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#1 27/11/2019 09h53

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Pour les mêmes raisons que j’ai créé un sujet sur le secondaire, je crée un sujet sur le supérieur.

Une des questions interessantes ici serait la fonction économique de l’enseignement supérieur.

Ici, j’ai un intérêt professionnel à le faire. Les universités sont autonomes, l’autonomie est certes limitée, mais dans certaines des microdécisions que nous (=les professeur(e)s sous leur casquette de cadres de l’université) devons prendre, l’opinion publique est un paramètre.

Vous n’imaginez probablement pas l’importance qu’a pris l’écoute des entreprises  dans la paramétrage  d’une fac de sciences. J’ai été très surpris dans mon apprentissage du métier de cadre universitaire (que je n’aime pas contrairement à l’enseignement et à la recherche.) et cette surprise est venue tard (a 45 ans!).  Je travaille pas mal a faire découvrir ça plus tôt à mes jeunes collègues pour les préparer à leur
devoir de cadre universitaire.

Mots-clés : cpge, enseignement, grandes écoles, iut, sts, université

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#2 28/11/2019 07h44

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Bonjour,
N’oublions pas que l’enseignement supérieur ne se limite pas et de loin à l’université.
Différentes filières d’enseignement supérieurs sont en place en lycée (BTS, TDS, classes prépa, DCG etc etc).

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#3 28/11/2019 10h12

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Tout à fait. J’avais d’ailleurs mis la plupart de ces filières en mot-clefs.

Je pense que la décision prise au début des années 1990 de baser la démocratisation de l’enseignement supérieur sur l’université non-sélective (et low-cost, c’est l’avantage du modèle universitaire français depuis 1970 et l’une des raisons du choix)  seule  a été une erreur.

Les IUT  sont un cas particulier, universitaires et  sélectifs, pas spécialement bon marché non plus,  ce qui explique le succès du modèle. 

Depuis, on essaye de godiller pour adapter le système et éviter que les étudiants ne s’engagent dans des voies sans issue pour eux mais il y a de grosses difficultés:
A) on a créé des universités de plein droit dans des villes moyennes. Or la petite taille n’est vraiment bonne que pour les établissements d’élite. Pas pour le low-cost.
B) ne pas sélectionner,  c’est donner le choix entre des diplômes pas sérieux et des taux d’échec importants (ce qui est une forme de sélection).
C) certains départements sont à la fois surpeuplés d’étudiants et sous-financés. Évidemment ce sont ceux qui ne veulent pas sélectionner.

La première rectification a été la montée en effectif des CPGE pour lutter contre B) et offrir plus de qualité. Mais ça ne marche pas au delà des 2-3 premières années d’etude. Ni si on veut de la recherche.

La seconde a été la tentative de créer un système universitaire à deux vitesses avec la loi LRU. Ca va prendre du temps et la logique d’aménagement du territoire et de réduction des coûts du logement étudiant qui a présidé à A) n’est pas dénuée de sens. Or, ces logiques sont en conflit.

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#4 28/11/2019 11h14

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Exact, l’Université n’est pas monolithique. On y trouve de tout, le meilleur (j’ai le souvenir d’étudiants de très belle facture en Licence par apprentissage, de très bons IUT, d’excellentes Licences, Masters etc.) comme le pire (type grosse fac surpeuplée, décrépie et machine à fabriquer de l’échec).

L’Université pâtit beaucoup du manque de filtre à l’entrée. Ça ressemble souvent à un supermarché en open bar, où n’importe qui a la liberté de faire n’importe quoi. Ex. caricatural et emblématique : les Bac pro laissés libres de s’inscrire en fac de droit (et on ne peut malheureusement pas les empêcher de le faire, juste les mettre en garde, souvent en pure perte).

Elle pâtit aussi souvent de politiques RH semi-moyenâgeuses. Le statut des enseignants-chercheurs leur permet de faire ce qu’ils veulent, c’est à dire, au choix, de bosser 70 heures p/semaine ou de glander. Le recrutement est problématique. Pas tant sur les capacités professionnelles des personnels traditionnels mais sur la difficulté qu’il y a à recruter des profils un peu atypiques, qui ne correspondent pas au moule universitaire ’type’. Avec (si j’ai bien compris) la création d’un statut de contractuels dits ’LRU’ payés au lance-pierre, pour un service identique ou similaire aux permanents. En sciences de gestion, que je connais bien, on peut aussi noter la très forte concurrence des Écoles de commerce, qui recrutent de jeunes doctorants à 40k€ pour faire de la recherche (et un peu d’enseignement, modulé en fonction de leurs publications). Difficile de lutter.

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[+1]    #5 28/11/2019 11h22

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Il est difficile de faire du bon vin avec du mauvais raisin.

