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[+1]    #101 25/05/2020 12h05

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Mon épouse travaillant dans une cpge de province plutôt dans le haut du panier (en philo, pas en maths, ce qui est moins intéressant financièrement), je peux témoigner d’une grande implication des profs.

Dans le cas de ma femme, agrégée et docteure, il y a des quantités astronomiques de copies à corriger. Ce n’est pas loin d’être le problème principal de notre couple. En effet j’ai 10 ou 20 fois moins de copies à corriger.

Ils ont été bien meilleurs que je ne le pensais au moment du confinement. Je pensais qu’ils allaient avoir plus de problèmes que nous à la fac pour  déployer les solutions informatiques parce que ce sont les profs de maths qui s’en sont chargés et ils sont moins bons que les informaticiens pour ça. 

En fait non, ils ont démarré un peu moins vite que nous mais ont été  opérationnels des la première semaine , et ils ont eu une meilleure vision des difficultés rencontrées par leurs étudiants - qui sont moindres que celles que j’ai observées chez les miens. Bon, ma femme m’avait moi comme technicien informatique domestique ce qui lui a permis de n’être pas trop bloquée par des bêtises.

Le proviseur du lycée est tellement content de comment ça se passe en cpge en distanciel qu’il ne veut pas les faire rentrer en Juin (*)! En même temps il a les écrits des concours à organiser….

Ensuite pour le recrutement des profs en cpge, il est clair que l’IG ne recrute pas les mêmes suivant les établissements.  Ce qu’on dit aux agrégatifs de maths, c’est qu’il faut être dans les 50 premiers et que l’IG valorise le doctorat (et préfère les normaliens). Dans le cas de ma femme, qui n’est pas normalienne, le doctorat était pratiquement obligatoire.

(*) En revanche, il veut faire rentrer les classes de seconde et de première…..

Dernière modification par Caratheodory (25/05/2020 12h14)

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#102 25/05/2020 16h18

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JeromeLeivrek, le 24/05/2020 a écrit :

On ne se pourrit pas forcément la vie en prépa ! Certains oui, d’autres non. Perso, j’ai adoré mes années de prépa. Et je ne suis pas le seul. Ca vaudrait le coup de trouver un sondage sur le sujet pour en finir avec cette légende.

Ai également adoré mes années de prépa.

Et quelle que soit l’école que l’on intègre après, cela reste une super formation pour le monde du travail et la vraie vie. On y apprend la rigueur, à être pugnace/ se battre pour ce que l’on veut avoir, à travailler efficacement et intelligemment, à travailler en équipe (je rejoins certains commentaires sur l’entraide entre étudiants, j’étais pour ma part dans une petite prépa pas connue), à travailler en mode "blitzkrieg" pour finir un projet en 1 ou 2 jours, cela donne de la confiance en soi…

A mon niveau je vois la différence entre des jeunes diplômés (ou moins jeunes) sortis de prépa vs autres formations et même des années après.

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#103 25/05/2020 16h52

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Etant prof de prépa ( maths et info) les messages de Yoda et autres ne peuvent que me faire chaud au coeur, surtout quand on les met en balance avec le prépa-bashing qui a cours dans les journaux où il est de bon aloi de faire frissonner dans les chaumières en montrant à quel point c’est l’enfer les classes prépa.

Pour le fonctionnement depuis le confinement, pour ma part cela se passe parfaitement.
J’utilise zoom et surtout discord avec le bot texedit qui me permet de taper en direct mes formules tex que les élèves voient s’afficher compilées - c’est mieux qu’au tableau.
Les élèves sont hyper assidus et on va même plus vite qu’en temps normal - on fait plus d’exercices, plus de problèmes.
Maintenant je ne me fais pas d’illusion: c’est possible parce que je connais très bien mes élèves, qu’un rapport de confiance s’est instauré et que je peux maintenant leur demander à peu près n’importe quoi ils le font sans rechigner… Cela ne serait pas possible avec de parfaits inconnus, d’où mes inquiétudes pour la rentrée de septembre si elle a lieu en distanciel.

