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Nombre de votants : 315

[+4]    #1 29/07/2018 14h17

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Le salon est fréquenté par des gentlemen et des ladies mais est-il aussi fréquenté par des bourgeoi(se)s ?

Petit test tiré de « Sociologie de la bourgeoisie » qui a été ébauché par Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot pour approcher ce milieu qu’ils ont observé de près…

Michel Pinçon Monique Pinçon-Charlot dans "Sociologie de la bourgeoisie" a écrit :

Êtes-vous un(e) bourgeois(e) ?
1. Capital économique
— Possédez-vous un portefeuille de valeurs mobilières (actions, Sicav, FCP) ?
— Disposez-vous d’au moins une personne à temps plein pour vos besoins domestiques ?
— En plus de votre résidence principale, disposez-vous d’au moins deux autres résidences (lieux de villégiature,
ou pied-à-terre dans de grandes villes) ?
— Êtes-vous assujetti à l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) ?
— Possédez-vous des biens mobiliers ou immobiliers à l’étranger ?
2. Capital culturel
— Êtes-vous élève ou ancien élève d’une grande école permettant d’intégrer un grand corps de l’État ?
— Enfant, vos parents vous emmenaient-ils dans les musées de façon régulière ?
— Allez-vous au théâtre, au concert ou à l’Opéra au moins une fois par mois en moyenne ?
— Achetez-vous des œuvres d’art ou des antiquités ?
— Parlez-vous au moins deux langues étrangères ?
3. Capital familial et social
— Connaissez-vous les prénoms de vos arrière-grands-parents ?
— Pendant l’enfance, avez-vous passé des vacances en compagnie de cousins et cousines dans des maisons de famille ?
— Participez-vous à des dîners au moins deux fois par semaine (comme hôte ou comme invité) ?
— Êtes-vous membre d’un cercle auquel vous auriez été présenté par des parrains ?
— Avez-vous des membres de votre famille qui soient de nationalité étrangère ?
4. Capital symbolique
— Êtes-vous dans le Bottin mondain ?
— Des rues, à Paris ou ailleurs, portent-elles le nom de membres de votre famille ?
— Votre famille dispose-t-elle d’une maison de maître dans un village ?
— Êtes-vous membre actif d’une société caritative ?
— Êtes-vous membre de la Légion d’honneur ?

Chaque réponse positive vous apporte un point.

Les travaux du couple Pinçon-Charlot sont présentés de façon plus légère et drôle dans la BD Riche, pourquoi pas toi.

Mots-clés : capital culturel, capital symbolique, sociologie, test

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Favoris 1   [+1]    #2 29/07/2018 15h31

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En tout cas, pour les cadres dirigeants actuels de ma boîte, le questionnaire fonctionne extrêmement bien !

Lorsqu’on monte (très modestement) comme moi dans la hiérarchie d’une grande entreprise, on rencontre des profils types que l’on ne rencontrait jamais chez les "petits cadres" et le pourcentage de ces profils est impressionnant par rapport au reste de la population. Ces profiles types sont très très vieille France et souvent nobles voire de la vieille noblesse française ou… belge (j’ai appris beaucoup de choses sur les "maisons" et sur la noblesse depuis que justement je rencontre plus de cadres dirigeants..). Ils ont grimpé plus tôt les échelons et on pourrait se demander si c’était toujours grâce à leurs compétences ou alors à… leurs réseaux mais l’effet est tellement massif qu’il est difficilement discutable. On peut en revanche discuter de la pertinence de leur montée stratosphérique… peut-être le méritait-il mais un tel clonage est sidérant… et pourquoi aussi peu "d’autres profils" ? (et je ne parle même pas de diversité, je parle juste de ne pas être vieille France).

J’ajoute qu’il y a seulement 2 ans, lorsque j’étais plus "loin" des sphères du pouvoir, j’aurais ri à la lecture du questionnaire des Pinçon… mais il est criant de vérité en tout cas dans mon entreprise !

J’en ai donc un peu plus parlé autour de moi à des amis, et dans les "vieilles" boîtes françaises (plusieurs du CAC 40) il semblerait que ce soit aussi le cas (tout autre témoignage bienvenu).

