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[+10]    #1 12/06/2019 18h56

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Valdec a écrit :

N’ayant pas pour l’instant comme objectif de rester mon domaine d’activité actuel je me posais la question de savoir si certains d’entres vous ou autour de vous avaient pensé à devenir instituteur ou professeur. […]
Qu’en pensez-vous?

Je suis professeur des écoles. J’enseigne à des pioupious de 3 ans. J’ai un autre diplôme (ingénieur), j’ai de nombreux amis qui le sont, amitiés liées en école d’ingénieurs. J’ai toujours voulu travailler avec des enfants. A la réflexion, je me serais vraiment asséchée à bosser en entreprise.

Professeur des écoles est un métier comme les autres : il y a des avantages et des inconvénients.

Avantages :
- sûreté du salaire : les banques sont très contentes de m’avoir comme cliente.
- possibilité de vivre au rythme de ses propres enfants : je rentre manger 2 fois par semaine à  midi à la maison avec mes fils. Il y a très souvent des copains de mes fils qui mangent avec nous. Le soir, je quitte l’école à 17h. 10 minutes après, je suis chez moi.
- il est très facile de travailler à temps partiel, même si, de plus en plus, en région parisienne du moins, c’est refusé.
- métier qui force la sociabilité. Perso j’adore (des collègues détestent par exemple, croiser des élèves à la piscine). Outre le côté purement social, ça me permet de demander de trucs à des parents compétents (par ex, j’ai une maman d’élève qui est coiffeuse. Elle m’a fait une coiffure de star pour un mariage… Gratuitement, hors de ses heures. Merci.)
- métier terriblement humain. C’est absolument magique de voir l’évolution d’un enfant ou d’un groupe classe sur 10 mois.  C’est à ce niveau là que je me dis que je n’aurais jamais pu travailler en usine. Les produits usinés, toujours les mêmes… Au secours.
- beaucoup de vacances… Même si mes copains ingénieurs, vu leur ancienneté, commencent à avoir eux aussi de grandes plages off.
- métier très exportable, que ce soit en métropole, en outre-mer, en pays étranger.

Inconvénients :
- il ne faut pas sous estimer le temps que ce métier prend en dehors des cours. Qui dit prof de maternelle dit fatigue physique et psychologique à gérer au jour, à la semaine et à l’année. Mes collègues de primaires sont peut-être moins fatiguées mais ont des corrections qu’elles font en général quand leurs enfants sont couchés, entre 21h et 23h. Compter aussi les heures de préparation.
- j’ai fait des remplacements en collège et lycée. Je n’ai pas aimé refaire 4 fois le cours à 4 classes différentes. Je n’ai pas aimé corriger 4 x 30 copies quasiment identiques à chaque évaluation. Je n’ai pas aimé n’avoir qu’une facette de l’élève en face de moi  ; en maternelle, j’ai une vision plus globale, avec des ficelles bien différentes pour faire évoluer l’élève.
- on est en vacances aux périodes les plus chères.
- les périodes de vacances ne sont pas les plus optimales. Par exemple, la meilleure période pour visiter le Canada est l’été indien (tout le mois d’octobre). Pour moi, c’est impossible. Idem pour l’alpinisme : il paraît que le mieux, c’est en juin. Si un jour je redemande un temps partiel, je le demanderai "annualisé" (payé à moitié chaque mois mais travaillé à 100% la moitié de l’année).
- le salaire ne représente pas le risque et l’enjeu du travail effectué.
- le salaire est faible, par exemple, ma femme de ménage est mieux payée que moi. Mais effectivement, il faut savoir estimer ses besoins réels. Une copine ingénieure se plaignait de ne pas profiter de son enfant de 1 an. Je lui ai suggéré de se mettre à temps partiel. Impossible : il y a la piscine à rembourser….
- les études pour y arriver sont idiotes… Le concours aussi. Mais bon, ce n’est pas le seul métier ainsi.
- il ne faut surtout pas sous estimer la violence pernicieuse du système administratif qui entoure les profs. Des inspecteurs bizarres, les premiers mois payés très en retard, des personnes à l’académie qui sont sensées nous aider pour l’administratif et qui nous font penser à la maison des fous dans Astérix. Certains collègues peuvent aussi être très néfastes (mais j’imagine que ça peut être pareil dans d’autres métiers).
- dans certains secteurs, des parents qui, plutôt qu’être partenaires dans l’éducation de leur enfant, sont vraiment casse-bonbon.

Voilà, je pense avoir tout dit de ma perception personnelle. D’autres peuvent en avoir d’autres.

🌹🌹🌹🌹

Mots-clés : professeur, professeure, école

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[+3]    #2 13/06/2019 15h31

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> Flower

Vous pourriez ajouter dans votre description (très juste) de la profession une 3ème partie (après avantages et inconvénients) :

Avis extérieur (global) sur la profession :

- Des profs toujours en vacances
- Des personnes qui ne travaillent "que" 18h00 par semaine
- Des profs toujours en grève ou toujours absents (> qui va garder mes gamins ?)
- Et venant de l’Institution : "des pions qui doivent appliquer les réformes"
- Des paumés, des nuls avec des voitures de m****, des pleurnichards, et des crétins
 
> Loophey

Je ne vais pas débattre avec vous sur la profession d’enseignant (pas envie de me prendre la tête).
Vous clamez être intelligent (et pas seulement instruit), ayant réussi vos études sans jamais ouvrir un livre, etc… mais je ne suis pas certain que caricaturer les profs (enfin, plutôt ceux que VOUS avez eu) comme vous le faites soit vraiment un signe d’intelligence.

Ne pensez-vous pas qu’il puisse y avoir (quand même) quelques profs (pas beaucoup, seulement un ou deux…) qui correspondent à vos valeurs, à vos principes de vie (se payer une grosse bagnole, etc) ?

N’avez-vu pas connu un prof que vous avez plus apprécié que les autres ?
Dans un scolarité complète (collège + lycée + études supérieures), ne pas avoir connu un seul prof intéressant, sympathique, motivant (…), c’est vraiment "pas de bol"…

Enfin, je vous cite pour terminer :

Maintenant on fait du général partout et les élèves, à la sortie de l’école ne savent rien faire. C’est édifiant, les jeunes sont paumés, paumés d’apprendre des choses totalement inutiles. Et puis les profs, ne connaissent même pas comment une entreprise tourne. Comment voulez vous les aider dans leur choix ?

Vous pensez vraiment que c’est la faute des profs (des "pions" selon l’Institution, qui ne sont pas censés avoir un avis intéressant sur le "Système", et encore moins un avis que l’on va écouter) si l’enseignement est réalisé comme vous le décrivez ?

Vous pensez vraiment que les profs décident des programmes, de la manière de les aborder et de présenter les choses aux élèves (un peu comme si les employés d’une entreprise décidaient seuls de son mode de fonctionnement) ?

Que les profs sont d’accord d’envoyer (à l’issue des conseils de classe) un maximum d’élèves en filière générale (alors que ces élèves veulent absolument faire autre chose) ?
Petit précision : celui qui décide au final, en CC, c’est le proviseur ou le principal (que ce soit pour les récompenses ou l’avis d’orientation… que les profs soient d’accord ou non). Il a souvent des objectifs chiffrés à atteindre, coûte que coûte, fixés par l’Institution.

Les profs ne sont que de simples exécutants (tout en bas de l’échelle) et leur Bible s’appelle "BO" (Bulletin Officiel), une Bible qu’ils n’ont absolument pas rédigée ;-).

