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#151 09/01/2020 22h50

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Il y a consensus.
Laffer estime qu’une taxation trop importante décourage l’activité économique, ce qui affecte les recettes fiscales.
Dans l’étude sur l’Islande la baisse de fiscalité a entraîné une hausse du temps de travail sur la même année de 6.5%. Il s’agissait d’une année blanche suite au passage au prélèvement à la source.

Pour Microsoft c’est assez drôle votre changement de point de vue en quelques postes.

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#152 10/01/2020 07h12

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JohnGaltTagart a écrit :

Il y a consensus.
Laffer estime qu’une taxation trop importante décourage l’activité économique, ce qui affecte les recettes fiscales.
Dans l’étude sur l’Islande la baisse de fiscalité a entraîné une hausse du temps de travail sur la même année de 6.5%. Il s’agissait d’une année blanche suite au passage au prélèvement à la source.

La question n’est pas l’effet sur le pib mais sur les recettes fiscales, le déficit et l’endettement public. Car on tombera d’accord sur l’ idée que l’excès d’endettement public est nocif à long terme. (*)

Ensuite je ne pense pas que l’article de Romer et Romer et celui de Cloyne permettent des conclusions aussi nettes que celles que vous en tirez.
L’estimation du multiplicateur fiscal à 2.5 a une incertitude de 1.7. Cloyne dit lui même qu’il n’y a pas de consensus dans son introduction….D’autre part il est évident qu’il dépend de l’économie étudiée et varie avec le temps. Ensuite il y a un problème avec la notion de multiplicateur: l’illusion de linéarité, voire de differentiabilité.

Mon scepticisme n’est pas sur le fait qu’il y ait des modèles plus ou moins prédictifs mais sur le fait que ces modèles marchent en toutes circonstances.

Je reconnais bien volontiers n’avoir pas travaillé sur ces modèles, ni sur ceux du climat, mais je peux vous assurer que la méthodologie ne m’inspire que peu de confiance. Sans doute parce que je suis au courant des conditions abstraites et concrètes de leur élaboration.

Au fond le problème théorique fondamental de la macroéconomie est: quels sont les paramètres pertinents?

Dans le cadre de la discussion présente, concernant la politique monétaire, on parle beaucoup d’inflation définie comme la dérivée temporelle de l’indice des prix à la consommation. On peut imaginer des indices similaires pour les prix des actifs.  Et d’ailleurs ça existe pour les actions. 

Je vais dire n’importe quoi: pourquoi au fond le mandat de la BCE ne devrait il pas être de faire fluctuer le taux de progression du prix nominal des actifs entre 0 et 2% par an? Ou faire fluctuer la différence dans un intervalle donné à l’avance? Ca serait certes bien difficile à faire techniquement et sans doute  contre-productif mais la n’est pas mon propos. Mon propos est que la sélection des paramètres macroéconomiques pertinents dépend de l’économiste et que c’est un biais cognitif majeur.

Il suffit de lire Piketty pour s’apercevoir que le mot cognitif peut être parfois remplacé par idéologique. Pour le mandat de la BCE, comme c’est un choix politique, il est évident qu’il n’est pas neutre idéologiquement.

Il est sans doute raisonnable d’envisager ces indices segment de marché par segment de marché. Le pib également est bien problématique, la façon dont les dépenses publiques s’intègrent la dedans devrait être un sujet d’embarras pour la science économique.

Vous le direz que je suis bien critique sur l’économie. C’est vrai cette critique doit être interprétée au sens kantien. Je pose la question des conditions de possibilité a priori de la connaissance économique.

(*)Encore qu’il n’y a pas consensus  entre économistes sur ce point…..Ou pour être plus exact il y a certains groupes d’économistes qui pensent que non, après tout. On appelle ça théorie monetaire moderne, j’aurais tendance à dire postmoderne, mais je suis mauvaise langue.

Pour Microsoft c’est assez drôle votre changement de point de vue en quelques postes.

Je n’ai pas change de point de vue. Je dis qu’il a fallu l’action de la communauté du logiciel libre, action dont la dimension politique était prépondérante, pour mitiger les effets des abus de position dominante de Microsoft. Malheureusement Google a su capter une partie de la rente.

