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[+1]    #1 03/12/2019 17h02

Administrateur
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Le classement PISA 2018 est sorti : PISA - PISA

PISA a écrit :

Le Programme international de l’OCDE pour le suivi des acquis des élèves (PISA) est une enquête administrée tous les trois ans depuis 2000 en vue d’évaluer les connaissances des élèves de 15 ans et de déterminer ce qu’ils peuvent faire grâce à leurs connaissances. L’enquête PISA évalue le niveau de compétence des élèves en compréhension de l’écrit, en mathématiques et en sciences – lors de chaque édition, mais de manière plus approfondie tour à tour dans l’un de ces trois domaines, dit domaine majeur. De plus, lors de cette enquête, le niveau de compétence des élèves a aussi été mesuré dans un domaine novateur, la compétence globale.

Le rapport complet pour la France : PISA - PISA

Pas de grand changement par rapport aux années précédentes :

1) élèves moyens : nous sommes légèrement au-dessus de la moyenne de pays de l’OCDE au niveau des acquis des élèves

2) inégalitaire : nous sommes dans le trio de tête concernant les inégalités

PISA a écrit :

Comme déjà observé lors des éditions précédentes du PISA, la France est l’un des pays de l’OCDE où le lien entre le statut socio-économique et la performance dans PISA est le plus fort avec une différence de 107 points entre les élèves issus d’un milieu favorisé et ceux issus d’un milieu défavorisé. Cette différence est nettement supérieure à celle observée en moyenne dans les pays de l’OCDE (89 points).

3) c’est le bord## en classe

PISA a écrit :

La France est l’un des trois pays où les élèves font état des plus grandes préoccupations liées aux problèmes de discipline en classe. Il n’y a qu’en Argentine et au Brésil où l’indice du climat de discipline est inférieur à la moyenne observée en France.

PISA a écrit :

En France, les élèves sont plus souvent préoccupés que dans la plupart des autres pays de l’OCDE par les problèmes de disciplines qui perturbent l’enseignement. Ainsi, un élève sur deux a déclaré dans PISA qu’il y avait du bruit et du chahut dans la plupart ou la totalité des cours – à comparer avec un élève sur trois en moyenne dans les pays de l’OCDE.

4) les élèves se sentent (à tort ou raison) délaisser par les profs

PISA a écrit :

La France est l’un des pays participant au PISA où les élèves déclarent percevoir le moins le soutien de la part de leurs enseignants

Mots-clés : collège, enseignement, lycée, professeur

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[+1]    #2 22/12/2019 08h22

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Le ministère de l’Education Nationale a publié la répartition nationale des moyens pour la prochaine rentrée le 18.12.2019.

Pour la rentrée 2020 dans le Secondaire au niveau national :
+ 22 000 élèves
- 440 postes
+ 335 ETP (Equivalent Temps Plein) en Heures Supplémentaires Années
+ 125 postes (ETP) en décharges académiques redirigés devant élèves.

Selon le ministère, "les moyens ainsi délégués dans les collèges et les lycées permettent de répondre aux besoins des établissements, tout en améliorant la rémunération des professeurs".

En 2019, nous avions eu :
+ 32 000 élèves
- 2650 postes
- Compensation par des HSA

Le ministère de l’EN poursuit donc sa logique d’imposer des HSA aux enseignants.
C’est en ligne avec le décret n°2019-309 du 11 avril 2019 qui oblige d’accepter un seconde HSA, et avec l’idée de M. Blanquer selon laquelle l’augmentation du pouvoir d’achat des enseignant-e-s passe par les HSA plutôt que par une augmentation de salaire.

--

Pas évident de mesurer l’impact réel de la mesure annoncée, car 73% des enseignants du second degré effectuent déjà 2 HSA
Selon le Café Pédagogique, la mesure va renforcer les inégalités entre les enseignants du second degré :

- Certains enseignants n’en bénéficient pas statutairement comme les professeurs documentalistes.
- 86% des agrégés effectuent des heures supplémentaires, en moyenne 3 par semaine.
- Les enseignantes du second degré effectuent nettement moins d’heures, sans doute car elles ont davantage de charges familiales.
- Les jeunes enseignants, qui doivent préparer beaucoup de cours, en font moins que les plus expérimentés.

--

En réalité, pour la rentrée 2020, au menu, il y aura :
1) Plus d’élèves par classe
2) Plus de HSA imposées (et non toujours souhaitées) à tous les enseignants
3) Plus de fatigue (et/ou de rancoeur contre le décret du 11.04.19) chez les enseignants
4) Le gel du point d’indice comme depuis XX années

Bref, de quoi faire une belle remontée dans les scores PISA…

Dernière modification par maxicool (22/12/2019 08h36)


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[+1]    #3 19/06/2020 19h02

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Je viens de recevoir le nouvel emploi du temps de mon enfant au collège. Je le trouve très bien conçu. J’ai donc décidé de le mettre en application dans mon hôpital:

Semaine du 22 au 26 juin :​
​MATIN (de 8heures à 11 heures) : Accueil de tous les patients dont le nom commence par A à M;
​​APRES-MIDI (de 13heures30 à 16heures30) : Accueil de tous les patients dont le nom commence par O à Z.

Semaine du 29 juin au 03 juillet :
MATIN (de 8 heures à 11 heures) : Accueil de tous les patients dont le nom commence par O à Z;
APRES-MIDI (de 13heures30 à 16heures30) : Accueil de tous les patients dont le nom commence par A à M.