Je trouve dommage que votre analyse du métier soit assez caricatural.
Si, vraiment, cette analyse reflète le fond de votre pensée et votre vécu personnel ("tous les profs sont nuls, je n’en ai jamais eu un d’intéressant"), vous n’avez vraiment pas eu de chance ! ;-)

Je suis enseignant, très loin de me considérer comme un prof brillant (attendre par là intéressant à chaque cours), assez critique sur le "Système" et les choix qui sont imposés, et prêt à découvrir "autre chose" si j’en ai l’occasion (mais les occasions sont rares, car le Système veut absolument garder ses pions)… Mais je trouve vos propos très (très) abrupts. C’est peut-être volontaire car, manifestement, vous cherchez (un peu quand même ) la polémique.

Maxicool

PS pour Trahcoh : je me demande ce que peut apporter un tel sujet au forum (mis à part des malentendus ou des tensions entre membres)… mais bon, c’est autre débat ;-)

Dernière modification par maxicool (13/06/2019 15h45)


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[+8]    #3 13/06/2019 17h52

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LoopHey a écrit :

Franchement, l’avènement de Hugues Capet dans les années 900, on s’en tape non ?

J’isole cette phrase parce qu’elle me semble bien résumer la tonalité de votre post.
Ma réponse : ben non, on ne s’en tape pas, pour plein de raisons. Je les partage avec vous, en vrac :

1. Connaître l’histoire de son pays participe à créer un sentiment d’appartenance (certains parleront de citoyenneté). Quand ce dernier se délite, ça mène à des incivilités et les incivilités à l’insécurité etc.

2. Apprendre l’histoire de son pays et du monde est nécessaire pour comprendre le monde qui nous entoure, y compris sur des sujets ’chauds’ et d’actualité. En plus, ça évite parfois de dire des bêtises.

3. Apprendre par cœur les grandes dates historiques, des poésies, la géographie, des cours de sciences naturelles ou que sais-je encore fait travailler la mémoire, la muscle.

4. L’école (primaire, collège) n’est pas une usine à ingénieurs ou à techniciens. Elle est là pour équiper les enfants de savoirs de base et fondamentaux, qui leur permettront de se développer plus tard, y compris au plan professionnel.

5. Imaginez que vous soyez invité à diner chez votre patron et celui-ci est féru d’histoire. La discussion dérive sur ce sujet. Si vous n’êtes pas capable à minima de la suivre dans les grandes lignes ou d’y participer, la seule chose que vous gagnerez est de passer pour un gland.

D’ailleurs, on peut déplorer que les filières techniques n’aient pas assez d’enseignements généralistes (maths, histoire etc.). Parce que derrière, ça empêche bien souvent ces gamins de revenir dans une filière universitaire par exemple. Mais bon, ça, c’est un autre débat.

Dernière modification par carignan99 (13/06/2019 18h39)

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[+3]    #4 14/06/2019 20h28

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Ce métier n’attire plus grand monde, du moins dans certaines disciplines, comme les sciences par exemple. Les étudiants, et je les comprends, n’ont pas envie de passer un master pour se retrouver à faire la police et à maintenir la paix civile dans des banlieues au lieu d’enseigner, tout ça pour 1400€ par mois en début de carrière. En plus il faut faire avec la hiérarchie qui exige que les personnels ne fassent surtout pas de vagues, les soutien de moins en moins, l’irrespect des élèves, des  parents, les insultes, la baisse du QI, le défaut d’éducation généralisé, et la baisse dramatique du niveau d’exigence scolaire, du sens de l’effort, conjugués à l’hypocrisie crasse de la hiérarchie qui vit dans le déni des réalités et les effets de communication (ne surtout pas faire de vagues, baisser le niveau des examens pour faire croire que tout va bien)…
A bien des égards, il faut être masochiste ou inconscient des conditions réelles d’exercice pour se lancer aujourd’hui dans le métier. Les vacances ne font plus la différence et cet avantage ne réussit plus à motiver. La solution serait une baisse de la qualification exigée, et recruter à bac +3, le niveau actuel des contractuels. Je pense qu’on va y venir.

Dernière modification par Juillet (14/06/2019 20h29)

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[+6]    #5 14/06/2019 20h45

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LoopHey a écrit :

Mais ça paye pas. Voila pourquoi personne n’y va.

N’êtes vous jamais posé la question, pourquoi le corp médicale Suisse est si excellent ? Car ça paye.
Pourquoi les Universités Américaines sont si réputés ?

3 phrases, 6 fautes (3 en expression écrite et 3 en orthographe).
Finalement, les bouquins, vous auriez peut-être dû les ouvrir un peu quand même ;-)

Dernière modification par maxicool (14/06/2019 20h46)


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[+3]    #6 15/06/2019 14h27

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LoopHey a écrit :

Mais ça paye pas. Voila pourquoi personne n’y va.

N’êtes vous jamais posé la question, pourquoi le corp médicale Suisse est si excellent ? Car ça paye.
Pourquoi les Universités Américaines sont si réputés ? car les enseignants sont bien payés.

Pour avoir des élites, il faut les payer. Encore faut-il les aimer nos élites…

On lève ici, encore un problème fondamental Français. Le travail ne paye pas. Liberté, égalité, fraternité.

Je suis d’accord avec ce commentaire.

Aujourd’hui, il y a 2 types de personnes qui rentrent à l’EN :

1- Ceux dont la vocation est l’enseignement. Pour eux, le métier prime sur le reste. Je pense que la plupart des enseignants que nous qualifions de bons, font partie de cette catégorie. Le salaire est un paramètre moins important pour eux.

2- Ceux qui n’ont pas la vocation. Mais qui doivent bouffer et qui cherchent la sécurité de l’emploi. Je dirai que ceux qui finissent à l’EN sans avoir la vocation d’enseigner, c’est que le coté matériel prime sur la vocation. Toutes ces personnes ne sont pas forcement de mauvais enseignants, mais disons que leur état d’esprit n’est pas "optimal" pour assurer cette difficile tâche qui est d’enseigner. Ils prennent un job d’enseignant, comme ils en prendraient un autre.

Un autre problème. L’EN favorise ou en tous cas a très longtemps favorisé moultes filières, dont le seul débouché était de devenir enseignant ! Le vase clos, ou une organisation travaille avant tout pour elle même, et qui a perdue totalement de vue sa mission.

Ensuite, une dernière remarque. Sérieux, qui aujourd’hui est prêt à passer 40 de sa vie à faire la même chose, en ayant comme seule opportunité de casser la routine, de voir des changements de programme mineur tous les 4 ou 5 ans ?

Bref, enseigner est un sacerdoce, c’est fondamental pour enseigner. Mais cela ne paie pas. Alors on à maintenant l’EN que l’on a. Pour ma part, je considère que la cause est définitivement perdue.

A+
Zeb

Dernière modification par zeb (15/06/2019 14h58)


Tout ce qui peut merder, va inévitablement merder.

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[+3]    #7 15/06/2019 17h15

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Une fois n’est pas coutume, je me retrouve sur une position centriste. Je ne comprends pas les passions que cette file déchaine. Le métier de professeur des écoles ne me semble pas être particulièrement plus paisible ou plus dur ou mieux ou moins mal payé qu’un autre.

Si j’ai bien compris, en moyenne, un professeur des écoles (objet de la file) commence à 25 k€ bruts en début de carrière (année de titularisation) et finit dans les 45 k€, hors primes (source : éducation nationale).

