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[+5]    #1 19/01/2018 17h25

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Bonjour,

Certains d’entre vous ont ils vu le reportage récent Cash Investigation sur la filière laitière, et plus particulièrement la partie sur Sodiaal ?

En cause, un supposé "trésor de guerre" de 500 millions d’euros indiqués en "Report à nouveau" dans les comptes de Sodiaal International.

Comme beaucoup ici le savent, le "Report à nouveau" est au passif. L’origine historique de ce "Report à nouveau", c’est pour l’essentiel la valorisation des 49% détenus dans Yoplait (qui apparaît à l’actif en immobilisations financières).

Le Président de Sodiaal se fait étriller par Elise Lucet quand elle l’interview en face à face alors que ses explications, bien qu’imparfaites ou hésitantes (ancien éleveur apparemment, donc pas le DAF), sont tout à fait justes.

Les journalistes font également une confusion entre comptes sociaux et comptes consolidés.

Je trouve absolument hallucinant que des journalistes dits "d’investigation" puissent se tromper à ce point entre passif et actif, pour ensuite aboutir à des conclusions aussi fausses.

Le comble, c’est qu’il semblerait que cette partie de l’enquête a été pour partie pompée dans le livre d’un journaliste de Mediapart qui explique justement sur ce point… qu’il n’y a pas de "trésor de guerre", sauf à vendre les parts dans Yoplait (ce qui stratégiquement ne serait pas malin).

Si vous avez l’occasion, ça vaut le détour pour cette partie sur l’analyse financière.

Sodiaal a répondu au reportage dans un communiqué.

Je précise que je n’ai aucun lien (intérêt, financier ou personnel) avec Sodiaal, mais devant le reportage j’ai juste halluciné qu’une erreur aussi grossière puisse être commise (l’équipe de Cash Investigation avait fait une bourde au moins aussi grosse dans son reportage sur les pesticides)

Dernière modification par Geronimo (19/01/2018 17h36)

Mots-clés : analyse, financière, lait, télévision

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#2 19/01/2018 18h06

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Si cette émission a le mérite de mettre un peu de lumière sur certains sujets, autrement occultés, elle fait aussi (de plus en plus fréquemment semble-t-il) des approximations, voire de complets contre-sens, qui trompent un public peu averti, sans doute pour faire du "sensationnel" et donc de l’audience.
Il devrait être possible de faire de l’investigation tout en évitant ces approximations (ou alors, mieux vaudrait faire moins d’émission et plus "vérifier" ce qu’on y affirme).
Pour ma part, constater de telle bourdes lorsque je connais un peu le sujet, ça me fait juste douter de ce que les mêmes journalistes raconteront dans d’autres reportages, quand c’est un sujet que je maîtrise mal. Et je le regrette, car j’ai besoin de journalistes en qui j’ai confiance pour m’informer…

En ce qui concerne la confusion entre "Report à Nouveau" et "Trésorerie", elle est, hélas, fréquente.
Par exemple, combien d’associés de SCPI (y compris de membres de ce forum) pensent (à tord) qu’un gros RAN dans leur SCPI signifie du cash mis de côté ?


J'écris comme "membre" du forum, sauf mention contraire. (parrain Fortuneo: 12356125)

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#3 19/01/2018 18h35

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Ayant vu le reportage en entier, et bien compris leur métaphore des pots de lait, j’avoue que c’est ce que j’ai compris. Je n’ai pas de formation spécifique sur le sujet.

Pouvez vous (car vous avez commencez par "comme beaucoup le savent ici") expliquer brièvement, ou longuement dans ce cas précis (car j’ai vu le reportage) la différence car je fais humblement partie de ceux qui ne savent pas mais aimerai comprendre?

il ne versent bien que 3,5M€ à la société qui paie les éleveurs (qui elle reversent 100% de ces 3,5M€), pourquoi 3,5 et pas 6 par exemple?


Il vaut mieux être plusieurs sur une bonne affaires, que seul sur une mauvaise.

