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#376 25/03/2020 11h14

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olivier62 a écrit :

Je pense que c’est pour cela que les démissions explosent

Oui, enfin il faudrait quand même pas essayer de faire croire qu’il y a une fuite massive d’enseignants. Les démissions explosent…pour rester à un niveau marginal, pour ne pas dire anecdotique.
J’avais posté les chiffres ici.

En 2017-18, on parle de 861 démissions parmi les enseignants du premier degré, sur un effectif de 403000 personnels (y compris les 46k enseignants du privé). Soit un taux de 0,21%. (source : mes calculs, d’après bilan social EN). C’est 0,11% parmi les enseignants du secondaire.

Alors bien sur, les démissions ont doublé dans le primaire au cours des quatre dernières années. Mais doubler depuis quasiment rien, ça reste quasiment rien.

Les enseignants doivent donc encore trouver quelques avantages matériels et/ou intellectuels à ce métier. Sinon, beaucoup plus démissionneraient.
Ce qui n’enlève rien aux difficultés qu’ils peuvent rencontrer dans leur métier. A commencer (c’est peu de le dire) par ceux qui sont en ce moment (avec d’autres personnels) affectés à la garde des enfants des personnels soignants.

Dernière modification par carignan99 (25/03/2020 11h15)

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#377 25/03/2020 12h10

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Est ce que quelqu’un de censé, pourrait expliquer pourquoi tirer à boulets rouges sur les fonctionnaires tout le temps ? pourquoi critiquer à ce point les profs etc ? j’ai un peu de mal à comprendre.

Si beaucoup ne démissionnent pas c’est que le fonctionnaire est catalogué, donc difficile de repartir dans le privé, un prof de philo va faire quoi dans le privé ? alors il faut reprendre une formation, ok, sauf que c’est plusieurs années sans salaire, il n’y a deja pas de budget pour acheter des marqueurs et des stylos aux profs…

Si il n’y en a pas davantage qui démissionnent, c’est peut etre que certains ont des crédits à payer, une famille à nourrir etc ? enfin je dis ça j’y connais rien…

Donc je repose ma question, pourquoi cette haine ?

Dernière modification par olivier62 (25/03/2020 12h14)

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#378 25/03/2020 12h24

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Olivier62,

Cet article confirme que les profs français, par rapport à leurs collègues des autres pays, se sentent particulièrement méprisés par l’institution et par la société. Cette étude toute fraîche de l’OCDE est intéressante mais malheureusement il n’y a pas trop d’explications concernant le pourquoi du comment de ce ressenti :

Talis : Les profs français, les plus méprisés du monde ?

Dernière modification par Isild (25/03/2020 12h24)

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#379 25/03/2020 12h24

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@olivier62

S’il s’agissait d’une réaction à mon post, relisez le bien. Vous n’y trouverez pas une once de haine ou de critique. Je ne disais pas que le taux de démission était trop bas ni ne souhaite des démissions en masse hein. Je constate que ce taux est marginal, contrairement à cette petite musique selon laquelle les démissions exploseraient (ce qui suggère l’idée de départs nombreux…ce qui est inexact). Pas plus, pas moins.

Un prof de philo? Dans les ressources humaines, chargé d’étude en sciences sociales, électricien, plombier, que sais-je encore. Pas facile mais rien n’est facile…
Au Royaume-Uni, 8% des enseignants démissionnent chaque année (source : le post mentionné ci-dessus). Ils vont bien quelque part.

Les enseignants ne sont pas plus bêtes ni plus inadaptés que d’autres. Amha et moyenne, ils sont parfaitement capables de réorienter leur carrière s’ils le souhaitent.

Dernière modification par carignan99 (25/03/2020 12h57)

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#380 25/03/2020 12h39

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D’autres répondront certainement mieux que moi.
Je précise que ma compagne est une fonctionnaire … satisfaite.

Certes il s’agit d’une file dédiée aux enseignants, mais il me semble que les intervenants se posent régulièrement en victimes des autres du système de l’Etat …

Pensez vous qu’une infirmière, un policier, un agriculteur et beaucoup d’autres n’ont aucuns soucis ?

