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[+1]    #201 26/04/2021 12h46

Membre
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Bien sûr que c’est une bonne question que l’avenir de EN mais celle de Faith aussi. Pourquoi sont-ils encore là ? Pour moi des gens comme ça on en a plein dans le privé aussi. Ca jacasse de changer de job autour d’un café ou encore qu’on les traite mal. Pas de reconnaissance. Ça doit parler aux enseignants ce genre de discours. Pourtant les gens ne partent pas non plus dans la majorité. Les enseignants ne sont en réalité pas plus mal traités qu’ailleurs. Ceux qui pensent le contraire, vont vite déchanter.

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#202 26/04/2021 12h53

Membre
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Faith a écrit :

Mais comme le dis Kabal, ne vous comparez pas trop: vous avez une vision précise des problèmes de votre emploi, mais une vision très vague de ce qui vous attend ailleurs (c’est notre cas à tous)

Derrière votre intervention, je devine l’idée très répandue que, quand même, prof c’est pas si mal, c’est un métier protégé des dures réalités de la vraie vie, en vacances la moitié de l’année, et puis bien assez payé pour ce que c’est.

Je n’ai pas spécialement le cœur à débattre là dessus, après tout vous connaissez mieux que nous la réalité de nos métiers puisque vous avez été élève un jour, mais je n’en pense pas moins.

malcom a écrit :

Certes, mais Deneb soulève une interrogation légitime: qui aurons nous face à nos enfants et petits enfants dans un futur pas si lointain ?

Là où je suis, il est devenu classique d’avoir, chaque année, des postes vacants. Parfois personne n’est nommé de l’année entière, parfois ce sont des chômeurs qui veulent se la couler douce et restent 2 semaines, parfois ce sont des gens convaincus "qu’ils apprécient les enfants" et ne savent pas additionner deux fractions.

Le marché des cours particuliers est lui extrêmement dynamique (et lucratif), étrangement on ne manque pas d’offre.

Kaith a écrit :

Les enseignants ne sont en réalité pas plus mal traités qu’ailleurs.

Bien sûr que si, il suffit de voir la différence avec les fonctionnaires de grade équivalent, par exemple inspecteur des impôts.

Dernière modification par LieKolchin (26/04/2021 12h57)

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#203 26/04/2021 12h55

Membre
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Imaginons une démission collective… après on fait quoi ?
Bien sûr qu’il est souvent plus confortable de ne rien faire car un changement demande un investissement énorme de formation que beaucoup d’entre eux ne sont pas prêt à faire (comme beaucoup d’entre nous).
Les enseignants sont moins bien payés que les fonctionnaires de catégories comparables, c’est un fait.
Ils devraient se comporter comme une grande majorité les pense : à savoir se comporter en faignants.

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#204 26/04/2021 13h01

Modérateur
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Cigarette a écrit :

@Deneb vos sources me semblent alambiquées! Une aide soignante commence à 1350€ net par mois (Salaire aide-soignant) quand un professeur capé démarre à environ 1500€ Net Salaire enseignant

Ca c’est la comparaison en début de carrière, et sans doute avant prise en compte des récentes augmentations des AS. En fin de carrière (et aussi à la retraite), la différence est probablement plus grande.

Par ailleurs, je n’ai guère de toute qu’il y aura aussi des négociations de salaires à l’EN (C’était prévu en relation avec la réforme des retraites).


J'écris comme "membre" du forum, sauf mention contraire. (parrain Fortuneo: 12356125)

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#205 26/04/2021 13h27

Membre
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LieKolchin a écrit :

Faith a écrit :

Mais comme le dis Kabal, ne vous comparez pas trop: vous avez une vision précise des problèmes de votre emploi, mais une vision très vague de ce qui vous attend ailleurs (c’est notre cas à tous)

Derrière votre intervention, je devine l’idée très répandue que, quand même, prof c’est pas si mal, c’est un métier protégé des dures réalités de la vraie vie, en vacances la moitié de l’année, et puis bien assez payé pour ce que c’est.

