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Sondage 

Résultat du sondage :

Votre score au test "Êtes-vous un(e) bourgeois(e) ?"


0 ou 1 réponse positive

20% - 64
2 réponses positives

23% - 74
3 réponses positives

14% - 47
4 réponses positives

18% - 57
5 réponses positives

7% - 24
6 réponses positives

5% - 18
7 réponses positives

3% - 12
8 réponses positives

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20 réponses positives

0% - 2
Nombre de votants : 315

[+4]    #1 29/07/2018 14h17

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Réputation :   159  

Le salon est fréquenté par des gentlemen et des ladies mais est-il aussi fréquenté par des bourgeoi(se)s ?

Petit test tiré de « Sociologie de la bourgeoisie » qui a été ébauché par Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot pour approcher ce milieu qu’ils ont observé de près…

Michel Pinçon Monique Pinçon-Charlot dans "Sociologie de la bourgeoisie" a écrit :

Êtes-vous un(e) bourgeois(e) ?
1. Capital économique
— Possédez-vous un portefeuille de valeurs mobilières (actions, Sicav, FCP) ?
— Disposez-vous d’au moins une personne à temps plein pour vos besoins domestiques ?
— En plus de votre résidence principale, disposez-vous d’au moins deux autres résidences (lieux de villégiature,
ou pied-à-terre dans de grandes villes) ?
— Êtes-vous assujetti à l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) ?
— Possédez-vous des biens mobiliers ou immobiliers à l’étranger ?
2. Capital culturel
— Êtes-vous élève ou ancien élève d’une grande école permettant d’intégrer un grand corps de l’État ?
— Enfant, vos parents vous emmenaient-ils dans les musées de façon régulière ?
— Allez-vous au théâtre, au concert ou à l’Opéra au moins une fois par mois en moyenne ?
— Achetez-vous des œuvres d’art ou des antiquités ?
— Parlez-vous au moins deux langues étrangères ?
3. Capital familial et social
— Connaissez-vous les prénoms de vos arrière-grands-parents ?
— Pendant l’enfance, avez-vous passé des vacances en compagnie de cousins et cousines dans des maisons de famille ?
— Participez-vous à des dîners au moins deux fois par semaine (comme hôte ou comme invité) ?
— Êtes-vous membre d’un cercle auquel vous auriez été présenté par des parrains ?
— Avez-vous des membres de votre famille qui soient de nationalité étrangère ?
4. Capital symbolique
— Êtes-vous dans le Bottin mondain ?
— Des rues, à Paris ou ailleurs, portent-elles le nom de membres de votre famille ?
— Votre famille dispose-t-elle d’une maison de maître dans un village ?
— Êtes-vous membre actif d’une société caritative ?
— Êtes-vous membre de la Légion d’honneur ?

Chaque réponse positive vous apporte un point.

Les travaux du couple Pinçon-Charlot sont présentés de façon plus légère et drôle dans la BD Riche, pourquoi pas toi.

Mots-clés : capital culturel, capital symbolique, sociologie, test

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#2 29/07/2018 14h25

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Voici un test simple.
6 points pour moi ! Plutôt nouveau bourgeois car il y a 10 ans je n’aurais eu que 3 !

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#3 29/07/2018 14h37

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Précision pour tous : « Possédez-vous des biens mobiliers ou immobiliers à l’étranger ? », les SCPI allemandes, ça ne compte pas big_smile. Je pense qu’on ne parle, dans ce contexte, que d’immo en direct…

Michel et Monique a écrit :

Ce test permet de départager les bourgeois de la petite bourgeoisie intellectuelle, fort émunie sur le premier thème. Les enrichis récents n’obtiennent que des scores médiocres sur les thèmes 2, 3 et 4.

Dernière modification par Gog (29/07/2018 14h38)

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#4 29/07/2018 14h40

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Réputation :   522  

Ne pouvant répondre par l’affirmative qu’aux questions suivantes :

Êtes-vous un(e) bourgeois(e) ?
1. Capital économique
— Possédez-vous un portefeuille de valeurs mobilières (actions, Sicav, FCP) ?
— Possédez-vous des biens mobiliers ou immobiliers à l’étranger ?

