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#51 03/05/2020 17h44

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Une autre université où les blocages sont fréquents, un rite annuel, est Rennes 2 (lettres, sciences humaines et sociales,…) : Rennes 2
La réputation de cette université est catastrophique dans la région et cela depuis de nombreuses années.
Quelle tristesse que ce spectacle d’une minorité qui bloque une majorité d’étudiants qui sort pénalisés dans leur cursus universitaire. Mais ces agitateurs, on retrouve la FSE, ne sont occupés que par la "cause" qu’ils défendent…
Yg

Dernière modification par Yg75 (03/05/2020 17h47)


B.Graham "Le principal problème de l’investisseur - et même son pire ennemi - est probablement lui-même".

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#52 03/05/2020 20h37

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En 2018, quand il y avait l’histoire de la loi Vidal, les "étudiants" de Sciences humaines avaient bloqué leur bâtiment (soutenu par le doyen de leur UFR avant qu’il y ait des dégâts).
Suite aux dégâts, ils avaient évacué leur bâtiment car il y avait des rumeurs d’interventions de CRS. Ils se sont réfugiés dans un autre bâtiment du même UFR. Ils avaient les clés, cette fois-ci soutenu par le personnel administratif. Puis sentant que leur mouvement n’avançait plus, ils se sont décidés à "coloniser" les autres UFR. Résultat, ils ont essayé en STAPS (fac de sport), une AG et les étudiants les ont délogé avant qu’ils s’y installent. Puis ils sont allés bloquer la fac de Sciences car les autres UFR avaient mis des vigiles devant leurs entrées. Manque de bol, j’étais dans cet UFR. Tous remontés car on avait des emplois du temps déjà surchargé (8h-18h tous les jours voir même plus tard), lorsqu’on a su l’heure de leur AG, on a décidé d’y aller, en s’organisant sur les groupes des différentes promos. Résultat on arrive éparpillés, certains se font refoulé car n’ayant pas la tête d’un bloqueur. Une bonne moitié était rentré et est venu soutenir ceux qui n’avaient pas pu rentrer. Résultat, on les a fortement dérangé dans leur AG car on représentait plus d’un tiers des personnes présentes.

À la fin, un mec vient nous voir. Il nous dit tranquille on va rien casser chez vous. On voit bien que vous finirez par nous déloger, après le diner ce soir on s’en va, on retourne dans notre UFR.
Puis il nous dit:
"Moi je suis le président du comité départemental de jeunes communistes, je vais pas vous mentir, je ne soutiens pas la majorité des actions commises par certains, mais ma présence ici est nécessaire pour faire part de notre vision du monde et de structurer le mouvement qui est justifié compte tenu de la situation."
Bref il venait faire son recrutement. Depuis mon début de parcours universitaire, il n’y a pas une année sans blocus car la direction de leur UFR est gangrené par l’influence de l’extrême gauche.

Anecdote sympa du mouvement de cette année-là: Il y avait une rumeur sur la suppression des rattrapages en licence, et bizarrement ce sont les mêmes qui viennent se plaindre après pour le maintien sous prétexte que "ça nous permet de nous battre pour nos idées toute l’année mais aussi de nous assurer un avenir".

Bon je ne compte pas faire leur procès, mais une bonne partie est tellement radicalisée qu’il n’y a rien à en tirer dans tous les cas

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#53 03/05/2020 22h36

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A propos de l’occupation de l’Université de Paris VIII-Saint-Denis , voici un article du Parisien, dont je laisse un extrait :
« Ce n’est plus une occupation, c’est devenu un squat, ouvert 24 heures sur 24, affirme un enseignant. Les étudiants ne sont plus là. Quand je viens entrer les notes de mes élèves, j’entends à partir de 17 heures les délinquants qui s’interpellent et cassent tout. »

A la fac de Saint-Denis, un bâtiment dévasté, une rentrée retardée ? - Le Parisien

Par ailleurs, des migrants ont occupé une partie de Paris VIII.
Voir Saint-Denis : des migrants occupent la faculté Paris 8 - Le Parisien

