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#26 15/01/2019 21h14

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@ Lausm, GBL, Mevo, IH, Scipion8, Cornelius vous avez bien sur raison de me dire qu’il est insuffisant de limiter le "Système" à la simple promotion du libéralisme économique et de me dire de prendre garde à voir une cohérence là où il n’y en a pas forcement.

Cependant quand je lis la liste de Scipion8 sur les opinions et idées des élites, j’arrive facilement à les voir comme des arguments en faveur du système économique capitaliste:



@ Roudoudou, je me permets de mettre ci-dessous le paragraphe de Ray Dalio sur les "haves" et les "not-haves" car mon 1er message faisait peut-être passer des messages involontaires:

Dernière modification par zeboulon (15/01/2019 21h39)


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#27 15/01/2019 22h42

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zeboulon a écrit :

Scipion8, est-ce que selon vous, "la minorité qui domine et s’accapare les pouvoirs politique, économique et symbolique" le fait de manière volontaire? C’est à dire est-ce qu’ils planifient sciemment leurs stratégies de domination et d’accaparement?

Je me permets de poster cette réponse que j’avais faite hier mais que ma connexion m’a empèchée d’envoyer, et qui est redondante avec des arguments depuis exprimés.

Ma vision est moins théorique, mais pour avoir expérimenté moultes lieux de travail différents, donc diverses institutions, publiques, privées, associatives, et aussi vivre en plein fief de culture féodale, il y a une question de conscience de classe.

Je ne sais si Bourdieu ou Gramsci en ont parlé, mais je ne sais plus qui a dit que la classe dominante, contrairement aux autres, a la conscience de son statut.

Dans les lieux de travail que je fréquente, on le voit pas les structures de liens entre les cadres, et les autres. Ce sont deux mondes qui communiquent, mais pas de manière équivalente.

Ce sont des codes aussi subtils, que voir les cadres qui vous serrent la main et vous vouvoient, mais qui se tapent la bise entre eux et se tutoient. Parfois je préfèrerais être anglais ou italien! (les italiens n’utilisent quasiment plus le vouvoiement, on se tutoie très facilement, mais ça n’empèche pas un sens de la distance).
Et tout à l’avenant: partages culturels, références communes: aller en vacance dans un gîte avec piscine à Saint Jean Cap Ferrat, c’est pas pareil que le camping municipal à cinquante bornes de chez soi quand on en parle devant la machine à café….et l’on peut prolonger, habillement, voitures, etc etc…
Quand je tournais en libéral avec ma Logan, je me sentais un extra terrestre! Pourtant jamais voiture ne m’a couté aussi peu cher à tous niveaux! Allez savoir.

Je me rappelle un collègue, jeune, à peine deux ans de diplôme…il avait eu un poste de cadre dans le service médical privé qui bossait dans une prison où j’étais employé…à un moment me parlant d’une collègue ancienne, il me sort qu’on devrait la licencier. C’était la plus expérimentée de l’équipe, sauf qu’entre elle et le médecin chef ça devait un peu tiquer, parce que justement elle le faisait bosser pour la santé des détenus, et pas son petit confort à lui…c’est ça le "système", à mon sens: quand on est en place, qu’on a du pouvoir, et qu’on commence à se permettre de traiter les autres comme objets. A fortiori quelqu’un de plus ancien dont on devrait écouter l’expérience éprouvée du terrain. Lui ne le faisait plus, il défendait la caste des chefs et décideurs, j’en fis aussi les frais le jour où j’ai demandé une indemnité de déplacement de façon un peu forcée (ils n’avaient que moi sous le coude, et je faisait 90 bornes par jour AR pour aller bosser)

Est-ce conscient?
C’est toujours une question pour moi. Un copain me dit oui, il se repait dans les lectures sur Bilderberg et tout ça.
Moi je pense comme je le lisais récemment, sur la connivence entre pouvoir et médias, que c’est simplement de partager, comme le souligne Scipion8, les mêmes modes de pensée, les mêmes représentations du monde. Ca crée un conformisme qui s’autorenforce, et quand on détient un pouvoir financier, un pouvoir d’influence, tout le monde alors s’en sert pour renforcer la pérénnité du "système" existant, de stabiliser une mode d’existence, afin en fait de se rassurer contre la peur de perdre, la peur de n’être rien. Mais cela implique à mon avis des liens de dépendance, forts.