2. Capital culturel
— Enfant, vos parents vous emmenaient-ils dans les musées de façon régulière ?
— Achetez-vous des œuvres d’art ou des antiquités ?
— Parlez-vous au moins deux langues étrangères ?

3. Capital familial et social
— Avez-vous des membres de votre famille qui soient de nationalité étrangère ?

Avec 6 points, je suis résolument prolétaire ?


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#5 29/07/2018 15h02

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Pour l’instant sur 18 participants au sondage cela vous place en tête, 4 participants ont 6, personne au dessus (ça va venir).

Dernière modification par kc44 (29/07/2018 15h03)

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#6 29/07/2018 15h06

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6 points pour moi aussi…

Questionnaire intéressant, mais qui fleure bon la vieille France et est peut-être inadapté à la nouvelle réalité de la bourgeoisie au 21e siècle…

A mon avis, le pouvoir réel est passé des mains de la bourgeoisie traditionnelle et catho bon teint (peut-être bien capturée par ce questionnaire) à celles des gagnants de la mondialisation, une élite nomade, anglophone, baignant dans les nouvelles technologies et (si je peux me permettre) bénéficiant aussi d’un capital symbolique (la bonne conscience du "bobo") - Macron étant la parfaite traduction politique de ces nouveaux maîtres du monde.

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#7 29/07/2018 15h14

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C’est une belle façon de décrire la bourgeoisie.


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#8 29/07/2018 15h18

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3 ! Un bon prolo de base ;)

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Favoris 1   [+1]    #9 29/07/2018 15h31

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En tout cas, pour les cadres dirigeants actuels de ma boîte, le questionnaire fonctionne extrêmement bien !

Lorsqu’on monte (très modestement) comme moi dans la hiérarchie d’une grande entreprise, on rencontre des profils types que l’on ne rencontrait jamais chez les "petits cadres" et le pourcentage de ces profils est impressionnant par rapport au reste de la population. Ces profiles types sont très très vieille France et souvent nobles voire de la vieille noblesse française ou… belge (j’ai appris beaucoup de choses sur les "maisons" et sur la noblesse depuis que justement je rencontre plus de cadres dirigeants..). Ils ont grimpé plus tôt les échelons et on pourrait se demander si c’était toujours grâce à leurs compétences ou alors à… leurs réseaux mais l’effet est tellement massif qu’il est difficilement discutable. On peut en revanche discuter de la pertinence de leur montée stratosphérique… peut-être le méritait-il mais un tel clonage est sidérant… et pourquoi aussi peu "d’autres profils" ? (et je ne parle même pas de diversité, je parle juste de ne pas être vieille France).

J’ajoute qu’il y a seulement 2 ans, lorsque j’étais plus "loin" des sphères du pouvoir, j’aurais ri à la lecture du questionnaire des Pinçon… mais il est criant de vérité en tout cas dans mon entreprise !

J’en ai donc un peu plus parlé autour de moi à des amis, et dans les "vieilles" boîtes françaises (plusieurs du CAC 40) il semblerait que ce soit aussi le cas (tout autre témoignage bienvenu).

Pour ce point en tout cas, la mondialisation est une excellente chose car elle "casse" les réseaux et offre sa chance à des profils qu’il y a 30 ans n’avait aucune chance de devenir cadre dirigeant même lorsque extrêmement fort et efficace. Pour un Macron (clairement pas vieille France ou noble), je pense qu’il y au contraire 100 cas vieille France (voir aux USA, l’élection d’Obama ne reflétait pas du tout ce qu’il y a dans les grandes entreprises américaines… c’est un faux signal). Le top 100 des entreprises du CAC 40 est intéressant à étudier smile Peut-être que les futurs cadres dirigeants seront "à la Macron" mais pour l’instant, dans mon expérience, ce n’est absolument pas le cas.

