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[+1]    #1 28/11/2019 11h22

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Il est difficile de faire du bon vin avec du mauvais raisin.

L’Université - non sélective à l’entrée (j’oublie Dauphine et analogues) - pâtit de deux tares structurelles :
- comme l’obtention du bac est une formalité, on retrouve en première année d’université des personnes n’ayant pas les pré - requis, ayant - par exemple - souvent une orthographe déplorable et des connaissances en maths très faibles. (type incapacité de résoudre un système de deux équations à deux inconnues)
- comme l’offre de formation est peu lisible, les étudiants choisissent une formation sur des critères vagues et des on - dit. Les enfants de profs - qui connaissent le système - réussissent d’ailleurs nettement mieux, parce qu’ils savent "lire" l’offre de formation. Cf : cette interview de Nicolas Mathieu, récent Goncourt, et dont les parents sont d’origine modeste -"  Mon parcours d’étudiant n’avait aucune valeur sur le marché du travail "
Nicolas Mathieu : « Mon parcours d?étudiant n?avait aucune valeur sur le marché du travail »

Solutions :
- restaurer un véritable Bac avec un niveau socle minimum
- publier sur le site de l’éducation nationale les taux d’insertion professionnelle dans la formation suivie + revenus obtenus à l’entrée dans la vie active

Mots-clés : cpge, enseignement, grandes écoles, iut, sts, université

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[+5]    #2 26/03/2020 01h58

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Cette file a moins de succès que celle du primaire, mais c’est le bon lieu pour raconter comment ça se passe en ce moment à la fac.

Pendant la dernière semaine avant le confinement, on pensait que la fac allait fermer vers le 20 Mars, alors on a préparé le terrain pour passer en enseignement à distance. Nous n’avions aucun plan préétabli.

C’est la première fois que j’ai trouvé intéressant mon travail de directeur de département qui n’est certes pas sans utilité mais consiste trop souvent à suivre des procédures administratives infiniment barbantes.

Il a fallu aussi donner l’exemple dans la transition vers l’enseignement distanciel. La plupart des collègues font beaucoup plus que le minimum. Il y en a de moins zélés, et il n’y a guère de surprise sur leur identité.  Certains ont quand même de sérieuses circonstances atténuantes (comme des enfants de 3 ans à gérer en télétravaillant).

On a demandé au minimum aux enseignants de mettre les cours et TD en ligne, de recueillir les productions et évaluer des étudiants, d’interagir en synchronisé pendant leurs créneaux horaires  mais de préférence via des outils de chat écrit, audio, de partage de fichier.   

Sans insister sur la visio qui consomme beaucoup de ressources informatiques. D’ailleurs pour bien faire une vidéo de cours au tableau noir, il faudrait que les enseignants et les techniciens aient accès aux locaux.

Ma charge de travail pour l’enseignement a nettement augmenté au début du confinement.
L’apprentissage sur le tas des techniques d’interaction a distance remplaçant le tableau noir a été rude. Ma première séance a été très médiocre, j’ai accumulé les déboires, mais ai redressé la barre dès la seconde. J’arrive maintenant presque à faire des seances interactives normales, manquent les mimiques d’incompréhension des étudiants quand je suis allé trop vite….. Il me faut 4 fois plus de temps pour préparer que d’habitude.  Possible qu’en vitesse de croisière je préparerai plus vite.

Tous les collègues qui font une classe interactive à distance font ce constat d’une explosion du temps de préparation.

La vitesse de croisiere, une sorte de normalité, a cependant été obtenue en moins d’une semaine dans les enseignements classiques. Je ne sais pas ce qui se passe hors des sciences ou dans les autres facs. 

Les étudiants assidus et correctement équipés informatiquement semblent adhérer mais on en a perdu pas mal en route. On a recensé ces étudiants et on cherche à les rattraper et à aider ceux qui sont aidables. Il est clair que les publics fragiles vont pâtir davantage de la situation.
Enfin, une chose est certaine, on ne fait pas tout ça pour distribuer à la fin  le diplôme dans une pochette surprise. Les examens auront au moins le taux d’échec habituel. Ce que je crains est que ce soit pire.
Comme d’habitude c’est en L1 que ça se passe le plus mal et en M1-M2 que ça se passe le mieux. C’est à dire que beaucoup dépend du degré de maturité et d’implication des étudiants d’une part, de leurs difficultés matérielles d’autre part.

Un gros point noir, c’est les stages en entreprise et l’alternance. On risque de devoir neutraliser les notes de stage en entreprise dans des formations dont c’est une composante essentielle. Ca doit être bien compliqué dans les écoles d’ingénieurs ou de commerce.

Quant aux examens et aux concours, on ne sait pas trop comment ça va se passer. On verra en Avril.

J’ai vu passer des directives ahurissantes du MESR qui proposaient d’avoir recours à des opérateurs privés organisant des examens sous vidéosurveillance à domicile. Comme si on avait des tombereaux d’argent du contribuable à jeter par les fenêtres.

Pour la recherche je n’ai hélas  pas trop de temps mais c’est comme ça quand on fait de la direction de département.

J’ai beaucoup moins d’heures de cours à faire qu’un collègue du secondaire ou du primaire,  ayant notamment une décharge pour ma tache de direction. Donc je peux me permettre 6h de préparation par heure de cours.  Je ne pense pas que les collègues du secondaire, en tous cas en maths ou en sciences où on utilise beaucoup le tableau, puissent assurer 18 - 20 heures de classe interactive à distance vu l’explosion du temps de preparation. D’ailleurs, un seul prof de ma fille au lycée, le prof d’histoire, fait un cours en audioconférence.

Ma femme en cpge fait la majorité de ses cours en visio mais les met aussi  en ligne, un peu comme moi. Elle est littéraire et son travail de préparation (qui normalement est plus lourd) a moins augmenté que le mien. Le gros problème en cpge, c’est l’organisation des concours.

Dans cette affaire, je ne risque ni ma vie ni mon emploi, juste une belle baisse de pouvoir d’achat à moyen terme et des plans de rigueur sans fin à l’université.   Je fais mon service autrement que d’habitude. Le service rendu aux étudiants est de moins bonne qualité que d’habitude mais c’était attendu. Ca me donne l’occasion de m’autoformer à de nouvelles techniques. Ca a aussi totalement explosé la routine administrative. Je crois aussi que je m’ennuierais si je ne télétravaillais pas (c’est ça de ne pas avoir des enfants de 3 ans.).

Donc, je ne vais pas me plaindre pour le moment présent. D’autant qu’il n’y a pas de symptômes grippaux chez mes proches. 

En conclusion, la fac fonctionne toujours, en mode dégradé, ça a secoué mais ce n’est clairement pas l’oeil du cyclone. Ça peut être différent dans d’autres fac et j’aimerais en savoir plus sur comment les étudiants vivent la chose.