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#104 25/05/2020 17h03

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DoctusMonkey a écrit :

Etant prof de prépa (maths et info)

Souvenir d’un récit surréaliste d’un neveu, à propos de son prof de math en prépa à Paris il y a 20 ans : tellement rapide et doué, ne se retournant jamais au tableau, et écrivant des deux mains


Ericsson…!  Qu'il entre !

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#105 25/05/2020 17h59

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DoctusMonkey, le 24/05/2020 a écrit :

Pour aller dans le sens de JéromeLeivrek, les années de classes préparatoires scientifiques sont le plus souvent perçues a posteriori par nos élèves ( j’y enseigne) comme un havre de paix et d’intelligence avant la déception occasionnée par la superficialité de l’enseignement dispensé dans la plupart des écoles d’ingénieurs où, dans le meilleur des cas, on privilégie les effets d’affichage, du style ’ on va vous enseigner la théorie de l’intégration de Lebesgue’ et vous découvrez finalement que le module dure 15 heures et que tous les résultats principaux de la théorie sont admis sans démonstration ( amphi à moitié vide, imposture des examens…).

Euh pardon mais là vous faites dans le complexe de supériorité, je ne peux pas vous laisser cracher sur les écoles d’ingé comme ça …

Je vous donne un autre son de cloche pour contrebalancer, en m’appuyant sur mon expérience passée (élève en prépa et en grande école, prof en école d’ingé) :
1- En tant que prof je ne suis pas intéressé par la prépa, ce n’est que du bachotage pour les concours, peu stimulant intellectuellement parlant
2- En école d’ingé, le pb est que les étudiants arrivent sans savoir où ils mettent les pieds. Ils ont choisi leur école en suivant de mauvais critères = les classements des écoles. Ils n’ont pas réfléchi à ce qui les intéresse : la chimie ? l’informatique ? la mécanique ? … Ce qui fait que la plupart des étudiants se retrouvent dans une spécialité qui ne les intéresse pas. A la fin ils disent souvent qu’ils sont "ingénieur généraliste", mais s’ils avaient travaillé ils auraient dû être spécialiste de quelquechose !

Un copain disait : "Une école d’ingé, ça sert à faire toutes les conneries avant d’aller bosser". C’est un point de vue. Mais à ce compte-là, c’est aussi un grand gâchis, on ferait mieux de fermer les écoles et de les envoyer bosser tout de suite.
Quelque part c’est un peu l’idée de l’apprentissage (solution intermédiaire qui a beaucoup d’atouts au final).

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#106 25/05/2020 18h21

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J’ai beaucoup appris à travers vos récits, merci.

J’ai juste l’impression que la comparaison implicite est classe prépa vs. fac/IUT. Ce que je souhaite comparer est en fait la classe prépa "classique" et la classe prépa "intégrée", qui est proposée par pas mal d’écoles ingénieur maintenant (FIMI d’INSA… comme dit Caratheodory).

Pour quelqu’un qui connait précisément le métier qu’il voulait faire, qui peut trouver son bonheur parmi ces écoles, la prépa intégrée ne serait pas la voie la plus optimisée?

Et qu’en pensez vous des écoles ingénieurs privées (en terme de niveau/réputation/réseau), qui affichent pour la plupart d’entre eux "100% des diplômés sont en poste dans les 3 mois qui suivent la sortie d’école"?

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#107 25/05/2020 18h29

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Bonjour Wow,

à moins d’avoir déjà des idées bien établies sur son futur métier, il me semble que les classes prépa "classiques" laisseront un éventail beaucoup plus large de possibilités à votre fils que les classes prépa "intégrées".

Bien à vous,
cat

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#108 25/05/2020 18h42

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Wow a écrit :

Pour quelqu’un qui connait précisément le métier qu’il voulait faire […] la prépa intégrée ne serait pas la voie la plus optimisée?

