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#26 29/06/2020 11h27

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Un article sur Focus Home Interactive publié dans Investir du 27 juin.

https://www.devenir-rentier.fr/uploads/15987_focus.png

Petit point sur le dossier, en mars j’affirmais :

thomas69 a écrit :

A plus long terme le marché pourrait bien revaloriser la société si celle-ci met son plan stratégique à exécution

Force est de constater que la direction agit, ce qui n’est pas toujours le cas, loin de là. Par conséquent j’ai renforcé ma ligne de 30% suite à l’acquisition (ATP à l’ouverture). J’ai une cible à 50€, comme MidCap Partners, j’aviserai en fonction de l’évolution du potentiel.

Trois points me sautent aux yeux sur ce dossier depuis mars :
• Covid quasiment indolore pour FHI. Au contraire, hausse des ventes digitales
• Plan d’action mis en œuvre. 7 millions d’euros dépensés mais encore ~40 sous le coude avec les prêts négociés en février (= la direction a des munitions pour continuer)
• Changement de perception du marché (= en route vers une revalorisation)

Ce dossier a vraiment un excellent potentiel CT/MT/LT. En effet nous disposons de deux leviers :
1. Revalorisation des multiples (= changement de la perception du marché), bien expliqué par Oliv précédemment. Déjà en marche.
2. Entreprise à forte croissance (CF passé + CA exercice 2021 = 150/200 m€). Mécaniquement le cours boursier suit.

L’application de ces deux facteurs devrait décupler le cours de l’action. Si le scénario se poursuit, bien entendu.

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[+1]    #27 29/06/2020 12h36

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Investir a écrit :

27 titres en développement dont 9 avec plus de 50% de la propriété intellectuelle

Je ne sais pas où ils ont réussi à pécher cette info qui est IMO très importante pour la valorisation en somme des parties. S’ils arrivent à obtenir déjà la majorité de la propriété de intellectuelle vis à vis de certains studio, cela implique qu’ils ont une position concurrentielle pas si mauvaise que ça… Focus est un financeur important pour de petits studios qui n’ont pas pas d’autres réelles alternatives (difficile d’obtenir des financements bancaires, quasi impossible de lever des fonds sur le marché sans avoir déjà produit un jeu à succès …)
A MT, on pourrait tout à fait imaginer que Focus rachète ces studios concernés dans des conditions financières plutôt intéressantes (puisqu’ils ont déjà un part important de la propriété intellectuelle de leurs production …).
C’est surement un peu ce qu’il s’est passé avec Deck13 qui était déjà partenaire de Focus.

Disposant maintenant d’une enveloppe résiduelle de 40M€ et ayant déjà beaucoup de contacts avec des studios partenaire, les acquisitions pourraient s’enchaîner assez rapidement …

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#28 29/06/2020 14h37

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Bonjour.
Je lis régulièrement des choses autour de ces sociétés du domaine des jeux vidéos concernant le financement, le développement (au sens codage) et la propriété intellectuelle des jeux. Et sans doute d’autres sujets.

Avec Ubisoft, Focus Home Interactive, Nacon ou Don’t Nod Entertainment, on a au moins 4 acteurs cotés en France de bonne taille.

Quels sont les enjeux pour les sociétés du secteur ? Comment sont-elles respectivement positionnées sur ces sujets ? Où se situe la création de valeur pour nous autres actionnaires ?

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Favoris 5   [+4]    #29 29/06/2020 16h48

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Korben, je vais tenter de vous faire un topo rapide et simple du secteur. Il s’agit uniquement de ma propre compréhension. Le point de vue d’autres intervenants est le bienvenu.

Types de jeux vidéos


- AAA (dit triple A) : Gros budget réservé aux majors du secteur. Il s’agit généralement de franchise, type FIFA, GTA. Coût de développement très onéreux mais succès quasi assuré, dû à l’image existant de la franchise. C’est un quasi-moat sur le segment du jeu (FIFA est leader sur la simulation de football, difficilement attaquable), le challenge étant de conserver son leadership. Acteur : Ubisoft, Rockstar.
- AA : Budget modéré. Inutile de faire une pâle copie d’un triple A, c’est perdu d’avance au vu de la différence de moyen. Du coup le but est de faire un bon jeu mais en s’attaquant à un marché ou gameplay inexploré. Hormis le succès le commercial immédiat, le rêve est de créer une franchise à long terme. Segment de FHI.
- A : Faible budget, petit jeu développé par des studios indépendants. Le but est de percer en étant très original. Bien souvent des one shoots.

Grossièrement c’est ça. Juste retenir que la notation (A, AA et AAA) dépend juste du budget développement alloué au jeu.

Business du secteur


Les majors (AAA) internalisent le développement des jeux. Il maitrise pratiquement toute la chaine de création de valeur.

