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#701 13/06/2020 23h56

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Scipion8 a écrit :

Se résigner à la performance de l’indice est sans doute un choix rationnel pour la plupart des investisseurs amateurs, qui n’ont ni le goût, ni le temps, ni les compétences pour tenir parti de ces opportunités. J’ai fait un choix différent, parce que j’ai certains avantages analytiques par mon profil professionnel, et parce que c’est mon goût. Que le travail soit récompensé fâche manifestement certains, mais je continuerai à tracer ma route comme je l’ai toujours fait, en laissant les critiques derrière moi.

C’est essentiellement la partie en gras qui fait que je ne peux reproduire (pour l’instant, j’espère) le même type de stratégie et qu’en tant qu’investisseur amateur il est plus facile d’investir sur un ETF world mais je lis avec beaucoup d’enthousiasme et de respect vos contributions donc sachez que celles-ci sont appréciées et pas que critiquées.

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[+1]    #702 14/06/2020 00h28

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@MetalFlakeGreen : 1) La performance globale est la moyenne pondérée des performances YTD des 5 poches.

Une façon plus rigoureuse de la calculer serait de calculer le TRI du portefeuille global, en reconstituant le calendrier des apports et retraits pour les 5 poches. Je le fais pour les 4 poches françaises et européennes (pour lesquelles les apports/retraits sont rares voire inexistants), mais pas pour le portefeuille IB (apports nombreux), pour lequel je récupère directement la performance (time-weighted return) calculée par IB.

EDIT : Après vérification (un tel décalage entre la performance en % et la performance en k€ me semblait aussi bizarre), les +2,16% affichés initialement correspondaient à la performance globale lors de mon précédent update (4 juin). La performance globale YTD au 13 juin, calculée comme la moyenne pondérée des performances des 5 poches, est de -1,60% et la surperformance face à un ETF Monde passe à +6,57%. J’ai fait les corrections dans le message précédent.

2) Je n’intègre pas les effets de change. Mon portefeuille IB (comme les autres) est en euro, pour des raisons notamment fiscales. Les benchmarks fournis par IB sont des ETF en US dollar (VT et SPXTR). A la place je pourrais prendre des ETF S&P500 et Monde (CW8, EWLD…) en euro. Cette année les effets de change sont légèrement défavorables.

3) De façon générale, je trouve l’investissement en ETF très adapté pour la plupart des investisseurs amateurs.

Mon "attaque" n’est pas contre les ETF mais contre leur érection en dogme, voire en religion, selon laquelle il serait impossible de les battre. Cette assertion n’a aucune base scientifique. Il est très peu probable que l’efficience des marchés soit parfaite, absolue et constante. On peut élaborer des stratégies battant les indices avec une très forte probabilité de succès, par exemple :

- acheter un ETF Monde avec un peu de levier (pas trop pour éviter les appels de marge lors des krachs) bat un ETF Monde non-leveragé sur la durée ;

- observer les patterns de stock-picking d’un échantillon représentatif d’investisseurs amateurs / inexpérimentés (forums, Robinhood etc.), exclure ces valeurs populaires (dividend yield élevés, value traps, couteaux qui tombent etc.) et acheter le reste de la cote a toutes les chances de battre l’indice sur la durée ;

- éliminer les secteurs matures / déclinants et se concentrer sur des valeurs de qualité de secteurs en croissance, de façon très diversifiée (c’est en gros mon approche), doit aussi permettre de battre l’indice sur la durée ;

- on peut sans doute aussi battre les indices sur la durée par des stratégies value quantitatives, comme le fait Higgons ;

- répliquer strictement l’indice et attendre une macro-inefficience majeure (comme en mars 2020) pour investir massivement peut aussi être une façon de surperformer sur la durée (c’est aussi l’un de mes axes de travail).

Il y a maintes pistes pour battre les indices sur la durée, même si je conviens volontiers qu’aucune n’est facile. Je critique la culpabilisation par les adeptes du 100% ETF de ceux qui font le choix d’une gestion plus active, en l’occurrence en battant parfois les indices.

4) Je critique par ailleurs l’omission par ces adeptes du 100% ETF des risques inhérents à ce produit : quand on compare un panier de titres vifs à un ETF, on oublie un peu vite que les investisseurs en ETF prennent des risques spécifiques de contrepartie, de liquidité, de fermeture etc. inhérents à ce produit, et absents d’un panier de titres vifs. Perso je ne jouerai jamais ma vie sur la santé d’un Amundi ou d’un Lyxor. L’ETF présente une couche d’ingénierie financière absente d’un portefeuille "plain vanilla". Les risques les plus catastrophiques sont a priori marginaux (cygnes noirs), mais on a vu récemment les désagréments causés par des fermetures d’ETF ou le retrait de leur éligibilité PEA.

Cela ne signifie pas que les ETF sont un mauvais produit (au contraire), mais simplement qu’il faut être conscient de ces risques, les diversifier… et ne pas les omettre quand on veut donner des leçons à ceux qui choisissent une gestion plus active.

5) A mon sens, pour juger de la pertinence d’une stratégie de stock-picking, il y a 2 paramètres essentiels :

- la durée de la période d’observation : je suis bien d’accord avec vous et Fructif sur ce point ; il faut regarder la performance relative sur plus longue période pour tirer des conclusions plus solides. Il est tout à fait possible que les facteurs qui ont conduit à une surperformance pendant 2 ans s’inversent les années suivantes (même si ma conviction est que ce ne sera pas le cas, pour des raisons économiques et monétaires).

- le nombre de lignes : ce paramètre est fréquemment oublié mais il est crucial à mon avis. La "reproductibilité" d’une surperformance sur 300 lignes n’est pas du tout la même que sur 30 lignes…

Je fais tout pour surperformer mais je n’ai évidemment aucune certitude sur le fait que ce sera toujours le cas. En tout cas, je me donne cette opportunité - tout en maîtrisant ma prise de risque par rapport à l’indice via une très grande diversification. Par ailleurs je suis en train de réduire ma "distance" par rapport à l’ETF Monde, du point de vue de l’allocation géographique, toujours pour mieux maîtriser mon risque de sous-performance.

Mon message principal portait plus sur la transparence que sur la performance. Je vois le travail, ou en tout cas, une réflexion approfondie, comme une condition sine qua non pour battre le marché pour un investisseur (plus ou moins) actif, mais évidemment pas comme une garantie de succès (comme pour à peu près tout dans la vie, d’ailleurs).

Dernière modification par Scipion8 (14/06/2020 11h01)

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[+2]    #703 14/06/2020 01h41

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Scipion8 a écrit :

Je critique la culpabilisation par les adeptes du 100% ETF de ceux qui font le choix d’une gestion plus active, en l’occurrence en battant parfois les indices.

Il y a aussi sur ce forum de nombreux adeptes du "buy and hold" qui peuvent critiquer les partisans du "market timing".

Mais pourquoi se sentir coupable ?
Chacun fait ce qui lui plaît …

Scipion8 a écrit :

Je vois le travail, ou en tout cas, une réflexion approfondie, comme une condition sine qua non pour battre le marché pour un investisseur (plus ou moins) actif, mais évidemment pas comme une garantie de succès (comme pour à peu près tout dans la vie, d’ailleurs).

D’accord pour la réflexion.
On ne peut pas faire n’importe quoi, en comptant sur la chance on aura à long terme un résultat dans la moyenne (quoique des singes ont eu de meilleurs résultats que certains traders qui avaient beaucoup réfléchi).

