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#51 20/11/2020 20h29

Modérateur
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J’entends ce que vous dites Lausm, (similaire à ce que me disent des personnes dans mon entourage qui font le même job que vous,) et j’y perçois que les personnels sur le terrain se sentent incompris, et peu pris en compte, par l’institution. Et donc que l’institution est quelque part défaillante, et doit se remettre en cause, pour à termes que ça change. J’entends aussi que, pour certains acteurs de terrain, c’est déjà trop tard, qu’ils n’attendent plus ou ne croient plus à un changement efficace, et en tirent les conséquences.

Je suis bien d’accord qu’une bonne partie de la solution est de demander leur avis aux soignants, et de les écouter (même si parfois, leurs avis pourraient être divergents, ou entrer en conflit frontal avec certains objectifs de l’institution, ou certaines contraintes pas nécessairement négociables), et en tenir compte pour faire évoluer le système, et suffisamment vite.

Cependant, je ne peux pas être d’accord avec tout ce que vous dites, en particulier avec le fait que la solution serait simplement de laisser les personnels de terrain faire ce qu’ils savent faire. Ce genre d’idée, un peu caricaturale (et je peux comprendre que vous le proposiez, si l’institution vous apparaît autant défaillante) ne fonctionne simplement pas. C’est un peu comme considérer que dans une armée, les généraux ne servent à rien, et qu’il faudrait laisser les troupes sur le terrain faire ce qu’elles savent faire. Chaque part de l’organisation a un rôle, et chacun doit être conscient qu’il ne peut pas efficacement tenir le sien tout seul. Chacun doit aussi accepter que, plus l’organisation est grosse et complexe, plus il est "normal" qu’il y ait quelques déperditions d’énergie (mais pas trop…).

On peut remarquer que toute organisation, lorsqu’elle atteint une certaine taille, a des déperditions d’énergie et de moyens. Et c’est encore plus le cas lorsqu’elle subit des changements/évolutions rapides de son contexte (des innovations, des évolutions des besoins de ses "clients", etc. : en gros tout ce que subit le système de santé depuis des décennies) et doit donc sans cesse s’adapter/changer/se réinventer, ce qui est source de tension dans l’organisation (tout le monde doit s’adapter, et en général tous ne le font pas au même rythme…).
Une piste est parfois de diminuer la taille de l’organisation (en la remplaçant par une multitude d’organisations plus petites), mais ça a aussi des inconvénients (on perd certaines synergies, certains effets d’échelle) et il faut souvent alors un minimum coordonner ces petites organisations.
Une tendance actuelle est de rendre les organisations aussi horizontales que possible, en responsabilisant au maximum les acteurs de terrain, et souvent ça marche bien. Mais ça a aussi des limites. Et, surtout, c’est assez en contradiction avec la culture de la plupart des administrations, et peut-être aussi avec une certaine culture du milieu médical (avec ses quasi "castes" : médecins, infirmiers, administratifs, etc.), et donc ça mettra du temps pour vaincre ces résistances culturelles (même si des crises comme celles qu’on vit actuellement sont souvent des accélérateurs).


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[+1]    #52 20/11/2020 22h43

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Lausm a écrit :

Donc mon avis serait très simple: réduire le nombre d’administratifs et de commissions inutiles, et investir là où c’est nécessaire,

Ce n’est pas (forcément) le nombre d’administratifs qu’il faut réduire mais la quantité de travail administratif.

A l’hôpital comme partout, la quantité de boulot administratif augmente, alors si on réduit  (ou si on n’augmente pas) le nombre d’administratifs, il se passe que ce sont aux autres de prendre en charge un partie de l’administration : les médecins, les infirmières, les chercheurs etc passent une partie de leur temps à remplir des papiers plutôt que faire leur boulot.

Donc il faut réduire la quantité de travail administratif. Si on le fait suffisamment, ceux qui font un job technique pourront faire leur job, et éventuellement ensuite on pourra réduire le nombre de postes administratifs.