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[+2]    #3 29/04/2020 19h33

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Professeur agrégé d’histoire en lycée, j’ai longtemps rêvé de l’Université. Un poste de Prag en 2005 m’aurait fait rêver, un poste de maître de conférences aurait constitué le but ultime. En fin de thèse (enfin, je crois…), et bien que trop vieux, je me suis renseigné sur l’opportunité des postes universitaires, auprès de plusieurs collègues chargés de cours, de professeurs d’Université ou en classes prépas.
Sur le niveau des premières années de licence, comparativement aux terminales S, je cite : "C’est le fond de la cuve…" d’après un professeur de lycée…
Sur la paie d’un Prag (agrégé détaché en fac)  : perte d’environ 500 euros par mois, en enlevant les avantages du lycée (heures sup, professeur principal etc.),doublée d’un enseignement lourd dans les premières années. Un docteur en histoire, chargé de cours à l’Université, et colleur en classes prépas, avait une "opportunité" dans une fac de banlieue parisienne ; il a décidé de ne faire aucun effort pour conserver son très bon poste dans un lycée prestigieux. Sur le recrutement, qui résulte d’une "élection" : prime absolue au candidat "local", qu’il soit bon, moyen ou nul…
Dans certaines facs de banlieue, dont une ressemble plus à une ZAD qu’à une fac, les profs doivent faire attention à la mouvance "décoloniale, féministes, LGBT et extrême-gauche" qui a pris le pouvoir…
Enfin, depuis la réforme de Pécresse sous Sarkozy, la concurrence est de rigueur entre les matières et donc entre les profs, l’ambiance est plombée depuis cette époque…
Dans les lycées parisiens où j’enseigne, la paie est meilleure, la liberté de travail et d’expression existent, et j’ai assez souvent des élèves intelligents et intéressés, et jusqu’à 25 % de mentions très bien dans une classe. Même dans les "petits" lycées, l’ambiance est bonne. Quant aux professeurs de classes prépas que je connais, tous docteurs, aucun n’envisage un transfert vers la fac, et jamais, au grand jamais, en banlieue parisienne… 
L’Université perd aussi du terrain aussi dans le recrutement.

Rastignac

Dernière modification par Rastignac (01/06/2020 16h34)


“L'épargne est une magnifique réalité, spécialement quand nos parents l'ont pratiquée.” Mark Twain…

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[+1]    #4 29/04/2020 20h51

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C’est une file où il est beaucoup question d’université, c’est très intéressant mais à mon sens peu représentatif de l’enseignement supérieur en France aujourd’hui.

Tout d’abord pour compléter le sujet du confinement et de l’enseignement, je suis un apprenti (certes un peu vieux) en BTS. A l’annonce du confinement, mon employeur m’a signifié que j’étais à 100% avec lui à présent car le CFA était fermé et qu’une directive du ministère va dans ce sens. Pas de problème car les programmes étaient en grande partie bouclés et on rentrait en pleine préparation des examens ayant lieu de mi-mai à juin.

Aujourd’hui on sais qu’il n’y aura pas d’examens en juin, ça sera le contrôle continu pour tous et une session en septembre pour les candidats libres et les refusés de la première session à priori.

Bonne nouvelle pour moi, la reprise de mes études démarre bien.

-----

Pour revenir à l’enseignement supérieur en France il est important de souligner qu’au vu des grandes difficultés que rencontrent les universités (blocus, manque de moyens, etc.) un nombre important d’étudiants se tourne vers les établissements privés quand cela est possible et notamment en apprentissage.
Aujourd’hui beaucoup d’établissements préparant au BAC+5 invitent les étudiants à l’apprentissage dès le BAC+3 ou BAC+4 de cette manière les étudiants ont des connaissances solides et se forgent par la suite une expérience professionnel. C’est un format très intérressant, je regrette d’avoir intégré trop vite la vie active et de ne pas avoir saisi la chance d’intégrer ce genre de cursus.

Des cursus sont bien sûr la chasse gardée des universités : Littérature/histoire/archéo/droit/médecine etc. cependant pour les autres domaines Informatique/Commerce/Banque/Finance/Sport par exemple les écoles privées sont de plus en plus prisées. Elles mettent souvent les moyens matériels pour attirer les jeunes et ont un enseignement de plus en plus qualitatif.

J’aimerais parfois un fonctionnement un peu plus à l’américaine pour nos universités : Plus de mécénat mais sans les frais d’inscriptions faramineux. ça ne coûte pas grand chose de mettre le nom d’un donateur sur un bâtiment ou dans une salle de cours.

La promotion de l’apprentissage dans les cursus afin de mieux préparer les étudiants et de récolter les taxes d’apprentissage est aussi un axe. Cela permet aussi de multiplier le nombre de candidats dans l’université puisqu’ils n’ont pas nécessairement cours les mêmes semaines/les mêmes jours de la semaine.

C’est peut-être utopique mais de cette manière l’enseignement quasiment gratuit pourrait être maintenu et la qualité des moyens mis en oeuvre renforcée. Sans cela je pense qu’irrémédiablement les établissements privés vont prendre le pas sur les universités.

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[+1]    #5 30/04/2020 00h05

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Pour ceux qui jugent mon constat pessimiste, je rappelle que j’évoque les facs d’Histoire, et que l’on peut plus ou moins étendre cette vision aux sciences humaines (géo, philosophie, lettres…). Le "candidat local" au poste de maître de conférences, dont tout le monde sait à l’avance qu’il sera élu, représente les deux tiers des postes au concours au minimum il y a peu… Au dernières nouvelles ce serait plus de 80%, mais je n’ai pas vérifié… Je discutais avec un maître de conférences qui était qualifié en Histoire et dans une autre matière,  après une première tentative infructueuse en Histoire, il a été élu dans "l’autre matière". Son meilleur classement en Histoire a été quatrième dans une Université de banlieue parisienne assez cotée, aussi je lui demande son avis sur les autres candidats devant lui.
Voici, en substance, sa réponse : "le troisième a un très bon dossier, c’est normal, le second, un pote, est très fort, la première, donc l’élue, est une nullité locale…"
Je précise que j’ai relevé le nom du second, et qu’il n’a jamais été élu maître de conférences…

  Les IUT ont longtemps été indépendants avant d’être "avalés" par les Universités, cette filière fonctionnait bien, quoique le choix des étudiants est limité avec un fort quota de bacs technologiques (et non pas des "bacs pro", comme j’ai d’abord écrit par erreur) depuis quelques années, dont le niveau est beaucoup plus faible…

Pour ceux qui croient en la recherche des universitaires en Histoire, je suis désolé de les décevoir encore une fois. Les seuls qui bossent aux archives, où je vais régulièrement, sont les thésards et les retraités, dont des universitaires prestigieux. Ce que j’ai pu vérifier par mes soins m’a été confirmé par tous les conservateurs des archives départementales avec qui j’ai pu parler : "on ne voit plus les universitaires…" A mon avis, la moitié au moins des maîtres de conférences ne fait plus de recherches, un quart en pratique un tout petit peu, histoire de se pointer à un colloque pour sa carrière, un autre quart essaie tant bien que mal d’avancer, loin du rythme des thésards… J’ai connu un maître de conférences qui a rédigé un seul article pendant sa thèse, pour en publier un seul autre durant ses 25 ans comme maître de conférences (sauf des comptes rendus de livres). Bien sûr, les deux articles en question sont tirés de son sujet de thèse… Et bien sûr, il avait raté l’agrégation…

Rastignac

Dernière modification par Rastignac (30/04/2020 22h01)


“L'épargne est une magnifique réalité, spécialement quand nos parents l'ont pratiquée.” Mark Twain…

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[+2]    #6 30/04/2020 10h35

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maxicool a écrit :

je rappelle que j’évoque les facs d’Histoire, et que l’on peut plus ou moins étendre cette vision aux sciences humaines (géo, philosophie, lettres…). Le "candidat local" au poste de maître de conférences, dont tout le monde sait à l’avance qu’il sera élu, représente les deux tiers des postes au concours au minimum il y a peu… Au dernières nouvelles ce serait plus de 80%, mais je n’ai pas vérifié…

Votre vécu me rassure.
J’avais évoqué cet état de fait sur cet autre topic, mais on semblait me dire que je me trompais.
Issu de la filière Histoire, j’y faisais référence. Je vois que je n’étais pas dans le faux tant que ça ;-)

Caratheodory Rastignac parle du recrutement des candidats ’locaux’, le terme savant étant endo-recrutement. Les chiffres qu’il avance me semblaient un peu étonnants. Peut être correspondent-ils à son établissement, qui constituerait alors un point extrême et peu représentatif de la réalité.

