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#126 27/05/2020 18h21

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Ce que vous racontez Jérôme Leivrek est éloquent

Et montre aussi à quel point dans ces structures d’enseignement où la distance est un peu lointaine avec l’étudiant on peut très bien diriger le système sans tenir compte de lui.

Quand même quel mépris envers l’étudiant que de sciemment envoyer vers lui un incompétent notoire dans la matière à enseigner!

Je pense aussi à quelques récentes expériences où j’ai assisté à des scènes pathétiques: des sous-structures de la fac prêtes à faire enrôler le premier passant parce qu’il faut remplir la filière. Peu importe que l’élève soit motivé, que ce soit son intérêt, du moment qu’il est comptabilisé, et que les lignes budgétaires restent ouvertes!

Je sais bien qu’il ne faut pas généraliser mais je pense que Carathéodory pourra confirmer que dans certaines matières et certaines filières ce genre de comportement est malheureusement monnaie courante.

Tous ces exemples mettent l’accent sur un problème majeur de la fac - outre cette absurde posture de principe qui considère comme nauséabonde toute forme de sélection directe et transparente - l’étudiant y est important bien sûr mais est-il réellement le coeur de l’affaire?

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[+1]    #127 27/05/2020 19h02

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Les Universités effectuent évidemment une sélection.

Dans certaines filières, elle se fait directement en première année (Droit, Médecine/Pharmacie/Dentaire) et dans d’autres (évidemment la majorité), au fil de l’eau, jusqu’au couperet du Master.

Ça pose des problèmes importants = l’engorgement des Universités avec des gens qui n’ont rien à y faire. Il existe pourtant des solutions (et pas nécessairement une sélection sur concours), il est vrai gênées ou empêchées par certaines postures idéologiques.

Mais ça comporte aussi un avantage : ce système ne pose pas comme posture de principe (certains diront que ce principe est absurde) qu’on sélectionne des étudiants dans leur prime jeunesse, dés la sortie du Bac.

Ce qui ne nuit pas aux QI moyens et/ou peu matures à 17 ou 18 ans (sans doute la très grande majorité dans laquelle j’étais), qui n’auraient jamais passé un filtre type prépa ou concours très sélectif à 17 ou 18 ans.

Dernière modification par carignan99 (27/05/2020 19h34)

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#128 27/05/2020 20h15

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DoctusMonkey a écrit :

Je pense aussi à quelques récentes expériences où j’ai assisté à des scènes pathétiques: des sous-structures de la fac prêtes à faire enrôler le premier passant parce qu’il faut remplir la filière. Peu importe que l’élève soit motivé, que ce soit son intérêt, du moment qu’il est comptabilisé, et que les lignes budgétaires restent ouvertes!

J’ai plus drôle.

En niveau licence, pour aider un professeur de la matière xxx à corriger des centaines de copies, on lui adjoint un professeur de la matière yyy, qui n’y connaît rien, mais a besoin de rattraper des heures… Comme si les professeurs étaient interchangeables, quelle que soit leur spécialité.

carignan99 a écrit :

Ça pose des problèmes importants = l’engorgement des Universités avec des gens qui n’ont rien à y faire. Il existe pourtant des solutions (et pas nécessairement une sélection sur concours), il est vrai gênées ou empêchées par certaines postures idéologiques.

En effet, ce sont des milliers d’élèves qui gâchent leur vie à l’université à cause de ces postures idéologiques. Vous avez des filières avec des milliers de personnes en première année pour une centaine de places en master ! Des gens qui vont éventuellement redoubler et perdre encore plus d’années, pour de toute façon n’avoir aucun chance d’aboutir.

C’est un gâchis au-delà de toutes limites, en plus de niveler vers le bas la qualité des cours de licence, car il y a trop d’étudiants à gérer.

Mais je soupçonne qu’en réalité nos élites s’en fichent, puisque de toute façon, leurs enfants n’y mettront jamais les pieds.

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#129 27/05/2020 20h30

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IH, je ne sais pas bien ce que vous appelez les "élites" mais il y a certains domaines où il est difficile de ne jamais avoir mis les pieds à l’Université (considérez par exemple les disciplines déjà citées par carignan99 : droit, médecine, pharmacie, …)

Bien à vous,
cat

Dernière modification par cat (27/05/2020 20h47)

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#130 27/05/2020 21h13

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JeromeLeivrek a écrit :

En tout cas, il me semble qu’une grande majorité des étudiants qui passent de la prépa à une école ou à l’université est déçue par les cours des écoles ou de l’université. Et, de ce qu’ils disent, l’implication ou la compétence des enseignants est au centre de leur déception.

Ceux qui enseignent à l’université connaissent tous quelques enseignants pour qui les cours est l’avant dernier de leur souci. Ils sont rares mais suffisent pour pourrir une réputation.