Afin de préserver les mesures de distanciation, l’accès aux urgences n’est pas possible pour des raisons sanitaires.

Les consultations, les entrées, et les interventions chirurgicales ne seront pas assurées les mercredis 24 juin et 1er juillet, les vendredi après-midi 26 juin et 03 juillet.

En effet, le personnel hospitalier, très sollicité, ne souhaite pas se faire un claquage avant le week-end, et encore moins avant les 2 mois de vacances.

Merci d’avance.

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[+2]    #4 17/10/2020 09h41

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Dans quel pays vivons-nous ?
Je n’ai pas de mot… si ce n’est "effroi, tristesse, colère, honte…".
Comment peut-on en arriver à une telle barbarie ?

J’espère que la réaction politique ira bien plus loin que : "il faut expliquer davantage la laïcité au sein de nos établissements scolaires".

--

Quand je vois des réactions comme celles-ci, publiées sur la toile (et non-modérées) :



Ca fait peur, ça fait froid dans le dos ! Je pleure.
Que ce collègue repose en paix. Condoléances à sa famille.

Dernière modification par maxicool (17/10/2020 10h10)


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[+5]    #5 17/10/2020 11h16

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3 réflexions de mon côté :

1) Pour un salaire pas bien brillant, les enseignants sont en première ligne face à la violence de la société ; ils méritent le plus grand respect. Ils sont exposés via les enfants qu’ils éduquent, et via leurs parents, à toutes les franges de la société - y compris les plus intolérantes, les plus radicalisées, et les plus violentes.

Dans le même temps, bien des parents se comportent en "consommateurs" de services éducatifs, avec une mentalité "le client est roi". On doit mieux protéger les enseignants face aux intolérances diverses, parfois violentes, des parents d’élèves. Agresser un enseignant doit être puni de façon tout aussi lourde qu’une agression contre un juge ou un policier. Les enseignants sont depuis toujours les piliers de la République : derrière eux, c’est bien la République qui est insultée et bafouée.

L’enseignant doit pouvoir enseigner aux élèves avec les méthodes qui lui semblent appropriées et utiles, dans le cadre des règles communes. C’était le cas de cet enseignant libre et courageux abominablement assassiné. Et si un enseignant manque à ses obligations, il en répond seulement devant sa hiérarchie.

2) Les réseaux sociaux sont des armes meurtrières ; il faut sortir de la culture du lynchage. Les parents d’élèves qui ont vomi leur haine envers cet enseignant sur les réseaux sociaux, et les personnes qui, de retweet en retweet, ont diffusé cette haine, sont les complices objectifs de ce crime monstrueux. J’espère que les gardes à vue de ce matin se traduiront par des sanctions judiciaires (mais j’en doute).

Chacun d’eux, en insultant cet enseignant, en le désignant à la vindicte populaire, puis en publiant son nom et son adresse, a apporté sa pierre à cette monstruosité. Bien à l’abri derrière leur clavier, ils ne sont pas plus innocents que l’assassin.

Vraiment, il faudrait cesser d’utiliser les réseaux sociaux pour diffuser sa haine, avec un effet démultiplié par la technologie. Des interdictions et des sanctions pénales renforcées doivent être envisagées, à mon avis. Personnellement, sauf exceptions (comme sur ce forum, pour des raisons évidentes), je suis hostile au pseudonymat sur des réseaux sociaux comme Facebook ou Twitter. Chacun devrait y assumer ses propos, parfois irresponsables et haineux, en pleine lumière - comme sur la place du village.

3) De dérive en dérive, on finit par tuer la liberté d’expression. Pour des motifs légitimes de protection des "minorités" et de respect des sensibilités religieuses et autres, on n’a cessé de restreindre la liberté d’expression. C’est une dérive dangereuse à mes yeux. La minorité X se prévaut de la protection légale dont prévaut la minorité Y, les tenants de la religion A se plaignent que la religion B soit mieux traitée par la loi : c’est un engrenage sans fin, mortifère pour la Nation.

En France, la liberté d’expression devrait être sacrée. Pas absolue car des appels au crime doivent évidemment être interdits, mais on devrait avoir le droit de dire des bêtises, des choses irrespectueuses, des blasphèmes, sans craindre pour sa vie. C’est de moins en moins le cas, et la racine de ce mal est que certains ont voulu - à nouveau, pour des motifs louables - rendre la société "parfaite", interdire la bêtise, le racisme, la xénophobie. Le problème, c’est que, de proche en proche, on finit alors par interdire aussi la critique des religions, le blasphème. Chacun se croit alors en droit, dès qu’il se sent "offensé", de désigner à la vindicte publique "l’offenseur" supposé - en l’occurrence un enseignant libre et courageux - et se rend complice du plus abominable des crimes.

Dernière modification par Scipion8 (17/10/2020 15h12)

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[+2]    #6 17/10/2020 11h47

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Je suis 100% d’accord avec votre message @Scipion8, mais croyez-vous que nous pouvons encore sortir de cet engrenage ?

La zizanie semée par les réseaux sociaux est trop intéressante et exploitable politiquement (diviser toujours plus finement pour mieux reigner) et la délégation de l’application des Lois à ces entreprises privées beaucoup trop confortable (et encore une fois, exploitable - voyez la censure honteuse des documents de Hunter Biden Vendredi) pour que le Pouvoir abandonne volontairement cet outil.