On n’en prend pas le chemin…


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#53 21/11/2020 00h18

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Cher Jérôme, le problème c’est que cette quantité de travail est souvent répercutée sur les soignants, qui par contre, n’ont pas de moyens supplémentaires, mais toujours la même quantité de travail à effectuer.

Mais on peut créer une commission pour évaluer quelle charge de travail administratif peut être diminuée: par contre il faudrait qu’une infirmière y vienne en réunion de 15 à 16 le mardi, pour que les conclusions de cette études puissent être validées selon le cahier des charge de la norme ISO machin chose ainsi que stipulé dans les statuts de l’établissement, sinon on ne sera pas dans les clous vis à vis de l’administration pour faire valider ce travail. Le travail d’e l’infirmière pendant ce temps continuera à être fait par les infirmières des unités voisines ou des aide-soignantes les plus anciennes et démerdardes! (cette boutade caricature à peine la réalité des choses, en fait ça se passe vraiment comme ça tout le temps)!

Que croyez-vous que cela entraîne? Une diminution de la qualité des soins car une diminution de la disponibilité au lit du patient. Il est difficile que cela n’ait aucune conséquence.
C’est très binaire et mécanique, mais c’est comme ça!

On nous tanne tout le temps qu’il n’y a pas d’argent, pas de budget, alors si on diminue l’activité adminstrative, et bien il faut rerépartir la masse salariale en mettant plus d’aide-soignantes et d’infirmières. La pénibilité de leur travail diminuera, la qualité du travail augmentera, et les problèmes de recrutement diminueront.
Cela dit le chômage ne me menace pas, j’ai vu la rubrique Pôle emploi blindée d’offres vers chez moi…ça faisait longtemps. Ca veut dire que les IDE fuient les Ehpad les plus pourris, le covid a dû achever leur motivation. Mais je n’ai aucune envie d’y aller.

Dernière modification par Lausm (21/11/2020 00h29)

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#54 21/11/2020 02h02

Modérateur
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Lausm,  Avec les motivations que vous démontrez, et votre expérience, n’avez-vous jamais eu le sentiment que vous seriez plus efficace à essayer d’obtenir un poste où vous pourriez influencer l’organisation du système de soin ?

En effet, si personne d’expérimenté, venant du terrain, ne participe aux réunions, et autres commissions, qui sont supposées identifier comment améliorer les choses (même si elles n’y arrivent pas toujours), comment espérer que ça change dans le bon sens ? Certes, ce n’est sans doute (au moins à court terme) par aussi gratifiant que de participer aux soins en face des patients, et c’est sans doute aussi frustrant une partie du temps…


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#55 21/11/2020 13h06

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@Lausm. Je pense qu’on dit la même chose. Mais li n’y a pas besoin de commission bidule pour diminuer la quantité de travail administratif. Il "suffirait" que chacun, du sommet de l’état jusqu’à la base, se demande si chaque acte administratif qu’il demande est bien utile, et si on ne peut pas  faire autrement. C’est toute une culture à faire changer de direction.


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[+4]    #56 21/11/2020 13h06

Administrateur
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@GBL

La plupart des ces réunions ne débouchent sur rien. On dirait qu’elles n’existent que pour justifier les émolument du management administratif.

Et en attendant, les soignants perdent leur temps, et il faut ensuite rattraper ce temps perdu, car le "vrai" boulot ne se fait pas par l’opération du saint-esprit.

Par contre, le management administratif, quand il va en réunion, il occupe son temps, et il n’a pas de boulot à rattraper à la sortie de réunion.

