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[+10]    #1 12/06/2019 18h56 → Le métier de professeur/e des écoles (professeur, professeure, école)

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Valdec a écrit :

N’ayant pas pour l’instant comme objectif de rester mon domaine d’activité actuel je me posais la question de savoir si certains d’entres vous ou autour de vous avaient pensé à devenir instituteur ou professeur. […]
Qu’en pensez-vous?

Je suis professeur des écoles. J’enseigne à des pioupious de 3 ans. J’ai un autre diplôme (ingénieur), j’ai de nombreux amis qui le sont, amitiés liées en école d’ingénieurs. J’ai toujours voulu travailler avec des enfants. A la réflexion, je me serais vraiment asséchée à bosser en entreprise.

Professeur des écoles est un métier comme les autres : il y a des avantages et des inconvénients.

Avantages :
- sûreté du salaire : les banques sont très contentes de m’avoir comme cliente.
- possibilité de vivre au rythme de ses propres enfants : je rentre manger 2 fois par semaine à  midi à la maison avec mes fils. Il y a très souvent des copains de mes fils qui mangent avec nous. Le soir, je quitte l’école à 17h. 10 minutes après, je suis chez moi.
- il est très facile de travailler à temps partiel, même si, de plus en plus, en région parisienne du moins, c’est refusé.
- métier qui force la sociabilité. Perso j’adore (des collègues détestent par exemple, croiser des élèves à la piscine). Outre le côté purement social, ça me permet de demander de trucs à des parents compétents (par ex, j’ai une maman d’élève qui est coiffeuse. Elle m’a fait une coiffure de star pour un mariage… Gratuitement, hors de ses heures. Merci.)
- métier terriblement humain. C’est absolument magique de voir l’évolution d’un enfant ou d’un groupe classe sur 10 mois.  C’est à ce niveau là que je me dis que je n’aurais jamais pu travailler en usine. Les produits usinés, toujours les mêmes… Au secours.
- beaucoup de vacances… Même si mes copains ingénieurs, vu leur ancienneté, commencent à avoir eux aussi de grandes plages off.
- métier très exportable, que ce soit en métropole, en outre-mer, en pays étranger.

Inconvénients :
- il ne faut pas sous estimer le temps que ce métier prend en dehors des cours. Qui dit prof de maternelle dit fatigue physique et psychologique à gérer au jour, à la semaine et à l’année. Mes collègues de primaires sont peut-être moins fatiguées mais ont des corrections qu’elles font en général quand leurs enfants sont couchés, entre 21h et 23h. Compter aussi les heures de préparation.
- j’ai fait des remplacements en collège et lycée. Je n’ai pas aimé refaire 4 fois le cours à 4 classes différentes. Je n’ai pas aimé corriger 4 x 30 copies quasiment identiques à chaque évaluation. Je n’ai pas aimé n’avoir qu’une facette de l’élève en face de moi  ; en maternelle, j’ai une vision plus globale, avec des ficelles bien différentes pour faire évoluer l’élève.
- on est en vacances aux périodes les plus chères.
- les périodes de vacances ne sont pas les plus optimales. Par exemple, la meilleure période pour visiter le Canada est l’été indien (tout le mois d’octobre). Pour moi, c’est impossible. Idem pour l’alpinisme : il paraît que le mieux, c’est en juin. Si un jour je redemande un temps partiel, je le demanderai "annualisé" (payé à moitié chaque mois mais travaillé à 100% la moitié de l’année).
- le salaire ne représente pas le risque et l’enjeu du travail effectué.
- le salaire est faible, par exemple, ma femme de ménage est mieux payée que moi. Mais effectivement, il faut savoir estimer ses besoins réels. Une copine ingénieure se plaignait de ne pas profiter de son enfant de 1 an. Je lui ai suggéré de se mettre à temps partiel. Impossible : il y a la piscine à rembourser….
- les études pour y arriver sont idiotes… Le concours aussi. Mais bon, ce n’est pas le seul métier ainsi.
- il ne faut surtout pas sous estimer la violence pernicieuse du système administratif qui entoure les profs. Des inspecteurs bizarres, les premiers mois payés très en retard, des personnes à l’académie qui sont sensées nous aider pour l’administratif et qui nous font penser à la maison des fous dans Astérix. Certains collègues peuvent aussi être très néfastes (mais j’imagine que ça peut être pareil dans d’autres métiers).
- dans certains secteurs, des parents qui, plutôt qu’être partenaires dans l’éducation de leur enfant, sont vraiment casse-bonbon.

Voilà, je pense avoir tout dit de ma perception personnelle. D’autres peuvent en avoir d’autres.

🌹🌹🌹🌹

Mots-clés : professeur, professeure, école

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[+2]    #2 12/06/2019 19h16 → Le métier de professeur/e des écoles (professeur, professeure, école)

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Bonsoir Flower,

En tant que prof des écoles en maternelle et ancienne ingénieure également, je ne peux que valider à 1000% le contenu de votre message. Vous avez bien résumé les avantages et les inconvénients du métier que je déconseille fortement à quiconque.
Les premières années sont redoutables (classes terribles, temps de préparation et de correction énorme, lieu de travail éloigné…) et au bout de 10 ans, ça va un peu mieux, sauf si on change sans cesse de niveau mais c’est un boulot qui use, indéniablement. Je ne vois pas comment je pourrai gérer 32 élèves de 4 ans dans une classe de la taille d’un cage à lapins passés 60 ans.

Dans la liste des inconvénients, nous pourrions rajouter une médecine du travail, des primes et un CE inexistants et surtout une future retraite qui s’avérera catastrophique. Les enseignants et particulièrement les professeurs des écoles auront une retraite de misère si la réforme passe.
Et puis il faut reconnaître que les classes sont de plus en plus surchargées, avec des enfants de plus en plus difficiles.

En bref, pas du tout le genre de métier qui me ferait rêver si j’étais rentière. Ce n’est pas du tout une activité que l’on peut envisager en tant que "passe-temps". Ca, c’est une vision utopiste ! Certains stagiaires qui viennent quelques jours ou quelques semaines dans ma classe ne s’imaginaient pas que "c’était comme ça" et sont bien crevés à la fin de leur journée.
Et oui, les petits "z’enfants" sont mignons mais malgré leur bouille d’ange n’en sont pas forcément. Nous avions un formateur à l’IUFM qui nous disait que les enfants étaient des pervers polymorphes. Je n’ai jamais compris ce qu’il entendait vraiment par là (comme tout ce qu’il racontait d’ailleurs) mais je saisis l’idée globale, hé hé.

En conclusion, moi c’est l’inverse, je rêve d’être rentière pour quitter l’Education Nationale !

Edit : Tracoh, le niveau de recrutement est toujours, à l’heure actuelle, à niveau Bac+5, que l’on soit professeur ou professeur des écoles.

Dernière modification par Isild (13/06/2019 06h05)

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[+3]    #3 13/06/2019 15h31 → Le métier de professeur/e des écoles (professeur, professeure, école)

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> Flower

Vous pourriez ajouter dans votre description (très juste) de la profession une 3ème partie (après avantages et inconvénients) :

Avis extérieur (global) sur la profession :

- Des profs toujours en vacances
- Des personnes qui ne travaillent "que" 18h00 par semaine
- Des profs toujours en grève ou toujours absents (> qui va garder mes gamins ?)
- Et venant de l’Institution : "des pions qui doivent appliquer les réformes"
- Des paumés, des nuls avec des voitures de m****, des pleurnichards, et des crétins
 
> Loophey

Je ne vais pas débattre avec vous sur la profession d’enseignant (pas envie de me prendre la tête).
Vous clamez être intelligent (et pas seulement instruit), ayant réussi vos études sans jamais ouvrir un livre, etc… mais je ne suis pas certain que caricaturer les profs (enfin, plutôt ceux que VOUS avez eu) comme vous le faites soit vraiment un signe d’intelligence.

Ne pensez-vous pas qu’il puisse y avoir (quand même) quelques profs (pas beaucoup, seulement un ou deux…) qui correspondent à vos valeurs, à vos principes de vie (se payer une grosse bagnole, etc) ?

N’avez-vu pas connu un prof que vous avez plus apprécié que les autres ?
Dans un scolarité complète (collège + lycée + études supérieures), ne pas avoir connu un seul prof intéressant, sympathique, motivant (…), c’est vraiment "pas de bol"…

Enfin, je vous cite pour terminer :

Maintenant on fait du général partout et les élèves, à la sortie de l’école ne savent rien faire. C’est édifiant, les jeunes sont paumés, paumés d’apprendre des choses totalement inutiles. Et puis les profs, ne connaissent même pas comment une entreprise tourne. Comment voulez vous les aider dans leur choix ?