Quand on se plaint systématiquement des autres, le problème vient peut être de soi?

Contrairement à vous je ne pense pas qu’un prof ne puisse rien envisager d’autre de sa vie si son métier ne lui convient plus. C’est juste un argument supplémentaire pour ne rien faire.

Un exemple sur ce forum : cricri77 infirmier devenu rentier en quelques années. Pourquoi pas un prof  ?

Dernière modification par Barns (25/03/2020 12h55)

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#381 25/03/2020 12h40

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olivier62 a écrit :

Donc je repose ma question, pourquoi cette haine ?

Avant de demander pourquoi, encore faudrait-il savoir si haine il y a.

Je viens d’un famille de profs et tous les adultes que nous fréquentions étaient de profs (ceux mariés l’étaient à des profs). Et s’il y a une constante que j’ai pu observer, c’est qu’aucun de ces enseignants n’avaient le début d’une idée de ce qui se passe en dehors de l’éducation nationale (si bien que quand je suis arrivé dans le privé, j’étais totalement dans le flou)

Le problème de cet état de fait, c’est que souvent quand un enseignant parle, il s’imagine que sa profession est totalement différente des autres. Lorsqu’il s’exprime face à des gens d’autres horizons, cette méconnaissance donne parfois une impression de naïveté et/ou de mépris.

De mon point de vue, c’est cette méconnaissance qui donne l’impression à certains enseignants qu’ils sont détestés: en exprimant leur "unicité" aux autres, ils nient les problèmes des autres, qui réagissent parfois mal.

Edit:

Barns a écrit :

Certes il s’agit d’une file dédiée aux enseignants, mais il me semble que les intervenants se posent régulièrement en victimes des autres du système de l’Etat …

Exactement

Dernière modification par Faith (25/03/2020 12h41)


La vie d'un pessimiste est pavée de bonnes nouvelles…

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#382 25/03/2020 12h41

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Le taux de démission parmi les professeurs est bien plus élevé que ne le dit la grand muette (l’éducation nationale l’est bien plus que l’armée, dixit un ancien militaire reconverti), elle a plus d’un tour dans son sac pour cacher la réalité des choses (démissions refusées pour nécessité de service et j’en passe de meilleures)
De plus, c’est la "ruée" vers le dispositif de rupture conventionnelle, là aussi on peut parier qu’ils laisseront peu de monde partir.

Faith a écrit: De mon point de vue, c’est cette méconnaissance qui donne l’impression à certains enseignants qu’ils sont détestés: en exprimant leur "unicité" aux autres, ils nient les problèmes des autres, qui réagissent parfois mal.

Mieux que cela, on nous conchie en permanence dans ce pays, on nous méprise en premier lieu salarialement (idem pour l’hôpital), on s’amuse depuis des années à monter l’opinion publique contre nous en pointant nos soi-disant avantages exorbitants pour éviter d’avoir à nous augmenter.
Dans les médias, on annonce régulièrement des augmentations, des compensations, dont on ne voit jamais la couleur.
Résultat, le péquin moyen pense que ces "salauds de prof" s’en (sans lapsus) mettent plein les poches alors qu’ils ne reçoivent rien d’autre que du mépris de la part de leur ministre et de sa haute administration.
On est payé de mots, les choses en restent aux effets d’annonce.

La crise du coronavirus montre bien l’absence de volonté des dirigeants de ce pays de nous payer correctement, là on trouve des centaines de milliards d’euros pour voler au secours des entreprises (ce que je ne conteste pas dans la situation gravissime actuelle), mais il n’y a jamais d’argent pour les profs ou l’hôpital public.

Dernière modification par Deneb (25/03/2020 15h12)

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#383 25/03/2020 12h58

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@Faith,
Je pense que l’inverse est également vrai. Beaucoup de gens ne se rendent pas compte de ce que c’est que de gérer une classe au quotidien. Il faut vraiment le vivre pour constater à quel point cela peut-être épuisant nerveusement.
Nous recevons beaucoup de stagiaires ou d’emplois civiques dans mon école et souvent ils sont très surpris de la fatigue qu’ils ressentent à la fin de la première semaine et ne pensaient pas que c’était si dur.

