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Forums des investisseurs heureux

Discussions courtoises et réfléchies sur l’investissement patrimonial pour s’enrichir, générer une rente et atteindre l’indépendance financière

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[+8]    #1 23/10/2010 11h23

Administrateur
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Depuis que j’ai mon projet de devenir rentier et aussi depuis que je suis freelance, j’ai pu échanger avec des nombreuses personnes sur ces deux thématiques.

Certains me demandent où placer leur argent, d’autres comment devenir consultant informatique freelance, d’autres combien je gagne avec mes sites Internet et parfois me regarde avec envie quand j’annonce mes chiffres (ce que je ne fais plus, je garde tout confidentiel maintenant).

Avec le temps, je me suis rendu compte que les gens étaient paresseux à un point au-delà du possible.

Je l’avais déjà constaté en faisant du sport. Tout le monde est tjs envieux en voyant les abdos et les biceps, demande ce qu’il faut faire, et quand je dis 3 séances de muscu / semaine et pas de sucreries, etc ça intéresse déjà moins les gens.

Ils sont tjs à la recherche du secret.

Pour mon livre, j’ai proposé des envois gratuits à des amis en échange d’un commentaire sur Amazon. Quand je fais la proposition, tout le monde est enthousiaste. Mais au final, c’est assez rare que l’on me demande de l’envoyer. C’est sûr, écrire un commentaire sur Amazon, c’est dur !

En 2005, un copain m’a fait découvrir les sites Internet en marque blanche à moi et des amis. Tout le monde a eu la même information au même moment, devinez combien ce sont lancer ? Deux ! Et je suis le seul qui a continué. Aujourd’hui, ça me rapporte -beeeeeeeeeep- / mois, quasi sans rien faire hormis l’investissement en temps initial.

Toujours pour mon livre, je l’ai soumis à 4 relecteurs. Le premier, un type brillant, qui a tjs 50 projets à la minute et un emploi du temps pas possible m’a soumis son retour détaillée 3 jours plus tard. Le second, fonctionnaire catégorie A, a mis 1 semaine et les deux autres n’ont jamais donné suite. :-) Allez, je pense que mon livre se lit en moins d’une journée et moins d’une matinée pour quelqu’un qui lit vite. Mais bon lire c’est dur !

Au niveau de mon job d’informaticien freelance, je ne compte plus le nbr de fois où j’ai expliqué les démarches. Mais personne ne se lance jamais. Ils veulent l’argent qui va avec, mais pas la prise de risques et les contraintes. Je sais de toute façon qu’à partir du moment où on me demande, la personne ne se lancera pas. Pourquoi ? Parce que celle qui est vraiment motivée ne demande rien, elle agit : elle achète un bouquin ou elle va voir un comptable et se lance, exactement comme j’ai fait. Et tout mes copains freelance c’est pareil : ils se sont tous démerder tout seul. Celui qui demande, que ce soit à un freelance ou pire sur un forum ne fait jamais rien.

Sur ce forum, dernièrement on a vu arrivé quelques personnes avec leur 50 000 questions. Aucun a acheté le bouquin "C’est en projet, oui, oui je vais le commander". Ben oui 20 € et faut lire en + c’est dur. Et après faut réfléchir à ce qu’on a lu et mettre en pratique, c’est dur ! Ils attendaient tout cuit les réponses à leur questions gratuitement, qu’on se donnent du mal pour eux.

Je pourrais multiplier les exemples à l’infini, mais le résumé est simple : 90% des gens sont des fainéants, paresseux et envieux. Je ne sais pas si c’est typiquement français ou quoi, mais quand vous rencontrez qqun, vous avez moins de chance de vous trompez en pensant que c’est un fainéant que l’inverse.

Quand j’étais plus jeune, je pensais que tout le monde avait à coeur de travailler, apprendre, faire son travail selon l’état de l’art et que tout le monde était honnête et franc (il faut excuser ma candeur de campagnard…). Mais aujourd’hui j’ai compris. Très peu de gens veulent s’améliorer et encore moins se remettre en question. Produire un effort pour atteindre un objectif, encore moins et tenir un engagement, j’en parle même pas.

Mais aujourd’hui, je ne m’en rends plus malade. Je fais les choses dans mon coin et j’avance inéluctablement vers mon objectif, tout en respectant les règles éthiques que ma mère m’a enseigné. Après grâce à Internet, je rencontre aussi des gens qui aiment échanger et qui ont envie d’avancer, ça fait plaisir.

Inspiré de :
Des Livres Pour Changer de Vie a 2 ans !

Une des principales découvertes que j’ai faite, et qui me paraît pourtant absolument évidente à présent, est que la plupart des êtres humains sont paresseux.

Mots-clés : envieux, fainénant, gens, paresse, paresseux

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[+3]    #2 09/01/2015 16h10

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Moi, j’aime bien ne rien faire et j’avoue avoir un véritable talent pour cela.
Quand je vois des parisiens courir dans les rames de métro pour prendre celui – ci, alors que je prochain est dans 3 minutes, je ricane en mon fort intérieur. J’ai vraiment l’impression que beaucoup perdent leur vie à chercher à la gagner, et cherchent à accumuler sans savoir pourquoi ils accumulent.

Je refuse régulièrement des occasions de travailler plus pour gagner plus. A quoi bon ? J’ai de quoi satisfaire tous mes besoins. (non exagérés il est vrai)

Par contre, je trouve assez pitoyable les personnes qui se plaignent (du contenu de leur boulot, de leur salaire…etc) et qui ne font rien pour changer leur situation.

Allez, quelques petits textes pour ceux qui veulent réfléchir un peu – et pas se contenter d’être des hamsters qui courent dans leur roue. (Extraits de l’Antimanuel d’économie du regretté Bernard Maris)

La monnaie-trompe-la-mort
Mais pourquoi suis-je atteint par cette boulimie d’avoir(s)? Pourquoi cette soif inextinguible d’accumulation de capital qui agite l’humanité, surtout ceux qui ont déjà le plus accumulé ? La volonté de pouvoir ? Mais pourquoi ? L’hypothèse freudienne : l’angoisse de la mort. Posséder, jusqu’à satiété, biens matériels et symboles qui y sont associés rassure en procurant un ersatz d’éternité. Mais le leurre ne trompe pas longtemps les assoiffés. Aussi ne peut-il fonctionner que si la possession de capital est réservée à une frange minoritaire maintenant à distance la plèbe majoritaire. Si j’ai et que tu n’as pas, je suis (ou, du moins, je crois que je suis) plus que toi. Cette soif de capital exprime la tentative désespérée de l’homme de fuir sa condition ou de lui trouver un exutoire. Le spectre de la mort est éloigné et exorcisé par la passion de la richesse assouvie grâce à l’argent. Comme ils sont tous promis au même sort, les angoissés se détendent en prenant la substance de l’autre.
La monnaie est le reflet des antagonismes sociaux et en même temps le moyen de canaliser la violence présente dans les sociétés humaines à l’intérieur de rails à peu près supportables, c’est-à-dire vers cette soif de richesse, exutoire à l’angoisse morbide le plus accessible, et susceptible de dégénérer de façon un peu moins violente que le fanatisme religieux ou la conquête du pouvoir : la monnaie comme substitut aux rites sacrificiels, l’exploitation de l’homme par l’homme comme vestige de l’anthropophagie.

JEAN-MICHEL HARRIBEY, La Démence sentie du capital, Éditions du Passant, Bordeaux, 2002.