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[+1]    #4 19/01/2018 18h55

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Quand on voit que Sodiaal paye 19 centimes le litre de lait aux producteurs ( le fameux prix B ) et qu’ils ont d’énormes bureaux luxueux dans un arrondissement chic de Paris, on n’a pas besoin d’aller plus loin pour savoir qui plume qui.

Et quelle est l’utilité pour une "simple" coopérative d’avoir autant de holdings, de montages financiers complexes et une filiale au Luxembourg ?

On dirait un hedge fund laitier, ne manquerait plus que des produits dérivés, shorter les options sur le beurre, hedger le FX et payer sa crème fraiche en bitcoins smile

Dernière modification par ZeBonder (19/01/2018 18h57)

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#5 19/01/2018 19h08

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ZeBonder a écrit :

Quand on voit que Sodiaal paye 19 centimes le litre de lait aux producteurs ( le fameux prix B ) et qu’ils ont d’énormes bureaux luxueux dans un arrondissement chic de Paris, on n’a pas besoin d’aller plus loin pour savoir qui plume qui.

Le prix A (91% de la production Sodiaal) est à 320€/1000L.
Mais je ne suis pas éleveur, donc j’avoue que débattre du prix du lait c’est pas mon domaine.

Et quelle est l’utilité pour une "simple" coopérative d’avoir autant de holdings, de montages financiers complexes et une filiale au Luxembourg ?

Scinder l’organisation en plusieurs sociétés quand on a plusieurs marques et plusieurs zones géographiques, c’est très courant et ça a du sens opérationnellement.

Au final il y avait quoi ?
Une société A pour la France, une société B pour l’international.
Toutes deux chapeautées par une holding C qui regroupe donc tout l’opérationnel A et B.
La filiale D aux Luxembourg pour les marques.
Et une holding E au dessus pour regrouper C et D (donc toutes les activités).
E étant détenue à 100% par la coopérative.

Sur la filiale au Luxembourg : probablement pour bénéficier des nombreux avantages (dont fiscaux) du Luxembourg pour tout ce qui est propriété intellectuelle (d’ailleurs il est clairement expliqué que les marques sont détenues par cette filiale qui fait remonter les royalties vers la holding de tête). Ce ne me semble vraiment pas suspect.

On dirait un hedge fund laitier, ne manquerait plus que des produits dérivés, shorter les options sur le beurre, hedger le FX et payer sa crème fraiche en bitcoins smile

Ca n’est pas du tout mon avis.

Dernière modification par Geronimo (19/01/2018 19h11)

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[+1]    #6 19/01/2018 19h11

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ZeBonder a écrit :

On dirait un hedge fund laitier, ne manquerait plus que des produits dérivés, shorter les options sur le beurre, hedger le FX

Je ne suis pas sûr de savoir à quel degré cette ironie est à prendre.
Ma réaction sera peut-être passée à coté d’un degré, mais je préfère préciser les choses.

Les produits dérivés, shorts en particulier, et les hedge de monnaie sont justement les outils parfaitement adaptés à des entreprises dépendant fortement du prix des matières premières.
Il me semblerait absolument normal qu’une entreprise de transformation de matière première utilise ces moyens financiers pour protéger sa rentabilité en cas de fluctuation brutale des cours.

N’oublions pas que ces outils financiers ont d’abord été crées pour servir ce genre d’entreprises, bien avant de permettre aux spéculateurs de jouer sur les cours.


La vie d'un pessimiste est pavée de bonnes nouvelles…

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#7 19/01/2018 19h12

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Enfin à la fin du reportage ils montrent tout de même que partout autour de la planète les producteurs ne gagnent presque rien…
Alors que les industriels ont de la caillasse wink

Il y a quand même un problème!


Il vaut mieux être plusieurs sur une bonne affaires, que seul sur une mauvaise.

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#8 19/01/2018 19h16

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Sauf qu’ici l’industriel en question est censé être une coopérative qui distribue aux éleveurs le fruit de leur travail.

