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[+2]    #876 07/03/2021 15h12

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Scipion8 a écrit :

J’ai donc accumulé mes flux d’épargne professionnelle sur mon compte bancaire US (environ 25k€ actuellement), afin de constituer une force de frappe si la correction devait s’accentuer (sans devoir mobiliser mes fonds €, qui n’ont pas pour vocation d’intervenir en soutien de mon portefeuille boursier).

Je vais continuer d’accumuler des liquidités en prévision d’une correction plus sévère. Même si cette poche de liquidité augmente rapidement (environ +6k€ tous les 15 jours), elle reste en effet modeste en comparaison de mon levier important sur mon portefeuille IB : j’utilise la marge pour 290k€ actuellement.

Ça a sans doute un impact marginal, mais pourquoi donc laisser ce cash sur  un compte bancaire (où il ne rapporte rien), quand on utilise par ailleurs de la marge (qui coûte 1% ou un peu plus), et quand on sait déjà que ce cash a pour vocation de finir sur le compte IB où on utilise la marge ? A votre place, j’accumulerais plutôt ce cash sur le compte IB.

Sur le reste de votre message, vos prises de position ont le mérite d’être argumentées. On peut adhérer (ou pas) à vos arguments. Pour ma part, à votre place, j’envisagerais quand même plus un scénario où les valeurs de croissance reviennent à des valorisation plus faibles (le pari sur les valeurs de croissances semble objectivement moins justifié qu’il y a quelques temps, non ?), en en tirant les conséquences, au moins sur une fraction du portefeuille.


J'écris comme "membre" du forum, sauf mention contraire. (parrain Fortuneo: 12356125)

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[+6]    #877 07/03/2021 18h28

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Je me joins au concert de satisfecit de voir Scipion de retour ! smile

Scipion8 a écrit :

L’anticipation du marché pour la croissance des bénéfices est-elle trop optimiste ? C’est ce que suggère (à mon avis) l’écart entre le niveau actuel des PER américains (27,8 pour le S&P500, 34,8 pour le NASDAQ 100) et celui que j’estime quand j’applique un taux de croissance perpétuelle des profits égal à la croissance potentielle du PIB américain (environ 2%) : environ 24.

Une réflexion sur ce point : je ne suis pas sûr que le PIB soit le bon guide pour juger de la croissance future des entreprises cotées. Depuis 15 ans, la tech a pris une part très importante dans les indices alors qu’elle est encore loin de représenter autant dans le PIB.

Xavier Delmas l’avait montré dans l’une de ses excellentes vidéos avec ce graphique de JP Morgan :



Il s’agit des secteurs économiques en pourcentages du PIB (à gauche), des emplois (au milieu) et du S&P 500 (à droite). La tech ne représente que 6% du PIB, mais 39% du S&P et accessoirement 2% des emplois ! C’est aussi la raison pour laquelle le fameux Buffett indicator (Market cap/GDP) ne tient plus pour juger de la surévaluation des marchés.

Si on veut bien croire que la tech continuera à croître plus vite que le reste de l’économie, le taux de croissance des bénéfices des entreprises cotées (ou du moins, des indices avec de la tech dedans) devrait être supérieur aux PIB. C’est en tout cas mon avis. La tech peut croître même en l’absence de croissance générale, voire en détruisant des activités économiques préexistantes. C’est ce qui se passe sous nos yeux dans bien des domaines. La durée du phénomène est la seule inconnue (il finira bien par prendre fin), mais je pense qu’on est plus proche du début que de la fin de cette révolution.

Concernant les taux, je ne suis pas capable de savoir si les anticipations du marché sont rationnelles, mais ce graphique (re)découvert au hasard de pérégrination sur Twitter montre qu’elles sont souvent excessives et presque toujours fausses…



Bonne soirée à tous !

Dernière modification par PierreQuiroule (07/03/2021 18h51)

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Favoris 1   [+8]    #878 07/03/2021 23h53

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@Johntur : Différents scénarios inflationnistes sont envisageables à plus ou moins long-terme (je ne parle pas ici de la remontée temporaire de l’inflation dans le contexte particulier de la fin de la pandémie). Par exemple :

1) une raréfaction des ressources naturelles (terres arables, hydrocarbures etc.) entraînant des hausses de prix d’abord sur ces ressources puis, de proche en proche, sur l’essentiel des biens et services ;

2) une difficulté pour les banques centrales de cesser leurs QE et de remonter leurs taux directeurs suffisamment vite et fort, en réponse à un choc inflationniste (quelle qu’en soit la cause), par crainte de rendre la dette publique (fortement accrue à l’occasion de la pandémie) insoutenable ;

3) des menaces politiques sur l’indépendance des banques centrales, visant à restaurer une forme de financement monétaire direct des États : cf. les discussions sur l’annulation de la dette publique détenue par la BCE (qui serait en contradiction avec l’Article 123 du Traité interdisant le financement monétaire des États), les prises de position de Mme Le Pen ou M. Mélenchon, la mode de la Modern Monetary Theory (MMT) à l’aile gauche du Parti démocrate aux USA (Alexandria Ocasio-Cortez), etc.

Ces risques et forces inflationnistes sont bien réels, mais il faut les mettre en regard de forces déflationnistes très puissantes. Aujourd’hui, les banques centrales sont obligées de "tirer" du même côté que les forces inflationnistes, par leurs taux ultra-bas et leurs QE, afin de maintenir des monnaies stables :

La stabilité monétaire n’est pas définie comme une inflation au niveau de la cible de la banque centrale (2%, par exemple), mais par l’ancrage des anticipations de moyen/long-terme d’inflation des agents économiques autour de cette cible. A mon sens, les développements de la dernière décennie suggèrent des risques bien plus importants de décrochage "vers le bas" (déflation) que "vers le haut" (inflation).

Chaque banquier central, économiste ou investisseur aura son avis personnel sur l’impact relatif de ces différentes forces déflationnistes et inflationnistes. Comme probablement la plupart des banquiers centraux, perso je considère les forces déflationnistes comme structurellement plus puissantes dans le contexte actuel - sans pour autant nier l’existence des forces inflationnistes - ce qui devrait justifier à mon sens une politique monétaire durablement accommodante (bien au-delà de l’horizon de la pandémie). Ce qui devrait structurellement favoriser les valeurs de croissance (même si elles sont aujourd’hui peut-être un peu trop bien valorisées).
-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------
@Carabistouilles : Bien sûr je suis en complet désaccord avec la vision "politique" et/ou "manipulatrice" des banques centrales. Les banques centrales exercent certes un pouvoir important, mais elles opèrent sous un cadre légal très strict, avec un mandat clair : si la banque centrale "tire" du mauvais côté par sa politique monétaire, cela se traduirait rapidement par une déviation rapidement incontrôlable par rapport à l’objectif de stabilité monétaire, c’est-à-dire par une hyper-inflation ou par une déflation.

Beaucoup critiquent la BCE et la Fed, mais pour l’heure, elles sont parvenues à maintenir l’ancrage des anticipations d’inflation à moyen/long terme à un niveau proche de leur cible. C’est leur mission, et c’est à cette aune qu’elles devraient être jugées. Dans le contexte de la pandémie, tout autre choix que des taux ultra-bas et des QE massifs aurait probablement conduit à une déflation (dont il est très difficile de sortir une fois qu’elle s’est enracinée, comme le montre l’exemple du Japon).

