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#51 14/06/2019 11h24 → Le métier de professeur/e des écoles (professeur, professeure, école)

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cat a écrit :

Valdec a écrit :

Lorsque j’étais en prépa je me suis inscrit aux concours de l’ENS et ai été admis.

N’êtes-vous pas alors fonctionnaire (ou en disponibilité)?
Si c’est le cas, c’est plus simple pour vous de devenir enseignant sans nécessairement passer par la case concours.

Non car j’ai finalement choisi une autre école et une autre voie que l’enseignement, pour au final me retrouver dans encore un tout autre domaine.

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[+1]    #52 14/06/2019 11h39 → Le métier de professeur/e des écoles (professeur, professeure, école)

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Je vais juste évoquer deux points.

Le premier est l’utilité de l’inutile. On peut supprimer l’histoire, les lettres… les sciences humaines au sens large. ça coûte et ne rapporte rien.

Un de mes loisirs est la littérature. C’est très éloigné de mon domaine d’activité professionnel - et pourtant, en dehors de l’aspect plaisant de la chose, c’est aussi quelque chose qui m’aide à mieux comprendre la nature humaine.
Enfant, mon père m’a emmené un jour visiter le camp de concentration de Struthof, en Alsace. C’est une trace de notre histoire - et cette visite a changé celui que j’étais et a répudié en moi à jamais certaines idées nauséabondes encore présentes aujourd’hui.

Le second point est que la Mission de l’Education Nationale est aussi … d’éduquer. L’enfant vit dans un environnement familial et local pas toujours favorable. Les hussards noirs de la République avaient comme rôle d’être un contre-pouvoir à la toute puissance de l’église catholique à l’époque. Aujourd’hui, dans certains quartiers, à l’heure des fakes news et de la radicalisation de certaines populations, cette mission d’Education reste toujours fondamentale et cruciale à terme et les outils dont disposent les instituteurs (la parole, la discussion, la raison) presque dérisoires.

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#53 14/06/2019 11h41 → Le métier de professeur/e des écoles (professeur, professeure, école)

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Faith a écrit :

En parallèle, il se plaint aussi de la baisse régulière de son salaire: oui, baisse car a priori malgré le gel du point, son salaire net a baissé plusieurs années de suite (CSG et quelques autres évolutions que je n’ai pas suivies).

Il y a notamment l’accroissement du taux de retenue pour la pension civile (pour se rapprocher de ce qui se fait dans le privé). Normalement, cette histoire est presque terminé.

Faith a écrit :

Espérons que les enseignants du privés puissent prendre le relai si le public ne tient plus le coup.

Pour moi, les enseignants du privé sont logés quasiment à la même enseigne (déjà en terme de carrière, pour la plupart ils sont employés de l’éducation nationale, donc évoluent de manière similaire au public).

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#54 14/06/2019 16h43 → Le métier de professeur/e des écoles (professeur, professeure, école)

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Le privé sous contrat n’a pas de meilleurs profs que le public, ils sont plutôt moins qualifiés en moyenne. Les établissements privés d’élite sont forts bons mais ca a un prix.

La différence principale est que le rectorat ne peut pas imposer à un établissement privé d’inscrire des élèves fauteurs de troubles.

Kundera a écrit :

Le second point est que la Mission de l’Education Nationale est aussi … d’éduquer. L’enfant vit dans un environnement familial et local pas toujours favorable. Les hussards noirs de la République avaient comme rôle d’être un contre-pouvoir à la toute puissance de l’église catholique à l’époque. Aujourd’hui, dans certains quartiers, à l’heure des fakes news et de la radicalisation de certaines populations, cette mission d’Education reste toujours fondamentale et cruciale à terme et les outils dont disposent les instituteurs (la parole, la discussion, la raison) presque dérisoires.

C’est un aspect très important.

Cela dit, plutôt que d’éduquer, il s’agissait de discipliner. Et ça y allait assez rudement. C’est cet aspect qui n’a plus été accepté par la société après Mai 68.

Les problèmes avec cette approche moderne qui n’assume pas le coté obscur, disciplinaire, pré-militaire même, de l’institution ou plus simplement l’inévitable arbitraire de l’autorité du maître ont été détectés très tôt mais il a fallu beaucoup de temps pour qu’il ne soit plus possible de les ignorer.

