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#51 07/03/2020 13h00

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Bonjour
Pour moi, ce qui est nouveau, ce sont les réactions des gouvernements face à ce virus;
Ce me semble être une première de pousser le principe de précaution jusqu’à arrêter le fonctionnement des pays;
Ce sera peut-être efficace (et la bourse repartira) et je retient pour l’instant cette hypothèse mais il y a maintenant un risque, je trouve, de casser durablement notre économie;
j’espère que l’expression "le malade est mort guéri" ne sera pas d’actualité;

Sinon, joli portefeuille

Cordialement

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#52 07/03/2020 13h33

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@PierreQuiroule,

Pour moi le coronavirus n’est, à la base, qu’un prétexte pour justifier une baisse des marchés qui aurait pu commencer bien plus tôt (tensions commerciales, protectionnisme, …).

Et bien sûr que la situation est grave. Elle touche des êtres humains, dont certains sont décédés. Le côté "grave" de la chose ne fait donc aucun doute.
Par contre, ce qui est (pour moi) clairement exagéré, c’est tout le catastrophisme ambiant qui gravit autour de ce virus.

On parle là de 100k malades dans le monde en deux mois, et un peu plus de 3k décès. C’est évidemment autant de drames familiaux mais il faut remettre les choses dans leur contexte. Combien de personne sont atteintes de la grippe chaque année ?


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#53 07/03/2020 14h07

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Bonjour
@Neo45
(site santepubliquefrance.fr : bulletin hebdomadaire de la semaine 15 2019)
Sur celle de l’année dernière, en 8 semaines d’épidémie (02/19-09/19), en France, il y a eu 1.8 millions de consultations pour syndrome grippal, avec 65 000 passages aux urgences, 11 000 hospitalisations et 1877 cas admis en réanimation;
et 9900 décès attribués à la grippe dont 7700 durant la phase épidémique;
(hors outre-mer)
Cordialement

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#54 07/03/2020 14h15

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Néo, si je vous rejoins sur le fait que l’on fait peut-être tout un pataquès du coronavirus (peut-être que je me trompe, seul l’avenir nous le dira), il n’empêche que la Chine est à l’arrêt actuellement, provoquant certaines secousses dans le monde occidentale économique puisque certaines entreprises dépendantes de la production chinoise sont en arrêt partielles.

Qui dit soubresaut sur l’économie réelle, veut dire soubresaut sur les marchés financiers. Rien de plus logique.

Et pour l’instant, force est de constater que ça ne va pas en s’améliorant. Je regardais un reportage sur justement les conséquences du virus en France: la semaine prochaine on ferme 500 écoles dans un département pour 2 semaines, ce sont donc des enfants qui vont rester chez eux. Témoignage de certains parents: "bah mon mari va prendre deux semaines d’arrêt maladie et garder les enfants" , "je vais m’arranger avec mon patron pour mes enfants"… bref des adultes qui n’iront pas travailler, ce qui pénalisera une fois de plus l’économie.
===> Les marchés financiers ne font que réagir à tout cela et notamment à l’incertitude engendré par tout ce bazar.

Au passage, un petit mot à PierreQuiRoule (puisque l’on est sur son portefeuille), toujours un plaisir de lire votre portefeuille, et vos avis sur les sociétés et la situation


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#55 07/03/2020 14h34

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Je suis bien d’accord. À l’heure actuelle le gros problème est d’ordre économique (on stop toute activité humaine) alors que l’impact sanitaire est tout de même très faible. On sort la bombe atomique là où ce n’était eut-etr pas nécessaire. Et partant de là, on fait paniquer la population en en faisant tout un pataquès.


Dividende Score - Outil d'aide à la décision pour investissement dans les dividendes (CAC 40 et SBF 120)

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#56 07/03/2020 18h54

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Je vous remercie pour vos réactions. Toujours instructif d’avoir des avis extérieurs !

Je suis également d’accord pour dire que les effets économiques sont plus déjà plus palpables que l’impact sanitaire.

Est-ce que les pouvoirs publics en font donc trop ? Soyons clairs, je n’ai pas les compétences pour le dire. En bonne logique, je me demande tout de même pourquoi la Chine paralyserait son économie pour pas grand-chose. Ce n’est tout de même pas un régime réputé pour protéger excessivement ses citoyens. Je ne peux pas m’empêcher de penser que la situation est forcément très grave sur place, plus que la Chine veut bien le dire.

La référence à la grippe saisonnière est intéressante. On peut la voir comme un élément rassurant. Ça relative effectivement le nombre de victimes ! On peut aussi la voir comme quelque chose de super inquiétant. Si la grippe saisonnière tue 10 000 à 15 000 personnes par an en France, combien peut tuer un virus bien plus contagieux et beaucoup plus mortel ? On lâche la bombe atomique (comme le dit Neo) peut être justement parce que les simulations à partir des caractères connus de ce virus doivent donner des résultats vraiment moches (voir le calcul approximatif de ce médecin belge qui souligne l’incapacité de nos systèmes de santé à absorber un tel choc).

Alors, rappeler les règles d’hygiène, ça ne fera de mal à personne. Limiter quelques déplacements, reporter des événements culturels ou sportifs, voire fermer les écoles, personne n’en mourra… de ça.

J’espère avoir tort ce qui est rarement le cas (pas d’avoir tort, de l’espérer ! wink ).

***

Au fait, concernant les sociétés que j’ai gardées en portefeuille, j’ai essayé de privilégier les sociétés leaders mondiales dotées d’un moat, avec du cash c’est encore mieux + celles bénéficiant de taux très bas et celles qui ne devaient pas trop souffrir de la crise selon mes critères piffométriques.

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#57 15/03/2020 18h51

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Chers IH,
Ce que je redoutais est malheureusement en train de se produire. Comme vous je l’imagine, ma priorité du moment n’est pas la bourse. Soyons lucides, nous allons subir une période très difficile. J’ai de plus des personnes fragiles et des anciens dans mon entourage proche, mon souci principal est leur sécurité.