Et depuis une vingtaine d’années, on assiste à une vague importante de reconversions : des salariés du privé (avec de hauts diplômes parfois) quittent leur boulot pour devenir prof ou prof des écoles. Ils représentent un quart des admis, ce qui est très élevé :

Sept enseignants racontent leur reconversion sur le tard

Dans ma maternelle à 5 classes, trois enseignantes ne sont pas des "purs produits" de l’éducation nationale. Une était infirmière, l’autre pharmacienne et la troisième, ingénieure.
Nous avons toutes travaillé dans le privé et nous savons, un peu, ce qui se passe ailleurs. Nous pouvons comparer les avantages et les inconvénients des deux systèmes.
Donc pas trop de naïveté et de méconnaissance du monde du travail pour tous ces reconvertis (qui pour certains regrettent leur ancien métier…)

Dernière modification par Isild (25/03/2020 13h15)

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[+1]    #384 25/03/2020 13h23

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Faith

vous affirmez :

Et s’il y a une constante que j’ai pu observer, c’est qu’aucun de ces enseignants n’avaient le début d’une idée de ce qui se passe en dehors de l’éducation nationale (si bien que quand je suis arrivé dans le privé, j’étais totalement dans le flou)

Le problème de cet état de fait, c’est que souvent quand un enseignant parle, il s’imagine que sa profession est totalement différente des autres. Lorsqu’il s’exprime face à des gens d’autres horizons, cette méconnaissance donne parfois une impression de naïveté et/ou de mépris.

De mon côté, je pense aussi :

Et s’il y a une constante que j’ai pu observer, c’est que 90% des français pensent savoir à 99% (et parfaitement) ce qui se passe dans l’éducation nationale.

Le problème de cet état de fait, c’est que souvent quand un salarié du privé parle, il s’imagine que sa profession est totalement différente de celles de l’Education Nationale. Lorsqu’il s’exprime face à des gens de l’Education Nationale, cette connaissance supposée de l’EN donne souvent une impression de mépris.

Dernière modification par maxicool (25/03/2020 13h25)


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#385 25/03/2020 13h54

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Merci Isild! pour cette réalité que l’on oublie trop souvent de dire

J’en ai connu, qui ont quitté l’éducation nationale, et pour rien au monde ils n’y reviendraient, ayant trouvé dans le privé au moins un peu de respect et de reconnaissance pour leur travail.

J’en ai connu, qui ont quitté leur job pour entrer dans l’éducation nationale, n’y voyant que week-end, vacances etc, l’une d’elle n’a même pas terminé la première période cette année ( soit 7 semaines).

Chaque métier a ses spécificités, ses avantages, ses inconvénients, mais un restaurateur (qui n’est pas un métier facile) qui a un client qui fout le bordel, le met à la porte quitte à s’assoir sur l’addition, un élève qui n’a pas demandé à être là, qui fout le bordel, insulte, frappe parfois et dont les parents sont contre le système eux mêmes, et qui vont aller jusqu’à porter plainte… On voit ça dans aucun autre métier. Je me vois mal aller chez le dentiste, juste pour foutre le bordel, coller des chewing gums sur le fauteuil, l’insulter parceque je n’ai pas le droit, puis lui mettre une droite et puis porter plainte parcequ’il a raté un plombage…

Le nombre de gens qui expliquent au prof comment faire (alors qu’ils ne savent pas faire), que leur gosse est surdoué, qu’à son age il sait faire ça ça et ça, à l’école ça ne marche pas mais à la maison il sait le faire pourtant… c’est un sketch à longueur d’année, et l’institution soutien les parents bien davantage que leur personnel.