Les enseignants du premier degré déclarent travailler environ 44 heures p/semaine (38 heures en maternelle jusqu’à 45 heures pour un Directeur d’école) (source: éducation nationale).

Tout ça ne me paraît pas être extravagant : on est loin de salaires de misère (ils semblent parfaitement corrects) et les heures de travail ne sont pas délirants. Ça correspond grosso modo à ce qu’on trouve pour des cadres ’moyens’ (sans fonction de direction) dans ma branche d’activité.

La seule spécificité du métier que je vois : on travaille avec des enfants, ce qui est sans doute très particulier. Si on ne supporte pas cette (indéniable) pression, c’est qu’on s’est trompé de job. Et j’ai du mal à croire que cette pression soit particulièrement plus élevée que dans beaucoup d’autres jobs. Elle est simplement de nature différente.

Et on peut aussi se dire que c’est compensé par les avantages extraordinaires qui sont conférés par la sécurité de l’emploi + la progression quasi-automatique du salaire.

Sinon et sur le sujet de la file.
J’ai un ami qui a décidé récemment de vendre son commerce pour devenir instituteur. Il a eu le concours et est en stage. Il a des horaires de travail assez soutenus (sans doute de l’ordre de 45-50 heures p/semaine), qui correspondent à l’investissement qui est nécessaire en début de carrière. Par contre, il ne doit plus se lever avant l’aube pour aller faire la tournée des maraichers et il y a gagné un truc incroyable : il dort bien mieux. Finit les angoisses de trésorerie, l’obsession de générer du CA et des marges, de payer les salaires et l’Urssaf etc.

Dernière modification par carignan99 (15/06/2019 17h17)

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[+5]    #8 16/06/2019 10h10

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Je vous poste deux tableaux intéressants.

Le premier qui montre que les professeurs français sont parmi les plus mal payés d’Europe :

https://www.devenir-rentier.fr/uploads/7740_55614126_2440660015966262_5791609617351966720_n.jpg

Le second qui compare les salaires des différents fonctionnaires de la catégorie A :

https://www.devenir-rentier.fr/uploads/7740_49671234_1014042025451304_1670505002675732480_o.jpg

Et enfin, un article intéressant qui relaye une étude de l’OCDE de 2014 dont la conclusion est la suivante : plus les profs sont bien payés, plus leurs élèves réussissent :

Plus les profs sont bien payés, plus leurs élèvent réussissent - Challenges

Personnellement, prof des écoles avec 20 ans d’ancienneté, recrutement niveau bac + 5, je suis à 2000 euros par mois, sans prime, treizième mois ou avantages ("les à-côtés" non négligeables que Maxicool évoquait dans un de ses messages) dont bénéficient d’autres fonctionnaires ou salariés du privé.
Je ne me considère vraiment pas comme une privilégiée.

Quand je vois, sur les forums d’enseignants, que certains profs ont droit à un logement HLM ou à la prime d’activité en début de carrière, je trouve ça malheureux quand même.

Le rapport Pochard de 2008 indique que la profession est ultra féminisée et il en explique la raison. De fait, pendant longtemps, le professorat était souvent considéré comme une activité d’appoint pour les femmes dont le mari gagnait bien sa vie. Cela permettait de mettre un peu de beurre dans les épinards mais d’avoir assez de temps libre pour s’occuper de ses propres enfants.
D’où les salaires relativement bas pour une profession très féminine qui s’en satisfaisait jusqu’alors assez bien.
Mais la société a évolué et nombreuses sont les mamans solos profs qui ont dû mal à joindre les deux bouts.

Le message de Zeb est intéressant. Oui, deux types de personnes choisissent ce métier :

-ceux qui ont le feu sacré. Mais certains (de plus en plus nombreux), confrontés à la réalité du terrain et à la grosse machinerie absurde de l’éducation nationale finissent par être dégoûtés du système.
Et c’est vrai que les enseignants ayant la vocation, comme on dit, n’aiment pas qu’on emploie le mot "sacerdoce". ils n’apprécient guère qu’on leur dise qu’ils doivent accepter un mauvais salaire sous prétexte qu’ils sont méga-motivés.
-ceux qui sont attirés par les vacances, la sécurité de l’emploi ou par dépit : ceux-là ne tiennent pas longtemps !

Professeur est un métier magnifique et quand tout se passe bien dans ma classe, je suis aux anges. Emerveillée de la capacité de mes petits bouts de 4 ans à travailler, à donner le meilleur d’eux-mêmes pour me faire plaisir (parce que les enfants de maternelle fonctionnent beaucoup à l’affect et ils veulent satisfaire l’adulte qui s’occupe d’eux 6h par jour et qu’ils voient parfois plus que leurs parents).
Mais le problème ne vient pas du métier en lui-même mais des conditions désastreuses dans lesquelles on l’exerce. On traite nos élèves comme des poules en batterie, on inclut sans moyens des enfants ayant de grandes difficultés ou étant dangereux, on limite le personnel (1 adulte dans une classe de 32 élèves de 4 ans, je trouve ça inadmissible) et les parents nous considèrent parfois comme leurs domestiques (si, si !).

J’ai l’impression que nous sommes dans une société qui maltraite de plus en plus ses enfants, ses vieux et ses malades, toute cette catégorie de la population qui ne rapporte pas d’argent mais qui en coûte. On fait des économies sur la santé, la sécurité et l’éducation. On mégote sur des domaines qui devraient être prioritaires.
Ce n’est pas l’idée que je me faisais de l’évolution de l’humanité et ça me rend tristounette.

Dernière modification par Isild (16/06/2019 11h16)

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[+8]    #9 21/06/2019 10h08

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Faith a écrit :

IH a choisi de ne pas prendre en compte les points de réputations, même positif, pour les "discussions politiques ou hors sujet".

Mais discuter, dans le salon des gentlemen & ladies, du métier de professeur des écoles, ce n’est ni politique ni hors sujet. Des professeurs des écoles ou des proches de professeurs témoignent sur ce métier, et c’est très intéressant. C’est très bien que les gens puisse témoigner, dans ce sous-forum "salon", sur la réalité de leur profession. C’était très bien et très intéressant, jusqu’à l’arrivée de Loophey dans ce fil.

De facto, le classement en "politique ou hors sujet" sert à empêcher de révéler Loophey pour ce qu’il est : un troll qui ne peut s’empêcher de pourrir toutes les discussions dans lesquelles il intervient, de par ses jugements sans aucune nuance, ses propos polémiques et sa haine méprisante pour ceux qui n’ont pas une grosse voiture et qui gagnent moins que lui.

Dommage d’avoir réalisé ce classement dans "politique ou hors sujet", et d’avoir ainsi prolongé la durée de vie du troll sur ce forum, car le troll partira ou sera viré, tôt ou tard. Il a déjà montré qu’il est imperméable à la remise en cause et que ses manières ne peuvent pas s’améliorer (au contraire, il les revendique). Ca arrivera donc tôt ou tard. IH a choisi "tard", mais ça arrivera.

IH : j’ai classé cette discussions HS sur une suggestion d’un membre, pour être exact. Il y a les avantages et les inconvénients…

Dernière modification par Bernard2K (21/06/2019 10h12)


Surtout, ne pas nuire à l'ambiance générale.

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[+3]    #10 21/06/2019 16h55

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frontalier57 a écrit :

Bonjour

Mon épouse est enseignante et me dit la même chose.