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Favoris 1   [+1]    #153 10/01/2020 09h24

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@Caratheodory : 1) La finalité exclusive de la monnaie est la consommation - rien d’autre. C’est la capacité à consommer qui définit l’utilité des agents économiques, pas leur capacité à accumuler des actifs. Si on investit dans des actifs, c’est uniquement pour augmenter notre capacité de consommation différée (la nôtre ou celle de nos héritiers, peu importe). C’est pourquoi la politique monétaire d’une banque centrale se focalise sur la stabilité des prix à la consommation - et non sur les prix des actifs. Un bien immobilier, par exemple, est un actif et non un bien de consommation : cela justifie l’exclusion des biens immobiliers de l’indice d’inflation, alors que les loyers et autres coûts du logement sont eux bien pris en compte.

2) On peut discuter de la nature idéologique ou non du mandat de la banque centrale, mais en fin de compte il faut évaluer la qualité de son service public à l’aune de la capacité de sa monnaie à faciliter la consommation par les agents économiques. Une monnaie stable permet aux agents économiques de prévoir leur consommation et leurs investissements de façon sereine. Pour en juger il suffit de lire ce forum : vous verrez que la plupart des gens, quand il s’agit de prendre en compte l’impact de l’inflation sur leurs projets de vie (devenir rentier, par exemple), reprennent sans souci la cible d’inflation de la BCE (2%). Cela traduit la confiance des agents économiques dans la qualité de la monnaie : de ce point de vue, l’euro est bien supérieur au franc, par exemple. Cette confiance est le résultat d’une période de 20 ans pendant laquelle la BCE a de fait assuré une inflation en moyenne à sa cible (inférieure à, mais proche de, 2%), avec une volatilité assez faible. Garder cet "ancrage" des anticipations d’inflation des agents économiques autour de sa cible est crucial pour la BCE, c’est ce qui justifie ses mesures anti-déflation.

3) Surtout, le mandat de la BCE a été validé démocratiquement, directement ou indirectement (par des parlements démocratiquement élus), par les peuples de 19 pays. Le mandat d’une banque centrale n’a pas simplement une portée économique, mais aussi une dimension politique. C’est très bien de le remettre en question, mais toute proposition alternative devra passer par le même processus démocratique (ce n’est pas demain la veille, à mon avis).

4) On n’utilise jamais un modèle économique isolément et aveuglément, surtout quand il s’agit de prendre une décision importante de politique monétaire ! Les décisions de politique monétaire se prennent sur la base de centaines d’inputs - données macroéconomiques, modèles divers et variés, sondages, etc. Par exemple, la BCE utilise une double grille d’analyse pour chaque décision de politique monétaire : l’analyse économique (focalisée sur les dernières données macroéconomiques et leur prévision) et l’analyste monétaire (focalisée sur les agrégats monétaires). Libre à vous de considérer que ces modèles ne sont pas fiables, mais l’incertitude sur les résultats des modèles n’est pas spécifique à l’économie : au contraire, c’est même la règle s’agissant de la plupart des sciences de l’ingénieur - la mécanique des sols, par exemple. En fin de compte, de même qu’il faut évaluer la compétence de l’ingénieur des travaux publics à la solidité et à la résilience de ses ponts et de ses bâtiments, il faut évaluer la compétence d’une banque centrale à l’aune de la stabilité de sa monnaie. Rien à reprocher à la BCE, depuis 20 ans, de ce point de vue.

PS : Certains économistes essaient d’appliquer à l’économie des concepts de physique, notamment de mécanique des fluides - certains concepts comme la viscosité, par exemple, pouvant être utiles en économie. Cette discipline - l’éconophysique - est considérée comme hétérodoxe en économie. Pendant mes études d’ingénieur, j’étais tenté de m’y lancer, mais finalement j’ai basculé du côté (très) opérationnel, laissant à d’autres le travail sur les modèles.

Dernière modification par Scipion8 (10/01/2020 09h27)

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#154 10/01/2020 09h29

Membre (2019)
Réputation :   20  

Caratheodory a écrit :

Microsoft a pratiqué l’abus de position dominante dans le marché du logiciel jusqu’a l’échec de Windows Phone. Avec de mauvais produits. Linus Thorvalds est un bienfaiteur de l’humanité.

Bonjour,
certes Linux est la base d’Android, mais vous pensez que le monopole d’Alphabet ( Google ) est plus excusable que celui de Micrrosoft ?
Windows phone était une bonne alternative à L’Iphone ou Android mais comme pour tout la base des utilisateurs étant faible ça périclite.
Symbian n’avait rien a envier à l’Iphone ni Android pourtant il est "mort" lui aussi.
fin du HS

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#155 10/01/2020 13h38

Membre (2019)
Réputation :   155  

@Scipion: La solidité de la monnaie est une chose, la capacité d’une économie sur-endettée à absorber un choc en est une autre.  Ça ne se fait pas à peu de frais ni sans modification de la structure politique sous-jacente.