Isild a écrit :

@Faith,
Je pense que l’inverse est également vrai. Beaucoup de gens ne se rendent pas compte de ce que c’est que de gérer une classe au quotidien. Il faut vraiment le vivre pour constater à quel point cela peut-être épuisant nerveusement.
Nous recevons beaucoup de stagiaires ou d’emplois civiques dans mon école et souvent ils sont très surpris de la fatigue qu’ils ressentent à la fin de la première semaine et ne pensaient pas que c’était si dur.

Et depuis une vingtaine d’années, on assiste à une vague importante de reconversions : des salariés du privé (avec de hauts diplômes parfois) quittent leur boulot pour devenir prof ou prof des écoles. Ils représentent un quart des admis, ce qui est très élevé :

Sept enseignants racontent leur reconversion sur le tard

Dans ma maternelle à 5 classes, trois enseignantes ne sont pas des "purs produits" de l’éducation nationale. Une était infirmière, l’autre pharmacienne et la troisième, ingénieure.
Nous avons toutes travaillé dans le privé et nous savons, un peu, ce qui se passe ailleurs. Nous pouvons comparer les avantages et les inconvénients des deux systèmes.
Donc pas trop de naïveté et de méconnaissance du monde du travail pour tous ces reconvertis (qui pour certains regrettent leur ancien métier…)

Dernière modification par olivier62 (25/03/2020 13h58)

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#386 25/03/2020 14h19

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Pour ne reprendre que vos exemples:

olivier62 a écrit :

Chaque métier a ses spécificités, ses avantages, ses inconvénients, mais un restaurateur (qui n’est pas un métier facile) qui a un client qui fout le bordel, le met à la porte quitte à s’assoir sur l’addition

J’ai personnellement eu à virer par la force un drogué du restaurant où ma femme travaillait… j’ai même du le porter pour le balancer sur un banc plus loin dans la rue.
Je vous laisse imaginer le stress pour ma femme de le voir revenir n’importe quel autre jour, décidé à en découdre.

Je me vois mal aller chez le dentiste, juste pour foutre le bordel, coller des chewing gums sur le fauteuil, l’insulter parceque je n’ai pas le droit, puis lui mettre une droite et puis porter plainte parcequ’il a raté un plombage…
(…)
Le nombre de gens qui expliquent au prof comment faire

Et pourtant… si vous emmenez votre enfant chez le pédodontiste (dentiste pour enfants), on vous demandera probablement de sortir du cabinet de manière systématique.
Quand j’ai demandé pourquoi, la dentiste m’a expliqué que trop de parents veulent intervenir quand ils sont en plein milieu d’une intervention parce que leur enfant gémit, que ça devient parfois difficile de les empêcher d’intervenir physiquement..

Vous voyez, même vos exemples ne sont pas aussi évidents que ce qu’il semble.

Dernière modification par Faith (25/03/2020 14h20)


La vie d'un pessimiste est pavée de bonnes nouvelles…

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#387 25/03/2020 14h38

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Ils sont évidents justement ces exemples !

Vous virez un drogué du restaurant, ok, c’est logique pour moi, sauf que les élèves reviennent à chaque fois et vous devez les accueillir, donc vous devriez accueillir ce drogué au nom de l’égalité des chances. Imaginez le stress du prof qui voit revenir un élève qui l’a insulté, bousculé, frappé.

On demande aux parents de sortir chez le dentiste pour enfants pour qu’il puisse travailler correctement, ok, c’est logique pour moi, preuve que les parents sont bien là aussi pour empêcher au professionnel de faire son travail. Sauf que les profs ont des comptes à rendre aux parents (mais aussi à la hiérarchie, aux élèves…), l’enfant parle en classe au lieu d’écouter ou ne fait pas son travail, il est recadré, voir puni pour ça, les parents débarquent pour expliquer que l’on ne fait pas comme ça parcequ’ils ont lu dans psychologie mag que ça ne se faisait pas…

Pour moi avec ces exemples, tout colle avec ce problème de société justement !

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#388 25/03/2020 14h48

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Faith a écrit :

Lausm a écrit :

En fait, cette file, comme d’autres discours que je peux voir sur le net, montre combien nos gouvernants peuvent continuer à abuser de ceux qui travaillent.
Il y en a beaucoup qui trouvent ça normal.

