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Portefeuille Investisseur Heureux - Juin 2016

01/06/2016 - 2525 € de dividendes bruts mensuels, 483 k€ de capital

Reporting de mai 2016 du portefeuille de l’investisseur heureux. 85e mois de reporting.

85e mois de reporting (plus de sept ans de transparence et partage) : l’objectif est l’obtention d’une rente mensuelle pérenne de deux SMIC nets, soit 2250 € après impôts et prélèvements sociaux ou environ 2830 € avant impôts et prélèvements sociaux. La stratégie patrimoniale pour y parvenir a été explicitée en filigrane sur ce blog ou les forums, et est décrite en détail dans mon livre.

Pour rappel, le suivi (portefeuille, répartitions, calendrier des dividendes…) est réalisé avec xlsPortfolio et xlsAsset.

Dividendes d’actions cotées perçus

Après l’arrêt de mon activité principale fin 2013 (Suis-je rentier ?), l’essentiel de mes revenus provient maintenant des dividendes de mes actions, dont sociétés immobilières cotées, et d’une TPE française dans laquelle je suis coactionnaire, dont l’actif principal est un site e-commerce.

Hors la TPE, le montant des dividendes reçus avant impôts et prélèvements sociaux, en base mensuelle, est d’environ 2525 € en mai 2016.

Calendrier des dividendes :

Dépendance des dividendes :

On notera une forte dépendance, assumée, aux sociétés immobilières Cominar, VEREIT et à la société de prêts hypothécaires CYS.

Performance

Bien que ne m’en préoccupant guère (la rente est générée par les dividendes, non par les plus-values boursières), dans la continuité des précédents reportings, je poursuis le suivi de la performance.

Le portefeuille reprend 2,19% ce mois-ci, mais reste éloigné de son plus haut d’avril 2015.

Evolution de la performance mensuelle sur les 85 mois de reporting :

Evolution de la valeur de la part :

Les dividendes sont intégrés nets d’imposition et prélèvements sociaux dans le calcul de la performance, quelque soit leur utilisation effective (consommation ou réinvestissement).

Le crédit d’impôt lié aux nombreuses actions étrangères détenues et l‘écart entre l’acompte éventuel vs l’imposition réelle (moins élevée) ne sont pas réintégrés, donc la performance effective est légèrement supérieure à celle indiquée.

Allocation stratégique

J’avais prévu d’arrêter mon activité principale à quarante ans, en 2019, avec un capital de 600 k€.

Je l’ai stoppée fin 2013 à trente-quatre ans, avec un capital de “seulement” 450 k€ (aujourd’hui 483 k€), fruit de mon épargne et investissements (ni aide, ni héritage, je suis arrivé à Paris fin 1999 à vingt ans avec un BAC+2 et environ 1 k€ en poche – premier logement dans un foyer de jeunes travailleurs en banlieue, interminables transports en commun, travail acharné, reprise d‘études, etc.).

Aussi, l’allocation stratégique s‘écarte nettement de celle préconisée dans mon livre, en étant plus agressive (allocations obligataires et monétaires réduites à leur portion congrue) et plus concentrée (forte sensibilité aux devises étrangères et à l’immobilier canadien et américain) :

A ce capital s’ajoute toutefois une participation dans une TPE française (cf. supra et infra) dont l’actif principal est un site e-commerce.

Livrets (≈0 k€)

La rentabilité des livrets est devenue extrêmement faible.

Ces 0 k€ correspondent à la trésorerie “boursière” en attente d’investissement, actuellement quasi nulle.

La trésorerie d’usage quotidien, disponible sur mes comptes courants, n’est pas comptabilisée dans ce reporting.

Fonds euros en assurance-vie (≈2 k€)

Mes fonds euros sont :

  • eurossima, détenu via un contrat d’assurance-vie Boursorama
  • Suravenir, détenu via un contrat d’assurance-vie Fortuneo

La seule chose qui m’empêche de tout liquider sont les montants minimaux requis pour ne pas avoir à clôturer l’assurance-vie et perdre les bénéfices liés à l’ancienneté.

