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#1 27/11/2019 09h19

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Deux sujets auxquels j’ai beaucoup participé sont celui sur le métier de professeur des écoles et celui sur la reforme des retraites.

Certaines discussions portant sur les carrières des enseignants sont allées peut être un peu trop loin dans le détail dans le sujet sur les retraites. Je plaide coupable mais je voulais aller assez loin dans le détail de cet exemple pour montrer que l’acceptabilité de la reforme nécessitait un travail de fourmi, métier par métier.

Mais, il y a, je crois des questions spécifiques sur lesquelles la discussion pourrait être intéressante et qui sont totalement hors jeu dans ces deux sujets. Je crée donc un lieu sur le forum ou les débattre.

La reforme du lycée par exemple. Mais encore, le rôle des études dans la construction d’un parcours de vie, le rôle des parents dans cette question, l’enseignement des maths, de l’économie, des finances personnelles,  etc…..Ou encore quel statut pour les enseignants du secondaire?

Autre question que je crois primordiale: la fonction économique de l’enseignement secondaire.

Par enseignement secondaire j’entends 6eme-Terminale, voies générales, technologiques et professionnelles confondues.

On pourrait créer un sujet enseignement professionnel mais comme je n’y connais rien de rien, je m’abstiens.

Mots-clés : collège, enseignement, lycée, professeur

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#2 27/11/2019 19h13

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A noter dans la réforme du lycée un choix étrange : pas de maths en tronc commun à partir de la 1ère, uniquement un "enseignement de spécialité" réputé difficile.
Peut-on imaginer un économiste/biologiste/médecin/etc. sans un minimum de compétences en mathématiques/statistiques/probabilités ?


Dif tor heh smusma

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#3 27/11/2019 19h28

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Je suis professeur de Lettres/Histoire en lycée pro.
Les professeurs de mathématiques sont aussi professeurs de physique/chimie. Mais pour dire vrai de mon expérience, les élèves qui sont présents en lycée pro aiment, pour ceux qui ont vraiment choisi leur orientation vraiment la discipline professionnelle. Les matières dites générales n’ont pas la côte, c’est donc un défi pour les faire aimer !

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#4 27/11/2019 19h48

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ArnvaldIngofson a écrit :

Peut-on imaginer un économiste/biologiste/médecin/etc. sans un minimum de compétences en mathématiques/statistiques/probabilités ?

Si j’en crois les programmes que je viens de consulter, chaque spécialité aborde les points de mathématique qui lui sont nécessaires.

Ici, vous avez cité des professions qui nécessitent de nombreuses années d’étude post-BAC.
D’un point de vue professionnel, les notions vue au lycée ne sont jamais fonctionnelles. Il est toujours nécessaire de revoir les outils fondamentaux dans le cadre de son métier, et bien souvent les outils mathématiques ne sont pas nécessaires aux professionnels car déjà implémentés dans les outils qu’il utilise.

Et n’oublions pas qu’il y a 3 spécialités en 1ere et 2 en Terminale.


La vie d'un pessimiste est pavée de bonnes nouvelles…

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#5 27/11/2019 20h15

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Pour tous les lycéens qui désirent aller vers ces formations, l’enseignement de spécialité maths en 1ère et Terminale semble  s’imposer. Selon ce que je vois sur le terrain, ça devrait être demandé comme prérequis dans parcoursup en licence et en cpge de sciences. 

En médecine, je ne sais pas.

Ni ce que vont demander dans parcoursup les IUT et STS. Rentrer en iut génie mécanique ou info sans faire un peu de maths,  ca parait compliqué. Si l’option est dure, l’infliger aux profils bac techno, ce n’est vraiment pas malin.

On pourra peut-être faire seulement maths complémentaires en Terminale pour les profils Eco-Gestion ou aux actuelles Cpge commerciales voie ES.

L’autre solution est de limiter très fortement les ambitions, comme  à chaque reforme.