FHI a un rôle d’éditeur, il ne développe rien. Son but est de dénicher des studios et de sous traiter le développement des jeux. La clé est de trouver les studios les plus talentueux. Une fois le jeu développé, c’est l’éditeur qui se charge de la commercialisation (diffusion, marketing et publicité).

Les éditeurs et les studios sont dépendants. En effet le développement d’un jeu vidéo est long, plusieurs mois voir une ou deux années. Un studio indépendant ne peut absolument pas prendre le risque financier tout seul, d’ailleurs aucune banque n’accepte de les aider. En cas d’échec commercial la perte est totale, aucun collatéral pour la banque.
Du coup le risque est partagé entre les deux acteurs (éditeur et studio). Voici comment cela se matérialise (les chiffres sont arbitraires, c’est le process qui est important) :

1. Le jeu est validé, le développement est lancé. L’éditeur avance 30% des couts de développement.
2. Le jeu est développé en 6 lots. A chaque livraison, l’éditeur paie 5%
3. Le jeu est terminé, l’éditeur règle les 40% restant
4. Le jeu est lancé sur le marché. L’éditeur et le studio se partage 50% des bénéfices. Il partage également la propriété intellectuelle du jeu pour X années

Si c’est un succès, le jackpot est partagé entre les deux acteurs. En cas d’échec, le studio ne coule pas mais les développeurs pourront dire adieu à leurs bonus.

Risque pour l’éditeur


L’échec commercial est un risque maitrisé, en effet l’éditeur lance une multitude de jeux, statistiquement il y aura des échecs, des jeux moyens et quelques pépites. Tout se joue au moment de sourcer les studios et de définir le segment cible du jeu vidéo.

Le plus gros risque provient d’un jeu à succès se transformant en franchise. Le studio peut changer d’éditeur en fin de droit ou se faire racheter. C’est ce qui est arrivé avec Farming Simulator pour FHI. Une magnifique vache à lait racheté par Giants Software. C’est la raison pour laquelle FHI s’échange à des multiples plus faibles que la concurrence, le marché sanctionne cette incertitude.

Enjeux pour les éditeurs


L’enjeu découle naturellement du risque. Acquérir des studios pour sécuriser les franchises. Le virage est en cours chez FHI avec la stratégie EEE (Enhance, Evolve, Explore). Achat récemment du studio Deck13 (auteur de The Surge) pour 7,1 millions d’euros. Il reste 40 millions d’euros de budget pour acheter des studios, de quoi faire.

Création de valeur long terme


La valeur réside dans le portefeuille de franchise. Plus l’éditeur possède de franchise prestigieuse, plus il s’assure de plantureux cash flow régulier. Il est impossible de prédire à l’avenir le succès commercial d’un jeu vidéo, impossible. En revanche le talent passé de FHI à sourcer d’excellents studio est indéniable. On peut donc espérer l’achat de bon studios à prix raisonnable et l’émergence de franchise.

Comparaison


On peut presque comparer le sourcing de studios aux maisons de disque recherchant des artistes prometteurs. Tandis que les franchises peuvent être comparées aux marques de grandes consommation, très difficile à concurrencer une fois bien installé (une ou deux marques phares par produit, pas plus).

Rappel: Il s’agit uniquement de ma propre compréhension, j’ai un peu simplifié pour être simple et clair.

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#30 29/06/2020 19h48

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Intéressante la comparaison du sourcing de studios avec les maisons de disque recherchant des artistes prometteurs.

Pour Farming simulator, si je comprends bien il y avait un accord avec FHI qui a pris fin récemment, mais le studio a passé un accord avec une autre société (un peu comme si un artiste passait un accord avec une autre maison de disques pour ses N prochains albums). C’est embêtant car le succès de la version N+1 du titre était quasi assuré (c’est embêtant car le succès du prochain album de l’artiste était assuré).

Je relis un commentaire d’un des fonds que je suis :

Amplegest a écrit :

Le marché semble s’inquiéter du fait que la société ne détienne pas en propre les licences des jeux qu’elle édite puisqu’elle travaille souvent en partenariat avec des studios externes … Nous pensons que le marché survalorise l’aspect « propriété ». Dans l’industrie du jeu vidéo, la valeur vient surtout des développeurs, sans eux la licence ne porte aucune valeur. Prenons un exemple que tout le monde connaît : si vous détenez la licence « GTA » mais que vous perdez l’équipe en charge du développement depuis la création, vous repartez quasiment de 0 ! En ce sens, le seul véritable actif dans cette industrie est la relation de confiance entre l’éditeur et le développeur. Sur ce point FOCUS est exemplaire.

Donc, toujours pour Farming simulator, c’est embêtant que le studio développeur n’ait pas reconduit son accord avec FHI ?
Mais c’est quoi la propriété intellectuelle dans ce cas ? Qui est propriétaire de quoi ? Cela dépend sans doute des versions passées vs à venir ?