J’ai un peu cherché, je n’ai malheureusement trouvé aucune source pour confirmer ce qui est, sinon, qu’une impression de ma part et de mes amis : qu’il y a beaucoup de nobles dans les cadres dirigeants et énormément de "vieille france" (encore plus difficile de trouver des sources car pour noble on peut au moins s’aider du nom de famille mais là il faudrait une étude de terrain). Je serai preneur de toute source, un grand merci.

Edit : j’ai oublié un détail croustillant. Dans les bibliothèques de mon entreprise, il y a toujours le Bottin Mondain justement wink ou le Who’s Who ainsi que des livres dont je ne connaissais même pas l’existence : le Carnet Mondain (belge) et le plus savoureux d’entre eux "En famille" qui est une liste officielle des maisons de la noblesse française avec un style suranné à tomber par terre, à rire (ou à pleurer…)… si ce n’est pas un signe factuel…

Dernière modification par PoliticalAnimal (29/07/2018 15h37)


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#10 29/07/2018 15h32

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Bonjour,

Intéressant. Je note que les critères liés au capital social, culturel et symbolique sont très pondérés par rapport aux critères financiers purs.

Ainsi quelqu’un issu d’une vieille famille même semi-ruinée pourra avoir un bien meilleur score qu’un entrepreneur qui gagne très bien sa vie mais qui se fiche éperdument de figurer dans le bottin mondain.

Cordialement,

Eric

Dernière modification par EricB (29/07/2018 15h35)


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#11 29/07/2018 15h51

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@Scipion8 : je ne suis pas sûr que la bourgeoisie traditionnelle ait vraiment été une perdante de la mondialisation, les "fils de" que je connais vont à Shanghai avec leur école et la plupart des entreprises familiales se sont internationalisées avec le reste. En revanche il y a une fracture culturelle évidente entre cette bourgeoisie-là et la "nouvelle", et même avec ses descendants…

On parle de la révolution culturelle Chinoise, mais l’Occident en a subi une tout aussi dévastatrice et beaucoup plus insidieuse. J’espère que dans 20 ou 30 ans cette génération plus émue par un nouveau gadget Apple qu’une table du XVème siècle (patinée par des générations de bons vivants) saura ré-apprécier les reliques de "l’ancien monde". Au même titre que les barrières de corail, les choses anciennes sont des accrétions de vie et de temps long qu’on peut facilement perdre irrémédiablement.

La "culture" mondialisée financialisée Starbucks - Netflix - design Scandinave/hall d’aéroport - cubes brutalistes en guise d’habitation est j’espère une sorte de nadir passager avant quelque chose de plus intéressant et surtout moins homogène ?


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#12 29/07/2018 16h17

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bonjour

J’arrive quand même à 1 points en bon proletaire que je suis.

Je vais pas compter mon anglais et les quelques mots d’italien que je parle comme 2 langues etrangères (je pense que ca sous entendait, 2 langues maitrisé et/ou parlé régulierement).
Et je vais pas compter ce que j’achète et que je considere comme oeuvre d’art, car ma notion d’oeuvre d’art est tres large.

merci pour le test, ca fais une bonne definition de la bourgeoisie

Dernière modification par Zangdar05 (29/07/2018 16h17)

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#13 29/07/2018 17h00

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Et les personnes qui ne sont pas bourgeoises selon ce test , mais qu’on ne peut pas franchement qualifier de prolétaires , elles sont quoi ? (une pointe d’inquiétude sourd , est-ce que j’existe?)  wink

1 point pour moi

Dernière modification par Victoire (29/07/2018 17h06)

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#14 29/07/2018 18h02

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Excellent ce sujet, rafraichissant en cette période de canicule.

2 points :

1- Je possède des valeurs mobilières, d’où ma présence sur ce forum.
2- De la famille de nationalité étrangère. Et oui, pendant la WWII, j’ai des ascendants qui ont fuis les pogroms de Staline d’un coté et Hitler de l’autre et sont arrivés comme réfugiés clandestin dans divers pays de l’alliance de l’ouest.

Cela ne fait pas trop bourgeois tout cela smile smile

A+
Zeb


Tout ce qui peut merder, va inévitablement merder.