Je n’ai pas spécialement le cœur à débattre là dessus, après tout vous connaissez mieux que nous la réalité de nos métiers puisque vous avez été élève un jour, mais je n’en pense pas moins.

malcom a écrit :

Certes, mais Deneb soulève une interrogation légitime: qui aurons nous face à nos enfants et petits enfants dans un futur pas si lointain ?

Là où je suis, il est devenu classique d’avoir, chaque année, des postes vacants. Parfois personne n’est nommé de l’année entière, parfois ce sont des chômeurs qui veulent se la couler douce et restent 2 semaines, parfois ce sont des gens convaincus "qu’ils apprécient les enfants" et ne savent pas additionner deux fractions.

Le marché des cours particuliers est lui extrêmement dynamique (et lucratif), étrangement on ne manque pas d’offre..

C’est marrant, parce que vous stigmatez directement les propos de Fatih. Perso, je ne pense pas que vous êtes protégés de la vraie vie et sans doute mal considéré (à tord ou à raison, j’en sais rien). En revanche, vous vous pensez différemment traiter que les autres alors qu’en fait, vous êtes traité exactement comme la majorité des gens.
Dans les entreprises du privé, des services sont très bien considérés et d’autres non comme les enseignants et les impôts. Ou les services supports et les commerciaux ? L’un est une charge et l’autre ramène du cash.
L’herbe n’est pas plus verte ailleurs, vous avez des avantages assez intéressants (bcp de vacances et fonctionnaire). Des conditions de travail pas facile certes mais comme bcp d’endroit. Des postes vacants, welcome dans le monde de l’entreprise également : 1 personne doit abattre du travail plus que son temps effectif et les postes vacants sont parfois en attente de recrutement depuis X années (avec évidement un effort des collègues à fournir).
Rien de nouveau, ni de différent.

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#206 26/04/2021 13h34

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Kabal a écrit :

Des postes vacants, welcome dans le monde de l’entreprise également : 1 personne doit abattre du travail plus que son temps effectif

Je ne me plaignais pas des postes vacants, ils ne changent rien à mon quotidien (la classe est sans prof, c’est tout).
C’était plutôt pour illustrer le fait qu’il existe réellement une crise de recrutement, y compris dans mon établissement, qui est plutôt favorisé.

Kabal a écrit :

En revanche, vous vous pensez différemment traiter que les autres alors qu’en fait, vous êtes traité exactement comme la majorité des gens.

Je parlais du métier en général, pas de ma situation personnelle. Eu égard à la grande majorité de mes collègues, je fais figure de privilégié.

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[+1]    #207 26/04/2021 13h44

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Après, les vues des enseignants sur ce forum ne sont pas nécessairement représentatives (note : ce qui ne les rend pas inintéressantes!).

De façon générale, on constate que les enseignants en poste y restent et bien peu partent.

Je sais bien que comparaison n’est pas raison mais quand même, pour bien fixer les idées (périmètres comparés : emploi privés en CDI en 2018 et enseignants à la rentrée 2018 ; source : Inseeet MEN) :

- Taux de démission EN = 0,2%
- Taux de démission (hors RC) CDI privé = 8,2%

(note : 2,6% des enseignants stagiaires démissionnent … ce qui signifie que 97,4% restent. Pour ce point, je n’ai pas trouvé de bases de comparaisons pertinente avec le privé).

Il semblerait par ailleurs qu’il y ai très peu de demandes de RC : 1069 enseignants en auraient demandé une en 2020 (je n’ai pas vérifié les chiffres ; source : café pédagogique). Ce qui fait, à la louche, dans les 0,12% des enseignants français. Pas vraiment une fuite vers des cieux plus cléments.

Dans a mesure où les enseignants ne sont pas des personnes plus bêtes ou moins courageuses que d’autres, ces chiffres suggèrent très fort que l’immense majorité trouvent leur compte dans l’EN…. puisqu’ils y restent (et n’entament pas de démarches pour en partir).

Mais je rate peut être un truc?

Sur le lien diplômes / salaire, Kabal a tout dit. J’ai un Doctorat (Bac+8, la classe quoi) … peut être que je devrais m’augmenter de +10% ou, à y être de +30%, juste pour le principe.