Toutefois, je trouve que c’est une période très stimulante sur le plan boursier. C’est un bon moment pour réfléchir ! On l’a enfin le cygne noir que personne n’attendait et ne pouvait prévoir. Face à lui, j’identifie deux camps que je pourrais caricaturer ainsi :
1. Ceux qui se refusent à timer le marché : certains continuent même à investir pour profiter des "bonnes affaires". Ce sont souvent des gens très compétents, ayant vécu d’autres crises. Ils savent que l’économie repart toujours.
2. Ceux qui craignent une crise d’une ampleur inégalée. J’ai l’impression que ces gens étaient déjà bears avant la crise. Certains de ces ours mal léchés n’arrivent pas à cacher leur joie d’avoir enfin raison après 10 ans de bull market !

J’aimerais être de la première catégorie, mais je crains que la seconde ait raison pendant un moment. J’ai vécu la crise financière de 2008 sans vendre un titre (avec un tout petit portefeuille, il est vrai). Je suis fondamentalement bull à très long terme. Mais aujourd’hui, la crise n’est pas financière. Beaucoup de paramètres sont imprévisibles : ampleur, durée, mortalité, mutation du virus, etc. Ils le sont d’autant plus que les interventions des banques centrales et des États n’auront aucune prise sur ces phénomènes. Quand on réalise que le seul moyen efficace de lutter contre la propagation du virus est de suicider l’économie, on se dit que la relance réelle (celle qui fera repartir l’activité) n’est pas pour tout de suite. Pour le moment, on est dans une phase de sauvetage économique ce qui est déjà énorme à gérer.

Sur le plan international, je suis très inquiet pour les États-Unis qui sont à côté de la plaque depuis le début. Ils se décident à faire des tests au moment où ça se sert plus à grand-chose (lorsque l’épidémie est présente un peu partout). Lorsque les États-Unis devront en venir à des mesures de shutdown comme l’Italie, l’Espagne et la France, la réaction des marchés risque d’être encore plus violente. Espérons que ces mesures seront localisées et étalées dans le temps. Rien n’est moins sûr.

Plus proche de nous, je me désespère de voir l’Union européenne inexistante dans cette crise. Y survivra-t-elle ? Le sentiment d’abandon en Italie est très fort et il risque de l’être ailleurs.

Tout ça pour dire que cette crise devraient aussi d’avoir des effets politiques très forts. Les marchés n’ont pas fini de douter.

Alors que faire ?

Déjà, ne tirer aucune conclusion des évolutions du marché au jour le jour. Ça baisse et ça baissera sûrement encore. Pour moi, fermer la bourse quelque temps ne serait pas forcément une mauvaise idée.

Cela dit, je compte réinvestir le cash dégagé. Non pas à un seuil défini de marché, mais lorsque les perceptives d’évolution du virus seront plus positives. Exactement comme j’essaye de me positionner sur une entreprise lorsque ses perspectives économiques deviennent meilleures, je vais essayer de percevoir une évolution favorable de la pandémie avant de revenir. Ça s’annonce difficile, mais c’est la seule approche avec laquelle je me sens un minimum confortable.

Concrètement, qu’est-ce qui pourrait m’inciter à revenir ? Pas mal de choses en fait ! La découverte d’un traitement efficace ou d’un vaccin, la sensibilité du virus à la chaleur de l’été ou la validation de la très dangereuse stratégie de l’immunité collective.

J’en profiterai pour rééquilibrer mon portefeuille - plus brutalement que prévu - vers des entreprises de croissance et/ou bénéficiant d’un fort moat. La crise ne fera sans doute que renforcer les facteurs qui me poussaient déjà vers cette orientation : faiblesse des taux et basculement vers une économie de plus en plus dématérialisée.

Dans le désordre, si je devais citer des noms d’entreprises à acquérir ou à renforcer le moment venu : Amazon, Adobe, Hermès, Air Liquide, Swisscom, peut être Total

Où en est le portefeuille ?

C’est pas terrible, même comparé au marché. La poche de cash ne me permet que de suivre le CW8. Dans le nettoyage de début de crise, j’ai eu la main trop légère envers les REITs, surpondérant le facteur taux au détriment de tous les autres (baisse de fréquentation ou fermeture des centres commerciaux, augmentation du télétravail, etc.). La palme étant de ne pas avoir liquidé EPR properties : des cinémas et des écoles, c’était évidemment le secteur auquel il fallait rester exposé… Bravo.

Valeur du portefeuille : 243 806 euros
Variation YTD : -17.28% ou -48 449 €

Le CW8 est à -22.2% (il n’a pas comptabilité totalement le rebond de vendredi soir à NY) et le CAC GR à -30,99 % (ça pique !), mais toute comparaison est impossible en période de forte volatilité.

A bientôt avec une meilleure visibilité je l’espère.

Soyez prudents, prenez soin de vous.

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[+8]    #58 30/07/2020 23h30

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Bonjour à tous,
Il y a un bout de temps que je n’ai pas donné de nouvelles ici. Non pas que je crains d’afficher mes performances (quoique ce n’est pas brillant, on va le voir). La raison principale est que j’ai été très occupé. Je viens en effet de devenir papa d’un adorable petit garçon ! Avec sa maman, nous sommes les plus heureux du monde, mais la préparation de sa venue puis sa naissance ne nous ont pas laissé beaucoup de temps pour les "loisirs", dont ce sympathique forum. Je reviendrai d’ailleurs en filigrane sur mon nouveau rôle, car il a peut-être influencé mon comportement récent (question ouverte).

Un autre élément, d’ailleurs probablement lié au premier, pour comprendre mes récentes actions est mon ressenti par rapport à la pandémie. Je pense toujours qu’il s’agit d’une crise gravissime, révélatrice de nombreuses faiblesses et accélératrice de bien des transformations. Je ne voudrais pas casser l’ambiance, mais le déconfinement ostentatoire que j’observe autour de moi m’inquiète. Il est de notre responsabilité individuelle de faire en sorte qu’il n’y ait pas de deuxième vague sanitaire ET économique, ce qui implique quelques sacrifices que beaucoup ne semblent pas (plus) disposés à faire.

Quelle que soit votre opinion, cette courte introduction vous aura au moins servi à contextualiser ma gestion trop prudente pendant la crise.