Selon elle sa rémunération annuelle est inférieure à celle des autres fonctionnaires de catégorie A car elle n’est payée que 10 mois (lissé sur 12) et n’est pas payée durant les congés scolaires d’été.

j’ignore s’il y a une source, si c’est un canular ou une "explication administrative" pour faire passer la pilule

Par contre je ne comprends pas les 5 semaines de congés légaux… elle a 16 semaines de congés par an donc si j’enlève les 8 semaines de congés d’été j’arrive à 8 semaines de congés "légaux"…

Ben sur les 5 semaines de congés légaux par an, c’est pas moi qui le dit mais le conseil d’état qui le rappelle (décision 26 novembre 2012) :

Considérant qu’il résulte de ces dispositions qu’eu égard aux nécessités du service public de l’éducation, une enseignante ne peut exercer son droit à un congé annuel, d’une durée égale à cinq fois ses obligations hebdomadaires de service, que pendant les périodes de vacance des classes,


Et à ma connaissance, le salaire sur 10 mois étalé sur 12 relève d’un mythe solidement ancré dans le corps enseignant. D’après ce que j’ai lu, personne n’a jamais été en mesure de produire la moindre source venant étayer cette affirmation. Un bon résumé est ICI. Les enseignants sont des fonctionnaires comme les autres, avec des congés de droit commun.

Donc, je maintiens (jusqu’à preuve du contraire) : les enseignants ont droit comme tout le monde à 5 semaines de congés payés annuels. Ils travaillent donc (en principe) 47 semaines p/an, dont 36 devant les élèves. Bon, c’est une approximation parce que je n’ai pas tenu compte des jours fériés.

maxicool a écrit :

Je pense qu’il faut comprendre : formation possible pendant les "petites vacances" et non pendant les "grandes vacances". Car un enseignant est payé sur 10 mois et non sur 12 (mais son salaire est mensualisé).
Sinon, les "périodes de vacance des classes" correspondent forcément aux périodes de vacances accordées aux enseignants.

Je pense que vous vous trompez Maxicool. Ma compréhension : les périodes de ’vacance de classe’ ne se réfèrent pas aux congés annuels légaux des enseignants mais aux périodes où les élèves sont en vacance.

Donc sauf erreur de ma part, le décret instituant des formations pendant les périodes de vacance de classes n’empiète pas sur les congés légaux annuels des enseignants (5 semaines, cf. ci-dessus).

Mais comme d’hab : je n’ai pas la science infuse donc si quelqu’un a des infos contraires, pas de soucis. Il m’arrive d’être à coté de la plaque!

Dernière modification par carignan99 (21/06/2019 17h04)

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[+3]    #11 06/07/2019 12h43

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Petit retour sur le sujet de la file: les professeurs des écoles. Voici mon vécu des mois de juin /juillet.

On donne énormément. Vraiment. Le travail de base, avec les milliers de sollicitations qu’offre la vie dans un groupe de 30, a été augmenté par des sollicitations énergivores au rendu faible voir négatif. Fête de l’école, remplissage de livrets scolaires, varicelle / molluscum / asthme, entretiens de PMI, équipes éducatives pour les enfants handicapés qui seront l’an prochain dans ma classe. Les enfants sont épuisés par la chaleur et la course folle des activités de fin d’année. Un enfant de 3 ans qui est épuisé est tout simplement épuisant. Alors 30… L’épisode de canicule m’a juste montré comment moi, prof de Petite Section, ne suis pas logée à la même enseigne que le reste des professeurs des autres niveau. L’idée était donc, si possible, que les parents gardent leur enfant au frais. Dans ma classe, sur 30 enfants, 25 étaient présents, en CM2, 2 étaient présents. Au collège, vous savez que le brevet a été repoussé. Au lycée, ça faisait belle lurette que les jeunes n’étaient plus en classe.

L’apothéose a été un rendez vous qui m’a été imposé par l’inspecteur pour qu’il me dise tout le mal qu’il pense d’un point de ma façon de faire. Ce mec, je ne le connais même pas. Il n’est jamais venu dans ma classe. Il s’est fait son idée par le biais du tableau d’affichage de l’école. La rencontre a été tellement violente que j’ai écopé de 3 jours d’arrêt.

Mes parents d’élèves me soutiennent et m’ont littéralement couverte de cadeaux. Ils ont eu la bonne idée de me demander en amont ce dont j’avais besoin pour passer un bel été. Heureusement qu’ils sont là.

On est le 6 juillet. Il paraît que c’est le début des vacances. Pour moi, la période qui s’ouvre fait juste partie du job : je vais essayer de refaire surface.

🌼🌼🌼🌼

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[+3]    #12 12/09/2019 21h15

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Ce n’est pas avec la réforme des retraites que l’Etat trouvera davantage de professeurs des écoles, vu ce qui semble les attendre !

Le projet Delevoye prévoit de remplacer le CDCM (Code des pensions civiles et militaires) actuel (75% du dernier traitement détenu les 6 derniers mois & valeur du point d’indice annuel actuel de 56,2323 Euros) par une pension par points.

Le calcul ci-dessous est exprimé pour un carrière complète (43 ans), les données sont en bruts.

https://www.devenir-rentier.fr/uploads/4246_pe_retraite.jpg

https://www.devenir-rentier.fr/uploads/4246_pe_retraite_2.jpg

https://www.devenir-rentier.fr/uploads/4246_pe_retraite_3.jpg

Source : FO

Une baise (euh… baisse) impressionante ! ;-)

Dernière modification par maxicool (12/09/2019 21h23)


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[+4]    #13 28/09/2019 11h40

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Je ne suis pas de l’éducation nationale, mais en tant qu’infirmier, j’ai bossé dans le public, le privé, des trucs intermédiaires financés par les fonds publics, et en tous cas avec donc des groupes humains qu’on suit dans le temps, en milieu institutionnel, donc très soumis à un fonctionnement ultra-hiérarchisé (qui pour ma part relève à bien des égards d’un féodalisme non liquidé plus que d’une réelle volonté de structuration verticale). Et aussi avec des enseignants et éducateurs dans le médico-social.

Et bien oui il y a une implication affective et émotionnelle, même si on nous éduque au contraire. C’est à dire à une ambivalence permanente, à savoir de devoir s’impliquer corps et âme, mais en même temps faudrait se protéger.
Et mon constat, c’est que la seule protection que l’on puisse avoir vraiment, provient des supérieurs hiérarchiques.
S’ils ne le font pas, et bien c’est la base qui s’effondre.

Là, de Janvier à Juillet, j’ai effectué des bilans de santé sur des assurés CPAM, bilans gratuits…mais c’était une expérience d’observation sociologique hors pair: concernant la relation au travail, on dira que 90 pour cent des gens vont fort mal, et d’après une travailleuse sociale qui gère des chantiers d’insertion (mon poste consistait alors à accompagner aussi des gens au chômage vers la santé pour pouvoir reprendre un emploi, le tout financé par l’UE), les objectifs à venir du gouvernement seront le retour à l’emploi peu importe le reste (en ce qui me concernait, donc, le retour préalable à la santé, c’est parfois dur de bosser quand on a des problèmes de santé, paraît-il!)…autrement dit un truc qui ressemble vaguement à du marche ou crève qui ne dit pas son nom, et à un énorme déni des ressentis des gens "d’en bas"……..pour ma part, ça n’aboutira à aucune économie, à encore plus de troubles et de gens dans la rue, dans toutes les acceptions du terme…et en tous cas pas à ce qui s’apparenterait à une vraie gestion de vrais problèmes pris à bras le corps.