Dernière modification par carignan99 (26/04/2021 13h56)

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[+3]    #208 26/04/2021 13h53

Membre
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La comparaison des taux de démission me semble peu pertinente, dans le sens où la plupart des gens qui démissionnent dans le privé le font pour prendre un poste équivalent (ou supérieur, mais dans le même domaine), chez un autre employeur.
Ce qui n’est pas possible dans l’EN, qui est le seul employeur existant.

La plupart se sentent d’ailleurs piégés dans l’EN, dans le sens où il leur paraît impossible de trouver un poste dans le privé avec un CV de prof, valorisé comme on le sait (à tord ou à raison, je n’en sais rien).

Il n’en reste pas moins qu’à défaut de démissionner, les collègues se recentrent de plus en plus sur ce pour quoi ils sont payés, et arrêtent d’accepter les tâches bénévoles ou payées au lance pierre (il devient par exemple très difficile de trouver des professeurs principaux).

Dernière modification par LieKolchin (26/04/2021 13h53)

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#209 26/04/2021 13h54

Membre
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Tout à fait.

Êt nous connaissons tous des gens qui se sont trouvés une envie d’enseigner sur le tard après avoir expérimenté le monde en dehors de l’école.

Juste un constat.

Ce ne sont pas les plus mauvais enseignants ou les moins motivés, je précise le cas échéant.

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#210 26/04/2021 13h57

Membre
Réputation :   98  

@carignan99:
Pour votre dernier point sur les traitements. Le problème c’est la comparaison avec les autres fonctionnaires de même catégorie… il y a une différence de traitement dû aux primes qui n’existent presque pas à l’EN.
Pour ce qui est des démissions, cela montre simplement que de nombreux enseignants aiment leur métier. Cela n’empêche pas de souligner qu’ils sont très mal payés et que cela posera nécessairement un problème à un moment donné, au moins sur la qualité des personnes recrutées.

Dernière modification par malcolm (26/04/2021 13h58)

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#211 26/04/2021 13h59

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jean a écrit :

Ce ne sont pas les plus mauvais enseignants ou les moins motivés, je précise le cas échéant.

Pas forcément les plus mauvais, pas forcément exceptionnels non plus, disons qu’il y a autant de cas que d’individus.

Pour ce qui est de la motivation, ça dépend vraiment. Ils n’ont pas encore eu le temps d’être usés par le métier, mais ceux qui n’ont pas accumulé un patrimoine conséquent, ou qui n’ont pas de conjoint gagnant bien leur vie, vivent assez mal le fait de commencer à l’échelon 1 à 40-50 ans.

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#212 26/04/2021 14h10

Membre
Réputation :   9  

Sûrement si vous le dîtes.

Êt j’ajoute , sans polémique aucune,  que les cas que je connais ne se plaignent pas de leurs mois de juillet août et ne reviendraient pas à leurs anciennes fonctions.

Ceci dit  Le travail n’est pas aisé , surtout en cas poste dans " des environnements difficiles", de plus en plus nombreux.

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#213 26/04/2021 14h29

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Jean a écrit :

Êt j’ajoute , sans polémique aucune,  que les cas que je connais ne se plaignent pas de leurs mois de juillet août et ne reviendraient pas à leurs anciennes fonctions

C’est obsessionnel cette histoire de juillet et d’août ( les profs toujours en vacances et patati et patata)… A mon sens, la première des vraies motivations est de faire un des rares métiers qui soient philosophiquement et éthiquement irréprochables - un des plus beaux métiers existants, tout simplement.

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[+1]    #214 26/04/2021 14h47

Membre
Réputation :   27  

jean a écrit :

Pour éviter toute polémique

jean a écrit :

Juste un constat.

jean a écrit :

Êt j’ajoute , sans polémique aucune

Un constat cela ne décrète pas unilatéralement sur la base d’anecdotes, aborder des sujets contentieux avec une opinion expédiée en une phrase puis décréter "mais pas de polémique hein" c’est quand même fort de café également.

Dernière modification par Drystan (26/04/2021 14h47)

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#215 26/04/2021 14h52

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Pour aller dans votre sens Drystan, c’est à l’école qu’on apprend que le polémiqueur, celui qui brûle de polémiquer, commence toujours ses phrases par ’ sans aucune volonté de polémique’.

Un vrai cas d’école!