Produits de taux (≈32 k€ d’une société de prêts hypothécaires)

Quoique cela soit discutable, mon investissement dans la société CYS peut être assimilé à un placement dans un fonds fermé obligataire avec effet de levier. En effet, CYS détient un portefeuille d’actifs constitué de prêts hypothécaires résidentiels titrisés garantis par l’Etat américain (cf. Sociétés de prêts hypothécaires).

Immobilier (≈252 k€ d’immobilier coté)

Mes investissements immobiliers le sont au travers de sociétés immobilières cotées en bourse (Real Estate Investment Trust), qui permettent une diversification géographique et typologique aisée (cf. Investir dans l’immobilier depuis chez soi) :

Dans le détail :

Ces foncières cotées sont détenues sur un compte-titres chez Binck.

Digital Realty est un fournisseur de solutions de centres de données informatiques et de services de colocation [de centres de données informatiques]. Si la société a le statut de REIT, je la classe comme une société des technologies de l’information plutôt qu’immobilière.

Actions (≈481 k€ dont 252 k€ d’immobilier coté et 32 k€ d’une société de prêts hypothécaires)

Allocation sectorielle :

Allocation opérationnelle (-3% est la performance dîte “spot“ du portefeuille actuel, qui ne prend donc pas en compte les plus-values des positions soldées ou les plus de 50 k€ de dividendes encaissés depuis 2014) :

Ces actions sont détenues sur un compte-titres chez Binck.

Société non cotée

Je suis coactionnaire à 50% d’une TPE (cf. supra et infra) dont l’actif principal est un site e-commerce.

Compte tenu d’un environnement très concurrentiel (spécialement avec une réglementation défavorable aux acteurs français), sa profitabilité est modeste et d’ailleurs pas nécessairement pérenne, néanmoins ses dividendes couvrent actuellement mes besoins quotidiens et me permettent de réinvestir librement ceux du portefeuille d’actions.

Par ailleurs, cette participation n’est pas comptabilisée dans la performance ou l’allocation stratégique, mais relativise la surpondération patrimoniale en dollars américains et canadiens.

Commentaire de gestion

Rente mensuelle via les dividendes d’actions cotées

En base mensuelle, le montant des dividendes bruts perçu est d’approximativement 2525 €.

L’absence d‘écart par rapport au mois précédent (2525 € vs 2523 €) s’explique essentiellement par des compensations au niveau du marché des changes, notamment des parités EUR/CAD, EUR/USD et EUR/GBP.

Plusieurs sociétés en portefeuille sont directement soumises aux aléas des prix des matières premières :

Par conséquent, si le cours de l’une ou l’autre de ses matières premières restait durablement “bas”, les profits et ipso facto, les dividendes, des sociétés en question seront nécessairement abaissés.

Cela a déjà été le cas récemment pour toutes, sauf les majors pétrolières BP et Royal Dutch Shell. Mais le dividende n’est plus couvert par les flux de trésorerie et est payé partiellement par un accroissement de l’endettement.

Une nouvelle réduction du dividende de Potash Corp n’est pas non plus à exclure, car le cours de la potasse n’en fini plus de baisser et de fait, les profits de Potash Corp également.

D’autres sociétés ont un taux de distribution relativement élevé qui supporterait mal une éventuelle réduction de leurs profits, même temporaire :

La foncière canadienne Dream Office REIT était placée dans cette catégorie, mais après la réduction de son dividende en février 2016, elle retrouve une flexibilité financière et un dividende pérenne, quoique réduit.

D’autres sociétés, au contraire, devraient voir leur dividende s’apprécier année après année :

Enfin, certaines sociétés ont naturellement des profits et un dividende volatile :

Dans leur ensemble, tout cela devrait plus ou moins se compenser et la rente devrait être relativement pérenne sur le long terme, quoique j’escompte continuer à diversifier celle-ci dans le futur.

Valorisation du capital

Les vicissitudes boursières ne me préoccupent guère (cf. Comment faire face à la volatilité boursière ?), à long terme, seules la performance opérationnelle des sociétés et ipso facto, leur capacité à distribuer des dividendes, comptent.

Or, appréhendé dans son ensemble, j’ai peu d’inquiétude sur ce sujet compte tenu des sociétés présentes en portefeuille (cf. Caractéristiques des actions avec un dividende pérenne et supra).