Ce sont ces événements de modification rapide,  voire instantanée, de la structure économique ou politique qui causent les plus grandes catastrophes historiques. Ca me préoccupe plus que la solidité de la monnaie (je suis convaincu que c’est très utile, ne vous méprenez pas). En reprenant votre analogie sur les sols, et en l’appliquant aux travaux publics,  il importe peu que les murs porteurs (ou les cloisons?)  d’un bâtiment soient solides si les fondations ne le sont pas.

En fait, je pense que, concernant les marchés actions,  les changements de la structure de l’économie dominent largement l’action des banques centrales sur le long terme. Je ne serais pas surpris que nous soyons d’accord.

Pour l’econophysique. C’est une façon très naturelle de penser. Pour tout vous dire, ce qui me frappe depuis que je suis en mesure de m’intéresser à ces questions, est l’analogie entre la thermodynamique et la macroéconomie. (*)
Le probleme est qu’à ce niveau d’hétérodoxie, on flingue sa carrière. C’est un truc pour rentier ou vieux prof en fin de carrière pour ne pas dire a la retraite. Je connais des econophysiciens qui font des choses plus bizarres encore (mais ce sont des physiciens théoriciens à l’origine). Ils sont ultra-marginalisés institutionnellement.
Il y a aussi une analogie évidente avec la géophysique, tectonique des plaques et sismologie.

(*) Je vois bien comment formuler le premier principe en termes bilantiels mais il n’est pas si clair de formuler le second. Ou plutot si mais il faut prendre en compte les phénomènes sociaux (il ne faut pas s’étonner que Sadi Carnot ait été français, cette qualité prédispose à avoir une intuition concrète de l’entropie.).

debcos a écrit :

Caratheodory a écrit :

Microsoft a pratiqué l’abus de position dominante dans le marché du logiciel jusqu’a l’échec de Windows Phone. Avec de mauvais produits. Linus Thorvalds est un bienfaiteur de l’humanité.

Bonjour,
certes Linux est la base d’Android, mais vous pensez que le monopole d’Alphabet ( Google ) est plus excusable que celui de Micrrosoft ?
Windows phone était une bonne alternative à L’Iphone ou Android mais comme pour tout la base des utilisateurs étant faible ça périclite.
Symbian n’avait rien a envier à l’Iphone ni Android pourtant il est "mort" lui aussi.
fin du HS

Non. Je ne pense pas que le monopole de Google soit plus excusable. D’ailleurs je pense que Google devrait subir le traitement d’ATT. Il n’existe pas d’entité plus dangereuse pour la liberté individuelle que les GAFA. Ils sont aujourd’hui plus dangereux encore que les États. Le pire étant la situation où ils collaborent étroitement. La Stasi en rêvait, Facebook l’a fait.

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#156 20/01/2020 15h25

Membre (2019)
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Scipion8 a écrit :

@Caratheodory : 1) La finalité exclusive de la monnaie est la consommation - rien d’autre. C’est la capacité à consommer qui définit l’utilité des agents économiques, pas leur capacité à accumuler des actifs. Si on investit dans des actifs, c’est uniquement pour augmenter notre capacité de consommation différée (la nôtre ou celle de nos héritiers, peu importe). C’est pourquoi la politique monétaire d’une banque centrale se focalise sur la stabilité des prix à la consommation - et non sur les prix des actifs. Un bien immobilier, par exemple, est un actif et non un bien de consommation : cela justifie l’exclusion des biens immobiliers de l’indice d’inflation, alors que les loyers et autres coûts du logement sont eux bien pris en compte.
(…)

4) On n’utilise jamais un modèle économique isolément et aveuglément, surtout quand il s’agit de prendre une décision importante de politique monétaire ! Les décisions de politique monétaire se prennent sur la base de centaines d’inputs - données macroéconomiques, modèles divers et variés, sondages, etc. Par exemple, la BCE utilise une double grille d’analyse pour chaque décision de politique monétaire : l’analyse économique (focalisée sur les dernières données macroéconomiques et leur prévision) et l’analyste monétaire (focalisée sur les agrégats monétaires). Libre à vous de considérer que ces modèles ne sont pas fiables, mais l’incertitude sur les résultats des modèles n’est pas spécifique à l’économie : au contraire, c’est même la règle s’agissant de la plupart des sciences de l’ingénieur - la mécanique des sols, par exemple. En fin de compte, de même qu’il faut évaluer la compétence de l’ingénieur des travaux publics à la solidité et à la résilience de ses ponts et de ses bâtiments, il faut évaluer la compétence d’une banque centrale à l’aune de la stabilité de sa monnaie. Rien à reprocher à la BCE, depuis 20 ans, de ce point de vue.