Pour ce point en tout cas, la mondialisation est une excellente chose car elle "casse" les réseaux et offre sa chance à des profils qu’il y a 30 ans n’avait aucune chance de devenir cadre dirigeant même lorsque extrêmement fort et efficace. Pour un Macron (clairement pas vieille France ou noble), je pense qu’il y au contraire 100 cas vieille France (voir aux USA, l’élection d’Obama ne reflétait pas du tout ce qu’il y a dans les grandes entreprises américaines… c’est un faux signal). Le top 100 des entreprises du CAC 40 est intéressant à étudier smile Peut-être que les futurs cadres dirigeants seront "à la Macron" mais pour l’instant, dans mon expérience, ce n’est absolument pas le cas.

J’ai un peu cherché, je n’ai malheureusement trouvé aucune source pour confirmer ce qui est, sinon, qu’une impression de ma part et de mes amis : qu’il y a beaucoup de nobles dans les cadres dirigeants et énormément de "vieille france" (encore plus difficile de trouver des sources car pour noble on peut au moins s’aider du nom de famille mais là il faudrait une étude de terrain). Je serai preneur de toute source, un grand merci.

Edit : j’ai oublié un détail croustillant. Dans les bibliothèques de mon entreprise, il y a toujours le Bottin Mondain justement wink ou le Who’s Who ainsi que des livres dont je ne connaissais même pas l’existence : le Carnet Mondain (belge) et le plus savoureux d’entre eux "En famille" qui est une liste officielle des maisons de la noblesse française avec un style suranné à tomber par terre, à rire (ou à pleurer…)… si ce n’est pas un signe factuel…

Dernière modification par PoliticalAnimal (29/07/2018 15h37)


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[+5]    #3 29/07/2018 23h49

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@JeromeLeivrek : L’aisance matérielle ne suffit pas au bourgeois ; il lui faut aussi la supériorité culturelle et morale :

- Pour la bourgeoisie traditionnelle, la charité chrétienne donnait cette supériorité morale.

- Pour la nouvelle bourgeoisie, la religion étant désormais démonétisée dans les perceptions sociales, il faut trouver une autre source de supériorité morale : une générosité affichée envers les minorités, un soutien aux politiques sociales de l’Etat, un vote à gauche. C’est ce que j’appelle les bobos.

La seule différence est la source de la supériorité morale, mais fondamentalement le bobo d’aujourd’hui est pour moi très proche du bourgeois catholique d’hier : aujourd’hui comme hier, il veut à tout prix se faire pardonner son aisance matérielle par une supériorité morale.

La consommation culturelle est une autre manière pour le bobo de montrer qu’il ne se satisfait pas d’un confort matériel.

L’évolution politique des grands centres villes depuis 20 ans (Paris, Lyon…) témoigne de la montée en puissance de cette nouvelle bourgeoisie. Je vois mal ces villes revenir à droite avant longtemps. Et le "en même temps" de Macron, le libéralisme économique assumé sous le vernis de gauche, illustre parfaitement les valeurs de cette nouvelle classe dominante.

Mais je suis d’accord, le fait que le terme "bobo" soit aussi chargé politiquement, et utilisé souvent de façon dépréciative, trouble sa définition.

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[+1]    #4 30/07/2018 09h53

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11 points

PoliticalAnimal a écrit :

Edit et le plus savoureux d’entre eux "En famille" qui est une liste officielle des maisons de la noblesse française avec un style suranné à tomber par terre, à rire (ou à pleurer…)

Je n’apprécie pas trop ce dénigrement d’un style qui a façonné un art de vivre, même si certains travers pouvaient étonner
Si vous n’avez pas grandi dans ce milieu, abstenez-vous de le critiquer, merci


Ericsson…!  Qu'il entre !

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[+3]    #5 30/07/2018 10h15

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Pourquoi vous vous sentez visé ? Touché même j’ai l’impression yikes

C’est une curieuse réaction dites donc ! Soit vous êtes fier (et vous en avez le droit) et dans ce cas, vous me répondez par une blague, une boutade voire une moquerie (je ne m’en offusquerai pas) comme c’est le cas parfois sur le forum, soit vous n’êtes pas d’accord et vous expliquez pourquoi mais vous ne décrétez pas une interdiction de s’exprimer surtout quand c’est dans la charte et dans les lois de la République ! Non mais, ne montez pas sur vos grands chevaux svp. Dans ce cas, seule la haute caste pourrait parler de la haute caste, on croît rêver !