Vous pensez vraiment que c’est la faute des profs (des "pions" selon l’Institution, qui ne sont pas censés avoir un avis intéressant sur le "Système", et encore moins un avis que l’on va écouter) si l’enseignement est réalisé comme vous le décrivez ?

Vous pensez vraiment que les profs décident des programmes, de la manière de les aborder et de présenter les choses aux élèves (un peu comme si les employés d’une entreprise décidaient seuls de son mode de fonctionnement) ?

Que les profs sont d’accord d’envoyer (à l’issue des conseils de classe) un maximum d’élèves en filière générale (alors que ces élèves veulent absolument faire autre chose) ?
Petit précision : celui qui décide au final, en CC, c’est le proviseur ou le principal (que ce soit pour les récompenses ou l’avis d’orientation… que les profs soient d’accord ou non). Il a souvent des objectifs chiffrés à atteindre, coûte que coûte, fixés par l’Institution.

Les profs ne sont que de simples exécutants (tout en bas de l’échelle) et leur Bible s’appelle "BO" (Bulletin Officiel), une Bible qu’ils n’ont absolument pas rédigée ;-).

Je trouve dommage que votre analyse du métier soit assez caricatural.
Si, vraiment, cette analyse reflète le fond de votre pensée et votre vécu personnel ("tous les profs sont nuls, je n’en ai jamais eu un d’intéressant"), vous n’avez vraiment pas eu de chance ! ;-)

Je suis enseignant, très loin de me considérer comme un prof brillant (attendre par là intéressant à chaque cours), assez critique sur le "Système" et les choix qui sont imposés, et prêt à découvrir "autre chose" si j’en ai l’occasion (mais les occasions sont rares, car le Système veut absolument garder ses pions)… Mais je trouve vos propos très (très) abrupts. C’est peut-être volontaire car, manifestement, vous cherchez (un peu quand même ) la polémique.

Maxicool

PS pour Trahcoh : je me demande ce que peut apporter un tel sujet au forum (mis à part des malentendus ou des tensions entre membres)… mais bon, c’est autre débat ;-)

Dernière modification par maxicool (13/06/2019 15h45)


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[+8]    #4 13/06/2019 17h52 → Le métier de professeur/e des écoles (professeur, professeure, école)

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LoopHey a écrit :

Franchement, l’avènement de Hugues Capet dans les années 900, on s’en tape non ?

J’isole cette phrase parce qu’elle me semble bien résumer la tonalité de votre post.
Ma réponse : ben non, on ne s’en tape pas, pour plein de raisons. Je les partage avec vous, en vrac :

1. Connaître l’histoire de son pays participe à créer un sentiment d’appartenance (certains parleront de citoyenneté). Quand ce dernier se délite, ça mène à des incivilités et les incivilités à l’insécurité etc.

2. Apprendre l’histoire de son pays et du monde est nécessaire pour comprendre le monde qui nous entoure, y compris sur des sujets ’chauds’ et d’actualité. En plus, ça évite parfois de dire des bêtises.

3. Apprendre par cœur les grandes dates historiques, des poésies, la géographie, des cours de sciences naturelles ou que sais-je encore fait travailler la mémoire, la muscle.

4. L’école (primaire, collège) n’est pas une usine à ingénieurs ou à techniciens. Elle est là pour équiper les enfants de savoirs de base et fondamentaux, qui leur permettront de se développer plus tard, y compris au plan professionnel.

5. Imaginez que vous soyez invité à diner chez votre patron et celui-ci est féru d’histoire. La discussion dérive sur ce sujet. Si vous n’êtes pas capable à minima de la suivre dans les grandes lignes ou d’y participer, la seule chose que vous gagnerez est de passer pour un gland.

D’ailleurs, on peut déplorer que les filières techniques n’aient pas assez d’enseignements généralistes (maths, histoire etc.). Parce que derrière, ça empêche bien souvent ces gamins de revenir dans une filière universitaire par exemple. Mais bon, ça, c’est un autre débat.

Dernière modification par carignan99 (13/06/2019 18h39)

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[+2]    #5 13/06/2019 21h02 → Le métier de professeur/e des écoles (professeur, professeure, école)

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Bonsoir à tous,

Cela fait plaisir de voir que j’ai quelques collègues parmi les investisseurs heureux.
Pour ma part, j’enseigne la physique-chimie et je corrobore tout ce qui a pu être dit par les "insiders" de l’éducnat.
Devenir enseignant est une sorte de parcours du combattant, il faut avoir le concours, mais le pire vient après: l’ESPE (ou l’IUFM pour les anciens).
En effet, la titularisation est loin d’être automatique et elle me paraît plus difficile à obtenir que dans bien d’autres corps de fonctionnaires.

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[+2]    #6 13/06/2019 22h40 → Le métier de professeur/e des écoles (professeur, professeure, école)

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LoopHey a écrit :

C’est justement ça le problème. Maintenant on fait du général partout et les élèves, à la sortie de l’école ne savent rien faire. C’est édifiant, les jeunes sont paumés, paumés d’apprendre des choses totalement inutiles. Et puis les profs, ne connaissent même pas comment une entreprise tourne. Comment voulez vous les aider dans leur choix ? C’est tout le système qui est mauvais.…..

Aujourd’hui, je suis ici, à vouloir devenir rentier, hors système, ne regarde plus la TV, ne crois parfois plus les médecins qui disent qu’il faut opérer alors qu’en réalité non (réalité c’est du vécu). Alors, s’il vous plait, ne me la faites pas, il faut taper dans la fourmilière une bonne fois.

LoopHey, que des jeunes soient paumés, ne sachent pas faire grand choses malgré des études supérieures est une chose mais pourquoi diable voulez vous que tout tourne autour de l’entreprise ?
Sur ce forum c’est certes logique mais vous verrez en vieillissant l’importance de la culture.

Personnellement je suis maintenant rentier (ce que vous voulez devenir) et croyez moi, le luxe actuel que je perçois dans ma situation est de prendre du temps pour de l’inutile. J’y prend gout….

En tout cas je côtoie quelques gamins comme vous dites, que l’on peut qualifier de paumés, que certains peuvent qualifier d’idéalistes,… mais certains intellectuellement me bluffent,  culturellement me bluffent, ont développés une curiosité qui me bluffe, ont un regard sur notre société qui me bluffe, ont un regard sur l’autre qui me bluffe….

Parfois je préfère des peaumés, et en tout état de cause, les jeunes paumés cultivés je les respecte ….

Crown

Dernière modification par Crown (13/06/2019 22h41)

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[+2]    #7 14/06/2019 10h02 → Le métier de professeur/e des écoles (professeur, professeure, école)

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Pour les personnes qui estiment que les enseignants n’ont (quasiment) que des avantages, je vous invite fortement à vous inscrire sans plus tarder au concours. Pour rappel, sous réserve d’avoir le niveau d’étude requis (master 2 dans le second degré), vous pouvez passer le concours pour devenir enseignant et ainsi profiter de ces avantages. A vous les vacances scolaires et le "mi-temps" payé à temps plein. Vous vous rendrez alors compte que la réalité est légèrement différente. Il est également possible de devenir vacataire, sans avoir à passer le concours, et de débuter ainsi dès le mois de septembre si vous le souhaitez.
Force est de constater que ce n’est en tout cas pas la tendance, puisqu’il y a chaque année moins de candidats aux concours, et que de nombreux postes ne sont pas pourvus (plus de postes que de candidats en mathématiques par exemple depuis quelques années…).
Une partie des gens, car il est important de ne pas généraliser, sont donc envieux de ce métier et ces avantages, mais personnes ne veut le faire. Pour rappel, une enquête menée en 2012 révèle que le temps de travail des enseignants est de 40h/ semaine environ (41h pour les agrégés, 39h30 pour les certifiés), et que 20 jours de vacances sont consacrés en moyenne au travail (source : Temps de travail des enseignants : pour en finir avec les fantasmes)

Si vous estimez, et c’est votre droit, que le système éducatif est mauvais, il est tout à fait possible de s’investir en tant que parent d’élève dans les CA, les conseils d’école, ou même en tant que représentant des parents d’élèves dans les instances nationales pour faire évoluer les choses. Ou vous engager en politique pour faire valoir vos idées pour l’Ecole. Ou d’inscrire vos enfants dans le privé.

Evidemment qu’il y a des enseignants qui sont des tocards. Tout comme il y a de mauvais médecins, de mauvais ingénieurs, de mauvais CGP, de mauvais commerçants, etc. Il y a aussi beaucoup de gens biens parmi les enseignants qui ne sont pas membres de ce forum (sic!). Des gens qui s’investissent énormément dans leur boulot, qui refusent de faire grève lundi (épreuves du bac) pour ne pas pénaliser leurs élèves. Car la réussite des élèves est une priorité pour l’immense majorité des enseignants, au détriment parfois de leur propre intérêt (appel à la grève lié à des réformes importantes en cours).