Merci encore pour cet éclairage qui clarifié les choses. Cependant, je trouve que cela pose une question centrale : les résultats obtenus par rapport aux moyens déployés.

Vous avez expliqué dans un autre sujet que la BCE estimait toujours que les bénéfices du QE (éviter la déflation) étaient toujours supérieurs à ses coûts (bulle sur certains actifs, risques sur la rentabilité des banques…). Néanmoins, dans cette perspective basée sur l’augmentation continue de la dette globale (publique + privée), l’efficacité de cette politique "de l’offre" doit bien arriver à un maximum.

Selon vous, quelles peuvent être les réflexions de la BCE quant à une éventuelle "politique monétaire de la demande", à sa pertinence et à ses éventuelles formes ?


u/HJP

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#157 21/01/2020 01h21

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@uHJP : Je ne suis pas sûr de reprendre (ou de comprendre) votre distinction entre politique monétaire "de l’offre" vs. "de la demande". En général, on distingue politique de l’offre et politique de la demande pour distinguer les mesures de politique économique (budgétaire, fiscale etc.) d’un gouvernement en direction des entreprises (politique de l’offre) de celles en direction des consommateurs (politique de la demande).

En revanche, la politique monétaire touche simultanément les entreprises et les ménages : quand la banque centrale abaisse le coût de l’argent (le taux d’intérêt) par des mesures conventionnelles (baisse du taux directeur) ou non-conventionnelles (QE) de politique monétaire, la conséquence est une baisse du taux de financement de l’économie réelle, dont profitent aussi bien les entreprises désireuses d’investir que les ménages endettés ou voulant s’endetter (pour acheter des biens immobiliers, par exemple).

De façon générale, la banque centrale évite de cibler telle ou telle catégorie d’agents économiques, (i) pour des raisons techniques (ses principaux outils sont assez grossiers, empêchant un ciblage précis) et (ii) pour des raisons politiques (cibler des catégories de la population suppose généralement un mandat politique, qu’une banque centrale n’a pas, au contraire d’un gouvernement).

Il existe néanmoins des moyens techniques pour une banque centrale de "cibler" des catégories d’agents économiques - par exemple certains secteurs économiques. Parfois une banque centrale me demande un moyen de mettre en place une opération de politique monétaire "ciblée" sur un secteur donné (jugé crucial) de l’économie nationale (souvent l’agriculture). Il y a 2 moyens simples de le faire :

1) Lancer des opérations d’injection de liquidité attractives (longue maturité, taux bas) avec une participation des banques limitée à leur encours de prêts sur ce secteur (les prêts agricoles, par exemple) : la banque centrale utilise les données sectorielles à sa disposition sur les encours de prêts bancaires pour déterminer des plafonds de participation, banque par banque. C’est l’approche qu’a choisie la BCE pour ses TLTRO (Targeted Longer-Term Refinancing Operations = opérations ciblées de longue maturité) - mais ces TLTRO n’étaient pas vraiment ciblées sectoriellement, elles prenaient l’ensemble des prêts bancaires hors prêts immobiliers (afin d’éviter une bulle immobilière).

2) Demander comme collatéral pour des opérations d’injection de liquidité attractives (longue maturité, taux bas) des prêts bancaires à ce secteur donné (prêts agricoles, par exemple) : une banque ne pourra participer à cette opération que si elle a fourni des prêts à ce secteur.

Jusqu’à présent, la BCE a été assez réticente (pour des raisons politiques et économiques plus que techniques, à mon avis) à "cibler" ses opérations de politique monétaire. Mais je n’excluerais pas une évolution pour favoriser le financement des secteurs de l’environnement. Avec Mme Lagarde, il semble qu’une priorité soit de rendre la politique monétaire plus "écolo-compatible". C’est assez hétérodoxe et la Bundesbank a exprimé ses réserves (que je partage), mais techniquement c’est faisable (les approches 1 et 2).

Une autre question est de savoir si la banque centrale pourrait cibler spécifiquement les ménages. Techniquement, c’est faisable : on pourrait utiliser les approches 1 et 2 pour favoriser les prêts bancaires aux ménages. Mais je ne crois pas que ce soit vraiment souhaitable aujourd’hui dans la zone euro (et la BCE est probablement sur la même ligne), car cela alimenterait les risques de bulle immobilière et de surendettement des ménages.