Pourtant les investisseurs semblent ne pas en vouloir à FHI d’avoir perdu sa relation avec ce studio développant Farming simulator, le marché retient surtout l’acquisition d’un studio.

Alors où est l’enjeu ? La propriété intellectuelle ? La relation avec les studios tiers ? La capacité de développement en propre ? C’était le sens de ma question : où est la valeur pour nous actionnaires ?

EDIT :
- Un autre enjeu auquel je pense, c’est que les versions antérieures des jeux n’ont sans doute quasi aucune valeur quand la nouvelle sort (c’est le dernier FIFA en date qui se vend, pas les anciens, encore plus avec les modes de jeu en ligne). Contrairement à l’analogie des maisons de disques, pour lequel le fond de catalogue peut encore être exploité même si l’artiste est parti dans une autre maison de disques (passage à la radio des anciens tubes, ventes des anciens albums à succès).
- Quand le studio qui a développé Farming simulator sort du périmètre de FHI, il emporte avec lui la propriété du code source développé ? Il pourra se baser dessus pour développer la version suivante ? Cf. ma question supra sur ce signifie la notion de propriété intellectuelle.

Dernière modification par Korben (30/06/2020 08h48)

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#31 30/06/2020 11h24

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1. L’enjeu est sur le développement / pérennisation à Long terme des licences les plus intéressantes. A défaut de pouvoir les conserver toutes, FHI travaille avec beaucoup de studios différents et a une réelle capacité à sourcer de nouveaux projets prometteurs.
2. La perte de la licence farming est un évènement connu depuis longtemps et très largement intégré dans les cours. Ceci, plus le départ de l’ancien PDG et la une baisse annoncée des programmes pour commercialisation pour 2021 (exercice en cours) est à l’origine de la baisse depuis les 40€ il y a 2 ans.
Aujourd’hui, la bourse regarde déja les perspectives 2022 qui ont été maintenues à 150 / 200M€ et la mise en application de leur stratégie de rachats des éditeurs.
Pour l’instant, tout semble se dérouler sans réels problèmes / retards. L’énorme décôte sur ses pairs devrait se résorber progressivement.

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#32 30/06/2020 14h00

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Heureusement que la perte de la license farming simulator est déja intégrée dans le cours c’est ce qui se vendait le plus surtout outre rhin, passé le million facile…Le nouveau studio acheté n’a pas grand chose pour lui, crosscode qui est sympa mais le reste ça se vend mais  bof bof quoi, pas des grosses pointures.
D’ailleurs voila a quoi ressemble un cours de bourse avec un gros hit
Cdprojekt
Grosso modo 1600% depuis l’introduction…Même chose pour paradox qui pourtant a un marché de niche , beaucoup moins grand public .
Paradox

Par contre focus a t’il  toujours le partenariat avec larian ? Si c’est le cas attendez vous a une explosion du cours pour la sortie de BG3.

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#33 30/06/2020 17h45

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Bonjour.
Je ne suis toujours pas au clair sur où se trouve la valeur ajoutée essentielle : dans le rôle d’éditeur (rôle qui peut être coupé en 2 : financement en amont ; publication en aval) ou dans celui de studio / développeur ?

J’ai fait une recherche sur le web. Je suis tombé sur différents documents du SNJV (Syndicat National des Jeux Vidéos).

Le baromètre 2017 semble indiquer l’importance (prépondérance ?) du rôle d’éditeur (pour sa partie aval). Donc le grief des investisseurs sur l’absence de studio interne (jusqu’à cette acquisition) n’était pas si grave (cf. commentaire  d’Amplegest ci-dessus) ?

SNJV - Baromètre 2017 a écrit :

3.1 Le rôle des éditeurs renforcé dans un
contexte de désintermédiation de la chaîne de
valeur

L’auto-commercialisation et la désintermédiation sont au coeur des modèles de productions actuels. En effet, [en 2017] 63% des studios interrogés ont déclaré commercialiser eux-mêmes leurs productions. On constate cependant une baisse de -12,2 points par rapport à 2015.

Cette chute s’inscrit dans un contexte industriel où les métiers de l’édition démontrent leur valeur ajoutée. Si les développeurs peuvent avoir des velléités d’assumer des tâches d’édition, ils ne disposent pas nécessairement des compétences correspondantes, ni des moyens pour réussir dans ce domaine. Le recours à un éditeur semble ainsi une étape qui restera nécessaire dans la plupart des cas, y compris dans une démarche de recherche d’indépendance.

Pour autant, le métier d’éditeur évolue et se renforce au gré de la dématérialisation, notamment la partie avale de l’édition qui concerne la diffusion des jeux, leur marketing et la communication. Ces tâches ont largement été impactées par des habitudes d’achat qui s’expriment de plus en plus sur des supports digitaux (web stores..). Désormais, les éditeurs ont fait l’apprentissage de ces évolutions et ont formaté une nouvelle offre de

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