Pour en revenir à la question initiale concernant la reconversion dans les métiers de l’enseignement, évidemment qu’il faut le faire si cela vous intéresse, si vous pensez avoir cette vocation. Mais ne surtout pas lancer dans ce projet pour viser le "confort" du métier, car vous risquez de vite déchanter. Le taux de démission dans le cadre de reconversion, en particulier pour les professeurs des écoles, est assez impressionnant.
Le nombre de gens biens, et qui s’y sentent bien, est aussi impressionnant au demeurant.

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[+3]    #8 14/06/2019 20h28 → Le métier de professeur/e des écoles (professeur, professeure, école)

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Ce métier n’attire plus grand monde, du moins dans certaines disciplines, comme les sciences par exemple. Les étudiants, et je les comprends, n’ont pas envie de passer un master pour se retrouver à faire la police et à maintenir la paix civile dans des banlieues au lieu d’enseigner, tout ça pour 1400€ par mois en début de carrière. En plus il faut faire avec la hiérarchie qui exige que les personnels ne fassent surtout pas de vagues, les soutien de moins en moins, l’irrespect des élèves, des  parents, les insultes, la baisse du QI, le défaut d’éducation généralisé, et la baisse dramatique du niveau d’exigence scolaire, du sens de l’effort, conjugués à l’hypocrisie crasse de la hiérarchie qui vit dans le déni des réalités et les effets de communication (ne surtout pas faire de vagues, baisser le niveau des examens pour faire croire que tout va bien)…
A bien des égards, il faut être masochiste ou inconscient des conditions réelles d’exercice pour se lancer aujourd’hui dans le métier. Les vacances ne font plus la différence et cet avantage ne réussit plus à motiver. La solution serait une baisse de la qualification exigée, et recruter à bac +3, le niveau actuel des contractuels. Je pense qu’on va y venir.

Dernière modification par Juillet (14/06/2019 20h29)

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[+6]    #9 14/06/2019 20h45 → Le métier de professeur/e des écoles (professeur, professeure, école)

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LoopHey a écrit :

Mais ça paye pas. Voila pourquoi personne n’y va.

N’êtes vous jamais posé la question, pourquoi le corp médicale Suisse est si excellent ? Car ça paye.
Pourquoi les Universités Américaines sont si réputés ?

3 phrases, 6 fautes (3 en expression écrite et 3 en orthographe).
Finalement, les bouquins, vous auriez peut-être dû les ouvrir un peu quand même ;-)

Dernière modification par maxicool (14/06/2019 20h46)


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[+3]    #10 15/06/2019 14h27 → Le métier de professeur/e des écoles (professeur, professeure, école)

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LoopHey a écrit :

Mais ça paye pas. Voila pourquoi personne n’y va.

N’êtes vous jamais posé la question, pourquoi le corp médicale Suisse est si excellent ? Car ça paye.
Pourquoi les Universités Américaines sont si réputés ? car les enseignants sont bien payés.

Pour avoir des élites, il faut les payer. Encore faut-il les aimer nos élites…

On lève ici, encore un problème fondamental Français. Le travail ne paye pas. Liberté, égalité, fraternité.

Je suis d’accord avec ce commentaire.

Aujourd’hui, il y a 2 types de personnes qui rentrent à l’EN :

1- Ceux dont la vocation est l’enseignement. Pour eux, le métier prime sur le reste. Je pense que la plupart des enseignants que nous qualifions de bons, font partie de cette catégorie. Le salaire est un paramètre moins important pour eux.

2- Ceux qui n’ont pas la vocation. Mais qui doivent bouffer et qui cherchent la sécurité de l’emploi. Je dirai que ceux qui finissent à l’EN sans avoir la vocation d’enseigner, c’est que le coté matériel prime sur la vocation. Toutes ces personnes ne sont pas forcement de mauvais enseignants, mais disons que leur état d’esprit n’est pas "optimal" pour assurer cette difficile tâche qui est d’enseigner. Ils prennent un job d’enseignant, comme ils en prendraient un autre.

Un autre problème. L’EN favorise ou en tous cas a très longtemps favorisé moultes filières, dont le seul débouché était de devenir enseignant ! Le vase clos, ou une organisation travaille avant tout pour elle même, et qui a perdue totalement de vue sa mission.

Ensuite, une dernière remarque. Sérieux, qui aujourd’hui est prêt à passer 40 de sa vie à faire la même chose, en ayant comme seule opportunité de casser la routine, de voir des changements de programme mineur tous les 4 ou 5 ans ?

Bref, enseigner est un sacerdoce, c’est fondamental pour enseigner. Mais cela ne paie pas. Alors on à maintenant l’EN que l’on a. Pour ma part, je considère que la cause est définitivement perdue.

A+
Zeb

Dernière modification par zeb (15/06/2019 14h58)


Tout ce qui peut merder, va inévitablement merder.

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[+3]    #11 15/06/2019 17h15 → Le métier de professeur/e des écoles (professeur, professeure, école)

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Une fois n’est pas coutume, je me retrouve sur une position centriste. Je ne comprends pas les passions que cette file déchaine. Le métier de professeur des écoles ne me semble pas être particulièrement plus paisible ou plus dur ou mieux ou moins mal payé qu’un autre.

Si j’ai bien compris, en moyenne, un professeur des écoles (objet de la file) commence à 25 k€ bruts en début de carrière (année de titularisation) et finit dans les 45 k€, hors primes (source : éducation nationale).

Les enseignants du premier degré déclarent travailler environ 44 heures p/semaine (38 heures en maternelle jusqu’à 45 heures pour un Directeur d’école) (source: éducation nationale).

Tout ça ne me paraît pas être extravagant : on est loin de salaires de misère (ils semblent parfaitement corrects) et les heures de travail ne sont pas délirants. Ça correspond grosso modo à ce qu’on trouve pour des cadres ’moyens’ (sans fonction de direction) dans ma branche d’activité.

La seule spécificité du métier que je vois : on travaille avec des enfants, ce qui est sans doute très particulier. Si on ne supporte pas cette (indéniable) pression, c’est qu’on s’est trompé de job. Et j’ai du mal à croire que cette pression soit particulièrement plus élevée que dans beaucoup d’autres jobs. Elle est simplement de nature différente.

Et on peut aussi se dire que c’est compensé par les avantages extraordinaires qui sont conférés par la sécurité de l’emploi + la progression quasi-automatique du salaire.

Sinon et sur le sujet de la file.
J’ai un ami qui a décidé récemment de vendre son commerce pour devenir instituteur. Il a eu le concours et est en stage. Il a des horaires de travail assez soutenus (sans doute de l’ordre de 45-50 heures p/semaine), qui correspondent à l’investissement qui est nécessaire en début de carrière. Par contre, il ne doit plus se lever avant l’aube pour aller faire la tournée des maraichers et il y a gagné un truc incroyable : il dort bien mieux. Finit les angoisses de trésorerie, l’obsession de générer du CA et des marges, de payer les salaires et l’Urssaf etc.

Dernière modification par carignan99 (15/06/2019 17h17)

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[+2]    #12 15/06/2019 19h06 → Le métier de professeur/e des écoles (professeur, professeure, école)

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> Carignan,

le lien que vous avez donné avec 45K brut en fin de carrière, c’est "dans le meilleur des cas" avec un passage à la Hors Classe. Ca correspond à la rémunération de l’échelon 6 de la Hors Classe, mais tous les enseignants n’y accèdent pas.
Certains resteront à 37,6K brut (échelon 11 de la classe normale).

Je préfère utiliser ce site pour la salaire des fonctionnaires.

---

Pour information et comparaison peur ceux qui souhaitent, voici la grille de salaire d’un professeur certifie de classe normale :

Echelon - Salaire brut - Salaire net

1 (1 an) - 1 818,18 € brut - 1469 € net   
2 (1 an) - 2 066,54 € brut - 1669 € net
3 (2 ans) - 2 085,28 € brut - 1685 € net
4 (2 ans) - 2 146,20 € brut - 1734 € net
5 (2 ans 1/2) - 2 207,12 € brut - 1783  net

Au bout de 8 ans et 6 mois : 2263,35 x 12 = 27160 € brut / 21948 € net

6 (3 ans) - 2 263,35 € brut - 1829 € net
7 (3 ans) - 2 394,56 € brut - 1935 € net
8 (3 ans 1/2) - 2 563,26 € brut - 2071 € net

Au bout de 18 ans : 2731,95 x 12 = 32783 € brut / 26484 € net

9 (4 ans) - 2 731,95 € brut - 2207 € net
10 (4 ans) - 2 928,77 € brut - 2366 € net
11 (infini) - 3 134,95 € brut - 2533 € net

Au bout de 26 ans (jusque la fin de carrière) : 3134,95 x 12 = 37619 € brut / 30396 € net

---

Si passage à la Hors-Classe (par exemple après 5 ans à l’échelon 11)

HC 4 (3 ans) - 3327,08 € brut - 2688 € net
HC 5 (3 ans) - 3542,63 € brut - 2862 € net
HC 6 (3 ans) - 3739,45 € brut - 3021 € net

Au bout de 31 ans : 3327,08 x 12 = 39925 € brut / 32256 € net
Au bout de 37 ans (jusque la fin de carrière) : 3739,45 x 12 = 44873 € brut / 36252 € net

Précisions : salaires bruts sans CE, sans intéressement, sans part variable, sans PEE ;-)
Bref, rien d’autre à côté.
Je le précise car, lorsque je parle salaire avec des amis travaillant dans le privé, ils ne comptent jamais les "a-côtés" dont ils profitent (ou ils les "oublient").