On pourrait aussi imaginer une politique monétaire visant directement les ménages, sans passer par l’intermédiaire des banques : la mesure la plus connue de ce type est l’helicopter money, qui consiste en un transfert monétaire direct de la banque centrale aux ménages. L’helicopter money présente des challenges techniques (il s’agirait de transférer la même somme d’argent à chaque individu ou chaque ménage de la zone euro - cela peut poser problème pour des individus non bancarisés, par exemple), mais ils ne sont pas insurmontables (on pourrait s’appuyer sur les guichets de la Sécurité sociale ou des allocations familiales, par exemple).

La création d’un euro "digital", une crypto de banque centrale, faciliterait beaucoup l’helicopter money : chaque personne aurait un compte anonymisé (ou pseudonymisé) directement à la banque centrale, que la banque centrale pourrait créditer directement.

Sur le papier, l’helicopter money est une mesure pertinente de politique monétaire face à une forte menace déflationniste, particulièrement si le système bancaire est dysfonctionnel (par exemple en cas de crise systémique de confiance). La combinaison helicopter money + crypto euro permettrait de contourner entièrement le système bancaire et d’injecter de la liquidité directement dans les poches des consommateurs, avec a priori un faible effet d’aubaine - car cette liquidité profiterait essentiellement aux couches modestes et moyennes de la population, qui en dépenseraient rapidement une bonne partie. C’est donc une mesure attractive sur le papier, particulièrement en complément d’un QE dont on sait qu’il profite aux couches favorisées de la population, qui voient leurs portefeuilles d’actifs s’apprécier.

Des propositions pour faire de l’helicopter money dans la zone euro ont été émises dans la communauté académique. J’ignore la position de la BCE sur le sujet, mais sans prendre trop de risque, je pense que le scepticisme, voire une franche opposition, doit dominer à la BCE sur le sujet.

En effet, l’helicopter money n’est pas sans risques : si les citoyens, après une premier "largage" de liquidités par la banque centrale, commencent à anticiper qu’il y aura d’autres opérations de ce type, la conséquence peut être une inflation incontrôlée. Surtout, l’helicopter money présente un risque politique majeur : il est probable que les gouvernements, après une première opération d’helicopter money par la banque centrale, feraient pression sur elle (avec le soutien de la population, évidemment) pour qu’il y en ait d’autres - quand bien même la menace déflationniste aurait disparu. Ce serait une menace mortelle pour l’indépendance de la banque centrale. Pour cette raison, je ne crois pas à des mesures d’helicopter money par la BCE à court / moyen terme.

Cela dit, l’introduction d’un euro "digital" pourrait rebattre les cartes, en donnant à la BCE la possibilité de conduire simultanément 2 politiques monétaires : (i) la politique monétaire conventionnelle, passant par les banques, et (ii) une nouvelle politique monétaire directement en contact avec les agents économiques. Une combinaison des 2 mesures pourrait être pertinente.

Jusqu’à présent, la BCE a été très prudente sur la question d’un euro "digital", mais là aussi je pense que Mme Lagarde va faire bouger les choses.

Dernière modification par Scipion8 (21/01/2020 01h22)

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#158 21/01/2020 07h52

Membre (2019)
Réputation :   9  

Je m’excuse du manque de précision de ma question. Je faisais l’analogie avec les politiques budgétaire (de l’offre, de la demande) faute de meilleur terme pour désigner les producteurs et les consommateurs, alors que tout le monde est consommateur de monnaie. L’origine de ma question est la suivante: n’est-on pas confronté à une transmission très faible du QE à l’économie réelle ou très peu d’€ créés se retrouvant dans l’économie réelle alors que la majorité ne fait rien d’autre que faire monter le prix des actifs? Cette dynamique d’entretien de bulles spéculatives pouvant avoir des conséquences dramatiques à moyen terme (cf crise des subprimes), la BCE doit bien intégrer cet élément dans son calcul coûts-bénéfices, et je m’interroge sur son calcul actuellement.

Effectivement, vous faites bien de rappeler que les outils traditionnels de la politique monétaire, centrés autour des taux de crédit, sont accessibles à tous les acteurs économiques, ainsi que le ciblage de certains acteurs. Si on voulait être critique vis à vis des effets de richesse que le QE a induit, on pourrait dire qu’il a constitué une distribution d’argent incroyable pour les plus aisés, et que ça n’est venu à l’idée de personne de dire que cela risquait de créer un effet d’aubaine… Ça me rappelle ce que Piketty fait remarquer par rapport à l’héritage: il paraît impensable de "donner" 120k € à chaque jeune majeur (que vint-ils en faire!) alors que les héritiers multimililonaires ne font pas l’objet de ce genre de critique! L’esprit humain et la logique wink