Reporting au 30/07/2020 (après clôture)

Performance et commentaires


- Valeur du portefeuille : 230 147 €
- Perf YTD : -17,91% (-50 150 €)
- Valeur de la part : 137,5 (depuis octobre 2015)

Le portefeuille fait un peu moins bien que le CAC GR (-17,2%), beaucoup moins bien que le CW8 (-5,97%) et se fait atomiser par le Nasdaq 100 (+22,7% et ça devrait encore monter fort demain !). Beaucoup trop de foncières au début de la crise et beaucoup trop de liquidités pendant la remontada m’ont coûté cher.

Le constat est simple : j’ai anticipé une crise boursière longue et violente ce qui se révèle faux, pour l’instant du moins. Il faut faire avec cette mauvaise appréciation. Je vais essayer d’en tirer quelques leçons que j’espère profitables.

Quelques leçons rappelées par le marché


Au registre des excuses évidentes, je n’avais pas vu venir l’intervention des banques centrales en mode bazooka. L’excuse n’en est pas vraiment une parce que depuis 2008, les banques centrales saisissent chaque occasion pour accroître leur bilan. Mon logiciel était bloqué dans les années 80, alors qu’une telle crise était à l’évidence l’occasion idéale pour aller encore plus loin. Tellement plus loin ! Reste la question de l’efficacité de ces mesures. À vrai dire, j’ai d’énormes doutes. Pour l’instant on a évité l’effondrement financier, c’est déjà pas mal. À quel prix ? Pour combien de temps ? Je n’en ai aucune idée et il faut bien faire avec, là encore.

La première leçon est donc que l’évolution des marchés est imprévisible. Au passage, j’ai violé l’une des règles que je me suis toujours imposées.

Leçon 1 : Time in the market is better than timing the market.

Dit autrement par l’ami Lopazz : ne pas être dans le marché est dangereux. Surtout avec les banques centrales à la manœuvre.

Leçon 2 : Don’t fight the fed !

J’ai déjà évoqué plus ou moins les raisons de ma réaction. Panique ? Mauvaise évaluation de la réaction des États et des banques centrales ? Excès de sensibilité face à la mort de personnes lointaines ? Oui, oui et oui. Peut-être que le fait que ma femme attende un enfant m’a fait opter pour plus de prudence. Honnêtement, je n’en sais rien.

Mais dans le fond, j’ai ouvert les yeux, il n’y a pas que ça. Il y a un manque de confiance dans mon portefeuille. Trop d’immobilier, trop de dossiers mal compris, pas assez de vision d’ensemble. J’ai beaucoup écrit (pour moi-même), rempli des tableurs, refais quelques lectures.

Ma conclusion est que je veux aimer les entreprises que j’ai en portefeuille ! Cela va contre un autre adage (= "vos actions ne savent pas que vous vivez une histoire d’amour avec elles", ie. il ne faut pas hésiter à vendre), mais je veux avoir le sentiment de participer à l’évolution du monde avec ces actions. Cela m’oriente naturellement vers la tech, j’y reviendrai.

Leçon 3 : Achetez seulement des actions dont vous serez heureux si le cours baisse de 50% [afin de renforcer à vil prix] (© IH)

J’étais persuadé d’appliquer cet adage. Au final, il y a peu de titres que je regrette d’avoir balancés. Y a comme un problème.

Une réorientation nécessaire


Concrètement, je me base sur ce que j’ai conservé pour construire un portefeuille orienté vers :
1. des valeurs de croissances,
2. dans des domaines que je connais et pense comprendre,
3. en réduisant considérablement la part des foncières pour tendre vers une répartition qui me convienne.

Je reste très modeste par rapport à cette nouvelle répartition. Rien ne dit qu’il performe bien dans les mois avenirs. À long terme je suis par contre assez confiant.

Pourquoi moins de foncières ?
Les foncières ont connu une belle période lorsque les taux sont partis vers zéro. Les taux bas sont maintenant acquis pour longtemps. Il n’y a rien à revaloriser de ce côté-là. Pire, les loyers se présentent comme une variable d’ajustement pour éviter les faillites. Je continue à aimer les foncières, mais dans ce contexte, il faut être hyper sélectif et patient.

Pourquoi davantage de croissance ?
J’ai déjà écrit il y a un moment que je souhaitais renforcer les entreprises de croissance. Le nouveau coronavirus m’a amené à accélérer le mouvement brutalement tout comme il accélère la transition numérique.

Les taux bas ont aussi un effet lénifiant sur l’économie. Des entreprises qui devaient faire faillite survivent. Le processus de destruction créatrice est bloqué. Le développement d’entreprises performantes est paralysé par des concurrents soutenus artificiellement qui occupent le marché, cassent les prix, etc. Tout ça cachant à mon sens le retour d’une économie plus ou moins dirigée et de prix en partie administrés (regardez les taux…). Dans ce contexte, la croissance rentable vaut de l’or.

Le luxe et des entreprises hors normes comme Ferrari ou quelques medtech peuvent aussi répondre à ces critères. Mais je m’oriente prioritairement vers la tech parce que c’est un secteur que je connais plutôt bien. C’est une passion et une bonne partie de mon travail. On y trouve les meilleurs potentiels. C’est-à-dire, les entreprises les plus innovantes ET dotées d’un moat énorme. Il y en a beaucoup dans le software. Certes à des prix élevés, mais dans le contexte actuel de destruction créatrice accélérée, elles sont incontestablement du bon côté de la barrière.

Parallèlement, j’essaye de contrebalancer cette nouvelle surexposition avec quelques valeurs peut-être moins prometteuses, mais qui ont le mérite de diluer le risque.

Performance comparée

En comparé depuis octobre 2015, le CW8 est largement repassé devant le portefeuille. L’écart s’est un peu réduit ces dernières semaines du fait d’une forte exposition au Nasdaq, mais le poids des liquidités en portefeuille interdit tout vrai rattrapage tant que le marché reste haussier.

