels est très difficile, mais super-intéressante (et affolante sur les risques sous-jacents).

Scipion8 a écrit :

5) … Si Casino / Rallye a des problèmes, ce n’est pas à cause de la VAD : c’est parce que Naouri fait ses petits montages dans l’opacité depuis des décennies, dans son intérêt personnel (assurer son contrôle sans mettre les sous qu’il faudrait) et au détriment de l’intérêt de long-terme de ces entreprises.

L’attaque VAD sur Rallye ne s’est pas concentrée, ni sur les "petits montages", ni sur la qualité économique de l’entreprise, ni sur ses fondamentaux. Elle a visé un (seul) élément de technique financière : le montant des covenants. En faisant baisser le cours de Casino en-dessous d’un certain seuil, l’objectif était de faire déclencher des procédures automatiques sur Rallye, sans savoir si l’entreprise était bénéficiaire ou non, sans tenir compte de la valeur des actifs du groupe ou de la pérennité de l’entreprise, en ignorant la réalité économique.

Scipion8 a écrit :

L’opacité est toujours dans l’intérêt des puissants, celui d’un capitalisme de connivence. Pour nous autres petits investisseurs la transparence des marchés est essentielle

D’accord sur le problème de connivence ; mais ce n’est pas limité aux puissants, c’est omniprésent. Et c’est similaire au délit d’initié courant, ordinaire, impossible à prouver ou à contrôler.

Dernière modification par M07 (14/12/2019 10h00)


M07

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#17 14/12/2019 09h46

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Je suppose que les critiques du short desapprouvent aussi du long ?

Dernière modification par KingFlan (14/12/2019 09h47)

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#18 14/12/2019 16h14

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GoodbyLenine a écrit :

Je ne crois pas que la VAD soit "un élement de la transparence des marchés". Je crois plus qu’elle permet pas mal de manipulations de cours qu’il serait bien plus difficile à faire sans VAD. La transparence a bien d’autres manières de s’exprimer…

Je crois que la VAD peut aussi, avec une puissance de feu suffisante, complètement "tuer" une entreprise, même saine, par exemple en rendant impossible toute augmentation de capital, voire tout financement par emprunt. C’est un "jeu" où le plus gros/costaud/fort gagne quasiment à chaque fois, et pas un outil pour protéger les minoritaires ou les petits.

J’ai du mal à comprendre cela, car les constantes de temps caractéristiques sont différentes dans les deux sens : on peut garder un titre des années en prévoyant une hausse, j’ai rarement vu des Vad durer plus de quelques semaines - mais ne suis pas sûr de moi, j’ai peut-ête un oeil partial (mais si j’ai raison 2 ou 3 semaines de Vad ne vont pas empêcher une augmentation de capital, voilà ce que je voulais dire).
Moi non plus je ne pratique pas ; il est connu que c’est dangereux puisque la montée n’est pas limitée, contrairement à la descente qui s’arrête à 0 (ce que je trouve bizarre finalement, mais c’est peut-être hors sujet).

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