Le principe de l’helicopter money me paraît également très discutable parce qu’il court-circuite les Etats alors qu’il a les mêmes effets que la mise en place d’un revenu universel décrits dans cette vidéo. Finalement, c’est peut être cela qui va se passer: financement de la mise en place du RU par un coup d’helicopter money, Cette place de la BCE économisant au passage le coût de la mise en place du RU (mais ça ressemble à du financement du déficit public par la BCE, ciel!).


u/HJP

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#159 21/01/2020 09h38

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1) La politique monétaire seule ne peut expliquer l’existence de bulles. Une politique monétaire accommodante (taux bas, QE) a bien un effet mécanique sur les prix des actifs (actions, immo etc.) par la baisse du taux sans risque, paramètre des valorisations DCF, et par l’injection de liquidité excédentaire qui se retrouve investie dans les actifs.

Mais une action qui a monté "mécaniquement" du fait d’une baisse du taux sans risque se retrouve "à son prix" = sa valorisation DCF intrinsèque. On ne peut pas parler de bulle dans ce cas.

Une bulle n’existe que lorsque les agents économiques s’échangent des actifs au-dessus de leur valorisation intrinsèque, dans l’espoir de le revendre plus cher plus tard parce que "ça monte". C’est cette psychologie collective qui explique l’existence des bulles, pas la politique monétaire. Cela dit, il est clair que la croyance en une politique monétaire accommodante ad infinitum peut faciliter la formation de bulles.

2) La formation de bulles est inévitable dans une économie de marché. Les bulles sont liées à la psychologie humaine : nous avons naturellement tendance à alterner des phases d’enthousiasme (= sous-estimation des risques) et d’inquiétude (= sur-estimation des risques). Ces effets psychologiques sont plus marqués encore au niveau collectif (car l’enthousiasme et l’inquiétude sont contagieux) qu’au niveau individuel.

La politique monétaire n’y peut rien ; elle peut simplement en limiter les effets par une action contracyclique, ce qu’on appelle une politique monétaire lean against the wind : monter les taux quand l’enthousiasme devient trop fort, baisser les taux quand l’inquiétude devient trop forte. Mais la politique monétaire ne peut pas abolir les cycles économiques et financiers - et d’ailleurs cela ne serait sans doute pas souhaitable.

3) L’explosion d’une bulle a des effets économiques positifs. Bien sûr, il ne s’agit pas de nier les effets destructeurs et déstabilisateurs (pour une économie, un système financier) des explosions de bulles. Mais l’explosion de bulles a aussi des effets utiles en opérant une redistribution des richesses des agents économiques imprudents (qui ont pris trop de risques) vers les agents économiques prudents, ce qui doit être positif économiquement. Elle détruit du "vieil argent" et donne une opportunité aux nouveaux venus. Elle "éduque" (dans la douleur) les agents économiques à mieux maîtriser leurs risques.

4) La banque centrale dispose d’outils pour limiter le risque de bulles, ou au moins leurs effets destructeurs. Il s’agit notamment (i) de la supervision bancaire (désormais confiée à la BCE), qui limite la prise de risque par les banques (le coeur du système) et (ii) la politique macro-prudentielle, qui permet de limiter la prise de risque par l’ensemble des agents économiques, par exemple via la fixation de plafonds d’endettement ou de seuils d’apport minimum pour des achats immobiliers. La politique macro-prudentielle est très à la mode chez les banques centrales depuis la crise, mais la fixation des normes est très variable d’un pays à l’autre.

En théorie, la banque centrale peut donc limiter par ces mesures (supervision bancaire, politique macro-prudentielle) les risques éventuels résultant d’autres mesures (politique monétaire). Mais en pratique, un interventionnisme excessif de la banque centrale dans l’économie poserait de nombreux problèmes, à la fois techniques (l’interaction de ces différentes mesures crée un écheveau complexe) et politiques (une banque centrale a besoin d’un mandat démocratique clair pour agir).

5) Les effets anti-redistributifs du QE de la BCE semblent moins prononcés que ceux du QE de la Fed. Je vous rejoins évidemment pour dire que le QE bénéficie directement aux détenteurs d’actifs financiers - principalement la bourgeoisie - donc peut accentuer les inégalités sociales. Cela dit, on ne voit pas pour l’instant en Europe d’accentuation des inégalités de distribution du patrimoine (par rapport à la période pré-QE), alors que c’est très net aux USA. Les inégalités résultant du QE sont peut-être mieux compensées en Europe par la redistribution via transferts fiscaux et sociaux.