Pour information, je me suis "amusé" à calculer la valeur qu’aurait le portefeuille que j’avais en février sans aucune intervention de ma part (en réintégrant les dividendes). Sa valeur serait supérieure de seulement 4000 € par rapport au portefeuille réel. Les foncières ont pris tellement cher.

https://www.devenir-rentier.fr/uploads/7104_comp30072020.png

Mouvements

Ils ont été très nombreux. Il serait beaucoup trop long de tous les lister. Certains sont d’ailleurs complètement débiles.

À la place, je vous présente simplement mon portefeuille avec de nouvelles valeurs, mais également des anciennes. J’ai un mini topo sur chacune de ces valeurs, mais je le publierai plus tard, ce message est déjà assez long.

J’ai aussi décidé d’une nouvelle présentation par secteurs, très personnelle. Chaque poche a un rôle bien précis dans le portefeuille. Je présenterai ça par la suite également, mais sachez que le portefeuille ci-dessous est encore déséquilibré par rapport à mes objectifs et que les poches croissance, piliers etc. ne sont plus celles que j’utilise pour réfléchir à la construction de ce portefeuille.

Comme vous pouvez le voir, j’ai encore autour de 30% de liquidité que j’investis progressivement (une sorte de DCA). L’objectif étant d’être à 90% investi. On ne me reprendra plus au market timing ! Pourtant… pourtant, je n’exclus pas une correction violente. Les marchés mondiaux et l’économie en général sont anesthésiés par l’argent gratuit. Pourquoi je continue ce DCA like alors ? C’est sûrement que j’ai oublié une leçon très personnelle tout à l’heure :

Leçon 4 : Psychologiquement, je préfère être investi durant une baisse que de ne pas être investi pendant une hausse.
(Cette leçon m’est personnelle ; connais-toi toi-même, voir Matrix ou Platon selon les goûts)

Raison de plus pour essayer de trouver des entreprises assez solides pour traverser cette crise tranquillement sans aide. J’espère en avoir quelques-unes en portefeuille.

https://www.devenir-rentier.fr/uploads/7104_port30072020.png

Profitez de votre été !

[mode gros lourd]J’espère que vous vous méfiez toujours du virus ! Car malheureusement, je pense que pour beaucoup, la question, elle est vite répondue… ^^ Bisous[/mode gros lourd]

Dernière modification par PierreQuiroule (31/07/2020 08h58)

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#59 30/07/2020 23h47

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Salut,

Je vois que vous avez aussi une ligne Intel Corporation. J’ai aussi pris un correction violente sur cette ligne, je ne comprends pas, cette entreprise a de très bons résultats et reste incontournable dans son domaine.

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[+1]    #60 31/07/2020 00h16

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Bonsoir djazairi85,
J’ai hésité à placer Intel dans la catégorie retournement, mais je ne l’ai pas fait pour la raison pour vous évoquez (leader du marché avec de bons résultats).

La correction d’Intel (à relativiser, on perd que 20% YTD) n’est pourtant pas imméritée. Le concurrent de toujours AMD a sorti de très bons modèles ces derniers mois. Au point de concurrencer Intel sur ses chasses gardées : les ordinateurs portables et surtout les serveurs (utiles au cloud en plein boom).  Certes l’offre d’AMD n’est pas aussi intégrée que celle d’Intel, mais il y a un énorme intérêt. Dans le même temps, Apple abandonne Intel pour ses Mac ce qui met encore un peu plus en lumière les solutions ARM. Techniquement, Intel est de plus très en retard sur le 7nm. Ajoutons à cela qu’AMD plait beaucoup aux """traders""" sur Robinhood qui au contraire détestent Intel pour son image "vieux PC"…

Pourquoi suis-je actionnaire alors ? Tout simplement parce qu’Intel en a vu d’autres ! De nombreux clients ne sont pas prêts à passer du jour au lendemain à la concurrence. Ça laisse le temps à Intel pour se réorganiser, ils en ont les moyens. La chose a d’ailleurs déjà commencé (réorganisation de la direction technologique). Il leur est déjà arrivé de se faire distancer en perf par AMD, de se planter avec l’architecture NetBurst, de rater le passage aux 64 bits (au point de laisser s’imposer l’architecture AMD64), etc. Toujours Intel a su rebondir. Les premiers retours sur leurs nouvelles puces graphiques sont d’ailleurs prometteurs. C’est une boite qui a tendance à s’endormir sur ses lauriers, mais qui a toujours su défendre sa place de leader.

Désolé pour ce demi HS.

Édit : je précise que dans la tech je préfère en général le software au hardware. Ce dernier ne bénéficie pas de l’effet démultiplicateur qu’offre la dématérialisation. C’est pourquoi je reste très mesuré sur les boîtes de hardware, même si elles se trouvent en position de force.

Dernière modification par PierreQuiroule (31/07/2020 00h37)

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#61 01/08/2020 12h03

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Comme promis dans mon dernier reporting, voici les commentaires que j’ai écrits avant tout pour moi-même. Le style est parfois perfectible, les commentaires succincts, mais je me suis dit que ça pouvait intéresser. D’autant que pour moi les thèses d’investissement les plus simples sont les meilleures.

Concrètement, je présente les différentes poches du portefeuille ainsi que les actions qui les composent. J’ai la flemme d’indiquer ici le montant de chaque position, il est visible dans mon dernier reporting. En général, ma conviction est proportionnelle à la taille de la ligne. Je ne constitue toutefois pas de ligne de plus de 5% du portefeuille, mais je n’interdis pas à une ligne de progresser pour dépasser cette taille (= laisser courir ses gains).

C’est un work in progress perpétuel, à vous d’en approfondir quelques idées si le cœur vous en dit.

Les différentes poches du portefeuille :

Luxe
Ces dernières années le secteur du luxe a bénéficié à la fois d’une croissance forte et d’une résistance étonnante face aux crises. Opérationnellement, il génère de fortes marges dans une industrie relativement peu capitalistique. La demande devrait rester soutenue du fait d’une clientèle riche que la crise devrait largement épargner (les politiques des banques centrales ne devaient pas porter préjudice aux détenteurs de capital…). La demande pour le luxe "accessible" est de plus alimentée par l’aspiration de la classe moyenne à un statut social plus élevé. Le besoin de s’afficher est toujours plus répandu (chose que je ne ressens pas du tout personnellement mais que j’observe partout  !). Il s’agit de l’un des rares secteurs intéressants à pouvoir être placés en PEA grâce à la forte présence d’acteurs français.