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[+3]    #9 19/01/2018 19h30

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alex44 a écrit :

Ayant vu le reportage en entier, et bien compris leur métaphore des pots de lait, j’avoue que c’est ce que j’ai compris. Je n’ai pas de formation spécifique sur le sujet.

Pouvez vous (car vous avez commencez par "comme beaucoup le savent ici") expliquer brièvement, ou longuement dans ce cas précis (car j’ai vu le reportage) la différence car je fais humblement partie de ceux qui ne savent pas mais aimerai comprendre?

il ne versent bien que 3,5M€ à la société qui paie les éleveurs (qui elle reversent 100% de ces 3,5M€), pourquoi 3,5 et pas 6 par exemple?

Bien sûr, et désolé si le "comme beaucoup le savent ici" a pu paraître condescendant.

Yoplait appartenait à PAI partners et à Sodiaal (50/50).

Supposons que Yoplait était valorisée 1M€, donc apparaissait pour 500k€ dans les comptes de PAI et 500k€ dans les comptes de Sodiaal.

PAI Partners vend en 2011 ses parts de Yoplait à General Mills pour 500 M€. Jolie plus value.
C’est donc que Yoplait dans son ensemble "vaut" 1 Md€.

Dans les comptes de Sodiaal, à l’actif, la ligne ’immobilisations financières - Yoplait’ qui était de 500k€ jusque là doit alors être revalorisée à 500 M€. Mais si l’on fait croître cette ligne de l’actif, il faut aussi faire croître le passif car un bilan est toujours équilibré.

Comment ?

Sodiaal doit reconnaître dans ses comptes un revenu (fictif) de 499,5 M€. Mais attention, il n’y a aucun cash en face, c’est juste un écriture comptable. Toutes choses égales par ailleurs, le bénéfice est donc augmenté de 499,5 M€
Ce bénéfice on peut alors soit le distribuer aux actionnaires, soit le mettre en report à nouveau.

Comment Sodiaal, qui a donc touché 0€ puisqu’il s’agit juste d’une revalorisation comptable, pourrait distribuer 499,5 M€ ? Forcément, ça passe en report à nouveau. Il n’y a rien de "distribuable"… sauf des parts dans Yoplait smile.

Mais alors, quel intérêt ?
Déjà, ca permet d’avoir au bilan des actifs à leur valeur la plus "juste".
Et surtout, comme le dit à juste titre le PdG de Sodiaal, ça vient bien renforcer le bilan de Sodiaal.
En effet, en "mettant à jour" les comptes avec la nouvelle valeur de l’actif Yoplait, les capitaux propres du groupe (qui incluent le report à nouveau) sont renforcés. A quoi ça sert ? Bah c’est simple, quand une banque vous accorde un emprunt, le premier truc qu’elle regarde, c’est le niveau des capitaux propres et les actifs qu’il y a en face. Avant, il y avait 500k€ d’actif, après 500M€ avec des capitaux propres augmentés de 500M€.

La seule manière pour Sodiaal de toucher ces 500 M€, c’est de vendre ses parts dans Yoplait.
Si Sodiaal vend ses parts dans Yoplait pour 500 M€, son compte de résultat ne fera apparaître aucun changement car la plus value a déjà été comptabilisée. Le report à nouveau ne bouge pas d’un pouce.
A l’actif, on passera les 500M€ d’immobilisation financière en Trésorerie.
Et Sodiaal pourra alors  décider de distribuer en cash les 500 M€ inscrits en report à nouveau.

ZeBonder a écrit :

Sauf qu’ici l’industriel en question est censé être une coopérative qui distribue aux éleveurs le fruit de leur travail.

Désolé mais votre raisonnement est absurde. On est pas dans une économie totalement administrée et fermée.
Si les éleveurs Sodiaal veulent vendre leurs produits au consommateur final, il faut que le prix final soit compétitif par rapport aux concurrents.

Ca n’est pas parce que c’est une coopérative qu’elle peut inventer un prix du lait. Elle peut surpayer le lait au éleveurs par rapport à ses concurrents. Et ensuite ? Les produits en rayon seront plus chers, donc moins achetés, et donc la coopérative fera faillite.