---

De mon point de vue, plus que le salaire brut réel actuel, c’est l’évolution du salaire des enseignants par rapport au SMIC (depuis quelques dizaines d’années) qui m’interpelle. Ce qu’un membre a appelé la "smicarisation des profs" un peu au dessus.

L’économiste Robert Gary-Bobo est l’auteur d’une très vaste étude sur le niveau de rémunération des enseignants.
Son étude montre que le pouvoir d’achat du salaire net des professeurs a baissé de 20 % entre 1981 et 2004, soit une diminution de 0,8 % par an en moyenne et ce grignotage se poursuit.

La "smicarisation" des profs ?

En 1976, le SMIC était de 1518,37 Fr , tandis qu’un enseignant certifié gagnait :
- 2967,73 Fr en débutant, soit 1,95 fois le SMIC.
- 5876,43 Fr en fin de carrière, soit 3,87 fois le SMIC.

En 2012, le SMIC est de 1118,44 €, tandis qu’un enseignant certifié gagne :
- 1584 € en début de carrière, soit 1,4 fois le SMIC.
- 2543 € en fin de carrière (échelon 11), soit 2,27 fois le SMIC.
- 3026 € en fin de carrière (hors classe), soit 2,7 fois le SMIC.

Pour revenir au même niveau de rémunération qu’en 1976 par rapport au SMIC, il faudrait donc que les salaires soient de :
- 1118,44 * 1.95 = 2181 € pour un certifié en début de carrière.
- 1118,44 * 3.87 = 4328,4 € pour un certifié en fin de carrière (HC).

Maxicool

Dernière modification par maxicool (15/06/2019 19h44)


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[+5]    #13 16/06/2019 10h10 → Le métier de professeur/e des écoles (professeur, professeure, école)

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Je vous poste deux tableaux intéressants.

Le premier qui montre que les professeurs français sont parmi les plus mal payés d’Europe :

https://www.devenir-rentier.fr/uploads/7740_55614126_2440660015966262_5791609617351966720_n.jpg

Le second qui compare les salaires des différents fonctionnaires de la catégorie A :

https://www.devenir-rentier.fr/uploads/7740_49671234_1014042025451304_1670505002675732480_o.jpg

Et enfin, un article intéressant qui relaye une étude de l’OCDE de 2014 dont la conclusion est la suivante : plus les profs sont bien payés, plus leurs élèves réussissent :

Plus les profs sont bien payés, plus leurs élèvent réussissent - Challenges

Personnellement, prof des écoles avec 20 ans d’ancienneté, recrutement niveau bac + 5, je suis à 2000 euros par mois, sans prime, treizième mois ou avantages ("les à-côtés" non négligeables que Maxicool évoquait dans un de ses messages) dont bénéficient d’autres fonctionnaires ou salariés du privé.
Je ne me considère vraiment pas comme une privilégiée.

Quand je vois, sur les forums d’enseignants, que certains profs ont droit à un logement HLM ou à la prime d’activité en début de carrière, je trouve ça malheureux quand même.

Le rapport Pochard de 2008 indique que la profession est ultra féminisée et il en explique la raison. De fait, pendant longtemps, le professorat était souvent considéré comme une activité d’appoint pour les femmes dont le mari gagnait bien sa vie. Cela permettait de mettre un peu de beurre dans les épinards mais d’avoir assez de temps libre pour s’occuper de ses propres enfants.
D’où les salaires relativement bas pour une profession très féminine qui s’en satisfaisait jusqu’alors assez bien.
Mais la société a évolué et nombreuses sont les mamans solos profs qui ont dû mal à joindre les deux bouts.

Le message de Zeb est intéressant. Oui, deux types de personnes choisissent ce métier :

-ceux qui ont le feu sacré. Mais certains (de plus en plus nombreux), confrontés à la réalité du terrain et à la grosse machinerie absurde de l’éducation nationale finissent par être dégoûtés du système.
Et c’est vrai que les enseignants ayant la vocation, comme on dit, n’aiment pas qu’on emploie le mot "sacerdoce". ils n’apprécient guère qu’on leur dise qu’ils doivent accepter un mauvais salaire sous prétexte qu’ils sont méga-motivés.
-ceux qui sont attirés par les vacances, la sécurité de l’emploi ou par dépit : ceux-là ne tiennent pas longtemps !

Professeur est un métier magnifique et quand tout se passe bien dans ma classe, je suis aux anges. Emerveillée de la capacité de mes petits bouts de 4 ans à travailler, à donner le meilleur d’eux-mêmes pour me faire plaisir (parce que les enfants de maternelle fonctionnent beaucoup à l’affect et ils veulent satisfaire l’adulte qui s’occupe d’eux 6h par jour et qu’ils voient parfois plus que leurs parents).
Mais le problème ne vient pas du métier en lui-même mais des conditions désastreuses dans lesquelles on l’exerce. On traite nos élèves comme des poules en batterie, on inclut sans moyens des enfants ayant de grandes difficultés ou étant dangereux, on limite le personnel (1 adulte dans une classe de 32 élèves de 4 ans, je trouve ça inadmissible) et les parents nous considèrent parfois comme leurs domestiques (si, si !).

J’ai l’impression que nous sommes dans une société qui maltraite de plus en plus ses enfants, ses vieux et ses malades, toute cette catégorie de la population qui ne rapporte pas d’argent mais qui en coûte. On fait des économies sur la santé, la sécurité et l’éducation. On mégote sur des domaines qui devraient être prioritaires.
Ce n’est pas l’idée que je me faisais de l’évolution de l’humanité et ça me rend tristounette.

Dernière modification par Isild (16/06/2019 11h16)

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[+2]    #14 16/06/2019 12h39 → Le métier de professeur/e des écoles (professeur, professeure, école)

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@Zeb, j’ai juste repris le mot "sacerdoce" que vous avez employé dans un de vos messages en expliquant pourquoi ce terme ne plaisait pas aux enseignants (un ministre l’avait utilisé pour justifier la faiblesse de nos salaires et cela nous avait fait bondir) mais en aucun cas, strictement aucun, je n’ai écrit que c’est ce que vous pensiez.
Et je vous ai même donné un point de plus pour la justesse de votre réflexion !

Je pense que votre colère est liée à une erreur d’interprétation du passage que vous avez cité. Puisque que vous le trouvez douteux et cavalier et que ce n’était pas mon intention qu’il en soit ainsi, il est donc probable que je me sois mal exprimée et j’en suis désolée.
Je ne suis pas du genre à jeter de l’huile sur le feu et prône habituellement le peace and love dans tous les domaines de la vie.
Mais puisque l’agressivité commence à pointer le bout de son nez et que je la fuis comme la peste, je n’interviendrai plus sur cette file.

Dernière modification par Isild (16/06/2019 12h44)

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[+2]    #15 17/06/2019 18h46 → Le métier de professeur/e des écoles (professeur, professeure, école)

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Je me permets de compléter le message de Nor, pour répondre à Valdec, concernant le métier de Professeur des écoles.

Il fut un temps où le professeur des écoles était recruté au Bac, avec un logement de fonction, et était instituteur (d’où le bas salaire).

Puis une réforme a supprimé les instituteurs et les logements de fonction (dernier concours un peu avant 1992 de mémoire), pour demander Bac+2, puis Bac+3, puis Bac+5 aujourd’hui, pour être nommé, après un concours+une année de titularisation "Professeur des Ecoles".

Soit le même niveau de "qualification" qu’un Professeur certifié du second degré, pour enseigner à un plus bas niveau.

Maintenant, quel choix faire en oubliant l’affect sur l’âge des enfants, le multi-matière vs mono-matière. Seulement sur l’aspect trivial d’une reconversion.

Dans l’optique d’une reconversion rémunératrice permettant de "souffler un peu", je ne passerai pas le concours de Professeur des écoles, mais plutôt un de ceux permettant d’être Professeur du second degré.