Plus qu’un "pouvoir", la banque centrale exerce en réalité un service public crucial - le service public de la monnaie - dans un cadre très contraint, où les erreurs de politique monétaire se paient au prix fort, par des déviations par rapport à la cible. A mon avis, le public s’exagère beaucoup la marge de manœuvre et la capacité d’action "discrétionnaire" des banques centrales.

Cette petite simulation par la Fed de San Francisco (réaliste sur la réaction de l’économie américaine à différents chocs et aux mouvements de taux de la Fed) peut aider à mesurer la complexité de cette tâche (en raison notamment des effets retardés des mesures de la Fed).
-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------
@PierreQuiRoule : Oui, le graphique sur les déviations presque systématiques entre les projections des participants de marché et la réalité de la trajectoire des taux de la Fed est très parlant ! A noter toutefois que les déviations ne sont pas toujours du même côté : très souvent le marché est "ahead of the curve", mais parfois il est "behind the curve".

Mais si l’on regarde les phases de sortie de récession aux USA, c’est-à-dire 2001-2003 et 2009-2011, on constate que le marché a anticipé des hausses de taux beaucoup plus rapides que ce qu’elles ont été en réalité. J’ai tendance à penser que la forte poussée des rendements obligataires (due au décalage entre les anticipations des marchés et celles de la Fed) nous place dans un contexte comparable. La dissipation probable de ces anticipations de hausses précoces des taux de la Fed devrait aider les valeurs de croissance, à mon avis.
-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------
@GBL : Bien sûr, des liquidations partielles de mes lignes technologiques les mieux valorisées auraient été pertinentes, mais cela ne cadrerait pas avec la sainte trinité de ma gestion de portefeuille : (1) extrême diversification (>800 lignes), (2) buy & hold, (3) perspective de (très) long-terme. Ces 3 règles sont interdépendantes : à partir du moment où je diversifie de façon extrême, je n’ai pas vraiment de ligne "géante" dont je me dis que je pourrais peut-être l’alléger (mes plus grosses lignes sont des valeurs de forte conviction, comme Amazon ou Microsoft, pas des valeurs plus fragiles comme Tesla ou Plug Power, même si elles ont - ou avaient - atteint des tailles respectables dans mon portefeuille). J’ai tendance à voir ces rotations sectorielles comme des péripéties très fugaces dans un parcours de très long-terme. Et enfin, je cherche à minimiser le frottement fiscal de ma gestion.

S’agissant de la constitution d’une poche de liquidités sur mon compte bancaire américain, effectivement, c’est en fait un pilotage du levier de mon portefeuille, que je pourrais effectivement réaliser aussi en injectant régulièrement ces liquidités dans mon portefeuille IB.

Comme vous le dites, l’avantage d’injections dans le portefeuille serait des économies sur le coût de la marge IB, très nettement supérieur à la rémunération de mes liquidités par ma banque américaine.

Mais les inconvénients de ces injections sur mon portefeuille IB seraient :

a) une incitation psychologique à renforcer le portefeuille IB (par lecture directe d’un levier plus bas), alors que je trouve que les marchés US sont encore trop bien valorisés pour cela. Bien sûr, la "mise sous cloche" de ces liquidités sur un compte bancaire n’est qu’un artifice psychologique (coûteux, en première analyse), dont je pourrais me dispenser par une simple règle de plafond sur mon utilisation de la marge IB. Mais dans un contexte de marché dangereux (quasi bulle ?), récompensant justement mes biais en faveur des valeurs de croissance, je préfère me mettre un garde-fou plus strict (même si c’est un artifice) ;

b) l’incapacité de retirer ces fonds en cas de besoin, car je ne peux plus retirer mes fonds de mon compte IB depuis son transfert au Luxembourg, tant que sa position cash est négative. Situation absurde à mes yeux, que j’espère pouvoir résoudre à l’occasion de mon installation prochaine aux USA, qui devrait s’accompagner par un transfert de mon compte IB aux USA. Dans l’attente, je préfère garder ces liquidités disponibles (mon déménagement à Washington DC entraînera quelques coûts) ;

c) la rigidité dans l’allocation de ces liquidités dans mes différentes poches de portefeuille : si la correction se poursuit, ces liquidités devraient avoir pour destination mon portefeuille IB (pour faire baisser le levier), mais dans d’autres scénarios (rebond, ou marchés durablement sans direction), je voudrais garder la possibilité d’injecter ces liquidités ailleurs, par exemple en Europe (compte Saxo) ou sur un nouveau compte américain (probablement Charles Schwab), particulièrement si un montant minimal y est nécessaire pour bénéficier de tarifs attractifs.

Tous facteurs pesés, je préfère garder ces liquidités sous cloche sur mon compte bancaire US pour le moment, pour garder cette flexibilité, même si ça me coûte un peu en frais de marge. Mais je reverrai sans doute cette stratégie une fois aux USA, probablement avec un autre broker (je souhaite aussi diversifier mes brokers).
-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------
@Ours : Effectivement, l’idée d’un prélèvement exceptionnel sur les (gros) patrimoines (one-off capital levy) redevient (un peu) à la mode, dans le contexte des débats politiques sur les coûts de la pandémie. C’est très habituel : ces idées reviennent à la surface après chaque crise majeure, chaque guerre etc.

Un prélèvement exceptionnel sur les gros patrimoines permet de faire participer les plus riches aux coûts de la crise, qui a généralement été plus destructrice pour les ménages modestes. C’est encore le cas pour cette pandémie : les plus riches s’en tirent bien, voire très bien, grâce aux mesures de soutien des banques centrales. Dans ce contexte, c’est normal de voir certains responsables politiques émettre cette idée.

Le débat politique aura lieu, mais perso, je pense qu’en fin de compte ces prélèvements exceptionnels sur les gros patrimoines ne verront pas le jour, pour des raisons autant économiques (le maintien durable de taux ultra-bas par les banques centrales améliore significativement l’équation de la soutenabilité des dettes publiques) que politiques (le débat politique s’est durablement éloigné des questions de redistribution et d’un axe gauche/droite, au profit bien sûr des riches, qui gagnent désormais à tous les coups : Trump / Biden, Macron / Le Pen etc.).
-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Je conclus par une triste nouvelle : le décès de mon ancien collègue de la BCE, Vincent Brousseau. Il avait quitté la BCE pour se lancer en politique, au sein de l’UPR. Il y apportait sa belle connaissance technique des mécanismes de la zone euro (par exemple les balances TARGET2) et considérait un "Frexit" comme inévitable. Nous avions discuté de ses points de vue dans quelques échanges ici. J’étais en désaccord avec son point de vue, mais je respectais son expertise, et plus encore son amour sincère de la France, qui guidait manifestement son engagement politique. Je me souviendrai de lui comme un collègue chaleureux et plein d’originalité. Condoléances à sa famille.

Dernière modification par Scipion8 (08/03/2021 13h04)

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[+2]    #879 09/03/2021 10h25

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Scipion8, le 07/03/2021 a écrit :

- Si je me trompe et que cette correction plus significative n’a pas lieu, ce n’est pas grave : avec un levier de 1,46 sur mon portefeuille IB (1,23 sur le portefeuille global) je profiterais pleinement d’un retour de la hausse.