Sans aucun doute. C’est mon parcours personnel. Je savais exactement ce que je voulais faire et j’ai eu par un cycle intégré une école très demandée, qu’il aurait pu être difficile d’avoir par la voie des concours. Et j’ai appris beaucoup en prépa.

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#109 25/05/2020 18h49

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cat a écrit :

à moins d’avoir déjà des idées bien établies sur son futur métier, il me semble que les classes prépa "classiques" laisseront un éventail beaucoup plus large de possibilités à votre fils que les classes prépa "intégrées".

Non, vous avez des réseaux de prépas intégrées qui laissent un large choix à l’issue des 2 années (voeux attribués en fonction du classement donc idem CPGE classiques au final), par exple les prépas des réseaux INSA, INP et Polytech.

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#110 25/05/2020 19h00

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Gap, vous parlez visiblement de classes prépa qui sont "classiques" et qui sont juste "intégrées" parce qu’elles ne sont pas sous l’égide d’un lycée, non?

Bien à vous,
cat

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#111 25/05/2020 19h14

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@Gap
je ne comprends pas votre argumentaire: vous m’accusez d’attaquer la qualité de l’enseignement en école d’ingénieurs et vous terminez votre message en expliquant que si on les supprimait en les remplaçant par de l’apprentissage on ne se porterait pas plus mal.

ce que je vous dis à propos de l’intégrale de Lebesgue est un fait précis et avéré, après mon propos est peut-être un tant soit peu caricatural mais la citation de votre ami en dit quand même long sur la mentalité ambiante  "Une école d’ingé, ça sert à faire toutes les conneries avant d’aller bosser": c’est à mon sens une critique bien plus terrible.

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#112 25/05/2020 19h15

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@cat: ce sont des prépa intégrées de ces réseaux. Je suis allée aux portes ouvertes et ai discuté avec les professeurs et étudiants, apparemment le rythme est beaucoup plus cool que la vraie classe prépa.

Après j’imagine que c’est assez difficile (impossible?) de faire classe prépa de Polytech et changer à l’INP à la 3ème année?

Ce qui est embêtant c’est comme dit Pezzul: "qu’en post-bac les écoles d’ingénieurs publiques font l’objet d’une concurrence rude". Je connais plusieurs cas qui ont été recalés à l’INSA Lyon en prépa intégrée puis acceptés suite au concours de la vraie prépa.

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#113 25/05/2020 20h02

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Wow, je connais une des ces prépas "intégrées" de réseaux (ma vision est donc tout sauf exhaustive) et je trouve que la notion d’intégration est faible : les locaux, les enseignants (en grande partie) sont spécifiques à la prépa, et le programme est le même que pour n’importe quelle autre prépa.

J’en conclus que, si l’ambiance est vraiment "plus cool", les débouchés réels en terme de concours doivent être différents d’une prépa classique.

Par ailleurs, j’ai les mêmes échos que vous et il semble effectivement que l’entrée dans une INSA post-bac soit aujourd’hui bien plus sélective que dans les meilleurs classes préparatoires (au moins celles du voisinage direct des INSA).

Bien à vous,
cat

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#114 25/05/2020 20h18

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cat a écrit :

J’en conclus que, si l’ambiance est vraiment "plus cool", les débouchés réels en terme de concours doivent être différents d’une prépa classique.

Justement c’est plus cool parce qu’il n’y a pas de concours à préparer, cela enlève quand même énormément de travail/pression non?

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#115 25/05/2020 20h50

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Il est probable effectivement que les concours soit une source de stress supplémentaire pour les élèves de prépa "classique" mais ils devraient pouvoir ouvrir également plus de portes.

Bien à vous,
cat

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#116 25/05/2020 20h53

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Ben, ça dépend. Si vous savez quelle école faire et qu’elle propose un cycle intégré, ça sera sûrement une voie moins stressante et statistiquement plus avantageuse pour rentrer dans cette école.

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#117 25/05/2020 21h08

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Wow a écrit :

Pour quelqu’un qui connait précisément le métier qu’il voulait faire, qui peut trouver son bonheur parmi ces écoles, la prépa intégrée ne serait pas la voie la plus optimisée?

