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[+5]    #1 26/05/2018 20h39

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Bonsoir !

La fable des abeilles est un texte en anglais du début du XVIIIe siècle, écrit par Bernard Mandeville. La première version est parue en 1705 sous le titre "The Grumbling Hive, or Knaves Turn’d Honest" (en français : La Ruche murmurante ou les fripons devenus honnêtes gens).  D’autres versions ont été publiées en 1714 et en 1729.

Ce texte a été très important pour la pensée de l’économie politique. Des personnages aussi importants que Rousseau, Keynes, Nietzsche, Adam Smith, etc. y ont fait référence.

Il s’agit d’un pasquin prenant la forme d’une fable politique ironique. L’Angleterre est vue comme une ruche qui bourdonne des activités des citoyens assimilés aux abeilles. Activités qui font la prospérité de la ruche.  Mais, si la ruche est opulente, beaucoup d’abeilles ont des activités moralement douteuses : des commerçants vendent des biens au-dessus de leur valeur ; des voleurs s’emparent du bien d’autrui ; des libertins dépensent sans compter pour satisfaire leurs vices ; des financiers détournent de l’argent du Roi ; des pauvres travailleurs font un mauvais travail en ne cherchant que leur propre intérêt ; etc.

Les abeilles se plaignaient régulièrement, auprès de Jupiter, du manque de moralité de tout le monde. Un jour, Jupiter décida de les satisfaire, et rendit toutes les abeilles honnêtes et à la probité irréprochable.

Et ce fut le début de la ruine de la ruche.

La disparition des voleurs mit au chômage les serruriers, les juges, les policiers, les avocats, les greffes…

Les commerçants vendant au juste prix, cela rendit inutiles les comptables, les contrôleurs… Comme ils payaient honnêtement leurs fournisseurs, plus besoin d’huissiers, d’enseignes de recouvrement, d’établissements de crédit…

Les financiers ne détournant plus d’argent, le marché des voitures de luxe s’effondra, ainsi que celui des châteaux et belles demeures, ce qui entraina le chômage des gens de maison, des jardiniers, des charpentiers, des couvreurs, des fabricants de meubles de luxe.

Plus de libertins, cela entraina la faillite des tailleurs, des marchands de liqueurs ou de frivolités ; ainsi que la ruine des femmes de petite vertu, qui n’ont plus assuré la survie des caméristes, des coiffeurs, des boulangers et autres pâtissiers…

Cette moralité nouvelle entraina la disparition des guerres, donc des armées ; avec le chômage des soldats, la faillite des fabricants d’armes et d’équipements, des éleveurs de chevaux et de mulets…  Les paysans ont vu disparaitre un débouché pour leur travail…

Finalement, cette grosse avancée de la morale se traduisit par une faillite complète de la ruche.



Lorsque le texte fut publié, il provoqua un gros scandale. Son auteur reçut de nombreuses critiques ; des réfutations plus ou moins réussies ; il fut menacé de procès.

Un résumé fréquent de la "morale" de cette fable, c’est que les "vices privés font le bien public" (en fait , c’était le sous-titre d’un commentaire de son auteur sur sa fable : "Fable of the Bees: or, Private Vices, Publick Benefits").
Toutefois, la théorie de Mandeville va plus loin, en affirmant qu’il y a un découplage complet entre la morale et la prospérité. Il est même sous-entendu que toute introduction d’une morale se fera au détriment de l’économie globale.

Cet écrit a quelquefois été assimilé à un texte fondateur de l’économie libérale. Mais cette opinion n’est pas partagée par tout le monde.

Ce texte m’a fait beaucoup réfléchir, en relativisant toutes mes critiques (au moins pour le niveau global du pays). Car son contenu est facilement transposable à notre époque. Par exemple, le football n’apporte absolument rien aux besoins fondamentaux des êtres humains ; on pourrait croire que ce gaspillage de travail, de ressources, serait plus utile ailleurs. Et pourtant, le football fait vivre plusieurs dizaines de milliers de personnes (et peut-être plus) rien que dans notre pays. Et on peut trouver beaucoup de cas similaires.
Malheureusement, si j’ai beaucoup réfléchi, je ne suis pas plus avancé. Car cela a remis en cause nombre de mes certitudes antérieures, sans apporter de solution.