Je trouve que vous banalisez votre levier, qui est extrêmement élevé sur IB.

D’autant que chaque séance de baisse liée à la rotation sectorielle en cours le fait augmenter.

Le 1,23 (d’ailleurs plutôt dans le haut de la fourchette de ce qui est raisonnablement acceptable) sur le portefeuille global est trompeur, puisqu’il s’agit de deux portefeuilles différents, et vous ne pouvez pas vendre votre portefeuille européen pour renflouer le portefeuille IB.

Toute la suite repose sur votre scénario sur l’évolution des taux longs.

Si les taux longs US reviennent à 3%, et ce ne serait pas si improbable compte-tenu de l’évolution de l’inflation et des différents stimuli économiques, les actions "croissance" vont se faire massacrer, car elles sont encore à des niveaux très élevés.

Exemple : le PE de Visa est de 45 contre plutôt 30-35 de 2014 à 2018.

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[+1]    #880 09/03/2021 10h50

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InvestisseurHeureux a écrit :



Si les taux longs US reviennent à 3%, et ce ne serait pas si improbable compte-tenu de l’évolution de l’inflation et des différents stimuli économiques, les actions "croissance" vont se faire massacrer, car elles sont encore à des niveaux très élevés.

….

Cette hypothèse n’est pas à écarter.

Si l’on s’intéresse à la courbe des taux US sur 10 ans, on remarque qu’une cassure des taux à 2% marquerait une rupture dans la canal de descente graphique des taux US et peut être un changement de tendance de ces taux mais pour l’instant ces taux restent globalement en tendance de descente même aujourd’hui par rapport à une vue historique. Des tentatives de sortie de cette descente ont déjà eu lieu par le passé.

Les surréactions du marché par rapport à une vue globale ne sont pas encore une tendance de fond.



United States 10-Year Bond Chart - Investing.com (à mettre à la bonne échelle pour prendre du recul)

Les déclarations de la FED sur le principe d’impossibilité de taux négatifs vont néanmoins d’ici la fin de l’année rompre le "ronron" de cette courbe qui était tranquillement descendante.

Bien à vous,

Dernière modification par johntur (09/03/2021 11h00)


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Favoris 1   [+7]    #881 09/03/2021 12h56

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@IH : 1) Ma stratégie de gestion de portefeuille reflète une thèse simple :

- Les nouvelles technologies (digitalisation, robotisation, génétique etc.) conduisent à de profonds changements des modes de consommation et à une restructuration complète de la chaîne de création de valeur, conduisant à terme à l’effondrement ou à la restructuration profonde de certains business models (énergies polluantes, foncières commerciales etc.) et au déplacement de la création de valeur vers d’autres secteurs (SaaS etc.).

- Nous ne sommes qu’au début de cette mutation. La pandémie a eu un impact accélérateur, dont les effets persisteront bien au-delà de la pandémie.

- L’environnement économique et monétaire est globalement déflationniste (vieillissement démographique, mondialisation, digitalisation). Ces facteurs déflationnistes vont persister durablement, voire s’accentuer, forçant les banques centrales à toujours plus de mesures de politique monétaire non-conventionnelle (taux négatifs, QE) pour éviter une déflation. Ces mesures profiteront mécaniquement aux détenteurs d’actifs, particulièrement ceux générant des cash-flows croissant sur le long-terme.

La remontée des anticipations d’inflation, liée à la fin prochaine de la pandémie, et des rendements souverains américains, remet-elle en cause cette thèse ? A mon sens, pas du tout. Donc j’interprète la rotation sectorielle comme une péripétie passagère, qui ne doit pas me faire dévier de ma stratégie. Les entreprises pétrolières et les foncières commerciales peuvent bien remonter autant qu’elles veulent, je ne vais jamais investir dans un secteur à mon sens condamné sur le long-terme. Être délibérément buy & hold m’oblige à cibler mes investissements dans des secteurs que je pense pérennes sur mon horizon d’investissement (30 ans ou plus) - de façon évidemment très diversifiée car il est difficile d’y voir clair à cette distance.

2) Le corollaire d’un portefeuille buy & hold avec une claire orientation factorielle (croissance, en l’occurrence), c’est une volatilité importante de la performance relative à l’indice. Il faut l’accepter. Évidemment, je préfère les périodes pendant lesquelles mon portefeuille surperforme, mais en finance comme dans la vie, the Lord giveth and the Lord taketh away. Par rapport aux plus hauts de mi-février, j’ai rendu plus d’une trentaine de points de superformance par rapport au S&P500, sur la centaine que j’avais accumulés en 2 ans et demi, c’est la vie. Cette volatilité est le prix à payer pour la surperformance que je devrais réaliser sur le long-terme, si ma thèse se réalise (si elle ne se réalise pas, ce sera différent, évidemment).

Si la thèse d’investissement est inchangée, alors il faut garder le cap sans se plaindre. La nervosité et la suractivité des investisseurs particuliers sont des facteurs majeurs de sous-performance. Je ne vais pas m’amuser à jouer à saute-moutons entre les secteurs ou les facteurs (avec toutes les chances d’être pris systématiquement à contre-pied), j’adhère aux principes de la gestion passive.

3) L’utilisation de levier augmente encore la volatilité de la performance relative à l’indice. Si on n’est pas capable de l’encaisser psychologiquement, alors il ne faut pas utiliser de levier. J’ai très bien géré le krach de février/mars 2020 en partant d’un levier de 1,2 sur mon portefeuille IB. J’ai alors réussi à utiliser le levier (jusqu’à 1,6) pour acheter pendant toute la phase du "V", profitant ensuite pleinement de la remontée des indices.

Là, je pars d’un niveau de levier certes plus important (1,36 à la mi-février), mais avec plusieurs atouts dans mon jeu par rapport à il y a un an : notamment des flux d’épargne plus réguliers (situation professionnelle plus stable) et un portefeuille plus gros (davantage de puissance de feu par le levier : 2M€ actuellement sur IB vs. 200k€ au plus bas à la mi-mars 2020).

Mon utilisation de la marge (290k€) est importante en termes bruts, mais largement couverte par mes liquidités de précaution (350k€ en fonds €, 100k€ en PEL/livrets, 25k€ sur mon compte bancaire US), donc en cas de problème majeur j’ai un mécanisme de coupe-feu immédiat (outre le transfert de titres de mes portefeuilles non-leveragés vers IB). Surtout, le temps joue pour moi car ma "poche d’intervention" sur mon compte bancaire US grossit régulièrement.

4) C’est pendant les baisses brutales (et pas pendant les phases haussières) que l’on peut vraiment s’enrichir, et mon portefeuille n’y fait pas exception. Mon objectif prioritaire, c’est de reconstituer une capacité d’intervention si la correction sur les valeurs de croissance et de qualité devait s’accentuer significativement, afin de pouvoir en tirer partie comme je l’ai fait au 4e trimestre 2018 et au premier trimestre 2020 : ces phases baissières constituaient d’excellents points d’entrée sur les valeurs de croissance, et j’en ai pleinement tiré parti.