Tout cela pour dire que oui, on finit par s’attacher à sa fonction, à s’y identifier, même si on a pu se dire le contraire…je l’observe tous les jours en moi-même, bien que dès le départ j’étais parfaitement conscient et vigilant sur ce point.
Car il y a un moment on n’arrive pas à penser l’ailleurs, le mieux, la porte de sortie: on est juste submergé sous du factuel avec l’immense culpabilité de ne pas pouvoir décrocher faute de quelqu’un derrière pour récupérer le truc…il faut en fait le vivre pour le comprendre, car ce ne sont pas des dossiers papiers, là c’est des gens en chair et en os, et on ne fait pas le deuil de cela ainsi.

Le manque de reconnaissance, manifesté par des reproches récurrents, sans jamais de compliments qui marquent là où on a été bon, des salaires pas à la hauteur des heures réelles investies, etc…tout cela participe allègrement du mal-être à l’oeuvre.

Personnellement, en tant qu’infirmier diplômé depuis 1998, j’ai été payé lors de mon dernier emploi 10,03 euros net de l’heure. Un Ehpad m’a proposé récemment 1600 euros pour un plein temps avec deux dimanche travaillés, soit à peu près la même chose, j’ai décliné. Mais ils m’ont rappelé, j’ai demandé 1900 sans dimanche, mais ils ont tenté de me vendre les autres avantages…perso j’ai besoin de sous, pas de temps ni d’autres bricolages pour qu’on ne paie pas les gens.
En général on n’est pas hyper porté sur se vendre dans ce genre de professions, mais maintenant j’ose le faire, surtout quand on me propose la même paye que ce que j’ai touché en Suisse il y a 20 ans où j’étais rémunéré 3000 francs suisse là où d’autres collègues de promo en touchaient 4000…et on ne parle pas de l’érosion de l’inflation.
Quand mon voisin anglais me parle des rémunérations des infirmières britanniques, ou monégasques comme pour une cousine, ou ailleurs, en France on rémunère de façon indigne les professions d’éducation, du social, de la santé, et ça reflète bien une certaine image de l’humain que ceux qui nous gouvernent ont: des objets comptables.

Tout cela pour dire qu’on ne peut préjuger du deuil que peut être le manque de reconnaissance que subissent les gens engagés dans leur fonction comme celles-ci, car c’est réellement douloureux de voir qu’en fait on s’engage, on agit, et de voir nié tous ses efforts par des responsables hiérarchiques plus préoccupés de protéger leurs arrières et leur carrière, que d’assumer la réalité des problèmes réels du terrain…cela fait, toujours, toujours mal. Et il est difficile surtout quand il s’agit aussi de quitter les personnes auprès de qui on travaille.
Pour ma part j’ai passé ma vie à faire ces deuils, mais là je m’octroie deux mois de chômage car je peux me le permettre, ce n’est pas que j’aime cela, mais à un moment effectivement je pense à me préserver de la souffrance du travail, et surtout ai besoin d’un grand recul pour pouvoir penser, chose fort peu possible quand on est dedans, et qui à mon sens conduit grandement à ces situations extrèmes qui finissent mal comme dans ce cas de figure.
Tout ça pour dire que la volonté ne suffit pas, car quand on ne peut plus, on ne peut plus vouloir.

Mon soutien amical aux personnes de l’éducation nationale (et à tout le monde, en fait!).

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[+4]    #14 21/03/2020 13h11

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Ironie pour ironie
Ben moi, j’ai bien faillit verser une larme en lisant qu’on vous a donné l’ordre de vous confiner et de vous former par vous même sur un logiciel d’enseignement à distance et qu’il fallait être opérationnel immédiatement. Et qu’on exige ça de vous sans prendre le temps de vous former, sans vous fournir aucun support pédagogique adapté, sans vous fournir d’ordinateur, de webcam, d’imprimante…et que c’est vraiment inacceptable parce que vous n’avez pas passé le concours pour enseigner de cette manière.

Et en plus vous n’êtes même pas mis au chômage partiel parce que votre activité peut continuer à distance (autant que puisse se faire) et que votre employeur peut continuer à vous payer (pour l’instant).

C’est horrible.

Dernière modification par carignan99 (21/03/2020 13h14)

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[+4]    #15 26/03/2020 00h14

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Désespérant, dégoutant, indécent.

La France est confinée.
Le monde est en confinement ou y entre.
Des gens n’arrivent plus à respirer parce qu’une saloperie de morpion (ou virus, je sais pas) leur colle aux poumons.
Des personnels soignants, des pompiers, des éboueurs, des femmes de ménage, des caissières etc. (j’en oublie, désolé) de 18 à 75 ans (ou plus) s’exposent. Leurs proches flippent.
Des milliers de gens (centaines de milliers?) se sont fait lourdés aujourd’hui et hier et avant hier parce que leur boite ne peut plus les payer. Les autres flippent : est-ce que j’aurai toujours mon job demain? Est-ce que ma boite va couler? Est-ce que l’État pourra toujours me payer?
L’économie mondiale est à l’arrêt.
Des boites (TPE, PME, pourquoi pas des grandes entreprises) ne savent pas comment payer les salaires dans quelques jours. Ni leurs emprunts ni leurs cotisations ni leurs impôts demain, dans une semaine, dans un mois, dans trois mois, peut être pour l’année qui vient.
Des artisans, commerçants, petits patrons, intérimaires, contractuels ont vu leurs revenus passer à 0.

Et 2-3 forumeurs trouvent le moyen de monter en épingle la déclaration d’une porte-parole (qui certes n’a jamais été très compétente mais là n’est pas la question) pour enfoncer un peu plus le clou de la victimisation corporatiste.

Allez, mettons tout le monde d’accord : la porte-parole du gouvernement déteste les enseignants et les méprise. Comme d’ailleurs la totalité de la population, qui pense que les instituteurs et les enseignants (et l’ensemble des fonctionnaires) sont des fainéants. Ah ben non, en fait. La population, elle a d’autres chats à fouetter que de savoir si les instits ils bossent ou pas.

Vous avez des préoccupations bien étranges.

Allez, je vous laisse vous plaindre et vous lamenter.
Je vais me coucher et vous promet de ne plus intervenir dans vos passionnants échanges.

Dernière modification par carignan99 (27/03/2020 00h19)

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[+4]    #16 27/03/2020 10h48

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Cher KromozOhm: sur ce forum, avec toute la diplomatie dont je puisse faire état, je vois parfois des discours qui ne fleurent pas l’empathie, mais la prétention à connaître des situations qui de toute évidence n’ont jamais été vécues ni approchées que de façon très conceptuelle.
Je peux vous assurer que la réponse faite ci-dessus ne me fait pas sentir un énorme respect pour la condition dont j’ai fait part.
Quand je vois les risques que je prends parfois, le stress et la solitude dans laquelle on le vit parfois, c’est aux antipodes des engueulades parce qu’on a foiré une vente ou raté des objectifs financiers.
C’est facile de parler de victimisation, de toute évidence vous ne savez pas de quoi il s’agit.
Ça me rappelle mon premier jour en service de médecine pneumo, où j’ai fini à 22 h au lieu de 20h,et où l’interne m’a laissé faire les annonces des deux, décès que je me suis enquillés aux familles seul. Tout seul. J’ai pété le burn out trois mois après. C’est dur de rentrer dans des chambres où les familles vous posent des questions sur le diagnostic de son parent cancéreux alors que vous êtes entouré de médecins irascibles qui ne vous disent rien. C’est qui qui est en première ligne ? Vous avez envie de vivre ça tous les jours ?
La reconnaissance pour l’ego, ça fait bien longtemps qu’on s’en fout un peu. Quand je parle de reconnaissance, je parle de celle de ce qui est. De juste voir quelqu’un et ce qu’il fait et cesser de croire que ça sort du chapeau naturellement. C’est le fruit d’un apprentissage, d’une pratique et même si on aime ça, et bien on a envie d’être payé le juste prix. Point.
Etre payé 1600 balles comme psychologue en Ehpad après 21 ans d’expérience, après tout ce serait aussi faire partie des ultra riches. Non ? Vous trouveriez cela décent au regard du coût de la vie ?
Quand je lis les patrimoines et salaires de nombres d’intervenants qui se permettent ce genre de réflexion, je me demande juste si eux, ils accepteraient le même genre de condition de travail pour 1600 balles.
Si la réponse est oui, alors j’accepte pleinement la réflexion.
Si la réponse est non, alors c’est que la médiocratie proposée n’est pas la solution.