C’est un problème global du marché du lait et des produits laitiers.

Dernière modification par Geronimo (19/01/2018 21h32)

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#10 19/01/2018 19h38

Banni
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alex44 a écrit :

Enfin à la fin du reportage ils montrent tout de même que partout autour de la planète les producteurs ne gagnent presque rien…
Alors que les industriels ont de la caillasse wink

Il y a quand même un problème!

Je n’ai pas regardé cette émission ; je regarde au demeurant peu la TV qui est un instrument de propagande et d’aliénation.

Sur ce sujet, j’ai néanmoins une certitude : le "patron du lait" est complètement pourri, il s’agit de l’une des plus grosses fortunes de France, mais sa cupidité ne connaît aucune limite, ce qui le conduit à mettre sur la paille les producteurs laitiers et à empoisonner les nourrissons ; je doute par ailleurs qu’il verse de très gros salaires….

A l’instar de la célèbre famille Mulliez, le "patron du lait" pratique l’adage "vivons heureux, vivons cachés" : son groupe préférant payer l’amende plutôt que de publier ses comptes ! Qu’attend le Gouvernement pour décupler le montant des amendes pour non déclaration de comptes annuels ?

Le "patron du lait", on le trouve bien sûr aux Iles Vierges, pourtant peu réputées pour la qualité de leur cheptel laitier, le seul lait que l’on y produit provenant de la noix de coco :

Besnier Michel Alain | ICIJ Offshore Leaks Database

Heureusement, il reste des dirigeants qui font honneur au patronat laitier ; je pense bien sûr à Pavel Groudinine, dirigeant d’une firme russe produisant non seulement du lait, mais aussi des fraises, des légumes et des jus de fruit ; il n’empoisonne personne mais au contraire, ce bon patron  fait de son mieux pour nourrir la population moscovite touchée par un embargo imbécile. Fort de sa réussite dans l’agro-alimentaire, Pavel Groudinine a été investi par le parti communiste russe pour l’élection présidentielle du mois de mars où il est bien le seul à pouvoir inquiéter un peu Poutine. Contrairement à Navalny qui n’intéresse que les médias occidentaux, Groudinine a un réel écho dans les milieux populaires.

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#11 19/01/2018 19h40

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Merci de votre explication ! Mais 496m€ était le soit disant trésor (j’ai bien compris que ce n’était pas le cas avec votre explication)
Cependant il y avait un revenu bénéficiaire de 46m€, sur lesquels étaient versés 3,5m€ à la holding des agriculteurs. Les 42,5m€ ont été ajouté au report à nouveau, pour atteindre les fameux 496m€.

Pourquoi ne pas pouvoir augmenter les 3,5 à 6, 12? Qu’est ce qui l’interdit, puisque c’était un bénéfice et non une valorisation?

Stroke, vous êtes là un peu HS car on parle de la coopérative et de la société industrielle derrière , et non de Lactalis dans le cas précis ( même si Lactalis était la première partie du reportage)

Dernière modification par alex44 (19/01/2018 19h43)


Il vaut mieux être plusieurs sur une bonne affaires, que seul sur une mauvaise.

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#12 19/01/2018 19h42

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Geronimo a écrit :

Si Sodiaal vend ses parts dans Yoplait pour 500 M€, son compte de résultat ne fera apparaître aucun changement car la plus value a déjà été comptabilisée. Le report à nouveau ne bouge pas d’un pouce.
A l’actif, on passera les 500M€ d’immobilisation financière en Trésorerie.
Et Sodiaal pourra alors  décider de distribuer en cash les 500 M€ inscrits en report à nouveau.

Ce qui veut dire qu’au moment de vendre les parts de Yoplait, au vue de la plus value sur la cession, Sodiaal devrait enregister une perte comptable ?