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[+1]    #216 26/04/2021 15h07

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LieKolchin a écrit :

Je n’ai pas spécialement le cœur à débattre là dessus, après tout vous connaissez mieux que nous la réalité de nos métiers puisque vous avez été élève un jour, mais je n’en pense pas moins.

"Vous n’êtes pas prof, vous ne pouvez pas vous rendre compte."
Argument déjà fragile en temps normal, mais carrément mauvais me concernant: je suis issu d’une famille d’enseignants. Jusqu’à 21 ans, je ne connaissais rien d’autre du monde du travail que l’enseignement (j’avais bien un grand père fonctionnaire, mais je n’ai jamais eu trop de détails sur son travail).
Des enseignants de tous niveaux: primaire, collège, lycée. Et évidemment, un couple de professeur fréquente… des professeurs. Professeurs de lycée, de prépa. Mais surtout, des couples de professeurs, dont certains avec des enfants enseignants.
Et pour être sûr que je les fréquente bien, je passais mes heures de trou au collège en salle… des professeurs.

Evidemment, je connais aussi des inspecteurs, dont l’une était la meilleure amie de ma mère.

Alors je n’ai certes pas une connaissance personnelle du métier, mais au moins j’ai une connaissance intime avec une multitude d’enseignants (et des "purs" enseignants: ceux qui sont du genre à ne même pas savoir ce qu’est un "salaire brut"… ça a été amusant quand j’ai dû leur expliquer…)

Bien sûr que si, il suffit de voir la différence avec les fonctionnaires de grade équivalent, par exemple inspecteur des impôts.

Comparer avec des fonctionnaires de "grade équivalent".
Pourquoi ferais-je ça ? Pourquoi comparerais-je une inspecteur des impôts à un enseignant ? Ce sont deux métiers qui n’ont rien à voir.
Un excellent prof pourrait faire un inspecteur nullissime et réciproquement. Et j’aurais aimé que le salaire de ces fonctionnaires dépende de leur qualité plus que de leur grade ou de leur ancienneté.
(en ça, je trouve positif le système d’inspection… s’il était un peu moins hors-sol)

Parce que voir un professeur agrégé se faisant bordéler h24 (Hello Monsieur M.) qui est payé nettement plus qu’un excellent certifié, ça fait franchement mal au coeur.

Pardon pour la phrase qui va suivre, mais vu que vous n’avez pas été tendre avec moi, je me permets cet écart: il faut vraiment être un fonctionnaire pour croire qu’un grade administratif puisse servir à comparer deux métiers.

malcolm a écrit :

Pour ce qui est des démissions, cela montre simplement que de nombreux enseignants aiment leur métier. Cela n’empêche pas de souligner qu’ils sont très mal payés et que cela posera nécessairement un problème à un moment donné, au moins sur la qualité des personnes recrutées.

Et pourquoi pas passer dans le privé ? C’est un secteur que je connais mal, mais il n’y a pas que le public pour enseigner, il est possible d’être prof particulier, de rejoindre une école privée, un institut de bachotage, etc.

Il doit bien y avoir des endroits où un enseignant compétent pourra avoir un revenu en rapport avec ses qualités, non ?


La vie d'un pessimiste est pavée de bonnes nouvelles…

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#217 26/04/2021 15h12

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LieKolchin a écrit :

La comparaison des taux de démission me semble peu pertinente, dans le sens où la plupart des gens qui démissionnent dans le privé le font pour prendre un poste équivalent (ou supérieur, mais dans le même domaine), chez un autre employeur.
Ce qui n’est pas possible dans l’EN, qui est le seul employeur existant.

La plupart se sentent d’ailleurs piégés dans l’EN, dans le sens où il leur paraît impossible de trouver un poste dans le privé avec un CV de prof, valorisé comme on le sait (à tord ou à raison, je n’en sais rien).

Il n’en reste pas moins qu’à défaut de démissionner, les collègues se recentrent de plus en plus sur ce pour quoi ils sont payés, et arrêtent d’accepter les tâches bénévoles ou payées au lance pierre (il devient par exemple très difficile de trouver des professeurs principaux).

Mon constat portait sur les grandes masses, pas sur des individus particuliers.