Plus fréquent, ceux qui enseignent à l’université connaissent tous des cours qui sont effectués par des enseignants qui ne connaissent pas vraiment la discipline dans laquelle ils enseignent : les étudiants s’en aperçoivent très vite. C’est parfois le cas de moniteurs qu’on balance dans des cours ou TD dont ce n’est pas la spécialité, ou d’enseignant-chercheurs qui sont recrutés pour leur recherche et sont placés dans des cours auxquels ils ne connaissent strictement rien (j’ai un cas hallucinant en tête).

Je ne connais aucun exemple dans mon expérience d’enseignant-chercheur ou d’enseignant titulaire en maths dans le département où je travaille qui soit placé dans des cours où il ne connaisse rien. 

Des collègues qui s’adaptent mal à leur public, font des cours ou des examens trop durs ou font par dessus la jambe, ça, oui,  j’en connais. 

En cpge, l’Inspection Générale a la possibilité de ne plus affecter en cpge un collègue qui ferait n’importe quoi. Elle le fait peu. Mais ça arrive et cela permet d’éviter que comme en fac une erreur de recrutement se paye 30 ou  40 ans.

Le problème s’analyse en termes d’incitations rationnelles ou pour le dire autrement de carottes et de bâton. Le bâton dans les universités et les GE est en mousse, les carottes ne le sont pas mais sont dispensées sans libéralité excessive(*).   

Le problème de l’utilisation de moniteurs ou vacataires doctorants se pose surtout en L1-L2 et est d’abord une façon de fonctionner à moindre coût.  On n’arrive plus à faire venir beaucoup d’agrégés en poste au lycée  pour 40€/h   quand ils font 18h par semaine au lycée parce que les proviseurs  ont besoin d’eux pour l’etablissement. On n’emploie pas de gens sans contrat de travail, l’université ne voulant en aucun cas être redevable des charges sociales incombant à l’employeur principal. On n’en est pas à prendre de vacataires sous le statut d’auto-entrepreneur.

En sciences je n’ai pas l’impression que ce soit different. Une exception: les disciplines tendues.

On a en effet un problème très sérieux en informatique avec des départs dans le privé de jeunes collègues extrêmement compétents,  seuls spécialistes de sujets pointus. On les remplace temporairement par des Ater, qui sont des enseignants chercheurs temporaires, et ce n’est pas la même chose….. Le temporaire dure au moins 5 ans car le poste doit être gardé tant que le collègue ne démissionne pas (et il serait stupide de le faire).

Ce que je dis ici n’a pas une portée supérieure à la boutique qui m’emploie. Ce qui se passe dans les boutiques voisines, en droit, en histoire, ou dans d’autres universités, je ne le sais que par ouï-dire. 

Je n’ai toutefois pas de raison de penser que ce soit pire en GE ou en IUT.

(*) je n’alourdis pas l’exposé par le démontage du mécanisme de distribution de carottes.

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#131 27/05/2020 22h20

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JeromeLeivrek a écrit :

C’est parfois le cas de moniteurs qu’on balance dans des cours ou TD dont ce n’est pas la spécialité

Caratheodory a écrit :

On a en effet un problème très sérieux en informatique avec des départs dans le privé de jeunes collègues extrêmement compétents,  seuls spécialistes de sujets pointus. On les remplace temporairement par des Ater, qui sont des enseignants chercheurs temporaires, et ce n’est pas la même chose…..

j’ai bien rigolé en lisant vos interventions. Ça m’a rappelé des souvenirs.

Quand j’étais ATER, j’ai un peu rué dans les brancards avec le responsable de département. J’ai refusé de me faire enfler sur un cours dont j’étais chargé (il voulait me le comptabiliser en heures de TD, pour que je fasse 50% d’heures d’enseignement en plus, gratos, bref une gruge administrative).

L’entretien s’est passé ainsi :
- Le responsable : cette année, ça comptera dans votre service comme des TD
- Moi : pas possible, c’est un cours (comme l’an dernier)
- Le responsable : oui, c’est un cours (et ça le reste) mais c’est comme ça
- Moi : non, ça ne va pas se passer comme ça
- Le responsable : si vous refusez, on vous enlève votre cours et à la place, on vous donne les TD d’informatique à xxx (xxx étant une antenne de la Fac à 3 heures de route de là…), le lundi matin et le vendredi après-midi.
- Moi : ok, on va pas s’énerver non plus. Bien sûr que mon cours sera comptabilisé en heures de TD. Comme ça, je bosserais 50% de plus pour 0€ de plus.

Note : je précise que je ne possède absolument aucune compétence en informatique! Et que c’était il y a pas loin de 20 ans.

Apparemment et à vous lire, les pratiques RH moyenâgeuse et la difficulté à recruter des personnes compétentes en informatique n’ont pas l’air d’avoir beaucoup changé en 20 ans…

Dernière modification par carignan99 (28/05/2020 00h22)

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#132 27/05/2020 22h38

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Bon, il y a des bons et des mauvais profs, on en a tous connus, mais c’est la même chose dans tous les métiers non ?

