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Résultat du sondage :

Convaincu(e) par les mesures du plan d'urgence pour l'hôpital ?


Non pas du tout !

49% - 40
C'est un bon début mais…

37% - 30
Oui tout à fait !

4% - 4
Sans avis, la santé ne me concerne pas je suis immortel

8% - 7
Nombre de votants : 81

#26 21/11/2019 11h44

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Réputation :   154  

Cher Kabal.
Le problème de la gestion de l’hôpital en France, c’est que justement depuis environ trente ans, c’est des gestionnaires qui la font et plus des professionnels.
Mon dernier boulot, dans une asso privé faisant des bilans de santé, avec financement CPAM et Fonds européens, ma cadre était une jeune de 28 ans qui parlait chiffres, fallait qu’on fasse tant de patients sinon on n’aurait pas d’argent…bien sûr j’étais payé 10 euros de l’heure et mon collègue diplômé médecin en Algérie mais infirmier en France, car diplôme non reconnu, 9 euros (on n’y verra aucune discrimination, après tout il a eu la chance d’avoir mieux que le SMIC).
Un jour où on était seuls, avec la secrétaire remplaçante, on a exploré deux ans de compte rendus de réunion, pour voir qu’en fait c’était toujours, toujours les mêmes problèmes récurrents signalés.
En Juillet, mon collègue a démissionné, moi j’ai refusé de continuer pour 10 euros de l’heure, ma collègue faisant un jour par semaine a refusé d’en faire plus pour être coincée dans son planning, et celle que je remplaçais rève de partir alors qu’elle est là depuis 25 ans, et la secrétaire remplaçante a refusé le CDI à cause de l’ambiance délétère (qu’elle connaît trop bien d’expérience!).
Et on est tous partis, parce qu’on en a eu marre d’être considérés comme des machines à actes, des objets performatifs, et que des gens ignares de notre travail nous en parlent mieux que nous-mêmes, sans avoir aucune considération ni prise en compte de ce que l’expérience nous fait dire.
Mais je trouve que c’est parfaitement à l’image de ce système au final très féodal.
D’ailleurs, la seule chose sur laquelle les cadres étaient toutes d’accord, c’était sur le fait de désigner mon collègue comme bouc émissaire de tous les problèmes. Alors qu’il était celui qui en fait tenait le mieux leurs objectifs.
Mais son origine outre-méditerranéenne n’a sûrement eu rien à voir avec tout ça, hein? (mais oui, ce genre de choses aussi impactent le fonctionnement d’un système de soin, cf la rémunération scandaleuse des médecins étrangers payés moins chers).
Bref tout ça pour dire en préambule qu’il s’agit de réformer un système féodal moderne, ce sera pas du gâteau!

Cela dit, vous avez des idées qu’on pourrait qualifier d’intéressantes…mais si aucun professionnel d’expérience n’est là pour contrebalancer ce que vous prenez pour des vérités, on aura des surprises. Car il y a un truc qui s’appelle l’expérience, mais étrangement on ne nous demande jamais notre avis sur les questions de terrain, là-haut.
C’est dommage, parce que parfois on est capables d’anticiper les conséquences de certaines décisions, mais si ça n’intéresse personne, bah on en subit les conséquences.
Il ne faut pas aller plus loin pour voir les soignants s’effondrer, et peut-être que si on les écoutait un peu plus, il y aurait moins cette résistance au changement dénoncée plus haut, car les soignants se sentiraient participer d’un système qui les inclut comme sujets, et non comme objets interchangeables.
L’autre jour j’ai bossé dans une autre unité que celle où je vais (de toute façon là où je suis, notre destin est de pouvoir tourner sur toutes les unités, j’ai des collègues qui changent tous les jours, c’est super génial pour le suivi des patients, mais ça permet de faire avec moins d’infirmières), j’ai juste dit aux aide-soignantes qu’elles m’avaient bien aidé…le lendemaint j’ai su par une collègue que cette simple déclaration de ma part les avait touché…avant de réformer, considérer les gens comme sujets, ça changera énormément de choses.

Je pense, par exemple, que les certificats médicaux, sont du champ de la médecine. Faudrait par contre peut-être changer la législation qui fait du médecin une espèce de portier de l’accomplissement de toute fonction, pour ne « l’utiliser » (puisque la pensée utile c’est le plus important) qu’à bon escient.

Quant à la vaccination, ça a déjà été commencé avec la vaccination pour la grippe depuis 2009, où les primo-vaccinés peuvent continuer à l’être sans plus passer par le médecin. En tant que formation, comme infirmier, vous recevez une plaquette recto de la sécu, avec deux colonnes, celles où vous pouvez vacciner, et celle ou pas. C’est assez rassurant comme profondeur de champ de formation. Comme la plupart des patients je les avais déjà vaccinés, ce ne m’était pas un vrai problème. Mais je ne suis pas médecin, et les patients ne me disent pas tout, et le médecin a un dossier qu’il peut voir, et pas moi. Et on ne va pas téléphoner tout le temps au médecin pour avoir une info, c’est pas viable comme système. Mais le tout a été vendu pour 3,15 euros supplémentaires, avec pour les infirmiers libéraux la contrainte de garder le bordereau de vaccination un an, c’est à dire en gros pour 3,15 euros d’endosser les risques de complication éventuelles. Vous aimeriez porter un risque pour ce prix-là ?

Sinon, si vous voulez donner aux pharmaciens le droit de délivrer des antibiotiques, bon courage : dans quelques décennies on anticipe une mortalité terrible due aux antibiorésistances…il serait en fait plutôt mieux que ce soit les médecins qui délivrent les médicaments, alors.

Que vous soyez aujourd’hui capable de savoir ce qu’un médecin vous prescrira, c’est une compétence. Mais ce n’est pas difficile : pour cela il faut juste en fait connaître les avis de l’HAS, et parfois aussi les primes afférentes qu’ils donnent pour faire tourner la boutique.
Comme cette collègue qui me disait que son mari s’était vu prescrire un anticholéstérolémiant (une statine, quoi), qu’il ne supportait pas, mais que le médecin insistait pour qu’il continue à prendre.
Elle en a parlé à sa médecin à elle, plus âgée, une approche avec plus d’écoute, qui lui a confié qu’en fait, les médecins touchaient une prime s’ils suivaient la préconisation de l’HAS, qui était là de prescrire une statine à quelqu’un qui a un traitement antidiabétique. Ceci est donc révélateur d’un système centré sur le financement du système, et non sur l’intérèt du patient. Je me demande où est l’éthique de quelqu’un qui est diligent à suivre les préconisations de l’HAS à partir du moment où il y a prime financière à la clé, et après on s’étonnera que les français deviennent de plus en plus sceptiques à ce qu’on leur présente comme arguments scientifiques, méfiants, et critiques vis à vis de l’industrie pharmaceutique sans plus aucune discrimination.
C’est tout ça qui doit changer, et ce n’est pas question que de savoir comptable, mais bien d’éthique. Et de vision politique.
Pourquoi une infirmière libérale a droit à 2,50 de forfait de déplacement et non pas à 10 comme un médecin généraliste ? L’essence coute moins cher pour elle ? Pourquoi ses kilomètres en sus sont facturés 0,35 centimes et ceux du médecin 0,61 ?
C’est tous ces petits détails qui sont en jeu.