Tu n’as pas voulu ce malheur artificiel
Le règne de la marchandise suppose qu’on en vende : ton boulot consiste à convaincre les consommateurs de choisir le produit qui s’usera le plus vite. Les industriels appellent cela « programmer l’obsolescence ». Tu seras prié de fermer les yeux et de garder tes états d’âme par-devers toi. Oui, comme Maurice Papon, tu pourras toujours te défendre en clamant que tu ne savais pas, ou que tu ne pouvais pas faire autrement, ou que tu as essayé de ralentir le processus, ou que tu n’étais pas obligé d’être un héros… Reste que chaque jour, pendant dix ans, tu n’as pas bronché. Sans toi les choses auraient peut-être pu se passer autrement. On aurait sans doute pu imaginer un monde sans affiches omniprésentes, des villages sans enseignes Kienlaidissentout, des coins de rue sans fast-foods, et des gens dans ces rues. Des gens qui se parlent. La vie n’était pas obligée d’être organisée ainsi. Tu n’as pas voulu tout ce malheur artificiel. Tu n’as pas fabriqué toutes ces autos immobiles (2,5 milliards de bagnoles sur Terre en 2050). Mais tu n’as rien fait pour redécorer le monde. L’un des dix commandements de la Bible dit : « Tu ne feras point d’image taillée ni de représentation… et tu ne te prosterneras pas devant elles. » Tu es donc, comme le monde entier, pris en flagrant délit de péché mortel. Et la punition divine, on la connaît : c’est l’Enfer dans lequel tu vis.

FREDERIC BEIGBEDER, 14,99 €,Grasset, 2000.

Qu’est-ce qu’une société riche ?
Est-ce simplement une société dont le PIB est très élevé, c’est-à-dire dans laquelle les échanges marchands sont considérablement développés, même si la consommation est extrêmement mal répartie et les écarts de revenus très importants, même si l’accès de tous aux biens premiers n’est pas assuré, même si coexistent dans l’ignorance mutuelle une petite proportion de personnes très riches et de plus en plus de pauvres, même si la violence se répand et que les riches s’enferment dans des ghettos, même si des biens et services de plus en plus nombreux sont payants et si les conditions quotidiennes de vie (le transport, le cadre de vie, la sécurité physique) deviennent de moins en moins supportables, même si la xénophobie se développe et si la simple idée d’intérêt général fait sourire ? La réponse est bien évidemment non.

DOMINIQUE MÉDA, Qu’est-ce que la richesse ?,  Aubier, 1999.


Celui qui ne dispose pas des deux tiers de sa journée pour lui-même est un esclave…   Friedrich Nietzsche.

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[+3]    #3 30/12/2016 13h18

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Quel fil de discussion passionnant !

Nouveau venu sur le forum, je suis agréablement surpris par la teneur et le contenu de nombreux messages qui m’encouragent sur ma voie.

Pour mon expérience personnel, il y a quelques années j’étais en mauvaise posture : je passais 6h par jour sur les jeux vidéos (WoW), en plus du boulot (38h/semaine, mal payé, sans grand intérêt). Résultat, boulot, jeux vidéos occupaient à eux seuls 80% de ma semaine.

J’avais pourtant des rêves classiques : un bon travail, acheter un appartement, faire du sport… mais j’étais effectivement un paresseux, car ce que mes activités m’apportaient me comblait… ou en tout cas c’est ce que je pensais, comme de nombreuses personnes.

Un jour un déclic : arrêt total des jeux vidéos, déménagement pour quitter un loyer bien trop élevé, j’ai "réactivé" un lien social presque disparu, et j’ai pris des décisions pour mon avenir professionnel.

Aujourd’hui cela fait 4 ans que j’ai débuté mon changement de vie (et seulement 8 mois de connaissance du concept d’indépendance financière), je serais propriétaire dans quelques semaines de mon premier investissement locatif, j’ai débuté cette année mes investissements en bourses, et en 4 ans mon salaire est à +75%…

C’est fini la paresse, maintenant c’est l’action !

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[+4]    #4 07/03/2017 08h40

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Je n’ai pas relu toutes les pages de la file mais on y parle de paresse, d’efficience, de personnes envieuses mais n’y a t-il aussi derrière tous les comportements évoqués les notions de centres d’intérêt (propres à chacun) et de rationalité qui coexistent aussi.

Qualifier de paresseux quelqu’un est assez dur je trouve. En tout cas il faut bien connaître une personne pour aller jusque là. La personne peut avoir certains blocages par rapport à l’argent, peut lire un livre sur les placements et ne pas se sentir à l’aise du tout. Vaut il mieux passer pour paresseux ou un peu dépassé par un sujet qui de toute façon n’est pas une grande passion ?

J’ai l’impression que les INTJ ou avoisinants sont possiblements plus rationnels ou expriment une forme de rationalité différente de la population en général. Dans ce profil INTJ il doit y avoir pas mal de personnes qualifiés de "machine" par leur entourage (pas au sens dénué de sentiments mais au sens efficience).

Tout le monde n’est pas comme ca et ne cherche pas à l’être.
Des personnes qui ont des TMI au plafond et qui n’investissent que dans la pierre pour de la location en nue sans travaux, j’en connais. Ca remet une couche d’impôts, ils le savent. Ils savent meme qu’il y a des produits financiers ou enveloppes d’investissement plus rationnelles mais ça ne les intéresse pas. Je ne les qualifierais cependant pas de paresseux alors que vue de l’extérieur on aurait envie de leur dire prend deja le bouquin de jean Louis Le Boulc’h sur la location meublée …. fainéant.

Avoir de l’argent à placer, se dire qu’il faut/faudrait s’en occuper, commencer à le faire puis s’arrêter ne me choque pas vraiment et je n’irai pas personnellement jusqu’à la qualification de paresse mais simplement de centres d’intérêt, de "valeur du temps passé".

On peut etre tres tres fainéant en scpi, assurance vie et autres joyeusetés mais ne plus l’être du tout quand il s’agit de se documenter sur tout ce qui touche à l’art gothique italien du XVIIeme. Pas de paresse ou de courage mais une notion différente de ce qui est utile ou futile, … et tout simplement des centres d’intérêt différents.

Crown

Dernière modification par Crown (07/03/2017 08h43)

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[+3]    #5 07/03/2017 11h01

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@Crown, je comprend une personne qui me dit qu’elle s’en moque de la gestion de son argent.
Par contre, si on reprend l’exemple de Rossox, on est face à une personne qui a identifier le problème et souhaite améliorer les finances, mais ne se donne pas les moyens de le faire.

C’est bien ce 2nd type de personne qui a tendance à être usante : des personnes qui veulent changer leurs finances, mais qui ne vont pas plus loin que de demander des conseils (qui ne seront jamais suivi)

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[+3]    #6 10/03/2017 09h51

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Cette histoire des 10 000 h vient des travaux de Anders Ericsson. Je cite un article :

he 10,000-hours concept can be traced back to a 1993 paper written by Anders Ericsson, a Professor at the University of Colorado, called The Role of Deliberate Practice in the Acquisition of Expert Performance.
It highlighted the work of a group of psychologists in Berlin, who had studied the practice habits of violin students in childhood, adolescence and adulthood.
All had begun playing at roughly five years of age with similar practice times. However, at age eight, practice times began to diverge. By age 20, the elite performers had averaged more than 10,000 hours of practice each, while the less able performers had only done 4,000 hours of practice.

Source :
Can 10,000 hours of practice make you an expert? - BBC News

Ce qui semble échapper à beaucoup de monde dans les commentaires et discussions, c’est que dans cet étude sur les violonistes "tous avaient débuté à l’âge de 5 ans environ". La capacité d’apprentissage du cerveau n’est pas la même à l’enfance qu’à l’âge adulte !

Ces généralisations sur 10 000 h ou 50 000 h sont absurdes, et l’échec de Dan McLaughlin dans son plan pour devenir golfeur professionnel le montre assez bien.