Pourquoi ?
- la considération, un peu meilleure vs "le primaire" (ce qu’on entend quand on est en GS ou en CM2 : "vous n’avez pas été capable d’être maitresse de CP ou prof en 6è ?") ;
- la rémunération : possibilité d’heures sup, de prime de prof principal (dans le primaire, vous l’êtes sans prime), d’avancement plus rapide (meilleur taux de passage à la Hors-classe) ;
- le temps de travail, par "heures", qui permet de rattraper certains problèmes dans la même journée (dans le primaire, on "part" pour 3 à 4 heures sans pause, même pas pour un besoin physiologique ; on mange vite et seul à midi pour repréparer le démarrage de l’apres-midi, on réenchaine 3 heures en continu, et le soir, quand on pense souffler en emmenant les élèves au portail, on se fait vilipender par le parent d’élève ou le "Conseiller Péda" qui ont eu le temps de passer la journée à faire monter la mayonnaise suite à un appel dudit parent à l’inspection) ;
- la hiérarchie : omniprésente dans ses exigences et ses nombreuses inspections, voire oppressante tout au long de l’année, mais jamais là quand on se fait agresser ou insulter (le responsable hiérarchique n’est jamais dans l’école, il a un siège d’inspection, ailleurs) ; + l’inspecteur du primaire plus facile à faire déplacer par un parent que l’inspecteur du secondaire ;
- en découle l’impression de solitude : dans le primaire, pas de responsable hiérarchique dans l’école (le Directeur n’en est pas un), pas de surveillant, de CPE, de Principal ou Proviseur, de gestionnaire, qui peuvent parfois aider ;
- l’énorme pression mise sur les Profs des Ecoles stagiaires ;
- le temps de préparation. Dans le primaire, vous enseignez toutes les disciplines. Pensez au soir où vous devez, après avoir fait cours, vu des parents, et corrigé les cahiers, préparer un cours sur le passé simple, un questionnaire sur un livre, un autre sur les pourcentages, un autre sur l’arrivée des Carolingiens, un autre sur le système digestif, plus ce qui manque pour arriver à 6 heures de cours. Le lendemain, c’est à refaire avec d’autres leçons. Tout cela en créant de beaux documents et en différenciant selon les niveaux de chaque élève, selon les voeux de nos inspecteurs. Et je ne vous parle même pas des profs qui ont 2, voire 3 niveaux… Bien sûr, dans le secondaire, on a probablement plus souvent l’impression de "rabâcher", mais c’est globalement plus "rentable" pour un futur rentier. On pourrait objecter que c’est uniquement "au début", ce qui serait vrai si les programmes ne changeaient pas à chaque ministre.
- on peut aussi objecter que "en maternelle, c’est plus facile"… Ben non, c’est juste différent. En maternelle, on est lessivé le soir, à tourner entre nos groupes de travail (de 5 ou 6 élèves -> si 30 élèves, on les voit une fois sur 5 ; je vous laisse deviner ce que font les autres pendant ce temps…), dans le bruit, l’hygiène en devenir, les handicapés et les nouveaux arrivants qui ne comprennent pas ou ne peuvent pas réaliser une action simple. Sans parler de ceux qui rencontrent l’interdit pour la première fois…
- il y aurait plein d’autres raisons, selon les sensibilités de chacun. Mais globalement, la base est là.

Le Post est "Le métier de professeur/e des écoles". Désolé de ne pas plus parler du secondaire…

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[+2]    #16 17/06/2019 19h19 → Le métier de professeur/e des écoles (professeur, professeure, école)

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Alors je vais faire une critique (pas bien méchante) aux (quelques) enseignants qui semblent parfois prêter de bien mauvaises pensées aux français. Les profs pas considérés? For mal jugés par les français? Et bien les faits viennent tordre le coup à cette idée.

Étude quantitative de la population française, de fin 2018 : les français ont une opinion très largement positive des enseignants.

Enquête d’opinion Odoxa fin 2018

https://www.devenir-rentier.fr/uploads/10497_enseignants2.jpg

https://www.devenir-rentier.fr/uploads/10497_enseignants1.jpg

Je n’ai pas l’info mais je suis prêt à parier que les professeurs des écoles sont encore mieux perçus.

Une autre diapo, que j’ai trouvé intéressante et qui montre bien que les perceptions peuvent être bien loin de la réalité (désolé, je n’ai pas trouvé l’équivalent pour l’éducation nationale spécifiquement ; mais j’imagine que les résultats seraient similaires) :

https://www.devenir-rentier.fr/uploads/10497_enseignants3.jpg

Tout ça est plutôt rassurant.

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[+8]    #17 21/06/2019 10h08 → Le métier de professeur/e des écoles (professeur, professeure, école)

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Faith a écrit :

IH a choisi de ne pas prendre en compte les points de réputations, même positif, pour les "discussions politiques ou hors sujet".

Mais discuter, dans le salon des gentlemen & ladies, du métier de professeur des écoles, ce n’est ni politique ni hors sujet. Des professeurs des écoles ou des proches de professeurs témoignent sur ce métier, et c’est très intéressant. C’est très bien que les gens puisse témoigner, dans ce sous-forum "salon", sur la réalité de leur profession. C’était très bien et très intéressant, jusqu’à l’arrivée de Loophey dans ce fil.

De facto, le classement en "politique ou hors sujet" sert à empêcher de révéler Loophey pour ce qu’il est : un troll qui ne peut s’empêcher de pourrir toutes les discussions dans lesquelles il intervient, de par ses jugements sans aucune nuance, ses propos polémiques et sa haine méprisante pour ceux qui n’ont pas une grosse voiture et qui gagnent moins que lui.

Dommage d’avoir réalisé ce classement dans "politique ou hors sujet", et d’avoir ainsi prolongé la durée de vie du troll sur ce forum, car le troll partira ou sera viré, tôt ou tard. Il a déjà montré qu’il est imperméable à la remise en cause et que ses manières ne peuvent pas s’améliorer (au contraire, il les revendique). Ca arrivera donc tôt ou tard. IH a choisi "tard", mais ça arrivera.

IH : j’ai classé cette discussions HS sur une suggestion d’un membre, pour être exact. Il y a les avantages et les inconvénients…

Dernière modification par Bernard2K (21/06/2019 10h12)


Surtout, ne pas nuire à l'ambiance générale.

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[+3]    #18 21/06/2019 16h55 → Le métier de professeur/e des écoles (professeur, professeure, école)

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frontalier57 a écrit :

Bonjour

Mon épouse est enseignante et me dit la même chose.

Selon elle sa rémunération annuelle est inférieure à celle des autres fonctionnaires de catégorie A car elle n’est payée que 10 mois (lissé sur 12) et n’est pas payée durant les congés scolaires d’été.

j’ignore s’il y a une source, si c’est un canular ou une "explication administrative" pour faire passer la pilule

Par contre je ne comprends pas les 5 semaines de congés légaux… elle a 16 semaines de congés par an donc si j’enlève les 8 semaines de congés d’été j’arrive à 8 semaines de congés "légaux"…

Ben sur les 5 semaines de congés légaux par an, c’est pas moi qui le dit mais le conseil d’état qui le rappelle (décision 26 novembre 2012) :

Considérant qu’il résulte de ces dispositions qu’eu égard aux nécessités du service public de l’éducation, une enseignante ne peut exercer son droit à un congé annuel, d’une durée égale à cinq fois ses obligations hebdomadaires de service, que pendant les périodes de vacance des classes,


Et à ma connaissance, le salaire sur 10 mois étalé sur 12 relève d’un mythe solidement ancré dans le corps enseignant. D’après ce que j’ai lu, personne n’a jamais été en mesure de produire la moindre source venant étayer cette affirmation. Un bon résumé est ICI. Les enseignants sont des fonctionnaires comme les autres, avec des congés de droit commun.

Donc, je maintiens (jusqu’à preuve du contraire) : les enseignants ont droit comme tout le monde à 5 semaines de congés payés annuels. Ils travaillent donc (en principe) 47 semaines p/an, dont 36 devant les élèves. Bon, c’est une approximation parce que je n’ai pas tenu compte des jours fériés.

maxicool a écrit :

Je pense qu’il faut comprendre : formation possible pendant les "petites vacances" et non pendant les "grandes vacances". Car un enseignant est payé sur 10 mois et non sur 12 (mais son salaire est mensualisé).
Sinon, les "périodes de vacance des classes" correspondent forcément aux périodes de vacances accordées aux enseignants.

Je pense que vous vous trompez Maxicool. Ma compréhension : les périodes de ’vacance de classe’ ne se réfèrent pas aux congés annuels légaux des enseignants mais aux périodes où les élèves sont en vacance.