Laisser les professeurs et les soignants en première ligne se prendre de front la violence et la folie engendrée par ces tactiques de manipulation et division est aussi bien confortable. Comme les soldats, ils sont faiblement payés et ont signé pour en baver, et surtout ils sont totalement jetables et remplaçables du point de vue de l’Etat. Qu’est-ce qui motiverait le Pouvoir a changer ça ? De toute façon ils sont trop pauvres et ont un sens moral trop élevé (sinon ils n’auraient pas choisi une profession aussi altruiste) pour faire grève suffisamment longtemps ou démissionner en nombre suffisant pour inverser le rapport de force.

Et comme vous le dites justement, chaque frange créée est cimentée par de nouvelles restrictions et un nouveau front dans la bataille pour la liberté d’expression.

Chaque explosion localisée de violence, comme un os qui craque sous la pression dans l’étau de supplice, est l’occasion de redonner un tour de vis supplémentaire.

Comme le QE est un transfert massif de richesse, la dislocation du corps social est un transfert massif de pouvoir. Et l’on aura beau jeu de dire à la fin que de toute façon, ces débciles n’en étaient pas digne.

Nous sommes au milieu d’un power grab violent et de plus en plus rapide (la COVID a donné un sacré coup d’accélérateur) et je ne vois aucune issue, si ce n’est essayer de se mettre à l’écart.

Dernière modification par doubletrouble (17/10/2020 11h48)


Parrain Stockopédia ✯ Mangia bene, caca forte, e non aver paura della morte.

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[+2]    #7 17/10/2020 11h56

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Bonjour à Scipion et à tous

Vous doutez des sanctions judiciaires …moi celle que je crains c’est qu’un de nos "juges" à l’impartialité subjective et sélective sanctionne le policier qui a tiré et blessé l’assassin  (je n’arrive pas à dire le "présumé" assassin).
Comme Doubletrouble j’ai énormément d’amertume et j’en veux à tous nos "politocards" qui au fil des mandats électifs ont imposé à tous les habitants de la France des minorités, soit disant en danger mais inassimilables, dont le seul but est de prendre le contrôle par tous moyens. Je pense d’ailleurs que c’est fait.
Quant à nous Investisseurs (mal)Heureux, taisons-nous et continuons à nous faire pressurer d’impôts et de taxes.
Pour ce professeur (je pense à sa famille et à ses collègues), pas de souci Macron le fera chevalier de la Légion d’Honneur : ouf.

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[+2]    #8 17/10/2020 16h02

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Quelques remarques :
Pour avoir enseigné l’histoire-géographie hier dans un collège "rep" (nouveau nom des "zep"), où les musulmans sont nombreux, je tiens à préciser que l’ambiance est sans agressivité à propos de l’islam. Hier, donc, un sixième m’a demandé poliment pourquoi le livre évoquait le judaïsme, le christianisme et pas l’islam : c’est au programme de cinquième, ai-je répondu et tout est resté calme, alors que la classe est parfois "remuante".
Cette tragédie a plusieurs auteurs : le taré qui a décapité, la nébuleuse islamiste qui l’a encouragé et les réseaux sociaux qui ont favorisé la "chasse au prof". Je ne place pas le parent d’élève musulman qui a soulevé "l’affaire" sur le même niveau : les emmerdeurs, quelque soit la religion, ne sont pas des criminels. Enfin, l’enquête tranchera [rectification : l’enquête semble bien impliquer la participation d’un parent d’élève dans la "chasse au prof" puis à la préparation de l’assassinat].
Ma vision est que nous allons vers de plus en plus d’affrontements culturels car sinon deux religions, du moins deux cultures cohabitent et s’opposent dans le cadre du collège zep : une culture des élèves dérivée de l’Islam, d’ailleurs souvent méconnue par ceux qui s’en réclament, et un mélange "féminisme-LGBT-écologie", bien représenté parmi les professeurs et l’administration. Plus que des connaissances ou des règles de droit, on nous demande d’enseigner un savoir-être qui relève de la sphère privée. Or, ce qui rend l’enseignement efficace est d’abord la légitimité du professeur, évidente dans sa sphère de compétence, mais beaucoup moins dans d’autres domaines, nettement plus flous (sexisme etc.). Lorsque j’étais lycéen, nous avions des connaissances vastes à acquérir et le professeur nous influençait par son charisme et son esprit ; aujourd’hui, il s’agit d’une sorte de prêche pro "laico- écolo-féministo-homo" qui fonctionne assez bien dans les lycées de bon niveau, mais fait sourire les collégiens des quartiers pauvres. Bref, en voulant unir les populations par une nouvelle religion de l’Etat, c’est à dire le discours bobo, on obtient le contraire…

Rastignac

Dernière modification par Rastignac (21/10/2020 15h27)


“L'épargne est une magnifique réalité, spécialement quand nos parents l'ont pratiquée.” Mark Twain…

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[+4]    #9 31/10/2020 14h19

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Bonjour
Pour ma part, je vais reprendre le chemin du lycée et j’en suis très content.
Je suis enseignant en classes préparatoires et au bout de je ne sais quel raisonnement plus ou moins foireux il se trouve que nous semblons nous diriger vers une poursuite de l’enseignement en présentiel ( contrairement à tout le reste de l’enseignement supérieur).

Je ne méconnais pas les risques de cette épidémie et je vais évidemment prendre toutes les précautions. D’ailleurs mes élèves sont dans leur immense majorité hyper-prudents depuis le début de l’année scolaire, pour la bonne et simple raison que leur hantise est un nouveau confinement - j’ajouterai même qu’ils sont bien plus prudents que la plupart des gens à mon avis.