La présidence de l’Université a donné, après coup, son accord à cette occupation. Ce qui n’est pas précisé dans l’article, c’est que l’intervention policière a été réclamée par des personnels, quelques temps après, entre autres en raison des maladies (gale etc…) qui commençaient à se répandre.
C’est ce que j’appelle la "zadification" de certaines facultés, le plus souvent de sciences humaines…
Voir Paris-8 à Saint-Denis: 200 migrants et "160 autres occupants illégaux" évacués | Le Huffington Post

Rastignac

Dernière modification par Rastignac (03/05/2020 22h40)


“L'épargne est une magnifique réalité, spécialement quand nos parents l'ont pratiquée.” Mark Twain…

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[+3]    #54 04/05/2020 11h41

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Les occupations de locaux nuisent profondément à l’image de l’institution universitaire dans son ensemble. Et ça a pour conséquence des stratégies d’évitement par des parents soucieux à juste titre de l’avenir de leurs rejetons,  allant jusqu’à l’évitement de bonnes formations gratuites pour en choisir de moins bonnes payantes.

L’université est utilisée comme terrain de jeu politique par des activistes qui n’hésitent pas à saboter l’institution.  La méthode est de faire rentrer des éléments extérieurs à l’institution qui se constituent en effet en zad.

Au fond ils la sabotent parce que c’est une institution (c’est à dire une structure sociale destinée à pérenniser l’ordre politique).

Les défenses immunitaires  de l’institution sont relativement faibles, en raison de traditions de pluralisme et de tolérance intellectuelle et d’un rapport distancié aux pouvoirs en place (la valeur suprême étant la liberté intellectuelle).

Elles sont très faibles en SHS. Comme elles permettent de mettre au jour les rapports de pouvoir, et leurs aspects arbitraires (ce qui est une question intéressante, la distribution du pouvoir est selon moi  la question centrale en politique mais aussi en économie!), elles attirent naturellement le public contestataire.

Ce n’est pas propre à la France. Dans les pays étrangers comparables, les activistes existent aussi mais leur capacité de nuisance est moindre ou plutôt ils préfèrent cibler la liberté d’expression des ennemis idéologiques. 

La tutelle (qui est au courant de la situation) n’a jamais osé attaquer de front ce problème, ni même l’expliciter officiellement.   
Et ça amène sans doute à une sous exploitation du potentiel de l’institution. C’est tout à fait flagrant quand on compare à l’Allemagne ou à l’Angleterre ou l’institution est beaucoup plus respectée. 

L’ utilisation, sans les distinguer institutionnellement, de parties  comme voies de garage pour une jeunesse qu’on ne sait pas employer  est une politique peu glorieuse. Pour en sortir, la tutelle a choisi depuis la LRU des approches indirectes.

Ce qui est possible actuellement, si une université française veut s’assainir,  est une méthode lente, par incitations rationnelles, pour petit à petit, au fil des départs à la retraite, des suppressions de postes et des recrutements, faire diminuer la proportion de  Chevaux de Troie dans son personnel. Éventuellement on pourrait laisser dépérir un département gangréné mais il faudrait aussi tarir les inscriptions étudiantes ce qui n’est pas possible actuellement.

Malgré la tonalité pessimiste de mon post, je suis plutôt optimiste,  il y a des progrès notables, mais c’est très lent et peu visible. Dans 15 ans, quand je partirai à la retraite, peut-être sera-ce plus visible. C’était bien pire il y a 15-20 ans. Mais comme pour toute convalescence on doit craindre la rechute.

Si on veut aller vite, on peut assainir un département en y injectant une poignée de jeunes professeurs avec la mission d’y remettre de l’ordre en mettant sur la touche les vieux mandarins qui s’accrochent à un pouvoir qui est gazeux sauf en matière de recrutement. Mais il faut créer des postes.

Il y aura toujours des étudiants saboteurs car ils ne sont pas intéressés à préserver une institution qui ne les accueille que temporairement.

Un peu de sélection assainirait toutefois le marécage et c’est bien pour ça que certains syndicats étudiants en font un casus belli.