Dernière modification par Caratheodory (14/06/2019 17h10)

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[+1]    #55 14/06/2019 19h29 → Le métier de professeur/e des écoles (professeur, professeure, école)

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Deneb a écrit :

Double6 a écrit :

C’est oublier un peu vite que c’est nous qui payons pour cette vaste blague !

Le mot blague est effectivement le mot qui convient, les diplômes délivrés dans le secondaire n’ont aucune valeur, ce ne sont que des certificats de présence qui ne certifient plus le moindre niveau.
Les enseignants sont les premiers à s’en plaindre mais ce ne sont ni les enseignants, ni leurs syndicats qui décident contrairement à ce que pense l’anti-prof de base.
C’est toute la technostructure qui est devenue folle et qui a détruit l’enseignement dans ce pays.
Aujourd’hui, la principale préoccupation de la technostructure est de cacher ce qu’ils ont fait, alors on propose des sujets indigents aux examens nationaux, mais cela s’avère insuffisant face à la grande faiblesse des candidats, il faut en plus noter large, très large sous le joug des IPR(inspecteur pédagogique régionaux) et des commissions d’harmonisation.
Des lois liberticides ont aussi été votées pour faire taire les enseignants dans le package bien mal dénommé "l’école de la confiance" (l’école de l’esbroufe, plutôt! C’est très Orwellien,l’école de la confiance).

Sur la baisse du niveau du BAC: Question à Frank Ramus : "C’est plus facile d’avoir son BAC aujourd’hui qu’il y a 50 ans ?" cf video à 2:22
twitter.com/franceculture/status/1120930369283461120

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[+3]    #56 14/06/2019 20h28 → Le métier de professeur/e des écoles (professeur, professeure, école)

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Ce métier n’attire plus grand monde, du moins dans certaines disciplines, comme les sciences par exemple. Les étudiants, et je les comprends, n’ont pas envie de passer un master pour se retrouver à faire la police et à maintenir la paix civile dans des banlieues au lieu d’enseigner, tout ça pour 1400€ par mois en début de carrière. En plus il faut faire avec la hiérarchie qui exige que les personnels ne fassent surtout pas de vagues, les soutien de moins en moins, l’irrespect des élèves, des  parents, les insultes, la baisse du QI, le défaut d’éducation généralisé, et la baisse dramatique du niveau d’exigence scolaire, du sens de l’effort, conjugués à l’hypocrisie crasse de la hiérarchie qui vit dans le déni des réalités et les effets de communication (ne surtout pas faire de vagues, baisser le niveau des examens pour faire croire que tout va bien)…
A bien des égards, il faut être masochiste ou inconscient des conditions réelles d’exercice pour se lancer aujourd’hui dans le métier. Les vacances ne font plus la différence et cet avantage ne réussit plus à motiver. La solution serait une baisse de la qualification exigée, et recruter à bac +3, le niveau actuel des contractuels. Je pense qu’on va y venir.

Dernière modification par Juillet (14/06/2019 20h29)

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[+6]    #57 14/06/2019 20h45 → Le métier de professeur/e des écoles (professeur, professeure, école)

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LoopHey a écrit :

Mais ça paye pas. Voila pourquoi personne n’y va.

N’êtes vous jamais posé la question, pourquoi le corp médicale Suisse est si excellent ? Car ça paye.
Pourquoi les Universités Américaines sont si réputés ?

3 phrases, 6 fautes (3 en expression écrite et 3 en orthographe).
Finalement, les bouquins, vous auriez peut-être dû les ouvrir un peu quand même ;-)

Dernière modification par maxicool (14/06/2019 20h46)


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[+1]    #58 15/06/2019 09h15 → Le métier de professeur/e des écoles (professeur, professeure, école)

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Mais forcément vous les profs vous avez trop de temps libre, alors vous passez votre temps à corriger les fautes des autres.

C’est pas parce que j’aura lu tous les livres que je sera plus intelligent.

L’occasion pour moi de conseiller un livre de Dale Carnegie à notre ami looping (attention, écrit en 1936, il y a peut-être des vieux mots dedans):

Amazon.fr - Comment se faire des amis - Dale Carnegie - Livres

Lecture recommandée par Warren Buffett si ça peut le motiver.

Dernière modification par Trahcoh (15/06/2019 09h57)

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#59 15/06/2019 13h39 → Le métier de professeur/e des écoles (professeur, professeure, école)

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Non ce n’est pas possible :

LoopHey a écrit :

… J’étais pas mauvais élève, toujours 16 de moyenne au collège et…

Incohérent ? Ou encore une déficience du corps enseignant ?