Il suffit de réfléchir un peu pour s’en rendre compte.
1) Déjà, il y a la capacité physique ou intellectuelle. On ne peut pas devenir golfeur professionnel si on a le dos ou l’épaule ruinés, par exemple. De même, si on a toujours eu du mal à l’école, il y a peu de chances qu’on devient docteur en physique.
2) Ensuite, il y a la capacité d’apprentissage, qui diminue avec l’âge. Dan McLaughlin a commencé son programme de golf à 30 ans ; l’aurait-il fait à 60 ans ? Pourtant, il y a sans doute des gens qui se mettent au golf à 60 ans, mais ils n’espèrent pas devenir professionnels…
3) Ensuite, les connaissances se construisent brique par brique. Il y a beaucoup de domaines où il faut d’abord passer par un apprentissage un peu rébarbatif mais indispensable. Difficile de devenir docteur en physique si on a n’a pas fait d’études scientifiques et si le mot "intégrale" vous évoque un niveau de finition sur les modèles Renault. D’ailleurs, on part du principe qu’on sait tous lire, écrire et compter parce qu’on est tous allés à l’école, mais dans le monde entier c’est une base que tout le monde n’a pas…

A mon humble avis, il faut se poser les vraies questions : veut-on vraiment devenir un expert ? Et surtout : pour quoi faire ?

Pour du loisir, l’essentiel est de se faire plaisir, et il n’y a pas besoin d’être un expert pour se faire plaisir. Il faut remettre en cause l’esprit de compétition ; il n’y a qu’une seule place au sommet, ça fait beaucoup de déçus. Je me rappelle l’arrivée d’un 5000 mètres aux JO (ou aux mondiaux d’athlétisme ?), et le second était en pleurs d’avoir échoué. Ce mec est meilleur que 99,99999999 % des pratiquants de son sport et il est malheureux quand même. La compétition, ça craint !

Si c’est pour gagner de l’argent, l’essentiel est d’être bon dans son job, de se faire plaisir, et d’être bien payé. Ca ne nécessite pas forcément d’être un expert. Il y a plein de métiers où les bons sont plutôt des touche-à-tout et des organisateurs-coordinateurs. Leur spécialité n’est pas d’être un expert mais de savoir faire avancer les choses en mettant de l’huile là où ça coince.
Dans beaucoup de carrières, quand on progresse, on arrive assez rapidement à des postes d’encadrement. Savoir faire bien travailler les gens qu’on encadre requiert des compétences humaines qui n’ont que peu à voir avec l’expertise du domaine où l’on travaille.

Bref, faire des efforts pour progresser, oui, mais en ayant sa propre définition des objectifs que l’on souhaite atteindre, et en se faisant plaisir au passage, sans croire aux formules magiques type "10 000 heures".

Dernière modification par Bernard2K (10/03/2017 09h57)


Surtout, ne pas nuire à l'ambiance générale.

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[+5]    #7 10/03/2017 12h15

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johntur a écrit :

Alors oui je ne serai pas aussi virulemment que IH (même si je lui ai mis encore une reco sur ce post) à traiter les individus de "paresseux et fainéants".

Et pourtant, six ans après, si je devais réécrire ce premier message, je serais encore plus virulent.

La génération des milleniums (ou génération YouTube ou génération Facebook ou génération Secret Story c’est la même chose) est juste une catastrophe : impolis, illettrés, fainéants, d’un culot monstrueux, incapables de se concentrer plus de 10 minutes, et j’en passe et des meilleurs.

Évidemment, tous ne sont pas comme cela, mais dans l’ensemble, je n’ai pas de mots assez durs pour la qualifier [cette génération]. Quand je reçois des mails où l’on me tutoie, bourrés de fautes d’orthographe, sans ponctuation, écrits avec un smartphone, pas de doute, c’est un millenium !

Même ma compagne, professeur en FAC (en FAC !) reçoit des emails incroyables. Et si vous discutez avec des profs de lycée, c’est la même chose : il y a eu un effondrement du niveau scolaire qui a commencé après les années 2000. Pour donner une idée, 1 élève sur 5 en classe de 3e ne sait pas résoudre un problème de mathématique de niveau CM2 (source).

Alors si en plus on y ajoute une tendance à la fainéantise aiguë…

-

Ce qu’il faut comprendre, c’est que notre forum est un OVNI sur Internet. Le "niveau" des participants, leur envie d’apprendre, de progresser, sont élevés par rapport à la moyenne des gens et pas du tout représentatifs.

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[+3]    #8 11/03/2017 00h37

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Bonsoir,

Je ne vous cache pas que cette file me rend mal à l’aise car je la trouve éminemment paradoxale.

La paresse qu’elle soit intellectuelle ou physique est effectivement hautement critiquable mais que pensez vous que certains membres de cette jeunesse dite fainéante pourraient penser de ce forum ?

Ne discute-t-on pas de façon récurrente de l’envie d’arrêter de travailler ?

N’évoque-t-on pas régulièrement que compte tenu de la fiscalité ce n’est pas la peine de produire plus et qu’il vaut mieux réduire la voilure ?

Ne pensez vous que pas certaines de nos discussions pourraient leur paraître quelque peu égocentrées et peu emprises d’empathie ?

Dans certaines discussions il était évoqué la difficulté d’être rentier avec des enfants, la difficulté de l’être quand son épouse est plutôt dépensière etc.. ne pensez vous pas que ce type de discussions pourrait choquer la jeunesse dite fainéante mais qui a parfois des valeurs plus axées sur l’échange et le communautaire (qu’ils jugeront en tout cas plus responsables)

Je ne cherche pas à défendre une génération qui n’est pas la mienne mais je suis persuadé que si cette génération a des défauts apparents elle a des qualités qu’à titre personnel je n’avais pas à leur âge.

Bonne soirée

Crown

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[+3]    #9 11/03/2017 01h46

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Crown a écrit :

Bonsoir,

Je ne vous cache pas que cette file me rend mal à l’aise car je la trouve éminemment paradoxale.

La paresse qu’elle soit intellectuelle ou physique est effectivement hautement critiquable mais que pensez vous que certains membres de cette jeunesse dite fainéante pourraient penser de ce forum ?

Ne discute-t-on pas de façon récurrente de l’envie d’arrêter de travailler ?

N’évoque-t-on pas régulièrement que compte tenu de la fiscalité ce n’est pas la peine de produire plus et qu’il vaut mieux réduire la voilure ?

Ne pensez vous que pas certaines de nos discussions pourraient leur paraître quelque peu égocentrées et peu emprises d’empathie ?

Dans certaines discussions il était évoqué la difficulté d’être rentier avec des enfants, la difficulté de l’être quand son épouse est plutôt dépensière etc.. ne pensez vous pas que ce type de discussions pourrait choquer la jeunesse dite fainéante mais qui a parfois des valeurs plus axées sur l’échange et le communautaire (qu’ils jugeront en tout cas plus responsables)

Je ne cherche pas à défendre une génération qui n’est pas la mienne mais je suis persuadé que si cette génération a des défauts apparents elle a des qualités qu’à titre personnel je n’avais pas à leur âge.

Bonne soirée

Crown

Je rejoins complètement ce constat.
Perso j’ai un fils de 16 ans…sur plein d’aspects je pourrais m’inquiéter, mais le fait est qu’il est un bon fils pour moi….pourtant depuis petit il n’aime pas la scolarité, mais est presque désespérément soumis aux injonctions parfois violente de ce qui pour moi est une forme de système normatif.
Donc même si ça m’emm…..qu’il passe autant de temps sur le net, etc….je dois me rendre à l’évidence, qu’il y apprend des trucs que je n’aurais jamais soupçonné, et je dois aussi réaliser que certains profs lui ont ôté l’envie d’apprendre certaines matières.