Certes, en raison du rythme insoutenable de la progression des valeurs de croissance ces derniers mois, il y a sans doute encore un potentiel baissier important, donc je ne vais pas faire de renforcement significatif de mon portefeuille tant que mes niveaux d’interventions (3300 sur le S&P500, 10500 sur le NASDAQ ?) ne sont pas atteints.

Évidemment, on ne peut pas exclure que la tendance haussière de long-terme sur les valeurs technologiques prenne fin, mais cela reviendrait à une mise en cause de ma thèse d’investissement. Bien sûr, j’en paierais alors le prix, mais sur le long-terme je suis confiant.

5) Les rendements obligataires américains peuvent encore accentuer l’écart du marché avec les déclarations de la Fed, mais en fin de compte il faudra revenir à la réalité. Il y a déjà quasiment 4 hausses de 25 points de base pricées d’ici 2024 par le marché monétaire/obligataire, alors que la Fed n’a manifestement pas l’intention de se presser. A un moment donné, cette dissonance va se régler, et je préfère parier sur la Fed. Comme le montre le 2e graphique de PierreQuiRoule, le marché tend à pricer des hausses de taux de façon beaucoup trop précoce en sortie de récession (2001-2003, 2009-2011) : ce biais peut conduire les rendements obligataires US plus haut, mais à un moment donné, il y aura une correction, et je serai positionné pour en profiter pleinement.

Par ailleurs, je pense que la remontée brutale des taux longs américains peut poser problème à la Fed, qui a les outils pour y répondre - par exemple via un twist de son QE (une extension des maturités du portefeuille du QE, via un remplacement des T-bills de court-terme venant à maturité par des Treasuries de maturités plus longues). Je crois que le marché sous-estime la capacité d’intervention et la détermination de la Fed. Ce que je pensais aussi à raison il y a un an, quand la Fed a répondu à la pandémie par des mesures massives. De façon générale, "don’t fight the Fed" reste un excellent conseil à mon sens.

Dernière modification par Scipion8 (09/03/2021 13h26)

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#882 09/03/2021 19h10

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Bonjour Scipion8,

Il serait intéressant qu’avec votre culture encyclopédique suite à un commentaire sur cette file vous nous commentiez la structure de contrôle de la FED. Il semble incroyable que concernant la Réserve fédérale de New York : "pour les 10 dernières années, 72 % de son capital était détenu, fin 2018, par deux institutions, Citigroup (42,8 % des actions) et JP Morgan (29,5 %)".
Ces banques privées touchent-elles des dividendes ou profitent-elles de l’évolution des fonds propres?
Connaissez-vous les actionnaires des autres banques centrales régionales américaines?

Merci de nous éclairer sur ce sujet si vous en avez le temps, l’indépendance de la FED est-elle garantie si elle est contrôlée partiellement par des intérêts privés?

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#883 15/04/2021 22h04

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Bonjour Scipion,

Votre insight quant à une potentielle correction sur le premier semestre est-il toujours d’actualité notamment avec vos scénarios probabilistes ?

Les rotations sectorielles (technologie, santé,…) débutées en février et mars semblent plus longuent que prévues.

Cela peut trouver un élément de réponse dans la timidité du marché à reprendre ses droits sur les valeurs cycliques afin notamment des problématiques structurelle : problème de production et d’approvisionnement d’aluminium,.de fer, de plastique (et oui bizarrement… Allons dons à la pêche 😅) de semi conducteurs…

Au plaisir de vous lire.

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#884 01/05/2021 16h07

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Bonjour Scipion
Bonjour lecteurs de cette file

Je rebondis sur mon précédent message.

Je trouve de mon côté que le secteur infrastructure a été fortement délaissé avec les REIT (qui ont fortement repris).

Si d’autres lecteurs ont aussi un avis à donner…

A vous lire

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Favoris 1   [+11]    #885 02/05/2021 02h26

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Bonjour à tous,

Rien de très spectaculaire dans l’évolution de mon portefeuille : à +11% YTD, il évolue à peu près en ligne avec les indices. Dans le détail, je sous-performe légèrement en Europe et aux USA, tandis que mon PEA-PME, orienté value, surperforme légèrement son indice de référence.

La prime de risque du marché actions américain étant désormais proche de ma cote d’alerte de 4%, je n’ai toujours pas effectué d’apports cette année, préférant stocker des liquidités sur mon compte bancaire aux USA (désormais 50k$), dans l’attente d’une éventuelle correction. Si cette correction n’arrive pas, ce n’est pas très grave : garder des liquidités est une manière de faire baisser indirectement mon levier (mon utilisation de la marge IB étant désormais de 317k€).

J’ai dû liquider quelques actions AXA (à l’équilibre) sur mon CTO France pour financer mes dépenses de vie, le timing de mes flux de dividendes n’étant pas optimal (et je ne souhaite pas virer de l’argent des USA vers la France). Mais je vis essentiellement comme "rentier" sur mes dividendes français, alors que mes revenus professionnels sont épargnés intégralement et conservés aux USA dans l’attente de la prochaine bataille.

Sur mon PEA, j’ai renforcé (à l’occasion d’un réinvestissement de dividendes) ma position sur Burelle, une valeur à la fois cyclique et value, pour profiter de l’éventuel retour en vogue (temporaire) de ces facteurs cette année sur fond de sortie de récession.

Sur mon CTO Europe, j’ai réinvesti mes dividendes en créant une petite ligne Evolution Gaming (je rentre très tardivement sur la valeur).

Aux USA (CTO IB), je continue d’orienter mes renforcements principalement vers des valeurs de croissance, mais en essayant de diversifier sectoriellement, notamment en ciblant l’industrie traditionnelle : WD-40, Silgan Holdings, Aptiv, Mettler-Toledo, Arcosa, Automatic Data Processing, Conmed, CSW Industrials, Dover, Ensign Group, ESCO Technologies, Fabrinet, Helen of Troy, Rush Enterprises, National Storage Affiliates, Old Dominion Freight Line, Houlihan Lokey, Apollo Global Management, LPL Financial, Kirkland Lake Gold (renforcement), Trimble (renforcement). Toujours bien sûr des valeurs d’ultra-croissance (avec les risques que ça implique) : ThredUp, Coursera, Futu Holdings, SelectQuote, BioNano Genomics, PyroGenesis Canada, Olo, Roblox, Coupang, ContextLogic, Bloom Energy, Butterfly Network, Intrusion, Coinbase.

J’ai financé ces achats par la marge IB. J’essaie de maintenir un levier à peu près constant sur ce portefeuille IB, entre 1,3 et 1,4, dans le contexte macroéconomique actuel de sortie de récession sur fond de très fort stimulus budgétaire et monétaire. Mais si la prime de risque du marché actions américain devait descendre nettement en deçà de 4%, je réajusterais ma cible de levier à 1,2, voire 1,1.

Actuellement mon levier est de 1,46 sur mon portefeuille IB et 1,23 sur mon portefeuille global. Si j’intègre mes liquidités américaines, le levier tombe à 1,36 sur le portefeuille IB (soit à peu près ma cible) et 1,19 sur le portefeuille global.

Donc ma gestion de ce portefeuille quasi-indiciel et buy & hold est très simple (presque ennuyeuse) : je vais continuer à accumuler des liquidités aux USA pour piloter mon levier autour de sa cible, et j’ajuste simplement cette cible selon le niveau de la prime de risque du marché actions.