Parce que le livre En Famille, pour ne pas se sentir transporté dans un autre monde suranné, il faut peut-être avoir la chance d’y appartenir (et aussi n’avoir aucun recul, je connais beaucoup de nobles qui trouvent ça ridicule voire "un entre-soi malsain" phrase utilisé par un ami d’une grande maison du Sud-Ouest), mais pouvez-vous svp laisser à la plèbe que nous sommes, qui certes n’a pas de sang bleu mais du courage, pouvez-vous nous laisser la liberté d’expression arrachée à la Révolution ? Ou alors on ne peut plus rien commenter et discuter.

D’autant qu’il n’y avait aucun dénigrement de ma part, au contraire, un amusement. Et enfin, et surtout, que je sache, cette caste ne souffre pas de discrimination, au contraire, elle utilise ses réseaux pour truster le pouvoir et pas toujours fondé sur le mérite. Donc non seulement je vais commenter mais je vais commenter encore plus. Bien sûr, toujours dans le respect des lois de la République, mais surtout pas m’arrêter car sommé par un nobliau enjambant ses grands chevaux. Ah ! gratter le masque et la vérité apparaît…


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[+1]    #6 30/07/2018 10h18

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Comme vous y allez Job. Franchement prendre la mouche parce que quelqu’un critique un bouquin… C’est un peu extrême non ?
De plus, façonné un art de vivre, ok mais en quelle année ?

A noter que plus généralement, je connais assez bien le milieu de la noblesse pour avoir côtoyé des proches parents. Ce que vous indiquez comme "certains travers étonnants", personnellement j’aurais dit "certains principes aberrant" (et encore je me censure pour rester un gentleman comme le veux la charte).

2 points pour moi.

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[+2]    #7 30/07/2018 10h55

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4 points quand même, mais dont 3 à cause de mes  années passées en Chine (biens à l’étranger, 2 langues étrangères parlées, et membre de famille étranger). Et le 4ème forcément parce que j’ai des actions.

Ricklatrick a écrit :

Je trouve ce questionnaire très orienté vers la grande bourgeoisie traditionnelle et parisienne, bref au poids de l’histoire familiale.

C’est vrai mais c’est le but il me semble. C’est la vraie bourgeoisie finalement car celle dont je suis issue (la "petite", celle du commerçant ou du cadre qui a réussi) ne se mêle que très peu à la vraie et peut très vite retourner là d’où elle vient.

Kabal a écrit :

De plus, façonné un art de vivre, ok mais en quelle année ?

Ce sont des choses intemporelles, mon cher Kabal…

Pour faire écho aux propos de PoliticalAnimal, il est vrai que cette bourgeoisie est surreprésentée dans les hautes sphères des entreprises, pas toujours en première ligne, mais souvent dans les cadres supérieurs ++. C’est vrai dans la banque d’affaire aussi et dans les cabinets d’avocats.

Maintenant, il faut reconnaitre qu’á ces niveaux, les gens bossent beaucoup, bourgeois ou pas. C’est surprenant d’ailleurs les mails à minuit puis à 4 h du matin de la même personne, les conf calls à 23h, et la plupart des gens qui sont là méritent leur place. Au moins au niveau de la quantité de travail fournie. Pour la qualité, je trouve que cela manque souvent de recul et de réflexion.

JL a écrit :

On n’a pas du tout la même vision du bobo ! Mais je m’en doutais, je crois que la définition de ce terme n’est pas stabilisée dans les esprits.

Ah ça, nous sommes toujours le bobo d’un autre. Puis il y a le bobo growth et le bobo value mais là, nous entrons sur un terrain glissant.

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[+1]    #8 30/07/2018 11h52

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@PoliticalAnimal : Je me souviens d’avoir vu ma grand-mère (qui était une femme très forte par ailleurs) s’écraser presque physiquement après une engueulade par la châtelaine - alors qu’il n’y avait plus depuis longtemps aucun lien formel de subordination entre les 2 (employeur / employé)… Incapable de se révolter ni d’émettre la moindre critique. Comme si le pouvoir aristocratique, établi par la force il y a des siècles, continuait toujours de s’exprimer.

Et là je parle de la toute petite noblesse désargentée… mais très très vieille, en revanche (pas de la noblesse d’Empire ou autres roturiers qui ont acheté une particule) : le hameau (une place forte médiévale) porte le nom de la famille.