C’est aussi pour ça que j’aime les retraites, la montagne, me rappeler qu’avec rien l’on vit. Et bien.
Etre libre du "système". C’est en fait plus facile qu’on ne croit. Car il s’agit surtout de rompre avec des dépendances à des choses non essentielles. Mais quand on ne fait pas, on ne sait plus que ça peut exister.

Dans le monde du médico-social, on enseigne et parfois pratique des thérapies institutionnelles, qu’on appellera aussi systémiques (Cf Jean Oury)…on envisage l’individu au sein de tout un groupe d’influence, le premier étant la famille. Et quand on agit sur un membre, cela agit sur tout le groupe.
On peut agir ailleurs aussi et influencer l’individu.
En fait la réalité toute entière est systèmique.

Mais la dénonciation du "système", en se considérant comme un tiers qui en est exclu, est en fait une négation de sa place en tant que sujet au sein du "système". On est toujours agissant au sein d’un système. Ne pas vouloir agir est aussi une forme d’action.
Mais comme je disais au-dessus, c’est une façon de ne pas vouloir penser. Je ne dis pas ça comme reproche au sens moral. Je parle en terme de fait. Quelqu’un qui accepte de penser la et sa réalité, et cela peut prendre la forme très simple de se questionner sur l’influence de son attitude dans son environnement, prend son destin en main. Je ne reproche à personne de ne pas penser. Je pense que ceux qui ne pensent pas ou plus sont non pas paresseux, mais n’en ont jamais entrevus l’utilité faute d’éducation…ou parfois ont subi tant de souffrances, aigues ou sous forme moins aigues mais prolongées, ou de domination, qu’ils n’arrivent plus à avoir la force de la volonté de conscience.
C’est alors plus facile d’accuser un tiers extérieur.
C’est aussi, je pense, une façon de dénoncer le sentiment d’être exclu de la cour des grands, et d’une asymétrie de pouvoir. Le sentiment d’être l’objet des décisions des autres, le sentiment d’une impuissance.
Enfin, c’est ainsi que je l’entends.
Faut dire, je commence un poste où je vais pénétrer le monde de la précarité sociale plus avant, et je vois plus de gens qui ne peuvent pas que de gens qui ne veulent pas.

Et au final, et je parle pour moi, en totale contradiction avec l’adage populaire, et voir de près des vrais gens du bas de l’échelle le confirme énormément, je pense qu’il est bien plus facile de vouloir quand on peut, que de vouloir quand on a tellement été éprouvé et stagné dans l’impossible, qu’on ne sait même plus ce que peut signifier avoir un désir, au-delà d’une vie réduite à de besoins basiques, et des addictions donnant l’impression d’intensité pour compenser le sentiment d’indignité et de perte d’estime de soi.

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[+1]    #28 19/01/2019 15h38

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Intéressant exercice d’autocritique des journalistes dans Libération sur un des aspects clefs du "système", le pouvoir médiatique, ses biais et son uniformité sociologique, culturelle et politique, qui le coupe du pays. Je copie quelques extraits, mais je recommande la lecture de l’article dans son ensemble.