Quand je faisais du libéral, je trouvais que ma cotisation sécu était ridicule : je n’ai pas demandé à être privilégié du système car je suis paramédical : la cotisation devrait être la même pour tous, à proportion des revenus.
Quant à la privatisation du système, ayant pu observer les remboursements des soins de 2005 à 2016 en libéral, j’ai pu constater que depuis la crise de 2008, le glissement vers les mutuelles s’est accentué : la sécu rembourse moins, c’est donc les mutuelles qui se chargent de ces dépenses. Le transfert a déjà commencé, c’est juste que ça se fait à petites fois, pour ne pas facher le client. Mais vous ne cotisez pas moins à la sécu, par contre vous ne payez pas moins la mutuelle non plus !

Mais pour avoir bossé en Suisse, la différence est qu’en Suisse, effectivement on en a pour son argent. L’hôpital local où j’étais l’été 98, avait trois étages, dont un qui était vide réservé en cas de conflit militaire…en France on est à mille lieux de penser à cela ! Et la compta était avec la précision suisse : si on donnait un demi-Lasilix 40 au lieu d’un Lasilix 20, on le marquait comme tel sur la feuille de température. Mais les suisses ont une structure et une discipline, en France un peu moins, pourtant on n’est pas avare sur la paperasse, mais elle sert surtout à dire qu’on fait des choses même si on les fait mal ou pas, qu’à être utile au fonctionnement interne de la structure.

Et concernant l’accès des soins par les médecins généralistes, interrogez-les, ou interrogez la CPAM dont ils dépendent, des limites qu’ils leur imposent dans les chiffres de patients à prendre en charge, ou d’autres facteurs comme le taux de prescription de tel ou tel traitement qui sera sanctionné s’il dépasse un certain seuil : ces éléments-là, que nos gouvernants ne vantent pas, sont des facteurs qui n’incitent pas les médicaux à vouloir s’investir plus, ou même qui les en empèchent règlementairement, alors que la seule psychologie qui préside c’est la carotte ou le bâton, et selon des intérèts qui ne sont pas forcément alignés avec ceux du patient (mais ça faut pas que je le dise car c’est pas politiquement correct, même si c’est vrai). La médecine est peut-être financée par l’état, mais il y a des contreparties, l’indépendance est parfois un peu conditionnée! On doit appeler ça, je crois, des politiques incitatives!…

Bref y a du boulot, mais la réforme est à faire sur tous les plans, et ça prendra bien trente ans, ou sinon ce sera autre chose qui se passera, comme je pense le fait que les gens vont s’adresser à d’autres façons de se soigner, ce qui au final n’est pas un mal, car se responsabiliser, c’est tomber moins malade, et moins coûter à la société.

Dernière modification par Lausm (21/11/2019 12h31)

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#27 21/11/2019 11h47

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Voici des propositions pour le manque de fonctionnaires à l’hôpital:
- Supprimer les embauches de fonctionnaires et les remplacer par des salariés normaux;
- Supprimer les congés supplémentaires pour enfant malade;
- Contrôler et sanctionner sévèrement les arrêts maladie non justifiés;
- Externaliser au privé tout ce qui sera possible, y compris les soins, car ce ne sont pas des fonctions de l’état.

Pour le corps médical hospitalier:
- Continuer à former plus de professionnel, comme c’est déjà prévu actuellement;
- Augmenter les salaires pour les attirer, y compris pour les étrangers. Ou mieux, leur proposer le même statut que les privés, avec autonomie et paiement à l’acte;
- Publier leurs données d’activité pour faire sortir les quelques derniers planqués qu’ont ne voit jamais dans le service.

Pour le manque de moyens:
- Augmenter les tarifs des hospitalisations, si ceux-ci sont justifiés.

Pour le manque de lits:
- Augmenter le nombre de lits, surtout l’hiver.

Pour l’afflux de la population aux urgences:
- Mettre en place des consultations sans rendez-vous, séparées des urgences, dans tous les établissements où ce n’est pas déjà fait.

Dernière modification par Trahcoh (21/11/2019 11h57)

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[+1]    #28 21/11/2019 11h59

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Le principal problème des soins en France… est pour moi le patient lui-même !

pour de la bobologie, on prend d’assaut les urgences, pour un certificat médical pour une pratique sportive anodine des enfants, on mobilise un généraliste, comme expliqué plus haut dans la file, on dénature nos besoins et leur réponse, résultat des délais moyenâgeux dans certaines spécialités…

je croise des gens sortant de la pharmacie avec des grands sacs de médicaments : quand on parle interaction médicamenteuse, j’aurai beaucoup de mal à accepter cela à leur place.

la culture du tout gratuit empire les attentes : demandez à un Américain combien il paye un soin dentaire chez lui…

au bout de cette logique, une sécu qui se défausse sur les mutuelles, l’Etat qui impose un cofinancement de celle-ci aux employeurs pour amortir le coût pour l’usager, et on continue direction le 0 reste à charge optique et dentaire : pour moi, on consumérise le soin en dévalorisant ce dernier au final.

A nos portes en Europe, on trouve encore des dispensaires avec des heures d’attente et une participation en euros bien plus forte des patients : je ne prétends pas que ce soit un modèle d’avenir, mais plutôt à méditer sur notre approche.

et si une grande partie de la solution venait de nos propres comportements ? chaque visite m’est-elle indispensable, utile, ou de confort ? moins solliciter la sécu, c’est aussi permettre aux soignants de souffler, et à priori, ils en ont grand besoin !

déontologie humoristique / moins de 5 visites pour moi chez le généraliste sur les 20 dernières années, 1 tous les 2 ans chez le dentiste (peur de la roulette), mais bien conscient d’avoir jusqu’ici une santé de fer que je souhaite à chacun !

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#29 21/11/2019 12h05

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Exercice:
1)Regardez la part de PIB dans les dépenses de santé des divers pays de l’OCDE.
2)Regardez quel pays consacre 17% aux dépenses de santé.
3) Regardez la part des dépenses de santé des 10 pays suivants en regardant quelle est la part public/privé dans le système de santé.
4) Réfléchissez.

Dernière modification par Caratheodory (21/11/2019 12h05)

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#30 21/11/2019 12h26

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Pour le corps médical hospitalier:
- Continuer à former plus de professionnel, comme c’est déjà prévu actuellement;
- Augmenter les salaires pour les attirer, y compris pour les étrangers. Ou mieux, leur proposer le même statut que les privés, avec autonomie et paiement à l’acte;
- Publier leurs données d’activité pour faire sortir les quelques derniers planqués qu’ont ne voit jamais dans le service.

Pour info:
-il faut dix ans pour former un médecin, donc même si on va avoir une arrivée massive de médecins liée à l’augmentation puis la fin du numerus clausus, la culture de l’immédiateté politique qui prévaut aujourd’hui fais qu’il n’est plus possible d’attendre.