Approfondie ? Avec l’expérience sur de nombreuses années ça peut tendre vers l’intuition.
On peut suivre aussi les réflexions de certains "experts". Et ça peut marcher.
De même des idées simples peuvent marcher : Mme Michu qui a acheté Apple parce qu’elle aime bien son iPhone.

Donc pas besoin nécessairement de tant de travail. Surtout si la performance en suivant le marché (moins les frais et les impôts) est suffisante pour vivre de ses rentes.

Dernière modification par ArnvaldIngofson (14/06/2020 02h32)


Dif tor heh smusma

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Favoris 1   [+4]    #704 14/06/2020 09h53

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Je n’apprécie guère les dérives sur la vie privée présentes dans cette file . Chaque être est complexe et libre à lui d’adapter au mieux ses choix : pas besoin d’explications. "Do your best".
Pour le portefeuille de Scipion , je n’apprécie guère non plus car je suis incapable de suivre un tel portefeuille par manque de connaissances, de temps …bref car je n’ai pas les compétences de Scipion.
Cela ne m’empêche pas de lire avec plaisir tous ses posts , argumentés, clairs, sans filtre ,d’une grande qualité à mes yeux.
Battre un indice comme le world est bien mais en fait, le portefeuille proposé n’est qu’un world avec des convictions, de la complexité et donc dans ce cas précis de l’alpha. Tant mieux car tant d’efforts et de connaissances sans alpha serait d’une grande tristesse.
Je reste persuadé que peu de personnes peuvent arriver à un tel résultat (pour les raisons déjà citées) avec un risque dilué. Pour ceux là un world et qqes ETF suffiraient sans doute à leur bonheur.
Bref Scipion, je n’apprécie pas la structure de votre portefeuille qui me renvoie mes manques de connaissances sad   mais chapeau !


Think Happy, Dream Big, Do your Best !

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#705 14/06/2020 11h09

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Bonjour,
J’ai l’impression que le terme "biais cognitif" a déclenché un petit orage. Il n’y a pourtant rien d’offensant: il ne s’agit que d’une caractéristique de l’esprit (on pourrait faire le parallèle avec les illusions optiques: c’est comme ça, pour chacun, ce n’est pas une maladie honteuse pourrait-on dire).

Quand aux remarques / questionnements sur votre méthode de calcul: ok, je note que pour votre portefeuille global vous ne saisissez pas tous les trades / apports -je pensais que c’était nécessaire, mais utilisez une autre méthode (une moyenne des composantes de votre portefeuille).
Clairement, je n’ai pas de connaissances poussées pour apprécier si c’est une méthode classique.
J’avoue être surpris qu’une perte (latente) donne une performance positive (-30 045€ = +2,16% de performance pour le "portefeuille global"). [edit: Ca a été corrigé visiblement -dommage, j’aurais pu croire que mes lignes en MV avaient quand même une performance positive -zut! ]
Manque de connaissances de mon coté sans doute puisque le forum entier semble trouver ça évident [edit: a trouvé ça évident jusqu’à la correction] -rien d’étonnant ici, je ne me targue pas d’être professionnel ni même amateur éclairé, mes connaissances sont assez modestes -si poser des questions ou s’interroger quand on est un peu "noob" est malvenu: aucun soucis, je continuerai à trouver étrange de découper son portefeuille comme vous le faites et ça ne changera la vie de personne -il ne s’agit que de discussions sur internet.

Dernière modification par Palawan (14/06/2020 11h26)

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[+2]    #706 14/06/2020 11h22

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Pour info Scipion a fait une mise à jour :

-30k€ -> -1,60% pour le portefeuille global.

Ce qui est en positif c’est l’alpha de son portefeuille vs les indices (même en MV on peut être en gain VS les indices…).

Concernant la méthode de calcul d’une performance, c’est évident que Scipion ne prenait pas en compte les apports et calcule une vraie variation de valeur de part (il serait sinon en positif cette année). Il faut prendre le temps de comprendre les chiffres avant de l’accuser.

Concernant la manière de se comparer aux indices, il y a 2 manières de faire :

- la comparaison « directe » en regardant la valeur du benchmark depuis le début de l’année. C’est ce que 95% des gens font : par exemple S&P500 est à -6,65% en YTD.

- la comparaison avec le benchmark mais en simulant des apports au même moment que les votres sur l’indice. C’est un peu comme si on achetait un ETF S&P500 à la place. Dans ce cas, la performance serait meilleure que plus haut comme des apports ont été faits au plus bas des indices. Si j’ai bien compris, c’est la méthode de calcul de IB.

-> Scipion est donc conservatif sur sa manière de calculer sa performance.

Il y a juste deux biais selon moi :

- les effets de change ne sont pas pris en compte.

- l’ETF S&P500 utilisé est distributif donc chute d’environ 1,8% par an (rendement moyen du S&P500).

Dernière modification par MrDividende (14/06/2020 11h25)

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#707 14/06/2020 11h34

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OK MrDividende: j’ai vu la correction et corrigé.
Oulala! mais où voyez vous des "accusations"? On est dans une discussion = mettre en cause les propos de quelqu’un permet par ses réponses soit de conforter ce que l’on pense, soit de le corriger -après quelques ajustements éventuels… non?

Par contre: OK sur les 2 méthodes de calcul: c’est exactement un des points que j’essayais de comprendre, et pointais dans mon message (2eme méthode: il faut simuler les mêmes apports avec la même marge -la 1ere méthode: même si comme vous le dites 95% des gens l’utilisent: OK, ça me semble fallacieux et c’était le sens de ma remarque sur les apports vs l’indice). Comme quoi!

PS: pitié, ne parlez pas de biais! lol [le "lol" est-il autorisé? sorry si non!]

Dernière modification par Palawan (14/06/2020 11h42)

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Favoris 1    #708 14/06/2020 14h27

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Bon j’explique pourquoi le MSCI world est un bon benchmark pour vous, sachant que vous l’avez sur performé ; et j’écris noir sur blanc que je ne vous suspecte pas de lancer plusieurs stratégies pour garder la meilleure (mais qu’il faut faire attention à ce genre de pratique). Et vous vous offusquez. Ok. J’éviterai d’intervenir ici. Cela ne me pose aucun problème.

Mais quelques points tout de même :
- je ne pense pas que quelqu’un ai dit que c’était impossible de dépasser le MSCI world. C’est juste très difficile autrement que par chance. Michael Jordan existe qu’il faut conseiller a ses enfants de devenir joueur de basket pro !
- de nombreux investisseurs passifs préfèreraient que l’investissement actif fonctionne. Dont moi …
- je n’ai jamais demandé à supprimer mon portefeuille. C’est dommage de colporter des rumeurs. J’espère que c’est un cas isolé dans vos écrits. Et je ne comprends pas votre intérêt à parler de choses que vous ne connaissez pas. Vous êtes l’administrateur de ce forum ? IH vous aurait fait cette confidence ? (Ça m’étonnerait car ce n’est ni le style d’IH ni la vérité). Je pense que c’est tout simplement un problème informatique !
- oui je gère une partie de portefeuille en direct. C’est du smart bêta. Vous pouvez appeler ça de l’investissement actif si vous le désirez. Je ne le fais pas. Mais ça mérite un débat. D’ailleurs sachez que mon portefeuille financier n’est pas aligné avec le MSCI world. Les raisons sont multiples et complètement  cohérentes avec les contenus que je publie.

Bonne continuation, j’arrête de polluer votre file.