Donc sauf erreur de ma part, le décret instituant des formations pendant les périodes de vacance de classes n’empiète pas sur les congés légaux annuels des enseignants (5 semaines, cf. ci-dessus).

Mais comme d’hab : je n’ai pas la science infuse donc si quelqu’un a des infos contraires, pas de soucis. Il m’arrive d’être à coté de la plaque!

Dernière modification par carignan99 (21/06/2019 17h04)

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[+2]    #19 21/06/2019 19h17 → Le métier de professeur/e des écoles (professeur, professeure, école)

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@Maxicool : votre article est très pertinent et illustre l’absurdité hypocrite de l’EN. Ce ministère est un reliquat de l’URSS de part sa conception technocratique, idéologique et hiérarchique. Les idéologues en poste passent leur temps à culpabiliser les enseignants, les chefs d’établissements, et à exiger des résultats absurdes dont on ne sait pas comment ils ont été produits : tel pourcentage d’élèves doivent passer en seconde générale etc…
Chaque nouveau mamamouchi en chef, est de plus persuadé d’avoir la science infuse et veut à peine nommé imposer sa "réforme" sensée révolutionner le système scolaire. Dans les faits, chaque réforme se résume souvent, du fait de l’alternance politique, au détricotage de la réforme précédente jugée de "gauche" ou alors de "droite". Les enseignants et les établissements sont à chaque fois sommés d’obéir et d’appliquer la dernière absurdité descendue du ministère (d’où proviennent toutes les vérités).
Comme les exigences de résultats sont totalement absurdes au vue des moyens et du public censé "réussir" (le nombre de cas sociaux, d’enfants non éduqués et d’imbéciles est  prodigieux) les examens comme le DNB ou le BAC font l’objet d’arrangements statistiques et manipulatoires. A cela il faut ajouter peut-être le pire maux de tous, l’idéologie pédagogiste de "gauche" qui imprègne tous les échelons hiérarchiques et qui consiste à croire que l’éducation peut tout et qu’en enseignant avec les bonnes méthodes on peut produire des générations de petits Einstein. Ces gens sont fous et nocifs, je n’aurai qu’un mot pour ceux ou celles qui songeraient à ce métier : fuyez pauvres fous !

Dernière modification par Juillet (21/06/2019 19h19)

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[+3]    #20 06/07/2019 12h43 → Le métier de professeur/e des écoles (professeur, professeure, école)

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Petit retour sur le sujet de la file: les professeurs des écoles. Voici mon vécu des mois de juin /juillet.

On donne énormément. Vraiment. Le travail de base, avec les milliers de sollicitations qu’offre la vie dans un groupe de 30, a été augmenté par des sollicitations énergivores au rendu faible voir négatif. Fête de l’école, remplissage de livrets scolaires, varicelle / molluscum / asthme, entretiens de PMI, équipes éducatives pour les enfants handicapés qui seront l’an prochain dans ma classe. Les enfants sont épuisés par la chaleur et la course folle des activités de fin d’année. Un enfant de 3 ans qui est épuisé est tout simplement épuisant. Alors 30… L’épisode de canicule m’a juste montré comment moi, prof de Petite Section, ne suis pas logée à la même enseigne que le reste des professeurs des autres niveau. L’idée était donc, si possible, que les parents gardent leur enfant au frais. Dans ma classe, sur 30 enfants, 25 étaient présents, en CM2, 2 étaient présents. Au collège, vous savez que le brevet a été repoussé. Au lycée, ça faisait belle lurette que les jeunes n’étaient plus en classe.

L’apothéose a été un rendez vous qui m’a été imposé par l’inspecteur pour qu’il me dise tout le mal qu’il pense d’un point de ma façon de faire. Ce mec, je ne le connais même pas. Il n’est jamais venu dans ma classe. Il s’est fait son idée par le biais du tableau d’affichage de l’école. La rencontre a été tellement violente que j’ai écopé de 3 jours d’arrêt.

Mes parents d’élèves me soutiennent et m’ont littéralement couverte de cadeaux. Ils ont eu la bonne idée de me demander en amont ce dont j’avais besoin pour passer un bel été. Heureusement qu’ils sont là.

On est le 6 juillet. Il paraît que c’est le début des vacances. Pour moi, la période qui s’ouvre fait juste partie du job : je vais essayer de refaire surface.

🌼🌼🌼🌼

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[+2]    #21 25/08/2019 23h50 → Le métier de professeur/e des écoles (professeur, professeure, école)

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Je suis moi même prof des écoles depuis quelques années après avoir fait du privé dans divers domaines techniques (electronique, nucléaire…).

j’ai passé le concours car dans le privé j’en avais marre de me faire traiter comme une merde alors que j’ai Bac+8. En effet j’ai été obligé de mentir sur mes diplômes pour me faire embaucher comme technicien sinon je coutais trop cher, j’étais mal payé, mal considéré. Par contre j’avais les avantages des grosses boites (pas de jour de carence, CE, ticket restau, 13eme mois…).

J’étais content avec mon concours PE (prof des écoles) niveau Bac+5. Je me suis dit ça y est je suis considéré à une plus juste valeur. Un fonctionnaire catégorie A comme un commissaire, un secrétaire des affaires étrangères ou un ingénieur.

Puis la réalité m’a rattrapé. J’ai attaqué à 1400 euros net pour espérer toucher 2000 euros dans 15 ans. J’ai attaqué sur le tard je ne pourrais pas toucher les 2950 euros au bout de ……40 ans de service en catégorie A.

Je me suis retrouvé traité comme un moins que rien : à faire bouche trous pendant des années, à me faire balader d’établissement en établissement, à devoir remplacer au pied levé sans pouvoir préparer la moindre chose, à commencer l’année scolaire avec une classe vide et des doubles niveaux extravagants (GS/CP). On a bien sur essayer de ma faire venir en dehors de mes horaires de travail le samedi pour une kermesse à la con ou remise des diplomes.

Il faut savoir que certains enseignants se "prostituent" en vendant des gâteaux, faisant des kermesses, vendant des objets ridicules après l’école uniquement pour avoir un peu de fric pour payer un bus pour les gamins aillent au musée….
Moi j’ai refusé d’entrée dans ce jeu. Si l’Etat ne donne pas de fric pour les gamins ce n’est pas à moi de faire le tampon. Vous croyez qu’un banquier va vendre des poteries pour payer les ramettes de papier de la photocopieuse ?

Vous rajoutez à cela le manque de moyens (1/2 page de photocopie par jour par gamin, bureaux pourris, pas d’argent pour les sorties, personnes pour accompagner à la piscine….); le mépris des parents qui se prennet tous pour des enseignants, des enfants qui sentent tout puissant, de l’état lui-même envers les fonctionnaires qu’il faut "dégraisser…

Cela vous démotive complètement.

De toute façon les enseignants, les hospitaliers et les flics sont ceux qui doivent tenir la "populasse". Les uns doivent enseigner, faire de la propagande et servir de garderie, les autres les soignent avec de moins en moins de moyen et les derniers les protègent mais les frappent aussi pour les empêcher d’ouvrir leur gueule.

PS: Bien sur comme j’ai cumulé privé et public j’ai pour l’instant 920 euros de retraite à 62 ans….

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[+2]    #22 26/08/2019 12h02 → Le métier de professeur/e des écoles (professeur, professeure, école)

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Bonjour,

Je suis fonctionnaire et ai enseigné en collège; je rejoins ce qui est dit sur les côtés pénibles de la fonction (parents d’élèves, mentalités, inspection, envoi à l’autre bout de la France pour les enseignants du secondaire, salaire des débutants insuffisant pour la région parisienne, réformes incessantes…); enseigner dans certaines zones est très difficile: j’ai eu l’exemple d’un ancien officier de la légion étrangère ayant passé le concours après sa retraite mais démissionnaire du fait de l’attitude de ses élèves.

Mais je ne suis pas d’accord avec toutes les récriminations concernant les rémunérations:

- les grilles de salaire sont disponibles à tous les candidats qui souhaitent passer les concours; aucune surprise à cet égard… et il y a eu une revalorisation de mi- et de fin de carrière décidée par F. Hollande (classe exceptionnelle des certifiés et des agrégés);

- en comparaison avec les autres catégories d’agents de la FP: les comparaisons sont difficiles. Mais on peut aussi faire valoir qu’un PR agrégé voire un PR certifié HC gagne parfois plus qu’un maître de conférences à ancienneté égale du fait des primes de prof. principal, éventuellement ZEP;

- en comparaison avec des pays étrangers: la titularisation intervient souvent très tard, notamment dans les pays du Sud: dès lors de vingt à quarante ans, on vivote, on attend à côté du téléphone un coup de fil du chef d’établissement: c’est aussi le cas en Belgique. Aux Pays-Bas et dans certains pays du Nord les enseignants qui ne font pas l’affaire sont révoqués plus facilement;

- en collège, le temps de travail ramené à l’année est inférieur à 35 h par semaine; je ne sais pas ce qu’il en est pour le primaire et le lycée;

- les enseignants, souvent fils et conjoints d’enseignants, ont souvent une vision faussée des conditions d’exercice dans le privé: cela nourrit des rancœurs parfois infondées. Il en va de même pour les parents d’élèves ne connaissant pas d’enseignants de près et méprisant la profession dans son ensemble (j’ai le souvenir d’entretiens avec des parents d’élèves très instructifs à cet égard)!