Pour caricaturer :

AVANT (années 90) : le malade est un patient
- vous aviez 3 infirmières dans le service, qui prenaient le temps de prendre un café, de faire des pauses, et passaient du temps avec les patients (petit mot gentil, bienveillance…)

APRÈS (années 2000 et plus) : le malade est un usager
- vous avez un type qui contrôle que les infirmières font des actes et ne prennent pas le café
- une secrétaire qui bidouille sur l’ordi pour faire des rapports notamment au type qui contrôle
- 2 infirmières qui font le boulot de 3, ont l’impression de toujours bâcler leur boulot, et qui en plus doivent tout justifier de leurs actes sur l’ordinateur
- la 3e infirmière n’a pas été remplacée pour diminuer les coûts du service (ou car on en trouve pas !), qui maintenant emploie 4 personnes au lieu de 3
- et des réunions pour faire des rapports pour savoir comment optimiser tout ça, notamment améliorer la relation soignant-usager dont des enquêtes internes (réalisées par d’autres administratifs dans d’autres réunions) ont montré une forte dégradation

Ensuite, mais cela a été mentionné, non seulement vous avez la bureaucratisation, mais aussi que certains médecins font la pluie et le beau temps (s’ils ont pas envie de taper sur l’ordi, ils font pas, aux soignants de se démer### et de taper pour eux).

Après, c’est un cercle vicieux.

Les soignants les plus dévoués (qui n’hésitaient pas à faire des remplacements de dernière minute pendant les jours de congés) et qui ont à cœur de bien faire leur travail s’en vont, car ils sont las d’être traités comme une "ressource" sur un planning, et ne peuvent plus avoir le lien avec l’usager le patient, qui faisait l’intérêt du métier.

On a réussi l’exploit de détruire l’hôpital public, "que le monde nous enviait" en deux décennies.

-

Pour compléter le tableau, il y a aussi un aspect démographique : les patients de plus en plus âgés ont souvent des polypathologies, et sont plus exigeants à prendre en charge. Même chose pour les patients en surpoids ou obèses (2 soignants pour manipuler quand 1 seul aurait pu suffire par le passé), qui sont toujours plus nombreux.

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#57 21/11/2020 13h43

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Lausm, le 20/11/2019 a écrit :

Je ne parle pas de l’informatique, un logiciel ultra complexe chiant à prendre en main…par contre ça prend du temps, de prendre le temps de noter ce qu’on fait la journée…c’est juste dommage qu’il n’y ait pas une case pour noter le temps qu’on prend pour noter ce qu’on fait dans la journée

Connaissez-vous le nom de ce logiciel s’il vous plait ?


Donne un cheval à celui qui dit la vérité, il en aura besoin pour s'enfuir.

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#58 21/11/2020 13h46

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Je me demande si en y mettant les moyens techniques, il n’y aurait pas moyen de satisfaire à la fois les administratifs et les soignants. Une partie du problème, c’est que les soignants doivent "bidouiller sur l’ordi" mais qu’en plus les logiciels qu’ils utilisent sont souvent de mauvaise qualité. Il y a aussi une balkanisation des SIH (mais pas que, il y a aussi les logiciels de gestion du personnel, de paie…) qui est censé se résoudre via les regroupements de GHT mais sur le terrain c’est loin d’être aussi simple (il semble y avoir pas mal de migrations vers Easily toutefois).

Atlas des systèmes d?information hospitaliers - Ministère des Solidarités   et de la Santé

Pour le coup, c’est quelque chose qui gagnerait à être standardisé au niveau national, plutôt que de rester sur les myriades de roues qui ont été réinventées un peu partout dans les annés 80-90.

Il y aurait probablement moyen d’automatiser pas mal de paperasse et de rapports en implémentant ce genre de systèmes partout : Schreiner MediPharm and Kit Check Offer Automated Medication Management for Hospitals - Schreiner Group

Dernière modification par doubletrouble (21/11/2020 13h51)

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#59 21/11/2020 16h03

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InvestisseurHeureux a écrit :

Pour caricaturer :

AVANT (années 90) : le malade est un patient
- vous aviez 3 infirmières dans le service, qui prenaient le temps de prendre un café, de faire des pauses, et passaient du temps avec les patients (petit mot gentil, bienveillance…)

APRÈS (années 2000 et plus) : …/…

Je ne suis pas vraiment persuadé qu’avant c’était aussi bien que certains le croient !
La mémoire joue des tours, on a parfois tendance à idéaliser le passé, et, pour avoir été (un peu) patient) et (bien plus) visiteur dans des établissements de santé, avant et récemment, je n’ai pas (du tout) que des bons souvenirs d’avant, lorsque je compare à maintenant. Ceci sans oublier que les soins ne sont (et n’étaient) pas homogènes dans tous les établissements.