Dernière modification par Fructif (14/06/2020 14h28)

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Favoris 1   [+1]    #709 14/06/2020 15h15

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@Fructif : Je n’ai rien à redire à vos récents posts #689 et #694 sur cette file, bien au contraire : je les trouve intéressants, utiles (notamment par les sources citées) et pertinents sur cette file - comme toutes vos contributions sur ce forum, en général. Et je partage complètement vos différents points sur le choix du benchmark, le fait qu’un MSCI World est sans doute le plus approprié pour moi, le fait qu’il ne faut pas en changer de façon opportune, ou qu’il faut une période d’observation assez longue pour tirer des conclusions sur la pertinence d’une stratégie active.

Mais quand vous dites "vous avez raison" à Palawan après ses insinuations malveillantes et/ou à côté de la plaque (les apports prétendument comme source de surperformance, la marge etc.), je ne suis pas d’accord. Et quand Dangarcia en remet une couche derrière, je me sens obligé de remettre les pendules à l’heure (aussi, pour tout dire, parce que Palawan et Dangarcia ont, dans d’autres files, fait des interventions à mon endroit que j’ai peu appréciées mais laissées sans réponse, ici et ). J’ai répondu de façon groupée et un peu abrupte (mais je pense claire/utile sur le fond), désolé que vous ayez été pris dans des feux croisés. Quant à la suppression de votre file de portefeuille, c’était ma compréhension, désolé si ce n’est pas le cas (et en tout cas je vais sauvegarder la mienne car j’apprécierais de la garder pour mes vieux jours).

Vous promouvez activement les ETF auprès des investisseurs amateurs, et vous avez bien raison, c’est un produit pertinent. Cela suscite parfois un enthousiasme exagéré dans la foi en la gestion passive 100% ETF conduisant parfois certains (pas vous) à culpabiliser ceux qui font le choix d’une autre gestion, ou, si jamais ils surperforment, à les considérer avec suspicion (façon interrogatoire). En général ce sont des repentis du trading, qui se convertissent en chevaliers templiers de l’investissement passif. Une autre option est d’éviter de faire n’importe quoi. Il y a heureusement tout un continuum de stratégies appropriées, entre les 2 extrêmes que sont la pure gestion passive 100% ETF World et le trading à gogo. Et je comprends d’ailleurs que pour votre gestion vous vous situez dans cette zone intermédiaire. Mon message d’hier visait surtout à remettre les pendules à l’heure sur le niveau de transparence que je m’impose, rare chez mes critiques.

Vos contributions (y compris critiques) sont évidemment toujours les bienvenues sur cette file.

@Palawan : Je vous confirme qu’une ligne en MV peut tout à fait avoir une performance positive. La performance ne s’apprécie pas au regard des PV/MV (qui ont une pertinence essentiellement fiscale), mais au regard du total return sur la durée de détention (évolution du cours de l’action + dividendes versés).

MrDividende a fait les clarifications nécessaires (merci !), même si la formule "prendre en compte (ou pas) les apports" est toujours source d’ambiguïté. Ce qu’il faut retenir, c’est que pour mon portefeuille IB j’utilise l’une des 2 mesures de performance proposée par IB (time-weighted return) - le standard généralement utilisé, je pense, et plus pertinent pour moi que l’autre mesure (money-weighted return), étant donné que je suis toujours 100% investi et je ne module pas le timing de mes apports selon ma perception du marché (ma seule stratégie de market-timing reposant sur l’utilisation de la marge). Pour les 4 autres portefeuilles, je prends bien en compte le timing des apports/retraits (très rares) pour calculer le TRI. Je ne vois pas où est le "biais cognitif" dans ces discussions techniques, mais vous êtes habitué de ce genre de remarque, donc je vous laisse vous en amuser si c’est votre préférence.

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#710 14/06/2020 20h14

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Etait-il nécessaire de relancer?
OK, rapidement:
1) Mon post sur le COVID: effectivement j’avais une position rigoureusement opposée à la votre, contestant l’interprétation des chiffres bruts qui vous amenaient à affirmer que l’épidémie était quasi réglée. Je trouve mon post très juste aujourd’hui encore. Ironie de l’histoire, le post date du dimanche 8 mars -nous savons la suite, le lendemain puis la semaine suivante… et ce n’est pas encore réglé, sanitairement et dans l’économie mondiale.

2) Je continue de considérer que penser "ses portefeuilles" pose problème, même si je l’exprime sans doute pas assez techniquement. On a des comptes (divers brockers), des enveloppes fiscales (PEA, CTO…), mais on a UN portefeuille. Pas plusieurs.
Je continue de considérer que ça crée un biais de penser ainsi.
Je n’exclue pas de me tromper sur ce point. Mais du reste, je ne crois pas avoir vu un autre forumeur expérimenté fonctionner ainsi -mais comme en toute chose, je suis toujours preneur de démenti et irai volontiers regarder les portefeuilles qui me seront signalés, pour essayer d’apprendre, et amender ma position.

Après: c’est votre portefeuille, donc faites vous plaisir… moi je vais ramasser mes courgettes, ça me semble une activité plus saine.

[edit: correction de style]

Dernière modification par Palawan (14/06/2020 20h35)

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#711 14/06/2020 20h46

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Scipion détaille la performance de chacun de ses portefeuilles (par transparence) mais il pourrait tout simplement ne donner que le résultat global. Cela perdrait (à mon sens) en intérêt. Scipion donne le résultat global, donc vous pouvez lire que cette ligne si c’est ce qui vous intéresse.

En revanche, c’est principalement son portefeuille IB où il applique « sa stratégie de screening ». C’est donc logique qu’il regarde plus attentivement la performance de ce portefeuille (puisqu’il reflète ses choix).

J’utilise également un screener qui donne des scores aux entreprises. Je suis bien plus attentif maintenant à la performance de mon portefeuille puisque c’est la meilleure manière de voir si notre travail est efficace.
Si on ne cherche pas à isoler cette performance, il est impossible de voire si notre approche est efficace ou non.

Dernière modification par MrDividende (14/06/2020 20h50)

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#712 14/06/2020 21h22

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Mais à quoi la comparer du coup ? On voit que certains comparent à Carmignac, d’autres S&P500 etc. ? Si la recherche du meilleur résultat est souhaitée, ne faudrait-il pas regarder quel indice ou quelle société d’investissement a fait le meilleur score sur une période identique et s’y comparer ?

Dernière modification par Geoges (14/06/2020 22h00)


Portefeuille | "Je peux être rentier à vie dès maintenant, à condition de mourir le mois prochain"

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#713 14/06/2020 21h39

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Palawan a écrit :

2) Je continue de considérer que penser "ses portefeuilles" pose problème, même si je l’exprime sans doute pas assez techniquement. On a des comptes (divers brockers), des enveloppes fiscales (PEA, CTO…), mais on a UN portefeuille. Pas plusieurs.
Je continue de considérer que ça crée un biais de penser ainsi.

Pourriez-vous expliciter la nature de ce biais et les problèmes que ça cause?

J’ai un PEA-PME et un CTO, les deux étant radicalement différents, à tous points de vue : tailles, fiscalité, univers d’investissements, objectifs (temporels et de finalité d’utilisation).
Bientôt, par dessus, deux AV (avec des UC), qui serviront des objectifs différents du CTO/PEA.

Tout ça forme UN patrimoine financier mais bien PLUSIEURS portefeuilles.

Je ne vois vraiment pas quel type de biais il y aurait à les considérer comme trois portefeuilles différents?

Dernière modification par carignan99 (14/06/2020 21h40)

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#714 14/06/2020 21h59

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Geoges a écrit :

Si la recherche du meilleur résultat est fait, ne faudrait-il pas regarder quel indice ou quelle société d’investissement a fait le meilleur score sur une période identique et s’y comparer ?