Je disais donc que je ne méconnais pas les risques de cette épidémie MAIS il vient un moment où il s’agit aussi de prendre en compte d’autres réalités que la réalité sanitaire. On ne peut pas sacrifier impunément la formation d’une génération – c’e serait tout aussi révoltant que de tolérer une hécatombe.
Je remarque depuis longtemps déjà une dérive totalement hallucinante: au fond, on se moque bien de ce que les gens apprennent à l’école, jamais on n’entre dans les détails, pourvu qu’on occupe les élèves tout va bien… Donc dans cette logique, distanciel ou présenciel tout le monde s’en moque.
Mais d’un point de vue strictement pédagogique, le bilan du confinement du printemps est purement catastrophique. Le pipeau de l’enseignement distanciel, c’est bien joli mais rien ne remplace un cours magistral que l’élève est obligé d’ecrire à la main en commençant à se l’approprier. Rien ne remplace une séance de td exigeante où le prof se penche sur votre épaule ( avec son masque).
Donc oui, les enseignants au boulot – et on prend quelques risques mais les personnels soignants aussi et ils ne rechignent pas. On n’est pas notaires que diable!

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[+2]    #10 31/10/2020 16h47

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maxicool a écrit :

(3) Oui, l’Institution vous fait prendre des risques sanitaires (ceux évoqués dans la note du 26.10).

Et comme le plan Vigipirate passe en alerte attentat, dans notre école, on ne sait plus
- si on doit avoir peur d’être contaminé,
- si on doit avoir peur d’être décapité,
- si on doit mettre le masque ou laisser le visage découvert,
- si on doit faire rentrer les enfants par nos 3 portes (grande entrée + issues de secours. C’est dans notre protocole sanitaire pour distancer les élèves) ou sur 1 entrée (facile à surveiller par les forces de l’ordre qui sont présentent à chaque entrée/sortie  de classes. C’est dans notre protocole Alerte Attentat),
- si le point d’indice dégelera un jour, prenant exemple sur la calotte glacière.

Et moi, séquelles du Covid du printemps, j’ai de sacrées migraines quand il y a trop d’informations… Pour la reprise, je vais juste essayer de préserver mes élèves de l’hystérie ambiante.

🌿🍁🌿🍃

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[+1]    #11 07/11/2020 04h36

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Visionnant ces 9’58", et Intrigué par le "Tableau 2" venant de MONIC (qui est montré après 2’18", et indique que 21% des clusters étaient de type "Milieu scolaire et universitaire" entre le 9 mai et le 5 octobre 2020), j’ai recherché la source d’où vient ce tableau : c’est ici. On y trouve un lien vers le Guide pour l’identification et l’investigation de situations de cas groupés de COVID-19 qui explique comment ce tableau est élaboré, et qu’un cluster dans une école (tous niveaux) est défini par "la survenue d’au moins 3 cas (enfant ou adulte) confirmés ou probables dans une période de 7 jours, et qui appartiennent à une même école".

En creusant un peu, dans les productions du MONIC, j’ai aussi trouvé ici que "les clusters ne représenteraient que moins de 10% des cas diagnostiqués". (Plus précisément "Entre le 9 mai et le 12 octobre 2020, 4.365 clusters ont été signalés, incluant 50.550 cas. Or, depuis le 13 mai, 638.820 cas ont été diagnostiqués. Les clusters ne représenteraient donc que moins de 10% de l’ensemble des cas diagnostiqués. Il n’est pas possible d’obtenir un pourcentage plus précis en raison de l’intensité de la circulation virale qui ne permet pas de les identifier tous."
(Note: C’est d’ailleurs sans doute ce faible pourcentage qui explique aussi que la pandémie soit passée "hors contrôle", en dépit du traitement des clusters, qui n’a pas permis de l’endiguer, et qui ne permettra pas d’endiguer d’autres vagues s’il reste inchangé).

Tout ceci semble infirmer les propos du présentateur, qui utilise ce tableau pour soutenir son affirmation que "les établissements scolaires sont le second plus gros foyer de contamination dans le pays", oubliant que cette ligne du tableau concerne "le milieu scolaire et universitaire" (soit bien plus que "les établissements scolaires"), et que les clusters représentent moins de 10% des cas de Covid-19 du pays.   (ceci, même s’il doit aussi y avoir des contaminations en milieu scolaire en dehors des "clusters").

Alors, certes, on peut critiquer, par exemple un allégement du protocole sanitaire, que des personnes de l’E.N. qui devraient être considérées comme "cas contact" ne le soient pas, que ces personnels restent au travail, que les gestes barrières soient insuffisamment respectés (souvent à cause de contraintes matérielles), ou qu’on empêche certains personnels de s’exprimer, etc… (autant d’anomalies, qui semblent arbitrées par le pouvoir comme "moins graves" que des fermetures de classes ou d’établissements, et j’ignore si cet arbitrage est approprié).
Mais quand le présentateur le fait en partant en partie d’une argumentation biaisée, sur le nombre de cas de Covid-19 provenant des clusters des établissements scolaires, j’ai quand même aussi un peu l’impression que le présentateur tente de me manipuler.
On verra d’ici quelques semaines si, en dépit de ces "arbitrages" en milieu scolaire, le nombre de cas Covid-19 régresse beaucoup ou pas dans le pays.