Si vous voulez faire ingénieur spécialisé dans un domaine bien particulier et rien d’autre, alors oui faire une école post-bac offrant cette spécialisation est le plus optimisé. Mais c’est rarement le cas des élèves de terminales de savoir quel métier ils voudront faire 5 ans après, et ça peut changer rapidement.

Si vous êtes sûr de vouloir être ingénieur, sans domaine particulier pour le moment, autant vous dire que vous n’avez aucune idée du métier que vous souhaitez faire, ingénieur étant un terme extrêmement vaste. Dans ce cas autant faire une prépa classique pour avoir le plus de portes ouvertes, ou un cursus parallèle (IUT, fac…) mais les débouchés ne sont pas exactement les mêmes quand même, c’est pratiquement impossible de majorer son école d’ingénieur en venant d’un cursus parallèle à mon avis (mais majorer son école ne sert à rien dans 90% des écoles). A mon avis, les cursus parallèles ou l’apprentissage sont à privilégiez dans de nombreux cas, sauf si l’objectif est de viser le haut du panier.

Et si vous n’avez aucune idée du métier, que vous ne savez pas si vous serez pilote d’avion, architecte, officier militaire, professeur, chercheur, actuaire, contrôleur aérien, haut fonctionnaire, chef d’entreprise, ingénieur, trader… et plein d’autres métiers possibles (on peut même se réorienter médecin sous certaines conditions !), alors autant faire une prépa classique, pour la formation exceptionnelle dispensée qui facilitera les (ré)orientations.

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[+3]    #118 25/05/2020 21h36

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Je vais évoquer mon cas personnel, qui n’a bien sur pas valeur de vérité absolue.

J’ai fais la prépa intégrée de l’INSA, il y a prés de 30 ans.
Je ne l’ai pas fait par conviction, venant du monde ouvrier, je ne savais pas ce qu’était un ingénieur. Je l’ai fait parce que mes profs m’ont conseillé de le faire, et que mes parents pensaient que c’était une bonne chose de le tenter, même si j’échouais. Alors, je pourrai reprendre un DUT comme je l’envisageais à l’origine. Je me suis laissé convaincre de tenter l’expérience, d’autant que cela ne coutait pas plus cher à mes parents que d’aller à l’IUT.

Parti d’un bac E, mention bien, 14 tout rond avec les options et un très bon 19.5 / 20 en option sport (gymnastique, épreuve que j’ai passé avec les pensionnaires du centre national dont le champion de France B et le champion de France A aux anneaux, avec qui je passais mes diplômes de juge et d’entraineur fédéraux).
Bref, sur les 79 admis depuis un bac E, je fus 77eme au classement d’admission. Inutile de vous dire qu’aujourd’hui, avec 14 au bac, l’INSA en admission directe en 1ère année, c’est même pas dans les rêves !

Section spéciale bac E, enseignement spécifique pour renforcer le niveau en maths et physique, pris sur le temps de dispense d’enseignement technique. 1er jour, la prof de maths fait passer 3 mecs au tableau. Je serai le seul survivant à la fin de la première année, elle me dira même, Mr Zeb, je sais déjà que votre passage en 2nde année sera très difficile. Et ce fut le cas, mais les profs nous tannaient le "cul" pour qu’on progresse …. Dieu que ce fut dur.
J’ai bossé comme un dingue, mais personne ne pouvait m’aider à la maison, ni dans mon entourage. J’ai été relégable jusqu’à le dernière journée de championnat, ou je me suis sorti du merdier sur les toutes dernières épreuves. J’ai reçus les félicitations de mes profs et de certains de mes collègues de classe et de promos. Dont un toujours ami, qui me dira, je termine 200 places devant t.oi, mais t.u mérites bien mieux que moi.