-ce que vous proposez existe, ça s’appelle le secteur 2 hospitalier. Vous avez le droit à 20 % de votre temps hospitalier consacré à une activité de consultation libéral. L’hôpital vous fourni locaux, secrétaire etc.
Mais pour y avoir accès il faut avoir fait 2 années de post internat (donc après les 10 à 12 ans d’études), pendant lesquelles vous êtes payés moins qu’un titulaire exerçant le même travail que vous.
Et par ailleurs, du fait d’une réforme de l’internat introduisant la notion d’interne senior, qui fera le travail d’un chef de clinique/assistant des hôpitaux pour le tarif d’un interne (à savoir pas cher du tout), la question de l’accès au secteur 2 se pose. Et quand on a interrogé les autorités à ce sujet, elles ont botté en touche en disant qu’on allait voir ça plus tard. C’était il y a deux ans.
Cette possibilité de secteur 2 intra hospitalier avait été crée pour permettre à l’hôpital public de garder ses "cerveaux" lors de la création de la sécurité sociale.
En supprimant cet avantage du public, je pense qu’on peut affirmer que l’état souhaite favorisé la fuite des médecins vers le privé. Dans mon secteur de compétence, l’impossibilité de faire du secteur 2 intra hospitalier a provoquer une hémorragie de départ (sur les 8 dernières années, aucun jeune médecin n’est resté dans le service).

-Publier les données d’activités: excellente idée. Cela a été testé dans mon premier service dans un petit hôpital périphérique. La direction souhaitait griller un médecin "planqué" qu’elle soupçonnait de ne pas faire ses heures. Sauf que pour ça il fallait faire un suivi des heures de tout les praticiens.
Et donc leur payer leur heures supplémentaires, voir se conformer à la loi et ne les les faire travailler que 48 heures maximum/semaine.
La direction a calculé le cout, le médecin planqué est toujours là.
Si demain vous mettez une réforme pareil en place, attendez vous à une envolée de la dette quand il faudra payer leur vrai temps de travail aux personnels hospitaliers….

Dernière modification par tanatos114 (21/11/2019 12h26)

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#31 21/11/2019 12h49

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L’arrivée "massive de médecins" sera postérieure aux départs encore plus massifs, le tout mâtiné d’un vieillissement accru de la population et d’un attrait pour le cumul d’heures bien moindre des jeunes praticiens. On n’est pas sorti de l’auberge.

Carathéodory : lister des stats sans grille de lecture autre que partisane est fort discutable. Plusieurs facteurs jouent : historiques, sociologiques notamment.

Nos concitoyens sont dans la rue pour un oui ou un non, veulent être rasés gratis à perpétuité et chacun s’emploie à trouver sa victime expiatoire tout en se considérant lui même, ultime facilité, comme parfait et dans ses pratiques, et dans ses raisonnements trop souvent à l’emporte pièce. Alors trouver une/des solutions dans ce bazar… et y croire, il faut être balèze !

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#32 21/11/2019 13h43

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Lausm a écrit :

Cela dit, vous avez des idées qu’on pourrait qualifier d’intéressantes…mais si aucun professionnel d’expérience n’est là pour contrebalancer ce que vous prenez pour des vérités, on aura des surprises. Car il y a un truc qui s’appelle l’expérience, mais étrangement on ne nous demande jamais notre avis sur les questions de terrain, là-haut.
C’est dommage, parce que parfois on est capables d’anticiper les conséquences de certaines décisions, mais si ça n’intéresse personne, bah on en subit les conséquences.
Il ne faut pas aller plus loin pour voir les soignants s’effondrer, et peut-être que si on les écoutait un peu plus, il y aurait moins cette résistance au changement dénoncée plus haut, car les soignants se sentiraient participer d’un système qui les inclut comme sujets, et non comme objets interchangeables.
L’autre jour j’ai bossé dans une autre unité que celle où je vais (de toute façon là où je suis, notre destin est de pouvoir tourner sur toutes les unités, j’ai des collègues qui changent tous les jours, c’est super génial pour le suivi des patients, mais ça permet de faire avec moins d’infirmières), j’ai juste dit aux aide-soignantes qu’elles m’avaient bien aidé…le lendemain j’ai su par une collègue que cette simple déclaration de ma part les avait touché…avant de réformer, considérer les gens comme sujets, ça changera énormément de choses.

Vous évoquez ce que beaucoup de monde vit au quotidien pas que dans la santé. C’est triste et anormal mais c’est comme cela.

Lausm a écrit :

Vous aimeriez porter un risque pour ce prix-là ?

Vous êtes un professionnel de santé ou pas ? Perso, je le ferai à ce prix là si c’est inclut dans mes missions.

Lausm a écrit :

Sinon, si vous voulez donner aux pharmaciens le droit de délivrer des antibiotiques, bon courage : dans quelques décennies on anticipe une mortalité terrible due aux antibiorésistances…il serait en fait plutôt mieux que ce soit les médecins qui délivrent les médicaments, alors.

Un médecin pour lequel il faut 2 semaines pour avoir un rendez-vous ? Vous pensez que les pharmaciens vont vendre à tour de bras des antibiotiques ? Plus que les médecins prescripteurs. J’ai des angines tous les ans, je ne demande pas d’antibiotiques particulièrement et chaque fois que je vais chez le médecin je sors avec et parfois même sans auscultation. Jamais aucune recherche n’est faite.

Lausm a écrit :

Que vous soyez aujourd’hui capable de savoir ce qu’un médecin vous prescrira, c’est une compétence. Mais ce n’est pas difficile : pour cela il faut juste en fait connaître les avis de l’HAS, et parfois aussi les primes afférentes qu’ils donnent pour faire tourner la boutique.

Ce n’est pas lié à l’HAS que je ne connais pas. Mais plutôt à la pauvreté intellectuelle de certaines démarches diagnostiques. On s’emmerde pas antiobio/cortico ça fait le café. Au pire ça sert à rien mais c’est pas grave le patient part avec sa prescription (et parfois même il l’a exigé et le médecin a cédé).

Serenitis a écrit :

Le principal problème des soins en France… est pour moi le patient lui-même !
Pour de la bobologie, on prend d’assaut les urgences, pour un certificat médical pour une pratique sportive anodine des enfants, on mobilise un généraliste, comme expliqué plus haut dans la file, on dénature nos besoins et leur réponse, résultat des délais moyenâgeux dans certaines spécialités…

Je ne dirai pas que le patient n’a pas sa part de responsabilité. Mais ce n’est pas le principal problème non plus. Les urgences sont prises d’assaut car on a pas de médecin de proximité pour faire le nécessaire non plus. En gros, on appelle un généraliste et si c’est "trop urgent" / "chiant", il envoie sur les urgences.
Le certificat c’est encore une hérésie sans nom. On est obligé pour inscrire un gamin au sport d’en avoir. En septembre tous les médecins sont pris d’assaut pour un papier qui n’a aucune valeur en soi vu qu’il est fait à l’arrache et sans test d’effort et autre. Parfois même sans auscultation.
Si on veut responsabiliser les patients, il faut arrêter de les infantiliser et de leur permettre de s’auto-médiquer seul (dans une certaine limite).

Tracoh a écrit :

- Externaliser au privé tout ce qui sera possible, y compris les soins, car ce ne sont pas des fonctions de l’état.

C’est dans la constitution de mémoire. Donc ça me semble une fonction de l’état.