Ceci étant dit, la valorisation du portefeuille d’actions est particulièrement volatile ces derniers mois : après un plus-haut à 549 k€ mi-avril 2015, elle est tombée à 386 k€ en février 2016, pour remonter aujourd’hui à 483 k€.

Une partie de cette volatilité s’explique par les variations importantes dans le prix des matières premières, notamment du pétrole. De fait, même le cours des sociétés pétrolières/minières leaders évoluent fortement en bourse, en fonction des anticipations de profitabilité que font les acteurs de marché.

Stratégie de gestion

Mon univers d’investissement est celui des grosses capitalisations boursières (au moins 10 Md€ pour les sociétés “classiques”, au moins 2 Md€ pour les foncières cotées), parmi les leaders sur leur marché, avec des avantages concurrentiels, profitables, et une politique de versement de dividendes attractive.

Puisque mon objectif de rente mensuelle de deux SMIC nets est quasi atteint, je reviens progressivement à plus de diversification, afin de sécuriser ce revenu en évitant une dépendance trop forte à quelques sociétés et aux foncières cotées.

Ainsi, profitant que Cominar soit revenu sur mon PRU et bien que la société décote toujours sur sa NAV, j’ai allégé de 2000 titres (23,5 k€). J’en détiens toujours 70 k€ et graduellement je descendrai à 20-30 k€.

Avec la trésorerie dégagée, j’ai pu initier trois nouvelles lignes :

- 10 k€ sur l’opérateur de satellites SES. Cela fait une excellente diversification (une société qui ne dépend pas directement ou indirectement de la Chine et du pétrole !) et la société est de qualité. De par sa taille, elle me semble avoir plus de marges de manœuvre qu’Eutelsat, comme le prouve l’augmentation de capital opportuniste récente. La Banque et Caisse d’Epargne de l’Etat du Luxembourg au capital m’inspire plus confiance que BpiFrance et le Fonds Stratégique de Participation [de l’Etat français] au capital d’Eutelsat. Aussi ai-je mis directement 10 k€ dessus, profitant de la baisse de cours récente.

- 5 k€ sur la foncière britannique de centres commerciaux Intu Properties. La foncière décote sur sa NAV, mais est bien gérée et a un actionnariat stable (le conglomérat privé Peel Group détient 25%). Je n’ai pas mis directement 10 k€ pour le cas où il y ait un brexit et pouvoir moyenner à la baisse.

- 5 k€ sur la foncière américaine de centres commerciaux CBL & Associates. Au moins 50% de décote sur la NAV me semble compenser les incertitudes opérationnelles liées à la défiance actuelle sur les centres commerciaux de classe B. Je garde cependant une marge pour moyenner à la baisse au besoin (mauvaise nouvelle liée à la possible enquête SEC/FBI en cours ou une hausse des taux cet été).

Enfin, le reste de la trésorerie dégagée + les dividendes ce mois-ci ont été réinvestis dans :

- 3 k€ sur L Brands (Victoria Secret, Bath & Body Works…). De part la nature des produits (sous-vêtements féminins et bien-être) La société me semble relativement immunisée contre la concurrence internet et du low cost. Les soutiens-gorges, cela s’essaye et les produits de bien-être on aime les sentir, les toucher, être dans une ambiance.

- 1,5 K€ sur le distributeur de vêtements Gap. De bonnes chances d‘être un value trap, je construis la position (objectif 10 k€) petit à petit.

Ces arbitrages diminuent également la part de l’immobilier coté dans le portefeuille, la ramenant à 51%. Mon objectif est autour de 40%.

Réponses aux questions fréquentes

N’avez-vous pas peur de vivre en zone EUR tandis que votre “rente” est majoritairement en USD, CAD et GBP ?

Les dollars américains, canadiens ou la livre britannique ne sont pas le rouble russe, le réal brésilien ou je ne sais quelle devise d’un pays émergent.

Les États-Unis sont la première puissance économique et militaire du monde, le Canada est un pays bien géré avec des ressources pétrolières, Londres est la première place financière mondiale.

Si ces devises évoluent par rapport à l’euro, je ne m’attends pas à des variations extrêmes. Quand bien même elles auraient lieu, il n’est pas certain que cela soit en faveur de l’euro.