Je n’ai compris que plusieurs années après ce qui faisait la différence entre un ingénieur et un technicien. Ce n’est pas la compétence technique, managériale etc …. bien que cela joue forcement. C’est la volonté, l’obstination, la motivation et l’organisation. C’est un copain, juste bachelier par défaut, bossant dans le bâtiment qui me le fit réaliser lors d’une sortie VTT. En effet, il renonça à terminer le parcours (vélo sur le dos à escalader un bout de falaise) alors qu’il avait largement les capacités. Et une amie, ingénieur sans capacité physique y est allée, à force de volonté, on l’a aidée, on l’a encouragée et elle l’a fait. Le soir, ce pote me dira alors que nous avions quelques verres dans le nez, "je n’aurai jamais pu être ingénieur, je n’ai jamais eu cette gniak et cette volonté, et pourtant, elle avait pas le niveau pour finir cette ascension et terminer le parcours, ça non, elle l’avait pas, mais elle y est arrivée, aussi grâce à vous".

Bref, voila à quoi sert une prépa. Apprendre des choses, oui, mais apprendre à apprendre, apprendre à se contrôler, se maitriser, lutter, se motiver, trouver des solutions, aller de l’avant, se dépasser, faire jouer ses réseaux, même embryonnaire, à l’échelle de la classe, la promo ….

Pour en revenir à la prépas intégrée, je pense qu’il y a 30 ans, c’était plus facile que la prépa classique. La sélection était déjà faite à l’entrée, en bossant, vous pouviez faire parti des 80% qui passeront en 2nde année, et vous saviez ou vous alliez. L’incertitude était donc bien moins importante, c’est pour cela que j’ai dis oui à mes parents et à mes profs. Je savais ou j’allais.

Niveau ambiance, je ne me suis pas complétement épanoui. J’ai fais la connaissance de personnes géniales, issues du même monde que moi, et nous sommes toujours en contact 30 ans après. Mais le tout venant, bof, beaucoup d’égos surdimensionnés, des enfants de catégories socios professionnelles que je ne connaissais pas etc …. Ce n’étais pas mon monde, moi le pecno du coin, du fin fond de la cambrousse, sans ambition et sans connaissance du monde du business et des carrières promises à ceux qui savent et qui font déjà partis du milieu. A ce titre, apprendre quand on ne connait pas le monde auquel on est destiné, c’est compliqué. Je m’en rends compte encore maintenant. Si j’avais été familier de ce monde, j’aurai appris autrement, mieux, me serais concentré sur d’autres sujets, différemment. Je n’ai pas profité de ma formation comme j’aurai pu. J’ai suivis une formation d’ingénieur avec une approche de technicien.
Pas de réseau, pas de connaissances, finalement, je ne m’en suis pas trop mal sorti, mais je suis resté un petit cadre sans ambitions, et je préfère passer du temps en famille, dans mon jardin, sur mon VTT, ou dans mon  club de sport de banlieue avec ses cas, plutôt que dans ce monde bourré d’égo surdimensionné et de testostérone ou le paraitre est roi, et ou il ne faut jamais montré ses doutes ni ses faiblesses. J’ai même changé de boite et baissé mon salaire pour faire mon boulot dans de meilleurs conditions, c’est dire ….

La conclusion de cette histoire, c’est que la prépa, c’est un test par rapport à vous même, votre égo, votre motivation, et votre capacité à vous surpasser. C’est une porte d’entrée vers un monde, que l’on ne connait pas parfois.

Mes quelques copains, issus du monde ouvrier, tout comme moi, qui ont tenté une prépa classique, ont tous, sauf un, explosé en vol, "burn out", "nervous breakdown" et derrière, échec scolaire à l’université …… Celui qui a réussis sa prépa, est devenu un zombi pendant 3 ans, il a coupé les ponts avec tout le monde, et est parti à l’étranger, terre des origines de sa famille.

La seconde conclusion, c’est qu’une prépa, cela se prépare, et sa capacité à la préparer dépends de soit même bien sur, mais aussi de son environnement socio culturel. A ce titre, je trouve formidable les classes spécialisées au Lycée qui préparent justement ces personnes à intégrer un monde qu’elles n’imaginent absolument pas.
Dans la même veine, l’alternance est une formidable solution. Mais attention, je constate souvent que le diplômé en alternance, n’aura pas les même conditions d’embauche qu’un candidat ayant intégré un premier cycle et fait son cursus de manière traditionnelle.