Pour moi, c’est LE point de blocage symbolique résiduel.

Un point positif est que les nouvelles générations d’étudiants semblent de plus en plus indifférentes à leurs mots d’ordre, ce qui fait que je me demande si ces syndicats étudiants ne sont pas en voie de zombification.

Quant aux universités qui ont été citées sur ce fil,  je pense qu’on peut les identifier institutionnellement  comme les héritières de structures de défaisance créées  après la crise de Mai 1968. La plus fameuse était Vincennes qui s’est fondu dans Paris VIII.

Une question qui se pose naturellement est s’il serait utile de licencier les personnels saboteurs. Ce n’est pas vraiment possible dans l’état de la réglementation et de la jurisprudence. Le seul cas de licenciement que je connaisse est un président d’université qui couvrait un trafic de diplômes.

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#55 04/05/2020 18h14

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Pour la question du licenciement des saboteurs, il n’existe pas d’hésitation lorsqu’on n’est pas dans le camp du bien : c’est ainsi le cas à Montpellier, où des professeurs avec quelques complices ont viré des étudiants en lettres qui occupaient illégalement les locaux de la fac de droit. Les courageux révolutionnaires ont immédiatement appelé la police au secours… Une enquête a été réalisée et des sanctions prises : le doyen est suspendu 5 ans et un professeur agrégé de droit est viré de la fac et de l’éducation nationale en première instance…
Voir Fac de droit de Montpellier : Jean-Luc Coronel de Boissezon se retrouve "annihilé, écrasé, effacé…" - midilibre.fr
ou là
https://www.ouest-france.fr/education/e … ne-6215929

Et pour le regard de Libération, assez intéressant :
https://www.liberation.fr/france/2018/0 … re_1665067

Par ailleurs, Je crois que la première manoeuvre pour limiter les dégâts des occupations d’université pour un oui ou pour un non consiste à établir un vote par internet fiable afin que tous les étudiants puissent s’exprimer. De la sorte, les assemblées générales trafiquées et agrémentées de menaces physiques perdraient toute légitimité étudiante, et l’intervention des forces de l’ordre serait considérée comme normale face aux deux pour cent d’agitateurs, une estimation haute…

Rastignac

Dernière modification par Rastignac (04/05/2020 18h48)


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#56 04/05/2020 18h48

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Je ne suis pas sûr que le rôle des professeurs soit de jouer les gros bras avec des milices identitaires d’extrême droite. Heureusement qu’il y a eu des sanctions, vous souhaitez que la population se fasse justice elle-même ?

Ouest-france a écrit :

Le 22 mars 2018, un commando cagoulé et armé de bâtons et d’un pistolet à impulsions électriques avait violemment expulsé d’un amphithéâtre des étudiants et des militants qui protestaient contre la réforme de l’accès à l’université.

Ouest-france a écrit :

Les militants et étudiants victimes du coup de force avaient dénoncé à l’époque la présence de militants de l’organisation étudiante Groupe union défense (GUD) ou de la Ligue du Midi lors de manifestations et contre-manifestations qui avaient suivi les événements devant la faculté de droit.

Ouest-france a écrit :

Le coup de force avait fait 10 blessés légers.

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[+1]    #57 04/05/2020 19h12

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Je ne souhaite pas, bien sûr, que les gens fassent justice eux-même. En 1987, j’étais étudiant en droit, fac de droite, et en histoire, fac de gauche, et le GUD (une milice d’extrême-extrême droite) était vraiment craint à Paris, en particulier à Assas. Il existait des affrontements, mais jamais, au grand jamais, on n’appelait la police au secours dans le cadre d’une occupation illégale, quelque soit la tendance. Une question d’honneur… Les comptes se réglaient entre grands garçons… Autre époque…
Dans le cas de Montpellier, il y a eu quelques petites beignes d’échangées, cela mérite une sanction, mais la révocation me semble exagérée pour des gens qui veulent quand même éviter des dégâts à leur université.
Ce que je constate, c’est qu’on n’a jamais entendu parler d’aucune sanction pour les membres du personnel qui dégradent leur université : ils sont dans le camp du bien… Dans les années 30, la préfecture de police de Paris, dirigée par Jean Chiappe, était connue pour taper très durement sur les manifs de gauche et très doucement sur celles de droite… Maintenant c’est l’inverse !