Cette file dresse le constat (peut être pas partagé de façon universelle mais je veux bien l’entendre) d’un corps de métier prolétarisé (je force un peu le trait mais ça y ressemble).

Dans ces conditions, je ne comprend pas que sur plus de 800 000 enseignants, seuls 2 sur mille démissionnent (et un nombre marginal demande une RC). Proportion à peu près la même pour des profs qui ont moins de 5 ans d’ancienneté (source : cf. ci-dessus)! On ne va pas me dire qu’un jeune de 20, 25 ou 30 ans est inadapté au monde hors-EN.

Bien sûr que c’est compliqué de démissionner, qu’on soit prof ou non. Mais l’EN n’est pas le seul employeur au monde! Et je n’achète pas un seul instant l’argument selon lequel les profs seraient moins employables que d’autres. Peut être un peu plus compliqué pour se vendre mais loin d’être impossible (et sans doute pas beaucoup plus compliqué que des non-enseignants). Quand j’ai tiré un trait sur l’enseignement et la recherche (vers la trentaine), j’ai bouffé de la vache enragé pendant quelques mois (pas facile de vendre au privé de l’enseignement et de la recherche en sciences sociales smile mais je ne me sentais pas plus idiot ou plus inadapté qu’un autre…

A un moment, il faut assumer. Si les conditions sont terribles, on devrait constater plus de départs, en tout cas dans les classes d’âge les plus jeunes. Ce n’est pas le cas : même l’immense majorité des stagiaires restent.

J’en tire la conclusion que si les conditions ne sont pas idéales, les bénéfices (amour et/ou intérêt pour le métier, pour ainsi dire invirable, plus de maîtrise de son temps, une rémunération pas non plus miséreuse, pas à faire d’efforts pour trouver un autre job une fois de temps en temps…) sont supérieurs aux ’coûts’ (supporter une administration ubuesque, grilles salariales qui évoluent surement mais lentement…) pour beaucoup d’enseignants (statistiquement).

Dernière modification par carignan99 (26/04/2021 15h19)

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#218 26/04/2021 15h25

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Carignan encore une fois vous raisonnez dans ce domaine de manière bien trop pragmatique.
Pour expliquer le faible taux de démission, vous devez ( au moins en partie) tenir compte du fait qu’intervient dans la motivation le fait d’avoir l’impression d’exercer un des rares métiers qui soient philosophiquement et éthiquement irréprochables - un des plus beaux métiers existants, tout simplement ( ce que je disais un peu plus haut).

Une part non négligeable des collègues viendrait faire cours sans être payé.

Avez-vous d’autres métiers où tel peut être le cas? Peut-être la médecine…

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[+1]    #219 26/04/2021 15h33

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@DoctusMonkey

relisez ma conclusion, où je cite (peut être pas de façon très adroite) très exactement ce que vous mentionnez : "amour et/ou intérêt pour le métier".

Ce point entrant dans un équilibre avec les autres bénéfices et les coûts. Je serais surpris qu’on ai 860000 moines-soldats dans l’EN, qui ne tiennent compte de l’amour du métier, ’quoiqu’il en coûte’.

Sinon, je suis pas prof (personne n’est parfait) mais j’avoue être un peu agacé parfois par les légendes urbaines sur l’EN. Par exemple :

- Les profs sont moins facilement employables hors-EN que d’autres corps de métier
- Les profs sont payés 10 mois sur 12 (ce qui est évidemment du grand n’importe quoi, sachant que, de façon réglementaire, les enseignants n’ont pas plus -et pas moins- de congés payés que les autres)

Dernière modification par carignan99 (26/04/2021 15h38)

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#220 26/04/2021 15h38

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DoctusMonkey a écrit :

Pour expliquer le faible taux de démission, vous devez ( au moins en partie) tenir compte du fait qu’intervient dans la motivation le fait d’avoir l’impression d’exercer un des rares métiers qui soient philosophiquement et éthiquement irréprochables

Carignan a clairement parlé de ce facteur.
Et c’est en effet un facteur très important dans le choix d’un métier. Mais c’est un facteur interne: il fait partie du métier, et dans une certaine mesure, il justifie un salaire moindre.