L’Université - non sélective à l’entrée (j’oublie Dauphine et analogues) - pâtit de deux tares structurelles :
- comme l’obtention du bac est une formalité, on retrouve en première année d’université des personnes n’ayant pas les pré - requis, ayant - par exemple - souvent une orthographe déplorable et des connaissances en maths très faibles. (type incapacité de résoudre un système de deux équations à deux inconnues)
- comme l’offre de formation est peu lisible, les étudiants choisissent une formation sur des critères vagues et des on - dit. Les enfants de profs - qui connaissent le système - réussissent d’ailleurs nettement mieux, parce qu’ils savent "lire" l’offre de formation. Cf : cette interview de Nicolas Mathieu, récent Goncourt, et dont les parents sont d’origine modeste -"  Mon parcours d’étudiant n’avait aucune valeur sur le marché du travail "
Nicolas Mathieu : « Mon parcours d?étudiant n?avait aucune valeur sur le marché du travail »

Solutions :
- restaurer un véritable Bac avec un niveau socle minimum
- publier sur le site de l’éducation nationale les taux d’insertion professionnelle dans la formation suivie + revenus obtenus à l’entrée dans la vie active

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#6 28/11/2019 11h49

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Autre solution (pas antinomique d’autres) : faire payer aux étudiants une quote-part significative du coût réel. On peut réfléchir au taux : 1/4, 1/3, 50% par ex. A la rigueur peu importe dans la mesure où ce qui compte est de cesser ce truc d’open bar et qu’un bachelier qui veut s’inscrire en sociologie parce que ça a l’air sympa y réfléchisse à deux fois.

Ce serait parfaitement envisageable si en parallèle des mesures sont prises pour rendre le truc viable. Notamment, refondre le système d’attribution des bourses, proposer un tarif moindre pour ceux qui payent cash (les Universités aussi ont besoin d’améliorer leur cash flow…) et un système d’emprunts garantis par l’Etat pour les autres (remboursable en défiscalisé sur la feuille de paye dés le premier emploi, avec par ex. un seuil de revenus minimum).

Et développer plus encore tout le pan formation continue / apprentissage. Dans mon expérience (qui n’est évidemment que partielle), les formations en apprentissage à l’Université recueillent la plupart du temps de bons éléments…il y a une sélection à l’entrée et un payeur privé. Ça motive tout le monde : les entreprises, les étudiants, les enseignants et le trésorier de la Fac!

EDIT : je rebondis sur votre commentaire Kundera : ’restaurer un véritable Bac avec un niveau socle minimum
De ce point de vue, un des facteurs (pas le plus important mais il faut bien commencer quelque part) serait de faire en sorte que les Universitaires ne fassent plus de la figuration dans les Jurys de Bac. Et en deviennent vraiment parties prenantes. Mais je ne sais pas trop comment ça pourrait se faire (les enseignants ne vont pas aimer, pas plus que le Ministère, qui verrait le taux de réussite au Bac chuter…).

Dernière modification par carignan99 (28/11/2019 11h57)

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#7 28/11/2019 12h07

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Tout à fait d’accord avec vous. Les phénomènes que vous décrivez existent.

Le meilleur comme le pire. Pas facile de s’ y repérer.

Un élément que vous oubliez est une administration ou le meilleur côtoie aussi le pire. Et ou le zèle plein de bonnes intentions de quelques uns crée l’enfer pour les autres. Je suis dans la période de ma carrière ou ca m’impacte le plus car je dois endosser le costume de cadre moyen universitaire, de rouage de transmission sommet/terrain, parfois même -pas toujours- de gestionnaire de pénurie. Il le faut car les purs administratifs n’y comprennent rien et les collègues qui aiment ça sont rares et pas tous recommandables.

Comme pour les RH, comme dans toute la FP,  les règles sont écrites par des énarques ou sous leur contrôle. Avec les résultats habituels. Évidemment ce serait bien pire sans règle. Mais ce serait mieux si les règles étaient intelligentes.

La recherche est le grand atout du système universitaire.  Mais c’est un atout comme le petit au tarot, pas facile à jouer. Bien entendu les énarques de Bercy et leurs relais n’y comprennent rien mais alors rien de rien.

EDIT: pour les frais d’inscription. Alors là, comme citoyen, je ne sais qu’en penser. C’est vraiment une question de haut niveau, pour le sommet de l’Etat, exécutif et legislatif, voire à trancher par référendum. Comme prof, je me tais et j’obéis à la direction centrale de mon université et à son interprétation des textes. A la limite, je m’interdirais presque d’y reflechir. Trop de conflit d’intérêt.

Dernière modification par Caratheodory (28/11/2019 12h27)

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#8 28/11/2019 12h40

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"Le BAC est une formalité".

Je l’ai redoublé et l’ai eu à 10.2 la deuxième année (BAC S). Pourtant, dans les premiers de promo en DUT et en école d’ingénieur.

Jusqu’au lycée, l’école est une boite fermée, qui veut faire rentrer tous les élèves dans le même moule.

La plupart des profs n’ont jamais mis les pied dans une usine. Ils connaissent le lycée, la fac, puis ils restent encore à l’école pour leur vie. Ils se permettent de juger les gamins, les empêchent de rêver, et les descendent quand ils ne sont pas dans le moule.

Après le lycée la donne change, les profs sont différents, plus ouverts, connaissent mieux le monde de l’entreprise.

Mon école d’ingénieur était excellente, ce n’était que pour la plupart des intervenants extérieur (directeur d’usines, coach en com’, …). C’était une école privée, accessible sur concours, créée par l’IUMM et le MEDEF.