6) L’helicopter money n’est pas comparable au revenu universel. Je sais que cette comparaison est très populaire (ça peut s’expliquer : dans les 2 cas, il s’agit de transferts monétaires directs et "égalitaires" à l’ensemble de la population, par une puissance publique), mais ces 2 mesures ont des effets économiques très différents.

Le revenu universel est une mesure redistributive permanente : c’est une dépense qui profite à tous et qui est financée (essentiellement) par les riches.

En revanche, l’helicopter money est une mesure one-off d’injection monétaire instantanée, et qui ne nécessite aucun financement. Si l’helicopter money était permanent, ses effets inflationnistes ne pourraient sans doute pas être maîtrisés.

Les ordres de grandeur ne sont aussi pas comparables : pour calibrer l’helicopter money, comme pour toute autre mesure quantitative de gestion de la liquidité bancaire, la banque centrale fixe une cible quantitative d’augmentation de la masse monétaire. Par exemple un programme de QE de 20 milliards par mois (comme actuellement) pendant 2 ans va augmenter la masse monétaire (temporairement) de 20*2*12 = 480 milliards €.

Pour obtenir un effet similaire sur la masse monétaire via un programme d’helicopter money bénéficiant à toute la population de la zone euro (enfants compris), la calibration serait de 480 milliards / 341 millions d’habitants = 1407€ / personne, par un transfert unique. On pourrait aussi le faire en plusieurs tranches, mais en tout cas il ne s’agit pas d’une mesure permanente comme le revenu universel.

Je reviendrai dans un autre message sur l’équation coûts / bénéfices du QE dans la zone euro.

Dernière modification par Scipion8 (21/01/2020 10h21)

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#160 23/01/2020 22h29

Membre (2011)
Réputation :   47  

uHJP a écrit :

Le principe de l’helicopter money me paraît également très discutable parce qu’il court-circuite les Etats alors qu’il a les mêmes effets que la mise en place d’un revenu universel décrits dans cette vidéo. Finalement, c’est peut être cela qui va se passer: financement de la mise en place du RU par un coup d’helicopter money, Cette place de la BCE économisant au passage le coût de la mise en place du RU (mais ça ressemble à du financement du déficit public par la BCE, ciel!).

Je m’interroge naïvement sur le point suivant :

Un revenu universel agirait certainement sur la demande, et contribuerait de ce fait (tout comme le QE, dont c’est le but premier - sauf erreur de ma part) à la lutte contre la déflation, le pire des maux.

Cependant, une fois un revenu universel mis en place, qui serait incité à continuer à produire?

Et de ce fait, n’entrerait-on pas en récession, à cause d’une baisse de la production (et donc du PIB) ?

Or, une lutte contre la déflation (toujours sauf erreur de ma part) a pour objectif au final un maintien de l’activité.

Et une baisse de l’activité ne serait pas, a priori, favorable aux marchés action.

De plus, l’intervenant uHJP que je cite, a l’idée intéressante de rapprocher conceptuellement QE et revenu universel : le RU pourrait être considéré comme un ’’canal’’ de QE.

Mais, si (je dis bien : si) le RU a pour effet de déprimer la production, pourquoi n’en serait-il pas de même pour le QE? (ou tout au moins pour certains canaux du QE)

En effet, si les agents anticipent l’arrivée de monnaie, pourquoi produiraient-ils pour se procurer la monnaie ?

Dernière modification par placementapapa31 (23/01/2020 22h50)

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#161 23/01/2020 22h59

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Je vais poser une question peut-être naïve: que se passerait il si la BCE normalisait rapidement ses taux (deux épisodes à +0.25% séparés de 6 ou 12 mois) en faisant dans le même mouvement une injection savamment calibrée d’argent hélicoptère?

Augmentation de l’inflation+ diminution de la valorisation des actifs  me sembleraient des effets probables mais je suis à peu près sur que d’autres  phénomènes se produiraient.

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#162 25/03/2020 10h42

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Avec les annonces de différentes mesures par les banques centrales et (comme souvent) ayant vu ma réflexion nourrie par Gilles de Heu?reka: Le plan pour sauver l’économie du coco - Heu?reka - YouTube

Je me suis dit que vous voudriez peut-être discuter des différentes mesures mises en place par les banques centrales:
Quelle efficacité des politiques monétaires conventionnelles dans une période aussi particulière?
Dans un contexte de fort endettement de tous les acteurs (Entreprises et Etat essentiellement en France), qui va vouloir emprunter? Et pour consommer quoi surtout?