Je suis "agnostique" quant à la direction des marchés : s’ils continuent à monter, tant mieux ; s’ils évoluent dans un range, ça me permet d’accumuler des liquidités pour le grand jour ; s’ils corrigent, je serai prêt à agir comme je l’ai fait lors du krach de février/mars 2020.

De façon générale, je suis de plus en plus convaincu que c’est bien lors des krachs et corrections majeures que l’on peut s’enrichir : cela a été clairement le cas pour moi, lors de mon entrée massive sur les valeurs américaines du SaaS lors de la correction du 4e trimestre 2018, et lors de mes renforcements massifs dans la jambe descendante du "V" en février/mars 2020. Mon plan est de répliquer exactement cette stratégie ad infinitum, en ajustant évidemment le plan de renforcement selon ma compréhension macro. Si je peux faire une performance similaire à l’indice le reste du temps (quand le soleil brille, comme actuellement), ça me va très bien. C’est lors des krachs et grosses corrections que je peux battre nettement l’indice.

Un petit zoom sur la performance de mon portefeuille IB, en comparaison avec le S&P500 "total return" (SPXTR), le NASDAQ Composite (COMP) et un ETF World (VT) :

Cette année, après un début fantastique, mon portefeuille IB a subi de plein fouet la forte correction sur les valeurs spéculatives d’ultra-croissance et la rotation vers des valeurs plus solides, à partir de mi-février. Il a remonté la pente depuis, mais reste bien en-deçà de ses plus hauts (pas loin de 70k€ encore à rattraper !). Je vois cela comme une saine correction après une année 2020 incroyable sur les valeurs de croissance. Ce genre de corrections permet de "nettoyer" les portefeuilles et de séparer le bon grain de l’ivraie. J’ai eu pas mal de déchet sur mon stock-picking de fin 2020 / début 2021, mais j’ai au moins la satisfaction d’avoir bien calibré mes positions sur ces valeurs spéculatives.

Depuis les débuts de ce portefeuille IB en juin 2021, sa surperformance face aux indices (y compris le NASDAQ) reste très nette. Pas loin de 350k€ de valeur créée en moins de 3 ans.
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@Peakykarl : Mon scénario macro est simple :

1) Les tendances économiques de fond entamées au début des années 2000 - digitalisation, globalisation des échanges etc. - ont été accélérées par la pandémie et elles sont là pour rester. Ces tendances structurelles sont déflationnistes.

2) La pandémie a renforcé d’autres forces déflationnistes : notamment le vieillissement démographique (cf. le récent recensement américain qui montre un net ralentissement de la croissance démographique américaine et une baisse du taux de fécondité à 1,84 enfant / femme, en dessous de la France).

3) La forte augmentation de la dette publique à l’occasion de la pandémie peut aussi être un facteur déflationniste (ça se discute) - en tout cas c’est un facteur qui risque de contribuer au maintien ad infinitum de QE par les banques centrales.

4) A court-terme (6 mois / 1 an), l’inflation remonte naturellement, en raison du retour de la confiance en sortie de pandémie et du très fort stimulus monétaire et budgétaire. Mais les anticipations d’inflation devraient rester bien ancrées, dans ce contexte structurellement déflationniste.

5) Les marchés financiers ont un biais systématique à être trop optimistes en sortie de récession, et à anticiper beaucoup trop des hausses de taux par les banques centrales. Cela a été le cas en 2001-2002 et en 2009-2010 : le marché a eu tort en croyant à des montées de taux rapides par les banques centrales. Beaucoup de participants de marché croient à tort que les banques centrales réagissent à l’inflation (naturellement volatile), alors qu’elles sont focalisées sur les anticipations d’inflation (qui elles, sont beaucoup plus stables). Je pense que le marché fait exactement la même erreur aujourd’hui, et qu’avec un US Treasury à 1,63% (soit +115 points de base par rapport aux plus bas de 2020), le marché price déjà des hausses de taux précoces - qui n’auront pas lieu.

Donc ma stratégie boursière dans ce contexte est de :

a) Continuer à renforcer mes valeurs de croissance, portées par de forts vents structurels, en utilisant à mon avantage les trous d’air qui ne manqueront pas de se présenter (comme en février 2021), sur fond de valorisations élevées. Les valeurs de croissance bénéficient structurellement d’un environnement déflationniste, où la croissance est rare (donc chère) et où les taux d’intérêt sont bas (ce qui permet un moindre lissage des cash-flows de long-terme dans les valorisations DCF). Néanmoins ces valorisations parfois très optimistes doivent me conduire à plus de sélectivité dans mes choix et une plus grande diversification sectorielle.

b) Renforcer avec modération mes valeurs cycliques et value, qui bénéficient temporairement de la rotation. Mais là aussi en essayant d’être sélectif, donc plutôt GARP que value.

c) Piloter mon levier selon le niveau de la prime de risque du marché actions US (cf. explications ci-dessus).

Le contexte boursier me rappelle à la fois 2010 (sortie de récession, fort stimulus monétaire/budgétaire, surperformance temporaire du value) et 1998 (climat de bulle en formation). C’est l’évolution de la prime de risque du marché actions US qui va déterminer quel sera le scénario : 2011-2013 ou bien 1999-2001. Ce sont mes 2 scénarios principaux :

- Scénario "2011-2013" : les marchés boursiers continuent de progresser, mais de façon "raisonnable", avec des violentes corrections en réponse à des surchauffes "localisées" (comme la correction de février 2021 sur les SPAC). La prime de risque du marché actions US se stabilise autour de 4%, c’est-à-dire que le principal facteur de la croissance des indices devrait être les résultats des entreprises (et non une hausse des multiples de valorisation déjà élevés). Probabilité 60%. Dans ce cas-là ma stratégie décrite plus haut devrait bien fonctionner (avec un levier cible autour de 1,3).

- Scénario "1999-2001" : les bulles localisées (actions "vertes", cryptos, SPAC etc.) se multiplient et les multiples de valorisation s’envolent. La prime de risque du marché actions US baisse à 2-3%. Probabilité 30%. Dans ce cas-là, il me faudrait abaisser ma cible de levier à 1,2, puis 1,1, voire 1 (voire moins).

- Scénario inflationniste : c’est le scénario où je me trompe sur l’environnement macroéconomique. Des pressions inflationnistes forcent les banques centrales à cesser leurs QE et à remonter leurs taux d’intérêt. Les États trop endettés rentrent en crise. Probabilité 10%. Dans ce cas-là, je ne crois pas qu’une simple stratégie value soit suffisante, il faut aussi avoir des couvertures contre l’inflation, comme l’or.

Ma conclusion, c’est que des investisseurs exposés aux (bonnes) valeurs de croissance ne doivent pas trop s’alarmer de la rotation sectorielle, et qu’il faut raison garder dans la réorientation vers les valeurs cycliques, les matières premières et le value. Dans l’environnement actuel de valorisations élevées, les valeurs "pas chères" ont toutes les chances d’être des entreprises sans avenir.
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Quelques nouvelles : je traverse une période professionnellement très chargée (et très intéressante), je n’avais plus travaillé autant depuis la crise de la dette souveraine de la zone euro en 2011-2015 ! Mes "clients" sont au 4 coins du monde, ce qui m’oblige à des journées de travail à rallonge. Par exemple, cette semaine, j’ai travaillé pour une banque centrale en Europe de l’Est (Paris +2 heures) et une autre en Amérique Centrale (Paris -8 heures), tout en collaborant évidemment avec mes collègues à Washington DC (Paris -6 heures)… Épuisant ! Il me tarde de pouvoir reprendre les missions sur le terrain, qui me laisseront au moins quelques moyens de "pause" dans les vols long-courrier (et me permettront aussi des échanges plus chaleureux avec mes collègues locaux).