Bref, c’est mon expérience, et ma vision d’il y a 30 ans. Les choses ont forcement évoluées depuis.

A+
Zeb


Tout ce qui peut merder, va inévitablement merder.

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[+1]    #119 25/05/2020 21h57

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DoctusMonkey a écrit :

@Gap
je ne comprends pas votre argumentaire …

Vous, vous critiquez l’enseignement qui est dispensé en école d’ingé et les personnes qui le dispensent, en sous-entendant que les écoles seraient peuplées de brebis galeuses (contrairement aux prépas).

Ma critique n’est pas au même niveau : je dis c’est que le pb des écoles c’est l’attitude des étudiants, qui ne veulent pas travailler une fois les concours passés. On trouve des enseignements de très bon niveau en école, mais "on ne fait pas boire un âne qui n’a pas soif".
Et j’ai expliqué que ceci est en partie dû au système des prépas, qui induit des erreurs d’orientation et une mentalité je-m’en-foutiste : "j’ai passé les concours plus rien ne peut m’arriver".
En prépa il y a la pression des concours, tant pis pour celui qui ne travaille pas. En école, si jamais on ne donne pas le diplôme à plus que quelques individus, on se fera taper sur les doigts : "vous avez les meilleurs étudiants, ils doivent réussir". Résultat, ils ne font pas le job.

En résumé, il y aurait beaucoup à apprendre en école d’ingé, mais le système est ainsi fait que ça ne se passe pas comme ça, et in fine on a des remarques comme les vôtres de gens qui crachent dans la soupe.
Et donc à la fin j’estime effectivement et par dépit que c’est du gâchis.

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#120 26/05/2020 01h36

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Les IUT ont beau être des composantes des universités, leur régime est dérogatoire sur beaucoup d’aspects. 
Sélection des étudiants à l’entrée, maquettes d’enseignement avec plus d’heures, autonomie RH et budgétaire supérieure aux composantes de droit commun.

Le modèle est proche des écoles d’ingénieurs intégrées à part à la sortie à Bac+3 (qui est une possibilité, la poursuite à Bac+5 étant très courante, l’apprentissage ayant le vent en poupe).

Les cpge préparent à une sortie à Bac+5 et différent par le fait qu’elles ne sont pas intégrées comme composantes à des universités, elles dependent du MEN et non du MESR,  et qu’elles n’ont pour le coup aucune autonomie RH ni budgétaire.
Elles se sont beaucoup développées ces 20 dernières années, notamment dans des villes moyennes, pour développer une offre de proximité (ca a d’abord été tenté dans le cadre universitaire qui n’est pas fait pour ça) mais aussi parce que les parents ne voulaient pas envoyer leur progéniture à la fac.

Il est à mon avis idiot de supprimer les cpge (ou même de les intégrer comme composantes dérogatoires aux universités) comme l’idée est parfois agitée  sans avoir réglé les problèmes qui sont à l’origine de la mauvaise réputation des facs en France. Il y a du progrès mais on n’y est pas. On y sera peut être dans 10-15 ans si tout se passe comme dans un rêve.

Simplement les difficultés des rapprochements GE/Université (qui sont a priori plus faciles puisqu’ une école d’ingénieurs française est à peu près la même chose qu’un département d’ingénierie dans une université américaine) montrent que ça n’est pas gagné d’avance. Par exemple je ne sais pas pourquoi Paris-Saclay a éclaté en deux morceaux ni pourquoi Centrale et Supelec n’ont pas suivi l’X dans la scission. J’ai des conjectures mais aucune certitude si ce n’est que les vraies raisons ont été tues.