L’essuyage des plâtres semble compliqué d’après mes infos - de seconde main.

Le choix est effectivement étrange. J’en pense autant de bien que de la reforme des retraites.

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#6 27/11/2019 20h29

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ArnvaldIngofson a écrit :

A noter dans la réforme du lycée un choix étrange : pas de maths en tronc commun à partir de la 1ère, uniquement un "enseignement de spécialité" réputé difficile.
Peut-on imaginer un économiste/biologiste/médecin/etc. sans un minimum de compétences en mathématiques/statistiques/probabilités ?

D’autant plus étrange que dans certaines études que vous citez (médecine notamment), il fut un temps où les Bac C (forts en maths donc) obtenaient de bien meilleurs résultats que les Bac D (bio/sciences naturelles). C’était il y a plus de 20 ans, peut être que ça a changé?

Dans la période plus contemporaine, j’ai une connaissance pour ainsi dire intime du cursus ’Fac de Droit’, avec un passage réputé être extrêmement difficile en seconde année et où on n’attend pas nécessairement les matheux. Et bien il s’avère que les Bac S ont les meilleurs taux de réussite que tous les autres bac (incidemment, le taux de réussite des Bac pro est infinitésimale…et pourtant, beaucoup s’entêtent pour s’inscrire, ce qu’on ne peut pas les empêcher de faire ; mais ça c’est une autre histoire). Ma source : responsables de Licence et Master en Droit.

Ça ne s’explique sans doute pas que par les maths mais ceux-ci doivent quand même jouer un peu? Du coup, est-ce que réserver cette discipline à une ’élite’ ne risque pas d’aggraver encore les différences entre les différentes filières du Lycée?

Dernière modification par carignan99 (27/11/2019 20h31)

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[+1]    #7 27/11/2019 20h44

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Caratheodory a écrit :

Rentrer en iut génie mécanique ou info sans faire un peu de maths,  ca parait compliqué.

En ce qui concerne l’informatique, les mathématiques sont inutiles dans l’immense majorité des carrières professionnelles. Il n’y a guère qu’en Sciences Cognitives (et un peu en Optimisation) que j’ai eu à utiliser des maths.

Ceux qui se destinent aux carrières les plus poussées de recherche informatique nécessiteront évidemment une spécialisation en maths. Mais pour les autres informaticiens, absolument pas.
Je garantis que mon poste en informatique de gestion ne nécessite pas la moindre notion de mathématique dépassant le collège…


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#8 27/11/2019 20h45

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Bonsoir,

La réforme a voulu répondre au "tout mathématique" de notre scolarité. Il faut savoir qu’il y a quarante ans, les matheux se battaient avec les littéraires entre les classes d’élites dites L et les classes d’élite dites C. Aujourd’hui qu’en reste-t-il ? Les classes L d’élites ont presque toutes disparues et il reste seules les classes S. Personne n’envisage aujourd’hui de faire faire des études brillantes à ses enfants sans passer par la classe S. Ce phénomène est tellement écrasant et étouffant que vous vous retrouvez avec des élèves poussés en classes S qui vont faire des fac de droits, des Khagnes ou des sciences Po Paris (Et qui y réussiront très bien).

Aussi il en va de la réforme et de la contre réforme. On pousse aujourd’hui enfin à faire moins de mathématique et un peu contre le gré des populations qui craignent qu’on ne sache plus compter (peut-être à juste titre). Mais je dois vous dire que dans les classes d’ingénieur et autres études scientifiques, c’est surtout qu’on ne sait ni penser, ni écrire.

Alors l’enseignement, c’est selon moi une bonne dose de sagesse (inatteignable) et une absence d’idéologie. Espérons que la réforme permette aux élèves d’acquérir un minimum de mathématique mais surtout qu’elle leur donne plus de connaissance dans les sciences humaines.
N’étant moi même qu’un parent qui a fini les études de ses enfants, je ne connais pas assez le détail de cette réforme pour en avoir un avis.