Je suis toujours en Aveyron (encore non vacciné, j’étais assez réticent à voyager en pleine vague épidémique en France), mais je viens de me porter volontaire pour faire partie de la première "vague" de retours au bureau pour mon organisation, donc il est bien possible que je m’installe enfin à Washington DC ce mois-ci. En attendant, comme beaucoup de confinés, ma vie sociale est absolument trépidante, comme en témoigne cette photo du point culminant de ces 13 mois épouvantables :

Bref, vivement le retour à une vie normale !
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@Etzanas : je répondrai à votre question dans un autre message.

Dernière modification par Scipion8 (02/05/2021 04h03)

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#886 02/05/2021 09h16

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Est ce qu’un scénario inflationniste aux Etats unis peut se propager à la zone euro ? Dans ce cas en plus d’un peu d’or, il peut être opportun d’envisager des crédits immobiliers les plus longs possibles en ce moment?

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Favoris 1   [+4]    #887 02/05/2021 14h22

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@Swantonbomb : oui, un choc inflationniste aux USA aurait des répercussions en zone euro. Je vous réponds en élargissant la perspective sur les anticipations d’inflation en zone euro (j’utilise des graphiques disponibles sur le site de la BCE, notamment dans cette présentation et cette autre par Isabel Schnabel, Membre du Directoire).

1) De façon générale, il y a une forte transmission des chocs économiques survenant aux USA et, dans une moindre mesure, vice versa : en témoigne la forte corrélation des indicateurs de stress systémique aux USA et en zone euro. Evidemment cette corrélation a été encore plus forte à l’occasion de la pandémie (événement par essence mondial). Même des événements strictement européens comme la crise de la dette souveraine de la zone euro en 2011-2015 ou le Brexit en 2016 ont eu des répercussions sur les marchés américains.

2) Les conditions monétaires aux USA ont un impact sur les conditions monétaires en zone euro : l’évolution du taux interbancaire (quasiment) "sans risque" en zone euro, le taux OIS à 10 ans (overnight interest rate swap / swap de taux d’intérêt au jour le jour) depuis fin 2020 en est une bonne illustration : il a augmenté de 30 points de base sur cette période (c’est l’équivalent d’une hausse de taux par la BCE), sans que la politique monétaire BCE n’ait aucun impact, simplement en conséquence du rebond économique aux USA et de l’évolution des anticipations de hausse de taux de la Fed. Il est ainsi probable qu’un resserrement monétaire important aux USA (conséquence d’un éventuel choc inflationniste aux USA) contribue à un resserrement des conditions financières en Europe (éventuellement avec des effets néfastes pour l’économie et la soutenabilité de la dette des États européens les plus endettés).

3) Le risque d’un "contre-choc" budgétaire en zone euro, comparable à celui qui avait suivi, en 2011-2015, la crise systémique mondiale de 2007-2009, n’est pas négligeable à mes yeux. Selon les modèles, la hausse massive de la dette publique dans la zone euro, en raison de la pandémie, devrait augmenter les rendements obligataires souverains d’environ 60 à 90 points de base. Cela devrait être un frein majeur à toute hausse des taux par la BCE (voire retarder/empêcher un arrêt du QE). Ce risque macro/budgétaire en zone euro justifie à mon sens le différentiel de valorisations boursières entre Europe et USA, et le fait que je ne souhaite pas surpondérer l’Europe dans mon portefeuille (avec évidemment de grandes nuances selon les pays, par exemple Allemagne vs Italie).

4) Les anticipations d’inflation dans la zone euro restent sur une tendance baissière de long-terme. C’est aussi bien le cas si l’on regarde les anticipations d’inflation de long-terme des économistes et les anticipations de marché (obligations indexées sur l’inflation, swaps d’inflation). A mon sens, il ne faut pas s’exagérer le risque inflationniste dans la zone euro - et donc ne pas surcalibrer les stratégies de couverture, comme la détention d’or, qui ont un coût d’opportunité important.

Note : 1y4y ILS = inflation-linked swap = swap d’inflation "à 1 an dans 4 ans" = l’inflation attendue (en moyenne) par les marchés sur un an dans 4 ans, c’est-à-dire en 2025-2026. La Fed préfère utilise le 5y5y ILS.

5) Les anticipations (de long-terme) d’inflation sont fortement corrélées à l’inflation moyenne passée ; de ce point de vue, la pandémie augmente le risque de déflation dans la zone euro. A mon sens, ce serait une erreur de sur-réagir au rebond temporaire de l’inflation en sortie de récession. La pandémie a été un choc économique qui a démontré que le principal risque pour la BCE, c’est celui d’un "désancrage" à la baisse des anticipations d’inflation, c’est-à-dire une déflation. Cela devrait conduire la BCE a maintenir durablement une politique monétaire accommodante et le QE.

Note : la courbe bleue correspond à l’inflation moyenne observée dans la zone euro depuis 1995 ; la courbe jaune correspond aux anticipations d’inflation de long-terme (à 5 ans).

6) Le taux d’intérêt naturel dans la zone euro (le taux d’intérêt qui équilibre épargne et investissement, avec le plein emploi et des prix stables) ne cesse de baisser. Ce taux d’intérêt naturel (qui ne peut être qu’estimé et non observé) est essentiellement exogène à la banque centrale. Il dépend des évolutions structurelles économiques, technologiques, politiques, institutionnelles et démographiques. Le taux d’intérêt naturel (estimé) dans la zone euro est désormais clairement négatif : donc toute hausse durable des taux d’intérêt par la BCE pourrait conduire à une déflation. Le défi pour la BCE sera d’approcher le taux d’intérêt naturel par son taux directeur, afin d’atteindre sa cible d’inflation. Le taux directeur pouvant difficilement être négatif, un taux d’intérêt naturel signifie a priori un QE prolongé (voire permanent). En termes d’investissement, cela plaide en faveur de (i) surpondérer les actions, et notamment les actions internationales, (ii) sous-pondérer les obligations (souveraines, investment grade), et (iii) sous-pondérer les couvertures contre l’inflation (or par exemple).

7) A mon avis, des taux de financement durablement faibles justifient un utilisation raisonnée du levier pour investir sur des actifs risqués avec une espérance de rendement plus élevée. De mon côté, je le fais par la marge pour investir en actions internationales, plutôt que via des crédits immobiliers. Mais un levier excessif est risqué et peut empêcher de tirer parti des opportunités lors des corrections. Et de façon générale, si on craint des scénarios extrêmes de type hyper-inflation / crise de la dette / crise politique dans sa zone de vie, il vaut mieux privilégier des actifs internationaux (comme vous l’avez fait, Swantonbomb).