Après, l’élément que je vois très voire trop rarement questionné dans cette file, c’est le sens.
Pourquoi le travail?
J’ai le sentiment de voir beaucoup d’intervenants considérer que ce qui a marché pour eux devrait l’"être pour d’autres. Or, je crois que non. Il y a là réellement une considération du monde en normes, avec je crois d’immenses projections liées à l’histoire de chacun….perso je passe mon temps à traquer mes projections sur mon fils, et à les contrôler…..cela me semble plus efficace que de tenter de l’emmener sur la vie juste que son père (moi, donc!) aurait décidé pour lui.
Par contre, je suis, nous sommes présents. Je crois que c’est l’acte éducatif le plus fort que nous ayons eu, qui n’attend rien des profs, rien du système, ni rien de notre enfant d’ailleurs!

Et pour avoir eu quelques stagiaires, donc vu fonctionner des jeunes, et aussi pratiqué bien des personnes âgées dans mon boulot, je crois que nous avons un gros problème de transmission intergénérationnelle en France. Les vieux ont peur que les jeunes leur piquent "leur"place, et les jeunes ont l’impression qu’ils emmerdent les vieux alors qu’ils voudraient une petite place, et au milieu il y a les gens comme moi qui ne sont plus jeunes ni encore vieux, qui paient pour les deux et qui ont oublié ce qu’était être jeune, et ne sont pas encore capables de se représenter ce qu’est être vieux, parce qu’ils sont pris dans la lutte pour la vie.

Heureusement, en fait, que j’ai découvert la méditation zen à 24 ans, et que mon boulot d’infirmier m’a rodé à voir les gens en vrai dans la vraie vie….j’y ai appris plus que dans tous les bouquins.
Le zen c’est intéressant, car on apprend à ne rien foutre, mais de façon délibérée et intentionnelle. C’est énormément plus difficile qu’on ne croit ; l’humain n’est pas fait pour ne rien faire.

Par contre, je crois que l’opposition des certaines générations à certaines injonctions pose clairement la question de leur sens…le sens éthique de la tache qu’on demande de faire, le sens de l’éducation sur le lieu de travail (propose-t-on de développer une compétence ou une soumission à un pouvoir?), le sens de la finalité de la tâche (préserve-t-elle le développement de meilleures conditions de vie, ou juste une productivité à court terme peu importe l’impact relationnel, environnemental et autres?
Et aussi à travers cela, trouver un champ d’activité qui corresponde à leur désir profond.
et j’ai des doutes sur le fait que l’éducation d’aujourd’hui nous propose de toucher notre désir profond, plus que de nous en proposer des plus illusoires mais lucratifs pour ceux qui vendent les objets destinés à y pourvoir.

Pour avoir bossé avec des ados "durs", en psy, en fait, ils avaient besoin de présence, d’exemple vivants, brefs, de gens qui incarnent les valeurs qu’on voulait qu’ils apprennent.
Par contre l’apprendre dans des bouquins assis huit heures sur un banc, clairement ça ne fonctionne pas. Et je pense que notre beau pays est quand même sacrément tourné vers l’intellect au détriment de la pratique. Alors qu’il faut un équilibre entre les deux.

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[+6]    #10 13/03/2017 21h34

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Bonsoir

je me permets d’intervenir car je vois que la discussion prend un tour générationnel.

J’ai récemment eu une discussion avec l’oncle de mon compagnon à ce sujet.

Il a un peu moins de 70ans, il a passé sa vie à travailler (il était électricien de métier, il a du commencer  travailler vers 14 ans, à la fin, il avait sa propre boite).
Lors de notre discussion, justement, il déplorait le manque d’envie de travailler des personnes jeunes qu’il a pu rencontrer sur sa fin de carrière (en apprenti ou lorsqu’il a voulu embaucher un employé). Du coup, il avait aussi ce discours un peu cliché de "les jeunes d’aujourd’hui ne veulent plus travailler".

Alors, je me suis permis de lui faire part de ma propre expérience. Je suis de la génération Y (du début, étant née en 81).

N’en déplaise à certains, je ne suis pas accro à mon smartphone. D’ailleurs, j’en ai un seulement depuis un mois et c’est uniquement pour prendre des photos de ma fille qui vient de naitre et pouvoir les envoyer à ma famille proche. Sinon, je serais resté à mon ancien téléphone (un wiko acheté 32€ au supermarché et qui avait une batterie qui avait l’audace de tenir plus d’une journée :-)  ).

A la base, je suis quelqu’un qui s’investit dans ce que je fais. Donc dans mon travail aussi.

Maintenant, de nombreuses déconvenues m’ont amenées à voir les choses un peu différemment.

Dans mon premier travail à la banque, je suis arrivée dans une agence bancaire complètement sinistrée. Pendant 4 ans, on a accumulé galère sur galère, surtout des problèmes d’absence de personnel. Il fut un temps où j’assurais mon poste plus celui de 2 autres personnes. Je peux clairement vous dire que les 35h, je les faisais plutôt en 3 jours qu’en une semaine (bien sur, aucune heure sup ne m’a été payé hein, faut pas exagéré quand même! Je n’ai même pas eu un "merci" qui pourtant, lui, ne coute rien….).
Lorsque je suis partie en vacances, tous mes dossiers sont restés sur mon bureau, notamment des dossiers de projets immobilier. On m’avait assuré qu’ils seraient traités pendant mes congés. Bizarrement, je les ai trouvé à l’endroit exact où je les avais laissé en partant 3 semaines plus tôt. Je vous laisse imaginer le retour des clients que j’ai eu.
Lorsque l’agence a enfin retrouvé un fonctionnement normal, j’ai été convoqué par mon N+3 (ça faisait 2 jours que nous étions au complet). Je me suis fais incendié car j’étais dernière au classement interne des commerciaux de mon niveau! J’ai eu droit à un petit suivi personnalisé avec remontée des chiffres de production chaque jour pendant quelques temps après ça + des notations abominables. Il n’a jamais été fait mention ne serait-ce qu’une fois des difficultés rencontrées, ni du travail que j’avais accompli "en plus". Pourtant, mon chef était au courant, puisqu’il recevait des mails envoyés à 20h le soir alors que l’agence fermait à 17h45….

Depuis, j’ai changé d’orientation. Je travaille désormais pour une association. Je pensais y trouver quelque chose de différent. Au final, ce n’est pas le cas.

Je vous passe le temps perdu à faire des réunions en groupe de travail pour travailler sur des sujets qui ne voient jamais le jour (le dernier groupe de travail auquel j’ai participé n’a pas fait de réunion depuis juin l’année dernière, je ne sais même pas s’il est encore considéré comme actif au sein de l’association)…..

Lorsque je suis arrivée, j’ai également fait pleins de propositions par rapport à un domaine d’expertise que je suis une des seuls à avoir dans l’association. Aucun retour. On m’a même demandé de me mettre dans la commission afférente, mais je n’étais pas conviée aux réunions sur ce thème (cherchez l’erreur?!?)….. Bon, désormais, je ne fais plus partie de la commission…. au moins, comme ça, je sais pourquoi je ne vais pas aux réunions :-)

Chaque fois qu’on fait remonté une difficulté, en proposant des pistes d’amélioration, on se fait taxer de "raleuses"…..

Des exemples comme ça, j’en ai des dizaines.

Du coup, l’année dernière, pour la première fois j’ai dit non quand on m’a demandé de faire du travail "en plus".
Bizarrement, je suis aussi devenue moins coulante vis à vis des heures sup non payées. Parfois, le travail n’est pas fait mais tant pis.
Je sais, ça parait horrible dit comme ça. Personnellement, je trouve ça complètement con. Ca heurte mon coté "perfectionniste" dans le travail. Et j’avoue que j’ai beaucoup de mal à laisser du travail en retard sur mon bureau. En quelque sorte, je me force à le faire.