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#15 29/07/2018 18h54

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Intéressant mais il me semble que la rubrique "Jouez-vous d’un instrument de musique classique et/ou avez-vous fréquenté u nconservatoire de musique étant petit" fait cruellement défaut ;-)

P.S.: je n’aurais pas eu ce point de toute façon :-)


Bien à vous, Dooffy

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#16 29/07/2018 19h08

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Ouh là 7 points !

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#17 29/07/2018 19h14

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rigolo.
3 points pour moi.
Ce qui signifie que je ne suis pas un bourgeois, donc autre chose, au choix (antonymes de bourgeois trouvés à l’arrachée sur Internet + les trois derniers, de moi) :
- Un aristocrate
- Un noble
- Un prolétaire
- Un serf
- Un vilain
- Un artisan
- Un commerçant
- Un militaire
- Un bohème
- Un marginal
- Un anarchiste
- Un type moyen
- Un (tout) petit entrepreneur

les trois derniers sont sans doute les plus proches de moi. Mais je ne sais pas comment s’appelle cette classe sociale (si elle existe).

Dernière modification par carignan99 (29/07/2018 19h14)

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#18 29/07/2018 19h57

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Jolie réponse Carignan. Mais la plupart des nobles que je connais auraient justement plus de 15 points au test… ce n’est pas une coïncidence puisque la grande bourgeoisie française a toujours voulu imiter ou se marier à la noblesse (même desargentée) et s’est construite ainsi par mimétisme. Tout est dans Proust d’ailleurs, sur les relations grande bourgeoisie / noblesse, la Recherche est particulièrement savoureuse.

Victoire a écrit :

Et les personnes qui ne sont pas bourgeoises selon ce test , mais qu’on ne peut pas franchement qualifier de prolétaires , elles sont quoi ? (une pointe d’inquiétude sourd , est-ce que j’existe?)  wink

1 point pour moi

Nouveaux riches ? wink

(Sans aucun jugement sur le terme d’ailleurs, j’essaie juste de répondre sincèrement à votre question)

Dernière modification par PoliticalAnimal (29/07/2018 19h59)


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#19 29/07/2018 20h47

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Victoire a écrit :

Et les personnes qui ne sont pas bourgeoises selon ce test, mais qu’on ne peut pas franchement qualifier de prolétaires, elles sont quoi ? (une pointe d’inquiétude sourd, est-ce que j’existe?)

Elles font parties de la fameuse classe « moyenne ».

Dernière modification par delta (29/07/2018 20h47)

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#20 29/07/2018 22h25

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2 points.
1. J’ai des valeurs mobilières
2. J’ai passé des vacances avec mes cousins dans des maisons de familles

Ca ne m’étonne pas. Mon appartenance est clairement dans la case bobo, mais issu du prolétariat.

Intéressante la remarque de PoliticalAnimal, ça ne m’étonne pas trop non plus. Du coté des élites que je fréquente, la reproduction familiale est énorme aussi.

Dernière modification par JeromeLeivrek (29/07/2018 22h25)

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#21 29/07/2018 22h37

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4 points pour moi : portefeuille d’actions, musées fréquentés, langues étrangères parlées et étrangers dans la famille.

Une famille de profs et de pieds-noirs qui a pas mal bougé. Plus bobo bohème que bobo bourgeois. 

En revanche, je connais un paquet de personnes de mon école de commerce qui remplissent plus de 10 réponses très facilement, autant dire que les thèses de Bourdieu sont toujours d’actualité.

Dernière modification par bonel (29/07/2018 22h43)

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#22 29/07/2018 22h43

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Posséder un portefeuille de valeurs mobilières qui vaut quelques milliers d’euros ou plusieurs millions d’euros, ce n’est quand même pas tout-à-fait la même chose, pour revenir sur ce seul point…

2 réponses positives pour moi (portefeuille de valeurs mobilières et prénoms de mes huit arrière-grands-parents).