- LVMH est le leader mondial avec une stratégie jusqu’ici irréprochable, ses marques très fortes devaient rester un atout dans la crise et au-delà. C’est l’une des mes lignes favorites malgré le crise. Je crois en un redémarrage de la demande pour les produits d’LVMH même si la pandémie contexte. Il faut simplement laisser le temps au groupe et à la demande de s’adapter, notamment du fait de l’écroulement des voyages internationaux.
- Hermès se distingue par sa rentabilité et sa croissance, parmi les meilleures de la cote. L’image de sa marque est exceptionnelle.
- L’Oréal se trouve entre le luxe et la consommation de base, deux secteurs résistants.
- Farfetch est un acteur à part. Loin d’être rentable, c’est un distributeur de produits de luxe sur internet. Le défi est grand, car ce type de vente sur le net a toujours été difficile. Farfetch a donc construit un modèle particulier de partenariat avec des boutiques physiques avec lesquelles il fait l’intermédiaire. Le risque est à la mesure des enjeux : occuper la place de leader de la distribution de produits de luxe sur internet (alors que la pénétration du net dans ce domaine est encore très faible). Le pari est que la clientèle de ces produits se reporte en partie sur la consommation en ligne, y compris les Chinois privés de voyage en Europe où acheter des produits de luxe.

Technologie software (mature)
La technologie est LE secteur disruptif. Parmi les entreprises de la tech, les plus rentables se trouvent dans le domaine du logiciel. L’immatériel rend un logiciel multipliable à l’infini pour un coût presque nul. Les bénéfices suivent mécaniquement quand la demande est là.

Aujourd’hui, les acteurs du secteurs rivalisent pour créer des solutions simples et économiques qui prennent la place d’acteurs plus anciens en de très nombreux domaines (désintermédiation,  automatisation). Ils peuvent donc croître même en l’absence de croissance économique globale, simplement en prenant des parts de marché. L’essor du cloud, des API et des logiciels sur abonnement donne à ce secteur une récurrence des revenus qui permet d’allier croissance et résistance.

Ces 15 dernières années ont émergé des géants qui font désormais partie du quotidien d’une majorité de personnes dans le monde. Ils ont su conquérir des parts de marchés qui leur donnent une avance difficilement rattrapable. Très rentables, souvent avec d’énormes positions en cash, ils peuvent à la fois résister à une crise et en profiter. Ils constituent la catégorie "Tech software mature" à laquelle j’ajoute des acteurs moins grand public mais tout aussi bien placés.

- Microsoft propose les solutions les plus connues au monde à la fois pour le télétravail et le cloud. Le PC équipé de Windows a démontré qu’il occupe encore une place centrale dans le numérique, particulièrement dans le domaine professionnel. Microsoft a de plus enfin compris qu’il ne fallait pas lutter contre Linux et Android, mais au contraire profiter de la force de ses produits pour pénétrer de nouveau marché (WSL, Office for Andoid, MS Launcher, etc.).
- Google, dans son coeur de métier (Google Search et Adsense / Adwords), est relativement sensible aux cycles économiques du fait de sa dépendance à la pub, mais ses fondamentaux restent très solides et bien placés pour bénéficier de tout mouvement de reprise. Parallèlement, l’activité cloud semble enfin décoller et YouTube ne cesse de s’imposer comme la plateforme vidéo généraliste. Le cash offre une capacité de résistances importante ainsi qu’une chance d’effectuer des achats opportunistes.
- Le géant Amazon bénéficie évidemment des difficultés des acteurs du commerce physique et devrait surtout continuer à profiter de sa position de leader dans le cloud (AWS). Les tentacules d’Amazon deviennent si étendus que le principal risque est pour moi lié à la régulation. Toutefois, l’histoire montre que d’éventuelles interventions (dont on parle aussi pour Google) ne seraient peut-être pas si dommageables pour l’actionnaire (Barrage capital en avait fait une infolettre, mais je n’arrive plus à retrouver l’adresse).
- Adode dispose d’un quasi-monopole de fait sur des logiciels indispensables à la création graphique et vidéo (Photoshop, Premiere, Lightroom, Illustrator, After Effects, etc.), le passage à un modèle sur abonnement renforce la qualité du business déjà exceptionnel.
- Le français Dassault systèmes propose des solutions de virtualisation qui font référence dans le monde. Il devrait continuer à séduire du fait des économies de temps et d’investissement qu’elles apportent avec en prime un récent développement externe dans le médical (assez fascinant d’ailleurs ce qu’on nous promet dans ce domaine).
- Visa devrait à long terme profiter de l’augmentation des paiements électroniques en ligne, mais aussi dans le monde physique où le cash devrait connaitre une certaine désaffection (ce que en quoi les États poussent déjà depuis longtemps).
- Facebook et ses divers services continuent de voir leur fréquentation augmenter, la monétisation d’Instagram et Whatsapp est attendue. Ce n’est peut-être pas l’entreprise la plus sympathique, mais forcé de constater qu’elle continue à être très utilisée par Monsieur tout le monde. Or, il y en a beaucoup des messieurs tout le monde. Les derniers résultats montrent que l’entreprise résiste à tout, même au boycott des plus gros annonceurs pendant la pire crise de l’histoire récente. Cette résistante me laisse d’ailleurs perplexe quand je la compare à la relative faiblesse de Google.
- Nemetschek est un éditeur de logiciel allemand qui profite de manière très rentable de la montée du numérique dans la conception d’immeuble / l’ingénierie du bâtiment. Le passage à un business d’abonnement est déjà bien avancé. Allplan, leur logiciel phase, a d’abord été un développement interne d’un simple cabinet d’architecte avant de conquérir le monde. L’histoire rappelle un peu CATIA de Dassault systèmes.

Technologie software (en devenir)
La tech est un secteur en mouvement perpétuel. Pour en profiter pleinement, il faut prendre des risques et parfois s’aventurer sur des dossiers qui ne sont pas encore rentables ou pleinement rentables. La poche tech en devenir est donc un pari sur la rentabilité future de sociétés qui ne sont pas encore profitables.