Voilà, je pense que les non-enseignants ne se rendent pas compte de la pénibilité de certaines situations, mais je crois aussi que les enseignants ne voient pas toujours la pression existant sur des cadres auxquels ils se comparent souvent et qui, s’ils viennent à perdre leur emploi après quarante-cinq ans, se retrouvent dans une situation souvent plus que délicate.

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[+2]    #23 27/08/2019 06h31 → Le métier de professeur/e des écoles (professeur, professeure, école)

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Bonjour,
Une observation : file morte du 6 juillet au 25août.
ça sent la rentrée wink

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[+2]    #24 11/09/2019 10h10 → Le métier de professeur/e des écoles (professeur, professeure, école)

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Bonjour

Je suis moi-même professeur, en lycée.
Il y a aussi des profs dans ce forum !
Fini le modèle prof-soclialiste-syndiqué-dédaigneux : il y a encore des spécimens comme ceux-là, mais l’image d’Epinal est devenue une caricature.
Je pense que c’est une profession malmenée par les gouvernements, mal perçue par les usagers.

Et donc les gens qui auraient pu faire du bien au mastodonte se dirigent ailleurs ; crise du recrutement car profession très critiquée, quotidien pas toujours rose, salaires peu attractifs au vu des diplômes demandés.
C’est un cercle vicieux, on recrute "comme on peut", en CDD, des gens pas faits pour ça, ou pas très bons, et la spirale est enclenchée.
Nivellement par le bas : pour les élèves, pour les profs.

Moi, je me libère en donnant des cours pour ceux qui en veulent "plus", et à mon tarif. Et il y a une demande aussi. Mais il faut oser se faire bien payer, pour sélectionner (gros mot) la clientèle qui correspond…

D’ailleurs ceux qui prennent les décision pour l’éducation nationale mettent leurs enfants dans le privé…

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[+3]    #25 12/09/2019 21h15 → Le métier de professeur/e des écoles (professeur, professeure, école)

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Ce n’est pas avec la réforme des retraites que l’Etat trouvera davantage de professeurs des écoles, vu ce qui semble les attendre !

Le projet Delevoye prévoit de remplacer le CDCM (Code des pensions civiles et militaires) actuel (75% du dernier traitement détenu les 6 derniers mois & valeur du point d’indice annuel actuel de 56,2323 Euros) par une pension par points.

Le calcul ci-dessous est exprimé pour un carrière complète (43 ans), les données sont en bruts.

https://www.devenir-rentier.fr/uploads/4246_pe_retraite.jpg

https://www.devenir-rentier.fr/uploads/4246_pe_retraite_2.jpg

https://www.devenir-rentier.fr/uploads/4246_pe_retraite_3.jpg

Source : FO

Une baise (euh… baisse) impressionante ! ;-)

Dernière modification par maxicool (12/09/2019 21h23)


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[+4]    #26 28/09/2019 11h40 → Le métier de professeur/e des écoles (professeur, professeure, école)

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Je ne suis pas de l’éducation nationale, mais en tant qu’infirmier, j’ai bossé dans le public, le privé, des trucs intermédiaires financés par les fonds publics, et en tous cas avec donc des groupes humains qu’on suit dans le temps, en milieu institutionnel, donc très soumis à un fonctionnement ultra-hiérarchisé (qui pour ma part relève à bien des égards d’un féodalisme non liquidé plus que d’une réelle volonté de structuration verticale). Et aussi avec des enseignants et éducateurs dans le médico-social.

Et bien oui il y a une implication affective et émotionnelle, même si on nous éduque au contraire. C’est à dire à une ambivalence permanente, à savoir de devoir s’impliquer corps et âme, mais en même temps faudrait se protéger.
Et mon constat, c’est que la seule protection que l’on puisse avoir vraiment, provient des supérieurs hiérarchiques.
S’ils ne le font pas, et bien c’est la base qui s’effondre.

Là, de Janvier à Juillet, j’ai effectué des bilans de santé sur des assurés CPAM, bilans gratuits…mais c’était une expérience d’observation sociologique hors pair: concernant la relation au travail, on dira que 90 pour cent des gens vont fort mal, et d’après une travailleuse sociale qui gère des chantiers d’insertion (mon poste consistait alors à accompagner aussi des gens au chômage vers la santé pour pouvoir reprendre un emploi, le tout financé par l’UE), les objectifs à venir du gouvernement seront le retour à l’emploi peu importe le reste (en ce qui me concernait, donc, le retour préalable à la santé, c’est parfois dur de bosser quand on a des problèmes de santé, paraît-il!)…autrement dit un truc qui ressemble vaguement à du marche ou crève qui ne dit pas son nom, et à un énorme déni des ressentis des gens "d’en bas"……..pour ma part, ça n’aboutira à aucune économie, à encore plus de troubles et de gens dans la rue, dans toutes les acceptions du terme…et en tous cas pas à ce qui s’apparenterait à une vraie gestion de vrais problèmes pris à bras le corps.

Tout cela pour dire que oui, on finit par s’attacher à sa fonction, à s’y identifier, même si on a pu se dire le contraire…je l’observe tous les jours en moi-même, bien que dès le départ j’étais parfaitement conscient et vigilant sur ce point.
Car il y a un moment on n’arrive pas à penser l’ailleurs, le mieux, la porte de sortie: on est juste submergé sous du factuel avec l’immense culpabilité de ne pas pouvoir décrocher faute de quelqu’un derrière pour récupérer le truc…il faut en fait le vivre pour le comprendre, car ce ne sont pas des dossiers papiers, là c’est des gens en chair et en os, et on ne fait pas le deuil de cela ainsi.

Le manque de reconnaissance, manifesté par des reproches récurrents, sans jamais de compliments qui marquent là où on a été bon, des salaires pas à la hauteur des heures réelles investies, etc…tout cela participe allègrement du mal-être à l’oeuvre.

Personnellement, en tant qu’infirmier diplômé depuis 1998, j’ai été payé lors de mon dernier emploi 10,03 euros net de l’heure. Un Ehpad m’a proposé récemment 1600 euros pour un plein temps avec deux dimanche travaillés, soit à peu près la même chose, j’ai décliné. Mais ils m’ont rappelé, j’ai demandé 1900 sans dimanche, mais ils ont tenté de me vendre les autres avantages…perso j’ai besoin de sous, pas de temps ni d’autres bricolages pour qu’on ne paie pas les gens.
En général on n’est pas hyper porté sur se vendre dans ce genre de professions, mais maintenant j’ose le faire, surtout quand on me propose la même paye que ce que j’ai touché en Suisse il y a 20 ans où j’étais rémunéré 3000 francs suisse là où d’autres collègues de promo en touchaient 4000…et on ne parle pas de l’érosion de l’inflation.
Quand mon voisin anglais me parle des rémunérations des infirmières britanniques, ou monégasques comme pour une cousine, ou ailleurs, en France on rémunère de façon indigne les professions d’éducation, du social, de la santé, et ça reflète bien une certaine image de l’humain que ceux qui nous gouvernent ont: des objets comptables.

Tout cela pour dire qu’on ne peut préjuger du deuil que peut être le manque de reconnaissance que subissent les gens engagés dans leur fonction comme celles-ci, car c’est réellement douloureux de voir qu’en fait on s’engage, on agit, et de voir nié tous ses efforts par des responsables hiérarchiques plus préoccupés de protéger leurs arrières et leur carrière, que d’assumer la réalité des problèmes réels du terrain…cela fait, toujours, toujours mal. Et il est difficile surtout quand il s’agit aussi de quitter les personnes auprès de qui on travaille.
Pour ma part j’ai passé ma vie à faire ces deuils, mais là je m’octroie deux mois de chômage car je peux me le permettre, ce n’est pas que j’aime cela, mais à un moment effectivement je pense à me préserver de la souffrance du travail, et surtout ai besoin d’un grand recul pour pouvoir penser, chose fort peu possible quand on est dedans, et qui à mon sens conduit grandement à ces situations extrèmes qui finissent mal comme dans ce cas de figure.
Tout ça pour dire que la volonté ne suffit pas, car quand on ne peut plus, on ne peut plus vouloir.