Sinon, il y a quelque part en France, un village de quelques centaines d’habitants avec une impasse au nom de deux de mes arrière-grands-parents justement… mais bon, de là à mettre ça sur le même plan qu’une rue de Paris ou d’une autre grande ville française… smile

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#23 29/07/2018 22h58

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@PoliticalAnimal, doubletrouble :

1) Bon, ça dépend de ce qu’on appelle la "bourgeoisie" : pour moi c’est la classe sociale qui détient l’essentiel du pouvoir économique, et qui aspire à capter aussi le pouvoir politique, culturel et symbolique (en remontant peu à peu la pyramide de Maslow). J’ai une vision un peu "1789", donc j’ai tendance à opposer la bourgeoisie, classe sociale en ascension grâce à son argent, à l’aristocratie, détentrice traditionnelle du pouvoir politique, culturel et symbolique. Bon, cette vision ne colle pas trop avec celle des auteurs du questionnaire, qui mélange les 2 (ce qui est aussi cohérent, sous une perspective plus ou moins marxiste opposant les possédants, sans distinction, à tous les autres).

2) Ma vision des élites est sans doute biaisée par ce que j’en connais :

- les grandes écoles : bien sûr j’ai croisé pas mal d’héritiers (surtout à Sciences Po, beaucoup moins en école d’ingénieur), mais globalement les grandes écoles me semblent le creuset de la (future) bourgeoisie en ascension, avec une sur-représentation des classes moyennes supérieures et de la petite bourgeoisie. Il me semble qu’en France les effets de réseaux liés aux grandes écoles sont beaucoup plus forts que ceux liés à la classe sociale (mais bon, je pense peut-être cela car les grandes écoles m’ont permis de m’élever socialement).

- la haute fonction publique : dans l’option Administration d’Etat à Sciences Po (pour préparer l’ENA), on retrouve bien la (très) vieille France, qui travaille au Louvre à Versailles aux Tuileries à l’Elysée depuis Hugues Capet (à vue d’oeil, peut-être 10% de la promo de l’ENA), mais à mon sens, la classe majoritaire est le bon élève de classe moyenne supérieure / petite bourgeoisie, avec une assez grande homogénéité de valeurs et d’opinions politiques (centre gauche, pour faire simple) : pas la bourgeoisie (ou aristocratie) traditionnelle. Ce sont eux qui sont aux manettes de l’Etat aujourd’hui. Même constats pour l’ESM et les autres concours de la haute fonction publique.

- les institutions européennes et internationales : on y retrouve les mêmes "bons élèves" (pas forcément de haute lignée, mais souvent issus de la petite bourgeoisie). Si je regarde les CV de mes grands chefs français : Noyer = fils d’un conservateur des hypothèques, IEP/ENA ; Trichet = fils de prof normalien, école d’ingénieur/IEP/ENA ; Coeuré = fils d’un ingénieur et d’une prof, X/ENSAE ; Lagarde = fille de profs, IEP. Donc des enfants de la petite bourgeoisie et de l’élite intellectuelle (mais pas financière) avec un parcours académique puis professionnel méritant. C’est vraiment le profil majoritaire là où je travaille. Bon, j’ai aussi eu Villeroy de Galhau (lycée Saint-Louis-de-Gonzague/X/ENA… 18-19 points au questionnaire ?) comme prof à ScPo et comme Gouverneur, ça relève le niveau de tous ces roturiers ;-)

- les salles de marché des banques : j’en ai une connaissance superficielle via mes contacts avec les banques (et parce que j’ai été tenté un moment d’en rejoindre une) : profils très internationaux, méritocratiques et pas cul-pincé, à ce que j’ai pu en juger (mais ça dépend peut-être des banques et des postes). Je pense que les réseaux des grandes écoles jouent beaucoup plus que la classe sociale dans les parcours.

Cela dit, c’est une vision très parcellaire des élites, et à Paris dans les états-majors des grandes boîtes (que je ne connais pas professionnellement), je comprends qu’on retrouve la vieille bourgeoisie (ou aristocratie) beaucoup mieux représentée.