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#33 21/11/2019 14h31

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Je ne vois pas en quoi ma grille de lecture est partisane ici. A part dans mon point 4). Ou je laisse la question ouverte. Pour être surpris par une réponse originale.

Dans d’autres files, j’exprime des positions tranchées. Pas ici. Il existe des idées économiques qui valent ce qu’elles valent mais qui peuvent servir à réfléchir au problème de l’économie de la santé.

La critique que je me ferais est que je n’apporte rien de factuel sur le fonctionnement concret d’un hôpital. Et je ne risque pas car ce n’est que comme patient ou visiteur que je m’y rends.

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#34 21/11/2019 15h21

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J’ai oublié des propositions pour le financement des hôpitaux:
- Limiter le financement des comités d’entreprise au minimum légal;
- Supprimer les détachements de fonctionnaires pour exercer des fonctions syndicales;

Pour les médecins:
- Interdire les embauches de médecins à des postes administratifs dans le public (ARS, ministères) tant qu’il existe des postes vacants dans les hôpitaux.

Pour les ARS:
- Arrêter leurs embauches exponentielles;
- Interdire aux ARS de solliciter les soignants des hôpitaux pour travailler sur des sujets financiers ou statistiques et non médicaux tant qu’il existe des emplois en pénurie de personnel dans les hôpitaux, médecins en particulier.

Dernière modification par Trahcoh (21/11/2019 15h27)

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#35 21/11/2019 15h44

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serenitis a écrit :

la culture du tout gratuit empire les attentes : demandez à un Américain combien il paye un soin dentaire chez lui…



A nos portes en Europe, on trouve encore des dispensaires avec des heures d’attente et une participation en euros bien plus forte des patients : je ne prétends pas que ce soit un modèle d’avenir, mais plutôt à méditer sur notre approche.

Je lis souvent cette réflexion. On a l’impression que c’est gratuit et ça déresponsabilise. C’est logique et instinctivement, j’adhère. Mais est-ce que ça correspond à la réalité?

Exemple : le Royaume-Uni. L’essentiel du système de soins y est étatisé ou quasi avec un reste à payer de 0€ (sauf forfait marginal pour les médicaments en pharmacie de ville) pour la médecine généraliste, spécialistes et examens divers et variés.

Et pourtant, je ressentais (collègues, amis, connaissances, médias) une conscience très aiguë de ’faut pas abuser du système’. Un grand sens des responsabilités. Ils allaient chez le médecin uniquement s’ils étaient mourants. Quand on m’a un jour prescrit des antibiotiques, mes collègues se sont demandé si j’étais gravement malade.

La ’gratuité’ (ou plutôt la prise en charge intégrale par les cotisations) ne mène donc pas nécessairement à la déresponsabilisation.

Par contre, le système hospitalier et de soins généralistes UK est super cadré et le mot d’ordre est ’efficacité’ à tous les maillons de la chaîne (ce qui n’empêche pas des médecins et des infirmières bien payés). Et les patients prennent le pli.

Dernière modification par carignan99 (21/11/2019 15h52)

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#36 21/11/2019 16h31

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Kabal a écrit :

Ex : Répondre à un questionnaire pour avoir un certificat médical pour le sport serait aussi pertinent que certaines (la grande majorité) des visites médicales. A côté, on redonne au médecin généraliste la possibilité de faire des actes simples (ou en leur en redonne le goût) : recoudre sans aller aux urgences.

Je constate que vous avez des solutions … mais …
Le certificat médical de sport n’est pas annuel mais tri annuel  si on reste dans le même sport.  Mais les assurances veulent un certificat annuel … Pour votre information, depuis cette année un certificat devrait être exigé pour la pratique des échecs et le bridge comme il y’a quelques années pour la pétanque . Stupide me direz vous mais vous seriez surpris du nombre de pathologies prostatiques  ou autres découvertes chez les papis qui jouent aux boules … pourquoi un certificat ? par ce que les fédés veulent passer en pré olympiques donc sport donc certificat….
La suture n’est pas un acte "simple" et les généralistes en font surtout en campagne (c’est de nos jours bien payé) mais quand l’emploi du temps est surchargé à 55 heures par semaine et que la salle d’attente est pleine ou les rendez vous complets comment fait on pour passer 20 minutes à recoudre …
Deux actes imprévus en non programmés et c’est quarante minutes de retard…. Je vous laisse réfléchir

Kabal a écrit :

Ex2 : se faire vacciner par une infirmière ou un autre professionnel de santé (pharmacien actuellement possible). Il faut pas sortir de St Cyr pour percer la couenne de son prochain. Une formation de 3-4h à percer des oranges et on est bon.

Par une infirmière aucun souci mais leur nombre étant limité en ville et l’injection si mal payée qu’elles n’ont ni le temps ni la motivation financière.
Pour les pharmaciens,je vous donne un exemple . Les patients qui vont régulièrement consulter leurs médecins (exemple en ALD affections de longue durée) se font vacciner par leurs médecins mais les pharmaciens délivrent et font le vaccin . Formidable mais… le tarif de la C est de 25€ et le pharmacien est rémunéré 6,30€ et il annonce "c’est gratuit" n’oublions pas qu’on est en France. Coût de l’opération 25+6,30 = 31,30 pour la caisse …allez comprendre . Mais le pharmacien pour les non ALD sait (études et recommandations des stratèges du développement des pharmacies le confirment) qu’un "client" qui franchit le seuil de la pharmacie peut/doit  représenter 17€  d’achats : pas mal pour un acte de vaccination "gratuit". On n’est + dans le "je vous rend service" mais bien dans le "commercial")

Kabal a écrit :

Un autre point d’action, serait de diminuer drastiquement le prix de la consultation médicale : (par exemple) 10€ rembourser par la sécu et interdiction de faire des dépassements d’honoraires. Du coup, soit le médecin travail plus pour maintenir son niveau de vie. Ou on les exonère d’impôts sur des consultations particulières.

Et bien c’est simple : il n’y aura plus de médecine de proximité,  que des centres types dispensaires des années 50 qui à ce jour sont tous (je dis bien tous) déficitaires et tenus à flot par des subsides municipales, départementales , régionales etc…quand ils ne ferment pas définitivement … réorientant vers qui : l’hôpital.  Et à quel coût pour le contribuable ?….
Passer la consultation à 10 euros , c’est mettre des milliers de secrétaires médicales sur le carreau , de femmes de ménages, de boites d’informatique etc..Sachant que le revenu d’un généraliste est inférieur ou égal pour un temps de travail majoré de 25% environ à celui d’un hospitalier et sans la même couverture sociale , il suffira de le faire travailler plus du double d’heures ou faire des consultations de 5-6 minutes . C’est sûr que la qualité sera au rendez vous.

Je passe sur la médecine "robotisée", 3.0 etc  : il y’aurait tant à dire

Kabal a écrit :

Le problème n’est pas que l’hôpital mais bien la totalité de l’accès aux soins en France

Ah enfin on est en ligne!  La faute à qui ? Nos dirigeants depuis des années, les français plus consommateurs de soins soi disant gratuits que usagers responsables, les professionnels de santé libéraux qui n’ont pas pu/su s’organiser,…

Vous présentez des solutions "simples" : croyez bien qu’elles ont déjà été analysées par des haut fonctionnaires que j’estime  peu mais sont néanmoins brillants malgré les filtres et directives qu’ils doivent respecter (sans aborder le sujet de leurs carrières …).