La châtelaine tutoyait aussi ma mère (qui la vouvoyait), mais ça peut se comprendre puisqu’elle l’avait vue grandir gamine. Mais je ne pense pas que ma mère aurait accepté de telles remontrances sans répondre. Cette évolution se voit aussi au niveau politique, la petite paysannerie aveyronnaise était traditionnellement conservatrice, mais leurs enfants qui ont vécu 1968/1981, comme ma mère, ont souvent viré à gauche (Rodez et Saint-Affrique ont des maires de gauche, Millau a été reprise par la droite mais est très disputée).

Ce hameau (une quinzaine de maisons) est un intéressant laboratoire social puisqu’il réunit (i) "la famille" (qui lui a donné son nom), (ii) les descendants du prolétariat local (ma famille, issue d’ouvriers espagnols spécialistes du cuir, arrivés au 18e siècle), (iii) les ancêtres des bobos, les soixante-huitards arrivés après 1968 pour refaire le monde (même s’ils ont largement retapé le village qui tombait en ruine dans les années 1960, on les appelle toujours "les Parisiens" - j’ai eu comme voisin la famille du cinéaste sans doute le plus illustratif de la gauche bien-pensante), et (iv) les riches étrangers (j’ai aussi comme voisins un juge de la Cour de Londres et un nouveau riche belge amoureux des belles pierres).

Tout ce petit monde s’entend bien d’ordinaire, mais lorsque des querelles de voisinage éclatent, on voit réapparaître les vieilles lignes de fractures (les plus violentes étant entre noblesse et nouveaux riches, et entre autochtones et "Parisiens").

Ma famille, nombreuse, industrieuse et implacable, contrôle désormais la moitié du hameau. Elle a d’excellents rapports avec "la famille" (les descendants de la châtelaine, qui sont beaucoup plus cools) - le pouvoir égalisateur de l’argent, en quelque sorte. A mon niveau, j’essaie de continuer ce travail de conquête en achetant systématiquement les terrains alentours (aucune valeur : des collines calcaires, juste bonnes pour faire passer les troupeaux contre un roquefort en fin d’année) : une quête un peu absurde, mais une revanche posthume pour ma grand-mère.

Dernière modification par Scipion8 (30/07/2018 11h53)

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[+1]    #9 30/07/2018 13h40

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Étant issu d’une famille très vaguement "ancienne-bourgeoise" (j’ai eu 7 pts; j’ai fait des "rallyes" au lycée, je pense que cela aurait pu être ajouté au questionnaire) et travaillant dans un milieu "bobo", je vais essayer de formuler quelques remarques, notamment par rapport au message de Scipion:

1° En ce qui concerne la "bonne conscience", la "part du pauvre", il serait bon de distinguer la bourgeoisie "protestante", qui agissait sans trop se poser de questions et par conviction (sinon religieuse, du moins morale) et la bourgeoisie "catholique", qui agissait parfois en partie par conformisme social - autant que j’ai pu le constater. Néanmoins, il existe aussi une authentique générosité dans les deux religions qu’on n’imagine plus toujours aujourd’hui, le cliché du notable chabrolien (entre autres) ayant fini par éclipser toute autre représentation de cette classe sociale.

2° Je relèverai cette différence entre la bourgeoisie "ancienne" et "moderne": la charité implique de donner de son argent (denier du culte), de son temps (activités paroissiales, etc.). Il suffit aujourd’hui de faire profession d’"humanisme" (l’acception a complètement dérivé), ce qui ne coûte pas grand-chose. L’essentiel étant d’ailleurs d’éviter les conséquences au point de vue individuel de la politique désirée au plan national (par ex., refus de l’élitisme et de la ségrégation, mais inscription dans des établissements privés ou hors-secteur; défense de l’écologie mais plusieurs voyages en avion dans l’année pour du tourisme, etc.).

En fin de compte, autant que j’aie pu le constater, ce qui caractérise les propos privés d’une partie de "l’ancienne" bourgeoisie, c’est le cynisme; de la "nouvelle", c’est l’hypocrisie - qui est comme chacun sait un hommage du vice à la vertu.

Je ne sais ce qui est le mieux et j’ai de toute façon des travers qui tiennent aux deux cultures - ce qui fait d’ailleurs que je ne suis jamais tout à fait à l’aise. Par-delà les travers généraux qui concernent chacune des deux, il y a la même proportion de gens insupportables et de gens attachants dans les deux ensembles.

Je m’en tiens là au stade de la morale et de politique publiques; les changements dans la sphère privée sont à mon humble avis beaucoup plus massifs (je pense que l’infidélité conjugale tolérée tacitement par l’épouse il y a cent ans ne l’est plus du tout aujourd’hui à milieu socio-économique comparable).