Rien à voir avec le gouvernement.

Nous, cadres dans l’informatique, travaillons souvent en dehors des horaires (parfois payé, parfois pas), répondons souvent à nos collègues en galère, même en pleine nuit, y compris le week-end.
Nous nous connectons quand c’est utile, quand on peut aider ceux qui travaillent avec nous, pour que l’équipe n’ait pas de soucis. Il y a toujours quelqu’un pour être volontaire pour travailler le dimanche, et quand ça n’arrange personne, et bien on fait un effort.
Pour les vacances pareil: cette année mes collègues ont chacun sacrifié 2 jours au milieu de leurs vacances pour me permettre de partir 1 semaine. En plus, ils en on chié pendant ces quelques jours où ils ont travaillé de leur lieu de vacance, pour moi.

Ca c’est du travail d’équipe, pour l’équipe.
Rien à voir avec "les gouvernants" ou quoique ce soit d’autre.

Moi ce que je vois dans la fonction publique hospitalière, c’est que je vais bosser 3 jours, un jour de repos, quatre jours, un jour de repos, puis cinq matins (en général le cinquième matin de cette longe de jours c’est là que j’ai donné les cachetons de Mme X à Mme Y, ce qui m’a valu une convocation par mes cadres). Deux dimanche bossés par mois, et un seul vrai week end avec un samedi dimanche par mois.
Je ne parle pas des soirs matins (finir à 21h pour revenir à 6h40 le lendemain), les changements de planning au dernier moment pour remplacer une absente, etc etc (par exemple les refus de formations intéressantes sauf si vous êtes là depuis des années etc etc…, et l’impossibilité de vous former le week end vu ce genre d’organisation). Je ne parle pas de la pause généralement amputée par les multiples appels, et le week end on assure la permanence administrative sur certaines heures (genre gérer la réception d’appels pour arrêt maladie à répercuter au cadre d’astreinte, comme si on ne pouvait pas faire une ligne directe). Ni de la polyvalence requise pour aller préparer les traitements à une autre unité (en l’apprenant de préférence à 8h30 pour 9h) ou être appelé 6 fois au téléphone pendant un pansement.
Les cadres, eux, travaillent de 9 à 17,ont tous leurs week end, plein de congés dans tous les sens par mois, des jours de formation (c’est sûrement pour ça qu’il y a plein de cadres, souvent ils sont absents), et touchent 700 balles pour leur semaine d’astreinte (là où je suis, privé associatif, je touche un peu plus de 400 pour 10 jours par mois).
Les DRH font signer des démissions (ou essaient, ça ne marche-heureusement-pas à tous les coups) à des CDD ayant fini leur contrat (donc perte de droits au chômage) ou sucrent des frais de déplacement à des agents à qui ils ont pourtant demandé de la mobilité.

Je pense que vous ne percevez pas le caractère très vertical de cette organisation hiérarchique très coûteuse. Le travail d’équipe existe, mais au niveau le plus bas. Plus on monte, plus c’est individualiste et sans pitié, condition probable de réussite. Cela aussi m’a fait fuir. De voir d’anciennes aides soignants, une fois infirmières, mépriser leurs anciennes collègues et les éléments les plus solidaires.
Il y a peu de perspectives de formation à la clé, ni salariales, donc de reconnaissance à tous niveaux, ce qui pourrait être encore une motivation si ça existait. Mais ça n’existe plus.
Et je ne pense pas que ce système régi par un fonctionnement hiérarchique très féodal, ne produirait autant de symptômes de non reconnaissance du travail de la base, donc avec autant de mal-être et de perte de qualité en conséquence, si ce n’était pas l’emanation pure de ce qu’il s’y passe au-dessus, dans lequel nos gouvernants ont quand même une part de responsabilité, puisque c’est eux les chefs, qui pondent les règles de fonctionnement, conventions, décrets professionnels, règles d’administration de tout ce gourbi, et pour qui on bosse!