Libération a écrit :

Un défaut est reconnu par la quasi-totalité des personnes interrogées (dont la totalité souligne que les violences contre la presse sont impardonnables). Les journalistes ont une conscience aiguë de leur uniformité sociale et culturelle, de l’absence de diversité parmi eux. Très souvent, ils vivent à Paris ou dans les métropoles, ont fait des études supérieures (souvent Sciences-Po et/ou une école de journalisme), viennent des classes moyennes supérieures, et disposent en moyenne d’un pouvoir d’achat plus élevé que le reste de la population. (…)

Cofondateur du média d’investigation local Médiacités, Sylvain Morvan a une jolie formule pour résumer le problème : «Les journalistes écrivent librement ce qu’ils sont socialement programmés à écrire.» (…)

Notre profession serait devenue trop bavarde, passant son temps à donner son avis à elle plutôt que la parole aux autres. Antoine Genton, ex-président de la société des journalistes d’iTélé pendant la longue grève menée contre leur actionnaire Vincent Bolloré : «Les gens se rendent compte qu’il y a plus de plateaux avec des invités. Les budgets de reportage sont réduits d’année en année. C’est sûr, ça coûte moins cher de faire l’Heure des pros (l’émission de débats animée par Pascal Praud sur Cnews) que d’envoyer des journalistes sur le terrain…» Une figure de l’antenne de LCI le déplore :«Chez nous, il n’y a pas de reportage d’immersion. Nous sommes une chaîne d’experts.» C’est-à-dire de commentateurs, de spécialistes, de polémistes. Bref, «d’éditorialistes», du nom de ces journalistes qui squattent les studios pour livrer leurs «opinions» alors qu’ils n’ont souvent pas produit un reportage depuis des lustres. Ces figures médiatiques, bien mieux rémunérées que le reste de la profession, ne font pas l’unanimité parmi les journalistes interrogés.

C’est surprenant, mais les intéressés eux-mêmes peuvent être d’accord. Natacha Polony, directrice de Marianne, qu’on voit et entend plusieurs fois par semaine dans les médias : «Beaucoup de journalistes considèrent que leur rôle est de dire le bien et le mal, comment il faut penser. Les gens ont l’impression d’avoir des curés en face d’eux.» (…)

Avec une «élite» apparaissant comme donneuse de leçons, la corporation souffre tout entière d’une image d’arrogance. Injuste ? «La façon dont beaucoup de journalistes se placent au-dessus des petites gens me choque. Il y a de la condescendance dans la façon de les décrire, un manque d’humilité générale», souffle la journaliste d’un hebdomadaire. (…)

Un cas d’école de suivisme dans la corporation a été, il y a deux ans, l’observation passionnée du «phénomène» Macron. Plus ou moins critique selon les médias, ce décorticage a assurément manqué à l’époque de lucidité, chez presque tout le monde, quant au positionnement politique du chef de l’Etat – cette fâcheuse croyance au «ni droite ni gauche». Le reproche est aujourd’hui constitutif de la détestation des gilets jaunes pour la presse. Mais curieusement, il ne revient pas naturellement dans les conversations. «On s’est pris au jeu de Macron, concède enfin une figure de LCI. On a peut-être manqué de discernement. Il nous a fascinés, intéressés. Eblouis au point de manquer de recul ? Je constate qu’on ne l’épargne pas depuis qu’il est au pouvoir, depuis l’histoire de la baisse des APL [allocations pour le logement, ndlr] à l’été 2017. Mais, avant cela, on s’est peut-être emballés, on a suscité une forme d’enthousiasme et d’attente. Malgré nous.» La faute à un manque de diversité politique dans la profession, encore ? Toujours se méfier des généralités. Mais… «Dans le milieu, la remise en cause du système global est faible, raconte Elodie Safaris, ex-iTélé. On accepte le monde libéral et capitalisé. Les gens que j’y ai rencontrés étaient souvent de gauche un peu molle, rarement de gauche ou de droite radicales. Dans les moments d’élection, on voit que tout le monde a un peu les mêmes idées.» Jadis «au service du peuple», le journalisme «est désormais honni pour être au service des élites et contre le peuple», écrivait récemment la politologue Géraldine Muhlmann dans le Monde. Et si les médias avaient majoritairement renoncé à être un contre-pouvoir, critique de tous les ordres établis ?