Si on parle du recrutement des Maître de conférences, l’endo-recrutement (recrutement d’un MCF qui a obtenu sa thèse dans l’établissement qui recrute) en 2018, c’est (source : Ministère) :

- 18,3% toutes sections confondues (source : ibid, tableau 10a)
- 9,8% pour les postes en Histoire et civilisations (sections CNU 21 et 22) (source : ibid, tableau 10b)

Conclusion (mon interprétation) : l’immense majorité des MCF recrutés ne sont pas des candidats locaux

Après, qu’il existe des Universités avec un népotisme assez prononcé, je ne le nie pas. Ça existe. Il existe bien entendu des jeux de pouvoir dans les recrutements à l’Université…comme dans n’importe quelle organisation.

La seule chose que je puisse avancer sur la base de mon expérience personnelle : la plupart de mes bons copains doctorants qui voulaient continuer dans la carrière universitaire (sciences éco ou de gestion) ont été recrutés comme MCF (à l’Université, dans de Grandes Écoles ou à l’étranger). Aucun n’étaient le fils/fille de ou le chouchou du mandarin du coin (ce qui peut aider mais n’est pas une condition nécessaire). Aucun n’a été recruté dans son établissement d’origine. Par contre, ça réclame en effet de bosser, bosser, bosser et encore bosser (et ensuite de continuer à bosser beaucoup pour une paie correcte mais loin d’être faramineuse - en somme, une vocation). ET d’être vraiment bon et fait pour ce boulot (de recherche notamment) - et tout le monde ne l’est pas.

EDIT suite à la réponse cool de Maxicool, ci-dessous : ma vision est également ’historique’ (début des années 2000…ça nous rajeunit pas smile

Dernière modification par carignan99 (30/04/2020 12h33)

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[+1]    #7 30/04/2020 16h47

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J’apporte quelques précisions et je précise à nouveau que je ne parle que de ce que je connais, les Universités d’Histoire, même si je crois que les autres sciences humaines ont un profil proche. Les sciences dures, le droit, l’économie et la gestion relèvent d’autres logiques, moins indignes à mon sens…

1/ Lorsque des docteurs qualifiés évoquent un "candidat local", ils pensent d’abord à une personne dans les murs de la fac en question. Au sens strict, le local a soutenu sa thèse dans cette université, au sens large, il s’agit d’un enseignant de cette université, dont les statuts peuvent varier : moniteur (boursier pour une thèse avec 3h de cours par semaine), Ater (attaché temporaire, mêmes horaires qu’un maître de conférences), Prag (professeur agrégé détaché dans le supérieur, avec deux fois plus de cours qu’un maître de conférences), Prce (idem pour un professeur certifié), chargé de cours (vacataire payé au lance-pierre…). Mes appréciations concernent le sens "large" de cette définition. Sachez que tout candidat convoqué à l’oral se renseigne bien pour savoir si le poste est "ouvert" ou "fermé", comme on dit dans le jargon. "Fermé" signifie que le gagnant est connu avant l’épreuve, c’est un "local" : certains ne vont même pas aux oraux pour ne pas subir cette comédie après un voyage de 300 ou 500 km…

2/ Le local est un enseignant de l’université soutenu dans sa candidature, c’est très rarement un vacataire et le plus souvent un Ater ou un Prag. Le local ne gagne pas toujours, surtout quand il y a 2 locaux qui s’affrontent, c’est parfois un troisième larron extérieur, le "chevalier blanc", qui l’emporte pour ne pas qu’une partie de l’université s’impose sur l’autre… Il existe des règlements de comptes assez rudes lors des commissions de recrutement…

3/Le localisme en histoire est connu par tous les thésards, je dis bien tous… Souvent, au sortir des séminaires, les doctorants parlent des postes et des parcours de tel ou tel un peu plus âgé. Ce phénomène a été étudié, au sens strict, par plusieurs études, dont je laisse les liens.

Le localisme dans le monde académique : un essai d?évaluation - La Vie des idées
Le recrutement local dans les Universités : rien ne change | Olivier Bouba-Olga
Recrutements à l?université : « Le ?localisme?est contraire à l?intérêt pédagogique et scientifique »  (article réservé aux abonnés, rédigé par deux professeurs de littérature, comme par hasard…)
A la Réunion, le localisme est teinté d’une pointe de racisme, voir le cas de Virginie Chaillou, bien qu’élue maître (ou maîtresse, ces dames sont suceptibles…) de conférences, a vu sa nomination annulée par les caciques de la fac cocotier :
Nomination universitaire à La Réunion : «C’est du racisme à l’envers !»

Aux Etats-Unis, le localisme universitaire est de fait aboli, ou du moins extrêmement rare. En France, cette tendance existait déjà largement dans les années 90, mais les postes, alors plus nombreux, autorisaient une certaine méritocratie. A l’époque, cette gentille magouille faisait perdre un, deux ou trois ans, puis le "bon" candidat intégrait l’Université. Actuellement, le nombre de postes offerts est chute libre, et donc la porte se ferme pour de bon…

Rastignac

Dernière modification par Rastignac (30/04/2020 22h08)


“L'épargne est une magnifique réalité, spécialement quand nos parents l'ont pratiquée.” Mark Twain…

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[+3]    #8 30/04/2020 17h34

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Rastignac a écrit :

Les IUT ont longtemps été indépendants avant d’être "avalés" par les Universités, cette filière fonctionnait bien, quoique le choix des étudiants est limité avec un fort quota de bac pro depuis quelques années, dont le niveau est beaucoup plus faible…
Rastignac

Ecoutez, il vaudrait mieux que vous arrêtiez de parler de ce que vous ne connaissez pas (ou alors seulement de loin par des on-dits de gens aigris) car vous empilez les contre-vérités.

Pour les bac pro, mon IUT c’est 8 départements, et un taux de bac pro proche de 0. Certains départements en prennent quelques-uns, avec une sélection en bonne et due forme et un accompagnement spécifique. Sachez que la politique du ministère depuis quelques années c’est : les bac pro en BTS, et par contre il pousse pour qu’on prenne plus de bac techno en IUT (mais ça se défend, les IUT ayant tendance à devenir des prépa bis, ce qui n’était pas l’objectif au départ).

Sur l’indépendance des IUT, c’est vrai que les choses évoluent, mais 1) les IUT ont toujours fait partie des universités, et 2) rassurez-vous le mien a gardé pas mal d’autonomie (quand vous représentez plus de 10% des étudiants, de fait vous avez un certain poids…).

Sur les recrutements, même si ce que vous décrivez peut exister (il y a des dysfonctionnements partout), gardez-vous de dire que ce serait la règle. Ce que je vis, moi, c’est des recrutements où on fait de notre mieux pour retenir le meilleur candidat. Certes un candidat local pourra passer devant car, comme on le connaît déjà, on aura moins peur de se tromper, mais c’est la même chose dans le privé : une fois qu’on a un pied dans l’entreprise (CDD ou interim), c’est plus facile de décrocher un CDI. Dans le dernier recrutement auquel j’ai participé le candidat local a été classé 4ème, et personnellement j’ai été recruté 2 fois sans connaître personne sur place.

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[+4]    #9 02/05/2020 12h32

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Concernant le Mirail que j’ai fréquenté jusqu’en 2012. La fac a toujours été bloquée en grande partie par des étudiants suite à des votes d’AG tenues par les syndicats (ou plutôt par un seul syndicat, l’AGET FSE, l’UNEF étant systématiquement huée et marginalisée car considérée comme un syndicat petit bourgeois).