Donc il faut comparer ce qui est comparable, en l’état ce sont deux mondes à part que vous mettez en perspective.
Pour l’anecdote, et finir sur une note concrète qui vous fera comprendre combien c’est aux antipodes de ce que vous vivez, une collègue infirmière s’est vue aborder par la cadre de l’ehpad où elle remplaçait, parce qu’elle a aidé les aide soignantes à faire les changes. Elle a assez de bagout et de bouteille pour lui avoir fait comprendre que c’est elle qui décidait de son organisation. Car ce genre de choses fait partie de nos fonctions, elles sont faites par les AS sur délégation. Mais ça ne faisait pas partie de l’organigramme de l’établissement donc forcément ça n’allait pas.

Désolé pour la digression hors sujet puisque c’est une file pour les profs des ecoles, mais je pense que nous partageons les mêmes aberrations que celles des soignants, de travailler avec de l’humain, avoir une expérience voire une expertise, mais se voir constamment dicter comment travailler par des administratifs technocrates lisant le monde en chiffres (premier facteur de souffrance des profs noté dans l’article indiqué plus haut par Isild), et qui n’écoutent jamais la voix du bas, ou dans un cadre de pensée déjà balisé et trop restrictif.
Et pour moi ce modèle de fonctionnement ne vient pas d’en bas !

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[+1]    #389 25/03/2020 15h00

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J’ai longtemps fréquenté l’Education Nationale, du primaire à l’enseignement supérieur. Vous me répondrez avec raison que ce n’est pas suffisant pour appréhender le métier d’enseignant.

J’avais cependant observé que pour une même classe, pendant certains cours c’était le bordel et dans d’autres, personne ne bougeait une oreille.
J’en avais déduit qu’une des qualités primordiales pour ce métier, outre la pédagogie, était l’autorité naturelle.

Ce n’était pas adapté à ma personnalité.

Ce métier pas facile ne convient pas à tous. Si l’on n’est pas prêt à intégrer une technostructure impersonnelle, à faire preuve des qualités personnelles nécessaires à l’enseignement mieux vaut s’orienter à mon avis vers un autre job.

Pour ma part, il ne me conviendrait pas. Je vous félicite donc et je vous apprécierais plus si vous vous plaigniez un peu moins 😀

Dernière modification par Barns (25/03/2020 15h03)

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#390 25/03/2020 15h23

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@Lausm :

comme employeur, plusieurs points que vous soulevez me font bondir :

* les soirs-matins 21h-6h40 de repos : le droit du travail place 11h consécutives à minima de repos journalier. je ne connais bien sûr pas votre CCN, mais je ne vois pas sur quelle base légale ce que vous décrivez pourrait se pratiquer.

* démission de CDD forcées après coup : je ne comprends pas non plus, car une "rupture anticipée" de cdd n’est possible que pour faute grave, et n’altère pas les droits ARE sauf si durée de cotisations insuffisante. de plus, absolument aucun intérêt pour la structure, sauf à tenter de raboter la prime de précarité de 10%, mais quel DRH digne de ce nom jouerait à cela ?

* formations refusées : depuis 2014, votre employeur a l’obligation tous les 2 ans de vous rencontrer en entretien professionnel basé sur vos souhaits d’évolution et de formation. cycle de 6 ans, si vous posez votre demande au premier,  au troisième entretien soient 6 ans ensuite au plus tard, votre  employeur a l’obligation soit de vous avoir formé, soit d’abonder votre CPF à minima de 3000 euros.

rencontrez vite vos élus du personnel, au besoin avec mes notes et faites leur part de mes/ vos remarques.

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[+1]    #391 25/03/2020 16h21

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Cela ne se passe pas ainsi de l’autre côté de la barrière public-privé.

Je vais essayer de vous en faire un résumé. D’autres employés du public viendront confirmer ou infirmer si besoin:

- Bonjour, c’est pas légal.
- Nous allons en discuter en comité Théodule.
- C’est vraiment pas légal.
- Taisez-vous et retournez au travail.
- Je vous assure que ce n’est pas légal.
- Vous êtes convoqué en entretien en raison de votre manque de solidarité envers vos collègues et votre manque d’implication professionnelle.