Mais finalement, j’ai bien l’impression que l’orientation pro se fait comme l’éducation financière, c’est à la maison que ça se joue. Mon père avait bien compris que les cadres/ingénieurs étaient bien payés, qu’ils pouvaient changer de boulot comme ils le voulaient et que les évolutions de carrière pouvaient être intéressantes. Il me l’a répété depuis petit…

EDIT : Réponse à Roudoudou euh Rocambole smile

rocambole a écrit :

Cela n’empêche pas que, oui, le bac est une formalité, voire pire un examen vidé de sa substance.

Une formalité pour ceux qui rentrent gentiment dans le moule oui en effet. Pour les rêveurs, les fainéants, et ceux qui ont envie d’avoir un but, beaucoup moins.

Je pense qu’il est légitime pour un enfant de 17 ans de se demander pourquoi il apprend, de donner un sens à ce pourquoi il est la.

Un peu d’humour, qui se souvient du DS de maths en S :
- J’ai deux billes, J’en retire 1 puis en rajoute 4. Calculez la masse du soleil. A la fin, je trouvais "Afrique du sud" en réponse. smile

Fin du hors sujet.

Dernière modification par LoopHey (28/11/2019 12h58)


Mon interview sur le blog du projet lynch : http://leprojetlynch.com/2020/12/loophe … -debutant/

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#9 28/11/2019 12h46

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Cela n’empêche pas que, oui, le bac est une formalité, voire pire un examen vidé de sa substance.

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#10 28/11/2019 13h11

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Loophey, vous avez raison. Les profs du supérieur toutes formations confondues forment une population beaucoup plus diverse que ceux du secondaire.

Leurs avantages considérables sont qu’ils jouissent globalement de plus d’autonomie, que les étudiants qui réussissent se spécialisent dans ce qui les intéresse et murissent énormément pendant cette période.

Le métier est beaucoup plus facile, moyennant des barrières à l’entrée redoutables  - qui ne sont pas efficaces à 100%. La carrière est ensuite une course d’obstacles, du moins pour les ambitieux, avec tous les phénomènes que vous connaissez en tant que cadre du privé et du public.

Pour la formation supérieure professionnelle, comme votre école, le supérieur public ne peut pas tout faire.  Si les compétences à enseigner sont  dans le privé, c’est elles qu’il faut mobiliser.  On tourne beaucoup dans certains Masters avec un bonne proportion d’enseignants qui viennent du privé (et reperent les étudiants les plus recrutables).

Il faut quand même savoir que cet enseignement supérieur privé est très hétérogène. Il y a du très mauvais aussi.

Dernière modification par Caratheodory (28/11/2019 13h28)

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[+1]    #11 28/11/2019 13h22

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Bonjour,

Ce qu’il faut rappeler pour l’enseignement supérieur, c’est la croissance exceptionnelle des effectifs étudiants sur ces dernières dizaines d’année. Il a aussi fallu trouver des moyens humains et physiques aussi bien au niveau du secondaire qu’au niveau des strates du supérieur.

Pour ne prendre que ma promotion d’école les effectifs ont simplement doublé en quarante ans. Des écoles d’ingénieurs ont fleuri un peu partout et les ingénieurs universitaires ont été crées. Cette croissance extrême a forcément crée de grandes disparités, des appauvrissement dans l’enseignement et des besoins accrus de financement de ces lieux d’enseignement.
Le mécanisme est le même qu’à l’hôpital, non seulement le nombre de personne à traiter (ou à considérer comme élèves de l’enseignement supérieur) a explosé mais le niveau d’investissement matériel a également grandement augmenté pour les former ou les soigner.
Là où un tableau noir, une craie et un professeur pouvait seul servir à faire 50% de l’enseignement d’une école. Vous allez devoir avoir aujourd’hui très normalement des moyens médiatiques ou des moyens de laboratoires bien plus conséquents (sans compter le soutien informatique administratif).
L’enseignement supérieur s’est retrouvé  face à une crise de croissance (cette fois non pas lié à un vieillissement des populations) mais à une augmentation du nombre des élèves de l’enseignement supérieur.

les évolutions de l’enseignement supérieur depuis 50 ans : croissance et diversification - EESR8

A une époque où l’on recherche les erreurs faites qui nous ont conduit là où l’on est, il est aussi important de décrire cet environnement de la croissance de l’enseignement supérieur qui peut aussi expliquer les difficultés à gérer tous ces changements créant beaucoup de besoins et de financements.

Là encore les budgets de l’état n’ont pas pu suivre et c’est souvent en position très difficile que se retrouve l’enseignement supérieur public.

Bien à vous,

Dernière modification par johntur (28/11/2019 14h30)


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#12 28/11/2019 13h25

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Le chiffre que je trouve le plus édifiant, encore plus que le taux de réussite, c’est le taux de mention très.
Pour les filières générales, il est passé de 1,1% en 97 à 12,7% en 2018, enlevant ainsi énormément de sens à cette mention.

Et pour répondre à LooHey, je pense comme les autres intervenants ici que le bac est bien trop facile et que la seule façon de le louper c’est d’avoir de grosse difficultés. Ces difficultés peuvent être de plusieurs ordres, allant du trop faible niveau pour certains à un mélange de rébellion et de fainéantise comme vous l’avez vécu.

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#13 28/11/2019 13h42

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johntur a écrit :

Là encore les budgets de l’état n’ont pas pu suivre et c’est souvent en position très difficile que se retrouve l’enseignement supérieur public.