GoodbyLenine a écrit :

Je trouve que ce questionnaire est surtout révélateur de l’idéologie des Pinçon-Charlot, qui renvoient comme résultat de leurs travaux une bonne partie des éléments qu’ils ont pris pour définir leur terrain d’analyse. Il manque peut-être encore l’appartenance à un club de bridge ou de golf (une société de chasse, etc.), la marque des chaussure ou des habits, l’endroit où on fait ses courses, la fréquentation des offices religieux, etc.

Effectivement; la sociologie tend de plus à plus à devenir l’art de construire une méthodologie permettant de donner un vernis scientifique aux préjugés (ou du moins aux opinions) politiques et moraux du chercheur et de leur conférer ainsi une validité universelle. Les travaux de G. Bronner ont cherché à le démontrer récemment (Le Danger sociologique).

Dernière modification par Cornelius (30/07/2018 13h48)

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[+1]    #10 30/07/2018 14h55

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titoux a écrit :

Je suis que qu’Isild est une bourgeoise ! big_smile

Même pas mon cher Titoux et pourtant ce n’est pas faute d’essayer (je regarde des films ouzbèques de 1920, version sous-titrée, en noir et blanc mais ça ne compte pas dans ce questionnaire) car dieu sait que certains items vendent du rêve, comme celui-ci :  Disposez-vous d’au moins une personne à temps plein pour vos besoins domestiques ? Si je pouvais avoir un jardiner suédois à domicile…

Mais hélas, je culmine misérablement à 2 points, les mêmes que Froidevaux d’ailleurs.

A part ça, très étonnée de voir que peu connaissent le nom de leurs arrière-grands-parents.
Ceci dit, j’ai fait mon arbre généalogique (tiens, ça mériterait 1 point de plus ça !) donc forcément ça aide à connaître les patronymes familiaux.

Comme l’a bien signalé GoodbyLenine, il manque quelques éléments capitaux à ce questionnaire. Et notamment, si on considère l’aspect culturel, la lecture est passée complètement à la trappe.
Lire les oeuvres intégrales de Maupassant ou de Balzac, ça devrait valoir quelques points tout de même.

@GoodbyLenine, marrant comme le bridge est associé à la bourgeoisie et le tarot à la "beaufitude". J’adore les deux donc je suis un espèce d’ hybride sans nom.

Dernière modification par Isild (30/07/2018 15h10)

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[+1]    #11 30/07/2018 15h11

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Pour compléter vos propos en début de post si vous permettez (avec un peu de réflexion et d’analyse à la clé !)…

T. Gautier a écrit :

Et la médaille austère
Que trouve un laboureur
Sous terre
Révèle un empereur.

Sinon, le sujet est  abordé au départ sous un angle totalement superficiel et léger, pas de quoi se prendre le chou…"Nos actes nous définissent plus que nos héritages ou le fait de parler deux langues".


Tant que t'as pas vendu t'as pas gagné. Mais t'as pas perdu. Mais t'as pas gagné. Mais…Oh zut fait @*

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[+1]    #12 30/07/2018 15h14

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Iqce, citer du Théophile Gautier, ça mérite une bonification de 1 point de bourgeoisie !
En tout cas, les vers sont fort beaux et je vais les noter soigneusement.

Dernière modification par Isild (30/07/2018 15h27)

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[+1]    #13 30/07/2018 15h22

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@Scipion8 : c’est une belle analyse, mais si vos citations fonctionnent comme fil rouge je ne pense pas qu’elles permettent d’expliquer ce phénomène. Si nos "bobos" locaux avaient leurs propres idées et esthétique, ils ne me seraient pas aussi insupportables.

Il s’agit, avec quelques années de retard, d’une transposition littérale des idées des milieux de gauche US. L’orthographe inclusive, les meetings réservés personnes racisées, le veganisme, l’intersectionalité des luttes (d’où le fameux mâle blanc), les droits des trans*, l’UBI (universal basic income), etc…

La mode des micro-brew pour les bières, du café extrait à froid, des barbiers, des jardins urbains, etc… : idem.

J’ai du mal à trouver une quelconque exception Française là dedans.