Bien à vous,

Dernière modification par johntur (27/11/2019 20h48)


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[+1]    #9 27/11/2019 20h49

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Ce n’est sans doute pas la compétence en mathématiques qui explique ces résultats.

Je suppose que si on incite (en moyenne) les "meilleurs" (ceux qui arrivent le mieux à apprendre, toutes matières confondues, par ex parce qu’ils ont de bonnes bases, motivations, attitudes, methodes, prédispositions, etc ) élèves à aller dans une filière (comme c’était le cas pour le bac C, ou même les meilleurs littéraires allaient), il n’est pas illogique que quelques années plus tard ces mêmes élèves obtiennent un taux de réussite plus élevé (que ceux venant d’autres filieres), ceci un peu quelle que soit le type d’études qu’ils font alors…

La même explication (et pas forcément la supposée meilleure qualité de leurs profs) s’applique au fait que les élèves des prépas Henri IV aient de meilleurs résultats aux concours que ceux d’une prépa moins courue, et dans bien d’autres situations.


J'écris comme "membre" du forum, sauf mention contraire. (parrain Fortuneo: 12356125)

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#10 27/11/2019 21h03

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Bien vu sur le biais de sélection, qui joue sans doute, mais à relativiser.

Le Bac C, j’en ai eu un et j’étais loin d’être une flèche à l’école. On n’y fléchait pas nécessairement que les meilleurs, clairement. A l’époque, on avait me semble t-il plutôt des bacs où on fléchait ceux qui étaient supposément les plus mauvais (genre Bac A2, A3, voire B - pour B, il semblerait que ça ai bien changé). On trouvait de bons ou très bons élèves, en A1 et D notamment.

Sinon, balayer d’un revers de main la compétence en mathématiques sans autre forme de procès semble être bien léger.

Le retour d’un enseignant de Fac (de Droit donc) à ce sujet (à la louche et pour ce que j’en ai compris) :
- Biais de sélection, que vous mentionnez
- Les maths = capacité d’enchainements logiques + d’abstraction. Donc de meilleures dispositions à appréhender et manipuler des concepts entre eux.

Sur médecine, on devait très vite utiliser quelques concepts mathématiques. C’est pas Polytechnique, mais il valait mieux avoir quelques bases bien solides. Pour le coup, c’était donc peut être aussi la nature d’une partie du syllabus qui favorisait les matheux.

Dernière modification par carignan99 (27/11/2019 21h16)

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#11 27/11/2019 21h17

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Bonjour carignan,

La croyance que la mathématique est la science principale d’abstraction nous a amené selon moi à considérer que seules les terminales C étaient des classes d’élites. La philosophie proche de la mathématique dans ses raisonnements n’a pas le même langage mais nécessite un niveau d’abstraction (selon moi) aussi important. Je n’irai pas non vers ma marotte qui est la réalisation de thèmes et de versions latines ou grecques. De plus les mathématiques enseignées en terminale S ne demandent pas selon moi une capacité d’abstraction équivalente à celle de la philosophie qui dès son premier abord demande une rigueur absolue. La philosophie demande immédiatement une rigueur qu’un mathématicien devra acquérir en enseignement supérieur (amha toujours)

Comme l’indique GBL, je crois bien plus à l’attrait des meilleurs élèves (les plus motivés) vers la terminale S. Pour moi il s’agit d’une conséquence de la sélection et non d’une conséquence de l’enseignement donné.