La chasse aux ressources propres est la solution qu’on nous a incités à mettre en place. C’est devenu un sport national dans les écoles d’ingénieurs, les IUT et certaines facs (dont la mienne).

Mais, comme toute solution, elle a des inconvénients. Quand un enseignant-chercheur chasse l’argent, il ne fait  ni recherche ni enseignement.

Dernière modification par Caratheodory (28/11/2019 13h43)

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#14 28/11/2019 14h18

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Enseignant dans le supérieur depuis 20 ans (différentes filières en sciences de l’ingénieur), je reprends totalement à mon compte le message de Kundera dont j’ai repris l’essentiel (à mes yeux) ci-dessous :

Kundera a écrit :

L’Université pâtit de deux tares structurelles :
- on retrouve en première année d’université des personnes n’ayant pas les pré - requis, ayant - par exemple - souvent une orthographe déplorable et des connaissances en maths très faibles.
- les étudiants choisissent une formation sur des critères vagues et des on - dit.

Solutions :
- restaurer un véritable Bac avec un niveau socle minimum
- publier sur le site de l’éducation nationale les taux d’insertion professionnelle dans la formation suivie + revenus obtenus à l’entrée dans la vie active

Je pense que la solution 2 est loin d’être suffisante face à un pb complexe. En résumé on doit se débrouiller avec des étudiants qui veulent un diplôme mais ne sont pas prêts à faire les efforts pour l’obtenir. Mais c’est une problématique qui va bien au-delà de l’enseignement …

Pour ce qui serait d’avoir une opinion face aux réformes en cours, je crois que l’idée est justement le renforcement du socle minimum. Est ce que ça va marcher je n’en sais rien, mais ça pourra difficilement être pire.

Dernière modification par Gap (28/11/2019 14h25)

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#15 28/11/2019 15h04

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Je vais prendre mon cas comme exemple pour contrer le "renforcement du BAC". J’entends par BAC un BAC S ou ES.

Si renforcement doit y avoir, certains candidats, moi compris, n’auraient pas eu le BAC.
Pour autant, je n’ai pas été une tare à l’IUT et encore moins en école d’ingénieur.

Aujourd’hui, j’ai bien l’impression que les entreprises recherches de plus en plus de "soft skills". C’est à dire qu’elles commencent à rechercher des Humains avant les diplômes. Il faut avoir les diplômes c’est sur, mais la mentalité du candidat est devenue je pense, bien plus importante.

Les diplômes sont la porte d’accès, la carrière se fera sur les Soft Skills.

Dernière modification par LoopHey (28/11/2019 15h05)


Mon interview sur le blog du projet lynch : http://leprojetlynch.com/2020/12/loophe … -debutant/

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[+5]    #16 26/03/2020 01h58

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Cette file a moins de succès que celle du primaire, mais c’est le bon lieu pour raconter comment ça se passe en ce moment à la fac.

Pendant la dernière semaine avant le confinement, on pensait que la fac allait fermer vers le 20 Mars, alors on a préparé le terrain pour passer en enseignement à distance. Nous n’avions aucun plan préétabli.

C’est la première fois que j’ai trouvé intéressant mon travail de directeur de département qui n’est certes pas sans utilité mais consiste trop souvent à suivre des procédures administratives infiniment barbantes.

Il a fallu aussi donner l’exemple dans la transition vers l’enseignement distanciel. La plupart des collègues font beaucoup plus que le minimum. Il y en a de moins zélés, et il n’y a guère de surprise sur leur identité.  Certains ont quand même de sérieuses circonstances atténuantes (comme des enfants de 3 ans à gérer en télétravaillant).

On a demandé au minimum aux enseignants de mettre les cours et TD en ligne, de recueillir les productions et évaluer des étudiants, d’interagir en synchronisé pendant leurs créneaux horaires  mais de préférence via des outils de chat écrit, audio, de partage de fichier.   

Sans insister sur la visio qui consomme beaucoup de ressources informatiques. D’ailleurs pour bien faire une vidéo de cours au tableau noir, il faudrait que les enseignants et les techniciens aient accès aux locaux.

Ma charge de travail pour l’enseignement a nettement augmenté au début du confinement.
L’apprentissage sur le tas des techniques d’interaction a distance remplaçant le tableau noir a été rude. Ma première séance a été très médiocre, j’ai accumulé les déboires, mais ai redressé la barre dès la seconde. J’arrive maintenant presque à faire des seances interactives normales, manquent les mimiques d’incompréhension des étudiants quand je suis allé trop vite….. Il me faut 4 fois plus de temps pour préparer que d’habitude.  Possible qu’en vitesse de croisière je préparerai plus vite.

Tous les collègues qui font une classe interactive à distance font ce constat d’une explosion du temps de préparation.

La vitesse de croisiere, une sorte de normalité, a cependant été obtenue en moins d’une semaine dans les enseignements classiques. Je ne sais pas ce qui se passe hors des sciences ou dans les autres facs. 

Les étudiants assidus et correctement équipés informatiquement semblent adhérer mais on en a perdu pas mal en route. On a recensé ces étudiants et on cherche à les rattraper et à aider ceux qui sont aidables. Il est clair que les publics fragiles vont pâtir davantage de la situation.
Enfin, une chose est certaine, on ne fait pas tout ça pour distribuer à la fin  le diplôme dans une pochette surprise. Les examens auront au moins le taux d’échec habituel. Ce que je crains est que ce soit pire.
Comme d’habitude c’est en L1 que ça se passe le plus mal et en M1-M2 que ça se passe le mieux. C’est à dire que beaucoup dépend du degré de maturité et d’implication des étudiants d’une part, de leurs difficultés matérielles d’autre part.