Il y avait bien un groupe d’autonomes composé en partie de personnes extérieures à la fac, mais ils ont toujours été en conflit avec le(s) syndicat(s) et donc l’AG. En effet, ils ne voulaient pas se soumettre à la "démocratie" des AG (appelant cela la dictature de la majorité) et souhaitaient organiser leurs propres actions, sans devoir être "autorisés" par le vote de l’AG (leurs motions ne passant de toute façon jamais).

L’AG a toujours été toujours tenue par le syndicat. C’est lui qui l’organise, qui gère le tour de parole et le vote. N’importe qui peut s’inscrire pour parler bien sûr, mais toute parole qui diverge de la ligne dure (blocage + conception anarcho-communiste du monde) provoque des huées et l’impossibilité rapide de parler. Si votre discours est trop à droite, vous aurez peut-être le plaisir de rencontrer des autonomes à la sortie de l’AG qui vous signifieront de ne plus revenir sinon ils vous casseront la gueule (j’ai été témoin de cela).

Dans ces conditions, les blocages sont toujours reconduits, à une grande majorité, ce qui permet au syndicat de dire qu’ils sont légitimes, grâce la "vraie" démocratie à main levée. Les autonomes (appelés de manière méprisante "totos" par le syndicat) et les anti-blocus finissent par ne plus venir aux AG car ils ne peuvent pas s’exprimer sans se faire huer et ils n’arrivent de toute façon jamais à faire voter leurs motions.
La plupart des étudiants sont au spectacle, dans une ambiance d’arène romaine lorsque le lion dévore l’esclave, puis ils se lassent et restent à la maison sauf pour les AG où est reconduit le blocus (afin de voter "pour" bien sûr). Les votes à bulletins secrets organisés par le président sont évidemment toujours boycottés et sabotés, et le résultat de ces votes n’est jamais pris en compte (contre-vote en AG).

Les anti-blocus sont parfois venus en masse afin de voter l’arrêt du blocage mais je n’ai jamais vu ce souhait se réaliser. Ils abandonnent donc rapidement cette voie et les plus politisés (une toute petite minorité) cherchent d’autres méthodes (par l’affrontement violent en organisant des milices de déblocage, en utilisant d’autres moyens légaux, etc).

Les profs font partis d’un camp ou d’un autre en fonction de leur sensibilité (et certains sont des personnes violentes qui n’hésitent pas à haranguer les foules ou à participer aux milices armées de bâtons afin de "casser" du gauchiste), mais la plupart du temps, ils sont indifférents et ne viennent plus à la fac, attendant que cela passe.

Les autonomes sont très visibles lors des occupations car une partie d’entre eux est squatteur dans l’âme ; ils occupent + tout ce qui va avec (vie communautaire, graffitis, réunions pour apprendre à se défendre contre la police, formations juridiques, concerts avec caisse de grève + tous les thèmes de discussions politiques ou de travaux pratiques des groupes anarchistes). Ils sont aussi visibles lors des coups d’éclat (combats physiques contre les CRS ou les étudiants anti-blocus, actions violentes lors de manifestations) notamment car certains peuvent être proches de la mouvance black blocs. C’est pourquoi vous les voyez beaucoup à la TV qui adore montrer du spectaculaire, même si cela est marginal dans un mouvement. Ils sont ainsi utilisés par le mouvement, mais dans ce que j’ai vécu, ils ne sont absolument pas à son origine et ne le contrôle pas.

Bref, les mouvements politiques d’universités ne sont pas homogènes, de très nombreux sous-groupes se font la guerre dans une lutte de pouvoir intense.
Il n’y a pas d’opposition syndicale au Mirail car il n’y a qu’un seul syndicat puissant (il n’y a rien d’autre à part l’UNEF mais ce syndicat est complètement marginal).
Du côté des autonomes, de nombreux courants s’opposent et ces anarchistes s’opposent eux même au syndicat.
Les anti-bloqueurs sont considérés comme un groupe homogène à droite de l’échiquier politique et sont fortement réprimés lorsqu’ils s’expriment.
La très grande majorité des étudiants ou des professeurs devient indifférent au mouvement et reste à la maison en attendant que cela passe. Ceux qui sont très politisés sont dans un camp ou dans un autre, mais beaucoup finissent par se lasser aussi.
Les personnes extérieures à l’université sont évidemment le plus souvent dans le groupe des autonomes mais elles sont marginales comparé aux étudiants actifs.

A la fin du blocage, il y a évidemment les pressions pour "donner" les examens à tous.

Vous comprendrez que j’ai une vision terrible de l’université, et que je n’y remettrai plus jamais les pieds (mais pas uniquement à cause des mouvements bien sûr).

Edit : fautes d’orthographe.

Dernière modification par traz (02/05/2020 13h16)

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[+1]    #10 02/05/2020 17h09

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Le Mirail est une catastrophe depuis toujours. C’est une horreur pour les universitaires et étudiants normaux qui y travaillent. J’ai des amis qui y ont travaillé. Il y a une demi-douzaines d’Universités comme ça plus quelques départements ou sites éparpillés qui peuvent hélas déborder sur le reste.

Quand il y avait des gouvernements de droite et que l’UNEF était l’école des cadres du PS, c’était fréquent. La dernière fois que c’est arrivé jusqu’à mon département c’est en 2007-2008sous V. Pécresse. Celle-ci (la plus habile des titulaires du MESR depuis 30 ans au moins) a d’ailleurs fait tapis sur la sélection pour faire passer la LRU sans être trop embétée par les syndicats étudiants.

Aller se battre physiquement contre les bloqueurs est stupide et ne sert au mieux qu’à se ridiculiser. Jusqu’à présent on était réduits à subir des dégâts d’image (et des coûts de remise en état des locaux) considérables et à ne pas pouvoir ni faire cours ni organiser les examens en attendant que le préfet juge la situation mûre pour une intervention des CRS. Et dans mon cas à bouillir de rage dans mon coin et parfois à l’extérioriser dans des discussions difficiles avec certains collègues - surtout avec la hiérarchie que je trouve toujours trop molle.

Là, on a appris une technique intéressante pour fonctionner en mode dégradé. J’espère qu’on saura l’utiliser le cas échéant dans l’intérêt des étudiants et pour limiter les dégâts sur l’image de l’institution. Le problème est que ça déplacerait le conflit dans le corps enseignant où je préfère comme tout le monde les méthodes par diplomatie et consensus.

Dernière modification par Caratheodory (02/05/2020 17h10)

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[+3]    #11 04/05/2020 11h41

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Les occupations de locaux nuisent profondément à l’image de l’institution universitaire dans son ensemble. Et ça a pour conséquence des stratégies d’évitement par des parents soucieux à juste titre de l’avenir de leurs rejetons,  allant jusqu’à l’évitement de bonnes formations gratuites pour en choisir de moins bonnes payantes.

L’université est utilisée comme terrain de jeu politique par des activistes qui n’hésitent pas à saboter l’institution.  La méthode est de faire rentrer des éléments extérieurs à l’institution qui se constituent en effet en zad.

Au fond ils la sabotent parce que c’est une institution (c’est à dire une structure sociale destinée à pérenniser l’ordre politique).

Les défenses immunitaires  de l’institution sont relativement faibles, en raison de traditions de pluralisme et de tolérance intellectuelle et d’un rapport distancié aux pouvoirs en place (la valeur suprême étant la liberté intellectuelle).