Beaucoup de progrès ont été faits, dans de nombreux domaines, pour que les patients bénéficient de soins meilleurs (et aussi de plus de confort), mais il semble que pas mal de soignants de terrains n’y trouvent pas leur compte (et donc considèrent qu’en travaillant dans d’autres conditions, ils pourraient faire mieux pour les patients). C’est à entendre et à prendre en compte, pour faire d’autres progrès. Ca ne nécessite ni de caricaturer le présent ni d’idéaliser le passé.


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#60 21/11/2020 16h34

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On ne dit pas qu’avant c’était mieux en général. On dit juste que les tâches administratives (dont certaines inutiles) ont beaucoup augmenté au détriment du travail technique.

L’informatique n’a rien arrangé. C’est un outil formidable de simplification, mais comme il a aussi permis d’inventer beaucoup de taches en plus, finalement le boulot a grossi grossi…

PS. Je bosse dans l’administration.


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#61 21/11/2020 17h22

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Lausm a écrit :

Cela dit le chômage ne me menace pas, j’ai vu la rubrique Pôle emploi blindée d’offres vers chez moi…ça faisait longtemps.

Je vous confirme ce point pour une autre fonction, infirmière de bloc. A 70 ans passé, vous trouvez tranquilou bilou du boulot et pouvez vous payer le luxe de choisir le patron qui vous plaît et d’en changer de temps à autre. Il va sans dire que je ne parle pas de l’hôpital.

Sinon, sur l’hôpital et la charge administrative, j’avais lu un article, avec deux graphes qui m’avaient marqué :

De façon manifeste, les hôpitaux français ne sont pas sous-dotés en personnel :

https://www.devenir-rentier.fr/uploads/10497_emploi_hopital_reduit.png

Par contre, on peut s’interroger sur la part des personnels non soignants dans le total de l’effectif : 1/3 vs 1/4 dans d’autres pays européens limitrophes.

https://www.devenir-rentier.fr/uploads/10497_part_admin_reduit.png

J’ai la flemme d’aller chercher les données sources mais ça interpelle quand même.

Mais est-ce spécifique à l’hôpital? Je vient de répondre à un appel d’offres pour un marché pondu par une administration publique. J’ai passé environ 1 jour sur la proposition (c’était un peu complexe) et à peu près autant sur le dossier administratif - qui se complexifie d’année en année. Et de temps à autres, de nouvelles cases apparaissent dans les imprimés, avec des intitulés parfois complètement obscurs (et des notices d’explication qui le sont parfois encore plus…).

J’imagine que plein de corps de métiers auront des anecdotes similaires - universitaires, éducation nationale, agriculteurs, forces de l’ordre etc.

On pond de la règlementation et des normes au kilomètre, jusqu’à enkyster les systèmes. On est quand même loin du choc de simplification administrative, qui nous est promis tous les 5 ans.

EDIT : j’ai oublié de joindre la source des deux graphes ci-dessus = Le Figaro ICI

Dernière modification par carignan99 (21/11/2020 17h29)

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#62 21/11/2020 20h09

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Certes, et en combinant les 2 tableaux, on obtient le nombre de personnel hospitalier médical pour 1000 habitants :
      France :        13.0   (19.62 * (1-33.7%))
      Allemagne :   12.3   (16.48 * (1-25.48%))
      USA :            10.6   (20.10 * (1-47.27%))
      Canada :       11.4
      Espagne :        9.1
      Italie :             7.7

C’est donc bien en France qu’il semble y avoir le plus de personnel hospitalier médical par habitant.