3) @PoliticalAnimal : sur les Belges, j’ai la même expérience que vous : les (vieux) réseaux familiaux jouent beaucoup (beaucoup plus qu’en France, à mon avis). Mon ex, belge et très brillante intellectuellement, m’expliquait n’avoir aucune chance professionnellement en Belgique parce qu’elle n’avait pas "la carte", malgré son parcours académique sans tache (major à KU Leuven, PhD), parce que son arrière-grand-père, entrepreneur du textile, avait fait faillite… Elle a dû se rabattre sur les institutions européennes. Les réseaux politiques jouent aussi beaucoup, chaque parti ayant sa petite écurie dans les institutions européennes.

4) @Doubletrouble : je vous sens nostalgique, sentiment que je partage souvent. Mais il faut changer de perspective : en l’an 1450, votre ancêtre, du haut de son donjon médiéval, pensait sans doute que cette table du XVe que vous admirez aujourd’hui n’est qu’une "cochonnerie moderne" ;-)

Le remplacement des vieilles élites aristocratiques, supérieures esthétiquement mais désargentées, par les nouveaux riches, la bourgeoisie ascendante dont la puissance financière ne compense qu’imparfaitement l’absence de goût, est un mouvement immuable, éternel et irrésistible. Les vieux mondes disparaissent, et on n’y peut rien.

Comme investisseur, mon objectif est au contraire d’accompagner ce mouvement et d’en profiter : au fur et à mesure que la bourgeoisie s’empare de toutes les dimensions du pouvoir, et remonte la pyramide de Maslow, elle développe son goût esthétique, son besoin d’authentique : elle établit de nouveaux standards esthétiques pour devenir la nouvelle aristocratie.

Aujourd’hui, cette bourgeoisie ascendante est bobo : elle aime effectivement le design scandinave, les marches au milieu du désert pour se ressourcer, un luxe élégant et modeste. Plutôt que de râler, j’investis dans les entreprises qui vont prospérer sur ces tendances (même si personnellement je ne dépenserais pas un kopeck sur tout ça). Je suis donc actionnaire de Marimekko, Voyageurs du Monde, LVMH, Hermès, Kering. Je regarde aussi la Société Fermière du Casino Municipal de Cannes mais le billet d’entrée est cher, et je ne suis pas sûr que ce loisir un peu vulgaire attire nos nouvelles élites.

Dernière modification par Scipion8 (29/07/2018 22h59)

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#24 29/07/2018 23h05

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Scipion8 a écrit :

Aujourd’hui, cette bourgeoisie ascendante est bobo : elle aime effectivement le design scandinave, les marches au milieu du désert pour se ressourcer, un luxe élégant et modeste.

On n’a pas du tout la même vision du bobo ! Mais je m’en doutais, je crois que la définition de ce terme n’est pas stabilisée dans les esprits.

Dernière modification par JeromeLeivrek (29/07/2018 23h06)

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[+5]    #25 29/07/2018 23h49

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@JeromeLeivrek : L’aisance matérielle ne suffit pas au bourgeois ; il lui faut aussi la supériorité culturelle et morale :

- Pour la bourgeoisie traditionnelle, la charité chrétienne donnait cette supériorité morale.

- Pour la nouvelle bourgeoisie, la religion étant désormais démonétisée dans les perceptions sociales, il faut trouver une autre source de supériorité morale : une générosité affichée envers les minorités, un soutien aux politiques sociales de l’Etat, un vote à gauche. C’est ce que j’appelle les bobos.

La seule différence est la source de la supériorité morale, mais fondamentalement le bobo d’aujourd’hui est pour moi très proche du bourgeois catholique d’hier : aujourd’hui comme hier, il veut à tout prix se faire pardonner son aisance matérielle par une supériorité morale.

La consommation culturelle est une autre manière pour le bobo de montrer qu’il ne se satisfait pas d’un confort matériel.

L’évolution politique des grands centres villes depuis 20 ans (Paris, Lyon…) témoigne de la montée en puissance de cette nouvelle bourgeoisie. Je vois mal ces villes revenir à droite avant longtemps. Et le "en même temps" de Macron, le libéralisme économique assumé sous le vernis de gauche, illustre parfaitement les valeurs de cette nouvelle classe dominante.

Mais je suis d’accord, le fait que le terme "bobo" soit aussi chargé politiquement, et utilisé souvent de façon dépréciative, trouble sa définition.

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