Dernière modification par Iqce (15/06/2019 13h47)

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[+3]    #60 15/06/2019 14h27 → Le métier de professeur/e des écoles (professeur, professeure, école)

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LoopHey a écrit :

Mais ça paye pas. Voila pourquoi personne n’y va.

N’êtes vous jamais posé la question, pourquoi le corp médicale Suisse est si excellent ? Car ça paye.
Pourquoi les Universités Américaines sont si réputés ? car les enseignants sont bien payés.

Pour avoir des élites, il faut les payer. Encore faut-il les aimer nos élites…

On lève ici, encore un problème fondamental Français. Le travail ne paye pas. Liberté, égalité, fraternité.

Je suis d’accord avec ce commentaire.

Aujourd’hui, il y a 2 types de personnes qui rentrent à l’EN :

1- Ceux dont la vocation est l’enseignement. Pour eux, le métier prime sur le reste. Je pense que la plupart des enseignants que nous qualifions de bons, font partie de cette catégorie. Le salaire est un paramètre moins important pour eux.

2- Ceux qui n’ont pas la vocation. Mais qui doivent bouffer et qui cherchent la sécurité de l’emploi. Je dirai que ceux qui finissent à l’EN sans avoir la vocation d’enseigner, c’est que le coté matériel prime sur la vocation. Toutes ces personnes ne sont pas forcement de mauvais enseignants, mais disons que leur état d’esprit n’est pas "optimal" pour assurer cette difficile tâche qui est d’enseigner. Ils prennent un job d’enseignant, comme ils en prendraient un autre.

Un autre problème. L’EN favorise ou en tous cas a très longtemps favorisé moultes filières, dont le seul débouché était de devenir enseignant ! Le vase clos, ou une organisation travaille avant tout pour elle même, et qui a perdue totalement de vue sa mission.

Ensuite, une dernière remarque. Sérieux, qui aujourd’hui est prêt à passer 40 de sa vie à faire la même chose, en ayant comme seule opportunité de casser la routine, de voir des changements de programme mineur tous les 4 ou 5 ans ?

Bref, enseigner est un sacerdoce, c’est fondamental pour enseigner. Mais cela ne paie pas. Alors on à maintenant l’EN que l’on a. Pour ma part, je considère que la cause est définitivement perdue.

A+
Zeb

Dernière modification par zeb (15/06/2019 14h58)

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[+1]    #61 15/06/2019 15h01 → Le métier de professeur/e des écoles (professeur, professeure, école)

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zeb a écrit :

Bref, enseigner est un sacerdoce.

Et puis quoi, encore ?
Un sacerdoce, on croît rêver !
Tout le monde, nous méprise dans ce pays, que ce soit la technostructure de l’éducnat ou les parents d’élève, et nous devrions nous sacrifier pour eux.
Étant donné la profonde dénaturation de notre métier, l’école n’est plus qu’une gigantesque garderie, beaucoup de mes collègues cherchent à quitter l’institution en passant d’autres concours, certains même démissionnent.
Entre ceux qui ne deviendront jamais enseignant parce que le salaire est minable et que les conditions d’exercice deviennent insupportables (ils ont été élèves, ils savent de quoi est capable une classe) et ceux qui cherchent à quitter le navire, ce pays finira par avoir le système éducatif qu’il mérite.
Pour moi et beaucoup d’autres, ce métier n’est plus qu’alimentaire, et ce n’est pas pour autant que je ne m’efforce pas de le faire correctement.
J’ai quinze ans de boutique et il est probable que dans cinq ans (si mes placements tiennent leurs promesses), je fasse une rupture conventionnelle (Oui, je prends l’argent et je me tire !).
Je ne peux pas continuer à travailler pour une institution quasi-soviétique au cœur de laquelle on trouve le mensonge, la dissimulation au sujet du niveau réel des élèves.

Dernière modification par Deneb (15/06/2019 15h06)

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#62 15/06/2019 15h06 → Le métier de professeur/e des écoles (professeur, professeure, école)

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Deneb,
Vous rouspétez, mais vous exprimer exactement ce que j’ai exprimé. J’ai du mal à comprendre votre agressivité.
Si c’est pour m’envoyer une volée de bois vert, ce n’est pas la peine de me répondre.