Rastignac

Dernière modification par Rastignac (04/05/2020 20h46)


“L'épargne est une magnifique réalité, spécialement quand nos parents l'ont pratiquée.” Mark Twain…

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#58 04/05/2020 20h22

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Au Mirail, j’ai bien vu des profs sympathisants du mouvement qui participaient aux AG ou aux conférences et qui prenaient la parole en tribune. Mais je n’en ai jamais vus faire le coup de poing contre les CRS ou les milices d’extrême droite sur les barricades et je n’en ai jamais vus occuper la fac. Des profs violents participant aux milices, par contre, j’en ai vus, et ils faisaient vraiment peur. Peut-être direz vous que l’intelligentsia d’extrême gauche n’est plus composée que de couards alors que celle d’extrême droite entretient son physique.

Je n’ai donc rien vu de particulièrement répréhensible du côté des professeurs qui participaient au mouvement, à moins de rétablir le délit d’opinion. Dès que cela bouge un peu trop, ils se mettent en retrait. Pour les actions qui risquent de (ou qui vont) déboucher sur de la violence, il y a des groupes anarchistes spécialisés qui sont ravis d’y aller. Pas besoin d’aller chercher les vieux soixante huitards grisonnants et bedonnants (sans offense pour les soixante huitards grisonnants et bedonnants et pour les autres grisonnants et bedonnants bien sûr).

Que des gamins de 20 ans se battent, soit, à votre époque comme aujourd’hui, mais un professeur agrégé, cagoulé, avec un bâton et un pistolet électrique…

Et ces rares participations sporadiques concernent une toute petite minorité (d’un côté comme de l’autre), la plupart des personnels de la fac reste sagement à la maison en attendant que cela passe, d’autant plus que la BU est toujours fermée lors des mouvements.

Je ne prétends bien sûr pas avoir tout vu ou tout connaître.

Dernière modification par traz (04/05/2020 21h13)

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#59 04/05/2020 21h21

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Une petite anecdote historique en rapport avec l’Université du Mirail de Toulouse.

Le 26 Janvier 1957, Danièle Minne, une jeune militante communiste, porteuse de valise du FLN, déposait une bombe dans le bar «l’ Otomatic », rue Michelet à Alger. L’attentat tua 4 femmes et fit de nombreux blessés, y compris des enfants estropiés à vie.

Arrêtée, elle fut graciée après les accords d’Evian et  partit s’installer dans la patrie qu’elle s’était choisie, l’Algérie et y entama une carrière universitaire.
Ce pays traversant dans les années 90 une période noire (terrorisme islamique et contre-terrorisme), elle décida courageusement de revenir en France et devint enseignante à l’Université du Mirail. Elle devint même Professeur des Universités par décret signé par Jacques Chirac en 2002.

Elle n’a jamais exprimé le moindre regret ni de compassion pour les victimes de l’attentat et repose maintenant dans un cimetière en Algérie.

Avec un parcours similaire, on peut citer également le cas de Georges Boudarel, militant communiste qui devint commissaire politique du sinistre camp de rééducation vietminh n°113 dans lequel plus de la moitié des militaires français prisonniers ont laissé leur vie.
Il est par la suite devenu maître de conférence à Paris VII.

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#60 04/05/2020 22h09

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J’apporte ma contribution " de l’autre côté", à savoir celui d’étudiants. Ou plutôt de lycéen, car c’est à ce moment que se joue l’orientation.

Petit aparté, en lien avec la situation actuelle. L’année de terminale était une année capitale pour l’orientation post bac, la majorité des bacheliers souhaitant continuer leurs études. De nombreuses études de l’INSEE montrent l’orientation post bac des lycéens, et l’évolution de celle-ci.
Avec ce confinement, j’espère que les lycéens ont pu accéder aux informations, car leurs études ne font que commencer avec l’obtention, plus ou moins facilitée, du bac.