Il y a ceux qui débutent et qui ne sont pas encore rodés, ceux qui ne sont pas pédagogues (à leur décharge, les profs sont peu ou pas formés à la pédagogie, incroyable non ?), ceux qui n’ont aucun charisme, ceux qui se trompent de public en visant trop haut ou trop bas, ceux qui ne sont pas intéressés par ce qu’ils font, ceux qui ont atterri là un peu par hasard parce qu’on avait un mal de chien à trouver qq’un à mettre en face des étudiants ou parce qu’il a fallu faire un remplacement au pied levé, etc … En CPGE le programme est carré, les postes sont demandés, donc tous ces pb se rencontrent moins, forcément.

Et l’avis des étudiants sur les profs est rarement unanime : certains vont apprécier tel prof parce qu’il a un cours très complet et super carré alors que d’autres vont préférer tel autre qui ne fait que des exercices d’application, certains comprennent mieux les notions abstraites et d’autres le concret, certains sont en tête de classe et d’autres sont en difficulté, etc …

Imaginez que vous vouliez apprendre l’espagnol. Si vous avez un super prof mais aucune motivation vous saurez tout juste baragouiner 3 phrases (entre nous c’est à peu près ce qui se passe au collège et au lycée), alors que si vous êtes motivés alors même pas besoin de prof : vous prenez une méthode et vous apprenez tout seul :-)
Tout ça pour dire que le paramètre le plus important dans un processus d’apprentissage c’est la MOTIVATION de l’apprenant, c’est de loin plus important que le talent du prof. Ce n’est pas une raison pour embaucher des profs nuls, mais il faut relativiser le rôle du prof.
Combien de fois on m’a dit "ah mais vous, en école d’ingé/en IUT, vous avez des étudiants motivés", je ne réponds pas toujours à voix haute, mais franchement non, le niveau de motivation global n’est pas du tout à la hauteur de ce qu’il devrait être. Et pour les enseignants, croyez-moi, c’est usant.

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#133 02/06/2020 14h28

Banni
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Je suis assez d’accord. Si les étudiants ne sont pas motivés ou ont perdu de l’intérêt, les capacités du prof, même exceptionnelles, sont souvent vaines. Le problème, c’est la volonté de vouloir mettre trop d’élèves dans une même classe. Car on ne peut pas déceler les élèves qui perdent cette motivation et il est alors difficile de travailler avec eux pour leur rendre l’envie d’apprendre.

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#134 02/06/2020 15h04

Modérateur
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Gap, le 27/05/2020 a écrit :

Bon, il y a des bons et des mauvais profs
…/…
le plus important dans un processus d’apprentissage c’est la MOTIVATION de l’apprenant, c’est de loin plus important que le talent du prof.

Je ne suis pas sur de bien comprendre. Je pensais que la pricipale qualité d’un "bon" prof, son principal talent, c’était précisément de parvenir à stimuler la motivation de l’apprenant (y compris en s’adaptant à l’apprenant), bien plus que de correctement maitriser tout ce qu’il enseignait et de savoir l’expliquer (ce qui est un prérequis pour s’appeler "prof", et qu’un simple bon tuto sur internet, ou même un bon livre, devrait souvent faire aussi bien).
Et il est plus facile d’être un "bon" prof avec certains apprenants qu’avec d’autres…


J'écris comme "membre" du forum, sauf mention contraire. (parrain Fortuneo: 12356125)

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#135 02/06/2020 16h14

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GBL Votre conception est très bonne.

Cependant je dirais aussi qu’elle est assez théorique / idéale, tellement en pratique "stimuler la motivation de l’apprenant" est qqchose de compliqué. On s’y casse facilement les dents.
Sans être particulièrement à la pointe je suis généralement volontaire pour réfléchir sur la pédagogie et tester différentes innovations (enseignements transversaux, classe inversée, visites d’entreprises, alternance, etc …). Si on mesure facilement la charge de travail que ça représente (mais c’est normal, c’est notre job), les résultats sont eux nettement plus mitigés.

Le manque de motivation des apprenants est vraiment le côté ingrat du métier, c’est un peu comme être parent : il vaut mieux éviter d’attendre une quelconque reconnaissance. Qui peut quand même venir parfois, par exple quand on croise les anciens étudiants qui reconnaissent que le travail qu’ils ont fait avec nous leur a été utile (on se satisfait même d’entendre qu’il leur aurait été utile de s’investir davantage…).

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[+1]    #136 02/06/2020 16h36

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@GBL
les enseignants sont bien entendu comme les chasseurs : y’a le bon chasseur et le mauvais chasseur.

Cela étant dit, on trouvera dans les Universités (plus dans certaines sections et/ou endroits que d’autres) une partie du public qui se fiche royalement de ce que vous pouvez raconter. Tout bêtement parce qu’ils sont là par hasard et comme les frais d’inscription sont modiques, pourquoi se priver…

Sans compter ceux qui viennent au moins en TD et aux examens tout bêtement pour toucher les bourses (qui fait dans ce cas office de RSA). Au moins dans les Universités qui appliquent ce principe de présence (qui peut poser des problèmes, notamment d’intimidation physique envers les enseignants).