A+
Zeb

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[+1]    #63 15/06/2019 15h14 → Le métier de professeur/e des écoles (professeur, professeure, école)

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Bonjour Zeb,

Désolé si j’ai pu paraître agressif mais  sacerdoce fait partie des mots qui me font sauter au plafond dès qu’il est question de mon métier.

Dernière modification par Deneb (15/06/2019 15h15)

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#64 15/06/2019 15h18 → Le métier de professeur/e des écoles (professeur, professeure, école)

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zeb a écrit :

Aujourd’hui, il y a 2 types de personnes qui rentrent à l’EN :
1- Ceux dont la vocation est l’enseignement.
2- Ceux qui n’ont pas la vocation.

C’est pas pareil dans tous les métiers ?


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[+1]    #65 15/06/2019 15h20 → Le métier de professeur/e des écoles (professeur, professeure, école)

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zeb a écrit :

Un autre problème. L’EN favorise ou en tous cas a très longtemps favorisé moultes filières, dont le seul débouché était de devenir enseignant !

Faux.

Les filières les plus privilégiées sont X-mines et ena-inspection des finances. J’ai pris  le wagon suivant avec ENS-doctorat et le but etait de faire de moi un chercheur. Je suis devenu prof de fac, parce que c’est une bonne façon d’être chercheur en etant mieux payé, que c’est la norme internationale et que je suis fait pour ça.

En parlant en termes de norme internationale,  croyez bien que je ne vous coute pas bien cher pour faire ce boulot.  Mes analogues parisiens se barrent à l’étranger parce qu’ils ne peuvent pas se payer leur immobilier, moi ça va parce que je suis en province et peux me le payer.

Les filières qui permettent de devenir enseignant de primaire ou de secondaire ne sont plus favorisées depuis belle lurette, disons depuis la suppression des IPES, bien au contraire, et le probleme de la qualité des enseignants recrutés n’y est pas étranger.

Je serais ravi de vous fournir des tombereaux de bons profs mais avec ce que vous leur donnez, ils préfèrent devenir ingénieurs.

Tout le probleme de l’ l’EN vient la mesquinerie de la société française vis à vis des profs.

D’ailleurs le principal problème de la France est la mesquinerie.

Le vase clos, ou une organisation travaille avant tout pour elle même, et qui a perdue totalement de vue sa mission.

Ensuite, une dernière remarque. Sérieux, qui aujourd’hui est prêt à passer 40 de sa vie à faire la même chose, en ayant comme seule opportunité de casser la routine, de voir des changements de programme mineur tous les 4 ou 5 ans ?

Bref, enseigner est un sacerdoce, c’est fondamental pour enseigner. Mais cela ne paie pas. Alors on à maintenant l’EN que l’on a. Pour ma part, je considère que la cause est définitivement perdue.

A+
Zeb

Payez les profs 3k nets par mois en début de carrière et 5k en fin de carrière et vous solutionnerez le problème.

C’est pas compliqué, il suffit de rattraper la perte de pouvoir d’achat du point d’indice depuis sa desindexation. Vous avez smicardisé les profs, souffrez qu’ils se comportent comme des smicards.

Quant au sacerdoce, je puis vous assurer que mes étudiants n’en ont pas la vocation. Certains feraient de tres bons profs si vous les payiez et les respectiez.

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[+1]    #66 15/06/2019 15h38 → Le métier de professeur/e des écoles (professeur, professeure, école)

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Après les témoignages précédents très complets, je pourrais encore ajouter :

En positif

- le travail d’équipe, sous réserve d’être parvenu à créer une bonne ambiance (ce n’est hélas pas le cas de toutes les écoles). Nous gérons des projets transversaux (participation de plusieurs classes sur un même projet), partageons les ressources humaines (AVS - qui se font de plus en plus rares - , ATSEM), soutien des collègues en difficulté (mise en place de protocoles de prise en charge d’élèves difficiles…). Quand on est les 3/4 du temps seul devant ses élèves, seul face aux parents et à leurs humeurs (et ça peut aller loin, les humeurs des parents, surtout en quartier difficile), l’appartenance à une équipe soudée est très riche humainement.

- sur place, l’absence du supérieur hiérarchique (IEN Inspecteur de l’éducation Nationale) engendre un sentiment de responsabilité et d’autonomie. On est dégagé de l’envie de plaire/la peur de se faire humilier, que j’ai pu expérimenter dans le privé dans ma précédente vie. J’ai conscience que ce ressenti est très personnel.