Un autre raisonnement, plus cynique, pourrait être que l’on a bien raison de chercher à s’enrichir sans trop se soucier de la morale, car, finalement, ça concourt au bien public.

Et aussi, comme toute introduction supplémentaire de morale se traduit par une réglementation, on pourra apprécier différemment l’aphorisme d’Emma Marcegaglia (ancienne patronne des patrons italiens) : "Quand il y a une innovation, les Américains en font un business, les Chinois la copient et les Européens la réglementent". Sachant que la France est une championne en matière de surréglementation…


Quelques références :

Bernard Mandeville, était un médecin (et philosophe) hollandais, né le 15 novembre 1670 à Rotterdam. Il s’est installé en Angleterre à partir de 1693.

      Wikipedia Fable des Abeilles

      Extrait traduit (B.N.F.)

      Livre sur Amazon

      Bernard Mandeville

Dernière modification par M07 (27/05/2018 09h37)

Mots-clés : capitalisme, fable des abeilles, moral, vice


M07

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#2 26/05/2018 22h01

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M07 a écrit :

Toutefois, la théorie de Mandeville va plus loin, en affirmant qu’il y a un découplage complet entre la morale et la prospérité. Il est même sous-entendu que toute introduction d’une morale se fera au détriment de l’économie globale.

Pas forcément.

Vous parlez de libéralisme, lisez Bastiat => ce qu’on voit et ce qu’on ne voit pas (ou la vitre cassée, ou la pétition des vendeurs de bougies..)
Si les hussiers perdent leur boulot, ils feront certainement autre chose de plus productif pour la collectivité.

Je suis personnellement convaincu que si on avait pas quelques millions de nos concitoyens qui faisaient de l’administratif inutile (application ou contrôles pour satisfaire des lois inutiles) alors ils pourraient se tourner vers l’économie marchande et apporter bien plus de richesse pour le pays.

Maintenant, quand vous parlez de moralité, d’un point de vue libéral il y a certaines lignes à ne pas franchir : les actes qui vont à l’encontre des libertés fondamentales ne peuvent pas être vus comme des vices privés bons pour le bien public. Ils vont à l’encontre des droits fondamentaux, au premier rang duquel le droit de propriété.

Pour des choses que la morale réprouve, au sens de bonnes moeurs, là effectivement le libéral aura une posture plus cynique.

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[+1]    #3 30/05/2018 09h19

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M07 a écrit :

Ce texte m’a fait beaucoup réfléchir, en relativisant toutes mes critiques (au moins pour le niveau global du pays). Car son contenu est facilement transposable à notre époque. Par exemple, le football n’apporte absolument rien aux besoins fondamentaux des êtres humains ; on pourrait croire que ce gaspillage de travail, de ressources, serait plus utile ailleurs. Et pourtant, le football fait vivre plusieurs dizaines de milliers de personnes (et peut-être plus) rien que dans notre pays. Et on peut trouver beaucoup de cas similaires.

Malheureusement, si j’ai beaucoup réfléchi, je ne suis pas plus avancé. Car cela a remis en cause nombre de mes certitudes antérieures, sans apporter de solution.

Un autre raisonnement, plus cynique, pourrait être que l’on a bien raison de chercher à s’enrichir sans trop se soucier de la morale, car, finalement, ça concourt au bien public.

Si je puis permettre, dans votre message initial, vous mélangez égoïsme, moralité et utilitarisme.

Le football contribue à divertir et à fédérer les gens : il a bien une utilité sociale, sans a priori, faire le malheur d’autrui.

Le voleur ou l’escroc donnent peut-être indirectement du travail au serrurier, mais leur activité est illégale, immorale et contribue au malheur d’autrui quand elle réussit.

Comme le dit Igorgonzola, si tout le monde agissait de manière morale, il y aurait peut-être moins de travail pour les serruriers, mais ceux-ci feraient autre chose et contribueraient autrement pour certes satisfaire leur propre besoin, mais également au bénéfice d’autrui.

Si l’on transpose les vices qui causent un détriment à autrui et l’immoralité par des "maladies", on constate facilement que la fable de Mandeville n’a pas sens.