Un gros point noir, c’est les stages en entreprise et l’alternance. On risque de devoir neutraliser les notes de stage en entreprise dans des formations dont c’est une composante essentielle. Ca doit être bien compliqué dans les écoles d’ingénieurs ou de commerce.

Quant aux examens et aux concours, on ne sait pas trop comment ça va se passer. On verra en Avril.

J’ai vu passer des directives ahurissantes du MESR qui proposaient d’avoir recours à des opérateurs privés organisant des examens sous vidéosurveillance à domicile. Comme si on avait des tombereaux d’argent du contribuable à jeter par les fenêtres.

Pour la recherche je n’ai hélas  pas trop de temps mais c’est comme ça quand on fait de la direction de département.

J’ai beaucoup moins d’heures de cours à faire qu’un collègue du secondaire ou du primaire,  ayant notamment une décharge pour ma tache de direction. Donc je peux me permettre 6h de préparation par heure de cours.  Je ne pense pas que les collègues du secondaire, en tous cas en maths ou en sciences où on utilise beaucoup le tableau, puissent assurer 18 - 20 heures de classe interactive à distance vu l’explosion du temps de preparation. D’ailleurs, un seul prof de ma fille au lycée, le prof d’histoire, fait un cours en audioconférence.

Ma femme en cpge fait la majorité de ses cours en visio mais les met aussi  en ligne, un peu comme moi. Elle est littéraire et son travail de préparation (qui normalement est plus lourd) a moins augmenté que le mien. Le gros problème en cpge, c’est l’organisation des concours.

Dans cette affaire, je ne risque ni ma vie ni mon emploi, juste une belle baisse de pouvoir d’achat à moyen terme et des plans de rigueur sans fin à l’université.   Je fais mon service autrement que d’habitude. Le service rendu aux étudiants est de moins bonne qualité que d’habitude mais c’était attendu. Ca me donne l’occasion de m’autoformer à de nouvelles techniques. Ca a aussi totalement explosé la routine administrative. Je crois aussi que je m’ennuierais si je ne télétravaillais pas (c’est ça de ne pas avoir des enfants de 3 ans.).

Donc, je ne vais pas me plaindre pour le moment présent. D’autant qu’il n’y a pas de symptômes grippaux chez mes proches. 

En conclusion, la fac fonctionne toujours, en mode dégradé, ça a secoué mais ce n’est clairement pas l’oeil du cyclone. Ça peut être différent dans d’autres fac et j’aimerais en savoir plus sur comment les étudiants vivent la chose.

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#17 19/04/2020 18h48

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A la reflexion, un point très positif dans la situation présente pour les universités françaises est qu’on a appris à poursuivre les activités pédagogiques quand les locaux sont inaccessibles.

J’avais détesté les blocages permanents de locaux d’enseignement qu’on subissait du fait de l’Unef et d’organisations étudiantes plus gauchistes encore jusque dans les années 2010 et qui nous paralysaient totalement,  ce qui a contribué à discréditer l’institution dans le public. Il y a eu encore récemment de tels mouvements à Tolbiac par exemple mais ça a indéniablement reflué. En règle générale, des non-étudiants venaient en renfort et etaient indélogeables. Par la suite, ces gens sont devenus zadistes.

J’aurais bien aimé avoir la carte du télé-enseignement à jouer il y a quelques années.

Alors ce n’est pas l’idéal, les premiers retours terrain des étudiants est que c’est bien pour les bons (mais plus dur), difficile pour les moyens et catastrophique pour les autres.

Les dix derniers jours ont été consacrés à l’organisation des examens. Les débats ont été vifs et c’est une litote. Les suspects habituels voulaient qu’on mette 10 à tout le monde…..

Malheureusement, il n’y a pas de possibilité à cout raisonnable de préserver l’équité et l’anonymat requis dans les examens, ce qui est bien embetant juridiquement pour l’université mais pas pour les étudiants qui seront diplômés.

Le ministère nous avait toutefois informé début Mars de l’existence de prestataires permettant d’organiser des examens en télésurveillance à domicile, pour des sommes dont on n’a pas le premier centime.  Il n’en a donc guère été question sur le terrain….

Les règles pour organiser les examens à distance que les instances élues de l’universités ont votées  étant trop laxistes, le département où je sévis passe pour l’essentiel  au contrôle continu pour la session 1 et si c’est possible on fera des oraux en audio/visio en session 2,  ce qui permet de limiter un peu les dégâts. On s’attend à ce que ce soit compliqué. Je considère comme acquis que les étudiants qui échoueront pourront faire des recours au TA et nous forcer à organiser des sessions d’examens en présentiel l’an prochain s’ils le veulent.

Pour les concours, les décisions prises par le Ministère (maintien, annulation des oraux) sont les seules raisonnables. L’organisation des concours écrits pour les grandes écoles ou le recrutement des enseignants ne sera toutefois pas une sinécure…. 

Le mois de Juin promet d’être intéressant, les consignes du Ministère étant qu’on devra se préparer à ne pas ouvrir normalement en Septembre.