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#13 19/01/2018 19h52

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stokes a écrit :

Le "patron du lait", on le trouve bien sûr aux Iles Vierges, pourtant peu réputées pour la qualité de leur cheptel laitier, le seul lait que l’on y produit provenant de la noix de coco :

Besnier Michel Alain | ICIJ Offshore Leaks Database

Arrêtez stokes, tout est légal et parfaitement déclaré, en tout cas c’était l’argument de Sodiaal dans son communiqué par rapport à la filiale Luxembourgeoise.

J’attends aussi l’explication sur la différence entre les 46m€ de bénéfices et les 3,5m€ versés aux producteurs ainsi que l’utilité d’avoir un siège social aussi luxueux et Parisien. ( et pourquoi pas une tour à la défense ou un building à NY ? )

Dernière modification par ZeBonder (19/01/2018 19h53)

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#14 19/01/2018 20h02

Banni
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Ouvrez svp le lien que j’ai indiqué : le "patron du lait" est actionnaire et directeur de "Lilac Group Limited" domiciliée non pas au Luxembourg mais aux iles Vierges….bien connues pour la qualité et la taille de leur cheptel !

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[+3]    #15 19/01/2018 20h18

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alex44 a écrit :

Merci de votre explication ! Mais 496m€ était le soit disant trésor (j’ai bien compris que ce n’était pas le cas avec votre explication)

En fait il y a bien un trésor.
C’est juste que ce trésor, c’est les 50% de Yoplait, pas du cash smile. C’est ça que les gens ne comprennent pas.
Sodiaal peut très bien distribuer les parts de Yoplait. Chaque éleveur aura 0,000x% de Yoplait. Vous pensez que c’est une bonne solution ?

En comptabilité, il y a beaucoup de mots trompeurs.
Le mot "Réserve" par exemple, ça n’est PAS du cash, c’est un poste du Passif.
Le seul cash, c’est la trésorerie, un poste de l’Actif.
Une société peut avoir 500 Mds de "Réserve", si elle a 0 trésorerie, elle est en cessation de paiement. Point.
Le mot bénéfice, c’est un mot COMPTABLE qui ne veut pas dire que du cash est arrivé sur le compte de la société.

Cependant il y avait un revenu bénéficiaire de 46m€, sur lesquels étaient versés 3,5m€ à la holding des agriculteurs. Les 42,5m€ ont été ajouté au report à nouveau, pour atteindre les fameux 496m€. Pourquoi ne pas pouvoir augmenter les 3,5 à 6, 12? Qu’est ce qui l’interdit, puisque c’était un bénéfice et non une valorisation?

Il y a deux choses :
- la différence entre comptes sociaux et comptes consolidés
- et, toujours pareil, un bénéfice de x M€, ça n’est pas forcément du cash de x M€. Tout résultat n’est pas toujours distribuable. Il y a des sociétés qui font du résultat ne génèrent pas de cash (cas le plus simple : EDF) et s’endettent pour verser leur dividende. Et ça, c’est une très mauvaise pratique.

AleaJactaEst a écrit :

Geronimo a écrit :

Si Sodiaal vend ses parts dans Yoplait pour 500 M€, son compte de résultat ne fera apparaître aucun changement car la plus value a déjà été comptabilisée. Le report à nouveau ne bouge pas d’un pouce.
A l’actif, on passera les 500M€ d’immobilisation financière en Trésorerie.
Et Sodiaal pourra alors  décider de distribuer en cash les 500 M€ inscrits en report à nouveau.

Ce qui veut dire qu’au moment de vendre les parts de Yoplait, au vue de la plus value sur la cession, Sodiaal devrait enregister une perte comptable ?

Non, il n’y aura pas de perte (ou de plus value) si la vente se fait à la valeur indiquée dans le bilan.