- Shopify est très bien positionné pour capter une bonne partie de la croissance des ventes en ligne hors Amazon (du moins aux US). Les boutiques en ligne clé en main que Shopify fournit à des acteurs de toutes tailles lui permettent de profiter d’un business d’abonnement tout en percevant des commissions sur les ventes. La concurrence des solutions open source n’est pour l’instant pas assez organisée pour être réellement problématique.
- Dropbox est déjà ancien, mais commence à peine à être rentable. Une base d’utilisateurs importante s’ajoute à la qualité du produit. A noter que Dropbox s’est émancipé d’Amazon S3 pour construire sa propre infrastructure.
- Spotify est le logiciel d’écoute de musique en ligne le plus utilisée. Tributaire des maisons de disques, le rapport de force devrait peu à peu s’inverser et la rentabilité venir avec le basculement complet des modes de consommation de musique.
- Twitter peine à trouver la rentabilité depuis longtemps. Toutefois, le réseau social est toujours plus utilisé. Le pari est que la société trouve enfin un modèle économique comme l’ont fait ses concurrents.

Technologie hardware
Le hardware n’est pas historiquement le secteur tech où la valeur s’agrège le plus rapidement. Les bénéfices ne peuvent s’y multiplier aussi rapidement que lors de la vente d’un logiciel, car les coûts augmentent nécessairement lors d’une hausse des volumes. Le secteur ne peut pas non plus passer à un très confortable modèle par abonnement. Il compte toutefois des entreprises qui valent la peine. Le hardware reste la base de tout système informatique. Il se renouvelle régulièrement tout en étant en croissance. Il faut alors sélectionner des entreprises avec un moat important.

- ASML est une pépite européenne ultra dominante dans le domaine de la fabrication des machines de lithographie indispensable à la fabrication des puces électroniques. Ces machines sont utilisées par les tous les fondeurs du monde. Pour l’anecdote, elles valent plus que les avions que les transportent. Un quasi monopole dans ce domaine est rêvé.
- Intel devrait s’appuyer sur son statut de leader pour bien résister à la crise et profiter du besoin en data center. Même face à ARM et AMD, Intel est un géant qui a prouvé sa résilience et sa capacité d’innovation (voir aussi ce que j’ai écrit dans le message précédent sur Intel).
- Nvidia devrait profiter de la croissance du marché du jeu vidéo. De plus ses puces sont maintenant utilisées dans des domaines en forte croissance (IA, big data, cryptographies / cryptomonnaies).

Tech immobilier
Pour permettre aux data center et à la communication de masse de se faire, il faut encore des espaces physiques. Ceux-ci sont d’ailleurs de plus en plus demandés.

- Equinix est juridiquement un REIT, mais c’est surtout le leader des data center avec pour client essentiellement des grands groupes de la tech dont les besoins en espace ne devraient que croître du fait de la crise.
- Crown Castel est également un REIT, mais il loue des tours d’antennes aux opérateurs téléphoniques. Deuxième du marché aux US, il devrait bénéficier des besoins croissants de communication sans fil et du passage à la 5G.

Consommation
Dans tous les contextes, les gens ont besoin de manger, de se laver ou de se vêtir. Les biens de consommations, surtout s’ils sont attachés à une marque forte, sont demandés en toute période.

- Nestlé et Danone possèdent des marques "indestructibles" adossées à des groupes très solides. Ces entreprises sont en portefeuille, non pas pour leur croissance (à long terme, ça devrait faire plus ou moins la croissance mondiale), mais pour leur résistance même en cas de fin du monde (enfin presque).
- Nike est également une marque incontournable, mais pour les équipements sportifs. Elle répond donc à des besoins un peu moins fondamentaux. Nike peut par contre compter sur la renommée de sa marque pour profiter de la croissance à long terme du secteur sportif.

Construction
Le bâtiment finit toujours par repartir dit d’adage. Il sera en tout cas bien aidé par les plans de relance massifs un peu partout dans le monde (quand on ne sait pas quoi faire pour relancer l’économie à coup de milliards, on construit des ponts, des immeubles, des routes… jusqu’à bétonner le fond des rivières s’il le faut).

- Quitte à choisir un acteur (je manque de conviction par les autres possibles), Sika est une multinationale suisse très bien gérée, ses produits sont souvent la référence pour la confection de bétons / mortiers de spécialiste, l’étanchéité, le collage, la réparation d’ouvrage technique, etc. Ces produits super spécifiques, mais consommés en grande quantité sur les chantiers, sont fabriqués partout dans le monde, car ils peuvent difficilement être transportés (un atout dans un monde où les échanges seront peut être limités durablement).

Énergie
Le monde aura toujours besoin d’énergie et le pétrole est loin d’être fini. Les prix bas préparent peut-être les prix hauts de demain. Cette poche manque toutefois d’une exposition aux énergies renouvelables. Neoen est sur ma watchlist, mais j’ai plusieurs fois raté le coche.

- Total est l’une des majors les mieux préparées avec l’un des points mort de rentabilité les plus bas. Éligible en PEA, bon rendement, bien gérée, pourquoi chercher plus loin.
- Rubis passe sans encombre les épisodes de prix bas du fait de son activité de stockage. L’entreprise est gérée de manière dynamique avec une croissance externe historiquement très bien menée.

Télécom
Dans la tech, s’il y a un secteur pire que le hardware, c’est bien les télécoms. Les acteurs du secteur ont été largement tenus à l’écart de la création de richesse gigantesque concentrée entre les mains des GAFAM. La croissance y est féroce car rien ne ressemble plus à un accès à l’internet qu’un autre accès à l’internet du fait de la neutralité du net. La différenciation se fait donc souvent sur les prix. Les télécoms sont pourtant indispensables à l’utilisation du net. Pour moi, les entreprises du secteur sont entre les utilities et les foncières. En tout cas, la récurrence de leurs revenus leur permet de payer des dividendes confortables même si la croissance est poussive. J’ai choisi d’en constituer une petite poche, car je pense qu’en cas d’inflation, ce sera l’un des secteurs les plus à même d’adapter ses prix.