Bien à vous,

Dernière modification par johntur (27/11/2019 21h27)


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#12 27/11/2019 22h37

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La prédominance des sections scientifiques dures  type maths dans les années antérieures de secondaire et le désarroi face aux décisions actuelles de modérer leur influence a aussi pour sous jacent le désir de retarder le choix définitif d’ orientation. Les bons élèves des sections sciences dures peuvent prétendre intellectuellement à tous les destins, les choix d’un littéraire seront plus restreints quelque soient ses capacités.
C’est ce qui a donné je pense le biais de sélection les bons élèves font des maths pour préserver leur avenir, et celui ci est bon où qu’ils aillent.
Parcoursup et ses futurs équivalents ajouté à la réduction d’influence des sciences fondamentales a de quoi inquiéter étudiants et parents sur les rebonds possibles en cas de besoin ou d’envie de ré orientation.
Dans ma terminale C (87….) il n’y avait quasiment que d’excellents éléments en littéraire et les destins ont été très divers, seule la section C pouvait offrir des destins si divers (prépas diverses, commerce, médecine…)

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#13 27/11/2019 23h50

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A mon avis, il y a un minimum vital de maths pour l’enseignement général  secondaire tronc commun:

- géométrie et arithmétiques élémentaires. Pour l’arithmétique ca va jusqu’aux pourcentages, aux fractions, au calcul d’intérêts composés.
-premieres notions sur les fonctions 
-statistique descriptive élémentaire.
-premieres notions de probabilité. 

En gros c’est fait en 2nde mais hélas on constate que les pourcentages et surtout les fractions ne sont pas maîtrisés par tous en L1. Ca va aussi pour les profils bac techno. Ce n’est pas rien d’ailleurs. C’est les maths du 17e siècle, à part ce que faisaient les génies comme Fermat ou Newton. 

Pour les gens qui en auront vraiment besoin dans leurs études, il faut pousser plus avant le calcul littéral, les fonctions (jusqu’a dérivées et primitives elementaires)et introduire au raisonnement. Éventuellement: plus de géométrie (vecteurs et produit scalaire) et les mal nommés nombres complexes qu’on devrait appeler surrééls tant leurs propriétés sont hallucinantes.  C’est la moitie des maths du 18e siècle. Mais il faut alléger pour les profils Éco-gestion en virant le raisonnement, la géométrie, les complexes et la trigo.

Il y a aussi l’algo elementaire mais pour cela il vaudrait mieux des vrais profs d’info.

Sinon, c’est vrai que la philo c’est plus dur que les maths. Il y a plus à désapprendre pour accéder à l’abstraction nécessaire.

Dernière modification par Caratheodory (27/11/2019 23h53)

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#14 28/11/2019 21h42

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Plusieurs volontés dans la réforme du lycée.

- Casser le "S" sinon rien; combien de parents forcaient pour que leurs enfants fassent S,
avec des bacs obtenus grâce aux langues et à l’Histoire Géo.

-non, les maths ne sont plus la panacée, regarder les attendus en licence dans le Bulletin officiel spécial n° 3 du 28-3-2019

PACES, page 60: matières scientifiques certe, mais aussi communication, langue étrangère, empathie…
si vous êtes délégué de classe, arbitre dans le club de foot du quartier ou JSP, c’est du bonus sur parcoursup.

- le niveau du tronc commun a été baissé, c’est du "collège +" dixit mon IPR mais la spécialité est d’un très haut niveau "présup" car le tronc commun est "subit", la spé est "choisie". Juste que les élèves ne sont pas très "culturé" (cf élève de 1°…)

- pour l’évaluation en controle continu e njanvier, sujet choisi dans un catalogue selon ce que l’on a fait depuis septembre, dont qui dépend des établissements, attendus de correction faits par les enseignants de l’établissement…

+ le Lycée 4.0 qui est une pétaudière

Mais je suis masochiste, j’y retourne demain…

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#15 29/11/2019 07h33

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Caratheodory a écrit :

En gros c’est fait en 2nde mais hélas on constate que les pourcentages et surtout les fractions ne sont pas maîtrisés par tous en L1.

Aïe…

Est-ce que vous entendez par cela la difficulté de passer de 3/5 à 0,6 ou à 60% par exemple ? Ou alors des manipulations plus complexes ?