Quand j’étais aux lycées, des réunions d’informations rassemblaient les meilleurs élèves, et ceux intéressés par les CPGE, pour expliquer le fonctionnement, les écoles, les débouchés,…
Ceux qui souhaitaient travailler rapidement regardaient du côté des BTS, DUT, et allaient aux journées portes ouvertes des lycées, encouragés par les profs et le conseiller d’orientation.
Ceux qui voulaient aller en école de commerce regardaient les brochures des écoles, et les tarifs annuels.
Ceux qui avaient une orientation précise regardaient la formation, et les "en plus", comme la PACES et les prépa PACES
De nombreux salons d’orientation pour présenter les filières possibles, avec des jeunes en 1ère année friands de raconter leurs parcours.

Et le reste, qui n’a " pas vraiment d’idée", qui est poussé par les parents à " trouver sa voie", et qui doit bien mettre des vœux dans Parcours Sup.

Certains lycéens que je vois dans le cadre de cours particuliers de math mettent des choix radicalement différents, sans aucun point commun. " Double licence Economie gestion / Anglais", puis " BTS conception Produits industriels", puis " BTS opérateur audiovisuel" (ou intitulé du genre), et comme ça sur 12 vœux.
Motif ? " Pour avoir plus de choix et me fermer sur rien".
D’autres visent une seule formation, même si elle est extrêmement sélective et que leur dossier n’est pas brillant, ne s’ouvrent pas vers les autres départements, même limitrophes, et s’étonnent de ne pas être retenu. A charge de trouver une " solution de remplacement" dans les filières qui n’ont pas fait le plein.
Et mes 2 élèves qui, après leur BAC S, partent vers une licence de Droit, " pour être avocat / juge", avec des idées fausses de l’envers du décor. Je ne suis pas là pour leur dire que non, avocat c’est pas juste plaider devant les foules et les médias qui les acclament, mais c’est, entre autre, avoir les Gardes à Vue, ou payer qqn pour aller à sa place et défendre le gars qui saoul a tapé dans son copain et lui a cassé une dent. Mais non, il y a un " imaginaire collectif" qui visiblement fait bien rêver.

Pour la fac, lycéenne, mon seul "moment où une prof en parlait" était ma prof de SVT, qui avait raté sa PACES et avait fini prof, et nous répétait qu’il faut se donner les moyens pour réussir, sinon on finira à la fac, et prof comme elle (ce qui semblait un sort peu avantageux dans sa bouche).
La prof de philo également " si c’était à refaire, je deviendrai horlogère, j’avais choisi philo parce que j’aimais bien, mais de là à enseigner…"

En CPGE, la prof d’anglais, lors de versions particulièrement difficiles, nous assemait d’un " On se croirait à la FAC, c’est pour dire votre piètre niveau".

Dans les salons d’orientation, je n’ai pas vu de "promotion" des filières de la fac, comme j’ai pu avoir pour les autres filières ( CPGE, école post bac, école de commerce, BTS, DUT).

Il doit y avoir un paquet d’étudiants qui déchantent car entre leurs illusions et la réalité, il y a un fossé (cf ma lycéenne en exemple, elle a arrêté sa double licence au bout de 2 mois " mais les autres étaient bilingues, j’avais pas le niveau" ), et ceux qui se sont inscrit dans cette filière sur un " coup de cœur pour la discipline" , n’ont aucune idée qu’il faut bosser SEUL de façon AUTONOME, et n’ont aucune idée des débouchés possibles.
D’où une sacré casse à la sortie.

Dans une société où80 % d’une classe d’âge doit avoir le BAC, et où 80% de ceux ci poursuivent leurs études, il faudra bien les casser quelque part…
Si les CPGE sélectionnent, si les BTS et DUT sélectionnent, si les écoles de commerce sélectionnent ( financièrement aussi), où vont ceux qui ne sont sélectionnés nulle part ?

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#61 04/05/2020 23h22

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C’est une grave erreur de ne pas sélectionner à l’entrée à la fac. Ce n’est pas rendre service aux étudiants.