L’enseignant pourra être génial…mais on ne fait pas boire un âne qui n’a pas soif!

Dernière modification par carignan99 (02/06/2020 16h37)

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#137 02/06/2020 16h42

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Je vous invite à lire cet excellent ouvrage de S.BRAUD - 80% au bac…et après.

Il décrit le fonctionnement d’une sous - fac - voulue par un homme politique d’envergure nationale, JP Chevenement - à Belfort / Montbéliard - et où se retrouve en première année une grande majorité d’étudiants n’ayant pas le niveau - mais bon, la bourse permet de financer une année sabbatique.

80 % au bac… et après ? - Stéphane BEAUD - Éditions La Découverte

Dernière modification par Kundera (02/06/2020 16h43)

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#138 02/06/2020 17h11

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Pour ma part, j’étais assez nul en langues pendant ma scolarité (pour diverses raison: j’ai commencé en étant vraiment débutant quand les autres avaient déjà des bases ou des facilités (dialecte local), et comme dans toutes les autres matières ça roulait sans trop d’effort, ma motivation a souvent été minimale pour les langues), et les seuls profs que j’ai eu que je considére comme "bons" sont ceux qui ont su titiller ma motivation pour me faire réellement progresser (et chacun l’a fait différemment).
Ce n’était assurément pas ceux qui maitrisaient mieux ces langues, la littérature ou la culture associée, ni ceux qui savaient expliquer. C’était juste ceux qui tenaient un peu compte de ma particularité/posture et qui n’enseignaient pas à 30 "robots-apprenants" sans jamais chercher à les comprendre.

J’ai aussi (il y a longtemps) donné des cours (de niveau 4ème à bac+5), et j’ai souvent été un mauvais prof (par ex. pendant mon service militaire, pourtant je maitrisais parfaitement le sujet enseigné, mais j’étais "peu motivé"), et parfois un bon (en cours particulier ou avec peu d’élèves, certes ça aide à comprendre ce qui motive l’apprenant (qui parfois annonçait clairement qu’il n’avait pas envie d’apprendre), même quand on ne maitrise pas trop la manière enseignée : j’ai même donné des cours de langues, et mes élèves ont beaucoup progressé !).

Après, je comprend que, si les apprenants montrent clairement qu’ils n’ont guère envie d’apprendre, c’est plus difficile pour le prof de rester motivé, et donc efficace. Ca joue un peu dans les 2 sens…


J'écris comme "membre" du forum, sauf mention contraire. (parrain Fortuneo: 12356125)

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#139 03/06/2020 08h49

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GoodbyLenine, le 02/06/2020 a écrit :

Après, je comprend que, si les apprenants montrent clairement qu’ils n’ont guère envie d’apprendre, c’est plus difficile pour le prof de rester motivé, et donc efficace. Ca joue un peu dans les 2 sens…

Tout à fait.
Pour être complet il faut encore ajouter que l’institution n’aura pas non plus de reconnaissance pour le bon prof qui se bouge les fesses, qui sera payé pareil que le mauvais qui se la coule douce (Il peut y avoir quelques exceptions, mais vraiment à la marge et de manière assez opaque, donc on ne peut pas compter dessus).

Donc peu de reconnaissance que ce soit de la part des apprenants ou de l’institution. Il faut avoir la foi :-)

Je ne voudrais pas non plus dresser un tableau trop noir, il y a plus malheureux sur Terre qu’un prof en France… En particulier (comme j’ai déjà écrit dans la file) j’apprécie la grande liberté que j’ai dans l’organisation de mon travail : étant plutôt efficace, j’arrive à me dégager pas mal de temps libre.
Ca permet de recharger les batteries.

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#140 13/06/2020 22h06

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Normalement, je devrais faire de la recherche mais comme je suis pour un an encore aux manettes de mon département, le mois de Juin est pour moi consacré à la préparation de la rentrée en mode "hybride", ç.à.d. en respectant des modalités de distanciation sociale qui divisent par trois  les capacités des salles.

La ministre a envoyé jeudi une circulaire où pour la première fois luit l’espoir d’une rentrée en présentiel même si les consignes actuelles sont de la faire sous forme "hybride".

On a commencé à s’y preparer depuis 3 semaines et on avance doucement mais surement. La partie dont je m’occupe n’est pas la plus compliquée (le plus compliqué c’est TOUJOURS le L1!)  et je ne suis pas inquiet. Le plus désolant est que je n’ai qu’un souhait: que ce travail de préparation ne serve à rien.

Je pense que la base sera, en Septembre, très remontée contre la LPPR et la reforme des retraites si elle vient à être relancée et elle ne veut pas entendre parler d’autre chose que d’une rentrée normale.  Les syndicats sont chauffés à blanc.

Si rien ne se passe d’ici là, il y avoir des Septembre des AG pour essayer d’enflammer les étudiants contre les violences policières.

Bien, ça se présente encore plus mal que l’an dernier.

Mes taches administratives sont certes moins ennuyeuses quand c’est le bazar mais j’aimerais autant qu’elles ne deviennent pas trop intéressantes.