Adrien

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#16 29/11/2019 10h03

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L’addition des fractions pose encore problème. On peut voir 2/3+3/4=5/7 par exemple. C’est un grand classique des bacheliers littéraires -certains se destinant au métier de prof des écoles- et ca peut réapparaître dans des copies de capes de maths en cas de coup de fatigue ou de stress, si on fait du calcul littéral et ca prend la forme à/b+c/d= (a+b)/(c+d).

Il n’est pas évident pour tout le monde de tête ce que ca fait de baisser de 10% puis reaugmenter de 10%. Pour tout dire, en les biologistes nous ont demandé explicitement de revoir ce "passionnant" sujet dans les parcours Bio du L1 Sciences. Les histoires d’intérêts composés ne sont pas comprises même qualitativement non plus.

Les étudiants arrivent bien à apprendre sur le moment y compris des choses plus avancées mais ils oublient aussi très vite quand ils ne pratiquent pas.  Donc on se retrouve bien souvent rabâcher les mêmes choses.

Dernière modification par Caratheodory (29/11/2019 10h06)

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[+1]    #17 30/11/2019 18h48

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Éducation nationale cherche profs désespérément

Le nombre d’inscrits aux concours du CAPES 2020 recule de près de 8 %, confirmant le manque d’attractivité du métier.

« Bizarre quand même que des métiers de feignants trop payés à se rouler les pouces quatre mois par an en faisant 15 heures de travail par semaine n’attirent personne. » Ce tweet provocateur d’un compte très suivi fait écho à une information éloquente : le nombre de candidats au CAPES 2020 est en recul de 7,8 % et descend à 30 883. Soit le chiffre le plus faible depuis 2013.

Des disciplines sont particulièrement délaissées cette année : sciences économiques et sociales (SES, –23%), allemand (–18%), maths (–17%), sciences et vie de la Terre (SVT, –15%), physique chimie (–10%) et lettres (–7%).

La politique de suppression de postes relancée par le ministre de l’Éducation nationale Jean-Michel Blanquer entraîne mécaniquement une baisse du nombre de postes ouverts au concours. Et l’actualité récente n’a pas été bonne pour l’attractivité du métier : crise du bac avant l’été, focus sur les enseignants mal payés à la suite du rapport de l’OCDE à la rentrée et inquiétudes sur le régime de retraite désormais.

Cette crise des vocations structurellement aiguë en allemand, en lettres et en maths a des conséquences : en 2019, les barres d’admission ont permis que la moitié des candidats au CAPES soient admis et malgré tout des postes n’ont pas été pourvus.

Recours à des contractuels

Néanmoins, tout ne va pas mal partout  : la philosophie, les SES, la SVT ou l’histoire-géographie peuvent se permettre de rester sélectives avec moins d’un candidat sur cinq admis en 2019. Face à cette crise, l’État a de plus en plus recours à des contractuels. Des systèmes de pré-recrutement sont progressivement mis en place, mais demeurent peu probants.

Reste l’image et la considération du métier. Il est temps de revenir sur une idée par trop partagée par les enseignants eux-mêmes. Toutes les enquêtes le disent : non, les profs ne sont pas mal aimés.

Selon un sondage Odoxa pour Le Figaro, 70 % des Français jugent les enseignants « compétents », 62 % « travailleurs » et même 54 % qu’ils sont « mal payés ». Alors toujours pas ?


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[+1]    #18 01/12/2019 09h50

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carignan99 a écrit :

Bien vu sur le biais de sélection, qui joue sans doute, mais à relativiser.

Le Bac C, j’en ai eu un et j’étais loin d’être une flèche à l’école. On n’y fléchait pas nécessairement que les meilleurs, clairement. A l’époque, on avait me semble t-il plutôt des bacs où on fléchait ceux qui étaient supposément les plus mauvais (genre Bac A2, A3, voire B - pour B, il semblerait que ça ai bien changé). On trouvait de bons ou très bons élèves, en A1 et D notamment.