Ainsi, si l’on découvrait qu’une plante présente en abondance permettait de soigner toutes les maladies (allégorie pour les vices qui causent un détriment à autrui et l’immoralité) possibles ; d’un coup, ce serait la disparition des compagnies pharmaceutiques, des mutuelles, de la sécurité sociale, etc. et des tas de gens se retrouveraient temporairement au chômage.

Peut-on parler pour autant d’un mal ou d’un mieux pour l’humanité ? Est-ce qu’une société sans maladie (mais sans emploi de pharmacien) n’est-elle pas préférable à une société avec des maladies (et des emplois de pharmaciens) ?

Imaginons maintenant qu’après une formation, tous ces chômeurs deviennent tous jardiniers et que la R&D pharmaceutique devienne de la R&D pour faire de jolies fleurs.

On aurait alors une société où tout le monde serait en bonne santé, et les villes magnifiques où il ferait bon vivre.

Ne préféreriez-vous pas cette société à la précédente ?

Le problème de Maltus ou Mandeville (et bien d’autres) est qu’ils font des raisonnements à T+1 (conséquences) et non à T+2 (conséquences des conséquences)…

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#4 30/05/2018 12h09

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Je viens tout de même de lire, ce matin même, une dépêche économique troublante.
La baisse de consommation des ménages en avril est clairement présentée comme une mauvaise nouvelle.
Cependant la même dépêche nous apprend qu’une grande partie de cette baisse provient d’une diminution de la consommation énergétique. Ce qui paraît, au contraire, une bonne chose (importations, pollution, accidents) !
Il y a, semble-t-il, une grande part de routine chez les gens qui rédigent ces dépêches.

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#5 30/05/2018 12h52

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le problème est fondamental et présent partout dans la "?"science"?" économique.

Ce qui est observé est l’activité, et seulement ça, sans considérer aucune externalité.

Une entreprise qui pollue a tout intérêt à en faire le moins possible pour réduire la dite pollution parce que d’une part ça réduirait ses profits, d’autres part si elle ne fait rien la remédiation devient une externalité qui génère elle même de l’activité.

Du point de vue économique et PNB, creuser un trou et le reboucher ensuite est parfaitement logique et une bonne chose si et seulement si celui qui paie pour reboucher n’est pas le même que celui qui a payé  pour creuser, le manipulateur de pelle pouvant être le même.

En fait, dans une économie de monde vide (industrialisation, croissance due à la création de nouvelles activités), c’est parfaitement utilisable. Le problème est que nous allons rapidement dans les pays développés vers une économie de monde plein où il va falloir considérer les cycles complets. Et là, les outils et indicateurs  actuels (comme la consommation des ménages) sont totalement inadéquats.

Un exemple intéressant est la comparaison agri-business vs solution + vertes. Certaines sont trop extremes pour être réalistes mais il y a de nombreux cas où les solutions vertes génèrent plus de FCF pour les paysans à production égale et pollution moindre. Mais si on utilise les outils économique habituel, le PNB généré est plus faible parce que les fabricants d’engrais ne sont pas contents.

Il y maintenant des débuts de reflexion pour appliquer les principes de la permaculture (cycles concentrique) au monde industriel, mais c’est encore très marginal et difficile à mettre en place. En Allemagne une entreprise existe qui recycle les dégraissants saturés en les régénérant par osmose. il arrivent ainsi à valoriser ce qui était un déchet couteux à retraiter, et mêmes les boues trouvent une utilisation. Ils ont cependant mis plus de dix ans à mettre en place les partenariats avec les entreprises de la région de Hannovre parce que ça entraînait des adaptations de processus chez elles. Désolé plus la référence de l’article d’Alternatives Economiques.

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[+1]    #6 30/05/2018 13h09

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Le texte de M07 se voulait avant tout humoristique, bien sûr que si l’on commence à philosopher et trop réfléchir, les choses ne sont pas si simples.
Prenons exemple avec l’écologie, vous remarquerez que ce sont les industries les plus polluantes qui communiquent le plus sur leur engagement écologique. Or un acte écologique serait qu’elles cessent leur activité.
D’ailleurs nos nations en général sont très mauvaises élèves alors que si l’on prend un pays comme la Corée du Nord, sans juger du reste, sur le plan écologique et de l’emprunte carbone, il est un exemple à suivre.