En Suisse, on peut bosser comme infirmier pour plus de 4000 francs suisses mensuels. Et je pense avec de vraies conditions décentes, pour l’avoir vécu. Au bout de trois mois on a généré plus de 1000 francs suisse de formation finançable, même si on vient de France.
En France même pas en rêve. En rêve très, très lointain !
Quand je parle de mon salaire à mon voisin anglais qui me dit qu’au Royaume Uni on paie les infirmières deux fois plus, et que celles payées en gériatrie sont mieux payées encore, ça montre autre chose de la considération portée aux métiers de l’humain.

De toutes façons concernant la santé, Veran, quand il était rapporteur de la secu pour le financement de l’hôpital, à dit que c’était un problème d’organisation et qu’il n’y avait pas d’autres besoins. Sarkozy avait dit exactement la même chose il y a dix ans, mais personne ne s’en rappelle, mais je trouvais ça d’un déni profond de la situation.
Donc rien n’a changé, et pour avoir côtoyé des travailleurs sociaux ils souffrent des mêmes maux.

Quand on croit que les métiers de l’humain ne valent rien, on a le résultat en fonction et ce n’est pas victimiser que de le dire.
Mais c’est à mon avis exactement la même chose que croire que ce que fait une femme au foyer est normal et ne coute aucun effort: quand on a l’habitude de mettre les pieds sous la table et d’être servi, on ne sait pas ce que ça fait. Et j’ai l’intime conviction que la surreprésentation féminine dans ces métiers, et le fait qu’ils soient liés à des fonctions archetypalement "féminines" (l’accueil, le soin, l’éducation, le bien-être, la nourriture, etc…), conditionne complètement le regard porté dessus et la rémunération qu’on considère devoir leur donner, pour ceux qui en sont en charge.

Mais si vous trouvez cela normal, vous trouverez normal d’avoir des prestations à la baisse. On a le monde qu’on mérite.
Et tout ce à quoi on assiste en ce moment montre quelles sont les conséquences que ça engendre.

Ps: désolé pour les incises de professionnel de santé hors sujet, mais le point commun est qu’on travaille avec et pour des êtres humains et que ces métiers ont de nombreuses zones tampons.

Dernière modification par Lausm (27/03/2020 10h51)

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[+3]    #17 27/03/2020 12h28

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Je pense que le problème principal c’est la revendication.

Nos gouvernants ont réussi à monter les gens les uns contre les autres. Faire en sorte qu’ils se jalousent et se jugent pour éviter toute revendication. Ceux qui sortent du lot sont vite jugés et rabaissés par les autres pour ne pas faire de vague.

Je pense tout simplement que c’est une réaction humaine pour se déculpabiliser de notre manque de courage. Quand un plus costaud nous insulte on aura plus tendance à faire la sourde oreille ou a dire que c’est un idiot pour soulager notre conscience que de lui rentrer dedans. Mais c’est tout simplement qu’on a pas le courage de lui rentrer dedans car ça peut faire très mal.

Si un salarié se plaint de ses conditions, les gens auront toujours tendance à dire que c’est pire ailleurs, que ce n’est pas justifié…. Les gens font cela pour masquer leur propre couardise. ils ont peur car cela les renvoi à leur propre médiocrité d’accepter cela.

Ils préfèrent niveler vers le bas en jalousant le voisin qui a mieux plutôt que d’avoir le courage d’aller réclamer mieux.
En quoi le fait qu’un salarié revendique de meilleur conditions nuirait il aux autres ?


Il faut remettre les priorités à leur place .Il faut réaliser que l’on est sur Terre pour un temps limité, on peut mourir du jour au lendemain. Notre système nous impose de passer la grande majorité de ce temps si précieux à faire des boulots inintéressants, peu gratifiant et mal payés. C’est tout à fait normal que l’on veuille le meilleur (argent, conditions, reconnaissance, temps). Je trouve cela tout à fait justifier, sinon à quoi bon vivre.

A en écouter certains il faudrait se résigner à avoir une vie médiocre avec un boulot chronophage qui nous déplait et gagner juste assez d’argent pour survivre. Pour moi, cela voudrait dire que l’on accorde aucune valeur à notre vie et que l’on manque de courage et d’empathie.

Dernière modification par gandolfi (27/03/2020 12h31)


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[+3]    #18 27/03/2020 20h13

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Lausm a écrit :

Etre payé 1600 balles comme psychologue en Ehpad après 21 ans d’expérience, après tout ce serait aussi faire partie des ultra riches. Non ? Vous trouveriez cela décent au regard du coût de la vie ?

Je ne sais pas si gagner 1600 euros par mois est normal ou indécent. Je gagne, pour ma part, 1350 euros net pour un 70% en tant comme psychologue dans un Ehpad après 7 ans dans la même boîte. Je suis évidemment passé à 100% depuis le virus et dépasse désormais allègrement les 35 heures. Les heures sup ne seront pas payées car je suis au forfait (sans RTT).

Je n’adhère pas à ces propos :

gandolfi a écrit :

Si un salarié se plaint de ses conditions, les gens auront toujours tendance à dire que c’est pire ailleurs, que ce n’est pas justifié…. Les gens font cela pour masquer leur propre couardise. ils ont peur car cela les renvoi à leur propre médiocrité d’accepter cela.

Ils préfèrent niveler vers le bas en jalousant le voisin qui a mieux plutôt que d’avoir le courage d’aller réclamer mieux.

Ce n’est pas l’argent que je gagne qui fait que j’ai une vie (ou que je suis) médiocre ou non (je prends ce propos très agressif, évidemment, pour moi). Je dépense peu, suis en montagne tous les we pour faire de l’escalade, et j’arrive à mettre de l’argent de côté pour mon PEA chaque mois. Je n’ai pas l’impression de manquer. Je suis même étonné que l’état compense dès que mon salaire baisse trop (prime d’activité) et suis effaré de sa richesse et de sa générosité.
Je trouve votre propos très méprisable, c’est ce que l’on gagne qui fait que l’on est médiocre ou non ? C’est le fait de ne pas "réclamer" qui ferait que l’on est couard et donc médiocre ?

Certains se pensent pauvres et geignent alors que nous n’avons jamais vécu aussi richement et avec un tel confort. Travaillant en Ehpad, je peux vous dire que nos aïeux ne vivaient pas comme nous il y a 70 ans et qu’actuellement, la plupart des gens sur la terre ne vivent pas non plus comme nous vivons aujourd’hui. Dire cela n’est pas une opinion, c’est factuel.