Elles sont très faibles en SHS. Comme elles permettent de mettre au jour les rapports de pouvoir, et leurs aspects arbitraires (ce qui est une question intéressante, la distribution du pouvoir est selon moi  la question centrale en politique mais aussi en économie!), elles attirent naturellement le public contestataire.

Ce n’est pas propre à la France. Dans les pays étrangers comparables, les activistes existent aussi mais leur capacité de nuisance est moindre ou plutôt ils préfèrent cibler la liberté d’expression des ennemis idéologiques. 

La tutelle (qui est au courant de la situation) n’a jamais osé attaquer de front ce problème, ni même l’expliciter officiellement.   
Et ça amène sans doute à une sous exploitation du potentiel de l’institution. C’est tout à fait flagrant quand on compare à l’Allemagne ou à l’Angleterre ou l’institution est beaucoup plus respectée. 

L’ utilisation, sans les distinguer institutionnellement, de parties  comme voies de garage pour une jeunesse qu’on ne sait pas employer  est une politique peu glorieuse. Pour en sortir, la tutelle a choisi depuis la LRU des approches indirectes.

Ce qui est possible actuellement, si une université française veut s’assainir,  est une méthode lente, par incitations rationnelles, pour petit à petit, au fil des départs à la retraite, des suppressions de postes et des recrutements, faire diminuer la proportion de  Chevaux de Troie dans son personnel. Éventuellement on pourrait laisser dépérir un département gangréné mais il faudrait aussi tarir les inscriptions étudiantes ce qui n’est pas possible actuellement.

Malgré la tonalité pessimiste de mon post, je suis plutôt optimiste,  il y a des progrès notables, mais c’est très lent et peu visible. Dans 15 ans, quand je partirai à la retraite, peut-être sera-ce plus visible. C’était bien pire il y a 15-20 ans. Mais comme pour toute convalescence on doit craindre la rechute.

Si on veut aller vite, on peut assainir un département en y injectant une poignée de jeunes professeurs avec la mission d’y remettre de l’ordre en mettant sur la touche les vieux mandarins qui s’accrochent à un pouvoir qui est gazeux sauf en matière de recrutement. Mais il faut créer des postes.

Il y aura toujours des étudiants saboteurs car ils ne sont pas intéressés à préserver une institution qui ne les accueille que temporairement.

Un peu de sélection assainirait toutefois le marécage et c’est bien pour ça que certains syndicats étudiants en font un casus belli.

Pour moi, c’est LE point de blocage symbolique résiduel.

Un point positif est que les nouvelles générations d’étudiants semblent de plus en plus indifférentes à leurs mots d’ordre, ce qui fait que je me demande si ces syndicats étudiants ne sont pas en voie de zombification.

Quant aux universités qui ont été citées sur ce fil,  je pense qu’on peut les identifier institutionnellement  comme les héritières de structures de défaisance créées  après la crise de Mai 1968. La plus fameuse était Vincennes qui s’est fondu dans Paris VIII.

Une question qui se pose naturellement est s’il serait utile de licencier les personnels saboteurs. Ce n’est pas vraiment possible dans l’état de la réglementation et de la jurisprudence. Le seul cas de licenciement que je connaisse est un président d’université qui couvrait un trafic de diplômes.

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[+1]    #12 04/05/2020 19h12

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Je ne souhaite pas, bien sûr, que les gens fassent justice eux-même. En 1987, j’étais étudiant en droit, fac de droite, et en histoire, fac de gauche, et le GUD (une milice d’extrême-extrême droite) était vraiment craint à Paris, en particulier à Assas. Il existait des affrontements, mais jamais, au grand jamais, on n’appelait la police au secours dans le cadre d’une occupation illégale, quelque soit la tendance. Une question d’honneur… Les comptes se réglaient entre grands garçons… Autre époque…
Dans le cas de Montpellier, il y a eu quelques petites beignes d’échangées, cela mérite une sanction, mais la révocation me semble exagérée pour des gens qui veulent quand même éviter des dégâts à leur université.
Ce que je constate, c’est qu’on n’a jamais entendu parler d’aucune sanction pour les membres du personnel qui dégradent leur université : ils sont dans le camp du bien… Dans les années 30, la préfecture de police de Paris, dirigée par Jean Chiappe, était connue pour taper très durement sur les manifs de gauche et très doucement sur celles de droite… Maintenant c’est l’inverse !

Rastignac

Dernière modification par Rastignac (04/05/2020 20h46)


“L'épargne est une magnifique réalité, spécialement quand nos parents l'ont pratiquée.” Mark Twain…

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[+1]    #13 05/05/2020 12h44

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JeromeLeivrek a écrit :

Ok je pourrais proposer des solutions à chacune des objections mais je vais m’arrêter là.
Vous proposez quoi (qui soit mieux) du coup ?

Je vais soumettre tout ça à mon épouse.
La problématique est aujourd’hui, comment (chaque point étant en l’état nécessaire sous peine d’annulation de l’examen…) :

- vérifier l’identité (carte d’étudiant) de chaque individu
- gérer 1000 flux vidéos/audios en même temps
- s’assurer que tous aient une connexion (quoique ce point soit sans doute le plus simple : envoi de clés 4g par ex. et/ou carrément fournir du matériel, ce qu’ils font actuellement dans la fac de mon épouse)
- accompagner les étudiants devant la porte des toilettes quand ils y vont…
- gérer les aménagements pour les étudiants handicapés (dont certains n’ont aucune limite de temps, d’autres doivent se lever toutes les 15 minutes etc.)?
- gérer les inévitables problèmes d’envoi p/email (ceux qui vont se perdre en route…) et les problèmes de connexion le jour dit
- le respect de la vie privée (filmer/écouter un domicile)
- les trucs auxquels je ne pense pas

A chacun de ces points, il y a des solutions théoriques, parfois pratiques (vous en soulignez plusieurs). Si un seul merde, vous pouvez être certain que vous allez vous retrouvez avec une flopée de recours eau TA (qui n’étaient qu’anecdotiques quand j’étais à la fac, qui sont devenus maintenant monnaie courante) et un risque loin d’être négligeable d’annulations.

A très court terme, le faire de façon artisanale pour de petites promo, c’est sans doute gérable. Le faire pour de grosses promos, éventuellement avec des logiciels ad hoc et/ou les moyens financiers/organisationnels qui vont avec (ex. : La Sorbonne, avec ProctorExam), pourquoi pas.

Mais le faire à l’arrachée et de façon artisanale pour de grosses promos, avec des serveurs d’université qui peinent déjà à gérer des téléchargements de PDF…

A très court terme, assurer la continuité des cours était déjà un petit exploit. Croire que du jour au lendemain on peut Mais organiser du jour au lendemain des examens dans les conditions requises pour des centaines de milliers d’étudiants est simplement utopique.

Par contre, ce genre de choses se mettra en place / s’affinera à moyen terme (il faudra bien).

Dernière modification par carignan99 (05/05/2020 13h36)

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[+1]    #14 05/05/2020 13h49

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En premier lieu, on ne sait absolument pas si le gouvernement nous autorisera à faire des examens en présenciel en juin ou en juillet. Et pour l’instant, tout indique que ce ne sera pas le cas.

Si on était sûrs que la pandémie serait terminée à telle date, on aurait évidemment fait les examens après, mais personne n’en sait rien.

Les concours vont bénéficier de dérogation car il y a unicité d’épreuve, et la triche y est critique. Pour les examens universitaires, la note d’examen va compter pour une petite partie de leur licence, donc les incertitudes sont beaucoup moins critiques.

Les grandes écoles sont en vase plus clos, un étudiant standard qui commence un cycle en école le termine, donc il n’y a pas vraiment de problème d’admission dans l’année supérieure, ou en tout cas, l’école peut le décaler autant qu’elle veut puisque cela se fait en interne.