Dernière modification par Scipion8 (19/01/2019 15h49)

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[+1]    #29 19/01/2019 16h50

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Libération faire son autocritique ? Ce n’est pas vraiment dans leur ADN. Ils lâchent effectivement quelques miettes politiquement à propos, certains dans les rédactions ont certainement compris à force de se faire insulter dans les manifestations que quelque chose ne "tournait pas rond", mais de là à se remettre en cause, le conclusion de l’article est pour moi sans équivoque :

La disparition des kiosques et des points de vente de la presse n’arrange rien. «Les médias n’ont sans doute pas assez ouvert leurs portes. Il faut être transparent, expliquer comment on travaille et on débat, pour retrouver de la confiance avec le public», suggère Amaelle Guiton, présidente de la Société des journalistes et des personnels de Libération.

C’est exactement la rhétorique politique (consanguinité, décidément) : il faut faire de la pédagogie (on reproduit donc les rapports maître élève). Cela transpire de suffisance et de dogmatisme.
Pour ma part il y a bien longtemps que je n’ai pas acheté un journal et que je ne regarde  plus les JT. Je consulte autant que possible des sites spécialisés ou des médias étrangers.
Le plus grand scandale restant les montants des aides à la  presse alors que ces titres sont tous privés, propriétés de grands groupes du CAC.
Selon la cour des comptes le montant des aides à la presse était en 2017 compris entre 580 millions d’euros et 1.8 milliards, selon le périmètre retenu (aides directes, niches fiscales, exemptions fiscales…).
On comprend donc également que ce subventionnement massif conditionne en grande  partie la servilité de la presse française à l’égard du pouvoir politique. Les rédactions sont donc à la fois soumises à la pression économique de leurs propriétaires (et les grands groupes n’hésitent pas à faire pression sur les directions par l’intermédiaire des régies publicitaires) et à celle du pouvoir politique. D’où la généralisation d’un journalisme de complaisance, et de la pratique du bâtonnage de dépêches.

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#30 09/02/2019 16h05

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Je trouvais votre échelle d’aides exagérée pour un domaine très petit (moins de 10 Mds euros de CA et très peu d’emplois) mais c’est bien cela : https://www.google.com/url?q=https://ww … gVTbKvR-_V

yikes yikes

En pourcentage c’est encore pire. Selon la façon de compter, les aides représentent entre 10 et 20 % du CA de la presse écrite et plus de la moitié de son bénéfice ! Contrairement à vous je lis encore la presse française  (quoique largement plus la presse suisse, anglaise et américaine) mais ces chiffres faramineux me laissent songeur et un tel niveau d’aides en pourcentage n’est clairement pas sain…


Do your homework! Parrain pédago pour Bourso, Binck et Bourse Directe : écrivez-moi en MP :-) et  mon portif

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#31 04/03/2019 12h16

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Pour continuer sur le "système", ci-dessous un paragraphe d’une vidéo Xerfi:

Olivier Passet de Xerfi a écrit :

Derrière une distorsion dans la distribution primaire de revenus, il y bien plus qu’un problème de flux à réallouer. Il y a un mécanisme de concentration qui renvoie à celle du système productif, à sa modalité de gouvernance, à sa spécialisation, à l’irruption de technologies génériques.

Il y a surtout tout un système de pouvoir qui passe par la codification des dogmes autorisés, et va jusqu’à la capture du législateur ou même des banques centrales, même quand ces dernières sont indépendantes.

Cette capture est bien visible quand il s’agit d’armer les thèses et le pouvoir décisionnaire des climato-sceptiques par exemple. Mais cette capture peut être plus insidieuse et non nécessairement délibérée. Lorsqu’un banquier central bute sur la présence d’acteurs too big to fail, sur une hyper-valorisation des actifs qui entrave toute tentative de remontée des taux, tout indépendant qu’il soit, il doit se conformer aux intérêts dominants au risque de précipiter des catastrophes.

Dernière modification par zeboulon (04/03/2019 12h17)


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