Mais clairement, au bout d’un moment, je me dis que mon patron a les salariés qu’il mérite. Il ne faut pas demander aux gens de s’impliquer, si l’implication aboutit systématiquement …. à rien.

Et puis, au final, qu’est-ce que j’y perd? Et bien pas grand chose. J’ai toujours la même paie à la fin du mois (oui, on est augmenté à l’ancienneté et quand la valeur du point est revue….).
Je ne m’inscrirais plus dans aucun groupe de travail, au moins, j’arrêterais du perdre du temps (ça me permettra de rattraper le travail qui traine sur mon bureau tongue )…. Par contre, clairement, je suis un peu moins à l’aise dans mon boulot car je dois plus souvent justifié mon retard. Mais au final, ça passe.

Alors, oui, je fais peut être partie des "paresseux", mais en même temps ce n’est pas ma nature profonde….. les circonstances font que j’ai choisi de consacrer moins d’énergie à mon travail et plus à ma vie perso… tant pis si je suis moins bien vue qu’avant par mon supérieur….. car clairement j’y trouve plus de satisfaction et de motivation….

Bref, ce n’est que mon exemple, il n’a pas vocation à être universel. C’est juste un témoignage qui peut, peut être, faire voir un peu les choses d’un autre point de vue.


Le matin tu as 2 choix: soit tu retournes te coucher et tu continues de rêver soit tu te lèves et tu vas réaliser tes rêves

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[+3]    #11 05/05/2017 17h21

Banni
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TyrionLannister a écrit :

Je viens de relire cette file avec le sourire. Je rejoins complètement la notion de decadence qui a été développé dans les pages précédentes.

Le plus grand accélérateur de cette décadence est sans doute l’excès d’état providence. Ce n’est pas tant le fait "d’aider" les gens plus ou moins dans le besoin qui part d’un bon principe, que l’impact de cette assistance continue sur les mentalites. Par exemple, la retraite est un non-sujet pour beaucoup de gens en France dans la mesure ou les cotisations automatiques sont censées apporter une retraite confortable, meme si c’est de moins en moins vrai. La plupart de mes connaissances CSP+ qui sont encore en France se contentent souvent de dire que leur residence principale payée combinée a leur retraite secu/agirc/arcco sera bien suffisante. Le manque de besoin gênere un manque d’envie, qui génère a son tour un manque de curiosité qui alimente une paresse intellectuelle galopante.

Pour ma part, et desole si certains pourraient y voir une politisation de la file, elle l’était deja de toute facon, je pense que le besoin est le meilleur des moteurs: besoin de se loger, besoin de se nourrir, etc.  L’etat providence en supprimant de nombreux efforts nécessaires à accéder a nos besoins cree des paresseux et apres quelques annees les paresseux deviennent des imbeciles.

.

Bonjour,

Vous devriez venir plus souvent en France et surtout en région parisienne entre 19 et 20h : vous y constateriez que le réseau routier y est totalement saturé ainsi que les transports en commun. Sans doute y-a-t-il parmi ces voyageurs du soir des gens qui partent au restaurant ou au spectacle, mais l’immense majorité sort du travail. Pour beaucoup de nos concitoyens, salariés ou indépendants, les 35 heures ne sont qu’une durée légale que beaucoup dépassent, avec le plus souvent des heures gratuites données à l’employeur. Tous ces voyageurs du soir ont pourtant la certitude de toucher un jour une pension, ont accès à l’assurance-maladie et mangent plus qu’à leur faim. Pour autant, en dépit de ces filets de sécurité, le management par la peur fonctionne très bien dans notre pays : le spectre du licenciement, la perspective de de pas être augmenté, de voir son avancement arrêté ou d’être muté à 800km de chez soi, tout cela suffit à formater des employés très dociles qui donnent du gratuit et bien sûr ne font jamais grève.

Constater que les gens sont paresseux est une chose, mais il serait utile de se demander pourquoi ils le deviennent car personne ne naît paresseux. A toutes fins utiles, je peux vous livrer un éclairage personnel.

J’ai débuté comme fonctionnaire de catégorie A+ en 1986 en étant chargé d’une mission d’achat public. Je gagnais à cette époque 10220F par mois, salaire honorable même à Paris ; cela augmentait régulièrement avec les avancements d’échelon et les changements de grade, l’avancement étant quasi-automatique : les bons avancent l’année n-1, les moyens l’année n, les mauvais l’année n+1 et tout le monde est content.

La hiérarchie me fichait une paix royale : seule importait la consommation des budgets en fin d’année. Les conditions de travail était excellentes : déplacements en France en train 1ère classe ou en avion sans aucune restriction, déplacements à l’étranger autorisés sans trop de difficulté avec surclassement gratuit en classe "affaires" par Air France qui avait à cette époque le monopole des voyages aériens de la fonction publique, secrétaires en nombre prenant en charge tout le travail administratif, chauffeurs (des ouvriers d’état ou des militaires du contingent) pour les déplacements en région parisienne. De surcroît, la position d’acheteur public permettait d’agrémenter le quotidien : repas offerts par les fournisseurs dans d’excellentes tables au moins une fois par semaine souvent 2 ou 3, colis de champagne et foie gras en fin d’année, invitations à divers évènements sportifs (coupe du monde 1998). En cas de souci logistique (location de voiture, emprunt d’un taxi, hôtel excédant le forfait fonctionnaire), il était toujours possible de faire passer la note à un fournisseur.

En résumé, c’était la belle vie et j’étais comme un coq en pâte ; du coup quand on est bien au travail on fait pour le mieux et on ne compte pas ses heures ; je ne me souviens pas à  cette époque avoir quitté mon travail un seul jour avant 19h et cela me semblait tout-à-fait normal. Tout le monde y trouvait son compte : l’Etat qui recevait au jour dit les équipements correspondant à ses besoins , les fournisseurs qui réalisaient de belles marges, les agents publics qui accomplissaient un travail captivant. Beaucoup d’agents se sentaient si bien au travail qu’ils ne prenaient même pas la totalité de leurs congés.

Cela a duré 15 ans de la sorte. Les choses ont commencé à se gâter au début de ce siècle.

Les nouvelles technologies sont apparues : messagerie électronique, ordinateurs et téléphones portables, toutes choses qui ont favorisé insidieusement l’intrusion du professionnel dans la sphère privée.

Sous couvert de moralisation, les rapports avec les fournisseurs sont devenus bien plus rigides : plus question d’accepter le moindre cadeau ou repas sans risquer des poursuites. Du coup, les agents sont devenus plus tatillons et les fournisseurs plus méfiants, le moindre litige dans un contrat se terminant devant les juridictions administratives.

Les conditions de travail ont commencé à se dégrader, surtout pour les déplacements : train en seconde classe, mise en concurrence des transporteurs aériens pour les voyages à l’étranger, obligation de fournir des justificatifs hôteliers, blocage des forfaits à des niveaux indigents.

Les outils de gestion issus du secteur privé ont fait leur apparition : j’ai fini par passer la moitié de mon temps à remplir des tableaux expliquant ce que je faisais pendant l’autre moitié, celle où je ne remplissais pas de tableaux. Est apparue la gestion par objectifs, chaque agent, même en catégorie C, se voyant assigner des objectifs personnels par la hiérarchie, qui est devenue de plus en plus pesante et elle-même stressée. De l’atteinte ou de la non atteinte de ces objectifs, il résultait une modulation de primes allant de +100€/mois pour ceux qui s’épuisaient à la tâche jusqu’à -100€ pour les paresseux.