La solution est bien plus complexe qu’il n’y parait vu de loin …

Dernière modification par jctrader (21/11/2019 20h02)


Think Happy, Dream Big, Do your Best !

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#37 21/11/2019 16h43

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J’ai aussi une pensée pour les infirmières
les veilles
les horaires
"cadences infernales" ?

et dire que Mitterrand avait osé leur envoyer les CRS lors d’une grève/manif à Paris il y a 35 ans.. L’Opinion publique avait instantanément pris fait et cause pour elles

Dans notre subconscient, quand on est sur un lit d’hosto, seraient-elles comme l’image maternelle ?

Dernière modification par Job (21/11/2019 16h44)


Ericsson…!  Qu'il entre !

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#38 21/11/2019 16h51

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Mon voisin anglais, se soigne encore en Angleterre, là-bas les consults par internet, ça marche, et il est content de leur système de santé, qui est loin de correspondre aux clichés terrorisants qu’on en fait en France d’une médecine pour les plus riches. Et là-bas, une infirmière qui se spécialise en gériatrie gagne 20 livres de l’heure…on est loin de la France!

Je vois ici accuser le patient, mais c’est un système dans son ensemble à revoir.
Pour l’avoir vu pratiquer des années, je ne crois pas que la consult mensuelle chez certaines personnes âgées soit si nécessaire, quand c’est juste un renouvellement. Tous les trois mois ça pourrait suffire…mais ça remplit un planning et sécurise un revenu…tout ceci prend du temps sur les éventuelles consultations urgentes et non prévues.
Ensuite, pour le volume de prescriptions, il y a une demande, (souvent encore les personnes âgées), de certains "consommateurs" de soin, qui en veulent…et si en face il y a un ou des prescripteurs, ça s’accumule.
Et dans un système où le lien entre les différents professionnels n’est en rien favorisé, rien de plus facile que d’accumuler des ordonnances de divers praticiens.
Ca fait bientôt vingt ans qu’on parlait de mettre le dossier informatisé du patient dans les cartes vitales…on a mieux réussi l’impôt à la source ou bien de grouper les flux de télétransmissions de factures paramédicales, que ça…mais ça c’est la France!

En fait pour responsabiliser le patient, il faudrait arriver à avoir une vraie cohérence qui dépasse les querelles de pouvoir de différentes instances, qui fait que certains s’engouffrent dans les failles que ça crée, mais là encore on en est loin.
Pour responsabiliser les gens, il faut aussi avoir la disponibilité dans la relation. Le système actuel à base de logique comptable, fait fi de cet aspect non quantifiable où est pourtant souvent là où la vraie pratique thérapeutique prend sa place. Pourtant c’est en valorisant cela qu’on pourra faire changer des comportements de fond.

Et dans un autre registre, quand je vois que notre ministre propose qu’une partie du budget des primes soit redistribué en fonction des "soins de qualité" donné par les soignants, comme c’est soumis à une grande part de subjectivité, je me demande quelle sera l’efficacité de cette carotte, si le copinage prévaut sur la qualité des soins pour récompenser quelqu’un. Encore un symptôme d’une vision où l’égalité de traitement des postes a lieu.
Après tout, dans mon ehpad, la direction a supprimé la prime à laquelle avaient droit les ASG, en modifiant un libellé quelconque pour que ça ne rentre pas dans le cadre qui y donne droit. Elles vont s’asseoir sur 90 euros, alors qu’elles se sont formées exprès pour travailler mieux. Mais elles ne partagent pas le gain de la plus value de leur travail.
Mais c’est comme ça, probablement, que la direction pense pouvoir faire des économies…pendant qu’elle a laissé en place un médecin spécialiste qui pêtait les plombs et dont le service avait des lits vides de partout.
C’est aussi ça qui doit changer, ces couches de privilèges, de passe droits, de petits pouvoirs, qui en fait sabotent énormément le fonctionnement des établissements de soin, et encore plus dans le public.

Et pour finir mon propos, un collègue infirmier, m’a raconté comment, alors qu’il avait démissionné pour aller sur un autre emploi, on lui a annoncé qu’on ne lui paierait pas l’équivalent d’un mois et demie d’heures supplémentaires accumulées.
Qui dans un autre secteur professionnel, accepterait d’être traité ainsi?
Si, comme me disait Kabal, on souffre dans tous les secteurs, je ne crois pas que tous soient traités de façon aussi méprisante pour le fruit de leur travail.
Mais comme me disait un copain qui bosse dans le graphisme, il s’émeut qu’on paye si peu nos professions en France, et que des gens dans la com’ gagnent beaucoup plus pour, comme il me le disait, un intérèt pour la société bien moindre.

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#39 21/11/2019 17h27

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Lausm,  je connais bien moins le système de santé que vous (je suis juste patient, accompagnant, père d’une infirmière, copropriétaire de murs d’une EHPAD et d’une clinique allant parfois discuter avec ceux qui y exercent, et je constate quelques dysfonctionnements, mais aussi bien souvent des fonctionnements corrects, et bien des diversités de situations), mais il y a quelques points de votre dernier message qui m’interpellent :

Lausm a écrit :

Et dans un autre registre, quand je vois que notre ministre propose qu’une partie du budget des primes soit redistribué en fonction des "soins de qualité" donné par les soignants, comme c’est soumis à une grande part de subjectivité, je me demande quelle sera l’efficacité de cette carotte, si le copinage prévaut sur la qualité des soins pour récompenser quelqu’un. Encore un symptôme d’une vision où l’égalité de traitement des postes a lieu.

Vous devriez savoir que dans toute évaluation qualitative, il y a une certaine difficulté pour évaluer cette qualité. Mais le fait que cette évaluation ne sera pas parfaite ne doit en rien faire renoncer à de tels mécanismes. Il faut aussi faire un minimum confiance à ceux qui auront à évaluer, et accepter que parfois ça conduise à certaines imperfections (par ex ce que vous appeler "copinage" … mais qui a aussi ses limites, car le manager qui évalue par copinage aura aussi vite des résultats et une qualité globale médiocre sur l’ensemble de son service).
De telles évaluations de la qualité fonctionnent déjà (avec leurs imperfections) ailleurs que dans le médical (ou que dans d’autres milieux qui les refusent pour des raisons souvent similaires, par ex. l’Education Nationale), et y ont fait la preuve qu’ils permettaient d’améliorer la qualité globale des services rendus…

Refuser (ou critiquer le fait) que la qualité soit rémunérée, sous prétexte qu’il serait difficile de bien l’évaluer, et par ailleurs se plaindre que la qualité ne soit pas assez encouragée par le système, me semble être contradictoire.

Lausm a écrit :

Et pour finir mon propos, un collègue infirmier, m’a raconté comment, alors qu’il avait démissionné pour aller sur un autre emploi, on lui a annoncé qu’on ne lui paierait pas l’équivalent d’un mois et demie d’heures supplémentaires accumulées.
Qui dans un autre secteur professionnel, accepterait d’être traité ainsi?
Si, comme me disait Kabal, on souffre dans tous les secteurs, je ne crois pas que tous soient traités de façon aussi méprisante pour le fruit de leur travail.