Non, car là vous souffrirez du biais du survivant: savoir que tel fond a fait un meilleur score ne sert à rien si vous n’avez aucun moyen de déterminer à l’avance que c’est ce fond là.

Je vois deux façons d’évaluer un portefeuille (ou une poche de portefeuille):
- définir une stratégie simple comparative: "si je n’avais pas fait de stock picking, j’aurais fait XXX". XXX peut alors être "tout investit dans S&P", ou "60/40 World/Fond Euro", etc)
- définir un objectif (c’est plutôt mon choix): je souhaite faire X% par an (assorti d’éventuelles autres conditions de volatilité, etc).

La première solution a l’avantage de fournir une solution de rechange si on finit par conclure à l’échec de la stratégie.
La deuxième a l’avantage de répondre à un besoin: j’ai besoin de X€ par an, faire moins, même en surperformant le world, c’ets un échec. Mais a l’inconvénient de laisser l’investisseur sans solution.

carignan99 a écrit :

J’ai un PEA-PME et un CTO, les deux étant radicalement différents, à tous points de vue : tailles, fiscalité, univers d’investissements, objectifs (temporels et de finalité d’utilisation).
Bientôt, par dessus, deux AV (avec des UC), qui serviront des objectifs différents du CTO/PEA.

Tout ça forme UN patrimoine financier mais bien PLUSIEURS portefeuilles.

Même avis de mon coté:
J’avais un portefeuille action réparti à la fois sur PEA et CTO plus un portefeuille permanent réparti sur AV, PEA et CTO. Les deux portefeuilles sont parfaitement disjoints et ça n’aurait eu aucun sens de les rassembler ailleurs qua dans la case "patrimoine".

Dernière modification par Faith (14/06/2020 22h01)


La vie d'un pessimiste est pavée de bonnes nouvelles…

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#715 15/06/2020 09h56

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Geoges, le 14/06/2020 a écrit :

Mais à quoi la comparer du coup ? On voit que certains comparent à Carmignac, d’autres S&P500 etc. ? Si la recherche du meilleur résultat est souhaitée, ne faudrait-il pas regarder quel indice ou quelle société d’investissement a fait le meilleur score sur une période identique et s’y comparer ?

C’est simple :

- si on veut évaluer un portefeuille actions dont l’univers d’investissement est les Etats-Unis, le S&P500 est un indicateur pertinent,
- si on veut comparer l’évolution de son patrimoine global, en supposant celui-ci équilibré (mettons 60 % actions, 30 %  obligations, 10 % monétaire, qui peut se permettre ou non d’être fluctuant) la comparaison avec un fonds flexible comme Carmignac Patrimoine est plus pertinente.

A titre personnel je fais ainsi :

- portefeuille actions : comparaison avec un ETF MSCI World ACWI IMI (développés + émergents, toutes capitalisations)
- portefeuille obligations : comparaison avec un ETF Global Bonds couverts en euros
- patrimoine global : comparaison avec le meilleur fonds flexible noté par Morning Star (Gold, 5 étoiles) : MFS Wealth Meridian Fund

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[+1]    #716 15/06/2020 20h28

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Je ne pense pas qu’un  fonds flexible comme Carmignac Patrimoine soit pertinent, quel que soit l’univers d’investissement considéré.

Un tel fonds flexible doit subir :
- les choix (forcément discutables) du gérant
- les frais de gestion, élevés.

Les seuls benchmark pertinents sont des indices , qui ne supportent ni frais ni choix de gestion active.

Si on a un patrimoine composé de 60 % actions, 30 %  obligations, 10 % monétaire, alors un benchmark recevable est :
- 60% MSCI world
- 30 % d’un indice obligataire mondial
- 10 % EONIA

Sachant qu’en tant qu’investisseur on toujours le choix de répliquer ce benchmark sous forme d’ETF (Amundi CW8,   iShares US Aggregate Bond UCITS ETF IE00BYXYYM63, …). Un tel choix supporte des frais minimes (<0.3% par an). Et donc se comparer à ce choix "lazy" est pertinent pour mesurer sa performance.

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#717 15/06/2020 23h59

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Oui, en fait dans mon cas c’est plus compliqué, car l’allocation est flexible, mais la vraie raison c’est juste que je ne sais pas comment se comparer à un panier d’indices dans xlsPortfolio smile

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Favoris 1    #718 12/07/2020 16h54

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Scipion08,

Votre remarque à un membre du forum sur la sous-performance massive à laquelle il se condamne avec quasi exclusivement des valeurs matures en portefeuille est d’une grande banalité.

Et pourtant cela m’a bousculé. Telle une faille qui s’agrandit et d’où s’échappe de plus en plus de lumière, je peux dire que quelques semaines après cette remarque, j’ai commencé à donner une nouvelle orientation à mon portefeuille. Je conserve tous les piliers - essentiellement des valeurs matures - mais les nouveaux apports seront orientés par petites touches sur des valeurs de croissance.

Malheureusement pour mon ego, mon premier investissement (LVGO) s’est envolé dans la foulée…bah il y en aura bien d’autres qui se chargeront de me poser les pieds sur la planète Terre.

parmi les ressources disponibles en matière de valeurs de croissance sur Twitter, je ne sais pas si vous connaissez Puru Saxena et surtout Brian Feroldi.

Voici pour exemple le dernier tweet de Brian : 

My stock-picking quality evolution
2005:  <$5 share
2006: >10% dividend yield.
I realized I suck & need help
2008: fool.com writers
2010: @tmfstockadvisor
2012: @tmfrulebreakers
2014: Tom Engle
2016: @fooljefffischer
Since 2018: My quality system (son système est détaillé dans un post du 03/02/18)
Checklist stocks:
ABMD ADSK APPS AVLR COUP CRWD DKNG FB GLOB GMED LVGO MDLA MITK NKE PINS QDEL QLYS QTWO RPAY SE SFIX SLP STAA TREE TWTR W CDLX JD RDFN TSLA BB.

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#719 12/07/2020 19h58

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Scipion8 n’a pas fait de message depuis presque un mois.
Il est parti sans nous dire au-revoir ?

On avait compris qu’il n’avait pas apprécié certaines critiques sur son portefeuille,
et qu’il avait des problèmes de couple.
Mais comme le montre sa réputation c’est un intervenant ayant de grandes qualités (et quelques petits défauts comme tout le monde).

Que se passe-t-il ?
Séquestré par sa copine à Bruxelles ?
Kidnappé dans un lointain pays d’Asie centrale ?
Enlevé par des extraterrestres ?
Plongé 24 heures sur 24 dans le day-trading ?

Scipion8, on voudrait des nouvelles …


Dif tor heh smusma

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#720 12/07/2020 21h16

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La période estivale y est aussi peut être pour beaucoup.

Ou le retour à la vie "normale" après ce confinement et cette déconnection du monde réel.

Ou tout simplement un petit moment à 2

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Favoris 1   [+7]    #721 03/08/2020 20h59

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Bonjour,

Une mise à jour de mon portefeuille boursier :

1) Performance

Avec une performance YTD de +8,5%, mon portefeuille devance un ETF Monde (VT) d’environ 10 points de pourcentage, principalement grâce à l’excellente performance de mon portefeuille IB (américain à 84% mais comprenant aussi notamment 4% de valeurs chinoises et 1,5% de valeurs australiennes, qui ont bien performé récemment). Ce portefeuille IB bat son benchmark, le S&P500, de 28 points cette année.