J'écris comme "membre" du forum, sauf mention contraire. (parrain Fortuneo: 12356125)

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[+1]    #12 08/11/2020 21h11

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Pour confirmer la manipulation des chiffres par Mr Blanquer…

--

Vendredi 06.11, Mr Blanquer affirmait qu’il n’y avait que 3500 élèves contaminés en France.
SOURCE

Il suffit de regarder le site du Ministère de la Santé (difficile de faire plus "officiel").

ONGLET Suivi des tests



Le 05.11.2020 : 5157 tests positifs pour les 10-19 ans

On peut remonter sur plusieurs jours (en haut à droite).

TESTS POSITIFS chez les 10-19 ans / les 0-9 ans :

- 31.10 : 3180 + 705 = 3885
- 01.11 : 741 + 204 = 945
- 02.11 : 8140 + 1855 = 9995
- 03.11 : 6807 + 1503 = 8310
- 04.11 : 6119 + 1481 = 7600
- 05.11 : 5157 + 1230 = 6387
Les chiffres du 06.11 ne sont pas encore publiés

Et pour rappel, la contagiosité reste élevée pendant un minimum de sept jours, allant parfois bien au delà ! Sur les 6 jours ci-dessus, on arrive à 37122 contaminés ayant entre 0 et 19 ans (dont 30144 entre 10 et 19 ans).
Mr Blanquer annonce 3500 ! Cela fait un mensonge d’une ampleur démesurée et quantifiable, et, comble du comble, vérifiable grâce aux sources issues du gouvernement dont il fait partie…

--

Seulement 3500 élèves contaminés ? Vraiment ?



Il devrait les remettre ses lunettes. Vraiment…

Dernière modification par maxicool (08/11/2020 21h17)


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[+2]    #13 09/11/2020 08h57

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GoodbyLenine a écrit :

On peut en effet supposer que, sur cette période, s’il y a eu 3 500 élèves testés positifs (chiffre qui comporte peut-être une erreur, la top priorité sur le terrain n’a sans doute pas été de remonter le chiffre le plus exact), parmi les 37 000 10-19 ans testés positifs, on a sans doute beaucoup de jeunes qui n’ont pas mis les pieds au collège ou au lycée (depuis la rentrée) :
   - des cas contacts (ou jeunes avec symptômes) qui ont été tester positif, avant de ne pas retourner en classe (auraient-ils pu être inclus dans les 3 500 ?),
   - des jeunes qui sont sortis du système scolaire,
   - des jeunes qui sont post-bac ou en apprentissage.

Sur votre point 2, j’y ai pensé. Mais l’impact est mineur. Sur les jeunes qui ne sont plus dans le système scolaire : sur 7 977M de jeunes âgés de 10-19 ans, 7 460M sont scolarisés (y compris apprentissage…qui vont eux aussi à l’école!). Donc l’immense majorité. (sources : Insee pour la population par âge x taux scolarisation par âge).

Ce que ça dit sans doute : on en revient à un point sur lequel tout le monde est d’accord. En l’absence d’informations fiables (parce qu’on ne s’est pas donné la peine d’obtenir ces informations), on ne peut pas prendre de bonnes décisions. C’est fatal.

Le chiffre de l’EN est sans doute issu des remontées des chefs d’établissements (via peut être les rectorats). Ils remontent ce dont ils ont connaissance. Malheureusement, il semblerait que ces informations soient incomplètes (et pas de quelques centaines).

@Faith
Au contraire, la communication de crise fait partie de la gestion de crise. Et encore plus dans le cas d’espèce puisqu’un élément clé est d’emporter l’adhésion de la population. Pour cela, il faut créer de la confiance.
- M. le Ministre a quand même asséné (et ce n’est pas la première fois) un chiffre pour expliquer doctement qu’à l’école, il n’y a que très peu de contaminations. Et que cette estimation donfde et légitime toute une stratégie à laquelle il veut qu’on adhère (il fait un lien on ne peut plus explicite entre les deux dans l’interview).
- Ce chiffre est manifestement faux et totalement déconnecté de la réalité.
- Ça participe à saper la confiance dans les décideurs > moins d’adhésion de la population > peut être moins de respect des consignes sanitaires > des contaminations en plus…

Quand à trouver des excuses (il était fatigué?)…mois aussi je peux m’en trouver, tout le monde peux s’en trouver. Mais s’il déraille dans ses chiffres, qu’il utilise lui même pour justifier des décisions majeures pour l’EN, c’est qu’il est trop fatigué pour assumer sa fonction. On parle pas d’un Conseil d’Administration d’une entreprise ou de la gestion de l’assoc de quartier là. Les erreurs et les approximations ne pardonnent pas, elles ont des conséquences (parfois graves).

Dernière modification par carignan99 (09/11/2020 09h01)

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[+2]    #14 13/12/2020 10h38

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Bonjour,

Je suis toujours un peu surpris de constater qu’au lieu de s’auto-flageller à propos du résultat de ces tests, on ne s’interroge pas plutôt sur leur contenu.

Il y a toujours l’attrait dans la population pour le top 50 - quitte à oublier ce qu’on mesure pourvu qu’on ait un classement. A partir duquel - et notre hôte n’y échappe pas - on pourra se conforter dans ses idées et enfourcher ses chevaux de bataille préférés.

Je vais parler de ce que je connais à savoir les mathématiques.