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#121 26/05/2020 08h22

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@gap

je comprends votre argumentation
mon idée n’était pas de vous blesser personnellement
moi je raisonne uniquement en terme de contenus scientifiques et je trouve dommage de constater que bien souvent - pour les cours de mathématiques notamment, à peu près partout ( sauf à L’X) - on se situe en école d’ingénieurs sur de la zoologie descriptive à peine améliorée
le socle des élèves qui arrivent chez vous est solide ( on va caricaturer un peu: ils sont censés maîtriser les mathématiques du XIXième)
pourquoi au sein des départements ne pas maintenir un vrai niveau d’exigence?
vous me dites: les élèves arrivent en école d’ingénieurs, on ne peut rien en tirer, ils sont fatigués, ne veulent plus rien faire, c’est la faute aux cpge qui les ont pressurisés
mais vous croyez que ça se passe comment en première année de cpge ( c’est là que le gros du boulot est fait) ils arrivent sans avoir jamais réfléchi ni travaillé durement et il faut bien trouver moyen de redresser la barre.
au fond, vous ne contestez pas réellement mon point de vue: il y a un problème en école d’ingénieurs, on est d’accord sur le constat de gâchis… Mais pourquoi partir du principe que ça ne peut changer, que les profs en école d’ingénieurs n’ont pas le pouvoir de faire changer les choses? cela ne dépend que d’eux, que de leur volonté. les élèves suivront nécessairement.
pourquoi cette résignation?
pourquoi ces absences de sanction? pourquoi ces examens gratuits? pourquoi ne pas essayer de tester en profondeur la compréhension des concepts? sérieusement je ne comprends pas.

en rêvant un peu on pourrait imaginer un système où les écoles d’ingénieurs poursuivraient pendant les trois ans un cursus exigeant, sélectif, riche en contenus ambitieux… imaginez au bout de cinq ans de ce double régime le niveau des étudiants, le progrès pour le pays.

pour finir, je précise complètement mon propos:
en école d’ingénieurs comme à la fac, on se trouve souvent ( pas toujours mais souvent) face à un public d’enseignants dont l’enseignement n’est simplement pas la priorité - ou disons pour être plus politiquement correct que l’enseignement n’est pas leur unique focus.

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#122 26/05/2020 13h46

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Ce que veut dire DoctusMonkey est, si je comprends bien, qu’il y a une priorité donnée à d’autres activités chez beaucoup d’enseignants des facs et GE. Si mon interprétation est correcte, je suis d’accord avec lui.

C’est le cas chez les professeurs de l’X ou la priorité recherche est très marquée. Les cours y vont d’ailleurs très vite. Les polytechniciens étant des brutes de travail ils encaissent.

Dans la  plupart des GE la priorité est l’insertion professionnelle des élèves.

A la fac, c’est très variable. Et surtout les individus changent beaucoup au cours de leur carrière. Il y a des gens qui ont pour priorité la recherche, d’autres l’enseignement, d’autres la vulgarisation, d’autres l’insertion professionnelle des étudiants, d’autres l’administration universitaire, d’autres la politique, d’autres d’en faire le moins possible.

Il y a une grande ambiguïté sur le rôle de l’enseignement supérieur en France et des attentes sociales contradictoires,  ce qui engendre un fonctionnement sous-optimal en particulier à l’université. Ça m’embête beaucoup mais c’est un paramètre de mon poste.

Quant aux étudiants, s’ils sont motivés et qu’ils ont le niveau, ça marche tout de suite beaucoup mieux.

Mais même parmi ceux qui sont payés à faire leurs etudes, le niveau de sérieux n’est pas homogène. D’un autre coté, il existe un petit point de détail dans le règlement intérieur qui est que le Congé sans Traitement peut être déclenché autrement que par une demande de l’étudiant. Ce mécanisme pédagogique innovant (connu aussi sous le nom de coup de pied au derrière) a tendance à éviter les chutes de motivation excessives. A vrai dire, il fait une sorte de come-back avec le succès des formations en apprentissage ou en alternance. Quand il y a un travail et un salaire au bout,  l’étudiant est plus facile à motiver. C’est pour ça que j’aime bien faire la prépa agreg.