Je ne vous interdit pas de geindre sur votre situation, mais je trouve que ce n’est pas très décent. Ces plaintes transpirent l’envie et la jalousie (et la haine) de ceux qui gagnent et consomment plus, tout le monde n’est pas dans cette logique là. Par ailleurs, je ne pense pas que cette position psychologique soit très constructive et saine. Caliméro ne semble pas un personnage très heureux et épanoui. Geindre, c’est se faire victime d’un système qui nous dépasse et c’est chercher à se faire plaindre, comme un enfant. C’est le contraire de l’action, et de tout ce qui pourrait permettre d’être l’acteur de sa vie.

De toute façon, je pense que la période faste que nous vivons ne sera pas éternelle. Je pense que la société de consommation ne sera qu’une parenthèse de l’histoire, de 100 ans peut-être, et que nous vivrons ensuite très différemment (je suis un jancoviciste).

Ma manière de penser ne m’empêche pas d’investir dans de nouvelles études pour augmenter mon salaire et avoir un travail qui m’intéresse plus. Je reprends une formation l’année prochaine pour cela.

Désolé pour le hs.

(modif pour une coquille).

Dernière modification par traz (27/03/2020 22h55)

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[+3]    #19 31/03/2020 18h38

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@Barns

Votre compagne se plaint d’être mal payé à 46k par an en tant que fonctionnaire (3800 euros/mois). Je ne dénigre pas du tout cela. Je ne connais pas son métier et si elle a ce sentiment c’est que cela doit être justifié.

De mon coté ancien salarié du privé à Bac+8. J’ai passé le concours enseignant qui nécessite
un Bac+5 et qui correspond à la catégorie A de la fonction publique (équivalent à commissaire de police, directeur des services….). Je suis à 21,6k par an soit 1800 euros net. Et je peux vous dire que je m’estime très mal payé par rapport à tout cela. Pas de CE, pas de 13eme mois, pas de ticket restau ou autres, même pas de médecine du travail. Les quelques avantages que je pouvais espérer à la retraite se retrouve sabrés depuis la réforme de Macron (900 euros de pension à 67 ans).

L’enseignant français est dénigré et sous payé en France par rapport aux autres pays.

J’envisage de changer, à nouveau, de métier étant donné la tournure que cela prend et depuis que le fonctionnaire est devenu l’ennemi public. Cela me contrarie beaucoup d’avoir passé autant de temps à passer ce concours pour ensuite le jeter à la poubelle.

Il me reste encore l’espoir de pouvoir utiliser une passerelle pour une autre fonction mais il y a très peu de places.

Il existe peut être aussi une solution alternative de travailler à temps partiel et d’avoir une activité plus rémunératrice à coté. Quitte à se mettre en dispo si cela fonctionne. C’est encore un avantage qui reste aux fonctionnaires mais pour combien de temps….


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[+6]    #20 29/04/2020 12h19

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Bonjour à tous
Je sais que je ne vais pas me faire beaucoup de copains aujourd’hui…
Mais en tant que prof de collège (math), et bien moi, je suis dégouté de ne pas pouvoir reprendre rapidement (la classe virtuelle 21.5 h par semaine, ça me saoule…) !
J’ai 1 classe de 6e (youpi, je peux peut-être reprendre le 18 mai) et 4 classes de 4e et 3e (mauvaise pioche, c’est foutu jusqu’au 2 juin, minimum…)
Si on est sérieux à lire certains, on ne reprend jamais…
Bah oui, le COVID va nous accompagner pendant 18 mois, donc on reste confiné jusque-là ?
Pour pas grand risque pour les élèves car à ce jour, pour rappel, 2 morts uniquement chez les moins de 25 ans.
Enfin, les profs ne sont pas plus stupides que les soignants, que diable !
On va faire les gestes barrières, on va porter un masque (obligatoire au collège contrairement à ce que certains écrivent bêtement…) et on fera attention !
Courage, si on s’y met tous avec intelligence, on doit s’en sortir (pour rappel, la Suéde n’a même pas confiné…) !
Arrêtons de ronchonner constamment et de nous trouver des excuses, c’est usant…
Bonne journée

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[+5]    #21 29/04/2020 14h11

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gandolfi a écrit :

C’est effarant de voir… Bien sur il ne faut pas parler de toutes ses aberrations, tous ces risques que l’on fait courir aux élèves, enseignants, personnels de mairie, parents, grands parents mais larmoyer sur le plus beau métier du monde, le lien social, la cantine, le décrochage scolaire en …..maternelle.

J’ai presque la larme à l’œil pour les enseignants en vous lisant. Je vois bien que vous avez à cœur les intérêts des enfants et de votre employeur. Je pense surtout moi qu’il y a les discours et la réalité. Le gouvernement met en place des mesures qui ne seront pas toutes tenables mais qui feront "au mieux".

La réalité c’est que la France ne peut pas redémarrer convenablement sans l’ouverture des écoles. Donc oui, les enseignants vont faire garderie mais on peut aussi se dire, qu’ils vont faire leur métier d’enseigner à leurs élèves (ce pour quoi nous les payons). Personnellement, je considère que les enseignants doivent enseigner et le feront mieux que la majorité des gens surtout quand on est en télétravail à côté. Qu’enseigner en visio est une hérésie surtout si on peut couper la caméra pour ne pas surcharger le réseau. Je suis actuellement une formation continue en visio. Déjà que des adultes ont du mal à accrocher/se motiver pour faire ces cours alors un ado de 15 ans…

Vous minimisez le lien social et l’impact que cela a sur les gens. Ma nièce de 4 ans demande quasiment tous les jours pourquoi elle ne peut pas sortir, voir sa copine, etc…

On rappellera que les fonctionnaires ne sont pas au chômage partiel… Si on commence par vous ôter 15% de votre salaire + une incertitude de retrouver votre boulot, vous seriez peut-être plus motivé pour mettre fin à ces mesures. Notamment si on enlève 15% et qu’une hausse de l’impôt suit. De plus, les parents qui vont laisser leur enfant par choix ou par obligation vont aussi s’exposer au virus et on entend peu de gens du privé râler à ce sujet.
Ne pas aller travailler pour garder ces enfants, c’est la balance entre risquer la maladie de son enfant (rare) ou récupérer 15% de son salaire + tenter de sauver les meubles de la boite dans laquelle on travaille qui est peut-être en difficulté et qui va peut-être vous licencier en fin d’année… Donc aller travailler pour vous comme pour nous, c’est tenté de préserver l’économie.

Si cela vous semble risqué pour votre santé, ne venez pas tout simplement ou démissionnez. Mais à quel moment estimerez-vous être en sécurité ?

Les mesures globales tiennent compte - à mon avis - de la meilleure manière d’assurer l’économie tout en minimisant les risques pour la santé. Ces deux objectifs sont pas forcément synergiques d’où les mesures parfois étranges.

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[+3]    #22 06/05/2020 10h36

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Trahcoh, le 12/06/2019 a écrit :

Si vous cherchez un job nécessitant peu de qualifications, chronophage et mal payé, c’est instituteur qu’il vous faut.

Pour être professeur il faut plus de qualifications, mais vous aurez le plaisir de profiter de votre temps libre à corriger des copies en plus de préparer les cours.

Mais en contrepartie vous aurez la satisfaction d’enseigner à des jeunes que vos cours n’intéressent pas.

Même à 60 € de l’heure je refuse de le faire. Trop stressant.