Après, ça n’est pas significatif de l’ensemble des ressources du système de santé (selon la place occupée ce qui n’est pas pris en charge par l’hôpital…), ça ne prend pas en compte la partie du temps de travail de ce personnel qui est "mangé" pour répondre aux demandes des administratifs (plus nombreux dans les hôpitaux en France selon ces chiffres), et on ne sais pas comment sont pris en compte dans ces chiffres les "sous-traitants" (personnes qui ne sont pas employées par l’hôpital, mais par des prestataires qui vendent un service à l’hôpital, par ex de blanchisserie, de repas, de gardiennage, de nettoyage, etc.), et tout ça peut vite fausser les interprétations des chiffres.


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#63 21/11/2020 20h29

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On parle quand même en les mélangeant de choses très différentes:

- d’une part du poids qu’à pris l’administratif (je dirais dans les années 90) dans la gestion médicale : multiplication des postes, chefs de service de spécialités médicales intégrés aux tâches administratives….
avec pour objectif de donner un rôle de décision médicale à des administratifs (actes, ferrure réorganisation des services des lits etc. Et là la situation d’aujourd’hui est en fait paradoxalement l’échec de l’administration à mener cette tâche face au médical.
- d’autre part de la surcharge de tâche administrative et de règles multiples imposées au personnel soignant : ce qui est autre chose, un mélange de l’évidence based medecine, d’informatisation, du poids de la législation etc.
- et enfin de la multiplication des niveaux de responsabilité donnant une dilution de l’efficience de la prise en charge des patients.

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#64 21/11/2020 21h04

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Oui et c’est un des problèmes : le surpoids administratif est présent de tout un tas de façons différentes.

carignan99 a écrit :

J’imagine que plein de corps de métiers auront des anecdotes similaires - universitaires, éducation nationale, agriculteurs, forces de l’ordre etc. On pond de la règlementation et des normes au kilomètre, jusqu’à enkyster les systèmes.

Tout à fait. Chez moi comme ailleurs probablement, tout le monde participe : on pond des trucs depuis le ministre, en passant par les directeurs, jusqu’à la secrétaire.
Il doit y avoir un équivalent du principe de Peter pour ça, du genre :  "en France, l’administratif augmente jusqu’au niveau d’enkystement"

carignan99 a écrit :

On est quand même loin du choc de simplification administrative, qui nous est promis tous les 5 ans.

Exactement, on a eu le choc mais pas la simplification.


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#65 21/11/2020 21h44

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Juste une precision: le poids administratif n’a rien à voir avec le fait que ce soit un service public.
On trouve les mêmes problèmes dans le privé. Dans mon entreprise,  c’est pareil: toujours plus de paperasse à faire en plus du travail normal, sans avoir plus de temps ni plus d’effectifs.


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#66 21/11/2020 23h40

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C’est bien ce que je craignais.

Sinon, je viens de tomber totalement par hasard sur cet article où Graeber mentionne justement la bureaucratie. Sa thèse est que le capitalisme néolibéral engendre la bureaucratie et en profite : David Graeber: «La bureaucratie permet  au capitalisme  de s?enrichir sans fin» - Libération
Il faudrait voir la thèse en détail car l’article est assez léger.


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#67 22/11/2020 13h16

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Je suis très sceptique sur le fait que "le capitalisme néolibéral engendre la bureaucratie" (il faudrait éventuellement le livre de ce Monsieur, l’article cité ne comportant anticiper rien de convaincant dans ce sens, et ressemblant à une posture idéologique),  car bien d’autres systèmes ont généré de la bureaucratie, parfois excessive.

De manière générale, je pense qu’il n’y a guère besoin d’écrire des livres pour réaliser que toute organisation comportant un grand nombre d’individus, et réalisant globalement quelque chose de complexe, génére une bureaucratie. C’était déjà le cas, par exemple, des empires dans l’antiquité, et c’est aussi le cas des grosses organisations coopératives, ou des systèmes où la propriété des outils de production est publique (tous loin du capitalisme néolibéral).