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#7 30/05/2018 13h37

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Surin a écrit :

Prenons exemple avec l’écologie, vous remarquerez que ce sont les industries les plus polluantes qui communiquent le plus sur leur engagement écologique. Or un acte écologique serait qu’elles cessent leur activité.

C’est vrai pour les entreprises, et par extension, pour les ménages, l’acte le plus écologique serait de ne pas avoir d’enfant.
N’étant pas un écolo-fanatique et n’ayant pas d’enfants, je retourne cet argument (i.e. "avoir des enfants est l’acte le plus anti-écologique qui soit) quand je suis face à des parents écolos-pénibles qui considèrent que ne pas trier scrupuleusement ses déchets est un crime contre l’humanité.
En général ça les calme. wink

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[+1]    #8 30/05/2018 13h56

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La ruche était l’exemple à ne pas prendre car il n’y a pas d’abeille malhonnête, donc pas d’abeille chargée de surveiller les incivilités de toutes sortes. Chaque ruche cherche l’efficacité pour (sur)vivre dans l’environnement. Chaque équipe est efficace et complémentaire aux autres. La défaillance d’une équipe provoque un manque et la ruche se réorganise pour combler le manque. C’est tout le contraire chez l’être humain qui ne sait pas rester honnête. Il y a toujours une infime partie de lui qui cherchera à profiter des failles du système qu’il a lui même mis au point.


Faire et laisser dire

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#9 30/05/2018 14h20

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Surin a écrit :

D’ailleurs nos nations en général sont très mauvaises élèves alors que si l’on prend un pays comme la Corée du Nord, sans juger du reste, sur le plan écologique et de l’emprunte carbone, il est un exemple à suivre.

Vraiment? J’aurai plutôt parié sur l’inverse, avec centrales à charbon (au lieu de centrales nucléaires), usines déglinguées et mal entretenues et super polluantes, utilisation de produits chimiques d’un autre âge et/ou stockés un peu n’importe comment, normes industrielles anti pollution inexistantes ou peu contrôlées, corruption à grande échelle, avec les dégâts écologiques qui vont avec (un peu comme en Italie) etc.

Mais il ne s’agit que d’un ressenti/idée préconçue de ma part (jamais rien lu à ce sujet).

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#10 30/05/2018 15h15

Banni
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dangarcia a écrit :

N’étant pas un écolo-fanatique et n’ayant pas d’enfants, je retourne cet argument (i.e. "avoir des enfants est l’acte le plus anti-écologique qui soit) quand je suis face à des parents écolos-pénibles qui considèrent que ne pas trier scrupuleusement ses déchets est un crime contre l’humanité.
En général ça les calme. wink

Trier ses déchets = travail fastidieux + aménagement des poubelles perso + augmentation de la taxe ordures + matières premières rachetées à bon compte par les industriels = aucune baisse des produits que me vendent ces industriels !

Tout aussi navrant que tous les domaines pour lesquels on nous culpabilise avec l’écologie alors que le monde de l’orient pollue à tout va en fabriquant de nouveaux produits d’une qualité médiocre que l’on importe à grand frais pour brader les anciens de qualité aux pays africains qui sont ravis de les utiliser.

Encore plus affligeant l’impôt pollueur payeur …

A part quelques fanatiques dont la vie doit être bien pénible absolument personne sous nos contrées n’a un bilan carbone dont il peut se vanter !

Pourquoi citer Dangarcia !? Parce qu’il n’y a qu’une seule vérité mondiale face à l’écologie … Nous sommes trop nombreux et je suis bien ravi que jusqu’ici personne n’ait trouvé de solution radicale !

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[+3]    #11 30/05/2018 16h37

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Dans le même style que la fable des abeilles, les impots expliqués par la bière est également amusant et déjà posté il y a quelques années sur ce forum.

Les impots expliques par la biere post 48582

Le principe des impôts semble pouvoir s’expliquer par une logique assez simple. Mais beaucoup pourtant ne le saisissent toujours pas.

Comme c’est la saison des taxes, laissez-moi vous l’expliquer en des termes simples que tout le monde peut comprendre.