Vous auriez du suggérer à votre collègue de se rapprocher des Prudhommes (ou, dans certains cas s’il était fonctionnaire, du Tribunal Administratif, si j’en crois Fonction Publique : Le Tribunal Compétent), pour faire valoir ses droits (éventuellement en se faisant épauler par un syndicat). Il ne faut pas forcément croire sur parole tout ce qu’un employeur vous raconte quand on démissionne, et défendre ses droits…


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[+1]    #40 21/11/2019 18h07

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les libéraux ne veulent pas ou ne peuvent pas absorber. Les libéraux autour de chez moi, c’est pas de travail le samedi ou le soir (pas possible quand on est une profession de service), pas de travail pendant les vacances scolaires et je suis à mi-temps le reste du temps. Je ne les en blâme pas, ils sont bien payés et le trop plein est méchamment ponctionner par l’état mais c’est un signe que les médecins n’ont pas encore assez faim et qu’il en reste sous le pied pour les presser un peu.

Les libéraux que je connais sont loins très loins des 35h. Beaucoup travaillent les WE mais pas tous les WE.

Les libéraux achètent eux même le matériel pour vous soigner. Ils payent eux même leur formation continue. Ils sont forcés par la loi à appliquer certains actes à perte ou d’autres dégressifs (second acte-50% actes supplémentaires gratuits, par contre le matériel et les charges demeurent identiques et le risque médico-légal de chaque acte aussi.)

Savez vous qu’une énucléation (acte de retirer l’œil et le remplacer par une prothèse) rapporte 167,2€ bruts? Bref, moins cher qu’une couleur chez Dessange. Une appendicectomie en urgence sous cœlioscopie ? 187€.
Salauds de docteurs. Vilains libéraux.

La seule façon de faire une réforme digne de ce nom c’est de mettre les gens autour d’une table et avec respect de tous. La gueguerre des clans c’est du pain béni pour les politiques.
Il faut mieux rémunérer les efforts de TOUS. Il faut récompenser l’investissement. Il faut ne pas compter sur l’impalpable (psy, gériatrie, soins palliatifs, gériatrie…). Il faut sanctionner les mauvais gestionnaires et ceux qui trichent avec le système.

Dernière modification par MisterVix (21/11/2019 18h11)


L’argent est un bon serviteur et un mauvais maître (A. Dumas )

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#41 21/11/2019 18h45

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Pouvez-vous préciser où une couleur chez Dessange coûterait plus de 167€ ? (Les tarifs accessibles sur www semblent tous 2 ou 3x moindres, même pour les salons de villes réputées "riches")

Et aussi ce qu’incluent précisément les coûts que vous citez (qui semblent bien inférieurs à ce que j’ai trouvé sur www…) ?

Note : l’objectif de ces questions est de rendre le message précédent un minimum crédible… (parce qu’en l’état, il me semble nuire à la thèse qu’il prétend vouloir défendre)


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#42 21/11/2019 20h33

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Il est amusant d’observer que sur tout sujet relatif à un système nécessitant réforme le sujet dérive immanquablement sur des accusations envers les uns ou les autres, des visions simplistes, des certitudes et témoignages curieux.

Le monde soignant est un état dans l’Etat. Limiter sa vision aux gentilles infirmières, aux méchants médecins et directeurs me semble un tantinet manquer de subtilité…

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#43 21/11/2019 20h59

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Je m’étais dit que je ne rentrerais pas dans cette discussion, mais je voudrais quand même partager une observation : on parle des soucis de l’hôpital public français, et rapidement on entend parler que les médecins ne sont pas assez payés.
Finalement, c’est comme l’éducation nationale, à écouter les gens qui y travaillent le principal problème est qu’ils méritent plus d’argent.

Je trouve dommage qu’enseignants et médecins soient les deux premières catégories professionnelles à dégainer "on est pas assez payés" dès qu’il y a une discussion sur le fonctionnement de leur institution…

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#44 21/11/2019 23h01

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Cher GoodbyeLenine:
Une de mes collègues, qui a passé un diplôme en éthique de la santé, fut embauchée dans un hôpital local pour travailler sur le contrôle qualité.
Après de longs mois à travailler sur le thème, arrivant au terme de son travail, elle fut convoquée par ses cadres supérieurs. Le motif ? Qu’elle modifie ses conclusions qui ne présentaient pas assez bien l’activité de l’établissement. C’est à dire en gros falsifier la vérité pour qu’ils rentrent dans les cases du contrôle qualité.
Je ne sais pas ce que vous inspirent ce genre de témoignages, mais moi ça me fait douter quand même de la fiabilité des évaluations du système.

Concernant le système de primes à la qualité que je dénonce, ce qui me choque c’est qu’encore une fois on exerce un saupoudrage sélectif de fausse valorisation salariale des paramédicaux. Qu’on augmente tout le monde, un peu, et pas que les infirmières, et basta… Foin des usines à gaz qui favorisent les parisiens, alors qu’il m’est arrivé de faire 120 bornes pour aller bosser, et que ma moyenne en milieu rural est 50 kms. La vie coûte cher aussi dans cet autre monde qu’est la province, mais faut-il savoir que ça existe et comment ça existe.
Il y a certes des choses qui marchent bien, mais elles ne minimisent pas celles qui marchent mal, car derrière il y a le destin de personnes humaines et leur entourage qui parfois se joue, de façon vitale: ça justifie une exigence pour la qualité, et de regarder un peu plus loin que des résultats statistiques… Suffit de constater le turn over du personnel: là j’ai décidé de partir et j’ai eu un appel sur un autre poste. Mais comme me l’a dit fort diplomatiquement une collègue : si t.u t’en vas, à cause de t.oi on devra passer en 12h.
Bah non, c’est pas à cause de moi. C’est à cause que quand on rentre dans un broyeur d’humain où l’on ne peut organiser aucune vie sociale, car on change de planning tout le temps, car on privilégie les demandes de congés des anciennes, ben moi, à 49 ans, j’ai plus envie de ces conneries que j’ai déjà vécu : moi aussi je veux vivre une vie normale. Je veux pouvoir faire des stages de formation le week end, que je paierai de ma poche, et j’en n’attend rien de l’hôpital public. Mais pour ça faut que j’ai plus qu’un seul vrai week end libre par mois.

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#45 22/11/2019 00h03

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Goodbylenine a écrit :

Pouvez-vous préciser où une couleur chez Dessange coûterait plus de 167€ ? (Les tarifs accessibles sur www semblent tous 2 ou 3x moindres, même pour les salons de villes réputées "riches").

Je pense que Mistervix parlait d’un prix net. Le coiffeur n’a pas à acheter la prothèse occulaire, payer l’infirmière, l’anesthésiste, les locaux et l’assurance.

sven337 a écrit :

Je m’étais dit que je ne rentrerais pas dans cette discussion, mais je voudrais quand même partager une observation : on parle des soucis de l’hôpital public français, et rapidement on entend parler que les médecins ne sont pas assez payés.
Finalement, c’est comme l’éducation nationale, à écouter les gens qui y travaillent le principal problème est qu’ils méritent plus d’argent.