Les DUT se passent dans les  IUT qui sont des composantes universitaires qui sélectionnent les étudiants.

Merci du temoignage en tous cas.  Ca confirme la mauvaise image de l’institution. Mais également une méconnaissance profonde car il y a bien plus de parties saines qu’on ne veut bien le dire. Ce que disaient vos profs de sciences nat et de philo relève d’ailleurs  plus de leur amertume vis à vis de leur métier que vis à vis de leur formation. 

Pour la pub, on organise des journées portes ouvertes pour les lycéens. La liaison se fait plus ou moins bien avec les lycées mais on reçoit pas mal de lycéens.

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#62 04/05/2020 23h54

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Une autre question, vue de l’autre coté de la barrière.
Un de mes fils est en master 1 de droit notarial. En principe un étudiant sur deux environ est pris en master II sans possibilité de redoubler d’après ce que j’ai compris. Comment va se faire la sélection alors que les examens auront lieu " à la maison" ? Est-ce bien sérieux alors que ça risque d’ impacter toute une vie professionnelle? J’ai bien vu, plus haut, qu’il y aurait des recours devant le tribunal administratif mais n’y aurait-il pas des solutions plus soft ?

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#63 05/05/2020 00h17

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Les "examens" à la maison posent des problèmes très embetants.

Les responsables des parcours M2 dans le Master de votre fils doivent être bien embêtés pour définir sur quelle base la sélection devra se faire. Voila ce que je vois comme possibilité: sur les bases des notes du premier semestre, du contrôle continu avant confinement et éventuellement d’oraux en visioconférence. Mais ça dépend de la situation concrète sur le terrain.

Les risques de recours au TA sont importants. En général les universitaires évitent de s’y exposer.

Dernière modification par Caratheodory (05/05/2020 00h20)

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#64 05/05/2020 09h54

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Retour d’un proche, directeur de département dans une Fac.

Il y a un aspect que cette crise sanitaire aura mis au grand jour : la fracture numérique. Sur 1000+ étudiants de premier cycle dans ce département, il y aurait environ 15% (10 à 20%) des étudiants qui ne sont pas équipés pour suivre un enseignement à distance (raison la plus courante = pas d’ordinateur personnel). Ce n’est sans doute pas représentatif du niveau national (zone pauvre) mais de fait, une partie de la population estudiantine est exclue de l’enseignement à distance.

Sur la rentrée de septembre, la piste la plus vraisemblable (opérationnellement et financièrement) : filmer les cours en amphithéâtre. Avec 10-20% d’étudiants en présentiel (ceux qui n’ont pas accès à des moyens numériques suffisants) et le reste qui suit à distance (en live ou en replay).

Les TD, ça reste à définir.

Maintenir des examens ’normaux’, ça relève du quasi-insoluble pour l’instant. Les solutions à distance excluent de fait ceux qui ne peuvent pas se connecter + les solutions qui existent (logiciels avec contrôles anti triche) coûteraient un bras et posent des problèmes énormes en matière de respect de la vie privée.

Va falloir recruter un avocat à plein temps. Les recours au TA étant devenus en temps normal une sorte de sport estudiantin (pour un oui ou pour un non), ils vont sans doute pousser comme des champignons.

Dernière modification par carignan99 (05/05/2020 09h56)

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#65 05/05/2020 10h30

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Examens

Voilà comment j’ai fait mes exams, et je n’ai pas vu de problème. Ca nécessite à minima un smartphone ; des étudiants qui n’en ont pas, en France ça doit se compter sur les doigts d’une main.

1.  Surveiller les étudiants avec leur caméra et micro allumés. Faisable avec Discord (limité à ? écrans), Zoom, Webex, BBB etc.
2.  Donner un temps égal à la durée suffisante pour composer le sujet, et pas plus [cela évite qu’ils s’aident ou s’envoient les copies]
3.  En interroger quelques uns à l’oral à l’issue de l’écrit et leur dire avant que l’on va les interroger sur leur composition pour vérifier que c’est bien eux qui l’ont faite [ce dernier point constitue une ultime dissuasion de tricher].