Imaginons que tous les jours, 10 amis se retrouvent pour boire une bière et que l’addition totale se monte à 100 euros.

(Normalement, cela ferait 10 euros par personne).

Mais nos dix amis décidèrent de payer cette facture selon une répartition qui s’inspire du calcul de l’impôt sur le revenu, ce qui donna ceci :

· Les 4 premiers (les plus pauvres !?), ne paient rien.
· Le cinquième paye 1 euros
· Le sixième paye 3 euros
· Le septième paye 7 euros
· Le huitième paye 12 euros
· Le neuvième paye 18 euros
· Le dernier (le plus riche ?!) paye 59 euros.

Les dix hommes se retrouvèrent chaque jour pour boire leur bière et semblaient assez contents de leur arrangement.

Jusqu’au jour où le tenancier décida de leur faire une remise de fidélité !

« Comme vous êtes de bons clients, dit-il, j’ai décidé de vous faire une remise de 20 euros sur la facture totale. Vous ne payerez donc désormais vos 10 bières que 80 euros. »

Le groupe décida de continuer à payer la nouvelle somme de la même façon qu’ils auraient payé leurs taxes. Les quatre premiers continuèrent à boire gratuitement. Mais comment les six autres, (les clients payants), allaient diviser les 20 euros de remise de façon équitable ? Ils réalisèrent que 20 euros divisé par 6 faisaient 3.33 euros.

Mais s’ils soustrayaient cette somme de leur partage alors le 5ème et 6ème homme devraient être payés pour boire leur bière. Le tenancier du bar suggéra qu’il serait plus équitable de réduire l’addition de chacun d’un pourcentage du même ordre, il fit donc les calculs. Ce qui donna ceci :

· Le 5ème homme, comme les quatre premiers ne paya plus rien. (un pauvre de plus ? Ndt)
· Le 6ème paya 2 euros au lieu de 3 (33% réduction)
· Le 7ème paya 5 euros au lieu de 7 (28% de réduction)
· Le 8ème paya 9 euros au lieu de 12 (25% de réduction)
· Le 9ème paya 14 euros au lieu de 18 (22% de réduction)
· Le 10ème paya 50 euros au lieu de 59 euros (16% de réduction)

Chacun des six « payants » paya moins qu’avant et les 4 premiers continuèrent à boire gratuitement. Mais une fois hors du bar, chacun compara son économie :

« J’ai seulement eu 1 euros sur les 20 euros de remise », dit le 6ème il désigna le 10ème « lui, il a eu 9 euros ».

« Ouais ! dit le 5ème , j’ai seulement eu 1 euros d’économie »

« C’est vrai ! » s’exclama le 7ème , « pourquoi aurait- il 9 euros alors que je n’en ai eu que 2 ? Le plus riche a eu le plus gros de la réduction »

« Attendez une minute » cria le 1ier homme, « nous quatre n’avons rien eu du tout nous. Le système exploite les pauvres ».

Les 9 hommes cernèrent le 10ème et l’insultèrent. La nuit suivante le 10ème homme (le plus riche ?!) ne vint pas. Les neuf autres s’assirent et burent leur bière sans lui.

Mais quant vint le moment de payer leur note ils découvrirent quelque chose d’important : ils n’avaient pas assez d’argent pour payer ne serait-ce que la moitié de l’addition !

Et cela, mes chers amis, est le strict reflet de notre système d’imposition. Les gens qui payent le plus de taxes tirent le plus de bénéfice d’une réduction de taxe.

Taxez les plus fort , accusez-les d’être riches et ils risquent de ne plus se montrer désormais. En fait ils vont boire à l’étranger…,

Pour ceux qui ont compris, aucune explication n’est nécessaire.

Pour ceux qui n’ont pas compris, aucune explication n’est possible.

Toute ressemblance avec la réalité ou des forumeurs vivants aux quatres coins du monde serait purement fortuite.

BFM - pres de 6 menages sur 10 echappent à l’impot sur le revenu

Le Figaro - impots sur le revenu 10% des foyers paient 70% des recettes

En hommage à Stokes, j’ai bien entendu choisi BFM et le Figaro pour mes sources smile

Dernière modification par TyrionLannister (30/05/2018 16h44)


Tyrion Lannister - "a Lannister always pays his debt"

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