Avant la vente des parts de Yoplait:

Actif
Immobilisation financière: 500M€
Trésorerie : 0

Passif
Report à nouveau : 500M€
=>Total capitaux propres : 500M€

---

Cas de la vente à 500 M€

Rien dans le compte de résultat
=> Résultat : 0€

Actif
Immobilisation financière: 0€
Trésorerie : 500M€

Passif
Report à nouveau : 500M€
Résultat en cours : 0€
=>Total Capitaux propres : 500M€

-----

Regardons deux autres cas, avec perte ou gain

Cas de la vente à 300 M€

Compte de résultat :
Vente d’actif : -200M€
=> Résultat = Perte : - 200M€

Actif
Immobilisation financière: 0€
Trésorerie : 300M€

Passif :
Report à nouveau : 500 M€
Résultat en cours : -200M€
=>Total Capitaux propres : 300M€

--
Cas de la vente à 800 M€

Compte de résultat :
Vente d’actif : +300M€
=> Résultat = Bénéfice : 300M€

Actif
Immobilisation financière: 0€
Trésorerie : 800M€

Passif :
Report à nouveau : 500 M€
Résultat en cours : 300M€
=> Total Capitaux propres : 800M€

ZeBonder a écrit :

J’attends aussi l’explication sur la différence entre les 46m€ de bénéfices et les 3,5m€ versés aux producteurs

Quelqu’un qui "attend les explications" après avoir assené des âneries, j’ai juste envie de lui dire d’aller lui même regarder les comptes… Mon but n’est pas de vous convaincre, c’est de dénoncer un reportage trompeur.

Dernière modification par Geronimo (19/01/2018 20h38)

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#16 19/01/2018 20h45

Banni
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Bon , pour résumer, les journalistes ont dit des âneries en laissant entendre que Sodiaal disposait d’une trésorerie dormante de 500 M€ ? Pour autant, ce trésor de guerre existe bien et les 500M€ ne doivent pas être loin du compte si l’on se réfère au prix d’acquisition de 500M€ payé par General Mills ; c’est peut-être même davantage à ce jour.

Les journalistes même d’investigation ne sont sans doute pas très férus en comptabilité ; ils eussent été mieux inspirés de consulter la base de données des Panama papers.

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#17 19/01/2018 21h06

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Donc en gros au moment de la vente du co actionnaire à général Mills, sodial a du constatée une plus value énorme et en payer les taxes en rapport ? Du coup ça a du être très consommateur de trésorerie pour Sodiaal.

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#18 19/01/2018 21h18

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stokes a écrit :

Pour autant, ce trésor de guerre existe bien et les 500M€ ne doivent pas être loin du compte si l’on se réfère au prix d’acquisition de 500M€ payé par General Mills ; c’est peut-être même davantage à ce jour.

Euh….soit je ne comprends pas ce que vous dites, soit vous n’avez rien compris…

Général Mills à payé 500M€ à PAI Partners en lui rachetant ses parts,  pas à Yoplait ou à Sodiaal (s’il faut rappeler les évidences….).

AleaJactaEst a écrit :

Donc en gros au moment de la vente du co actionnaire à général Mills, sodial a du constatée une plus value énorme et en payer les taxes en rapport ? Du coup ça a du être très consommateur de trésorerie pour Sodiaal.

Oui pour la plus value.
Pour l’impôt, voir ici le point 3. Il n’y a pas eu d’impôt à verser par Sodiaal (heureusement). C’est une des différences entre la comptabilité et la fiscalité, les normes comptables et les normes fiscales. La fiscalité sera calculée et payée en cas de vente (mes exemples au dessus ne prenaient pas en compte la fiscalité pour faire simple).

Dernière modification par Geronimo (20/01/2018 05h07)

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#19 19/01/2018 21h28

Banni
Réputation :   286  

J’ai peut être mal ou rien compris.

Bon, je reformule mon questionnement : la participation de Sodiaal dans Yoplait à hauteur de 50% peut être valorisée à environ 500 M€ ?

Cette participation a été confondue par les journalistes avec de l’argent frais ?

Il y a donc dans les caisses ou plutôt l’actif de Sodiaal quelque chose qui n’est pas de l’argent frais mais une participation valorisée approximativement autour de 500M€.

Voilà ce que je comprends.