Votre rente mensuelle est bien faible, vous n‘êtes pas un vrai rentier !

Ma mère, après avoir travaillé près de quarante ans dans la fonction publique hospitalière touche 1730 € de retraite mensuelle, accompagné d’un mal de dos chronique d’avoir porté des malades pendant toutes ces années.

L’avenir des retraites en France me semble également bien incertain (incertitude sur la durée de cotisation, incertitude sur le montant des cotisations, incertitude sur le montant des pensions, incertitude sur la revalorisation des pensions…) et morose : cotiser toujours plus et toujours plus longtemps, pour toucher moins.

Aussi je trouve ma situation plutôt enviable : Suis-je rentier ?

La vie en Espagne (Valencia : super climat, bon marché et agréable à vivre), ou ailleurs, est aussi notoirement moins chère qu’en France.

N’avez-vous pas peur que les sociétés en portefeuille suppriment leurs dividendes ?

Mon portefeuille est essentiellement constitué de leaders mondiaux ou nationaux. Croyez-moi, si un jour la totalité des dividendes était coupée, c’est qu’il y aurait une telle crise économique mondialisée que nous aurions tous bien d’autres préoccupations.

Par contre, je m’efforce de réduire progressivement la dépendance aux sociétés immobilières Cominar, VEREIT et CYS.

N’avez-vous pas peur d’une hausse de la fiscalité ?

Si la fiscalité devenait insupportable, je peux m’expatrier définitivement au Portugal ou dans le pays approprié à ce moment-là.

Mais mes revenus sont modestes, et en réalité je suis nettement moins imposé maintenant que lorsque j’avais une activité à temps plein et payait environ 15 k€ d’impôts sur le revenu chaque année.

N’avez-vous pas peur ?..

Quand on réfléchit sereinement et avec recul, les risques apparaissent bien plus contenus qu’ils ne semblaient initialement (cf. La peur de tout : Philippe, n’avez-vous pas peur que…).

Pouvez-vous divulguer la totalité de votre patrimoine, votre impôt sur le revenu, les revenus de votre compagne, etc.

L’objectif de ce reporting est de partager une démarche d’investissement, pas d’exposer ma vie privée et satisfaire la curiosité de chacun.

Peu de blogueurs ont déjà le niveau de transparence auquel je m’astreins, qui sert aussi de prétexte pour m’insulter copieusement sur Internet (cf. Pourquoi les autres souhaitent-ils vous voir échouer ?).

---------

"Nous n’avons pas besoin d’être plus intelligents que les autres, nous avons juste besoin d’être plus disciplinés que les autres" – Warren Buffett

 

4 commentaires

1) georges
02/06/2016
Bonjour Philippe, pourquoi n'y a t'il pas de preffered stock dans vos achats de Reits. Est ce que c'est parce que le prélèvement à la source est de 30 % au lieu de 15 comme pour les MLPs.

Bien cordialement
L'investisseur heureux : devenir rentier
Philippe
03/06/2016
Bonjour,

Je ne m'y suis jamais vraiment intéressé, car j'ai toujours l'espoir de développer mon patrimoine et les prefered s'y prêtent moins que les foncières classiques à mon sens, en "cappant" la croissance.

Mais il y a parfois d'excellentes opportunités, avec des rendement/risque+volatilité très favorables.

Bien cordialement,

Philippe
3) 3ul3r
03/06/2016
Bonjour,
Il y a quelque chose que je ne comprends pas dans votre reporting.
Vous indiquez avoir commencé avec un capital de 450 k€ valant aujourd'hui 483 k€. Pourtant, le graphique d'évolution de la valeur de la part indique 165 pour aujourd'hui.
Je vous fais confiance sur les calculs, mais ce graphique n'est-il pas un peu trompeur, en faisant croire à une forte augmentation, alors que de 450 k€ à 483 k€ cela ne fait que 7,3% d'augmentation ?
L'investisseur heureux : devenir rentier
Philippe
03/06/2016
Bonsoir,

Le graphique commence en 2009, tandis que le chiffre de 450 k€ est fin 2013, quand j'arrête mon activité principale.

Cordialement,

Philippe

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