Une part non négligeable des collègues viendrait faire cours sans être payé.

Et une part non négligeable des métiers nécessite un salaire intéressant sous peine de ne trouver personne qui le fasse (bien).
A notre époque où les bullshit jobs sont bien connus, avoir un métier gratifiant est déjà une récompense en soi. Combien d’enseignants quitteraient leur emploi pour un bullshit job (en forfait jour, hein, pas d’heures supp, même à 20h) payé le double ? Quelques uns, oui, probablement.

Ce qui montre à quel point le sujet du salaire n’est qu’une composante d’un problème bien plus vaste.

Des retours que j’ai, avoir un soutien sans faille de la hiérarchie face aux parents et aux élèves, avoir la possibilité de sanctionner réellement les enfants, etc  sont des demandes bien plus souhaitées qu’une revalorisation des salaires.


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#221 26/04/2021 15h56

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DoctusMonkey a écrit :

Carignan encore une fois vous raisonnez dans ce domaine de manière bien trop pragmatique.
Pour expliquer le faible taux de démission, vous devez ( au moins en partie) tenir compte du fait qu’intervient dans la motivation le fait d’avoir l’impression d’exercer un des rares métiers qui soient philosophiquement et éthiquement irréprochables - un des plus beaux métiers existants, tout simplement ( ce que je disais un peu plus haut).

Une part non négligeable des collègues viendrait faire cours sans être payé.

Avez-vous d’autres métiers où tel peut être le cas? Peut-être la médecine…

Carrigan soulève une bonne question : pas de démission en masse, quelques postes vacants sans doute (faudrait voir le taux), un métier passion, un certain attrait pour les congés et l’absence de précarité. Pourquoi diable voulez-vous qu’ils augmentent les salaires ? Tout est réuni pour justement les baisser ou y mettre la pression.
C’est la même chose dans les autres métiers passions, regardez du coté des chercheurs INSERM et autres, c’est assez scandaleux ce qu’on propose à des chercheurs Bac+8.

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#222 26/04/2021 16h01

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Faith a écrit :

Evidemment, je connais aussi des inspecteurs

Je ne serais pas loin de penser que le problème vient de là, mais j’ai une position assez radicale sur la question.

Faith a écrit :

Comparer avec des fonctionnaires de "grade équivalent".
Pourquoi ferais-je ça ?

Parce que la fonction publique a été construite comme ça.
Ça a d’ailleurs été le principal argument justifiant de la revalorisation des recteurs, dasen, et autres cadres intermédiaires.

On peut décider de la pertinence du modèle, qui me semble largement perfectible, mais à force de l’ignorer on produit beaucoup de ressentiment.

Faith a écrit :

et des "purs" enseignants: ceux qui sont du genre à ne même pas savoir ce qu’est un "salaire brut"

Vous avez malheureusement raison sur ce point, et encore ce n’est que la partie émergée de l’iceberg.

Faith a écrit :

Pardon pour la phrase qui va suivre, mais vu que vous n’avez pas été tendre avec moi, je me permets cet écart: il faut vraiment être un fonctionnaire pour croire qu’un grade administratif puisse servir à comparer deux métiers.

J’ai peut être donné cette impression, mais je n’en crois rien.
Disons que j’ai été maladroit.

Faith a écrit :

Et pourquoi pas passer dans le privé ?

Les enseignants du privé sous contrat sont rémunérés par l’Etat, sur les mêmes grilles que ceux du public.
Quant à être professeur particulier, (à temps plein j’entends) ça s’adresse à un profil assez minoritaire dans le métier je pense (qui seraient prêts à accepter le risque de devoir faire face à de mauvaises années).

Il y a également le fait qu’un part non négligeable considère que les cours particuliers sont un non sens, i.e que si l’Etat faisait les efforts nécessaires ils seraient inutiles.

Faith a écrit :

Il doit bien y avoir des endroits où un enseignant compétent pourra avoir un revenu en rapport avec ses qualités, non ?

Je demande à voir.
Je vous rappelle que pour la grande majorité des gens, la principale qualité d’un enseignant est de faire de la garderie et distribuer des diplômes vides de sens.