- Orange : un mastodonte dont je n’attends qu’un proxy de l’inflation en euros et un rendement sympathique.
- SwissCom : l’entreprise historique suisse, idéale pour un petit rendement en franc suisse et une exposition à la consommation domestique helvétique.

Santé
Le secteur de la santé est rentable et en croissance. Malheureusement, il pratique beaucoup d’expérience sur les animaux ce que je n’apprécie pas. Eh oui, j’ai quelques discrets principes “ESG” dans ma gestions. Pas de tabac, pas d’armes… Ça conjugué à ma méconnaissance du secteur sont les raisons pour lesquelles il est sous pondéré.

- Straumann est une entreprise suisse leader dans le domaine des implants dentaires. Forte croissance, rentabilité et innovations dans un secteur d’avenir (vieillissement et émergence de classes moyennes dans les pays en développement) sont un cocktail de choix pour l’actionnaire.
- Carl Zeiss Meditec est une entreprise allemande spécialiste de l’optique à visée médicale. Une croissance régulière avec une bonne rentabilité dans un secteur porteur devrait assurer l’avenir.

Industrie
L’industrie n’a pas bonne réputation. Pourtant, il existe des acteurs dans ce secteur qui bénéficient des changements d’environnement actuels.

- Interroll est encore un belle société suisse, elle est bien positionnée pour surfer sur le ecommerce et le besoin de chaines d’approvisionnement efficaces grâce à ses équipements pour la logistique et la manutention.
- Les gaz d’Air Liquide sont non seulement employés dans l’industrie, mais aussi dans le médical et demain dans le véhicule propre, il s’agit d’une entreprise ancienne bien gérée. La valeur de bon père de famille par excellente à garder en PEA et passer au nominatif.

Automobile / transport
L’automobile est un secteur cyclique avec de nombreux bouleversements en ce moment. Pour moi, mieux vaut s’en tenir à l’écart pendant les crises. Toutefois deux actions ont été sélectionnées pour leurs qualités propres. J’aimerais bien y ajouter une petite exposition au véhicule électrique, mais le secteur est en bulle perpétuelle… Difficile d’y investir sans avoir le sentiment d’être déjà très en retard.

- Michelin est la référence mondiale du pneu. L’entreprise présente une récurrence de ses revenus grâce au marché de l’entretien, elle est également exposée au marché pro et elle n’a pas à subir les investissements dans la voiture électrique / autonome pesant sur le reste de l’industrie.
- Si Ferrari incarne le mythe automobile, ce n’est pas une entreprise du secteur auto au sens financier du terme. Ses comptes l’apparentent plus à une entreprise du secteur du luxe (marges, croissance, ROIC, etc.), tout comme son image : voiture sportive d’exception réservée à quelques-uns. La production contenue garantit que les voitures trouveront toujours preneurs. Il y aura toujours des riches pour vouloir rouler en Ferrari.

Small cap fr
Les small cap française ont le double avantage d’être éligibles au PEA et de ne pas être très regardées par les grands fonds. Un investisseur français peut en tirer d’autant plus avantage qu’il maîtrise mieux l’analyse de leur environnement. Beaucoup de titres dans cette poche sont toutefois en watch list, car je manque de conviction sur le marché français.

- Delta plus : posséder une entreprise produisant des EPI (dont des masques) semble avoir beaucoup de sens aujourd’hui, mais cette entreprise était en portefeuille avant la crise pour sa croissance et la bonne gestion de sa direction. On garde pour les mêmes raisons et non pas pour surfer sur une hype temporaire.
- Envea : belle croissance et rentabilité dans un secteur d’avenir.
- LDLC : la vente d’équipement numérique auprès des particuliers et des professionnels a explosé à l’occasion de cette crise. LDLC en profite pour sortir de ses problèmes de croissance et d’organisation (désendettement, cession du siège, etc.), du tout bon pour le seul pionnier du web fr toujours indépendant.

Foncières
Le rôle des foncières dans ce portefeuille est à l’origine double : 1/ créer une petite rente permettant de profiter d’opportunités en l’absence d’apports 2/ créer un point de relative stabilité dans le portefeuille. Ce dernier point est lié au fait que les taux baissent généralement lorsque le marché baisse, or les taux bas sont favorables aux foncières. Tout cela est malheureusement perturbé par le Covid 19. Les taux ont certes beaucoup baissé, mais l’immobilier est en première ligne. Il est même possible qu’il fasse figure de variable d’ajustement (par la baisse des loyers).

Beaucoup de titres en watch list là aussi. Pour ceux en portefeuille très rapidement :

- Argan : immobilier industriel en France avec un historique de développement impressionnant
- IMDA : thèse d’investissement = "Paris sera toujours Paris" wink
- Unibail : plus grosse foncière de centres commerciaux au monde. Endettement important, rachat de Westfield au plus mauvais moment. Beaux actifs, mais spéculatifs face au virus et au numérique. En portefeuille pour jouer le moment (incertain) où la pandémie sera finie.
- Altarea : développeur immobilier intégré, foncière de centres commerciaux en France avec les risques qui vont avec, mais pourrait bénéficier des plans de relance en tant que promoteur.
- Dream Industrial : foncière industriel canadienne faisant partie de la galaxie Dream qui a prouvé son savoir faire.
- Lexington : foncière "à problème" depuis 2008 se corrigeant en s’orientant vers des locaux industriels (j’hésite à arbitrer).
- Stag industrial : foncière indus au développement rapide, dividende mensuel
- WP Carey : foncière triple net bien placée dans le contexte actuel. A moins souffert que Realty Income qui reste pour l’instant an watch list.

Modestie
La poche modestie représente la partie passive de mon portefeuille. 90% des gérants n’arrivent pas à battre le marché ? Je suis donc bien orgueilleux avec mon stock picking. Mieux vaut s’en remettre au marché. Cette poche devrait représenter au moins 30% du portefeuille. Sauf que c’est pas drôle et qu’on n’apprend pas grand-chose.