Sinon, balayer d’un revers de main la compétence en mathématiques sans autre forme de procès semble être bien léger.

Le retour d’un enseignant de Fac (de Droit donc) à ce sujet (à la louche et pour ce que j’en ai compris) :
- Biais de sélection, que vous mentionnez
- Les maths = capacité d’enchainements logiques + d’abstraction. Donc de meilleures dispositions à appréhender et manipuler des concepts entre eux.

Sur médecine, on devait très vite utiliser quelques concepts mathématiques. C’est pas Polytechnique, mais il valait mieux avoir quelques bases bien solides. Pour le coup, c’était donc peut être aussi la nature d’une partie du syllabus qui favorisait les matheux.

En médecine, les maths et  matières scientifiques sont utilisées en première année pour sélectionner " à la hache" et limiter le nombre d’ admis en seconde année. C’est, de fait, un concours où l’on écarte malheureusement des postulants qui pourraient faire de bons médecins même s’ils n’excellent pas en mathématiques.

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#19 01/12/2019 10h30

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Mon aîné essuie les plâtres du nouveau bac.

De base, en tant que parents, nous trouvons que ce nouveau bac est une bonne idée. Il permettrait de développer des profils très diversifiés qui, à notre avis, sont plus enrichissants pour la société.

Cependant, nous ne sommes pas d’accord sur le choix qui a été fait sur l’histoire Geo en tronc commun / les maths en spécialité. C’est bancal. Si on voulait garder un tronc commun bien diversifié alors il aurait fallu laisser Histoire Geo ET Maths en tronc commun. A l’inverse, si on voulait appuyer les spécialités, il aurait fallu sortir l’histoire Geo du tronc commun. (Ici, on pense qu’ils ont gardé HG en tronc commun pour pouvoir caser tous les universitaires HG qui ne peuvent pas trouver de postes ailleurs dans la société…)

Nous sommes toujours très dubitatifs sur la philosophie. C’est une belle matière, qui fait la particularité de la France de par le monde. Mais comment être vraiment penseur si on ne l’enseigne que dans la précipitation, une seule année et une année stressante par d’autres aspects. On aurait pu profiter de cette refonte du bac pour étendre son enseignement en 1ère, voir en Seconde. (Je vois par ailleurs dans le lycée dont on dépend, un prof de philosophie qui est certainement très bon philosophe mais très mauvais pédagogue. Les mots qu’il utilise ne se trouvent pas dans la vie courante et demandent donc à être travaillés encore et encore. Le temps imparti à cette matière ne le permet pas.)

Pour ce qui est du manque de profs d’Allemand, je suis toujours très étonnée de voir à quel point cette matière continue d’être perfusée. Nous pensons qu’il faut effectivement apprendre l’anglais à tous les élèves français. Puis, en second choix, leur proposer soit Espagnol, soit Chinois soit Arabe. Puis, de façon plus spéciale, soit Allemand, soit Italien, soit Russe, soit Japonais, soit Portugais etc. Enseigner l’Allemand à tant d’élèves est purement idéologique et pas du tout économique : la majorité des Allemands se débrouillent assez bien en anglais pour pouvoir faire du business / passer de bons moments avec eux.

Nous croisons les doigts pour que les spécialités choisies par notre aîné soient bien accueillies par les filières d’enseignement supérieur qu’il aura choisies (et ses choix ne sont pas encore très précis).