Toutes les autres poches battent leurs benchmarks respectifs. Je suis notamment très satisfait de mon portefeuille Europe (Binck), qui bat son benchmark de 10 points. Le PEA-PME, avec une orientation value, se débrouille aussi très bien, battant son benchmark de 7 points. Le PEA performe mieux que le CTO France (mon ancien navire amiral), ce dernier étant handicapé par les foncières.
https://www.devenir-rentier.fr/uploads/12850_2020-08-03_scipion8_overview.jpg
Désormais, mon navire amiral est clairement mon portefeuille IB, qui représente 47% de la taille nette et 55% de la taille brute du portefeuille : cette année m’aura permis de me rapprocher considérablement de mon allocation géographique cible et de réduire significativement ma surexposition à la France.

La surperformance de ce portefeuille IB semble relativement stable, les longues phases de "grappillage" de points par rapport au S&P500 étant compensées par de petits décrochages (comme vers mi-juillet), que j’ai appris à mieux appréhender. Je vois cela comme de saines mini-consolidations, avant de nouvelles phases de surperformance. Le levier de ce portefeuille est actuellement de 1,4, un peu au-dessus de ma cible (1,3). Mais ma reprise prochaine d’une activité professionnelle et le retour de flux réguliers d’épargne me rendent plus confiant dans ma capacité à gérer correctement ce levier en cas de nouveau krach.
https://www.devenir-rentier.fr/uploads/12850_2020-08-03_scipion8_ib_perf.jpg
Sans surprise, les principaux contributeurs à ma surperformance sont les valeurs technologiques, avec un quasi sans-faute. La bonne performance du secteur de la santé, l’un de mes secteurs favoris, est aussi une belle satisfaction. Mes performances sont plus mitigées dans les secteurs industriels et financiers - mais pas d’inquiétude particulière sur le long-terme. Je me questionne davantage sur les REITs, qui ont bien souffert et que j’hésite à renforcer.
https://www.devenir-rentier.fr/uploads/12850_2020-08-03_scipion8_ib_contributors.jpg

2) Derniers mouvements

Pas mal de mouvements depuis mon dernier update début juin : j’ai investi mes dernières munitions sur épargne professionnelle début juin, avant d’opérer quelques investissements à la marge (et via la marge) en juillet, quand je ne pouvais plus compter sur des flux d’argent frais (jusqu’à ma prise de fonctions prochaine).

a) En Amérique du Nord (portefeuille IB) :

- Technos : Coupa (gestion des dépenses des entreprises), NICE Systems (entreprise israélienne spécialisée dans l’analyse et la surveillance de données enregistrées), Dynatrace (intelligence artificielles pour les environnements cloud), Teradyne (robots et tests pour des industries variées), Tyler Technologies (software pour le secteur public), KLA Corp (systèmes de contrôle pour l’industrie des semi-conducteurs), Qualys (sécurité du cloud), ZoomInfo Technologies (base de données professionnelle), Akamai (réseaux de diffusion de contenus, cybersécurité)

- Santé : Quidel (tests de diagnostic, utiles en ce moment face à la pandémie = hausse parabolique…), Simulations Plus (software pour la simulation de tests pharmaceutiques, je crois bcp en ce secteur et je souhaitais compléter mon investissement sur Schrödinger), ResMed (équipements médicaux pour le traitement des troubles respiratoires), Avantor (équipements de laboratoires), Myokardia (traitements des troubles cardiaques), Amedisys (services de santé à domicile), Dyadic International (produits pour le développement de vaccins), Biohaven Pharmaceuticals (traitements pour les troubles neurologiques), Bio-Rad (produits pour les diagnostics), Regeneron (une grosse pharma), Bio-Techne (produits pour les diagnostics et la recherche médicale), Humana (assurance santé), Molina Healthcare (assurance santé). Vous l’aurez compris, je m’expose massivement à des valeurs qui pourraient profiter d’une pandémie prolongée (et/ou de ses conséquences). C’est une manière "offensive" de couvrir partiellement mon portefeuille, évidemment exposé à ce scénario.

- Finance : MarketAxess (plateforme électronique de trading), Palomar (assurance)

- Consommation courante : Wingstop (chaîne de restaurants spécialisée dans les ailes de poulets, dans une ambiance aéronautique…), Pool Corp (piscines), Boston Beer (bières pour bobos - je viole un peu mon filtre éthique anti-alcool)

- Divers : Xpel (films de protection)

- Or : Wesdome Gold Mines, Ely Gold Royalties. J’aime bien l’or dans le contexte actuel, même si contrairement aux gold bugs, je ne crois pas du tout à un scénario inflationniste. En revanche, des QE à répétition pourraient profiter à l’or. J’essaie d’être très sélectif dans mon choix de minières aurifères, craignant la dilution, structurelle dans ce secteur.

- Mini-positions spéculatives : Nikola (véhicules électriques - j’ai voulu surfer sur la bulle, mal m’en a pris), Plug Power (piles à combustible - une valeur chère aux utilisateurs de Robinhood, ce qui n’est pas super rassurant…), Workhorse (camions électriques - là mon surf s’est mieux passé)

- Mini-positions sur IPOs récentes : Shift4 Payments (systèmes de paiement), Lemonade (un candidat "disrupteur" dans le secteur des assurances), Jamf (services pour les équipements Apple pour les entreprises), nCino (cloud pour les banques), Sprout Social (gestion des médias sociaux pour les entreprises)

- Day-trading : quelques allers-retours fructueux sur Visa (pour empocher 100$ à chaque fois) - mais bon ce n’est vraiment pas mon style…

- Une vente : je ne vends jamais, sauf si j’y suis "forcé" par une OPA/OPR ou… une fraude (+ retrait forcé de la cote US) : Luckin Coffee (MV -95%)

b) En Europe (portefeuille Binck) : L’excellente performance de mon portefeuille américain m’a permis d’en extraire 20k€, sans augmenter le levier (qui décroît, à utilisation constante de la marge, lorsque la valeur des titres augmente) et de renforcer considérablement mon portefeuille européen. Tirant les enseignements de mon expérience américaine, je souhaite donner à ce portefeuille européen une orientation croissance plus marquée. A cette fin, j’ai acheté les valeurs suivantes :

- Technos : ASML (semi-conducteurs), Cellnex (tours télécoms), Sinch (communications cloud), SAP (software ERP), ASM International (équipements pour l’industrie des semi-conducteurs), LPKF Laser & Electronics (lasers)

- Santé : AstraZeneca (en tête dans la course contre le COVID ?)

- Finance : Adyen (systèmes de paiement), LSE Group et Deutsche Börse (places boursières)

- Énergies vertes (merci à CroissanceVerte pour les idées !) : Grenergy Renovables, ITM Power, Nel, PNE AG, 2G Energy, Alfen, Vow ASA

- Livraisons de repas à domicile : HelloFresh, Delivery Hero, Just Eat Takeaway

- Jeux vidéos : Stillfront Group, Team 17

- Équipements de la maison : Steico (isolation), Harvia (saunas)

- Parfums & arômes : Symrise (concurrent de Robertet et de Givaudan)

- Mode : Boohoo (très mauvais timing)

- Immo : Vonovia

De façon générale, l’offre de valeurs de croissance est beaucoup plus étroite en Europe qu’aux USA. On les trouve surtout dans les quelques secteurs cités - alors qu’aux USA l’offre est pléthorique grâce au boom du SaaS/cloud. Du coup, je pense qu’il y a "surcharge" des investisseurs sur les quelques valeurs de croissance européennes, résultant en des hausses paraboliques et une forte volatilité - plus difficile à gérer à mon goût qu’aux USA.

c) En France/Belgique (réinvestissement de dividendes) : Voltalia (énergies renouvelables) et Sofina (holding)

3) Gérer un portefeuille en phase de rente

Cette phase de 2 mois sans revenus professionnels (qui devrait encore se prolonger 2 mois) me donne l’opportunité d’expérimenter la gestion de mon portefeuille à la façon d’un "rentier" :

- Je consomme les dividendes du CTO France, mon seul portefeuille avec une orientation (limitée) vers la production immédiate de dividendes (les 4 autres enveloppes étant consacrées à la capitalisation) : je pense consommer environ 1k€ / mois de dividendes. C’est suffisant pour moi actuellement, car mes dépenses dans mon refuge aveyronnais sont limitées. Pour vivre plus confortablement (en célibataire), une rente de 2k€ / mois serait préférable… Ce sera une réflexion pour 2021, même si les points d’entrée actuels sur les banques, foncières et pétrolières françaises (toutes grosses productrices de dividendes) semblent intéressants. Pour l’instant je privilégie la performance (total return) au détriment des dividendes, mais je n’exclus pas de renforcer un peu la production de dividendes de ce CTO France.