- Bonjour, je voudrais un congé formation.
- Pas assez d’effectifs. Pour nécessité de service, les congés formation sont suspendus.

- Bonjour, je voudrais faire grève.
- Pas assez d’effectifs. Pour nécessité de service, les grèves sont suspendues.
- Mais pourtant on est assez là…
- Vous êtes convoqué en entretien en raison de votre manque de solidarité envers vos collègues et votre manque d’implication professionnelle.

- Bonjour, je viens de terminer mon contrat. Je voudrais ma prime de précarité svp.
- C’est pas applicable dans le public.
- Pourtant c’est légal j’y ai droit.
- Lol.

Dernière modification par Trahcoh (25/03/2020 16h23)

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#392 25/03/2020 16h42

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Trahcoh,    Ce que vous décrivez peut arriver tout autant dans le privé, et ça s’y produit, hélas. Il y a un peu partout des bons et des moins bons managers, qui ont eux même des bons et des moins bons managers, etc. (sans oublier les salariés qui rapportent à plusieurs managers avec parfois des injonction différentes, voire opposées), ou ceux qui ne savent pas à qui ils rapportent, tout ceci existant aussi… public ou privé), des organisations efficaces et d’autres moins, des organisations où on se sent bien et d’autres où c’est difficile.

Il y a aussi des bouquins entiers décrivant comment réagir dans ces situations difficiles.


J'écris comme "membre" du forum, sauf mention contraire. (parrain Fortuneo: 12356125)

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[+1]    #393 25/03/2020 18h50

Membre
Réputation :   1  

Les enseignants apprécieront ce mépris de la part de la porte-parole du gouvernement (donc spécialiste en communication, c’est son job) : Article

IH : elle s’est excusée par la suite.

Oui bien sûr, elle s’est excusée, c’est facile, mais le mal est fait, elle sait très bien ce qu’elle dit, c’est son travail de communiquer…

Dernière modification par Larsan (25/03/2020 19h04)

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[+1]    #394 25/03/2020 19h15

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GoodbyLenine a écrit :

Trahcoh,    Ce que vous décrivez peut arriver tout autant dans le privé, et ça s’y produit,

C’est quand même plutôt l’apanage du public, qui dispose de sa justice d’exception (la justice administrative), et d’une grande dilution des responsabilités des décisionnaires.
De ce qu’on reproche aux grands méchants patrons, en général, l’État fait pire…

C’est différent aussi car si votre entreprise privée ne vous plaît pas, vous pouvez chercher du travail ailleurs. Pour un fonctionnaire en poste, c’est plus compliqué !

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[+1]    #395 25/03/2020 21h07

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Larsan a écrit :

Oui bien sûr, elle s’est excusée, c’est facile, mais le mal est fait, elle sait très bien ce qu’elle dit, c’est son travail de communiquer…

Vous avez tout à fait raison, ils (ils pour tous les politiciens) savent très bien que leurs propos dénigrant systématiquement notre profession seront bien accueillis par le public et c’est d’ailleurs pour cela qu’ils se permettent de les tenir.
C’est comme une sorte de clin d’œil à tout ceux qui ont un compte à régler avec l’école (et ils sont nombreux, ceux qui ont eu des problèmes avec Madame Michu ou Monsieur Labut en cinquième segpa ), à tout ceux qui vomissent les fonctionnaires par idéologie ou par jalousie.
De sorte qu’électoralement parlant, il est toujours rentable dans ce pays de déféquer sur les enseignants.
Il y a dans ce pays, une haine plus ou moins cachée des enseignants, ces paresseux toujours en vacances qui ne travaillent que 18 heures par semaine etc.
Que les français se réjouissent, plus grand monde ne souhaite devenir enseignant (à part, les inconscients trompés par les clichés et qui s’imaginent avoir trouvé l’Eldorado) et nombreux sont ceux déjà dans la place cherchant à faire autre chose.