Je trouve dommage qu’enseignants et médecins soient les deux premières catégories professionnelles à dégainer "on est pas assez payés" dès qu’il y a une discussion sur le fonctionnement de leur institution…

Car c’est en partie le coeur du problème, les personnels médicaux et paramédicaux désertent l’hopital public car l’herbe est bien plus verte ailleurs.
Actuellement je suis en cours de reconversion pour d’autres raisons mais ma compagne est restée médecin et travaille à l’APHP. Elle travaille du lundi au vendredi de 8h30 à 21h sans pause déjeuner, un week end sur 3 d’astreinte de 9h à 18h et fais trois nuits par mois à l’hopital sans véritable repos de garde (donc environ 30h de suite). Le tout pour 3000e par mois à bac+12 et à plus de 70h/semaine en moyenne. Demain elle peut toucher le même salaire pour 2 fois moins de temps de travail et surtout plus de nuit à l’hopital ni de garde. Et on nous propose plein d’offre sur linkedin pour aller bosser en suisse pour 3 fois le salaire. Surtout que son quotidien ne consistera plus à passer des heures à faire de la paperasse, à essayer de trouver un lit à hospitaliser des patients, à supplier du personnel paramédical debordé de bien vouloir avancer sur son patient par rapport a un autre. Et maintenant ils doivent gerer encore plus de gardes car les urgences sont arrivés à saturation et vont probablement fermer dans certains servives à proximité de Paris faute de personnel. Je ne sais même pas comment décrire son état de frustration quand elle rentre du travail. Il faudrait voir pour le croire l’état de sinistrose actuelle de la pédiatrie à l’aphp et encore plus de la psychiatrie. Bref difficile de débattre de tout ça par message, moi j’ai rendu les armes.

Dernière modification par Springle (22/11/2019 00h06)

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[-1]    #46 22/11/2019 07h16

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En même temps il faut être fou comme un lapin pour devenir infirmier/ère :
- 3 ans d’étude après le BAC
- des horaires de M*rde
- Boulot parfois limite (s’approchant de l’aide soignante)
- 1300 € net.

Donc oui, il y a la une légitimité à dire que le corps médical n’est pas assez payé.

De toute façon c’est sur l’ensemble du pays qu’il y a un problème. D’une manière générale, le travail en France, ne paie plus. Et ça, c’est bien dommage !

Dernière modification par LoopHey (22/11/2019 07h20)


Mon interview sur le blog du projet lynch : http://leprojetlynch.com/2020/12/loophe … -debutant/

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#47 22/11/2019 07h27

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Springle a écrit :

ma compagne est restée médecin et travaille à l’APHP. Elle travaille du lundi au vendredi de 8h30 à 21h sans pause déjeuner, un week end sur 3 d’astreinte de 9h à 18h et fais trois nuits par mois à l’hopital sans véritable repos de garde (donc environ 30h de suite). Le tout pour 3000e par mois à bac+12 et à plus de 70h/semaine en moyenne.

Entièrement d’accord avec vous, et c’est là que je rejoins les propos de la ministre (il y a de bon points quand même sur cette réforme) quand au recours aux intérimaires qu’elle compte limiter et/ou plafonner. Chez nous quand il n’y avait pas assez d’urgentistes certains venaient en intérim et étaient payés   1500 à 2000 € la garde de 24h, soit la moitié du salaire de votre femme sur une seule garde. Comment voulez vous motiver les médecins à venir travailler dans le secteur public quand en passant dans le secteur privé ou par l’intérim ils peuvent espérer doubler leur salaire minimum.


Parrainage Binck ------- Linxea

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[+1]    #48 22/11/2019 09h29

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Bonjour GBL

Si vous regardez ce lien, le premier sorti par Google quand on tape Tarif Dessange, vous verrez que les prix pour un chignon avec des cheveux longs est de 150 euros, et celui pour un Shampooing coiffage attache est de 189 euros.
Prestations et Tarifs de votre coiffeur à Lyon (Grenette) - DESSANGE

Pour les tarifs des actes médicaux, ils sont publics et librement consultables sur le site suivant:
CCAM en ligne - CCAM

Il s’agit du tarif brut versé au médecin pour son acte (il y a des règles dégressives si vous cumulez des actes, le second - 50% les suivants zero). Sur ce prix le médecin reverse une redevance à sa structure (8-12%) et paye ses employés… et ses charges, bref comme tout indépendant.

La structure elle même (hôpital ou clinique) reçoit une autre somme forfaitaire appelée GHC.

Et pour poursuivre la comparaison avec le salon Dessange, je ne crois pas que mon coiffeur prenne le risque que je le traine en justice ou de finir dans la grande presse nationale à chaque chignon.

Je ne souhaite pas polémiquer. Je gagne très bien ma vie. Mais la raison pour laquelle je gagne très bien ma vie c’est parceque je fais beaucoup d’actes et que je travaille sur une grande amplitude horaire (comme beaucoup de gens là n’est pas le sujet).

Je n’ai donc pas fait un message pour me plaindre que je ne gagnais pas assez, mais pour répondre à un message qui accusait les médecins de ne pas être motivés parceque gagnant trop et bossant à mi temps. C’est dans ce sens que je souhaitais être entendu, je regrette si mon message n’a pas été pris dans ce sens.


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#49 20/11/2020 14h55

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Lausm,  Vous écrivez que le système de santé disfonctionne,  et depuis longtemps. A votre avis, qu’est-ce qui serait à faire pour qu’il disfonctionne moins (je n’écrit pas "ne disfonctionne plus du tout", car je considère que la perfection n’est pas atteignable) ?

Faudrait-il par exemple beaucoup augmenter le nombre de soignants (de 20%, de 50%), ou de certains types de soignants ? Qu’est ce qui rend difficile la mise en place de ceci ? (je suppose que ça prendrait du temps, des années pour les former, qu’il faudrait arriver à motiver assez de jeunes pour se lancer dans cette voie, qu’il faudrait augmenter les capacités d’enseignement associés, aussi réorienter les ressources budgétaires necessaires, et bien entendu vaincre les réticences d’autres acteurs de la santé qui pourraient se sentir menacés, etc)

Faudrait-il par exemple diminuer/alléger un certain nombre de démarches administratives qui permettent de suivre, voire de contrôler, l’activité de certains soignants ? La aussi, qu’est-ce qui le rend difficile à faire, et quelles conséquences ça aurait ? (avoir une visibilité quantitative sur les soins reste nécessaire, à bien des égards).

Faudrait-il favoriser la concertation, l’écoute des soignants de terrains, pour identifier leurs idées d’amélioration du système, et ensuite réellement mettre en œuvre leurs "bonnes idées" (celles qui permettent d’améliorer le système sans générer trop de coûts) ? J’imagine qu’il doit y avoir plein d’idées possibles, et que certaines peuvent avoir des impacts très positifs (peut-être pas partout, mais dans certains lieux ou circonstances), et que d’autres peuvent faire empirer la situation….

D’ailleurs, est ce que les autorités de la santé ne se posent pas ces questions (et sans doute bien d’autres)  ? Pourquoi n’en tirent-elles pas de quoi améliorer le système de soins ?