- Comme d’autres, je fais l’expérience de la corrélation entre ma situation professionnelle et la production de dividendes de mon portefeuille : difficile de gérer une baisse des dividendes alors que l’on ne peut plus compter sur des revenus professionnels…

- Une autre façon d’extraire du cash d’un portefeuille boursier (sans rien vendre, ce dont j’ai horreur et qui a en outre un coût fiscal) est d’utiliser la marge. Je n’ai pas eu besoin de le faire, mais ce serait faisable, grâce au dynamisme de mon portefeuille IB (et au faible coût de la marge). J’aurais pu ainsi consommer une partie des 20k€ que j’ai extraits de mon portefeuille IB, tout en maintenant un levier constant. Si je ne dis pas de bêtises, c’est ce que font beaucoup de ménages fortunés, dont les dépenses (autrement plus importantes que les miennes) sont financées par un crédit Lombard accordé à très faible coût par l’établissement bancaire où sont placés leurs titres. Si je devais affronter une autre phase sans revenus professionnels, il faudrait que j’intègre cette possibilité comme alternative possible (et sans doute supérieure ?) au renforcement de la production de dividendes.

4) Prochaines étapes

A 969k€, mon portefeuille boursier s’approche de la cible ambitieuse de 1M€ que je m’étais fixé pour fin 2020, synonyme d’indépendance financière. Évidemment, le risque d’une nouvelle grosse correction existe, mais le retour de flux d’épargne mensuels significatifs (même si sans doute un peu réduits par rapport à mes missions africaines) devrait me permettre de franchir ce seuil sans trop de soucis.

Créé il y a 2 ans, mon portefeuille IB a généré 160k€ de PV et dividendes, avec un très faible risque idiosyncratique, et tout en surmontant une grosse correction (4e trimestre 2018) et un krach (février-mars 2020). J’estime qu’il devrait générer au moins 100k€ / an ces prochaines années - soit l’équivalent d’un bon job, et un niveau largement suffisant pour l’indépendance financière. Mes autres poches fournissent des dividendes (CTO France), des moteurs auxiliaires de capitalisation (CTO Europe, PEA, PEA-PME) et de la sécurité (fonds €).

En cohérence avec ma philosophie patrimoniale (la superposition de "couches" de patrimoine répondant à mes besoins, selon la pyramide de Maslow), je devrais pouvoir prendre un peu plus de risques pour la prochaine "couche", et être plus ambitieux en termes de performance. C’est déjà un peu ce que je fais, en achetant agressivement des valeurs de croissance, avec une utilisation assez prudente de la marge (levier d’environ 1,2 sur le portefeuille global). A priori je pense conserver les 2 piliers clefs de ma gestion - l’ultra-diversification et le buy & hold - mais j’entame une réflexion pour 2021 sur l’ajout de stratégies plus offensives.

Dernière modification par Scipion8 (04/08/2020 09h43)

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[+1]    #722 04/08/2020 08h48

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Je suis ravi de voir dans votre portefeuille 5 actions qui figurent dans le mien :

Tyler www.devenir-rentier.fr/p429173#p429173 (-5%)
Resmed www.devenir-rentier.fr/p417614#p417614 dont l’achat n’avait pas été signalé avant le reporting (+20%)
Sinch www.devenir-rentier.fr/p417050#p417050 (+76%)
Nel www.devenir-rentier.fr/p402367#p402367 trouvée aussi chez croissanceverte (+46%)
Steico www.devenir-rentier.fr/p421699#p421699 (+43%)

Pour aller dans votre direction deux petites idées :

1- J’ai vu que vous êtes entré sur Pool Corp. J’ai hésité à y aller ainsi que sur Fluidra. Bien chères. Finalement j’ai acquis hier à la clôture Piscines Desjoyaux smile !

2- Pour ma part j’ai complété Steico avec Sto. Autre valeur allemande dans le bâtiment "vert" (rénovation de façade). Bien plus lourde, bien moins chère. C’est (pour le moment) la première position du fond Ennismore www.ennismorefunds.com/documents/OEIC/N … n%2020.pdf mais le blog Value & Opportunities la trouve trop molle. valueandopportunity.com/2020/07/29/all- … more-37454
A voir !

Dernière modification par bajb (04/08/2020 08h51)


"Il ne faut pas voir les héros de la coulisse. Quand ils coïncident un moment avec leur légende c'est déjà beaucoup."

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#723 04/08/2020 17h26

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Bonjour Scipion8.

Merci pour ce portefeuille intelligent, qui prouve que le travail peut être récompensé. J’ai une question au sujet du dernier krach boursier et d’IB: vous utilisiez un levier de 20% en février 2020, comment s’est passé l’évolution de votre marge disponible svp? Votre portefeuille a dû baisser d’au moins 40 % les 20 et 23 mars, avez vous compensé en apportant des liquidités, ou la sécurité du levier modéré était-elle suffisante svp?

Merci d’avance.

Cordialement.

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#724 04/08/2020 17h47

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Scipion8, le 03/08/2020 a écrit :

[…] et de la sécurité (fonds €)

Ah justement, je voulais vous demander votre point de vue en tant qu’investisseur mais aussi avec votre regard de banquier central sur comment implémenter cette partie du portefeuille ? Qu’envisagez-vous pour les années à venir ? Fonds € ? fonds obligataires ? obligations en direct ? corporate ? HY ? indexées sur l’inflation ? diversification en devises ?

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Favoris 3   [+5]    #725 05/08/2020 02h03

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@Trahcoh : Je suis amateur de stratégie militaire et j’en utilise un concept pour organiser la "défense" de mon portefeuille face à des chocs majeurs comme celui de février-mars 2020 : la défense en profondeur, dont le meilleur exemple est sans doute la bataille de Kursk (été 1943).

J’organise ainsi la défense de mon portefeuille selon plusieurs lignes défensives, qui sont activées ou non selon l’ampleur de l’attaque :

1ère ligne de défense : mon investissement mensuel régulier : c’est évident pour beaucoup ici, mais en cas de choc, je continue mon investissement mensuel, de façon diversifiée mais avec une surpondération nette des valeurs que je trouve les plus solides, et que j’achète ainsi à bon prix. Le choc de février-mars m’a ainsi donné l’occasion de construire de grosses lignes Microsoft et Mastercard, par exemple.