Si on veut bétonner, on peut faire plusieurs sujets, tirés au sort par groupe d’étudiants mais ça, je n’ai pas fait. A la fac, ce n’est pas le plus courant.

Il est difficile de vérifier qu’ils n’utilisent pas leur cours ou TD. Il faut donc considérer et leur dire qu’ils ont accès aux documents. Ca pose évidemment problème pour les cours où on demande essentiellement un apprentissage par coeur.

Il faut aussi leur dire qu’ils n’ont pas accès à leur ordinateur ou leur téléphone (on peut le contrôler avec la caméra et le micro) sauf pour communiquer avec nous. Ils doivent envoyer leur copie prise en photo directement à la fin du temps ; je conseille le mail, c’est plus simple à récupérer que par Discord ou autre.

Cours

Pour faire les cours, j’ai utilisé une caméra annexe (30 €) qui filme ma feuille où j’écris gros. Je partage cet écran avec eux, ou le diaporama le cas échéant. Avec ça, j’ai eu zéro préparation supplémentaire. Je n’ai pas vu de problème à faire les cours à distance. Avantage, on peut les faire en pyjama en se levant 10 min avant smile

Pour les étudiants qui n’ont pas d’ordi, ou peu de connexion, il y a plein d’outils pour s’enregistrer en live (webex par exemple) et mettre le fichier en accès pour du replay. Ils peuvent à minima le visualiser sur leur smartphone.

J’ai eu un peu l’impression que certains collègues se noyaient dans un verre d’eau, mais la majorité à bien géré, et dans notre département on n’a fait que 2 jours d’interruption de cours, afin de laisser les étudiants regagner leur lieu de confinement.

Dernière modification par JeromeLeivrek (05/05/2020 10h30)

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#66 05/05/2020 11h22

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Pour les examens, comment vous surveillez (caméra + micro) 1000 étudiants+?

Dernière modification par carignan99 (05/05/2020 11h26)

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#67 05/05/2020 11h24

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A combien de connexions caméra sont limités les outils disponibles ?

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#68 05/05/2020 11h28

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J’entendais en temps humain. Concrètement, combien de personnes faut-il pour surveiller 1000 étudiants qui composent en même temps?

A multiplier par le nombre de matières et d’enseignants à coordonner.

Sachant que payer une boite pour ça (ça existe) n’est pas envisageable (pour des raisons financières).

Dernière modification par carignan99 (05/05/2020 11h33)

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#69 05/05/2020 11h30

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Pas plus que d’habitude en présenciel, même moins, on peut se balader dans les rangs beaucoup plus vite, et on entend tous les sons en même temps. Ou alors je ne comprends pas votre question ?

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#70 05/05/2020 11h38

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Soyons concrets :

- Vous avez dans les 1 000 étudiants qui composent chez eux
- Leurs caméras/micros sont allumés, c’est votre moyen de vérification
- Comment écoutez-vous / regardez-vous 1000 micros/écrans en même temps?
- Sans compter la rouerie inévitable : une caméra s’éteint…vous faites quoi? La deuxième, la troisième etc.?

Dans votre expérience, combien d’étudiants gériez-vous en même temps?

Je ne parle même pas (des maux nécessaires mais à ne pas mettre sous le tapis)
- respect de la vie privée?
- Contentieux qui arrivent déjà en temps normal mais là, ça va exploser (il faudra composer avec, y compris les risques non négligeables d’annulation des examens…)

Je ne dis pas que ce n’est pas possible. Il y a sans doute certaines filières où c’est gérable, d’autres où ça va être très compliqué de faire ça dans l’immédiat mais +/- surmontable. D’autres où ça ne sera tout simplement pas possible en mai/juin.

Dernière modification par carignan99 (05/05/2020 11h56)

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#71 05/05/2020 11h53

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Tous les micros sont branchés : tous les sons arrivent en même temps chez vous, donc s’il y a un son vous l’entendez, quel est le problème ?
Pour les caméras, je ne sais pas combien on peut en avoir en meme temps sur son écran mais c’est beaucoup, et vous pouvez vous balader de groupe en groupe je pense.
Par ailleurs, pour un groupe de 1000 en présenciel, j’imagine qu’il n’y a pas qu’un surveillant, si ?