Enfin, plus on repousse les examens, plus la rentrée sera problématique, et on essaye de faire en sorte que la rentrée se passe le plus normalement possible. Les jurys d’admission en master sont effectivement un des problèmes. Mais il y en a d’autres à tous les niveaux de l’organisation. Un exemple parmi beaucoup beaucoup d’autres : si l’examen à lieu fin juillet, cela veut dire que la 2e session n’aura lieu que fin aout, et l’étudiant n’aura son diplôme qu’à la rentrée. Compliqué s’il doit changer de lieu. Compliqué pour tout.

Dernière modification par JeromeLeivrek (05/05/2020 13h56)

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[+2]    #15 24/05/2020 15h28

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Bonjour Wow, la situation de votre fils m’a fait penser à la mienne.

Je n’ai jamais été fort à l’école, j’étais toujours moyen et je le suis toujours (entre 10 et 13 de moyenne) avec un profil scientifique. En terminale, j’ai choisi de ne pas faire de prépa car je ne m’en sentais pas capable et n’avais pas envie de trop "forcer". J’ai fait un DUT. Je suis aujourd’hui dans une bonne école d’ingénieur malgré mon mauvais classement en DUT (40/120).
Quand j’ai dit à mon prof d’info que je voulais faire une école d’ingénieur, il a rigolé et m’a dit: "vous avez vu votre dossier, ce n’est pas possible !", s’est tourné et a parlé à un autre élève.

Après quelques recherches, je décide de faire une année à l’étranger, ça fait joli sur le CV. L’année d’après je postule en apprentissage et suis immédiatement accepté dans plusieurs écoles sur dossier, sans passer aucune épreuve ! Pourtant, de mon point de vue, cette année à l’étranger m’a plus semblé une année sabbatique où il m’ait arrivé de ne pas voir la lumière durant plusieurs jours car nous enchainions les soirées.

Aujourd’hui, alors que la plupart des élèves en "initial" versent plusieurs milliers d’€ à l’école, je ne paie rien et suis rémunéré tous les mois d’un pécule agréable. A la fin, j’aurai le même diplôme que mes camarades. J’ai très largement profité du bon temps des études autant en DUT, en erasmus ou en école d’ingé.

Aujourd’hui, quasi toutes les écoles prennent des apprentis et le nombre de places augmente chaque année. L’éducation française a mis en place une situation très avantageuse qui est le statut d’apprenti. Vous bénéficiez de tous les avantages associés au statut d’étudiant (APL, crédit étudiant, …) tout en ayant ceux du salarié (Primes d’activité, …), ne payez pas d’impôts, cotisez totalement pour votre retraite (même quand vous êtes en cours) et vous n’êtes plus une charge pour vos parents.

En résumé: renseignez vous sur l’apprentissage en école d’ingénieur pour vos enfants.

Bonne journée smile

Dernière modification par cedced (24/05/2020 15h31)

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[+1]    #16 24/05/2020 18h24

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Les cpge ont pour but de développer la capacité de travail et la methodologie. On ne rentre pas à l’X sans être une brute de travail.

Il y a également une sélection à l’entrée des cpge, des volumes horaires de formation supérieurs aux L1-L2 à l’université, un corps professoral homogène et très motivé par l’enseignement. Ce qui se passe en fac de sciences en L1-L2 n’est pas si mal mais est clairement un cran en dessous. Par exemple, les agrégés de maths que ma fac produit étaient généralement en Cpge,  tandis qu’on amène au Capes ou à des m2 satisfaisants nos étudiants sérieux de L1.

Le rôle des cpge est d’être un premier cycle d’enseignement supérieur sélectif  (les IUT aussi mais ils sont moins ambitieux sur la théorie et plus sur la pratique en permettant une sortie à Bac+3 tout en ouvrant à une poursuite à bac+5. ).

Pour les lycéens ayant choisi de devenir ingenieur, il  existe d’excellentes écoles avec prépa intégrée, la référence étant l’Insa, celle de Lyon en particulier.

Les grandes écoles elles-mêmes sont très disparates. L’X est vraiment top dans son genre. Les Ens c’est surtout pour les gens qui veulent faire de la recherche.  Dans les autres écoles, une proportion variable d’etudiants ne bosse pas très dur hors des stages voire se consacre au BDE (certaines institutions prestigieuses ont même une douteuse réputation).

Le fin mot de l’histoire est le suivant: appartenir au réseau des anciens élèves d’une bonne école est  un avantage énorme sur le marché du travail français.

Les stages sont plutôt dans les 2 dernières années du cycle de 5 ans (ça ne sert à rien de faire ce type d’etudes sans aller au niveau Master).  L’année de césure n’est pas vraiment entrée dans les moeurs en France et les entreprises aiment bien embaucher à bac+5 à la sortie des écoles (certains Masters universitaires marchent très bien aussi pour l’insertion professionnelle). Il se dit qu’elles n’aiment pas que le candidat ait trop traîné dans ses études.

Un des problèmes de tout cela est que le doctorat est sous-valorisé en France alors que c’est le diplôme de référence au niveau international et pour de très bonnes raisons, je crois.

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[+1]    #17 24/05/2020 19h55

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Perso je vois la prépa comme une expérience très formatrice, où comme le dit Caratheodory on acquiert surtout des méthodes de travail, une résilience face à l’adversité, outre une bonne base théorique avec des enseignants souvent de grande qualité. Il ne faut pas voir les écoles de top niveau comme l’X comme l’unique critère de succès d’une prépa : d’une part, il y a beaucoup d’autres écoles de qualité pour des élèves ingénieurs ; d’autre part, même un "échec" apparent en prépa doit être fortement relativisé, dans la plupart des cas : mes camarades qui ont abandonné la prépa en cours de route ont ainsi très bien réussi à la fac, car ils avaient acquis de bonnes méthodes de travail.

Il est difficile de prévoir l’adaptation d’un bachelier à l’environnement souvent très nouveau de la prépa : certains vont s’y éclater sans avoir été nécessairement super brillants au lycée, d’autres très brillants au lycée peuvent avoir du mal à s’adapter. Il y a quand même bien sûr une corrélation - je ne conseillerais pas à un élève qui a éprouvé des difficultés en maths au lycée de s’engager en maths sup.

Il est tout à fait exact qu’il y a un relâchement général dans la plupart des écoles d’ingénieur après 2 (ou 3) dures années de prépa. Clairement, il ne faut pas forcément travailler beaucoup pour décrocher le diplôme au bout de 3 ans, et beaucoup d’étudiants en tirent parti. Cela dit, je ne partage pas les critiques un peu dures de Caratheodory et de DoctusMonkey sur la qualité de l’enseignement dans les grandes écoles (ils ont peut-être par leur profession un biais en faveur d’un enseignement théorique) : l’enseignement en école d’ingénieur est plus pratique, orienté vers le métier d’ingénieur avec généralement beaucoup de travaux pratiques ; la qualité des enseignants est certes plus variable qu’en prépa mais perso j’ai eu quelques très bons enseignants. L’école sert aussi à découvrir le monde professionnel, pas simplement via les stages mais aussi d’autres événements avec le réseau des anciens élèves.

Surtout, le cursus en école d’ingénieur est vraiment ce que l’étudiant va en faire : c’est sûr que s’il fait le minimum, zappe les cours etc. (ce qui n’est évidemment pas possible en prépa), l’apprentissage s’en ressentira. Mais on peut aussi se motiver et bosser dur en école d’ingénieur. Perso j’ai beaucoup apprécié la variété des enseignements à Centrale et à la limite j’aurais voulu suivre tous les enseignements proposés (alors qu’en 3e année il faut choisir une spécialité).