- Acheter EWLD (MSCI World) fut un premier pas vers la modestie et le réalisme : il est très difficile de battre un indice monde, ma récente déconvenue m’aide bien à l’intégrer. Pour l’instant, la taille de la ligne est modeste elle aussi. Dans l’immédiat, je vois cette ligne comme une petite assurance contre un mauvais stock picking. Ça sera toujours ça qui fera aussi bien que le marché.
- PAASI (MSCI Emerging Markets Asia) permet d’avoir une exposition à la Chine en PEA. Sans ETF, je trouve en effet le marché chinois très opaque. C’est aussi un problème pour un ETF, mais plus dilué. Le poids de la ligne est fonction de ces incertitudes.
- Une petite ligne TNO (STOXX Europe 600 Technology) en PEA pour se rappeler qu’il n’y pas que le Nasdaq dans la vie.
- Ce n’est pas un ETF, mais avoir du Berkshire Hataway serait pour moi justifié par le simple plaisir d’acheter une part de ce qu’a construit le maître. Buffett s’est également montré très prudent ces derniers mois. Avoir une petite exposition à son fond, c’est aussi se ranger à ses côtés pendant la tempête. Il aura peut être raison et contrairement à moi, il a de la patiente. Ça permet aussi d’avoir un peu d’Apple sans le dire (je n’aime pas Apple en tant que consommateur, en tant qu’investisseur… j’aurais du en acheter il y a bien longtemps !).

Dernière modification par PierreQuiroule (01/08/2020 14h08)

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[+1]    #62 26/08/2020 19h21

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Mise à jour de la liste ci-dessus avec quelques entreprises entrées en portefeuille récemment.

Les "topos" sont volontairement brefs. À mon sens, c’est gage d’efficacité (Lynch disait - en gros - qu’une thèse d’investissement doit pouvoir être expliquée en parlant 2 minutes à son chien, je suis d’accord avec ça ! Je me suis toujours planté sur des thèses trop complexes). Il n’y a volontairement pas de chiffres pour rester dans le domaine de l’idée qui est pour moi LA chose primordiale en stock picking. Ça n’exclut pas la rigueur du raisonnement, bien au contraire.

D’ailleurs, concernant les chiffres, je les regarde attentivement bien sûr, mais vous connaissez déjà mes amours : croissance du CA, marges opérationnelles, ROIC, rachats d’actions si possible, etc. Toutefois, certaines de ces lignes sont loin d’être rentables (surtout dans la catégorie tech en devenir), j’estime qu’elles ont une part spéculative. L’exposition reste donc très contenue (en moyenne entre 1000 et 2000 € par ligne sur ce type de dossiers) ce qui me permet d’assumer ces achats parfois effectués après des hausses déjà vertigineuses.

Technologie software
- Constellation software porte bien son nom. Cette entreprise canadienne s’est fait une spécialité de racheter des progiciels prometteurs et de les aider à se développer. Il ne  s’agit pas simplement de mettre des startups en portefeuille, mais aussi de leur donner les moyens de se développer. D’expérience, je sais que le potentiel est énorme. De ce point de vue, l’historique de Constellation software est impressionnant ! L’équipe rencontre aujourd’hui la concurrence du private equity, mais son portefeuille de logiciels et son expérience sont toujours d’actualité selon moi.

Technologie en devenir
- Adyen est l’un des leaders dans le domaine du paiement en ligne. En forte croissance, cette entreprise néerlandaise (donc éligible au PEA) a notamment comme clients des plateformes de premiers plan, elles-mêmes en forte croissance. (Dans le même secteur, je regrette que Stripe - que je pense encore mieux placé - ne soit pas coté.)
- DocuSign propose des solutions de signatures électroniques, d’identification et d’authentification. En perte depuis son introduction en bourse, DocuSign doit avant tout se constituer un portefeuille de clients. Dans cette phase, c’est la croissance qui compte. Tout indique qu’elle devrait lerester forte.
- SalesForce.com est le leader des solutions de CRM. L’entreprise propose des solutions cloud adaptées à la gestion de la clientèle, de la force de vente et du marketing dans un environnement numérique. Les SAP & co n’ont pas su capter ce marché très juteux.

Une mini poche “cloud opérationnel” qui contient en quelque sorte des utilities du cloud :
- CloudFlare est un prestataire bien connu pour son offre gratuite permettant à tous les sites de bénéficier de son réseau de CDN pour distribuer efficacement des contenus dans le monde entier. La base d’utilisateurs gratuits (bénéficiant de fonctions limitées) constitue un formidable levier pour l’avenir. Les besoins sont de toute façon en forte croissance.
- Fastly est un concurrent de CloudFlare avec des spécificités importantes. Son absence d’offre gratuite démontre un positionnement moins grand public plus adapté à des codeurs sous Unix habités à manier des API pour gérer la “scalabilité” de leur infrastructure. La demande pour ce type d’offre est là aussi énorme et croissante.
- CrowdStrike se positionne comme l’acteur sécurité du cloud. Leurs solutions proactives sont de plus en plus utilisées pour sécuriser des services cloud de toute taille pour lesquels les attaques se multiplient.

Technologie hardware
- Apple… est-il bien besoin de présenter cette société ? Pas fan de leurs produits (je suis beaucoup trop geek et libriste pour ça), je dois avouer qu’Apple a su créer et exploiter sa marque de manière incroyable. Ses produits sont on ne peut plus désirables pour tous les “kékés” de la terre. Financièrement, c’est encore plus impressionnant avec en prime des rachats d’actions. Acheté aussi pour me soigner de trouver débiles tous ces gens avec des iPhones… lol

Énergie
- Neoen est l’un des leaders des énergies renouvelables en France. Il dispose de centrales solaires, d’éoliennes et d’un pôle stockage, ses activités se développent en France, mais aussi ailleurs en Europe, en Australie, en Amérique latine, en Afrique, etc. L’activité est en forte croissance portée par la vague verte. Elle devrait de plus bénéficier des plans d’aide destinés à “verdir” l’économie.

Santé
- Veeva Systems se situe entre la tech et la médecine en fournissant des solutions basées sur le cloud à destination des life sciences. En forte croissance, déjà rentable, l’entreprise se paye très cher (PER > 100), mais elle aurait tout aussi bien pu se trouver dans la catégorie tech en devenir. En tout cas, c’est un investissement dans le même esprit : acheter avant la pleine rentabilité.

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