En revanche, les choses ne se présentent pas bien pour l’embauche des promos qu’on diplômera à Bac+5, les stages sont massivement annulés par les entreprises, il sera difficile de faire des contrats d’alternance l’an prochain et les contrats de formation continue sautent. Ça reprendra mais c’est clair que les entreprises se sont recentrées sur le court terme.

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#18 29/04/2020 13h08

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A part en recherche ou les choses sont plus ou moins compliquées suivant les spécialités,  tout est maintenant à peu près sur les rails à la fac pour la fin du semestre.  On va avoir des problèmes  avec les épreuves à distance mais il y a nettement pire.

Les cours finissent bientôt. Je suis un peu plus  inquiet que d’habitude de ce que je vais lire dans mes paquets de copies composées à distance. Je pense que je vais faire des sujets relativement faciles pour récompenser ceux qui auront tenu bon.

Mais il faut reconnaitre qu’on ne contrôle rien quant à la triche et que les conditions de composition ne seront pas égales.

Il faudra aussi débriefer avec les étudiants. Il y a beaucoup d’enseignements concrets à tirer de cet épisode.

Ma femme en Cpge va continuer et sans doute finir l’année en distanciel. Ca roule bien.

Dans ce que j’ai vu les collègues de la fac et de cpge se sont pris en main sans trop attendre de l’administration.
Mais je n’ai pas tout vu. Notamment pour les risques psychosociaux.

La rentrée de Septembre s’annonce compliquée. La tutelle nous fait passer le message de nous tenir prêts à commencer sans accueillir les étudiants.

Je ne vois même pas comment ce sera possible si on ne peut pas prendre en main les étudiants quelques semaines pour faire s’installer les bonnes habitudes.

Bref, il va falloir établir des plans de bataille  dans les deux mois qui viennent. Si le personnel a accès aux locaux, il y aura des marges de manoeuvre nouvelles.

D’habitude, Septembre se gagne en Juin. Simplement, là, le risque de se planter est plus grand qu’à l’accoutumée et surtout ce n’est pas le même. Le risque habituel est de ne pas parvenir à mettre des enseignants devant chaque groupe le jour de la rentrée.  Depuis que je suis de près ces affaires et y participe, on s’en sort ric-rac 1 fois sur 3 et on galère (plus ou moins) 1 fois sur 4. Ici c’est exactement le problème inverse: on n’est pas surs de mettre des étudiants devant les enseignants!

A plus long terme, la situation est inquiétante.

On s’attend à une poursuite et à une amplification des difficultés financières des établissements à cause notamment des pertes de recettes en formation continue (il est normal que les entreprises réduisent la voilure) qui sont conséquentes . 60% des recettes propres dans ma composante et bien plus en iut ou école d’ingenieur .

Attention de ne pas surinterpréter: le budget d’une composante se limite aux dépenses de fonctionnement et d’investissement et ne comporte qu’une toute petite partie de la masse salariale dont l’essentiel qui se retrouve au niveau de l’université.

Le risque est qu’on nous demande de nouveaux tours de vis sur la qualité de l’enseignement et que les relations sociales au travail se détériorent.

Je n’ai qu’a regarder dans lettres et sciences humaines pour voir ce qui se passe quand des départements sont mis au pain sec et à l’eau. Et ça ne fait pas envie.

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#19 29/04/2020 15h27

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Peut-être que le système de faire payer une partie de la formation des étudiants par les entreprises trouve ses limites. Et le système du tout "gratuit", comme à l’école primaire ou dans les hôpitaux.

J’ai arrêté d’enseigner quand j’ai vu que moins de 15% des étudiants de mes cours étaient réellement intéressés. Aujourd’hui, je m’occupe toujours des étudiants, mais du point de vue du logement. Et je peux vous garantir que j’y trouve plus de bouteilles d’alcool vides que d’étudiants studieux. On touche là les limites de la fac pour tous. Je doute que l’on trouve autant ce profil d’étudiant inactif dans les écoles à 2000 € par mois.

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#20 29/04/2020 18h44

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La formation continue c’est quand une entreprise envoie des salariés se former. Elle paye pour cela au cout complet. Elle est libre de choisir son prestataire,  public ou privé.

La formation initiale, c’est la formation des étudiants avant qu’ils ne soient embauchés. Les frais d’inscription sont modiques. Les entreprises ne payent qu’a travers leurs impôts.

Il existe d’autres formes comme l’alternance ou l’etudiant (ou plutôt l’apprenti) est 50% étudiant 50% salarié. Ce dernier mode est plébiscité par les étudiants. Les entreprises suivent mais il y a une petite réticence car il arrive souvent que l’apprenti les quitte au bout de la période d’essai. Et disons le tout net, ça engloutit des moyens humains assez considérables pour le suivi de stages. Comme les stages en entreprise en Master ou en école d’ingénieurs. 

Le fait est qu’on utilise les recettes de la fc pour des investissements (réfection locaux, installation matériel informatique, …) utilisés pour la fc ET la fi. Certains collègues préféreraient que tout vienne de la dotation de l’Etat.   En attendant qu’elle augmente -et tout semble indiquer qu’on peut attendre un petit moment- on se débrouille comme on peut avec l’argent qu’on arrive à gagner en plus. C’est une façon de respecter le contribuable.