Ce manque d’esprit critique et de réflexion est assez tragique car les sociétés Américaines et Françaises sont extrêmement différentes à la base (d’un côté idéaux de rugged individualism et nations d’immigrés unis par un capitalisme libéral et la foi en Dieu, une histoire courte, de l’autre un peuple de paysan moqueurs mais solidaires, une histoire longue, le Colbertisme) et la greffe risque fort d’engendrer un rejet massif.


Parrain Stockopédia ✯ Mangia bene, caca forte, e non aver paura della morte.

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[+1]    #14 30/07/2018 15h23

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@GoodbyeLenine, c’est un raccourci bien peu flatteur du travail des Pinçon-Charlot, qui est très intéressant, même si l’idéologie de base transparait effectivement dans certains livres.

Ce qui rend leur ouvrages exceptionnels est qu’ils ont réalisé de véritables  études ethnologiques en immersion, ayant été introduits par les Rothschilds entre autres, à la fois dans les cercles haut bourgeois mais aussi ceux de la vieille noblesse.

On peut être en désaccord, au moins partiel, avec leur conclusions sur l’oligarchie, mais au minimum leur description des réseaux est fascinante. Si la France d’avant guerre était de façon flagrante aux mains des 100 familles, et qu’aujourd’hui c’est moins visible, ces mêmes 100 familles, après moultes vicissitudes et cooptation de nouveaux entrants "méritants", sont toujours très près de tous les leviers du pouvoir et de l’économie. Les maître de forge des années 30 sont devenus les dirigeants du patronat Français de façon presque naturelle.

Cela dit, le questionnaire est forcément contestable, mais pas inintéressant.

4 pts pour moi

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[+1]    #15 30/07/2018 16h39

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Bravo scipion,
Par contre avez-vous remarqué pour quelqu’un qui n’est pas issu du monde paysan comme c’est dur de le devenir de nos jours !

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[+1]    #16 30/07/2018 17h07

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Bonjour,

Je trouve ces questions non pertinentes et je vais prendre deux exemples pour illustrer mes propos.

Oui, j’ai quelqu’un de ma famille qui a donné son nom à des rues, et même à un village au Québec (abandonné depuis). Cette personne à d’ailleurs donné lieu à nombre de gravures, peintures, bustes et statues. Et ceci pratiquement partout dans le monde. Chaque année, environ 500 000 personnes viennent lui rendre hommage.
Il ne s’agit pas d’un homme d’État, d’un grand militaire ou d’un artiste reconnu.
C’est un saint de l’église catholique, saint Jean Marie Vianney, du côté de ma grand mère maternelle. C’est par ailleurs le saint patron de tous les curés du monde, ce qui explique sa renommée internationale.
Suis je pour autant un bourgeois, sachant que Jean Marie est plus connu pour ses miracles et ses exorcismes que par sa fortune…

Oui, j’emploie une ménagère à temps complet quand je suis dans ma maison au Sénégal. Cette dame s’occupe des courses, de la cuisine, du ménage et de la lessive. Elle perçoit normalement 3 000 FCFA par jour, soit 4,50€ et ceci par jour. Somme que je double à peu près en fin de séjour via un pourboire.
Suis je pour autant un bourgeois, sachant qu’il est de tradition qu’un toubab ( un blanc) emploie du personnel de maison..

Je pense que la bourgeoisie ne peut que difficilement se définir par des signes de soit disante richesse, mais plutôt par un système de pensée, un comportement social ( ou asocial) ou des croyances….

Mafo

PS: par ailleurs, mon nom de famille est le nom d’un dieu scandinave renommé…ce qui pourrait m’autoriser un certain dédain pour les pauvres mortels que vous êtes…;-)

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[+1]    #17 18/08/2018 13h22

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Lorsqu’on valide quelques critères, on trouve que c’est disparate et on met en doute la pertinence du questionnaire.

Pourtant, quand on prend ensemble tous les critères, la définition de la bourgeoisie me semble excellente. Quelqu’un qui a plus de 10 réponses positives peut difficilement nier être un bourgeois. Quelqu’un qui a 15 réponses positives ou plus va très probablement faire partie de la grande bourgeoisie.

Il y a d’autres critères potentiels ; plusieurs ont déjà été cités dans le fil.