- routine inexistante, puisque nous travaillons sur le "matériau humain". Chaque classe est un nouveau défi, chaque enfant a sa personnalité. La liberté pédagogique permet de choisir totalement librement les thèmes abordés (dans le cadre des programmes, biensûr), et les sorties scolaires, les intervenants associés (dans la limite du budget disponible, biensûr smile )

En négatif

- il faut toujours être "bien" psychiquement, sous réserve de se manger une journée de classe catastrophique. Les enfants ont besoin d’une attention bienveillante et d’un cadre clair. Le jour où on est énervé, fatigué, etc. on le paye généralement au carré (agitation des enfants au carré). On dit qu’on n’enseigne pas ce qu’on sait, ou ce qu’on croit savoir, on enseigne ce qu’on est. Et c’est une sacrée exigence.

- il est difficile de rentrer chez soi sans rapporter les tensions de la journée (en particulier, la vidange du réservoir de patience smile ). Il faut bien veiller à préserver nos propres enfants.

- l’absence de résultat immédiat. L’éducation est un processus sinueux, fait de progrès et parfois de régressions. On a souvent l’impression de ne pas avoir obtenu le résultat escompté, compte tenu de l’énergie dépensée dans la journée, dépensée aussi dans la préparation en amont.
On prend les quelques remerciements des parents avec beaucoup (beaucoup) de plaisir et un certain soulagement.

Oui, c’est un sacerdoce.

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#67 15/06/2019 15h52 → Le métier de professeur/e des écoles (professeur, professeure, école)

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Deneb a écrit :

Désolé si j’ai pu paraître agressif mais  sacerdoce fait partie des mots qui me font sauter au plafond dès qu’il est question de mon métier.

Aujourd’hui, si vous ne faites pas un sacerdoce de votre métier d’enseignant, vous vous "brulez", tant les conditions d’exercice de ce métier sont difficiles. C’est le seul moyen de tenir à mon avis.
Maintenant, si juste un mot déclenche une telle réaction, je pense que j’ai mieux à faire ailleurs.

Caratheodory

Pour quelle raison me pointez vous du doigt ? Je fais un constat, vous me pointez du doigt.
N’ai je pas écris que j’étais d’accord avec le message de LoopHey qui disait que les enseignants étaient très mal payé ?
Qu’est ce qui vous choque la dedans ?
En quoi je méprise les enseignants, comme vous l’écrivez très clairement ?
Ne me dites pas que toutes les places disponibles dans les filières universitaires de sociologie, histoire, psychologie et autre archéologie pour n’en citer que quelques unes, sont absorbés chaque année par les besoins du marché de l’emploi ? Dès lors, que peuvent bien faire tous ces étudiants si ce n’est s’orienter ver l’EN ? Et pourtant, nous manquons cruellement de plombiers, électriciens, informaticiens, mécaniciens etc …..

Décidément, j’ai bien mieux à faire ailleurs.

JeromeLeivrek

Oui, tout à fait. Mais être enseignant est un métier pas comme les autres. Sa finalité n’est pas de permettre à son entreprise de gagner de l’argent. Sa mission est tout autre et bien plus fondamentale.

En conclusion, exprimer un constat ou même oser exprimer une opinion sur les enseignants ne rapporte que des engueulades et des reproches.

J’ai bien mieux à faire ailleurs, la discussion est close pour moi.

Zeb

Dernière modification par zeb (15/06/2019 15h54)

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#68 15/06/2019 15h58 → Le métier de professeur/e des écoles (professeur, professeure, école)

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Accepter d’être payé PARFOIS en satisfaction du devoir accompli et SOUVENT en mépris n’est pas un comportement économique rationnel. Voila la source des problemes de recrutement de l’EN.

C’est tellement évident que personne ne veut le voir.

Caratheodory

Pour quelle raison me pointez vous du doigt ?

Pour l’emploi du mot sacerdoce. C’est tres tres mal venu.