Une nouvelle étape de dégradation et d’aliénation est survenue en 2007, avec les réductions d’effectifs mises en oeuvre par Sarkozy : la charge de travail est demeurée inchangée quand les effectifs diminuaient comme une peau de chagrin. Certains agents ont choisi de se tuer à la tâche et de faire le travail de ceux qui n’étaient plus là ; j’en ai même connu qui achetaient une moto pour réduire leur temps de transport et faire davantage d’heures ; certains ont réussi à tenir ; d’autres ont connu des moments difficiles proches du "burn-out".

Dans le même temps, les salaires ont été gelés et l’avancement est devenu de plus en plus resserré faute de recrutements au pied de la pyramide.

C’est à ce moment là que j’ai préféré renoncer à toute nouvelle perspective d’avancement et décidé d’en faire le moins possible en attendant la retraite : petites courses pendant le temps de travail, demi-pression au café, boursicotage internet et autres distractions ludiques.

J’ai eu la chance d’être mis à la retraite anticipée il y a 3 ans et depuis, malgré la perte de revenus, je ne pense pas avoir connu un seul jour d’ennui ou de paresse, comme quoi c’est bien le travail, surtout quand il est aliénant, qui rend paresseux.

Dernière modification par stokes (05/05/2017 17h22)

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[+3]    #12 22/11/2018 23h03

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Pourquoi vous plaindre des fainéants? Ils constituent une source de profits quasi illimitée pour les débrouillards, et petits malins en leur proposant encore plus de services et produits pour satisfaire leur désir de ne subir le moindre inconfort!

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[+7 / -1]    #13 23/11/2018 14h28

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Où va-t-on avec cette mentalité d’aujourd’hui ?

C’est peut-être de pire en pire. Mais ça ne date pas d’hier !

« Les jeunes d’aujourd’hui aiment le luxe, méprisent l’autorité et bavardent au lieu de travailler. Ils ne se lèvent plus lorsqu’un adulte pénètre dans la pièce où ils se trouvent. Ils contredisent leurs parents, plastronnent en société, se hâtent à table d’engloutir les desserts, croisent les jambes et tyrannisent leurs maîtres. Nos jeunes aiment le luxe, ont de mauvaises manières, se moquent de l’autorité et n’ont aucun respect pour l’âge. À notre époque, les enfants sont des tyrans. »
Socrate, 470-399 av. J.C.



« Lorsque les pères s’habituent à laisser faire les enfants, lorsque les fils ne tiennent plus compte de leurs paroles, lorsque les maîtres tremblent devant leurs élèves et préfèrent les flatter, lorsque les jeunes méprisent les lois, parce qu’ils ne reconnaissent plus, au-dessus d’eux, l’autorité de rien et de personne, alors, c’est là, en toute beauté et toute jeunesse, le début de la tyrannie. »
Platon, vers 427 – 348/347 av. J.C.



« Les jeunes d’aujourd’hui aiment le confort, l’argent et la paresse par-dessus le marché. Ils ne veulent plus se marier ou, s’ils sont mariés, élever une famille. C’est tout au plus s’ils consentent à avoir un ou deux enfants, afin de mieux savourer le moment présent. »
Polybe, vers 200-120 av. J.C.

-

IH : attention, la véracité de ces citations est plus que douteuse. Voir infra.


A la bourse, un mec achète, un autre vend, les deux pensent faire une affaire. Jean Yanne.

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[+3]    #14 24/11/2018 11h35

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http://www.quickmeme.com/img/a4/a422d5476200b3d40fd6ab2c9d4daf0f86f1a9827b2d43130abbd3ab6d936478.jpg

misteronline a écrit :

Socrate, 470-399 av. J.C.

Platon, vers 427 – 348/347 av. J.C.

Polybe, vers 200-120 av. J.C.

Tout ça sent quand-même la citation écrite de toute pièce… par un de nos contemporains.

misteronline, pouvez-vous fournir des sources afin qu’on puisse vérifier l’authenticité de ces citations ?

Je n’ose espérer que 7 lecteurs vous aient octroyés un +1 sans avoir pris la peine de vérifier qu’il ne s’agit de "fake news quotes"… Auraient-ils eu la flemme ?

Dernière modification par Gog (24/11/2018 17h01)

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[+11]    #15 30/11/2018 15h06

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La paresse en elle-même, cela ne me dérange pas plus que cela, tant que je ne "paie" pas pour les paresseux, ce qui me dérange par contre c’est quand cette paresse est associée à de la jalousie et que les personnes qui choisissent d’en faire le moins possible jalousent ostensiblement ceux qui se sont un jour remontés sérieusement les manches et ont su prendre des risques et faire des efforts parfois à de nombreuses reprises avant de rencontrer un certain succès.

Quelques remarques que j’entends régulièrement de la part des connaissances, amis et même de la famille qui deviennent de plus en plus insuportables avec le temps:
"tu as de la chance"
"tu sais, c’est compliqué pour nous"
"c’est pas simple"
"si j’avais su, mais maintenant c’est trop tard"
J’entends ces remarques, et de plus en plus en tant qu’expat. J’avais le même type de commentaires en tant que cadre sup en France (alors que j’ai fais une partie de mes études en cours du soir et que j’ai monté les échelons à force de travail), et je pense que ceux qui ont monté leur entreprise, constitué un patrimoine immobilier à force de labeur et de prise de risque ou simplement choisi un mode de vie différents sont confrontés aux mêmes remarques agaçantes. Je pense par exemple à Carignan99, Cricri77700 ou KC44, comme on dit ici "please keep me honest."

Certes il y a toujours une part de chance, au moins en étant épargné par certaines maladies, mais la jalousie me parait un bien plus grand problème que la paresse. Je connais des paresseux tout à fait charmant qui assument complètement leur mode de vie et se sont ni envieux ni jaloux, ces sont des gens très agréables.

Dernière modification par TyrionLannister (30/11/2018 16h46)


Tyrion Lannister - "a Lannister always pays his debt"

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[+9]    #16 29/08/2019 08h16

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Avec le recul, je pense que ce fil de discussion est le plus important du forum.

En effet, à partir du moment où l’on arrive à vaincre la paresse et le manque d’initiative, pour être curieux, motivé et méthodique, on arrive à tout. Donc il "suffit" d’arriver à adopter une mentalité de progrès et de motivation pour que le reste suive : apprendre, entreprendre, investir, etc.

A mon humble avis, la "paresse", vient en grande partie de notre éducation. On nous apprend, très tôt, à être sage, à être silencieux, et à obéir. Les parents veulent des enfants sages. Les profs veulent des enfants sages. Tant pis s’ils ne sont pas curieux, entreprenants, et actifs, pourvu qu’on ait la paix.

J’ai été choqué, en première année d’école d’ingénieur, d’avoir des cours de communication. On nous a dit en substance, lors de la première séance de cette matière : "vous faites partie de l’élite, vous aurez à prendre la parole, présenter des exposés, animer des réunions, encadrer des équipes très probablement, alors vous devez apprendre à vous exprimer, animer un débat, etc". Ca faisait 18 ans qu’on m’apprenait à me taire, et on allait enfin m’apprendre à parler, parce que l’élite a besoin d’apprendre à parler. Les gens qui ne font pas partie de l’élite n’ont pas besoin d’apprendre cela, car ils n’ont qu’à continuer à se taire !

De même sur la gestion de projets : ce sont des choses qu’on n’apprend qu’aux futurs cadres. Les exécutants n’ont qu’à exécuter les ordres. Il ne savent pas prendre un projet par le début et le mener à la fin, et on va déplorer le manque de cette qualité professionnelle, et on va en prendre prétexte pour ne pas les faire progresser dans l’entreprise… Mais pourquoi la gestion de projets n’est-elle pas enseignée dès le plus jeune âge ?