Pour la gratuité des études supérieures en France, je m’interdis d’avoir une opinion la dessus. Ca pose des problèmes pratiques aux établissements publics d’enseignement supérieur mais revenir dessus ne serait pas juste une question technique.  Il faut un referendum ou une élection présidentielle ou le candidat élu aurait clairement affirmé son intention de renoncer à ce principe pour y mettre un terme. La question ne m’étant pas posée comme citoyen, je n’y réfléchis pas.

En revanche, je suis pour la sélection en L1.  Le type de comportement que vous décrivez m’énerve également. Les proportions d’étudiants intéressés - disons suffisamment pour être assidus- que j’observe en L1 sciences sont plutôt 50-60%. Avec certains groupes c’est beaucoup mieux. La proportion que vous donnez, je l’ai observée une fois avec un groupe, c’était très pénible, mais les étudiants n’avaient juste pas le niveau et n’auraient pas dû être là. Disons que la situation est très contrastée suivant les filières. Pour le dire un peu rudement,  il y a trop d’étudiants dans certaines filieres comme psycho, staps, ainsi qu’ en première année de médecine ou de droit (ou la première année est consacrée à un écrémage sauvage).   

La conjonction de la quasi-gratuité et de la non-sélection a clairement des effets pervers.

Ensuite est il raisonnable de donner les APL aux étudiants sachant que les bailleurs privés captent une partie importante de la subvention?  Ne serait il pas préférable de empêcher ces fonds vers les droits d’ inscription?

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[+2]    #21 29/04/2020 19h33

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Professeur agrégé d’histoire en lycée, j’ai longtemps rêvé de l’Université. Un poste de Prag en 2005 m’aurait fait rêver, un poste de maître de conférences aurait constitué le but ultime. En fin de thèse (enfin, je crois…), et bien que trop vieux, je me suis renseigné sur l’opportunité des postes universitaires, auprès de plusieurs collègues chargés de cours, de professeurs d’Université ou en classes prépas.
Sur le niveau des premières années de licence, comparativement aux terminales S, je cite : "C’est le fond de la cuve…" d’après un professeur de lycée…
Sur la paie d’un Prag (agrégé détaché en fac)  : perte d’environ 500 euros par mois, en enlevant les avantages du lycée (heures sup, professeur principal etc.),doublée d’un enseignement lourd dans les premières années. Un docteur en histoire, chargé de cours à l’Université, et colleur en classes prépas, avait une "opportunité" dans une fac de banlieue parisienne ; il a décidé de ne faire aucun effort pour conserver son très bon poste dans un lycée prestigieux. Sur le recrutement, qui résulte d’une "élection" : prime absolue au candidat "local", qu’il soit bon, moyen ou nul…
Dans certaines facs de banlieue, dont une ressemble plus à une ZAD qu’à une fac, les profs doivent faire attention à la mouvance "décoloniale, féministes, LGBT et extrême-gauche" qui a pris le pouvoir…
Enfin, depuis la réforme de Pécresse sous Sarkozy, la concurrence est de rigueur entre les matières et donc entre les profs, l’ambiance est plombée depuis cette époque…
Dans les lycées parisiens où j’enseigne, la paie est meilleure, la liberté de travail et d’expression existent, et j’ai assez souvent des élèves intelligents et intéressés, et jusqu’à 25 % de mentions très bien dans une classe. Même dans les "petits" lycées, l’ambiance est bonne. Quant aux professeurs de classes prépas que je connais, tous docteurs, aucun n’envisage un transfert vers la fac, et jamais, au grand jamais, en banlieue parisienne… 
L’Université perd aussi du terrain aussi dans le recrutement.

Rastignac

Dernière modification par Rastignac (01/06/2020 16h34)


“L'épargne est une magnifique réalité, spécialement quand nos parents l'ont pratiquée.” Mark Twain…

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#22 29/04/2020 19h57

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Caratheodory a écrit :

En revanche, je suis pour la sélection en L1

Myopie intellectuelle des manifestants de 1986 qui étaient contre
Pauvres manipulés…


Ericsson…!  Qu'il entre !

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#23 29/04/2020 20h25

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Bonjour,
On ne parle pas d’indemnités pour les heures supplémentaires.

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[+1]    #24 29/04/2020 20h51

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C’est une file où il est beaucoup question d’université, c’est très intéressant mais à mon sens peu représentatif de l’enseignement supérieur en France aujourd’hui.

Tout d’abord pour compléter le sujet du confinement et de l’enseignement, je suis un apprenti (certes un peu vieux) en BTS. A l’annonce du confinement, mon employeur m’a signifié que j’étais à 100% avec lui à présent car le CFA était fermé et qu’une directive du ministère va dans ce sens. Pas de problème car les programmes étaient en grande partie bouclés et on rentrait en pleine préparation des examens ayant lieu de mi-mai à juin.

Aujourd’hui on sais qu’il n’y aura pas d’examens en juin, ça sera le contrôle continu pour tous et une session en septembre pour les candidats libres et les refusés de la première session à priori.

Bonne nouvelle pour moi, la reprise de mes études démarre bien.