Je fais un constat, vous me pointez du doigt.
N’ai je pas écris que j’étais d’accord avec le message de LoopHey qui disait que les enseignants étaient très mal payé ?
Qu’est ce qui vous choque la dedans ?
En quoi je méprise les enseignants, comme vous l’écrivez très clairement ?
Ne me dites pas que toutes les places disponibles dans les filières universitaires de sociologie, histoire, psychologie et autre archéologie pour n’en citer que quelques unes, sont absorbés chaque année par les besoins du marché de l’emploi ? Dès lors, que peuvent bien faire tous ces étudiants si ce n’est s’orienter ver l’EN ? Et pourtant, nous manquons cruellement de plombiers, électriciens, informaticiens, mécaniciens etc …..

Je puis vous assurer que c’est le cas dans les filières scientifiques ou je sévis ( maths, info, physique, etc…). Et que les étudiants se détournent de plus en plus de l’EN.  Et que j’adorerais vous livrer chaque année des tomberaux de bons profs (et ingénieurs) pour pas plus cher qu’aujourd’hui - mais il faudrait que vous consentiez à les payer.

Le discours anti-EN c’est juste une tactique pour faire les poches aux profs.

Personnellement je serais pour que les inscriptions en Licence soient contigentées en fonction notamment des débouchés. Les collègues de sciences humaines ne seront pas d’accord mais j’en ai un peu marre de payer pour leurs chimères et les lâchetés politiques devant les syndicats étudiants.

Dernière modification par Caratheodory (15/06/2019 16h20)

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#69 15/06/2019 16h28 → Le métier de professeur/e des écoles (professeur, professeure, école)

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zeb a écrit :

Aujourd’hui, si vous ne faites pas un sacerdoce de votre métier d’enseignant, vous vous "brulez", tant les conditions d’exercice de ce métier sont difficiles. C’est le seul moyen de tenir à mon avis.
Maintenant, si juste un mot déclenche une telle réaction, je pense que j’ai mieux à faire ailleurs.

Zeb,
Si vous pouviez lire tout ce qui s’écrit sur notre profession sur divers forums lorsqu’un sujet éducatif vient à faire la une de l’actualité, vous comprendriez l’origine de notre susceptibilité (Et la situation n’est pas loin d’être la même pour les soignants à l’Hôpital).

Sinon, je vous rassure, je n’ai pas besoin de me sentir investi d’une mission divine pour me protéger des brûlures de ce métier.
J’ai le cuir très dur à présent.
D’une façon générale, on pourrait dire que je suis en quelque sorte programmé pour la survie quelles que soient les conditions, de sorte que rien en lien avec mon métier ne peut plus m’atteindre.
Et il est heureux qu’il en soit ainsi parce que certains ont besoin de médicaments ou d’alcool pour tenir.

Dernière modification par Deneb (15/06/2019 16h29)

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[+3]    #70 15/06/2019 17h15 → Le métier de professeur/e des écoles (professeur, professeure, école)

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Une fois n’est pas coutume, je me retrouve sur une position centriste. Je ne comprends pas les passions que cette file déchaine. Le métier de professeur des écoles ne me semble pas être particulièrement plus paisible ou plus dur ou mieux ou moins mal payé qu’un autre.

Si j’ai bien compris, en moyenne, un professeur des écoles (objet de la file) commence à 25 k€ bruts en début de carrière (année de titularisation) et finit dans les 45 k€, hors primes (source : éducation nationale).

Les enseignants du premier degré déclarent travailler environ 44 heures p/semaine (38 heures en maternelle jusqu’à 45 heures pour un Directeur d’école) (source: éducation nationale).

Tout ça ne me paraît pas être extravagant : on est loin de salaires de misère (ils semblent parfaitement corrects) et les heures de travail ne sont pas délirants. Ça correspond grosso modo à ce qu’on trouve pour des cadres ’moyens’ (sans fonction de direction) dans ma branche d’activité.

La seule spécificité du métier que je vois : on travaille avec des enfants, ce qui est sans doute très particulier. Si on ne supporte pas cette (indéniable) pression, c’est qu’on s’est trompé de job. Et j’ai du mal à croire que cette pression soit particulièrement plus élevée que dans beaucoup d’autres jobs. Elle est simplement de nature différente.

Et on peut aussi se dire que c’est compensé par les avantages extraordinaires qui sont conférés par la sécurité de l’emploi + la progression quasi-automatique du salaire.