2e ligne de défense : la marge (utilisée de façon contracyclique) : c’est un outil puissant, puisque l’on peut ainsi acheter des titres à bon prix lors d’un choc sans apporter de fonds. Évidemment, c’est un outil d’autant plus puissant que le portefeuille est significatif, puisque la marge disponible est déterminée par la valorisation et le risque des titres déjà en portefeuille, utilisés en garantie par le broker. Je pense par ailleurs qu’une grande diversification du portefeuille permet de réduire le risque perçu par le broker, donc potentiellement d’augmenter la marge disponible.

De mémoire :

- Début février, avant le krach, j’avais un levier de 1,2 sur mon portefeuille IB (valorisé 350k€) et une utilisation de la marge d’environ 50k€. J’avais alors un "pouvoir d’achat" sur IB d’environ 750k€.

- Avec le krach, ce pouvoir d’achat sur IB a chuté rapidement du fait de 3 effets conjugués : (i) la baisse de valeur des titres, (ii) la hausse du risque perçu par IB, et (iii) mon utilisation (contracyclique) de la marge.

- J’ai utilisé la marge par paliers, avec des seuils de déclenchement que j’ai déterminés à partir du niveau du S&P500 avant le krach : -5%, -10%, -15%, -20%, -25%, -30% etc. J’ai rigoureusement respecté ces seuils, avec un budget d’intervention qui augmentait à chaque palier (10k€, 15k€, 20k€). J’ai ainsi accompagné les marchés dans leur phase baissière, ce qui a accru temporairement mes pertes (jusqu’à -350k€ sur le portefeuille total) et le risque du portefeuille - mais de façon calculée. Pendant cette phase de baisse, mon portefeuille a effectivement baissé plus rapidement que les indices, comme on peut le voir sur le graphique de performance dans mon précédent message.

- Au total j’ai investi un peu plus de 100k€ via la marge IB pendant la phase baissière de février-mars, en plus de mon investissement mensuel régulier (environ 15k€ / mois).

- Au point bas du marché (23 mars), mon levier sur IB dépassait 1,6, mon portefeuille ne pesait plus que 200k€ et mon pouvoir d’achat sur IB n’était plus que de 200k€ (soit une baisse de plus de 500k€ depuis le début du krach !). J’étais prêt à continuer d’intervenir jusqu’à un levier de 2.

- Tous ces investissements pendant la jambe baissière du V sont devenus gagnants l’un après l’autre pendant la longue remontée (j’avais le sentiment de retrouver mes "petits cailloux" semés pendant la baisse).

- Désormais, mon utilisation de la marge sur IB est de 183k€, soit un levier de 1,4 pour une taille nette de portefeuille de 450k€ et un pouvoir d’achat sur IB de 925k€.

- Afin de préparer mon portefeuille au risque d’une nouvelle grosse correction, je souhaiterais abaisser ce levier IB à 1,3, ce qui sera possible via la reprise prochaine de mon investissement régulier mensuel (même en l’investissant à 100%, cela fait baisser mathématiquement le levier).

3e ligne de défense : le transfert de titres ou de cash de mes autres portefeuilles non leveragés vers IB : Si les marchés avaient continué à baisser significativement, jusqu’à faire monter mon levier IB au-delà de la cible maximale que je m’étais fixé (2), j’aurais pu envisager le transfert de titres ou de cash (après liquidation de titres) de mes portefeuilles français et européen (non leveragés) vers IB. Cela m’aurait néanmoins ennuyé, autant pour des raisons pratiques (préférence pour garder mes titres français chez un courtier français) que fiscales (matérialisation de plus-values en cas de liquidation). Heureusement je n’ai pas eu besoin d’activer ce mécanisme de défense.

4e ligne de défense : l’injection de cash via le rachat de fonds € : Actuellement, mes fonds € (environ 350k€) couvrent presque 2 fois le montant de mon utilisation de la marge sur IB. En cas d’urgence (un levier devenant excessif sur mon portefeuille IB, voire un risque d’appel de marge), je peux donc prélever sur ces fonds € les montants nécessaires pour faire baisser le levier, voire le ramener à 1. Là encore, cela m’aurait embêté, car j’aime dissocier mes fonds € de ma gestion boursière, leur destination étant plutôt le financement de projets de vie, ou la mobilisation en urgence en cas d’accidents de vie (positifs ou négatifs). Mais en cas d’extrême urgence j’étais prêt à activer ce mécanisme.

5 conclusions que je tire de cette expérience :

1) Entamer un krach avec un levier supérieur à 1,2-1,3 est très périlleux, surtout si les divers mécanismes de défense (gros flux mensuels d’épargne, existence de portefeuilles non leveragés, couche sécurisée significative) ne sont pas opérationnels. C’est assez stressant de voir le pouvoir d’achat / la marge disponible se réduire comme peau de chagrin lorsque les indices baissent de 10% / jour.

2) Même si le rendement des fonds € est désormais bien faible, avoir une couche sécurisée significative apporte un avantage crucial pour tirer parti des krachs et des grosses corrections - sans même que l’on doive la mobiliser directement. La seule présence de ces fonds € m’a permis d’utiliser la marge de façon plus agressive au meilleur moment, car je savais que dans le pire des cas je pourrais faire rapidement baisser le levier. Il faut donc considérer cet avantage stratégique comme une "rémunération" indirecte des fonds € - sans doute bien plus importante que leur rendement direct.

3) L’ordre des lignes de défense peut varier selon les circonstances particulières de chacun, mais en tout cas avoir défini une stratégie défensive claire avant que le krach ne survienne est un avantage tactique et psychologique clef pour en tirer parti. Certains préfèreront mobiliser leurs fonds € avant d’utiliser la marge, par exemple. Je ne pense pas qu’il y ait de bon ou de mauvais ordre dans l’organisation de ces lignes de défense, même si j’ai tendance à penser que la forte baisse du coût de la marge (consécutive aux baisses de taux des banques centrales) en facilite l’utilisation - mais ça reste un outil difficile à manier pour beaucoup d’investisseurs amateurs (moi y compris).

4) Il est sous-optimal de rechercher le point bas (impossible à timer) ou d’accompagner le rebond une fois qu’il est bien lancé ; il est préférable d’accompagner régulièrement la baisse (par paliers d’intervention). Je trouve techniquement plus compliqué d’accompagner les marchés lors de la phase de rebond (d’autant plus que les risques demeurent), que de renforcer régulièrement pendant la baisse. Cela dit, cette approche demande une certaine résilience psychologique et une rigueur sur la gestion du levier.

5) Les krachs ou grosses corrections sont des opportunités de s’enrichir rapidement. Si j’étudie l’évolution de la performance relative de mon portefeuille IB par rapport aux indices, la surperformance s’est clairement construite pendant les corrections significatives, au 4e trimestre 2018 et au 1er trimestre 2020, grâce à une bonne stratégie. Ma priorité est donc de préparer mon portefeuille aux prochains chocs, que je vois davantage comme des opportunités que comme des périls.

Actuellement, ma situation est assez imparfaite car ma 1ère ligne de défense est inactive (je n’ai pas de revenus professionnels) et l’efficacité de ma 2e ligne de défense est amoindrie par le fait que mon levier est un peu trop important (1,4 contre une cible de 1,3). Cela devrait rentrer dans l’ordre dans les mois à venir avec ma reprise professionnelle, mais j’espère qu’il n’y aura pas de krach d’ici là.

@Gog : 1) Je pense tout d’abord que, de façon générale, et plus particulièrement dans le contexte actuel de QE / taux ultra-bas, la couche sécurisée doit être calibrée correctement, et surtout pas excessivement. Dans mon cas, mes fonds € représentent actuellement environ 15% de mon patrimoine total, mais je réfléchis plutôt en montant brut qu’en pourcentage.