Mon soutien amical aux personnes de l’éducation nationale (et à tout le monde, en fait!).

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[+2]    #27 13/12/2019 12h27 → Le métier de professeur/e des écoles (professeur, professeure, école)

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Bluegrass a écrit :

Durant 38 ans de carrière dans l’industrie, j’ai vu entre 5 et 10 collègues ingénieurs ou techniciens démissionner pour partir dans l’enseignement (primaire ou secondaire).
Sur ces forums, il y a également 2 ou 3 exemples.

Je n’ai par contre jamais vu l’inverse.
De là à en tirer des conclusions sur les difficultés rencontrées dans les différentes professions…

Et vous, avez vous vu des gens venir de l’enseignement pour travailler dans d’autres domaines (industrie, tertiaire, santé, autre) ?

Je trouve votre sous entendu provocateur et très orienté. Votre exemple est peut etre valable pour des enseignants du second degré avec l’agrégation en lycée.

J’étais technicien dans le privé pour un sous traitant racheté par une très grosse entreprise dans le Nucléaire. Pour être embauché j’ai du caché que j’avais un bac+5 car je coutait "trop cher" et que j’étais "trop qualifié" pour le poste. Sauf qu’il fallait que je trouve un job et que l’on ne me proposait rien à bac+5. J’ai donc simplement indiqué bac+2.

Mais a force d’être mal payé par rapport à mes responsabilités (chef d’équipe, environnement dangereux, établissement de certificats engageant ma responsabilité..) et dévalorisé j’ai choisi de passer un concours de la fonction publique à Bac+5 pour etre professeur des écoles. Ce fut difficile à préparer mais on ne me jugeait que sur mes compétences et non sur mon age, le salaire alloué ou autres critères aléatoires.

Je me suis dit je serai catégorie A comme mes collègues ingénieur qui travaille au CEA, ou un commissaire de police. Je savais que le salaire était bien bas mais que la garantie de l’emploi, la reconnaissance de mon statut et de mes diplômes ainsi qu’un retraite plus avantageuse rattraperait cela. Et là j’ai pris une claque.

- Des gamins qui respectent de moins en moins l’enseignant. Avec lesquels ont doit faire de la discipline. On ne fait pas de l’enseignement mais de l’éducation la plupart du temps.

- Des parents qui vous dénigrent et pensent être plus compétent que vous. Et vous demandent des compte à longueur de semaine. Je ne pense pas qu’ils iraient remettre en cause la compétence d’un ingénieur dans le nucléaire, d’un commissaire, d’un notaire….

- Le dédain complet de nos supérieurs : Inspecteur qui se prend pour le roi  qui règne sur sa circonscription, Ministre et président qui nous traitent de parasites et de privilégiés qui ruinent la France. Macron s’est d’ailleurs vite empressé de mettre un jour de carence et gelé le point d’indice dégelé quelques mois plus tot par Hollande.
En passant, dans toute ma carrière dans des grosses entreprises privées, je n’ai jamais payé un jour de carence car il était remboursé par la mutuelle de l’entreprise.

-Un salaire gelé depuis des années avec un pouvoir d’achat qui diminue à vue d’oeil.

- Stigmatisation supplémentaire dans le cadre de cette réforme des retraites et très grosse désillusion avec une retraite de 1000 euros à 64 ans….

- Gaspillage de tout mon savoir et toutes mes études car on a aucun moyen de mettre en place des enseignements intéressants étant donné le manque de moyen (1/2 photocopie par jour par élèves par exemple, budget d’école ridicule, ordi perso pour travailler en classe…), classe surchargée (28-30 élèves) et élèves bien trop agités. Autant vous dire que mes projets d’imprimante 3D, électronique Arduino sont vite tombés à l’eau…

Je pense que les professeurs des écoles sont encore plus mal lotis (24h de cours + 108h de réunions non payés, surveillance des récréations, obligations d’etre au travail 10 min avant et après pour surveiller les élèves, perte de la pénibilité et du logement de fonction).

Désormais je suis étiqueté enseignant donc ce n’est même plus la peine que je recherche un boulot dans le privé car on me rirait au nez.

Je me retrouve pour l’instant bloqué à trainer ce mal être et avec un avenir très sombre. Je me dit juste que j’ai un boulot, que je serai pas virer, que j’ai plus de vacances que dans le privé meme si je dois beaucoup bosser pour préparer des cours car chaque cours n’est utilisé qu’une fois au contraire d’un prof de collège/lycée qui a plusieurs classes et j’ai 12 matières plutôt qu’une seule.

J’espère une ouverture de poste pour une passerelle afin de retourner travailler dans le nucléaire cette fois au CEA ou travailler à mon compte (gerer de l’immobilier…) ou bien sur devenir rentier.

Dernière modification par gandolfi (13/12/2019 12h27)

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[+2]    #28 14/12/2019 14h48 → Le métier de professeur/e des écoles (professeur, professeure, école)

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En tant qu’enseignant, je déplore profondément la dépréciation du métier que j’exerce et la dégradation inouïe du système éducatif français, à tous niveaux.

Je ne peux cependant pas sanctionner le discours qu’entretiennent les syndicats enseignants, qui ont à mon sens grandement contribué à décrédibiliser l’ensemble de la profession par des prises de positions idéologiques contreproductives et la mise en place d’un système de privilèges regrettable.

C’est, à mon sens, en partie à cause d’eux que nous en sommes là aujourd’hui. Si bien des acteurs du secteur privé portent un regard si sévère sur le corps enseignant aujourd’hui, c’est dans une mesure importante à cause de l’image déplorable que certains procédés - notamment l’usage indiscriminé et par trop fréquent du droit de grève - et un discours perpétuellement victimiste ont envoyé à la société française.

C’est bien triste.

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[+2]    #29 23/12/2019 11h42 → Le métier de professeur/e des écoles (professeur, professeure, école)

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DarkGilmer a écrit :

pratiquer le homeschooling voire le unschooling.
(…)abus de langage

A propos d’abus de langage, puisque l’on parle d’instruction, employer du français me paraîtrait mieux approprié wink


Parrain ING 80€ code JXZUFCB, BforBank, TOTAL Direct Energie

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[+2]    #30 01/01/2020 16h35 → Le métier de professeur/e des écoles (professeur, professeure, école)

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Surin a écrit :

Merci de sourcer vos messages avant d’asséner des généralités :
Professeur en France et en Allemagne : un métier à l?image ternie - Connexion-Emploi
En Allemagne ils gagnent davantage mais travaillent plus par an et plus longtemps.

Ce lien porte sur des statistiques qui ont une dizaine d’années et semblent ne pas isoler le premier degré (objet de cette file). Si j’en crois des statistiques plus récentes (même source = OCDE) concernant le temps de travail ’statutaire’ des enseignants (heures p/an)  du premier degré :

- Heures d’enseignement : France = 900 heures / Allemagne = 800 heures
- Total nb heures travaillées : France = 1607 heures / Allemagne = 1769 heures

Pour la France, il s’agit donc des 35 heures (puisque du point de vue statutaire, les enseignants français sont considérés comme les salariés du privé, i.e. 1607 heures p/an et n’ont en principe pas plus de vacances qu’eux). Ce temps statutaire est donc à prendre avec des pincettes.

Et concernant la rémunération constatée (USD équivalents ; incluant primes ; source ocde) :

- France = 39 426 $ / Allemagne = 68 747 $

Si j’en crois ces stats, les instituteurs allemands travaillent en moyenne (et en théorie) 10% de plus et gagnent 74% de plus.

InvestisseurHeureux a écrit :

J’ai surtout l’impression que c’est comme d’habitude : il faut toujours mieux être en haut qu’en bas.

Dans les entreprises privées c’est exactement pareil. Quand il y a des restrictions d’enveloppes sur la masse salariale, elle se fait sur ceux d’en bas, car "il faut garder les hauts potentiels et le top management pour ne pas pénaliser encore plus l’entreprise dans un contexte difficile".

Bien entendu, les mêmes parleront ensuite de loyauté, devoir, sacrifice, patati patata, tandis qu’eux n’en auront fait aucun.

Peut être dans les entreprises cotées que vous suivez. Mais peut être pas dans la TPE où vous êtes associé ni dans la mienne (où réduction de masse salariale = le patron qui en absorbe la totalité en ramenant sa rémunération à 0€ tandis que les salariés touchent leur paye). On retrouvera sans doute cette tendance dans des milliers (dizaines de milliers? plus?) d’entreprises du même tonneau. Généraliser à l’ensemble des entreprises privées est très exagéré.

Quand à l’EN, je n’ai pas l’impression qu’elle soit affectée par une restriction de la masse salariale des enseignants du premier degré (mais je peut me tromper).

Dernière modification par carignan99 (01/01/2020 17h23)

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