Note : ceci est un peu hors sujet ici, où on échange sur "encore un krach sur le marché actions". Il faudra déplacer les messages de cette digression dans une discussion (du café du commerce) dédiée…


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[+4]    #50 20/11/2020 17h58

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A GBL.

Pour vous répondre brièvement, la réponse est simple: pour que ça marche mieux il faut et demander les avis des soignants, et les écouter.
Et ensuite faire ce qu’ils disent, et pour ceci deux choses, c’est soit les laisser faire eux-mêmes sur le terrain d’après leurs idées, soit leur donner les commandes du navire qu’ils savent déjà piloter.

Mais le problème est à mon sens profondément politique. C’est à dire un problème de vision, marqué par une emprise du hiérarchique qui veut continuer à exister en tant qu’organe qui garde le pouvoir, plutôt que de retrouver l’esprit et l’éthique du pouvoir.
Vous dites que bien des gens réfléchissent. Certes. Le problème c’est qu’ils réfléchissent de façon stratégique et sans sortir du paradigme de pensée qu’ils manipulent, or c’est bien celui-ci qui conduit les soignants à bosser plus et mal, car on les conduit à faire de la paperasse et de la tracabilité, dont le but n’est pas de mieux soigner les patients, mais d’assurer les supérieurs hiérarchiques qu’ils seront couverts en cas de pépin.
Bref les soignants servent à soigner les patients et les peurs de leurs chefs, mais souvent les personnes au pouvoir ne prennent pas le risque de bousculer le cadre de pensée qu’on leur impose. Et qu’elles acceptent de s’imposer.
Alors qu’il faudrait qu’elles aient la force de bousculer leur cadre mental et de le remettre en cause, hors je pense que les résistances culturelles, liées à une culture entretenue, un entresoi, je ne sais quels autres facteurs, mais où règne un conformisme certain, et surtout une absence de proximité avec le terrain, ce qui n’était pas autant le cas il y a deux décennies ou plus, va à l’encontre de ces remises en question.

Les soignants, eux, ils n’arrêtent pas de se remettre en cause. Sauf qu’ils portent le poids d’une bureaucratie hors sol qui a très peur que le contrôle leur échappe. Ma collègue illustre ce parfait exemple: elle dérange le directeur et la cadre qui ne peuvent pas la supporter parce qu’elle dit ce qu’elle a à dire. Elle est là depuis 20 ans, et en fait c’est elle qui tient vraiment la boutique. Et des fois oui, il faut trancher, ou elle est capable de refuser des décisions qu’on lui impose simplement car la direction veut faire rentrer les choses dans les cases, sauf que sur le terrain, c’est pas des cases, mais des humains, et quand on le dit, souvent la réponse n’est pas entendue, car il faudrait dire aux ars, au ministère, à tous les administratifs qui pondent ces décisions, que c’est pas applicable.
Alors on fait semblant, pour ne pas froisser personne, mais on fait semblant alors que soigner ne se fait pas en faisant semblant.

Donc mon avis serait très simple: réduire le nombre d’administratifs et de commissions inutiles, et investir là où c’est nécessaire, c’est à dire du personnel sur le terrain. Mais j’enfonce une porte ouverte et ça n’a rien d’original.
Mais comme me disait une copine infirmière, parlant de l’hôpital où elle était "ils ont construit un étage, rien que pour les administratifs".
C’est d’ailleurs ce qu’ils font là où je bosse, et parfait symptôme des choses, en y pensant, on aura une super infirmerie, plus grande, mais où il n’y aura plus de fenêtre pour voir dehors.
Sinon parlant d’une idée, pour ma part avec ma compagne on projette de créer un centre en montagne, où accueillir des populations multiples. Ça va être un boulot de martyr sur les plans administratifs. Mais on en est à penser qu’on sera mieux servis par nous-mêmes. Si vous avez envie de faire une donation, ce sera bienvenue, je vous tiendrai au courant.
Et la plupart des soignants que j’écoute sont dans un mouvement similaire de penser à faire autre chose, en tous cas de remise en cause profonde de leur métier.
C’est à dire que nous n’attendons en fait pas une capacité de remise en cause du système de l’intérieur, donc on choisit de s’en extraire.
Le problème c’est qu’on peut nous demander nos idées. Mais si rien structurellement ne change, et bien il ne se passe rien.

Le problème pour moi se passe aujourd’hui à un niveau politique, et plus dans la philosophie qui guide la vision, qui me semble inexistante, que dans les moyens réels. Si les moyens existent mais qu’aucune vision ne les guide, ils resteront alloués sans tenir compte de l’intérêt commun, mais mus par des intérêts personnels et à court terme de qui les tient en main.
Autrement dit il faut réintroduire une vision éthique, et sortir d’une vision réduite à un matérialisme réaliste, qui est en fait souvent le prétexte à ne pas vouloir faire vivre une éthique. Alors que je suis sûr qu’on le peut, c’est ce que je fais à ma mesure.
Hier avec ma collègue on s’est fait un gros debrief, au cours duquel j’appris que certains lui avaient dit que je j’avançais pas. Ça résume le truc: on attend en fait du soignant une attitude fonctionnelle. Mais elle a vu que j’apportais un autre regard, et elle s’est ouverte à des valeurs moins centrées sur un "activisme thérapeutique", et plus "intérieures"… Bref en fait on pratique ce dont vous parlez et qui est pour moi le changement necessaire: une intelligence mutuelle et collective où on bosse avec le réel, avec le système qu’on doit subir, mais en s’enracinant sur notre simple désir de vivre une vie humaine décente et bienveillante. En fait elle est là notre révolution, ça n’a rien de brillant, pourtant je crois que le cœur des choses n’est pas plus loin que ça.

Quelqu’un me répondait il y a peu en caricaturant avec délicatesse l’esprit de petit fonctionnaire des soignants, je n’ai pas répondu à cela, car cela résume une grande part du problème : on n’a pas envie de voir qu’ils tiennent les murs de la boutique. Car moi je vois des gens impliqués, imparfaits certes, mais qui se donnent vraiment, et qui y laissent souvent des plumes sans reconnaissance, loin du délire de sécurité d’un petit fonctionnaire attaché à des privilèges.
Et c’est ce regard qui réussira et réussit déjà à détourner toute une génération d’un métier, qui aura pour conséquence qu’on aura des soignants au rabais, ce qui vient déjà.
Quand on parle du désir de reconnaissance des soignants, il ne s’agit pas d’une simple lubie émotionnelle et égotique, il s’agit du désir fondamental de chaque personne d’être simplement vue dans ce qu’elle est et réalise. Quand on ne reconnaît pas cela, et bien on réduit la personne à l’état d’un objet. Et quand on soignant se sent comme un objet, vous avez la porte ouverte à des maltraitances institutionnalisée, car quand on se sent un objet, on risque de traiter les personnes qu’on soigne comme des objets.
Donc le chantier est important et profond. Et je ne parle pas des conflits d’intérêt financiers suffisamment commentés, parfois de façon caricaturale, mais qui ont aussi un impact réel dans des façons de soigner.

Désolé pour le HS, j’arrête de polluer la file avec ceci, et j’ai répondu au fil des idées sur portable, pas le top pour une argumentation mieux construite, je m’en excuse.

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