L’ampleur de cette bureaucratie (qui a tendance à grossir spontanement, si rien n’est fait pour la limiter) doit être gardée sous contrôle, pour que l’organisation reste efficace : la bureaucratie invente de nouvelles procédures pour améliorer l’organisation, mais risque d’oublier de supprimer tout ce qu’elle avait mis en place mais qui n’est plus utile.


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#68 22/11/2020 13h39

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JeromeLeivrek, le 21/11/2020 a écrit :

Sa thèse est que le capitalisme néolibéral engendre la bureaucratie et en profite : David Graeber: «La bureaucratie permet  au capitalisme  de s?enrichir sans fin» - Libération

La bureaucratisation de nos sociétés est exactement l’objet du livre Bullshit Jobs.

Si la bureaucratisation dans le secteur public n’est pas une surprise, l’auteur montre que le même phénomène est à l’œuvre dans le secteur privé.

Le livre part d’une enquête pour un article qui a montré qu’une partie non négligeable de cols blancs concédaient sous anonymat que leur travail n’avait aucun sens et n’apportait rien à la société.

En tant qu’ancien informaticien, ça raisonnait très bien : toutes ces heures passées à rédiger de la documentation jamais lue, jamais maj et vite obsolète et donc inutile. Sur la fin de ma carrière, je passais 25% de mon temps de travail à concevoir/programmer/tester, et 75% à faire de la m#### inutile (documentation, réunions inutiles).

@GoodbyLenine

En fait il y a tout un tas de métiers qui se nourrissent de cette complexité.

Déjà pour un manager, c’est tjs mieux de gérer plus de personnes que moins, plus de budget que moins.

Donc mieux vaut gérer quatre personnes qui passent 25% du temps à faire un travail productif et 75% à faire de la me###, plutôt qu’une seule personne qui ferait 100% de travail productif.

Même chose pour une SSII/ESN : si vous pouvez placer plus de personnes que moins pour faire le même projet, c’est mieux pour vous !

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#69 22/11/2020 14h33

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@InvestisseurHeureux : sans compter que 90% de cette m###e sert uniquement à couvrir les N+x en cas d’échec ou à faire le beau en meeting si ça se passe bien.

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#70 22/11/2020 15h56

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Dans bien des cas, rien [*] n’empêche (plutôt que se plaindre, stérilement)  ceux qui estiment faire un bulshitt job d’aller être plus utile ailleurs, ou les clients des organisations inefficaces de choisir les produits ou services concurrents …

    …. sauf si on affaire à un monopole (souvent public, mais pas toujours (gafam…)) avec pas vraiment d’alternative (comme le système de santé -sujet de cette discussion-, ou l’éducation nationale, ou …) pour lesquels il faut effectivement veiller à ce que la bureaucratie ne grossisse pas trop aux dépens de l’efficacité.

[*] ou alors, l’ignorance des alternatives, ou le déni de la situation, ou la peur du changement, ou d’autres contraintes (économiques à court terme ?), ou …


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#71 22/11/2020 23h20

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GoodbyLenine, le 21/11/2020 a écrit :

Certes, et en combinant les 2 tableaux, on obtient le nombre de personnel hospitalier médical pour 1000 habitants :
      France :        13.0   (19.62 * (1-33.7%))
      Allemagne :   12.3   (16.48 * (1-25.48%))
      USA :            10.6   (20.10 * (1-47.27%))
      Canada :       11.4
      Espagne :        9.1
      Italie :             7.7

C’est donc bien en France qu’il semble y avoir le plus de personnel hospitalier médical par habitant.

Après, ça n’est pas significatif de l’ensemble des ressources du système de santé (selon la place occupée ce qui n’est pas pris en charge par l’hôpital…), ça ne prend pas en compte la partie du temps de travail de ce personnel qui est "mangé" pour répondre aux demandes des administratifs (plus nombreux dans les hôpitaux en France selon ces chiffres), et on ne sais pas comment sont pris en compte dans ces chiffres les "sous-traitants" (personnes qui ne sont pas employées par l’hôpital, mais par des prestataires qui vendent un service à l’hôpital, par ex de blanchisserie, de repas, de gardiennage, de nettoyage, etc.), et tout ça peut vite fausser les interprétations des chiffres.