Un critère que j’ai remarqué, en cotoyant professionnellement certaines "élites", c’est la proximité avec la noblesse. Les grands bourgeois cherchent à s’allier avec la noblesse, par le mariage, ou en fréquentant les mêmes cercles. D’autant que la noblesse, si elle n’est pas désargentée, est grand-bourgeoise de facto, puisque de nos jours, il faut bien gagner sa vie !
Un copain, qui a fréquenté les rallies à l’époque du lycée, m’a rapporté cette anecdote : une fille, dès les premiers mots échangés dans un rallye, lui demande "quel est votre patronyme ?". Lorsqu’il lui a dit son nom, elle lui a tourné le dos ! Elle n’était intéressée que si le nom comportait une particule !

Un autre bon critère, c’est d’être propriétaire terrien (au sens de forêt et/ou terres agricoles), terres que l’on n’exploite pas soi-même. Pas juste quelques hectares, mais une "bonne" surface (disons plus de 20 hectares). C’est un marqueur social, car :
- on l’a souvent hérité, donc les ancêtres étaient déjà propriétaires ;
- ni les ancêtres ni nous ne l’avons revendu, donc ça veut dire, sauf cas particuliers, qu’on a une certaine aisance, qu’on n’a jamais été acculé à vendre ou à ce que ces terres soient saisies par la banque ;
- ça rapporte peu, donc il faut pouvoir se permettre cette "coquetterie" ;
- grâce à l’amendement Monichon, c’est fiscalement avantageux pour les successions et pour l’ISF ; or pour avoir un problème d’ISF ou de succession fortement taxée, il faut déjà être aisé.

Une assemblée de syndicat de propriétaires forestiers, par exemple, est un bon endroit pour rencontrer des bourgeois, grands bourgeois et nobles. On entend pas mal de noms à particules, et on y entend des remarques, des histoires et des soucis qui ne sont pas ceux du commun des mortels.

Allez, je cite un dernier critère, mais très sélectif celui-là : votre nom ne se prononce pas de façon évidente (exemple de Broglie qui se prononce de Breuil). Là on est presque forcément dans la haute bourgeoisie ou la noblesse. wink

Un roman intéressant et amusant pour découvrir la grande bourgeoisie et ses codes, tels qu’ils existent aujourd’hui, est : Les prétendants de Cécile David-Weill.

Dernière modification par Bernard2K (18/08/2018 13h43)


Qui sait de quoi le futur sera fait ?

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[+1]    #18 18/08/2018 15h29

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mafo a écrit :

Je trouve ces questions non pertinentes et je vais prendre deux exemples pour illustrer mes propos.

1. Personne n’a jamais prétendu que chaque question était binairement déterminante de façon certaine.
2. Le test fonctionne de façon statistique.
et, découlant, des deux premiers principes :
3. Il ne suffit pas de répondre oui à une, ni même deux, ni même trois, questions pour être qualifié.
D’ailleurs nous sommes beaucoup à dire que nous avons des valeurs mobilières sans être bourgeois.

Le fait qu’il existe des contre-exemples à chacune des questions ne remet donc pas en cause la validité du test (*).

JL

(*) et là, faut-il le préciser, je ne dis pas qu’il est valide, ni qu’il ne l’est pas, je dis juste que deux exemples ne remettent pas en cause sa validité.

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[+1]    #19 18/08/2018 17h28

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1 pt pour les valeurs mobilières et je crois que la trés grande majorité des membres de ce forum ont ce point également.
Pour le reste, cette discussion est amusante mais me concerne peu. Je suis trés classe moyenne, râleur moyen essayant simplement d’optimiser ses ressources pour apprécier la vie. Et ça marche, ce matin j’ai pris mon Paddle pour faire un tour sur la Ria d’Etel, c’était juste magnifique pour un coût modique.
A+
Yg75


B.Graham "Le principal problème de l’investisseur - et même son pire ennemi - est probablement lui-même".

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[+1]    #20 19/08/2018 15h29

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Je pense qu’il faudrait aussi prendre en compte la répartition des réponses dans les différentes catégories du questionnaire.
Car quelqu’un qui coche toutes les cases sur le patrimoine culturel / familial / symbolique peut très bien être fauché et ne cocher aucune case du patrimoine économique. Un bourgeois sans argent est-il encore un bourgeois ?

Pour ma part, je coche :
- capital économique : 1/5
- capital culturel : 2/5
- capital familial et social : 3/5
- capital symbolique : 3/5

On peut en déduire que je suis issu d’une famille "bourgeoise", que j’ai une culture liée à cet héritage familial, mais pas que je suis un bourgeois moi-même.
Je considère que quelqu’un qui cocherait 4 critères sur le seul capital économique serait plus bourgeois que moi.

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