A mon sens, cette calibration doit répondre aux objectifs que l’on fixe à la couche sécurisée.

Dans mon cas, cette couche sécurisée a 2 objectifs :

a) Un objectif principal : Permettre le financement des projets de vie et répondre aux aléas de la vie : Dans mon cas, je ne désespère pas de faire une belle rencontre, acheter une maison et fonder une famille (aléa positif). Par ailleurs, dans mes phases sans emploi je n’ai qu’une couverture maladie minimale (aléa négatif). Donc je dimensionne cette couche sécurisée pour constituer un possible apport (important) pour un achat immobilier familial, ou pour des frais d’hospitalisation élevés. 350k€ (le niveau actuel de mes fonds €) me semble correct, mais aller jusqu’à 500k€ ne me choquerait pas.

b) Un objectif secondaire : Me permettre une utilisation agressive de la marge pour tirer parti des krachs boursiers : Pour cela, le montant de mes fonds € devraient au moins correspondre à mon utilisation de la marge (actuellement 183k€). Si je maintiens un risque / un levier constant sur mon portefeuille boursier, cela signifie que le niveau actuel de mes fonds € pourrait supporter un doublement de mon portefeuille boursier total (de 1M€ à 2M€, à la louche).

Bref, le niveau actuel de mes fonds € me semble approprié, et je pense qu’une surpondération excessive de la couche sécurisée (comme on le voit dans pas mal de patrimoines ici) représente un gros coût d’opportunité, a fortiori dans un contexte de QE / taux ultra-bas.

2) S’agissant maintenant de la composition de la couche sécurisée, le fonds € me semble un véhicule approprié pour un investisseur français. Certes, je m’attends à ce que son rendement continue de baisser, car il me semble probable que la BCE maintienne son taux directeur nul et son programme de QE dans un horizon prévisible, compte tenu de la croissance économique atone et du risque déflationniste important. Mais le rendement n’est pour moi qu’un paramètre secondaire, par rapport aux objectifs cruciaux que je fixe à mes fonds €. Évidemment, je ne crache pas sur un peu de rendement (mes fonds € sont essentiellement à l’AFER, avec une rémunération qui me semble correcte par rapport à la concurrence).

Cela dit, si des fonds / ETF obligataires me permettaient d’avoir une couche tout aussi sécurisée mais avec une mobilisation / liquidation plus facile qu’un rachat de fonds € (par exemple des ETF obligataires chez IB), ce serait une possibilité que j’étudierais sérieusement. La rapidité de mobilisation des liquidités est un paramètre clef lors d’un krach (y compris sur le plan psychologique). Mais c’est à balancer avec le risque, et je raisonne toujours en worst case scenario : un fonds € chez l’AFER me semble a priori moins risqué qu’un ETF obligataire chez un courtier étranger comme IB. (Je réfléchis en ce moment à la définition de mes plafonds d’exposition maximale aux brokers.) Par ailleurs, j’étudierais sérieusement la composition des fonds / ETF obligataires avant d’en acheter pour ma couche sécurisée (mais je reconnais que je n’ai pas fait cette due diligence pour mes fonds €…).

Les obligations en direct me semblent a priori peu pertinentes dans mon cas personnel - un patrimoine moyen d’un investisseur en phase de capitalisation et adepte d’une diversification extrême - mais certainement beaucoup plus pour un investisseur en phase de consommation avec un gros patrimoine et (un peu) moins obsédé par la diversification. Je sais qu’on peut acheter des mini-bonds, mais l’idée d’être limité dans ma diversification par les montants nominaux des obligations est un repoussoir pour moi, qui me conduirait a priori a préférer les fonds / ETF obligataires.

3) S’agissant de l’impact de l’environnement économique et monétaire sur les obligations : les achats d’obligations corporate de la BCE se focalisent sur des obligations de qualité, éligibles par ailleurs comme collatéral pour les banques lors des opérations de refinancement de la BCE. Mais comme on l’a vu avec la Fed, il y a une possibilité réelle pour que la BCE, si elle devait élargir et/ou prolonger indéfiniment son QE (ce qui est mon scénario central), commence à acheter aussi des obligations à haut rendement. (Je précise que je n’ai évidemment aucune information privilégiée sur ces sujets - j’apporte uniquement mon interprétation sur la base des informations publiques.)

L’effet immédiat d’un tel élargissement du QE serait favorable pour les obligations à haut rendement, mais sur le long-terme une telle évolution serait probablement néfaste pour les investisseurs qui comptent sur ces obligations pour constituer une rente. En effet, l’écrasement des rendements par les flux réguliers du QE réduirait les rentes, et forcerait sans doute ces investisseurs vers la classe d’actifs plus risquée : les actions.

Je pense néanmoins que les obligations corporate (y compris high yield) ont toute leur place dans le patrimoine des rentiers (en phase de consommation), grâce à la plus grande prévisibilité des versements (par rapport aux actions). Mais à mon avis, cet environnement de QE ad infinitum risque de remettre en cause ce modèle et de pousser ces investisseurs à revoir leur allocation obligations / actions.

4) S’agissant des obligations indexées sur l’inflation, elles m’intéressent assez peu car je me situe depuis toujours parmi les "colombes" parmi les banquiers centraux - beaucoup plus inquiet par un scénario déflationniste (à la japonaise) que par un hypothétique retour de l’inflation.

Par ailleurs, je considère qu’un panier diversifié d’actions devrait bien se comporter dans un scénario de retour (modéré) de l’inflation, car les entreprises détiennent des actifs réels qui pourraient en bénéficier.

Enfin, je préfère actuellement l’or (malgré l’absence de cash-flow) aux obligations indexées sur l’inflation, pour 2 raisons :

a) L’or offre une couverture contre des scénarios catastrophiques - pas uniquement l’inflation. Même si je ne crois pas en ces scénarios, il n’est pas absurde d’avoir 1% ou 2% de mon portefeuille protégé contre ces scénarios. Par exemple un (très improbable) défaut souverain français affecterait les OATi mais bénéficierait à l’or.

b) L’or pourrait bénéficier du scénario (probable à mon avis) de QE ad infinitum, qui gonflerait la valorisation de tous les actifs.

5) S’agissant de la diversification en devises de la couche sécurisée, je ne me suis pas vraiment posé la question jusqu’à présent. Il me semble logique d’avoir cette couche sécurisée en €, dans la mesure où je ne veux pas accroître démesurément mon exposition au $, déjà importante via mon portefeuille boursier américain et aussi via mon salaire. Par ailleurs, la baisse des taux de la Fed a quasiment annihilé l’avantage de rémunération du cash $ par rapport au cash €.

Un facteur qui pourrait éventuellement me pousser à diversifier ma couche sécurisée dans d’autres devises serait un péril pour la signature souveraine de la France et/ou pour la zone euro. Je n’attends pas de tel scénario pour le moment, mais c’est une question à mon sens surtout politique. L’accession au pouvoir de démagogues en France et/ou en Allemagne me pousserait sans doute à reconsidérer cette question - d’autant que dans un tel scénario, l’officialisation fiscale de mon expatriation pourrait devenir envisageable. Évidemment, j’espère qu’on n’en arrivera pas là.

@Bajb : Merci pour vos choix toujours originaux de valeurs. Je suis actionnaire de longue date de Piscines Desjoyaux (la 1ère ligne de HMG Découvertes), une valeur solide qui semble décoller à la faveur de la crise : un secteur clairement en vogue actuellement !

Dernière modification par Scipion8 (05/08/2020 09h23)

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