Dernière modification par Scipion8 (02/05/2021 14h28)

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#888 03/05/2021 09h34

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Bonjour Scipion,

Ce qui est étrange c’est que cette rotation perdure depuis mi-février donc je commence à douter sur le fait que ce soit à proprement parlé une rotation sectorielle.

Par ailleurs, j’ai du mal à voir quels sont les secteurs à part les cycliques qui bénéficient de cette rotation. La tech, santé, énergie verte ont fortement chuté mais je ne vois pas de hausse spectaculaire d’autres secteurs.

Je vous rejoins sur le rebond précaire des cycliques… le secteur infrastructure US et notamment énergie a fortement progressé je pense notamment à texas pacific land, freeport macmoran…

Par ailleurs, les métaux précieux me semblent une belle opportunité pour le contexte inflation/stagflation à venir.

De mon côté j’ai misé sur les semi-conducteurs, blockchain, santé, digital infrastructure et connectivité (Han ETF) et technologie équipondéré.

Force est de constater qu’il fallait garder le secteur du luxe en portefeuille (ODET, DIOR, LVMH, HERMES) chose que je n’ai bien sûr pas fait smile

Dernière modification par peakykarl (03/05/2021 09h36)

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#889 03/05/2021 10h21

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Scipion8 a écrit :

De façon générale, je suis de plus en plus convaincu que c’est bien lors des krachs et corrections majeures que l’on peut s’enrichir

Si je devais garder une phrase de votre longue prose, ce serait celle là.

J’en suis également convaincu et 2020 a fini de me convaincre.

Et pourtant, je le vois peu mentionné sur ce forum (mis à part sur la file du portefeuille de Kapitall).
Peut-être que le long bull market de la dernière décennie, malgré quelques fenêtres de tir (juin 2016, Décembre 2018 par exemple), couplé à l’émergence de l’investissement passif,
a pu laisser croire qu’investir en bourse était linéaire, avec une préférence pour l’investissement mécanique et le zero cash, que garder du cash plombe la perf et cela reviendrait à timer le marché, ce qui est mal, car le marché est ultra efficient comme tout le monde le sait.

Or, garder une part significative de cash ne revient pas à timer le marché, mais sert de réserve stratégique.
On peut être actif et investit à 70-80% par exemple, et se garder 20-30% de cash : le cash sera un boulet pendant plusieurs mois ou années et la tentation pourra être forte, en cas de marché haussier persistant, de déployer tout ou partie de cette réserve.
Mais le jour où l’opportunité arrive, et si on ne fait pas n’importe quoi avec (car encore faut-il savoir utiliser judicieusement ce cash dans la panique générale),
alors en effet, le résultat peut être spectaculaire et décisif sur son portefeuille.

En 2020, j’ai été, paradoxalement, des 2 côtés de la barrière.
Mon portefeuille principal était investit à 100% début 2020 avec un gros pêché de gourmandise fin 2019, début 2020 qui m’a laissé avec très peu de cartouches en mars, avril. J’ai dû faire des arbitrages douloureux (mais au final nécessaires et bénéfiques pour éliminer les maillons faibles) pour saisir des opportunités.
A côté de cela, mon PEE était blindé de cash ou assimilé… J’ai frappé très fort et mis le paquet.


"Without risk there can be no progress". George Low

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[+1]    #890 03/05/2021 10h41

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Garder du cash en attendant une correction est historiquement une stratégie sous-optimale en terme de rendement. La principale utilité est une diminution légère du risque. Les chances d’une correction de 10%+ dans les 12 mois après un all-time-high du marché sont de 3% seulement…

Source ?Buy the Dip? | PWL Capital

Dernière modification par xoxo (03/05/2021 10h41)

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Favoris 1    #891 03/05/2021 10h50

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Désolé pour la banalité de mon propos, mais quelqu’un qui serait en mesure de faire par ex un "all in" sur une ou des valeurs de convictions n’a pas besoin d’attendre un krach. Par contre un investisseur lambda (cf "on" peut s’enrichir : MMme Michu) comme moi, oui.


Tant que t'as pas vendu t'as pas gagné. Mais t'as pas perdu. Mais t'as pas gagné. Mais…Oh zut fait @*

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#892 03/05/2021 11h03

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xoxo a écrit :

Les chances d’une correction de 10%+ dans les 12 mois après un all-time-high du marché sont de 3% seulement…

c’est bien pour cela que je mentionnais
1/ la possibilité de tenir la stratégie sur plusieurs années (le cash comme partie intégrante du portefeuille)
2/ rester investit à 70-80% environ

Au delà même du Krach, il peut survenir quelques opportunités au cours de cette période, sur un secteur ou sur un ensemble de valeurs.


"Without risk there can be no progress". George Low

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#893 03/05/2021 11h16

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Le problème c’est que lors d’une correction, on est tiraillé entre le " ouhlala ça va encore baissé, j’attends encore" et on rate le coche et d’autre part le "allez c’est le bon moment je déploie mon cash" et la correction se poursuit et in fine vous auriez mieux fait de rester investi et d’aller à la pêche tout ce temps la.

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#894 03/05/2021 11h36

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Si il se produit une correction de 10-20% cette année ;ça fera 2 en 2 ans.
Sans oublier la fin d’année 2018.
La fréquence joue aussi .
C’est pas loin de devenir une conviction.

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#895 03/05/2021 11h40

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Scipion8, le 02/05/2021 a écrit :

Bonjour à tous,

La prime de risque du marché actions américain étant désormais proche de ma cote d’alerte de 4%.

Bonjour Scipion8!

Pourquoi 4% de ERP et non pas 3% ou 5%?

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#896 03/05/2021 11h55

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MaximusDM a écrit :

Or, garder une part significative de cash ne revient pas à timer le marché, mais sert de réserve stratégique.
On peut être actif et investit à 70-80% par exemple, et se garder 20-30% de cash.

Je pense qu’il y a 2 catégories d’investisseurs buy and hold :

1ère catégorie :

- 100 % action
- 0% cash 
- Investissement mensuel de 100% de la capacité d’épargne.
- En cas de krach : puisez dans les réserves (fond euro, PEL). Difficile dans cette catégorie d’investisseurs de profiter pleinement du krach.

2ème catégorie :

- 100 % action
- Marché en rythme de croisière : utilisation raisonnable de la marge
- 0% cash 
- Investissement mensuel de 100% de la capacité d’épargne.
- En cas de krach : déploiement d’une force de frappe significative avec utilisation agressive de la marge : réserver aux investisseurs avertis car en cas d’appel de marge selon la profondeur du krach, utilisation possible en dernier recours d’une énorme réserve (fond euros > 200 k€) : c’est cette catégorie d’investisseurs qui s’enrichit pleinement pendant les krachs.


Primum non nocere

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[+1]    #897 03/05/2021 21h54

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xoxo a écrit :

Garder du cash en attendant une correction est historiquement une stratégie sous-optimale en terme de rendement. La principale utilité est une diminution légère du risque. Les chances d’une correction de 10%+ dans les 12 mois après un all-time-high du marché sont de 3% seulement…

Source ?Buy the Dip? | PWL Capital

Pour présenter l’idée avec des graphiques il y a aussi cet article : Even God Couldn’t Beat Dollar-Cost Averaging - ofdollarsanddata.com.