Dernière modification par LieKolchin (26/04/2021 16h45)

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[+2]    #223 26/04/2021 16h04

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Faith a écrit :

Et c’est en effet un facteur très important dans le choix d’un métier. Mais c’est un facteur interne: il fait partie du métier, et dans une certaine mesure, il justifie un salaire moindre.

Dans un monde où l’argent est le critère numéro un d’appréciation des valeurs  (pour une large part de la population), c’est envoyer un signal désastreux que de mal payer ses profs ou ses infirmières.

On ne peut bâtir une société cohérente en partant du principe que plus votre métier est bullshit plus vous devez être payé, que plus le métier est intéressant plus il doit être exercé gratuitement.

Il serait bon de mieux payer les profs, les infirmières (et d’autres) ne serait-ce que pour remettre l’église au centre du village ( vous me permettrez l’expression).

Par contre vous avez raison ( et je lui ai mis un +1 pour m’en excuser ) j’avais lu en diagonale le message de carignan.

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[+1]    #224 26/04/2021 16h52

Membre
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Faith a écrit :

Et pourquoi pas passer dans le privé ? C’est un secteur que je connais mal, mais il n’y a pas que le public pour enseigner, il est possible d’être prof particulier, de rejoindre une école privée, un institut de bachotage, etc.

Il doit bien y avoir des endroits où un enseignant compétent pourra avoir un revenu en rapport avec ses qualités, non ?

Pour avoir tenté l’expérience ces dernières années, les options sont extraordinairement limitées.

Pour ce qui est de devenir professeur particulier ou de travailler dans des "boites à bac" ou un institut de bachotage, les revenus qu’on en tire sont souvent très faibles, quelques centaines d’euros par mois à tout casser. Raison pour laquelle j’ai rapidement arrêté d’en être un. C’est un bon revenu complémentaire quand on est en poste, mais cela ne remplace même pas un RSA pour qui démissionne et se retrouve au chômage. Et les revenus dépendent de la matière : autant les matières générales sont assez demandées, autant les professeurs de matières techniques ou professionnelles font face à une demande beaucoup plus faible.

Pour ce qui est des écoles privées en formation continue/initiale et autres centres privés de formation professionnelle, les places sont chères et les enseignants ne sont paradoxalement pas privilégies. Les centres de formations préfèrent prendre quelqu’un qui est ou était récemment dans le métier, et qui a donc des connaissances à jour, plutôt que quelqu’un qui n’a pas travaillé dans le domaine depuis plusieurs années. Et des profils comme cela, elles en trouvent assez facilement. C’est du moins ce que m’ont dit les quelques recruteurs avec lesquels j’ai réussit à avoir un contact quand j’ai postulé pour être professeur d’informatique (mon domaine de compétence) dans divers centres de formation. Et les professeurs de matières générales peuvent oublier.

Tout cela pour dire que le domaine de l’enseignement et de la formation privée est assez limité pour qui sort de l’éducation nationale. Et pour ce qui est de travailler dans autre chose que la formation, j’ai bien envie de dire que c’est presque impossible. Démissionner de l’E.N est synonyme de plusieurs années de chômage avec assez peu de possibilités d’insertion professionnelle. Après, il y a peut-être d’autres pistes, mais je ne les connais pas et je serais curieux de les connaitre, elles me serviraient grandement.

Dernière modification par Mewtow (26/04/2021 17h01)

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#225 26/04/2021 17h15

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Tout a fait d’accord. Ce que vous décrivez est le lot commun des vacataires: le monde de la misère paye a l’heure. Seuls quelques uns, qui obtiennent des contrats d’enseignants permanents dans les meilleurs écoles de type HEC peuvent envisager une carrière d’enseignants dans le prive.
Je me souviens de mes premieres années, d’expert comptable sans clientèle, ou je courrais le cachet dans des  " écoles de commerce" boîtes a fric pour fils a papa.
50 élèves par classe, paye a l’ heure, trois jours de travail non payes pour corriger un paquet de copies de master, pas de travail et pas de salaire en juillet/ août. Sans compter les semaines de stages, fort nombreuses, qui évitaient de payer les enseignants.
L’enfer pendant 5 ans…
Jusqu’au jour ou, j’ai eu l’agrégation…

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