Le gouvernement US a évoqué des mesures de soutien spectaculaires: plan de soutien à l’économie massif, envoi d’un chèque à chaque américain à l’étude etc…

Les gouvernements européens réagissent de manière habituelle: chacun pour soi, en essayant de se coordonner un peu. L’explosion de l’endettement qui va en résulter fait apparaître le risque d’une nouvelle crise de l’Euro, d’autant plus si des grosses entreprises (ou des banques) sont en grande difficulté et nécessitent une intervention publique…

Bref, de joyeuses choses en perspective!


u/HJP

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#163 13/11/2020 13h32

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Je partage un point de vue sur l’hélicoptère monétaire dont on entend souvent parler et qui pourrait être introduite par la Fed d’après l’auteur.

Christopher Dembik, Responsable Groupe de la Recherche Économique - Saxo Bank a écrit :

Ce qui était autrefois inimaginable devient de plus en plus probable : nous pensons que la seule façon pour les banques centrales de réparer les dégâts durables causés par la pandémie est de mettre en œuvre une politique dite d’hélicoptère monétaire, qui s’accompagnerait d’une monnaie numérique qui servirait de moyen de transfert pour les paiements directs à destination des ménages.

En Suisse, la campagne visant à demander un référendum sur la mise en place d’un transfert de CHF 7500 à chaque citoyen est particulièrement intéressante. L’idée n’est pas de stimuler la croissance et la demande agrégée, mais plutôt de dévaluer le franc suisse. Cela étant, il s’agit également d’une forme d’hélicoptère monétaire. Les universitaires sont de plus en plus convaincus que l’hélicoptère monétaire fonctionne et que cette politique est nettement plus efficace que l’assouplissement quantitatif. Mais il convient de réaliser d’autres études avant de procéder à une mise en œuvre en situation réelle afin d’en mesurer précisément l’efficacité, de savoir quels sont les effets multiplicateurs et quelle est la propension marginale à dépenser des ménages en cas de recours à l’hélicoptère monétaire.

Parmi toutes les grandes banques centrales, nous pensons que la Réserve fédérale pourrait être la première à lancer une monnaie numérique pour donner de l’argent rapidement aux citoyens. Cela pourrait avoir lieu dès 2021-2022. Avec le lancement de la Main Street Lending Facility pour les entreprises de taille moyenne et la mise en place d’une fourchette cible d’inflation visant à favoriser le plein-emploi, la Réserve fédérale a montré qu’elle souhaitait se rapprocher de l’économie réelle et se concentrer davantage sur l’état réel de l’économie que sur l’évolution des marchés financiers. Une telle initiative est pour le moment peu probable en zone euro en raison des contraintes techniques et politiques élevées que cela engendrerait. Contrairement à la Réserve fédérale et la Banque populaire de Chine, la Banque centrale européenne n’est pas encore en mesure de planifier des transferts directs vers les ménages mais, comme c’est toujours le cas avec les nouvelles options politiques, il est probable que la BCE finira par emboîter le pas de ses homologues, avec un temps de retard toutefois.

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#164 13/11/2020 14h40

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J’ai quelques doutes quand au fait que l’helicopter money produise les effets escomptés (relance de l’inflation / de la consommation / croissance), en tout cas dans les économies ayant une forte propension à épargner comme en Europe.
Il est probable que cela termine dans les actifs tangibles, une fois encore, alimentant les bulles immo / actions / or etc…Pire en France cela risquerait de se terminer sur le livret A !

Quand à la dévaluation de la monnaie, vu que la plupart des banques centrales risquent d’emboîter le pas une fois que l’une d’entre elle aura franchi le Rubicon, en relatif cela risque de se résumer à un jeu à somme nulle.

Cela dit, quand on ne peut plus baisser les taux, il faut bien tenter quelque chose :-)

PS: je suis admiratif de la démocratie Suisse, où l’on envisage de demander l’avis du peuple sur des sujets aussi sensibles ! (ce qui implique d’avoir éduqué le peuple au préalable…) ça me paraît surréaliste vu de France :-)

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#165 08/01/2021 19h40

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Pour changer un peu de mes points de vue un peu orthodoxes/ennuyeux sur les banques centrales, le point de vue alternatif d’un économiste hétérodoxe ;-) (les 2 premières minutes devraient suffire à vous convaincre)

Vidéo YouTube


Quand on voit à quoi conduisent ces délires, on se dit que beaucoup de gens ont désespérément besoin de boucs émissaires - que ce soient des banquiers centraux, des médias, des étrangers etc.

Chez nous, on n’a pas encore de "chamans" de ce niveau, même si avec leurs délires conspirationnistes, Delamarche, Béchade et Sannat s’en approchent parfois…

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