Dernière modification par NicolasV (03/05/2021 21h55)

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[+1]    #898 06/05/2021 18h28

Membre (2017)
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Bonjour Scipion8

Nous avions echanges sur le risque d’hyperinflation due au aux injections monetaires des banques centrales.

Aujourd’hui, la verite est criante et la situation alarmante :


Les prix alimentaires s’envolent.
World food price index climbs in April, highest since mid-2014 -FAO
Food Price Surge

J’en reviens au metaux precieux avec cette citation


Ceux qui vont prendre cher, ce sont les plus pauvres et les classes moyennes. On le voit deja avec de nombreuses manifestations en Amerique Latine (Colombie, Perou, Argentine, Venezuela).

Les monnaies fiduciaires perdent de leur valeurs au travers des injections monetaires qui actionne le levie de l’inflation et cela se retrouve dans le prix des matieres premieres.

Le CPI ne reflete plus l’inflation reel, c’est un outil pour les banques centrales de faire de l’accomodation monetaire et d’amplifier les bulles.


Source: St Louis Fed The economist

Quel est votre avis sur le risque d’une hyperinflation dans les prochains mois ?

Cdlt,

Carabistouilles

Dernière modification par Carabistouilles (06/05/2021 18h32)

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[+1]    #899 07/05/2021 12h53

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Bonjour Carabistouilles,

Je ne suis pas capable de dire qui a raison entre Scipion et vous. Et encore moins de répondre à sa place. Cependant je peux vous indiquer que les faits que vous mentionnez n’indiquent pas forcement une hyperinflation et laisse une place importante au doute.

Déjà votre tweet mentionne que le prix de plusieurs matière première ont explosé depuis un an soit environ depuis mars/avril 2020 où tous les prix avaient chuté à cause de la crise. Les chiffres sont certes impressionnant mais comment savoir s’il s’agit réellement d’une augmentation ou d’un retour à la normal. Et même au cas où il s’agirait d’une augmentation par rapport à la période d’avant crise, est ce qu’il s’agit d’une poussé exceptionnelle (le prix des matières première est très volatile). Et s’il s’agit d’une poussé exceptionnelle est ce qu’elle est dû à un phénomène général affectant tous les matières premières ou est ce qu’il s’agit d’un évènement spécifique à cette matière première.
Dans le cas où l’augmentation des prix ne correspondrait qu’à ses matières premières, il faudrait aussi se demander qu’elle est son impact sur l’inflation. Par exemple le prix de l’uranium représente 3% du cout de production de 5% de l’Energie mondial. En conséquence même une multiplication par 10 du prix de l’uranium n’aurait aucun impact sur l’inflation.

Rien qu’avec mes connaissance basique d’actionnaire de total je sais par exemple que malgré cette augmentation impressionnante le gaz et le mazout ont juste retrouvé leur prix d’avant la crise. D’ailleurs le gaz reste dans la fourchette basse d’avant crise et cela a beaucoup pénalisé les résultats de total. On ne pouvait pas rester éternellement avec un prix du pétrole négatif.
Le platine, le palladium, l’argent et d’autre sont des matériaux au prix qui ont toujours été très volatil et qui représente une très faible part de la consommation. En conséquence la variation de leur prix n’est pas forcément exceptionnelle et n’a pas de raison particulière d’entrainer de fort impact sur l’inflation.
Le prix du blé lui semble par contre avoir subis une vraie hausse. Cependant le prix reste limité au prix les plus haut observé les années où il n’y a pas de problème climatique majeur.  C’est un prix un peu élevé mais loin d’être exceptionnelle. Cependant le prix du blé a une belle allure d’exponentielle depuis quelque semaine donc ce paragraphe risque de mal vieillir.

A ma connaissance même en période d’inflation faible on avait d’importante manifestation partout dans le monde. Et l’Amérique du sud n’a pas attendu le coronavirus pour être une poudrière (surtout l’argentine et le Venezuela). De plus les manifestations actuelles dans ses pays semblent avoir peut de rapport avec l’inflation ou le pouvoir d’achat. Par exemple en Colombie il s’agit de lutter contre les réformes du gouvernement et no ne réclamé plus de pouvoir d’achat (Je ne suis pas spécialiste de la politique colombienne et je dis peut-être une grosse connerie).

Quant à la dernière image j’en conclue comme vous que dans le passé l’évolution des indices représenté semble fortement décorrélé de celle de la mesure de l’inflation. Cependant vous supposez implicitement que ses indices devraient être plus fortement corrélé et qu’en conséquence il y a une erreur dans la mesure de l’inflation. Et vous utilisez également cette hypothèse implicite pour prévoir une forte inflation dans le futur qui sera visible malgré le problème de mesure de ’l’inflation.
Or pour une grande partie des indices présenté cette corrélation me semble une hypothèse audacieuse.

Par exemple l’or est un actif purement spéculatif qui n’a aucun lien avec l’inflation réel. L’or représente une faible part de la consommation donc l’évolution de son prix n’a que peu d’impact sur celle de l’inflation réel et dans l’autre sens l’or est essentiellement acheté sous forme de bijoux ou d’investissement par des personnes qui sont dans des position privilégié qui les empêche de pouvoir mesuré l’inflation réelle autrement que par des statistiques. De plus l’évolution du prix de l’or peut s’expliquer en supposant un mystérieux lien avec l’inflation réelle mais également par l’inflation global des actifs provoqué par les QE et par les crises économiques qui ont poussé les financiers à acheter de l’or.
Pour le new york cover price, je ne vois pas vraiment en quoi les prix à new-york devrait avoir un quelqu’onque lien avec les prix dans le reste du pays. Malheureusement les métropoles se sont énormément gentrifié et ont expulsé les classe moyennes. Maintenant ce sont des parc d’attraction réservé au CSP+ et il est normal que les prix y augmentent beaucoup plus vite que dans le reste du pays. Et puis à ma connaissance l’inflation à new-york est mesuré avec la même méthode que l’inflation global donc si l’une est fausse alors l’autre aussi.

J’espère que vous ne prendrez pas mal mes remarques. Il ne s’agit pas de dire que vous avez tort ou que vous êtes idiot, mais que les informations que vous avez présenté ne sont pas suffisante pour conclure. Il faudrait aller au-delà.

Dernière modification par DecroissanceNoire (07/05/2021 13h00)

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#900 07/05/2021 13h32

Membre (2015)
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Thucydide a écrit :

L’histoire n’est qu’un éternel recommencement

Wikipédia a écrit :

Recency bias is a cognitive bias that favors recent events over historic ones.
When it comes to investing, recency bias often manifests in terms of direction or momentum. It convinces us that a rising market or individual stock will continue to appreciate, or that a declining market or stock is likely to keep falling. This bias often leads us to make emotionally charged choices—decisions that could erode our earning potential by tempting us to hold a stock for too long or pull out too soon





Scipion8 a écrit :

La Fed va délibérément laisser l’inflation dépasser sa cible de 2% pendant un certain temps, afin de compenser la période d’inflation faible. A mes yeux, le marché sous-estime la détermination de la Fed et sa volonté de combattre le risque déflationniste - bien plus dangereux dans l’environnement actuel que le risque inflationniste. (Les banques centrales sont structurellement bien mieux équipées pour faire face à une inflation excessive qu’une déflation.)

Dernière modification par zeboulon (07/05/2021 14h51)


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