Pour le manque d’attractivité du métier d’enseignant, nous avons plusieurs idées pour faire bouger les lignes :
- augmenter les salaires ou permettre aux enseignants d’exercer, dans une limite raisonnable à définir, un complément d’emploi,
- permettre aux équipes éducatives (donc en prenant en compte les CPE, les surveillants, le personnel de restauration…) de se construire. En tant que parents, nous voyons la différence entre un établissement où les profs peuvent compter sur les surveillants et un établissement où il n’y a pas d’esprit de corps. Dans les entreprises, il y a des sessions de team building. Nous pensons que les enseignants devraient avoir ce genre de moments. Ceci permettrait aussi aux établissements de développer un caractère propre et, du coup, leur attractivité.
- arrêter de changer tout et tout le temps. On change les programmes, on change les calculs de retraite, on change le statut des AVS, on change l’administratif… Quelle dépense de temps, d’énergie, d’argent ! Pour se rendre compte que les profs, en fin de compte, devant 35-40 élèves, enseignent grosso modo, toujours de la même façon.

🍁🌲🍁🍁

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[+1]    #20 03/12/2019 17h02

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Le classement PISA 2018 est sorti : PISA - PISA

PISA a écrit :

Le Programme international de l’OCDE pour le suivi des acquis des élèves (PISA) est une enquête administrée tous les trois ans depuis 2000 en vue d’évaluer les connaissances des élèves de 15 ans et de déterminer ce qu’ils peuvent faire grâce à leurs connaissances. L’enquête PISA évalue le niveau de compétence des élèves en compréhension de l’écrit, en mathématiques et en sciences – lors de chaque édition, mais de manière plus approfondie tour à tour dans l’un de ces trois domaines, dit domaine majeur. De plus, lors de cette enquête, le niveau de compétence des élèves a aussi été mesuré dans un domaine novateur, la compétence globale.

Le rapport complet pour la France : PISA - PISA

Pas de grand changement par rapport aux années précédentes :

1) élèves moyens : nous sommes légèrement au-dessus de la moyenne de pays de l’OCDE au niveau des acquis des élèves

2) inégalitaire : nous sommes dans le trio de tête concernant les inégalités

PISA a écrit :

Comme déjà observé lors des éditions précédentes du PISA, la France est l’un des pays de l’OCDE où le lien entre le statut socio-économique et la performance dans PISA est le plus fort avec une différence de 107 points entre les élèves issus d’un milieu favorisé et ceux issus d’un milieu défavorisé. Cette différence est nettement supérieure à celle observée en moyenne dans les pays de l’OCDE (89 points).

3) c’est le bord## en classe

PISA a écrit :

La France est l’un des trois pays où les élèves font état des plus grandes préoccupations liées aux problèmes de discipline en classe. Il n’y a qu’en Argentine et au Brésil où l’indice du climat de discipline est inférieur à la moyenne observée en France.

PISA a écrit :

En France, les élèves sont plus souvent préoccupés que dans la plupart des autres pays de l’OCDE par les problèmes de disciplines qui perturbent l’enseignement. Ainsi, un élève sur deux a déclaré dans PISA qu’il y avait du bruit et du chahut dans la plupart ou la totalité des cours – à comparer avec un élève sur trois en moyenne dans les pays de l’OCDE.

4) les élèves se sentent (à tort ou raison) délaisser par les profs

PISA a écrit :

La France est l’un des pays participant au PISA où les élèves déclarent percevoir le moins le soutien de la part de leurs enseignants

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#21 04/12/2019 11h43

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Vous pouvez également pointer d’autres statistiques. Par exemple,



5) Le bien-être à l’école

94% des élèves français déclarent se sentir heureux (parfois ou toujours) à l’école (3 % au dessus de la moyenne de l’OECD).
Seuls 5% d’entre eux s’y sentent toujours tristes (1% de moins que la moyenne de l’OECD).

Nos élèves ne semblent pas si malheureux que ça finalement…
Pourquoi pointer uniquement les "chiffres négatifs" de cette étude ?

Maxicool

Dernière modification par maxicool (04/12/2019 11h45)


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#22 04/12/2019 16h52

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Je confirme que mon fils est très heureux au collège, après une première année difficile.