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#141 14/06/2020 16h10

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Bonjour Carathéodory,
Même son de cloche et même ambiance générale du côté des prépas.
La semaine du 8 juin, on a assisté à un changement de son de cloche. Comme si le vent avait tourné.

On se prépare activement à mettre en place un protocole sanitaire strict dans la schizophrénie la plus totale, puisque tout le monde espère qu’il n’aura pas lieu d’être puisqu’il semble impossible à appliquer, notamment en considération de nos locaux  très exigus.

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#142 14/06/2020 19h52

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Depuis la crise des gilets jaunes, suivie d’assez près par les manifestations contre le réforme des retraites (doublées, pour les classes préparatoires, du mouvement anti-réforme du lycée), puis la crise du coronavirus, l’enseignement supérieur n’a jamais véritablement pu repartir en France.

Un collègue professeur des universités parti à la retraite il y a deux ans me confiait récemment qu’il avait l’impression d’avoir quitté le navire à temps.

La situation sanitaire nous a brièvement fait oublier à quel point le système éducatif public était en péril. Ses suites risquent de nous le rappeler avec force.

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#143 14/06/2020 20h01

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"Ex. caricatural et emblématique : les Bac pro laissés libres de s’inscrire en fac de droit "

Et pourtant je suis un "BAC pro équivalent belge" qui a fini dans le top de ma section universitaire en licence ^^.

Il faudrait peut être quand même un examen d’entrée pour éviter les touristes mais bon.

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#144 14/06/2020 22h00

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Je crois que cette saillie illustrative était de moi.
’Bac pro belge’, je ne connais pas.

Sinon, je sais une chose : dans l’Université du coin, le taux de réussite des Bac (français donc) Pro en L1 Droit, sur les 10 dernières années = 0,0 quelque chose %. De mémoire, il y a deux cas de réussite, dont une formidable (genre régulièrement major de promo et reçu dans les premiers à l’examen d’avocat). Sachant qu’il s’agissait d’une reconversion professionnelle, une jeune personne ultra motivée et très mature (membre des forces de l’ordre qui a repris ses études).
On retrouvera le même schéma sur l’ensemble du territoire.

La seule chose qu’il est possible de faire, c’est de les convoquer à un entretien avant leur inscription. Pour essayer de les dissuader mais c’est souvent comme pis.ser dans un violon.

Mais il s’agit de cas particuliers, illustratifs. Le drame est plus général : en laissant tout le monde s’inscrire où il veut (ou presque), l’Université se retrouve engorgée avec 1) des touristes et/ou 2) des gens qui n’ont absolument pas le bagage scolaire (et pas la maturité nécessaire pour surmonter ce handicap) pour faire certains types d’études. Et tout ça a un coût énorme pour la collectivité.

Une petite sélection à l’entrée (amha qui ne devrait surtout pas être de type concours ou examen) ne ferait pas de mal. Beaucoup réfléchiraient avant de foncer comme des poulets sans tête dans des cursus et seuls les motivés (qui se seraient renseignés en amont) tenteraient leur chance. Mais bon, avant que les digues idéologiques ne sautent à ce sujet, il peut se passer beaucoup de temps.

Dernière modification par carignan99 (14/06/2020 22h02)

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[+1]    #145 14/06/2020 22h53

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Je vais un peux mieux étayer mes propos "bac pro équivalent belge" veut simplement dire que j’ai eu l’équivalent d’un bac pro en Belgique ( CESS profesionnalisant si vous voulez ). Je fais juste l’effort de traduire en français de France pour aider à la lecture.

Je peux dire qu’il y a de gros problèmes à l’université française, car je viens d’y faire mes études :

-Les touristes. Leur objectif est de toucher la bourse. Seul 0.2% des touristes se font controlés et sont obligés de rembourser l’état, l’université couvre ces fameux touristes pour je ne sais quelle raison ( elle pourrait les dénoncer ). Ils passent rarement la première année.

-Les touristes catégorie II, des étrangers qui ne sont là que pour avoir les papiers et/ou rester en France.

Ca c’est les problèmes d’ordre pécuniers, il y a pire :

-La séléction absurde du système "parcoursup" fait que des élèves qui sont par exemple hyper bon en informatiques ne sont pas pris, car leur moyenne au bac rentre pas dans les cases. Forcément on test que les maths au BAC, pas si l’élève sait déjà coder en Python.

… Ce qui conduit de nombreux français en Belgique pour poursuivre leurs études, pour devenir infirmiers par exemple. Et ça je trouve ça TRES grave.

-Les sytèmes d’échellon boursier varient de 1000 à 5500 euro. Sauf qu’il est très facile d’être hors des clous. En pratique les parents ont parfois presque intéret à baisser artificiellement leur imposition pour bénéficier de ce genre d’aide ( + bourse erasmus+ , bourse des hauts de France, Metro gratuit, crous, , inscription gratuite au lieu de 300 euro et pleins d’autres ). Avec des parents gagnant 2 smics ensemble, on ne bénéficie de quasiment aucune aide, donc il faut presque qu’un des deux se mettent au chomage pour bien faire.