Ce que je veux dire est qu’il est un peu inévitable qu’un jeune fasse des bêtises et que s’il n’y a pas de mécanisme de rappel certains vont trop loin.

Dernière modification par Caratheodory (26/05/2020 13h59)

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#123 27/05/2020 14h57

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Wow, le 25/05/2020 a écrit :

Pour quelqu’un qui connait précisément le métier qu’il voulait faire, qui peut trouver son bonheur parmi ces écoles, la prépa intégrée ne serait pas la voie la plus optimisée?

Un témoignage sur les prépas intégrées : mon fils a fait ses 2 premières années d’enseignement supérieur dans la prépa intégrée d’une école nationale de chimie. Dans la bonne moyenne, il a ensuite pu entrer dans une autre école de son choix, toujours en chimie. Diplomé de cette école, avec une année de césure, il a ensuite fait un doctorat qu’il a terminé l’an passé. Recruté dans la foulée par un grand groupe français, il a un poste où ses compétences sont appréciées et valorisées.
Le choix de la prépa intégrée a donc été le bon pour lui, je ne le voyais pas dans une prépa scientifique classique car son niveau en maths était un peu juste.
Yg


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#124 27/05/2020 17h22

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DoctusMonkey a écrit :

moi je raisonne uniquement en terme de contenus scientifiques et je trouve dommage de constater que bien souvent - pour les cours de mathématiques notamment, à peu près partout ( sauf à L’X) - on se situe en école d’ingénieurs sur de la zoologie descriptive à peine améliorée

Pour moi, le contenu scientifique est simplement adapté au volume horaire disponible en priorisant les points qui ont également une importance pour d’autres enseignements. Ni plus, ni moins.

Caratheodory a écrit :

Ce que veut dire DoctusMonkey est, si je comprends bien, qu’il y a une priorité donnée à d’autres activités chez beaucoup d’enseignants des facs et GE. Si mon interprétation est correcte, je suis d’accord avec lui.

Permettez-moi de n’être pas vraiment d’accord ou, en tout cas, ce n’est clairement pas mon vécu.
Certes, les enseignants-chercheurs des GE ont d’autres missions que l’enseignement mais pour la majorité d’entre eux, l’enseignement reste la priorité numéro une. Je ne connais pas suffisamment l’Université pour juger (mais a priori je ne vois pas pourquoi la situation serait bien différente).

Yg75 a écrit :

Le choix de la prépa intégrée a donc été le bon pour lui, je ne le voyais pas dans une prépa scientifique classique car son niveau en maths était un peu juste.

Il y a également différentes filières dans les prépas scientifiques classiques et l’accent sur les maths n’est pas toujours aussi prononcé.

Bien à vous,
cat

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#125 27/05/2020 17h35

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En tout cas, il me semble qu’une grande majorité des étudiants qui passent de la prépa à une école ou à l’université est déçue par les cours des écoles ou de l’université. Et, de ce qu’ils disent, l’implication ou la compétence des enseignants est au centre de leur déception.

Ceux qui enseignent à l’université connaissent tous quelques enseignants pour qui les cours est l’avant dernier de leur souci. Ils sont rares mais suffisent pour pourrir une réputation.

Plus fréquent, ceux qui enseignent à l’université connaissent tous des cours qui sont effectués par des enseignants qui ne connaissent pas vraiment la discipline dans laquelle ils enseignent : les étudiants s’en aperçoivent très vite. C’est parfois le cas de moniteurs qu’on balance dans des cours ou TD dont ce n’est pas la spécialité, ou d’enseignants-chercheur qui sont recrutés pour leur recherche et sont placés dans des cours auxquels ils ne connaissent strictement rien (j’ai un cas hallucinant en tête).

Edit suite au message de DoctusMonkey. Ce genre de choses est loin d’être en majorité. Mais même une faible proportion de tels cours suffit à discréditer la formation vis-à-vis des étudiants. D’autant que la comparaison avec la prépa, où la plupart des cours sont excellents, est frappante.

Dernière modification par JeromeLeivrek (27/05/2020 20h43)

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