Après avoir pas mal souffert en classe prépa, je me suis fixé de nouveaux objectifs en école d’ingé et j’ai beaucoup bossé (à Centrale on appelle "pougne" ou "polard" l’élève qui continue à bosser dur après la prépa, comme si la prépa ne s’était pas terminée…), pour décrocher l’option de spécialité que je voulais en 3e année, puis pour être admis à l’ENSAE en fin de parcours (finalement j’ai fait Sciences Po - je regrette souvent l’ENSAE qui est à mes yeux l’une des écoles les plus intéressantes). Après 2 ans à nouveau à bloc à Sciences Po (pour viser l’ENA), j’étais vraiment sur les rotules au bout de 7 ans d’enseignement supérieur, mais plutôt content de mes apprentissages même si je n’ai pas atteint tous mes objectifs.

Le point essentiel, à mon avis, c’est que (comme à la fac, je pense) c’est à l’étudiant de s’approprier l’enseignement qui lui est proposé pour en tirer le meilleur - l’apprentissage "scolaire" forcé sous pression maximale se terminant après la prépa.

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[+3]    #18 25/05/2020 21h36

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Je vais évoquer mon cas personnel, qui n’a bien sur pas valeur de vérité absolue.

J’ai fais la prépa intégrée de l’INSA, il y a prés de 30 ans.
Je ne l’ai pas fait par conviction, venant du monde ouvrier, je ne savais pas ce qu’était un ingénieur. Je l’ai fait parce que mes profs m’ont conseillé de le faire, et que mes parents pensaient que c’était une bonne chose de le tenter, même si j’échouais. Alors, je pourrai reprendre un DUT comme je l’envisageais à l’origine. Je me suis laissé convaincre de tenter l’expérience, d’autant que cela ne coutait pas plus cher à mes parents que d’aller à l’IUT.

Parti d’un bac E, mention bien, 14 tout rond avec les options et un très bon 19.5 / 20 en option sport (gymnastique, épreuve que j’ai passé avec les pensionnaires du centre national dont le champion de France B et le champion de France A aux anneaux, avec qui je passais mes diplômes de juge et d’entraineur fédéraux).
Bref, sur les 79 admis depuis un bac E, je fus 77eme au classement d’admission. Inutile de vous dire qu’aujourd’hui, avec 14 au bac, l’INSA en admission directe en 1ère année, c’est même pas dans les rêves !

Section spéciale bac E, enseignement spécifique pour renforcer le niveau en maths et physique, pris sur le temps de dispense d’enseignement technique. 1er jour, la prof de maths fait passer 3 mecs au tableau. Je serai le seul survivant à la fin de la première année, elle me dira même, Mr Zeb, je sais déjà que votre passage en 2nde année sera très difficile. Et ce fut le cas, mais les profs nous tannaient le "cul" pour qu’on progresse …. Dieu que ce fut dur.
J’ai bossé comme un dingue, mais personne ne pouvait m’aider à la maison, ni dans mon entourage. J’ai été relégable jusqu’à le dernière journée de championnat, ou je me suis sorti du merdier sur les toutes dernières épreuves. J’ai reçus les félicitations de mes profs et de certains de mes collègues de classe et de promos. Dont un toujours ami, qui me dira, je termine 200 places devant t.oi, mais t.u mérites bien mieux que moi.

Je n’ai compris que plusieurs années après ce qui faisait la différence entre un ingénieur et un technicien. Ce n’est pas la compétence technique, managériale etc …. bien que cela joue forcement. C’est la volonté, l’obstination, la motivation et l’organisation. C’est un copain, juste bachelier par défaut, bossant dans le bâtiment qui me le fit réaliser lors d’une sortie VTT. En effet, il renonça à terminer le parcours (vélo sur le dos à escalader un bout de falaise) alors qu’il avait largement les capacités. Et une amie, ingénieur sans capacité physique y est allée, à force de volonté, on l’a aidée, on l’a encouragée et elle l’a fait. Le soir, ce pote me dira alors que nous avions quelques verres dans le nez, "je n’aurai jamais pu être ingénieur, je n’ai jamais eu cette gniak et cette volonté, et pourtant, elle avait pas le niveau pour finir cette ascension et terminer le parcours, ça non, elle l’avait pas, mais elle y est arrivée, aussi grâce à vous".

Bref, voila à quoi sert une prépa. Apprendre des choses, oui, mais apprendre à apprendre, apprendre à se contrôler, se maitriser, lutter, se motiver, trouver des solutions, aller de l’avant, se dépasser, faire jouer ses réseaux, même embryonnaire, à l’échelle de la classe, la promo ….

Pour en revenir à la prépas intégrée, je pense qu’il y a 30 ans, c’était plus facile que la prépa classique. La sélection était déjà faite à l’entrée, en bossant, vous pouviez faire parti des 80% qui passeront en 2nde année, et vous saviez ou vous alliez. L’incertitude était donc bien moins importante, c’est pour cela que j’ai dis oui à mes parents et à mes profs. Je savais ou j’allais.

Niveau ambiance, je ne me suis pas complétement épanoui. J’ai fais la connaissance de personnes géniales, issues du même monde que moi, et nous sommes toujours en contact 30 ans après. Mais le tout venant, bof, beaucoup d’égos surdimensionnés, des enfants de catégories socios professionnelles que je ne connaissais pas etc …. Ce n’étais pas mon monde, moi le pecno du coin, du fin fond de la cambrousse, sans ambition et sans connaissance du monde du business et des carrières promises à ceux qui savent et qui font déjà partis du milieu. A ce titre, apprendre quand on ne connait pas le monde auquel on est destiné, c’est compliqué. Je m’en rends compte encore maintenant. Si j’avais été familier de ce monde, j’aurai appris autrement, mieux, me serais concentré sur d’autres sujets, différemment. Je n’ai pas profité de ma formation comme j’aurai pu. J’ai suivis une formation d’ingénieur avec une approche de technicien.
Pas de réseau, pas de connaissances, finalement, je ne m’en suis pas trop mal sorti, mais je suis resté un petit cadre sans ambitions, et je préfère passer du temps en famille, dans mon jardin, sur mon VTT, ou dans mon  club de sport de banlieue avec ses cas, plutôt que dans ce monde bourré d’égo surdimensionné et de testostérone ou le paraitre est roi, et ou il ne faut jamais montré ses doutes ni ses faiblesses. J’ai même changé de boite et baissé mon salaire pour faire mon boulot dans de meilleurs conditions, c’est dire ….

La conclusion de cette histoire, c’est que la prépa, c’est un test par rapport à vous même, votre égo, votre motivation, et votre capacité à vous surpasser. C’est une porte d’entrée vers un monde, que l’on ne connait pas parfois.

Mes quelques copains, issus du monde ouvrier, tout comme moi, qui ont tenté une prépa classique, ont tous, sauf un, explosé en vol, "burn out", "nervous breakdown" et derrière, échec scolaire à l’université …… Celui qui a réussis sa prépa, est devenu un zombi pendant 3 ans, il a coupé les ponts avec tout le monde, et est parti à l’étranger, terre des origines de sa famille.

La seconde conclusion, c’est qu’une prépa, cela se prépare, et sa capacité à la préparer dépends de soit même bien sur, mais aussi de son environnement socio culturel. A ce titre, je trouve formidable les classes spécialisées au Lycée qui préparent justement ces personnes à intégrer un monde qu’elles n’imaginent absolument pas.
Dans la même veine, l’alternance est une formidable solution. Mais attention, je constate souvent que le diplômé en alternance, n’aura pas les même conditions d’embauche qu’un candidat ayant intégré un premier cycle et fait son cursus de manière traditionnelle.