Pour revenir au sujet (qui n’est pas le coronavirus, mais le métier de professeur), je vous propose mon retour d’expérience.

J’ai été professeur de mathématiques en Lycée avant de devenir actuaire.

Je vous propose un petit comparatif sur ces deux métiers :

Etudes :
Professeur : à l’époque il m’a fallu faire un master de maths enseignement. Beaucoup de maths assez peu d’enseignement. Suivi d’un concours CAPES/AGREG. Le CAPES s’apparente de plus en plus à un diplôme qu’a un concours et il n’est pas très difficile de l’obtenir (avec les notes que j’obtenais aux écrits j’aurais pu obtenir le CAPES sans faire les oraux….).

Actuaire : concours / Admission sur titre à l’entrée des écoles. Je pense que le concours est plus facile que celui d’une école de rang A type Mines/Ponts si on est bon en maths.
Globalement l’école n’est pas très difficile mais il y a néanmoins de la sélection chaque année et des personnes virée à cause de leurs notes. Le mémoire de fin d’études est en revanche beaucoup plus sérieux que ce qui se fait en école d’ingénieur / fac classique. L’admission à l’institut des actuaires dépend du mémoire qui doit être un minimum innovant.

Salaire :
Professeur : j’étais à environ 27K bruts / an. Ma copine a réussi à monter à 2500€ net /mois avant impôts en faisant beaucoup d’heures sup à une époque, mais elle était au bord du burn out…

Actuaire : j’ai été embauché en sortie d’école à 45K bruts/an. Deux ans plus tard ma boîte me proposait 70K bruts en fixe pour que je reste, mais j’ai opté pour un poste en compagnie moins payé (65K de package, mais en ajoutant les divers avantages je pense que le package global est supérieur).

Précarité de début de carrière :
Professeur : Globalement en début de carrière on se retrouve souvent dans des régions que les autres ne veulent pas. Dans mon cas j’étais affecté à la frontière Suisse. Un couple de prof avec un salaire de prof Français à la frontière Suisse, c’est compliqué pour le logement…
Mais la précarité des jeunes profs peut être bien pire car les mutations dépendent d’un barème absurde (d’où un nombre élevé de "faux" pacs). Ma belle sœur s’est ainsi retrouvée "TZR" (remplaçante) en région parisienne. On lui annonce fin Août que son établissement de rattachement se trouve au Sud de Paris (à Juvisy). Elle prend donc un appartement à côté (avec les difficultés que l’on connaît pour se loger en région parisienne quand on a un salaire de prof…). Finalement début Septembre on lui annonce qu’elle effectuera un remplacement à Argenteuil…. Soit à près de 2H de transports en communs.
Elle fait ainsi 3h30/4H de transports par jours pour aller enseigner à de jeunes délinquants à Argenteuil (il y aura plusieurs agressions durant l’année…). Bien sûr, on ne lui annonce pas jusqu’à quand cela va durer, elle garde ainsi son logement, et sera finalement affectée à Argenteuil jusqu’à fin Mai (impossible de changer de logement dans ces conditions…).

Actuaire : lorsque j’ai débuté j’étais consultant. Le consultant c’est un peu le remplaçant/débutant de l’EN. Il est envoyé en mission partout faire le sale boulot, sa boîte gagne 1000-1500€/jour sur son dos et il ramasse les miettes. J’ai ainsi été envoyé faire des missions parfois loin de chez moi, parfois des missions où il était difficile de travailler moins que 8h-21h tous les jours…
Néanmoins, j’ai toujours eu la reconnaissance de mon employeur : frais de repas payés, frais de taxis payés lorsque l’on fini trop tard, frais d’hôtels même pour les missions qui finissent vraiment tard… Et négociation de primes également (en général on arrivait à obtenir 2000-4000 € pour 2/3 mois de mission un peu difficile, des miettes certes, mais une sensation de reconnaissance quand même).

Nivellement par le bas:
Professeur :
Le manque de candidats au concours conduit inexorablement à un nivellement par le bas.
Je ne dis pas que les candidats sont tous des génies, loin de là. Beaucoup (moi y compris) ne sont pas faits pour le métier. Mais au moins la plupart ont un certain niveau en maths.
Aujourd’hui on embauche énormément de contractuels, qui pour beaucoup n’ont que très peu de connaissance mathématiques. Ma copine me racontait que dans son établissement des collègues à elle, profs de maths ne connaissaient pas la différence entre réciproque et contraposée ! Elle m’a également montré des corrections fausses de certains de ses collègues contractuels de maths. Elle est au collège…

Actuaire :
L’émergence des facs d’actuariat et le besoin important d’actuaire fait baisser le niveau. Néanmoins, le titre d’actuaire garanti un certain niveau de connaissance académique. L’institut des actuaires veille sur la taille de ses promotions et le manque d’actuaire est comblé en partie par des polytechniciens / centraliens qui ont un niveau académique correct. De ce fait je trouve la situation plutôt équilibrée.

Reconnaissance sociale:
Professeur : la reconnaissance sociale est déplorable. Je l’explique plus haut en partie via l’afflux de contractuels au niveau théorique très faible et également par le fait que les professeurs certifiés/agrégés qui eux ont un niveau théorique correct n’ont pas forcément été formés sur l’aspect pédagogie (nous n’avions quasiment aucune formation sur ces sujets à l’époque). Or pour être un bon prof il faut les deux : le bagage technique et la capacité à transmettre. On a donc pas mal de mauvais profs qui rendent l’image générale mauvaise. A cela s’ajoute la jalousie des personnes par rapport aux vacances (ce qui est absurde car comme dit plus haut, le concours est très simple, donc au lieu de se plaindre, il suffirait de le passer…).

Actuaire :
L’actuaire est vu comme quelqu’un dont la parole compte. Il a rapidement accès à des personnes très haut placées au sein de grandes banques/assurances, avec un salaire globalement assez bon.

Horaires :
Professeur : 18 h de présence devant élève a minima (en pratique plutôt 20 je pense avec le manque de personnel). Les horaires hors classe dépendent très fortement de l’investissement et de l’efficacité du prof. Ma copine s’investit beaucoup, je dirais qu’elle fait l’équivalent d’un travail de cadre à 40h/semaine. Il est possible de faire (beaucoup) moins, surtout avec l’expérience.

Actuaire :
Là aussi c’est très variable. Je dirais qu’il est difficile de faire beaucoup moins que 9h-18h, certains font beaucoup plus. En tant que consultant, certaines missions nécessitaient de faire 8h-00h pendant 6 jours consécutifs. Les heures sups ? A partir de 11h travaillées dans la journée. Beaucoup de collègues font autour de 50-60h par semaine. Avec l’expérience les horaires s’allongent. Lorsque je regarde l’agenda de mon N+2, il n’y a pas beaucoup de trous entre 8h et 20h…

Congés :
Prof : je pense que tout le monde connaît.
En revanche, je pense que c’est un peu illusoire. En effet, je connais peu (ou très peu) de profs qui ne travaillent pas pendant leurs congés. Je ne dis pas qu’ils font de grosses semaines. Mais je connais des actuaires qui ne posent pas la semaine de Noël ni celle du 15 Août et on ne considère pas qu’ils ont deux semaines de congés, pourtant le prof travaille sûrement plus pendant les vacances de la toussain que l’actuaire la semaine du 15 Août.

Actuaire : j’ai environ 9/10 semaines de congés. Je ne m’en plains pas.

Dernière modification par lllll (06/05/2020 10h43)

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