-Les redoublements ne mettent pas automatiquement fin à la bourse, malheureusement

Donc en résumé, on a des étudiants obligés de travailler car leur deux parents sont en train de travailler au smic et qu’ils ne reçoivent qu’environ 1000 à 2000 euro de bourse et doivent quasiment tout payer en parallélle ( inscription métro etc ) pendant que des branlos familles RSA +++ tapent dans l’échelon 7 de la bourse et tapent dans les 5500 euro et ont quasi tout gratos ( metro et frais divers ).

L’état et l’unviersité se plaignent de ne pas avoir assez d’argent, mais à coté ça offre gratos des études aux étrangers ( ils ont manifestés contre Macron en masse, qui voulait y mettre fin ), ça paie des études sans conditions de réussite ( donc certains redoublent et touchent la bourse en continu tout en travaillant à coté ), offre des études erasmus + à Grenade et Barcelone, ou en Italie où en gros, les étudiants foutent rien, boivent et bai*** grace aux aides européennes ( abbérantes à des multiples points de vue : elles sont divisées en 3 zones de "cout de la vie" qui ne reflétent en aucun cas le cout réel sur place ) …

Pour information, j’ai été en échange universitaire en Russie, j’ai reçu aucune aide ( de toute façon pour cette zone ça aurait été genre 125 euro par mois ), c’était quasiment militaire et le mot "s’amuser" ne fait pas partie de mon vocabulaire… Mais au moins y a du résultat !

Pour les zones géographique de Erasmus plus la première zone est composée de :

-Groupe 1
Pays membres du programme où le coût de la vie est plus élevé :

Danemark, Irlande, France, Italie, Autriche, Finlande, Suède, Royaume-Uni,
Liechtenstein, Norvège

Groupe 2
Pays membres du programme où le coût de la vie est moyen :

Belgique, République tchèque, Allemagne, Grèce, Espagne, Croatie, Chypre,
Luxembourg, Pays-Bas, Portugal, Slovénie, Islande, Turquie

Groupe 3
Pays membres du programme où le coût de la vie est plus faible :

Bulgarie, Estonie, Lettonie, Lituanie, Hongrie, Malte, Pologne, Roumanie,
Slovaquie, ancienne République yougoslave de Macédoine

J’ai mis en gras les cas les plus choquant : on considére que vivre en Italie est plus cher qu’au Luxembourg et on octroye une meilleure bourse à ceux qui vont en Italie ( pour se bourrer la guelle et faire la fête bien entendu avec 500 euro cumulable à d’autres aides de type bourse mermoz c’est la fiesta ne vous inquiétez pas pour eux ). Par contre ceux qui vont au Danemark, au Royaume unis ou en Suéde eux ils sont vraiment mal barré avec 500 euro. De toute façon il y a très peu de place dans ces universités.

Donc pour résumé, l’université française ne manque pas de moyens. Elle les gaspilles. Et c’est votre argent qui est jetté par la fenêtre.

Dernière modification par Michel1993 (14/06/2020 22h55)

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#146 14/06/2020 23h39

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En parlant des étudiants étrangers, l’élite (et les riches) de mon pays (asiatique) envoient leur enfants aux US et UK pour les études supérieurs. La France est une destination des "pauvres" smile

Et l’élite française, où étudient leur progénitures?

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[+2]    #147 14/06/2020 23h51

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@Ours: non. L’enseignement supérieur fonctionne. Il pourrait fonctionner mieux, je n’en disconviens pas.

@Michel1993: oui. Ça me met très mal à l’aise.

J’estime cependant n’avoir absolument aucune responsabilité en ce qui concerne ces états de fait. Je n’ai même pas manifesté contre la loi Devaquet alors que j’étais jeune, beau et de gauche (très modérée certes).

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#148 15/06/2020 00h23

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Je sais qu’il est malvenu de faire deux posts de suite, mais pour la lecture ce sera préférable.

Voyons la qualité des cours en eux-même

La majorité des cours ( 75% ) sont bons et utiles. Dans ma formation en licence elles sont orientée pour la traduction, le journalisme, l’enseignement, l’hotellerie, la vente, import-export ( spécialité à choisir ), le call center … Bref tout ce qui est autour des langues.

Toutefois, l’équilibre des UE et la présence de certaines UE pose question.

-Les options de type sport/danse/atelier audiovisuel sont obligatoires en choix et valent des crédits ( il en faut au moins 30 sur 60 pour passer l’année ). Mais le truc c’est qu’une UE poney peut compenser une UE informatique. C’est quand même étrange, en plus de ne pas avoir de rapport avec nos études. Ils ont aussi rajouté une UE étude de genre et lutte contre le racisme/féminisme ou je sais pas quoi.