Sinon et sur le sujet de la file.
J’ai un ami qui a décidé récemment de vendre son commerce pour devenir instituteur. Il a eu le concours et est en stage. Il a des horaires de travail assez soutenus (sans doute de l’ordre de 45-50 heures p/semaine), qui correspondent à l’investissement qui est nécessaire en début de carrière. Par contre, il ne doit plus se lever avant l’aube pour aller faire la tournée des maraichers et il y a gagné un truc incroyable : il dort bien mieux. Finit les angoisses de trésorerie, l’obsession de générer du CA et des marges, de payer les salaires et l’Urssaf etc.

Dernière modification par carignan99 (15/06/2019 17h17)

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[+2]    #71 15/06/2019 19h06 → Le métier de professeur/e des écoles (professeur, professeure, école)

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> Carignan,

le lien que vous avez donné avec 45K brut en fin de carrière, c’est "dans le meilleur des cas" avec un passage à la Hors Classe. Ca correspond à la rémunération de l’échelon 6 de la Hors Classe, mais tous les enseignants n’y accèdent pas.
Certains resteront à 37,6K brut (échelon 11 de la classe normale).

Je préfère utiliser ce site pour la salaire des fonctionnaires.

---

Pour information et comparaison peur ceux qui souhaitent, voici la grille de salaire d’un professeur certifie de classe normale :

Echelon - Salaire brut - Salaire net

1 (1 an) - 1 818,18 € brut - 1469 € net   
2 (1 an) - 2 066,54 € brut - 1669 € net
3 (2 ans) - 2 085,28 € brut - 1685 € net
4 (2 ans) - 2 146,20 € brut - 1734 € net
5 (2 ans 1/2) - 2 207,12 € brut - 1783  net

Au bout de 8 ans et 6 mois : 2263,35 x 12 = 27160 € brut / 21948 € net

6 (3 ans) - 2 263,35 € brut - 1829 € net
7 (3 ans) - 2 394,56 € brut - 1935 € net
8 (3 ans 1/2) - 2 563,26 € brut - 2071 € net

Au bout de 18 ans : 2731,95 x 12 = 32783 € brut / 26484 € net

9 (4 ans) - 2 731,95 € brut - 2207 € net
10 (4 ans) - 2 928,77 € brut - 2366 € net
11 (infini) - 3 134,95 € brut - 2533 € net

Au bout de 26 ans (jusque la fin de carrière) : 3134,95 x 12 = 37619 € brut / 30396 € net

---

Si passage à la Hors-Classe (par exemple après 5 ans à l’échelon 11)

HC 4 (3 ans) - 3327,08 € brut - 2688 € net
HC 5 (3 ans) - 3542,63 € brut - 2862 € net
HC 6 (3 ans) - 3739,45 € brut - 3021 € net

Au bout de 31 ans : 3327,08 x 12 = 39925 € brut / 32256 € net
Au bout de 37 ans (jusque la fin de carrière) : 3739,45 x 12 = 44873 € brut / 36252 € net

Précisions : salaires bruts sans CE, sans intéressement, sans part variable, sans PEE ;-)
Bref, rien d’autre à côté.
Je le précise car, lorsque je parle salaire avec des amis travaillant dans le privé, ils ne comptent jamais les "a-côtés" dont ils profitent (ou ils les "oublient").

---

De mon point de vue, plus que le salaire brut réel actuel, c’est l’évolution du salaire des enseignants par rapport au SMIC (depuis quelques dizaines d’années) qui m’interpelle. Ce qu’un membre a appelé la "smicarisation des profs" un peu au dessus.

L’économiste Robert Gary-Bobo est l’auteur d’une très vaste étude sur le niveau de rémunération des enseignants.
Son étude montre que le pouvoir d’achat du salaire net des professeurs a baissé de 20 % entre 1981 et 2004, soit une diminution de 0,8 % par an en moyenne et ce grignotage se poursuit.

La "smicarisation" des profs ?

En 1976, le SMIC était de 1518,37 Fr , tandis qu’un enseignant certifié gagnait :
- 2967,73 Fr en débutant, soit 1,95 fois le SMIC.
- 5876,43 Fr en fin de carrière, soit 3,87 fois le SMIC.

En 2012, le SMIC est de 1118,44 €, tandis qu’un enseignant certifié gagne :
- 1584 € en début de carrière, soit 1,4 fois le SMIC.
- 2543 € en fin de carrière (échelon 11), soit 2,27 fois le SMIC.
- 3026 € en fin de carrière (hors classe), soit 2,7 fois le SMIC.