Dernière modification par stokes (19/01/2018 21h30)

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#20 19/01/2018 21h29

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stokes a écrit :

J’ai peut être mal ou rien compris.

Bon, je reformule mon questionnement : la participation de Sodiaal dans Yoplait à hauteur de 50% peut être valorisée à environ 500 M€ ?

Cette participation a été confondue par les journalistes avec de l’argent frais ?

Il y a donc dans les caisses ou plutôt l’actif de Sodiaal quelque chose qui n’est pas de l’argent frais mais une participation valorisée approximativement autour de 500M€.

Oui et oui et oui.

Dernière modification par Geronimo (19/01/2018 21h38)

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#21 19/01/2018 22h14

Membre
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M-erci geronimo pour ces éclaircissement concernant cette émission.

Cependant je rejoint zebomber sur le fait qu’il y quand meme un problème dans la strucure quand on regarde d’un côté les éleveurs et d’un autres les sociétés…

Le problème vient pour moi en grande partie de la grande distribution…

Ils ont tué nos centre ville avec leur grand centre commerciaux et maintenant nos paysans…

Cordialement


Objectif retraite 2030 —-> J-3756

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#22 19/01/2018 23h34

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Geronimo a écrit :

Je trouve absolument hallucinant que des journalistes dits "d’investigation" puissent se tromper à ce point entre passif et actif, pour ensuite aboutir à des conclusions aussi fausses.

Je n’ai pas vu le reportage en question mais je trouve vos éclaircissements comptables très instructifs.
Avant d’être journaliste, Elize Lucet est surtout une militante. Peu lui importe la vérité, ce qui compte à ses yeux est le message qu’elle fait passer et ce que les téléspectateurs en retiendront.
A l’époque où elle dirigeait et présentait le journal national de France 3, les micro-trottoirs bidonnés étaient régulièrement diffusés, particulièrement aux moments au moment des grèves de transport en commun. Les personnes interviewées sur les quais de gare et supposées ne pas pouvoir rentrer chez elles, réaffirmaient toujours leur solidarité avec les grévistes.
Son émission cash investigation et l’éviction des deux journalistes qui présentaient Envoyé Spécial peut être considérée comme résultant d’une volonté politique affirmée d’orienter l’information.

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[+1]    #23 19/01/2018 23h35

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stokes a écrit :

Le "patron du lait", on le trouve bien sûr aux Iles Vierges, pourtant peu réputées pour la qualité de leur cheptel laitier, le seul lait que l’on y produit provenant de la noix de coco :

Besnier Michel Alain | ICIJ Offshore Leaks Database

Vous semblez vous mélangez les pinceaux : Sodiaal (dont cette discussion parle), ce n’est pas Lactalis (dont le patron est Besnier), c’est un de ses concurrents.

Votre réaction, c’est un peu comme reprocher à Méléchon d’avoir fictivement employé son épouse Pénélope comme assistante parlementaire pendant des années, en mélangeant les partis politiques…


J'écris comme "membre" du forum, sauf mention contraire. (parrain Fortuneo: 12356125)

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[+1]    #24 20/01/2018 00h04

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Moi je me pose aussi le même genre de questions que Zebonder.

On peut défendre le droit à l’entreprise de se défendre et de (sur)vivre.

Mais il y a quelques années, je suis allé acheter du lait chez des parents d’une amie qui élevaient alors des vaches laitières bios. Bref, achat direct au producteur. On a payé alors 1 euro la bouteille de 1l.
Au supermarché local, le litre en bouteille plastique était à 1euro 36 centimes, je crois.

Sachant qu’entre le producteur et le supermarché, il y a moults transports et redistributions, conditionnement empaquetage étiquetage, et aussi la marge du supermarché, du distributeur, bref toutes les marges de tous les intermédiaires, je crois que le producteur ne touche pas grand chose proportionnellement au prix final.
Donc la concurrence nécessaire à la survie des entreprises, ne fait pas monter le prix du lait. Donc si tous les intermédiaires veulent gagner sur la bête, au final c’est le producteur qui voit le prix baisser.