-L’UE culture numérique où on nous oblige à regarder des vidéos nous expliquant comment ouvrir une boite mail …

-La surprésence de certains cours td et cm comme civilisation, au détriment de l’apprentissage de la langue ( que 6 heures de russe ), d’où le fait que beaucoup d’étudiants ne peuvent pas être trilingues à la sortie de leur licence. Bien que pour certaines langues comme le néerlandais, c’est faisable, pour d’autres comme le russe ou le chinois, c’est impossible. Vous vous imaginez bien que si quelqu’un comme moi qui veut vivre en Russie ne maitrise pas le russe après 3 ans de licence, ce n’est pas faute de volonté.

-Certains cours ont une présence qui n’est pas justifiée. La comptabilité ( appellée analyse financière ) par exemple qui ne dure qu’environ une 40 aine d’heure. Concrétement peut on devenir comptable en 40 heures ? Non. La comptabilité est une compétence utile, mais elle n’est pas pertinente au sein de la licence LEA. Si on veut faire de l’analyse financière ou de la comptabilité on ne va pas en langue point. Quel patron pourrait nous engager sur cette base ? Encore que pour des gens comme moi qui sommes intéressés et au courant de beaucoup de choses ( dont la fiscalité des dividendes et l’immobilier ) on pourrait peut être valoriser notre savoir dans une banque, mais en pratique des gens formés pour feront beaucoup mieux que moi. Je ne sais pas si honnêtement on m’engagerai dans une banque avec ma licence.

-Cours orienté franco-France, ou euro-France : pour une licence en langue, c’est un peu triste que certains cours comme création d’entreprise ne soient que centrés autour de la France. Si on fait une licence en langue étrangère c’est quand même bizarre que certains cours n’évoquent pas par exemple, l’expatriation pour ouvrir un business mais ne parlent que des statuts des entreprises en France?

-Cours de civilisations trop orienté sur le social : on parle du welfare state ( état providence ), l’immigration à chaque fois ( de la première à la 3 éme année, ce n’est QUE ça ), mais on oublie absolument tout les autres aspects : l’art, les différents services du pays, le marché de l’emploi, l’ouverture d’une entreprise là bas, le fonctionnement des soins de santé et de la retraite.

Après avoir exposé la façon dont les cours s’articulent, je m’exerce à un exercice d’autocritique :

-Des ateliers d’amélioration de la langue existent en parallele, mais je n’y ai pas participé car la première, la deuxième et la troisième fois que j’y suis allé j’ai été gentillement remballé. J’aurais du insister un peu plus. Ils ont cependant des horraires d’ouvertures intenables parfois pour les langues rares.

-J’aurais pu travailler plus par moi-même de mon coté à l’amélioration de la langue anglaise. J’ai vraiment été trop fainéant en me disant : mon objectif est de vivre en Russie, pas aux USA donc j’ai quasiment toujours étudié mon russe et jamais ou presque l’anglais. Erreur stupide, mais ça se rattrape.

-J’ai mal géré le temps étudié sur certains cours : le cours de compta française je l’ai pas vraiment taffé en me disant que c’était la même chose que ce que je fais en analysant les actions. Vraiment mais vraiment pas. J’ai sur-travaillé en informatique et vraiment peu en anglais.

-A la bibliothéque, je flanais la moitié du temps sur les cours de bourse. mais je travaillais quand même disont les 2/3 du temps. Taylor avait raison quant à la chasse à la flanerie, c’est l’enemi de l’efficacité.

-Le cours de français de Voltaire project aurait pu me permettre de me concentrer sur mes erreurs de français, je l’ai pris à la légère et l’ai perçu comme un cours barbant. Je crois cependant que mon niveau de français est honorable et que je reste agréable à lire, même si quelque peu synthétique. L’esprit scientifique induit par ma précédente formation en pharmacie ne m’a jamais quitté.

PARTIE 2

Le dernier point, c’est la motivation des profs, la recherche.

La majorité des profs sont motivés et font de la qualité au possible.

Mais il faut bien se rendre compte qu’il n’est pas possible pour un prof de corriger et de tester à l’oral entre 20 et 50 étudiants. L’exercice écrit est favorisé, cela va de soit.

Certains par contre se distinguèrent par des taux d’absentéismes halucinant, entre les grèves et les "trains qui se perdent ici et là" certains eurent + de 50% d’absence.

Un de nos profs d’économie avait pris à coeur de nous expliquer la réforme des retraites en France, et le fonctionnement des différents "pilliers" pour essayer plus ou moins de nous convaincre de manifester ( en placardant des affiches partout ).

Il n’avait malheureusement pas compris que :

-la moitié des étudiants sont étrangers et fondamentalement, la réforme des retraites françaises ne les conçernent pas.
-L’air du temps est au "jem’enfoutisme, on veut s’amuser" donc déjà qu’ils pensent même pas à leur insertion sur le marché de l’emploi, penser à leur retraite …
-C’est pas sexy la lutte contre les retraites. La mode c’est les marches à la con pour le féminisme, contre le racisme et pour le climat. Des sujets qui ne changeront fondamentalement pas leur vie, en fait.