La France a gardé - quoi que fort atténuée désormais - une spécificité dans son enseignement des mathématiques, héritée des années 70 et de l’influence bourbakiste.
Il y a encore - au collège au moins - une certaine volonté conceptuelle: il s’agit de montrer aux élèves que faire des mathématiques ne se résume pas ( comme le pensent 99% des journalistes et de la population) à faire des calculs; alors forcément, dans des tests du style pisa ou times ( conçus essentiellement dans la logique des mathématiques utilitaristes, et souvent à base de qcm) les élèves français partent avec un certain handicap.

Il faudrait aussi mesurer ce qu’ils savent et que les autres ne savent pas.
La formation mathématique française est reconnue dans le monde entier - et les effets pervers de ces chiffres c’est justement de fournir des arguments à ceux qui veulent la remettre en cause.; ils y parviennent d’ailleurs assez largement à force.

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[+2]    #15 13/12/2020 10h40

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InvestisseurHeureux a écrit :

Ça c’est pour le français :

Pour le français, il est intéressant de comparer l’évolution du langage utilisé (vocabulaire, passé simple, etc.) dans les livres pour enfants au fur et à mesure des rééditions.

Dernière modification par Geronimo (13/12/2020 10h41)

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[+4]    #16 13/12/2020 11h30

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> GillesdeNantes

Sur "la prétendue dégradation du vocabulaire" que vous voyez pas, je peux vous assurer que globalement (j’enseigne au collège depuis près de 30 ans), c’est manifeste et (malheureusement) avéré chez de nombreux enfants…

Pour exemple, voilà 2 copies de 6ème (DS corrigés il y a 2 ou 3 semaines).
Chacun jugera du niveau de ces élèves en langue française.





Remarque : je ne travaille pas en REP mais dans un collège de centre-ville d’un niveau moyen.

Dernière modification par maxicool (13/12/2020 11h37)


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Favoris 1   [+2]    #17 13/12/2020 15h11

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C’est un fait, les programmes n’ont cessé d’être allégés au fil du temps. Pour ne parler que de l’histoire géo étant donné que j’ai passé le CAPES.

Pour rebondir sur les photos de Maxicool, pour être resté en contact avec une de mes anciennes institutrices, elle s’étonnait de plus en plus (avait de la colère même) de récupérer en CM2 des élèves qui ne savaient pas lire et écrire…..(il y a grosso modo une dizaine d’années).
Maintenant, voyons les dégâts au collège !

Pour quelles raison le gouvernement a souhaité nivelé le niveau vers le bas ? Je n’en sais rien et c’est un autre débat, un terrain glissant même.

Mais toujours est-il que le nivellement de la scolarité vers le bas a des conséquences sur la société : 2 ans maintenant que l’on voit des manifestations TOUS les weekend, trop longtemps que la classe politique casse les policiers pompiers le personnel médical les travailleurs et que l’on victimise les cas sociaux et la délinquance….
Comment accepter que des bons à rien (excusez du terme) viennent casser l’outil de travail de ceux qui paient leurs allocations ?

Déjà au collège, on a supprimé les colles, au primaire, on a supprimé le fait de punir un élève au coin de la salle de classe (je suis désolé, mais on a tous, ou au moins certainement beaucoup d’entre nous à avoir été au coin, et nous n’en sommes pas morts pour autant).
A l’école, on ne punit plus, on ne responsabilise plus les élèves, comment voulez-vous qu’ils deviennent responsables et raisonnable à l’âge adulte ?
Et tout cela avec la bénédiction des parents !

-------------------------------------------------

Ce qui est sidérant, c’est que je constate que les gens qui développent des théories complotistes, pour la plupart, n’ont pas fait d’études, ont arrêté en 3ème ou se sont redirigés vers un CAP/BEP, ne savent pas aligner 3 phrases, ne lisent pas, ne savent pas compter (je veux dire tenir un budget)…. Mais alors par contre, ils seraient plus intelligent que la moyenne (parfois, certains n’hésitent même pas à s’en vanter sur les réseaux sociaux) en nous disant que nous nous ne voyons pas la face caché de ce qui se trame derrière, c’est pour réduire nos libertés, pour que l’on nous implante à tous une puce magnétique dans le corps afin de nous surveiller nos moindres faits et gestes…..

Quand j’entends "non mais Jeff, t.u ne sais pas t.oi, t.u n’as rien compris, le World Trade Center n’est qu’un complot, Ben Laden il n’existe pas, c’était juste pour aller en Afghanistan pour aller chercher du pétrolé"  ==> Non mais sans déconner…. Les mecs, ils ne savent même pas qu’il n’y pas de pétrole en Afghanistan.

Il y en a même eu un, un jour qui m’a sorti " les attentats de Paris, ils n’existent pas, il n’y a jamais eu d’attentat, c’est une pure invention du gouvernement et des télévisions" ==> Je vous avoue, je suis resté sans voix.

Ce n’est qu’une constatation personnelle; mais j’ai l’impression qu’en nivelant la société et la scolarité vers le bas, cela a eu pour conséquence la création d’une certaine catégorie de personnes dépourvus de sens critique (c’est assez drôle de dire ça pour des gens qui au contraire se sont placés contre l’autorité, le gouvernement…) et de réflexion.


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Favoris 1   [+1]    #18 15/02/2021 19h38

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Il parait que les variants sont plus contagieux que le virus initial, qu’ils concernent cette fois autant les enfants que les adultes !

C’est pour cela que l’EN vient (à nouveau) de modifier le protocole sanitaire, en catimini, juste avant le départ en vacances de la zone A, en modifiant une partie des questions / réponses.