Bref, c’est mon expérience, et ma vision d’il y a 30 ans. Les choses ont forcement évoluées depuis.

A+
Zeb


Tout ce qui peut merder, va inévitablement merder.

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[+1]    #19 25/05/2020 21h57

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DoctusMonkey a écrit :

@Gap
je ne comprends pas votre argumentaire …

Vous, vous critiquez l’enseignement qui est dispensé en école d’ingé et les personnes qui le dispensent, en sous-entendant que les écoles seraient peuplées de brebis galeuses (contrairement aux prépas).

Ma critique n’est pas au même niveau : je dis c’est que le pb des écoles c’est l’attitude des étudiants, qui ne veulent pas travailler une fois les concours passés. On trouve des enseignements de très bon niveau en école, mais "on ne fait pas boire un âne qui n’a pas soif".
Et j’ai expliqué que ceci est en partie dû au système des prépas, qui induit des erreurs d’orientation et une mentalité je-m’en-foutiste : "j’ai passé les concours plus rien ne peut m’arriver".
En prépa il y a la pression des concours, tant pis pour celui qui ne travaille pas. En école, si jamais on ne donne pas le diplôme à plus que quelques individus, on se fera taper sur les doigts : "vous avez les meilleurs étudiants, ils doivent réussir". Résultat, ils ne font pas le job.

En résumé, il y aurait beaucoup à apprendre en école d’ingé, mais le système est ainsi fait que ça ne se passe pas comme ça, et in fine on a des remarques comme les vôtres de gens qui crachent dans la soupe.
Et donc à la fin j’estime effectivement et par dépit que c’est du gâchis.

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[+1]    #20 27/05/2020 19h02

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Les Universités effectuent évidemment une sélection.

Dans certaines filières, elle se fait directement en première année (Droit, Médecine/Pharmacie/Dentaire) et dans d’autres (évidemment la majorité), au fil de l’eau, jusqu’au couperet du Master.

Ça pose des problèmes importants = l’engorgement des Universités avec des gens qui n’ont rien à y faire. Il existe pourtant des solutions (et pas nécessairement une sélection sur concours), il est vrai gênées ou empêchées par certaines postures idéologiques.

Mais ça comporte aussi un avantage : ce système ne pose pas comme posture de principe (certains diront que ce principe est absurde) qu’on sélectionne des étudiants dans leur prime jeunesse, dés la sortie du Bac.

Ce qui ne nuit pas aux QI moyens et/ou peu matures à 17 ou 18 ans (sans doute la très grande majorité dans laquelle j’étais), qui n’auraient jamais passé un filtre type prépa ou concours très sélectif à 17 ou 18 ans.

Dernière modification par carignan99 (27/05/2020 19h34)

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[+1]    #21 02/06/2020 16h36

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@GBL
les enseignants sont bien entendu comme les chasseurs : y’a le bon chasseur et le mauvais chasseur.

Cela étant dit, on trouvera dans les Universités (plus dans certaines sections et/ou endroits que d’autres) une partie du public qui se fiche royalement de ce que vous pouvez raconter. Tout bêtement parce qu’ils sont là par hasard et comme les frais d’inscription sont modiques, pourquoi se priver…

Sans compter ceux qui viennent au moins en TD et aux examens tout bêtement pour toucher les bourses (qui fait dans ce cas office de RSA). Au moins dans les Universités qui appliquent ce principe de présence (qui peut poser des problèmes, notamment d’intimidation physique envers les enseignants).

L’enseignant pourra être génial…mais on ne fait pas boire un âne qui n’a pas soif!

Dernière modification par carignan99 (02/06/2020 16h37)

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[+2]    #22 14/06/2020 23h51

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@Ours: non. L’enseignement supérieur fonctionne. Il pourrait fonctionner mieux, je n’en disconviens pas.

@Michel1993: oui. Ça me met très mal à l’aise.

J’estime cependant n’avoir absolument aucune responsabilité en ce qui concerne ces états de fait. Je n’ai même pas manifesté contre la loi Devaquet alors que j’étais jeune, beau et de gauche (très modérée certes).

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Favoris 1   [+1]    #23 15/06/2020 09h49

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Michel1993, le 14/06/2020 a écrit :

-Les touristes. Leur objectif est de toucher la bourse. Seul 0.2% des touristes se font controlés et sont obligés de rembourser l’état, l’université couvre ces fameux touristes pour je ne sais quelle raison ( elle pourrait les dénoncer ).

Une des raisons (pas la seule mais celle-ci est du vécu) :
- Comme il se doit, le corps enseignant le signale au Crous
- Le Crous stoppe le versement de la bourse et exige le remboursement de ce qui a déjà été perçu (donc de grosses sommes en général)
- Vous vous retrouvez avec des menaces et intimidations plus ou moins poussées envers les enseignants…

Et comme les enseignants ne sont pas tous spécialistes en Krav Maga…ils finissent par lâcher l’affaire. Ou y réfléchissent à deux fois.

Je ne dit pas que c’est généralisé ni une cause unique mais ça existe.

Dernière modification par carignan99 (15/06/2020 09h50)

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[+2]    #24 16/06/2020 18h24

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Je suis effaré par vos propos monsieur…

Je n’ai jamais dis que les professeurs de classes préparatoires étaient des tortionnaires. Mon propos était relatif a l’enseignement supérieur par l’apprentissage, et votre réponse, outre qu’elle est totalement méprisante envers une formation PUBLIQUE dispensée a l’étranger est totalement hors de propos.
Sachez que je suis agrégé comme vous, PRAG, docteur en sciences de gestion et expert comptable libéral, et je ne vous reconnais aucun droit, ni supériorité quelconque pour mépriser autrui.
Vos propos montrent simplement que vous évoluez dans un monde totalement sclérose ou seuls comptent pour vous les mathématiques et la physique, la performance intellectuelle dans votre domaine.
Il est dommage que vous n’ayez pas a vous frotter au  monde reel du travail, que vous n’ayez pas a accompagner des étudiants ni a leur trouver des stages comme nous le faisons a l’université.
Sachez pour votre information que l’école médiocre, selon vos critères, est l’HEPIA, département de l’Universite de Genève, qui recrute des fainéants et des bons a rien, toujours selon vos critères, et qui forment des étudiants qui comme les  diplômes de l’EPFL, trouvent immédiatement du travail a la sortie de leur formation. Et comme  tout établissement public, il n’y a pas de frais de scolarite.

Vos propos sont indignes d’un  enseignant , je ne vous gratifie pas de ma considération.

Dernière modification par patrick (16/06/2020 18h27)

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[+1]    #25 14/11/2020 03h08

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A partir du moment ou tout candidat ayant une thèse récente dans la section avec des rapports corrects est qualifié, même avec 0 publi, il suffit de lire les rapports.

Quand vous avez 30 dossiers et qu’il y en a 300 à passer en revue par la section en tout vous n’avez pas envie de perdre du temps pour rien. Il n’y a pas un dossier sur dix qui nécessite de regarder vraiment.

La qualification est  une procédure administrative vide dans ma section. Une perte de temps.  J’ignore si ça a une utilité dans d’autres sections. C’est possible.

Le reste est fait sérieusement. Si un truc  n’a pas de conséquence concrète inutile de travailler dessus.

Quand sur le moindre poste il y a 80 candidats, c’est  en comité de sélection qu’on fait le travail sérieux. La les conséquences sont très concrètes.

Dernière modification par Caratheodory (14/11/2020 03h09)

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