Je n’eus osé lui dire quoique ce soit, déjà que j’étais catalogué supporter du Frexit et du Belxit, il ne valait mieux pas en rajouter si je tenais à mon année ( même si je pense qu’il ne m’en aurait peut être pas tenu rigeur ). L’université rappelle beaucoup qu’elle est pro européenne, néanmoins, elle devrait se rappeller qu’elle financée par tout les citoyens, y compris par des anti européens.

Pour la recherche, je ne puis m’étendre mais je pense que le problème n°1 est l’utilisation des budgets qui sont mal alloués en amont. Très peu de concours dédiés à la science aussi cela reste à déplorer, l’université devrait un peu regarder ce qui se fait parmi les meilleures, le MIT par exemple. Je ne disserterai pas trop sur la recherche car si il faut que je me garde de donner mon avis sur des sujets que ne maitrise que partiellement.

Dernière modification par Michel1993 (15/06/2020 00h48)

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#149 15/06/2020 05h46

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@Michel1993

Vos longs messages semblent traduire une frustration que vous n’arrivez pas à évacuer.

Certes, l’enseignement supérieur en France (comme ailleurs je pense) présente des lacunes. (cf la répartition des bourses que vous évoquez). Néammoins, il faut reconnaitre que comme le système de santé, l’enseignement connait une très forte inertie au changement car les solutions doivent être réflechies et appliquées d’un point de vue systémique. Sans vouloir le nivelement par le bas, ni par la moyenne, il convient aussi de mettre en perspective les défauts avec les apports significatifs de l’enseignement actuel.

Oui, le système n’est pas efficient. Doit-il l’être? Peut-il l’être? Je ne pense pas qu’on peut transposer la gestion d’une entreprise à l’enseignement supérieur.

Concernant votre point sur le cours de comptabilité, je vous trouve dur, ou naif. Je ne pense pas que c’est dans les objectifs pédagogiques de vos enseignants de faire de vous un "comptable" en 40h de formation. Pour cela, une autre licence (et certainement master) existe, celui de comptabilité. Cette UE a sans doute pour rôle d’éveiller, d’intier ceux qui dans cette formation LEA vont poursuivre dans une profession libérale. Cela peut leur donner quelques clés de lecture et élements de langage quand ils vont échanger avec leur expert compatable.
Même si l’on n’a pas vocation à être indépendant, un cours d’initiation dans une matière peut-être vu comme de la "brain food", pour améliorer sa connaissance sur le monde, confronter ses idées, apprendre et s’élever dans la société.
Venant d’un cursus scientifique, j’aime à penser que sans mes cours d’histoire ou d’économie, je ne serais qu’une machine à calcul.

Certes, on peut avoir l’impression (ou la conviction) que l’Etat (avec vos deniers!) gaspille de l’argent avec le financement des étudiants Erasmus qui partent à l’autre bout du monde pour étudier-voyager-faire la fête. Mais dans la vie, c’est très difficile de tout mettre face à un coût et retour sur investissement. Il faut aussi prendre en compte ceux qui reviennent avec l’envie de travailler deux fois plus forts, avec des idées de business glanées au fil des échanges ou de la découverte des pays, de la culture qui vient enrichir notre pays. Bref, certes on peut repenser ce financement, comme on peut repenser tous les finacements mais d’un point de vue systèmique.

Passons certains discours de comptoirs pour en venir aux questions :

- Vous êtes critique sur la licence LEA, au point de dévaluer la valeur de ce diplôme : pourquoi avoir choisi une formation qui est donc dévaluée?

- Qu’en est-il de l’équivalent en Belgique? Pourquoi ne pas avoir continuer vos études dans ce pays?

Ce message me coutera certainement quelques "-1" mais j’ai été un peu irrité par certains paragraphes. L’école de la République m’a permis d’être l’homme que je suis (et que nous sommes) aujourd’hui. Alors oui cela demande du travail, de l’abnégation et parfois (souvent) il y a de l’injustice, de l’inéficience, de l’inégalité. Mais cela vous construit et vous donne des clés pour choisir vos combats.


Apprendre, toujours.

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Favoris 1   [+1]    #150 15/06/2020 09h49

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Michel1993, le 14/06/2020 a écrit :

-Les touristes. Leur objectif est de toucher la bourse. Seul 0.2% des touristes se font controlés et sont obligés de rembourser l’état, l’université couvre ces fameux touristes pour je ne sais quelle raison ( elle pourrait les dénoncer ).

Une des raisons (pas la seule mais celle-ci est du vécu) :
- Comme il se doit, le corps enseignant le signale au Crous
- Le Crous stoppe le versement de la bourse et exige le remboursement de ce qui a déjà été perçu (donc de grosses sommes en général)
- Vous vous retrouvez avec des menaces et intimidations plus ou moins poussées envers les enseignants…

Et comme les enseignants ne sont pas tous spécialistes en Krav Maga…ils finissent par lâcher l’affaire. Ou y réfléchissent à deux fois.

Je ne dit pas que c’est généralisé ni une cause unique mais ça existe.

Dernière modification par carignan99 (15/06/2020 09h50)

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