L’objectif de l’EN n’est pas sanitaire (protéger les enfants et leurs familles et les adultes présents dans les établissements) mais idéologique (maintenir les établissement ouverts "quoiqu’il en coûte" pour soutenir l’économie). Pourquoi ne pas le dire clairement ?

Il y a 15 jours, tout cas (unique) de variant anglais dans une classe entrainait sa fermeture.

Sauf que depuis, 1599 classes et 103 établissements scolaires ont fermés. Alors que la semaine précédente, le ministère ne comptabilisait que 934 fermetures de classes, avant le début des vacances scolaires de la zone A. Soit une progression de 71% sur une semaine !

C’était "beaucoup trop", c’est mauvais pour la communication, ces chiffres vont à l’encontre de l’idéologie du ministère. Et hop, par un tour de passe-passe, problème réglé ! ;-)

L’objectif est bien de laisser le maximum de classes ouvertes pour que les parents soient tranquilles et puissent aller travailler (but idéologique), et non pas d’enrayer le nombre de contaminations (but sanitaire).

Dernière modification par maxicool (15/02/2021 19h40)


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[+3]    #19 26/04/2021 13h53

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La comparaison des taux de démission me semble peu pertinente, dans le sens où la plupart des gens qui démissionnent dans le privé le font pour prendre un poste équivalent (ou supérieur, mais dans le même domaine), chez un autre employeur.
Ce qui n’est pas possible dans l’EN, qui est le seul employeur existant.

La plupart se sentent d’ailleurs piégés dans l’EN, dans le sens où il leur paraît impossible de trouver un poste dans le privé avec un CV de prof, valorisé comme on le sait (à tord ou à raison, je n’en sais rien).

Il n’en reste pas moins qu’à défaut de démissionner, les collègues se recentrent de plus en plus sur ce pour quoi ils sont payés, et arrêtent d’accepter les tâches bénévoles ou payées au lance pierre (il devient par exemple très difficile de trouver des professeurs principaux).

Dernière modification par LieKolchin (26/04/2021 13h53)

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[+2]    #20 26/04/2021 16h04

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Faith a écrit :

Et c’est en effet un facteur très important dans le choix d’un métier. Mais c’est un facteur interne: il fait partie du métier, et dans une certaine mesure, il justifie un salaire moindre.

Dans un monde où l’argent est le critère numéro un d’appréciation des valeurs  (pour une large part de la population), c’est envoyer un signal désastreux que de mal payer ses profs ou ses infirmières.

On ne peut bâtir une société cohérente en partant du principe que plus votre métier est bullshit plus vous devez être payé, que plus le métier est intéressant plus il doit être exercé gratuitement.

Il serait bon de mieux payer les profs, les infirmières (et d’autres) ne serait-ce que pour remettre l’église au centre du village ( vous me permettrez l’expression).

Par contre vous avez raison ( et je lui ai mis un +1 pour m’en excuser ) j’avais lu en diagonale le message de carignan.

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[+6]    #21 27/04/2021 14h33

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Bonjour à tous,

ce qui peut aussi faire grincer les dents au sujet des salaires des profs, c’est la différence entre le SMIC et le salaire d’un prof débutant.

Ce graphique, extrait de cette article (janvier 2020), le montre bien :



Il y a 30 ans, un enseignant (recruté à BAC +4 ou +5) en début de carrière avait un salaire 2 fois supérieur au SMIC. En 2020, il représente 1,34 fois le SMIC.
Bien évidemment, il augmente au fil des années.

En 2021, même avec la nouvelle prime d’entrée de 125 €, un professeur des écoles débutant gagne en net 1402 + 125 + 80 (prime ISAE) = 1608 €. Le SMIC est à 1231 € net.
Un enseignant débutant gagne donc 1,3 fois le SMIC actuellement.     

Autre graphique un peu plus complet



Forcément, ça peut apparaitre peu motivant et trop peu pour pouvoir attirer vers les métiers de l’enseignement.
 
--

Il faut aussi revenir sur l’évolution de la valeur annuelle du point d’indice dans la Fonction Publique.

En 1994, le rapport valeur du point / SMIC horaire était de 9,59.
En 2021, le rapport n’est plus que de 5,48.

Le point d’indice n’a pas suivi l’inflation (au contraire du SMIC comme le montre ce document).
Depuis 2002 (en 19 ans donc), le point d’indice a augmenté de 8,5%.
 
--

Si l’on compare la faible hausse du point d’indice avec l’inflation sur la même période, un enseignant en début de carrière s’est appauvri, ce qui est moins le cas pour une personne rémunérée au SMIC.

Sur la période 2002 à 2021 :
- Evolution du SMIC horaire : + 53,67%
- Evolution du point d’indice : +8,50%
- Inflation : +29% (voir ce calculateur)

--

Il y aussi pas mal de données intéressantes dans la catégorie dédiée à ce thème dans le projet de loi de finances pour 2020 sur le site du Sénat.

Notamment ce tableau



Sur la période 2000-2017, tous les enseignants (hormis les PE en début de carrière) ont perdu en pouvoir d’achat.

--

Tout cela peut faire naitre un sentiment de "déclassement social".
Cette vision n’est que mathématique, elle n’évoque pas les "avantages" (non chiffrables) que peut comporter le métier d’enseignant.