Pour revenir au même niveau de rémunération qu’en 1976 par rapport au SMIC, il faudrait donc que les salaires soient de :
- 1118,44 * 1.95 = 2181 € pour un certifié en début de carrière.
- 1118,44 * 3.87 = 4328,4 € pour un certifié en fin de carrière (HC).

Maxicool

Dernière modification par maxicool (15/06/2019 19h44)


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#72 15/06/2019 19h28 → Le métier de professeur/e des écoles (professeur, professeure, école)

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je me référai au passage suivant :

source
Tableau de rémunération du professeur des écoles
Données au 1er septembre 2017
Les rémunérations sont exprimées en brut. Les traitement mensuels s’entendent hors perception de l’indemnité de résidence ou du supplément familial de traitement. Les taux des indemnités sont annuels.


Tout ça est hors prime. J’imagine que c’est la moyenne toutes classes confondues.

Mais les rémunérations que vous indiquez (en gros post stage un débutant est à 25 k€) ne me paraissent pas être déconnants. Pas très élevées, pas particulièrement basses.

Chez moi, un junior (cadre, sans fonction d’encadrement) débute à 25 k€ brut.

Un CE, beaucoup dans le privé n’en ont pas. PEE et part variable, idem. Et encore faudrait-il aussi comptabiliser les primes/avantages dans l’éducation nationale si on voulait vraiment comparer. cf. le tableau dans ma source. Aussi le supplément familial : les enseignants à l’Université sont beaucoup mieux lotis que dans le privé (dans l’éducation nationale, je ne sais pas).

Après, on peut comparer tant qu’on veut. On va trouver des métiers à risque moins bien payés que les profs, d’autres aussi bien payés mais où on risque sa peau (illustration sur la source que vous citez : sous-off marine nationale), d’autres aussi bien payés à charge de travail/pression identique et d’autres mieux payés.

Au final, la rémunération des professeurs des écoles me parait être décente, pour une charge de travail également décente (on ne se tourne pas les pouces mais on ne se détruit pas non plus au boulot - tout ça en moyenne évidemment).

En termes d’investissement patrimonial (son temps) et de stratégie de carrière, je ne vois qu’un job comme un autre.

Signé : un forumeur qui tient en très haute estime les professeurs des écoles de ses 3 enfants (aucune ironie ni condescendance dans ce propos, juste une appréciation lucide et franche).

Dernière modification par carignan99 (15/06/2019 19h33)

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#73 15/06/2019 19h39 → Le métier de professeur/e des écoles (professeur, professeure, école)

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Oui, le salaire est "hors-prime".
La seule prime que tout les enseignants ont, c’est l’ISOE (1213,56 € brut par an).

Personnellement, je ne me plains pas de mon salaire.
Je suis à la Hors Classe (échelon 5), je considère que je ne suis pas du tout à plaindre, vu les avantages que ce métier m’apporte (rythme de vie, presque pas de hiérarchie, je gère mon emploi du temps comme je veux, j’ai beaucoup de temps pour mes enfants…).

Je soulignais seulement que le lien du ministère spécifiait le salaire après 30 ans pour un enseignant à la Hors Classe.
Le ministère précise que "la durée des échelons est fixe et connue, et le rythme d’avancement est unique. Une carrière normale se déroule de la classe normale à la hors classe et peut se terminer en classe exceptionnelle".
Ce qui est en gras est invérifiable.

La dernière réforme a supprimé les 3 rythmes d’avancement pour cette "promesse". Mais on ne sait pas si cette promesse sera tenue (pour l’instant).

Maxicool

Dernière modification par maxicool (15/06/2019 19h43)


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#74 15/06/2019 19h41 → Le métier de professeur/e des écoles (professeur, professeure, école)

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carignan99 a écrit :

Au final, la rémunération des professeurs des écoles me parait être décente, pour une charge de travail également décente

Je suis assez d’accord avec ce point.
Mais si on regarde le principe du marché du travail, la difficulté à recruter des enseignants semble indiquer que quoique la paye soit décente, elle n’est pas suffisante.


La vie d'un pessimiste est pavée de bonnes nouvelles…

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#75 15/06/2019 19h46 → Le métier de professeur/e des écoles (professeur, professeure, école)

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Il y a des difficultés à recruter des professeurs des écoles (sujet de la file)? C’est possible mais je ne trouve que des rapports concernant le secondaire. Mais bon, je ne suis pas un ’insider’ ni un spécialiste en la matière.

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