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Pour revenir à l’enseignement supérieur en France il est important de souligner qu’au vu des grandes difficultés que rencontrent les universités (blocus, manque de moyens, etc.) un nombre important d’étudiants se tourne vers les établissements privés quand cela est possible et notamment en apprentissage.
Aujourd’hui beaucoup d’établissements préparant au BAC+5 invitent les étudiants à l’apprentissage dès le BAC+3 ou BAC+4 de cette manière les étudiants ont des connaissances solides et se forgent par la suite une expérience professionnel. C’est un format très intérressant, je regrette d’avoir intégré trop vite la vie active et de ne pas avoir saisi la chance d’intégrer ce genre de cursus.

Des cursus sont bien sûr la chasse gardée des universités : Littérature/histoire/archéo/droit/médecine etc. cependant pour les autres domaines Informatique/Commerce/Banque/Finance/Sport par exemple les écoles privées sont de plus en plus prisées. Elles mettent souvent les moyens matériels pour attirer les jeunes et ont un enseignement de plus en plus qualitatif.

J’aimerais parfois un fonctionnement un peu plus à l’américaine pour nos universités : Plus de mécénat mais sans les frais d’inscriptions faramineux. ça ne coûte pas grand chose de mettre le nom d’un donateur sur un bâtiment ou dans une salle de cours.

La promotion de l’apprentissage dans les cursus afin de mieux préparer les étudiants et de récolter les taxes d’apprentissage est aussi un axe. Cela permet aussi de multiplier le nombre de candidats dans l’université puisqu’ils n’ont pas nécessairement cours les mêmes semaines/les mêmes jours de la semaine.

C’est peut-être utopique mais de cette manière l’enseignement quasiment gratuit pourrait être maintenu et la qualité des moyens mis en oeuvre renforcée. Sans cela je pense qu’irrémédiablement les établissements privés vont prendre le pas sur les universités.

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#25 29/04/2020 21h19

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Rastignac a écrit :

Dans les lycées parisiens où j’enseigne, la paie est meilleure, la liberté de travail et d’expression existent, et j’ai assez souvent des élèves intelligents et intéressés, et jusqu’à 25 % de mentions très bien dans une classe. Même dans les "petits" lycées, l’ambiance est bonne. Quant aux professeurs de classes prépas que je connais, tous docteurs, aucun n’envisage un transfert vers la fac, et jamais, au grand jamais, en banlieue parisienne… 
L’Université perd aussi du terrain aussi dans le recrutement.

Rastignac

Si vos collègues n’envisagent pas un ’transfert’ vers la fac c’est peut être aussi qu’ils ne sont pas motivés à faire de la recherche, qui constitue environ 1/3 à 70% du temps de travail d’un enseignant-chercheur (le reste = enseignement et administratif). J’ai rarement entendu parler de quelqu’un qui choisissait la carrière universitaire pour la paie (il faudrait être sacrément fou, surtout au regard du ratio salaire / masse de travail qu’un Maitre de conférences ou Professeur doit s’enfiler s’il a à cœur de faire correctement son job!).

Et concernant l’enseignement, il y a de tout à la Fac. Un cours magistral devant 600 étudiants, gérer une vingtaine de sujets dans un Master ou encadrer des thèses, ce sont des diversités d’expériences peu communes. C’est (j’imagine) différent d’enseigner en Lycée ou en Collège. Il en faut pour tous les goûts ; certains y trouvent leur compte, d’autres pas. Certains préfèrent être en lycée, d’autres pas.

En revanche, je constate il est vrai (sans les disciplines que je connais un peu = sciences économiques mais surtout sciences de gestion), que ça fait bien longtemps que la Fac perd en effet du terrain face aux Écoles de commerce et aux facultés étrangères. Qui adorent recruter de jeunes doctorants forts brillants et capables de publier (et de faire un chouïa d’enseignement)…avec des conditions salariales et de travail (notamment pour l’aspect recherche) souvent bien meilleures qu’à l’Université française.

Ce qui, au passage, est l’un des derniers fleurons et point de différenciation des facultés françaises : sortir des doctorants. Soit un diplôme très coté dans le monde (il est vrai sans doute moins en France dés qu’on sort des sciences dites ’dures’).

Sinon et sur l’apprentissage, il s’agit dans mon expérience de vraies réussites à l’Université. J’y ai rencontré des étudiants ultra motivés et qui n’avaient rien à envier (à de nombreux égards) à des étudiants en Sup de co (où j’étais aussi correcteur - c’était rigolo de comparer les résultats aux mêmes questions entre des Licences Pro à la Fac et une École de commerce…résultats parfois étonnants…). Mais c’était il y a 15-20 ans. Peut être que ça a changé.

Malheureusement, la Fac est plombée par la mentalité du ’tout gratuit’ / ’open bar’, avec des promos de 1ères années où (selon les filières et les endroits) de trop nombreux "étudiants" n’ont rien à faire (c’est la blague dans Parcours sup : combien de Bac ’Métiers de la Mode’ s’inscriront en première année de droit ou de médecine…sans que personne ne puisse malheureusement les en empêcher …). Une vraie solution serait un système de paiement d’au moins une partie des frais de scolarité (ce qui peut être soft, à l’australienne par exemple). D’un coup, les étudiants deviendraient en moyenne plus attentifs et motivés. Mais il ne faut pas rêver - un ministre qui suggèrerait ça sauterait sans doute dans les 48 heures.

Dernière modification par carignan99 (29/04/2020 21h52)

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