Dernière modification par maxicool (27/04/2021 14h50)


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[+2]    #22 27/04/2021 17h18

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Comparer le salaire d’un enseignant débutant avec le SMIC ne devrait se faire qu’en gardant à l’esprit que :
   1) pour la majeure partie des professions (et pas que pour les enseignants) un débutant gagne moins de SMIC qu’il y a 10 ou 20 ou 30 ans; C’est sans doute plus dû au fait que le SMIC (en terme de pouvoir d’achat) a bénéficié de différents "coups de pouce" (qui ont conduit à un écrasement de la courbe des salaires vers le SMIC), qu’à une détérioration des autres rémunérations.
   2) une partie des smicards n’a guère de perspective de voir évoluer son salaire en n’étant plus débutant (= restera au SMIC toute sa vie), ce qui n’est pas le cas de pas mal d’autres professions (comme enseignant, ou fonctionnaire en général, ou ingénieur, etc.) (mais d’autres, par ex un médecin généraliste une fois installé, ont peu de perspectives d’augmenter leur revenu sans augmenter leur activité en proportion).
   3) il faudrait aussi tenir compte d’autres aspects de "rémunération" que le salaire (la protection sociale, mutuelle, le CE, les avantages en nature, etc.), pas forcément faciles à chiffrer.


J'écris comme "membre" du forum, sauf mention contraire. (parrain Fortuneo: 12356125)

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[+2]    #23 27/04/2021 18h04

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Pour information à ceux qui ne connaitraient pas, le lien vers observatoire inégalités qui se base sur les données Insee 2018.

Début HS

Sinon, j’avoue que je suis un peu déçu/frustré. J’ai tenté de partager un point de vue un peu différent et sourcé. Bilan : +4 pour le message #228 (intéressant) de Maxicool et pas de retour/rebond/analyse sur mes messages #227 #230.

Dommage car là je trouve qu’on tourne un peu en rond.

M*erci à IH pour l’encouragement car ça ne donne pas franchement envie d’aller plus loin

Fin HS

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[+4]    #24 27/04/2021 19h29

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carignan99 a écrit :

Est-ce que 30% de moins que des ’cadres’, c’est cher payé pour le statut ultra-sécurisant (et/ou, selon les cas, l’amour du métier ou autres bénéfices)?

Vous touchez là un problème qui se montre de plus en plus prégnant, et il s’agit du décalage entre ce que l’enseignant qui serait venu pour l’amour du métier espérait, et ce qu’il vit.

L’enseignement n’offre plus, en tout cas dans la majorité des établissements, la satisfaction de faire un beau métier.
Aujourd’hui, on ferme les dispositifs spécialisés, on baisse les dotations, on créée artificiellement du conflit entre matières (la réforme du lycée a été fortement délétère à ce niveau là, probablement à dessein), mais surtout, on explique aux enseignants que si le système ne fonctionne pas, c’est uniquement de leur faute.
C’est ce dernier élément qui, je le crois, passe de plus en plus mal.

Et lorsqu’on en vient à considérer son métier comme alimentaire, et plus comme une source d’épanouissement personnel ou autre, et bien on ne parle plus que salaire.

Canis a écrit :

Comment se loger décemment en région parisienne dans ces conditions ?

A titre personnel, sans être à Paris, mais en zone frontalière Suisse (c’est un peu moins pire), j’ai vécu ce que je n’aurais jamais pu imaginer.
Aucune agence immobilière n’a voulu me faire visiter quoique ce soit, parce qu’en étant agrégé échelon 3 j’étais considéré comme non solvable.

La région a même réservé des HLM pour ses profs, et là on se dit quand même qu’il y a un problème (je précise à toutes fins utiles que je suis très content d’avoir eu accès au logement social, ce qui m’a évité de démissionner)

Canis a écrit :

Parce que ça devenait trop voyant, le ministère a légèrement revalorisé l’entrée dans le métier

Le ministère a relevé la rémunération des premiers échelons, et a augmenté leur durée, ce qui fait que les nouveaux entrants y perdent sur 4 ans.
Ce n’est pas une revalorisation, c’est une arnaque.

Dernière modification par LieKolchin (27/04/2021 19h39)

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[+3]    #25 28/04/2021 11h28

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Oui, c’est vrai. Les règles du jeu différent selon les joueurs.

Le cadre du public peut perdre ses primes, ce qui ne risque pas d’arriver à un prof.

Le cadre du privé risque de perdre son emploi. Le prof, lui, a déjà perdu son employabilité à salaire egal.

L’indépendant quant à lui a intérêt à avoir un patrimoine important.

A votre avis, que signifie l’aspiration à devenir rentier? N’est ce pas une forme de décrochage?

Quelles sont les conséquences si un prof décroche?  N’y a t’il pas quelques externalités? Pour les élèves par exemple? Pour la formation brute de capital immatériel?

Désolé pour toutes les personnes pour qui la dernière question est incompréhensible ou que mon style rhétorique déroute.  La pensée par questions est ce qui caractérise le chercheur.

Je n’ai pas posé les définitions ni ne  les ai expliquées. Disons que j’applique en contrebandier des idées abstraites issues de la littérature économique pour analyser le problème posé dans cette file.

Je suis parti de la question suivante: comment mon travail contribue-t’il au PIB?  C’est une reformulation de la question la plus énervante que je connaisse: à quoi ça sert les maths?  Plus généralement: à quoi ça sert ce qu’on apprend à l’école?  J’ai dévidé la pelote, n’ai pas accepté la solution ridicule adoptée par les normes comptables internationales  et suis tombé sur l’ hypothèse suivante:

Le prof est un producteur  de capital immatériel.

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