Alors voilà, sur la base de cette éducation presque toujours délétère, presque toujours formatée pour faire de nous de bons petits soldats, de bons petits exécutants, ils faut compléter soi-même son éducation. De même que l’éducation financière est incroyablement inexistante, l’éducation à l’initiative, à la curiosité, à la méthode et à la persévérance, en gros à l’inverse de la paresse, n’existe pas. Je pense vraiment qu’on nous a appris la paresse à force de nous démotiver d’être trop bavard, turbulent, curieux, remuant, entreprenant etc. et en ne nous apprenant pas les savoir-faire nécessaires.

Quelques remarques :
- on peut être intelligent et avoir de sérieux problèmes de procrastination et de motivation. J’ai toujours eu tendance à faire les choses à la dernière minute (même s’il existe bien pire que moi en la matière. J’étais disons un cas moyen). Or, là-dessus aussi on peut travailler. Je citerai 3 sources de progrès sur ce point, dans mon cas : ma femme qui n’est pas procrastinatrice, et m’a montré, par l’exemple et par ses encouragements, que les choses se font mieux et de façon plus agréable quand on les fait à temps ; le livre de Bruno Koetz ; et des séances d’EMDR qui consistent tout simplement à intégrer vraiment dans sa tête les avantages de ne pas procrastiner, et les inconvénients de le faire. Les intégrer véritablement, à l’encontre des croyances et des habitudes reçues dans l’enfance, en l’occurence de la part de mes parents, les deux étant procrastinateurs, et mon père battant même des records dans cette discipline.

Exemple de choses dont je suis très fier (alors que ça peut sembler évident à d’autres) : il y a quelques jours, j’avais 3 tâches à réaliser dans la journée, dont une particulièrement chiante et pénible. Je me suis dit "j’attaque par celle-là, car j’arriverai sans trop de problèmes à la faire ce matin en étant frais et dispo, et je me garde les 2 autres, plus faciles, pour cette après-midi où ça coulera tout seul malgré la fatigue". Il y a encore peu, j’aurais commencé par les plus faciles, et en fin de journée, j’aurais attaqué la plus dure, en râlant à quel point c’était difficile à faire quand il fait chaud et qu’on est déjà fatigué… J’aurais sans doute fait des conneries, et j’aurais alors eu l’impression que la vie est vraiment trop injuste et cette tâche vraiment trop difficile, et je l’aurais peut-être remise au lendemain du coup. Alors qu’il suffisait de commencer par celle-là pour profiter de la faire en étant au mieux de mes capacités.

Mon père a notamment une spécialité. Il creuse des trous dans le jardin, avec à chaque fois une bonne excuse (déterrer la racine d’une mauvaise herbe, etc). Et puis il ne les rebouche pas. L’herbe pousse, on ne voit plus le trou. Il laisse pousser l’herbe trop haut, toujours, avant de tondre. Donc, passer la tondeuse est une tâche harassante, car d’une part l’herbe est trop haute, donc la tondeuse bourre et ça va 3 fois moins vite que si ça avait été pris à temps ; d’autre part, la tondeuse est tout le temps en train de faire des hauts et des bas car elle tombe dans des trous invisibles, donc on s’épuise à la manœuvrer pour la ressortir des trous et pour la remettre dans le droit chemin. C’est à peu près comme essayer de tondre un champ de bataille.

Concrètement, mon père construit ses propres chausses-trappes. Il creuse des trous, et après il dit "oh, je suis tombé dans un trou ! Mais c’est vraiment trop pénible !".

C’est valable au sens propre, avec cette manie de creuser des trous et de ne pas les reboucher, mais c’est valable aussi au sens figuré, dans bien des aspects de sa vie.

Ca peut être très dangereux les trous. Je connais quelqu’un qui était équipier de char, à l’armée. Son char est tombé dans un trou et il a eu la colonne sérieusement endommagée, il en portera les séquelles à vie. Et il a été réformé, ce qui a aussi détruit sa vie, car il était super bien à l’armée (les goûts et les couleurs…). Explication de la présence du trou : le génie avait le même terrain d’exercice qu’eux, et ils s’étaient entraînés à creuser une fosse anti-char, et ils avaient "oublié de reboucher", eux aussi, comme mon père. Ca a détruit la vie de mon copain.

Depuis que j’essaie de vaincre la procrastination et d’être plus efficace, j’ai souvent cette image en tête. Je fais en sorte d’éviter de creuser mes propres chausse-trappes. De ne pas laisser traîner les trucs dans lesquels je vais ensuite me prendre les pieds.

-on peut être très dur à la tâche et ne pas être entreprenant. Je connais un gars qui est ouvrier du bâtiment. Au boulot, il est très dur à la tâche, il travaille beaucoup, au point que les autres ont du mal à le suivre. Mais dans sa vie personnelle, il n’entreprend pas, il repousse tout, il dit qu’il fera un truc et il ne le fait jamais, il voudrait économiser mais il n’économise pas, etc. Manifestement, la faute à une mauvaise image de lui-même. Quel dommage, car il pourrait faire bien plus de choses, il est intelligent et courageux.

- outre la question de la motivation et de vaincre la paresse, il y a aussi une question de méthodologie. Comme dit plus haut, la gestion de projets, les différentes méthodes nécessaires pour prendre un projet à A et l’amener à Z ne sont jamais enseignées à l’école (ou alors ça a bien changé !). La plupart des exercices sur lesquels les élèves travaillent sont très très décomposés : on nous fait résoudre A, puis F, puis B, puis J, mais jamais on ne nous apprendre à prendre un sujet à A et à l’amener jusqu’à Z. Lorsqu’on a, parfois, un vrai projet global, comme de préparer un exposé à plusieurs, ça finit inévitablement avec le plus intelligent/travailleur qui se tape presque tout le boulot. C’est dû, d’une part par la paresse là aussi, mais aussi au manque de méthode : on ne nous a pas appris à prendre un projet à A et à l’amener à Z, et on ne nous a pas appris à travailler en groupe (comment se répartir les tâches puis comment réunir ensuite les travaux réalisés, en évitant les deux extrêmes : 1) que chacun fasse tout le boulot sans aucune répartition des tâches, ce qui ne gagne aucun temps, ou 2) que l’on décompose totalement mais sans assurer aucune cohérence, aucune réunification, entre ce qui est fait par chacun), alors on se retrouve comme une poule qui a trouvé un couteau.

Il y a très probablement un fondement biologique, philogénétique à la paresse : après tout, un animal va avoir tendance à ne pas faire grand chose tant qu’il n’a pas la faim ou le désir de reproduction pour le motiver à faire. Mais, pour autant, il y a sans doute une très grande part d’acquis.

C’est assez fou, car on vit dans une époque trépidante, où la plupart des gens ont des horaires, des obligations, des rendez-vous, etc. Il n’arrêtent pas. Dans leur vie, on a mis le contenu, mais on n’a pas mis la méthode ni la motivation. Ils sont occupés voire débordés, mais pas forcément efficaces, et surtout pas satisfaits, pas heureux de subir ces occupations.

Ne croyez pas que je me mets au-dessus du lot. J’ai ma bonne grosse part de tendance à la paresse, démotivation etc. Mais ce qu’il y a de sûr, c’est que ce site, le bouquin d’IH et la fréquentation virtuelle et IRL de gens efficaces, motivés, et  entreprenants m’ont fait progresser, m’ont donné envie de faire ; m’ont permis d’acquérir la méthode et la motivation pour faire. Et comme je disais au début, à partir de là, le reste suit. Donc, vraiment, ce fil est le plus important.