Respect de la vie privée : je ne pense pas que la composition d’un examen soit du domaine de la vie privée. Si vraiment ils ne veulent pas qu’on voit leur intérieur, c’est pas très compliqué.

Dernière modification par JeromeLeivrek (05/05/2020 11h55)

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#72 05/05/2020 12h00

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Le problème c’est que c’est très facile de rediriger un flux vidéo ou audio, par exemple vers un flux pré-enregistré. Donc ça ne permet absolument pas de contrôler la triche. Après, les mauvaises langues, dont je fais partie dans ce cas, diront que la triche dans le supérieur, et en particulier à l’université, est déjà très répandue même en présentiel (relativement à ce qu’on pourrait imaginer bien sûr, je ne dis pas non plus que la moitié des étudiants trichent). C’est un secret de polichinel.

Accessoirement, gérer 1000 flux audios en même temps demande pas mal de filtrage pour que ce soit audible sans saturation avec les micro-bruits de chacun.

En télé-examen, vous pouvez même faire faire le devoir par quelqu’un d’autre sans que ça se voit. C’est tellement facile de tricher dans ce cas que c’en deviendrait presque une incitation.

Dernière modification par Evariste (05/05/2020 12h09)

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#73 05/05/2020 12h13

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Ok je pourrais proposer des solutions à chacune des objections mais je vais m’arrêter là.
Vous proposez quoi (qui soit mieux) du coup ?

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#74 05/05/2020 12h18

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Je ne propose rien de magique (voir fin du message), le problème est très compliqué et je ne vois pas de solution parfaitement satisfaisante.

Mais ce n’est pas parce que je n’ai pas de solution idéale qu’il faut pour autant bénir les fausses bonnes idées. La triche est déjà un fléau dans le supérieur, promouvoir les examens à distance c’est entériner le fait que quelqu’un de malhonnête obtienne sans risque son diplôme au détriment de quelqu’un de plus honnête, et donc casser toute idée de méritocratie, voire même d’ascenceur social pour les "honnêtes pauvres".

Il ne faut pas sous-estimer la propension de certains à tricher, en particulier quand c’est facile, et en particulier quand la solution technique de la triche peut être déployée à très grande échelle (il suffit à une personne de proposer un soft de redirection de flux pour que tout le monde puisse tricher sans aucun risque).

Pour revenir sur des solutions possibles, un mix entre notes du S1 / contrôle continu + oraux me paraît au moins éviter les écueils précédents. Et sinon, décalage des examens et décalage de la rentrée, ce qui me paraît la meilleure solution si je devais choisir, et c’est ce qu’ont d’ailleurs choisi de faire les grandes écoles pour leurs concours (qui eux peuvent plus difficilement tolérer la triche vu les enjeux, le risque de réputation, et l’investissement humain des étudiants).

Dernière modification par Evariste (05/05/2020 12h28)

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#75 05/05/2020 12h19

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Caratheodory, le 04/05/2020 a écrit :

C’est une grave erreur de ne pas sélectionner à l’entrée à la fac. Ce n’est pas rendre service aux étudiants.

A fortiori puisque de toute façon, la sélection a lieu pour l’entrée en M1 et pour l’entrée en M2, puisque le nombre de places est alors drastiquement restreint.

De sorte que si vous n’êtes pas pris vous vous retrouvez avec une licence souvent inutile sur le marché du travail, et vous avez perdu trois ans, voire plus, pour rien.

Pour connaître un peu le monde universitaire des deux cotées, je n’en retiens qu’une chose : en tant que prof. comme en tant qu’élève, c’est à fuir à grandes enjambées, à quelques exceptions près.

Ainsi, comme de par hasard, toutes les universités qui pratiquent une sélection sévère (par exemple, Paris Dauphine ou Compiègne pour les Université de Technologie), ont bonne réputation…

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