Surtout quand les profs sont absents, ce qui arrive heureusement pour lui très souvent dans son collège public, et qu’il peut rentrer à la maison jouer à Fortnite et faire du youtube intensif.

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#23 04/12/2019 16h59

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En prenant un peu de recul sur ces chiffres, plutôt que de titrer que cette étude montrerait que l’éducation nationale serait peu efficace en France, ne faudrait-il pas titrer que cette étude montre des différences assez peu marquées/significatives entre la France et la moyenne de l’OCDE.

Ceci ne dispenserait pas de lister certains aspects où des différences notables peuvent exister (mobilité sociale par exemple) et d’évaluer ce qui pourrait en être la cause, et ce qui pourrait améliorer la situation.   

Ce genre d’étude semble aussi largement battre en brèche les messages alarmistes de ceux qui estiment que le niveau baisse sans cesse. C’est en effet très relatif, quand on évalue le niveau de l’ensemble d’une tranche d’age (et pas juste d’une part variable de cette tranche, par ex des 20% meilleurs d’avant vs les 80% de maintenant), et qu’on prend en compte le fait que les domaines de compétence évoluent (l’orthographe ou le calcul mental n’a pas forcément conservé la même importance, tout comme conduire un cheval, ou être autonome pour apprendre à utiliser un appareil numérique, etc.)


J'écris comme "membre" du forum, sauf mention contraire. (parrain Fortuneo: 12356125)

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#24 04/12/2019 18h22

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Pour le cheval, peut-être, encore que son timide regain d’intérêt devrait plaire aux groupies de Greta…
Par contre, pour l’orthographe, je crois que la langue française reste celle de la République, selon la Constitution !

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[+1]    #25 22/12/2019 08h22

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Le ministère de l’Education Nationale a publié la répartition nationale des moyens pour la prochaine rentrée le 18.12.2019.

Pour la rentrée 2020 dans le Secondaire au niveau national :
+ 22 000 élèves
- 440 postes
+ 335 ETP (Equivalent Temps Plein) en Heures Supplémentaires Années
+ 125 postes (ETP) en décharges académiques redirigés devant élèves.

Selon le ministère, "les moyens ainsi délégués dans les collèges et les lycées permettent de répondre aux besoins des établissements, tout en améliorant la rémunération des professeurs".

En 2019, nous avions eu :
+ 32 000 élèves
- 2650 postes
- Compensation par des HSA

Le ministère de l’EN poursuit donc sa logique d’imposer des HSA aux enseignants.
C’est en ligne avec le décret n°2019-309 du 11 avril 2019 qui oblige d’accepter un seconde HSA, et avec l’idée de M. Blanquer selon laquelle l’augmentation du pouvoir d’achat des enseignant-e-s passe par les HSA plutôt que par une augmentation de salaire.

--

Pas évident de mesurer l’impact réel de la mesure annoncée, car 73% des enseignants du second degré effectuent déjà 2 HSA
Selon le Café Pédagogique, la mesure va renforcer les inégalités entre les enseignants du second degré :

- Certains enseignants n’en bénéficient pas statutairement comme les professeurs documentalistes.
- 86% des agrégés effectuent des heures supplémentaires, en moyenne 3 par semaine.
- Les enseignantes du second degré effectuent nettement moins d’heures, sans doute car elles ont davantage de charges familiales.
- Les jeunes enseignants, qui doivent préparer beaucoup de cours, en font moins que les plus expérimentés.

--

En réalité, pour la rentrée 2020, au menu, il y aura :
1) Plus d’élèves par classe
2) Plus de HSA imposées (et non toujours souhaitées) à tous les enseignants
3) Plus de fatigue (et/ou de rancoeur contre le décret du 11.04.19) chez les enseignants
4) Le gel du point d’indice comme depuis XX années

Bref, de quoi faire une belle remontée dans les scores PISA…

Dernière modification par maxicool (22/12/2019 08h36)


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