Dernière modification par Deneb (25/03/2020 21h23)

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[+1]    #396 25/03/2020 21h11

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https://www.devenir-rentier.fr/uploads/4246_sibeth.jpg

Formulation exacte :

"Nous n’entendons pas demander à un enseignant qui aujourd’hui ne travaille pas, compte tenu de la fermeture des écoles, de traverser toute la France pour aller récolter des fraises gariguettes."

Pour la postérité, excuse ou non !
Quand on parle du "manque de reconnaissance" et du "mépris de la profession", voilà un sacré lapsus révélateur de la part du gouvernement !

Et si vous préférez entendre cette dame de vive voix, c’est possible aussi.

Dernière modification par maxicool (25/03/2020 21h22)


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#397 25/03/2020 21h19

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carignan99 a écrit :

olivier62 a écrit :

Je pense que c’est pour cela que les démissions explosent

Oui, enfin il faudrait quand même pas essayer de faire croire qu’il y a une fuite massive d’enseignants. Les démissions explosent…pour rester à un niveau marginal, pour ne pas dire anecdotique.
J’avais posté les chiffres ici.

En 2017-18, on parle de 861 démissions parmi les enseignants du premier degré, sur un effectif de 403000 personnels (y compris les 46k enseignants du privé). Soit un taux de 0,21%. (source : mes calculs, d’après bilan social EN). C’est 0,11% parmi les enseignants du secondaire.

Alors bien sur, les démissions ont doublé dans le primaire au cours des quatre dernières années. Mais doubler depuis quasiment rien, ça reste quasiment rien.

Les enseignants doivent donc encore trouver quelques avantages matériels et/ou intellectuels à ce métier. Sinon, beaucoup plus démissionneraient.
Ce qui n’enlève rien aux difficultés qu’ils peuvent rencontrer dans leur métier. A commencer (c’est peu de le dire) par ceux qui sont en ce moment (avec d’autres personnels) affectés à la garde des enfants des personnels soignants.

Je suis d’accord: le nombre de démissions n’est pas significatif. Son augmentation, en revanche, dit quelque chose qu’il n’est pas encore évident d’interpréter. S’il continue à monter année après année, il faudra enquêter.
Ce qui me semble grave et intéressant, c’est la chute du nombre et du niveau des candidats: là, il y a un signe qui ne trompe pas sur l’attractivité du métier. Que les gens restent, c’est facile à comprendre. Mais que ceux qui pourraient venir ne postulent pas (en lettres par ex), ça dit quelque chose des conditions dégradées de la profession.

Dernière modification par Canis (25/03/2020 21h21)

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#398 25/03/2020 21h22

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Ce n’est pas un lapsus. Elle donne un exemple avec une information qu’elle croit vrai.

Au mieux, elle est complètement stupide et incompétente au pire c’est de la manipulation pour diviser les gens.

De toute façon elle a dit ouvertement qu’elle était à ce poste pour mentir afin de préserver Macron.

Mentir pour protéger Macron

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#399 25/03/2020 21h32

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Personnellement, je ne sais pas, je lui laisse le bénéfice du doute.
Est-elle Sibeth (euh, si bête) que ça, je ne sais pas non plus…

Mais quand le vois Blanquer, derrière, qui essaye de rattraper le coup, en vantant le "dévouement du corps professoral", que ça sonne faux, tout ça !

Dernière modification par maxicool (25/03/2020 21h36)


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#400 25/03/2020 21h40

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Question pour les profs de français : si je dis "Je ne demande pas aux ministres qui ne sont pas contaminés par le Covid-19 d’être présent à la réunion spéciale du 27/3", est ce que j’affirme que les ministres sont contaminés ?

Ok, ce n’était sans doute pas la formulation la plus habile, ni l’exemple le plus pertinent, surtout qu’il peut être interprété de manière particulière par des personnes qui ont parfois tendance à se considérer comme des Calimero, tout en restant fidèles au poste, mais est-ce que ça justifie vraiment de telles réactions (je lis "déféquer", "stupide", etc.) ?


J'écris comme "membre" du forum, sauf mention contraire. (parrain Fortuneo: 12356125)

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