Et il ne me semble pas du tout que cette profession, voit ses revenus augmenter avec le prix du lait…ça se saurait!

Bref, faut-il défendre "l’entreprise", ou compte-t-on les éleveurs (qui sont aussi une "entreprise"), comme étant secondaires par rapport à ce qui serait économiquement à défendre?

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[+2]    #25 20/01/2018 04h45

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Lausm a écrit :

Et il ne me semble pas du tout que cette profession, voit ses revenus augmenter avec le prix du lait…ça se saurait!

Bref, faut-il défendre "l’entreprise", ou compte-t-on les éleveurs (qui sont aussi une "entreprise"), comme étant secondaires par rapport à ce qui serait économiquement à défendre?

La question de savoir comment  rémunérer au juste prix les éleveurs dans le cas du marché global qu’est celui du lait et des produits laitiers, c’est différent de la question de savoir si les informations misent en avant par France 2 sur Sodiaal étaient vraies ou trompeuses.

A ce titre, la façon dont Élise Lucet coupe la parole au Pdg voire se fout carrément de sa gueule quand il essaie d’expliquer les tarifs A et tarifs B montre qu’elle n’a juste rien compris et surtout rien cherché à comprendre sur l’origine de ces deux tarifs.

Parce que quand on lit comment ça fonctionne, on se rend au contraire compte que c’est plutôt malin : Sodiaal a essayé de satisfaire la demande de certains éleveurs qui souhaitaient produire plus sans affecter le prix de vente de ceux qui ne le pouvaient pas, en créant un tarif A "stable" et un tarif B ’variable’ (bien sûr le A varie chaque mois, mais beaucoup moins que le B). Les surproductions (prix B) sont ainsi beaucoup plus sensibles aux variations marginales de demande. Bien sûr en cas de déséquilibre important le A bouge aussi, mais moins.

Exemple :

Imagine 10 stands de crêpes (chacun avec une plaque de cuisson), chaque crêpe a un coût de revient à 0.8€.

Quand la demande est forte le prix de la crêpe monte à 1.6€
Quand elle est moyenne, le prix est de 1€.
Quand elle est faible, le prix passe à 0,7€ (donc pas rentable, mais si c’est temporaire et que les stands s’attendent à une remontée du prix ça a du sens de rester en activité)

Un des stands souhaite installer 2 plaques de cuisson supplémentaires.  Comment l’autoriser en affectant le moins possible les autres ? En effet, si on le laisse sans rien faire, il va totalement déséquilibrer le marché :
Quand la demande est forte le prix de la crêpe ne monterait plus qu’à 1.5€
Quand elle est moyenne, le prix serait de 0.8€, le coût de revient.
Quand elle est faible, le prix chuterait à 0,5€
On le voit, il y a maintenant beaucoup plus de temps dans l’année de non rentabilité, et même de forte non rentabilité.

D’où l’idée de faire 2 tarifs :
Tarif A pour les plaques d’origine :
- demande forte : 1.6€
- demande moyenne : 1€
- demande faible : 0.7€
Et un tarif B pour les nouvelles plaques
- demande forte : 2€
- demande moyenne : 0.95€
- demande faible : 0.3€

Le tarif B permet ainsi d’absorber les nouvelles productions, en leur permettant de capter plus de marges quand la demande est forte, mais en le désincitant à produire en cas de marché contraint. Le tarif A est moins affecté que si B n’avait pas existé, tout en ayant laissé une liberté au stand qui le souhaite d’installer ses nouvelles plaques.

On peut être pour ou contre la solution trouvée par Sodiaal, mais il faut au moins faire l’effort d’essayer de la comprendre.

Parce que c’est facile de se pointer à un moment de demande faible et de dire : regardez ceux au tarif B perdent beaucoup d’argent, donc vous avez fait une erreur de créer ces tarifs. En réalité, ça illustre juste que l’on a rien compris.

Dernière modification par Geronimo (20/01/2018 07h27)

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