Il y a 3 fois plus de lits pour 1000 habitants en France qu’au Canada par exemple, donc cela ne veut pas dire grand chose, de juste comparer le personnel hospitalier médical sans le rapporter au nombre de lits.

Cela fait maintenant 7 ans, que j’ai quitté la France, et je ne l’ai jamais regretté. La qualité de vie de l’infirmière au travail sont lamentables, et les salaires pitoyables, c’est une véritable honte.

La part de l’administratif pour l’infirmière a son importance. Il est important de document, au quotidien, tous les actes réalisés afin de pouvoir justifier qu’ils ont bien été faits. On peut faciliter les choses, en prévoyant un maximum de formulaires avec des cases à cocher, mais ça reste crucial, surtout dans notre société de plus en plus exigeante mais avec de moins en moins de moyens.

Dernière modification par Myrtilles (22/11/2020 23h26)

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[+1]    #72 24/11/2020 22h47

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@GBL:
J’ai songé à différentes options. L’une étant devenir kinésithérapeute. Quand j’ai vu qu’alors qu’il y quelques années avec un diplôme d’infirmier on pouvait passer en 2e année directement, et que maintenant on a quasi 5 ans d’étude qui s’apparentent plus à de la mécanique et de la physique qu’à une profession où l’on touche la personne, j’ai compris que je n’irai pas là (je me forme en shiatsu et je pense qu’on reste bien plus dans une perception sensible de la personne que dans une profession comme kiné qui est régie par une vision de plus en plus mécaniste de l’humain).
Puis cette année je me disais que j’aimerais bien des ateliers d’analyse de pratiques professionnelles. Mais observer l’institution où je suis, pourtant loin d’être la plus mal lotie, m’a dissuadé de cela: je pense que les problèmes sont tellement profondément structurels, que je ne servirai que d’emplâtre sur une jambe de bois. Bref je n’ai plus l’espoir ni la foi de faire changer quoi que ce soit.
Du coup je vais me concentrer sur le projet que nous avons avec ma compagne, depuis quelques années, qui mûrit dans nos esprit, de créer notre propre institution, à taille humaine. Ma compagne veut nommer cela "école de vie solidaire", le but n’est pas du soin proprement dit, mais de l’accueil de jour de diverses populations, que ce soit public en reinsertion, personnes âgées, handicapés, enfants d’institution, etc… Pour des ateliers soit artistiques, soit des stages de formation, ou du bien-être corporel et psychologique.
C’est ambitieux et veut proposer des choses variées, mais le plus gros défi et difficulté est qu’à partir du moment où l’on veut travailler avec différents publics, on a affaire à différentes instances administratives, et ça ne simplifie pas du tout les choses.
Nous voulons faire ça en zone montagne dans les Pyrénées, car nous voulons aussi changer de région.
Nous voulons aussi qu’il y ait un enracinement dans une vision écologique et en relation avec la nature.
Je pense aussi dans ce cadre voir si je peux faire un Master en économie sociale et solidaire, qui devrait me permettre de m’aider pour construire ce projet. C’est un mail de pôle emploi qui m’a fait découvrir cette formation, il semble qu’elle puisse me permettre et de connaître un réseau local, et de me former plus théoriquement sur des bases de gestion de ce genre de projet.
C’est un gros chantier sur le plan professionnel et aussi existentiel, d’ailleurs ça me soulève plein de doutes sur moi-même, mais je diffère depuis longtemps ce moment où je dois traverser les peurs qui me font obstacle.
Et effectivement, je pense que toutes les expériences que j’ai vécues m’ont fait expérimenter suffisamment d’expériences très concrètes pour avoir une idée précise de ce qu’il vaut mieux faire ou ne pas faire, et idem pour ma compagne.
Voilà donc.

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