Allez, pour finir cette longue diatribe sur une anecdote qui illustre bien l’ampleur et les méfaits de la paresse : sur l’un des biens que je retape, un interrupteur était en panne. Sous le doigt, il semblait bloqué. Mais la lumière de la pièce fonctionnait. Du coup, pour allumer ou éteindre cette pièce, c’était directement depuis le tableau électrique. J’ai (enfin) pris le temps de regarder quel était le problème. L’interrupteur est manifestement cassé. Il a été réparé en fourrant les deux fils dans le même bornier de l’interrupteur, pour avoir un contact permanent. Il y a quelqu’un qui a pris la peine de le démonter et le "réparer", mais qui n’a pas pris les 2 minutes de plus et les 3 € de plus pour changer l’interrupteur ce qui aurait été la vraie réparation. Non, il a transformé l’interrupteur en bornier, en sucre, et il a dit : "ça fera bien". Et TOUT est à l’avenant dans ce bien.

Je trouve cela hallucinant qu’on puisse faire cela. Comment peut-on faire ce genre de travail de merde, ce demi-travail de paresseux, et être content de soi ensuite ? Et juste continuer à vivre ? Moi ça me rendrait malade. On retombe sur la question de l’image de soi. Mais je ne vais pas repartir sur ce sujet, au risque de radoter en boucle !

Je vous laisse, il faut que j’aille acheter un interrupteur ! wink

Dernière modification par Bernard2K (29/08/2019 08h59)


Surtout, ne pas nuire à l'ambiance générale.

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[+3]    #17 02/09/2019 04h39

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Réputation :   7  

Les INTJ (architecte) trouvent les gens paresseux et ce forum est rempli de INTJ.

https://image.noelshack.com/fichiers/2019/36/1/1567391510-intj.png
https://image.noelshack.com/fichiers/2019/36/1/1567391644-intj2.png

Source : La personnalité ?Architecte? (INTJ-A / INTJ-T)                  | 16Personalities

Personnellement, je m’ennuie lorsque je ne fais rien ou que je n’ai pas de stimulation intellectuelle ou sportive et celle a tendance à vider mes batteries.

Lorsque je cours/marche le long des baies, il y a plein de monde, qui sont allongé sur leur natte ou sous les banians à ne rien faire, je ne pense que ce sont des paresseux mais leur manière a eu de recharger leurs batteries.

Tata

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[+3]    #18 14/06/2020 00h03

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Réputation :   6  

File très intéressante, que j’ai lu de la page 1à6. Je me sens en effet visé par les émissaires qui nous traitent de paresseux. A juste titre. Car je le suis et je le sais.

J’ai mon mot à dire en tant qu’ESFP (Entertaineur, amuseur) surdoué de 24 ans, disons plutôt ayant eu des facilités à l’école depuis le primaire jusqu’au supérieur. Quelle tare d’être le "contraire" de l’INTJ, je suis fichu pour la suite.

Je n’ai jamais connu l’effort, ce que c’est de se tuer à la tâche, je n’ai jamais travaillé à l’usine (hormis stage ouvrier obligatoire en école d’ingénieurs), ni équipier polyvalent au fast food du coin. Le sport ne me dit rien, à part regarder le football et des vidéos d’actions de Zidane ou autre), le dépassement de soi je ne le connais pas… J’ai tenté la salle de sport en janvier d’une année, j’ai tenu 2 mois. Au foot j’aime être gardien bizarrement. La consistance et la répétabilité de l’effort n’est pas inné ni glamour chez moi. Je n’aime pas faire, je n’aime pas bricoler, je suis un flemmard, je suis donc bien un paresseux doublement doté d’une procrastinite aigue.

Beaucoup d’entre vous furent Math sup math spé, je l’ai été aussi (math sup techno/ptsi). Je ne me souviens pas avoir galéré non plus, comme si cet ADN d’insolente réussite était en moi… Pour donner une idée, pendant que les gens bossaient fort la veille du devoir sur table, je dormais de 20h jusqu’au matin. Un petit coup de bourre les semaines de veille de concours, et le tour est joué j’ai eu ma petite école gratuite, débouche sur le sacro saint CDI à 40k.

J’aime la paresse, j’aime dormir, j’aime ne rien faire de mes week-ends, youtuber sur des vidéos de football ou les mêmes musiques radiophoniques en boucle…

Vous me direz alors : qu’est-ce que ce bougre fait ici alors ?

Quelque chose a changé récemment. Un ami proche me parle de son boursicotage, de SCPI, cela me met la puce à l’oreille je me renseigne et je me lance.
PEA créé, projet de SCPI en cours, encore que voyez-vous pointer la solution "paresse" ! Toutefois des envies d’indépendances financières émergent enfin. Me croirez-vous que je ne savais pas ce que c’était,  et surtout que c’était possible ! Et ça se dit bac+5. J’ai un peu honte de mon ignorance.

J’aimerais dire merci à Edouard Petit, en effet l’epargnant 3.0 est le premier livre que je finis depuis des dizaines d’années. Cela relève du domaine du miracle. Et oui, j’ai aussi des difficultés à lire des bouquins, même de domaines qui m’intéressent, car c’est trop long. J’ai essayé de lire Les Misérables, j’ai tenu 20 pages en 3 jours puis j’ai laissé tomber. Des livres autobiographiques de joueurs de foot, pourtant un sport qui me passionne, je ne peux pas les finir non plus. Trop gros poisson, peut-être me direz-vous de commencer par Le Petit Prince à la place. Même ça, je ne suis pas sûr d’en être capable.

En fait, lorsque je décide de commencer quelque chose (c’est déjà grandiose), au final je finis peu de choses. Je vois des vidéos sur des entrepreneurs qui se risquent à de la sous-location, de l’immeuble de rapport, du levier en bourse, etc… Il faut être fou pour ne pas vouloir, envier les résultats de cette vie, mais comme cela a été dit plusieurs fois, qui est prêt à s’en donner les moyens ? Pas moi, du moins pour le moment.

Je suis encore satisfait de ma situation stable, CDI avec 2200 net, je mesure et connais ma chance, à 23 ans ce n’est pas commun.
Je suis intimement convaincu que je suivrai un jour le chemin de vous autres, investisseurs aguerris et rentiers. C’est la vie qu’on veut.
Encore me faut-il apprendre à suer, c’est tout ce qu’il me manque aujourd’hui, et je suis venu le chercher ici sur ce forum. Car pour moi, tout le reste, çàd compétence, expérience, tout le bagage nécessaire s’acquiert avec la sueur. Prendre inspiration parmi les meilleurs, n’est-ce pas ?

Voilà pourquoi j’aimerais, pour finir, lever mon verre à vous, investisseurs heureux, qui vous êtes tués à la tâche, manifestement avec brio, sur des sujets qui vous passionnent plus ou moins. Pour ma part, je ne me suis pas encore posé 1 journée pour savoir quel sens je souhaite donner à ma vie, voilà pourquoi aujourd’hui je ne suis pas mieux que le gratteur qui espère toucher le pactole. Lui au moins a gratté son ticket pour avoir sa chance. Il ne me reste que de créer la mienne.

Mais pas demain, car c’est week-end et, malheureusement, j’ai la flemme.

Dernière modification par Rodin (14/06/2020 00h11)


Apprendre, comprendre, entreprendre ; s'élever, progresser, lutter, même quand on a mal.

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[+3]    #19 14/06/2020 08h52

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Malolechat,

Hum…si sur ce que nous connaissons de vous :

Vos vacations d’été décrites sur ce forum dépassant très allègrement (Bien que votre activité ne rentre pas dans ce cadre) le volume d’heures maxi Travaillees légal (48h/ sem avec des précautions d’usage …)

Votre file scpi ….un travail minutieux et de longue haleine pour finaliser jusque les derniers détails Du possible.

Me voilà donc pleinement rassuré, avec des « fainéants » de votre calibre, le PIB national ne saurait reculer malgré la crise sanitaire 🤣.

Ceci dit, quand on fait ce qui nous passionne, on peut y passer un temps fou, sans même avoir l’impression de bosser, juste pour le plaisir.

Dernière modification par serenitis (14/06/2020 08h52)

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