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Portefeuille Investisseur Heureux - Avril 2016

04/04/2016 - 2507 € de dividendes bruts mensuels, 459 k€ de capital

Reporting de mars 2016 du portefeuille. 83e mois de reporting.

83e mois de reporting (plus de six ans de transparence et partage) : l’objectif est l’obtention d’une rente mensuelle pérenne de deux SMIC nets, soit 2250 € après impôts et prélèvements sociaux ou environ 2830 € avant impôts et prélèvements sociaux. La stratégie patrimoniale pour y parvenir a été explicitée en filigrane sur ce blog ou les forums, et est décrite en détail dans mon livre.

Dividendes d’actions cotées perçus

Après l’arrêt de mon activité principale en 2013 (Suis-je rentier ?), l’essentiel de mes revenus provient maintenant des dividendes de mes actions, dont sociétés immobilières cotées, et d’une TPE française dans laquelle je suis coactionnaire, dont l’actif principal est un site e-commerce.

Hors la TPE, le montant des dividendes reçus avant impôts et prélèvements sociaux, en base mensuelle, est d’environ 2507 € en avril 2016.

Calendrier des dividendes :


(reporting généré par l’application xlsPortfolio)

Dépendance des dividendes :


(reporting généré par l’application xlsPortfolio)

On notera une forte dépendance, assumée, aux sociétés immobilières Cominar, VEREIT et à la société de prêts hypothécaires CYS.

Performance

Bien que ne m’en préoccupant guère (la rente est générée par les dividendes, non par les plus-values boursières), dans la continuité des précédents reportings, je poursuis le suivi de la performance.

Le portefeuille Patrimoine reprend 1,97% encore ce mois-ci mais reste éloigné de son plus haut d’avril 2015.

Evolution de la performance mensuelle sur les 83 mois de reporting :

Evolution de la valeur de la part :

Les dividendes sont intégrés nets d’imposition et prélèvements sociaux dans le calcul de la performance, quelque soit leur utilisation effective (consommation ou réinvestissement).

Le crédit d’impôt lié aux nombreuses actions étrangères détenues et l‘écart entre l’acompte éventuel vs l’imposition réelle (moins élevée) ne sont pas réintégrés, donc la performance effective est légèrement supérieure à celle indiquée.

Allocation stratégique

J’avais prévu d’arrêter mon activité principale à quarante ans, avec un capital de 600 k€.

Je l’ai stoppée à trente-quatre ans, avec un capital de “seulement” 450 k€ (aujourd’hui 459 k€), fruit de mon épargne et investissements (ni aide, ni héritage, je suis arrivé à Paris fin 1999 à vingt ans avec un BAC+2 et environ 1 k€ en poche – premier logement dans un foyer de jeunes travailleurs en banlieue, interminables transports en commun, travail acharné, reprise d‘études, etc.).

Aussi, l’allocation stratégique s‘écarte nettement de celle préconisée dans mon livre, en étant plus agressive (allocations obligataires et monétaires réduites à leur portion congrue) et plus concentrée (forte sensibilité aux devises étrangères et à l’immobilier canadien et américain) :

A ce capital s’ajoute toutefois une participation dans une TPE française (cf. supra et infra) dont l’actif principal est un site e-commerce.

Livrets (≈0 k€)

La rentabilité des livrets est devenue extrêmement faible.

Ces 0 k€ correspondent à la trésorerie “boursière” en attente d’investissement, actuellement quasi nulle.

La trésorerie d’usage quotidien, disponible sur mes comptes courants, n’est pas comptabilisée dans ce reporting.

Fonds euros en assurance-vie (≈2 k€)

Mes fonds euros sont :

  • eurossima, détenu via un contrat d’assurance-vie Boursorama
  • Suravenir, détenu via un contrat d’assurance-vie Fortuneo

La seule chose qui m’empêche de tout liquider sont les montants minimaux requis pour ne pas avoir à clôturer l’assurance-vie et perdre les bénéfices liés à l’ancienneté.

Produits de taux (≈32 k€ d’une société de prêts hypothécaires)

Quoique cela soit discutable, mon investissement dans la société CYS peut être assimilé à un placement dans un fonds fermé obligataire avec effet de levier. En effet, CYS détient un portefeuille d’actifs constitué de prêts hypothécaires résidentiels titrisés garantis par l’Etat américain (cf. Sociétés de prêts hypothécaires).

Immobilier (≈251 k€ d’immobilier coté)

Mes investissements immobiliers le sont au travers de sociétés immobilières cotées en bourse (Real Estate Investment Trust), qui permettent une diversification géographique et typologique aisée (cf. Investir dans l’immobilier depuis chez soi) :


(graphique généré par l’application xlsPortfolio)

Dans le détail :

Ces foncières cotées sont détenues sur un compte-titres chez Binck.

Digital Realty est un fournisseur de solutions de centres de données informatiques et de services de colocation [de centres de données informatiques]. Si la société a le statut de REIT, je la classe comme une société des technologies de l’information plutôt qu’immobilière.

Actions (≈456 k€ dont 251 k€ d’immobilier coté et 32 k€ d’une société de prêts hypothécaires)

Allocation sectorielle :


(graphique généré par l’application xlsPortfolio)

Allocation opérationnelle :


(reporting généré par l’application xlsPortfolio)


(reporting généré par l’application xlsPortfolio)

Ces actions sont détenues sur un compte-titres chez Binck.

Société non cotée

Je suis coactionnaire à 50% d’une TPE (cf. supra et infra) dont l’actif principal est un site e-commerce.

Compte tenu d’un environnement très concurrentiel (spécialement avec une réglementation défavorable aux acteurs français), sa profitabilité est modeste et d’ailleurs pas nécessairement pérenne, néanmoins ses dividendes couvrent actuellement mes besoins quotidiens et me permettent de réinvestir librement ceux du portefeuille d’actions.

Par ailleurs, cette participation n’est pas comptabilisée dans la performance ou l’allocation stratégique, mais relativise la surpondération patrimoniale en dollars américains et canadiens.

Commentaire de gestion

Rente mensuelle via les dividendes d’actions cotées

En base mensuelle, le montant des dividendes bruts perçu est d’approximativement 2507 €.

La forte baisse (2507 € vs 2623 € le mois dernier) est principalement due à la volatilité du marché des changes, notamment une évolution défavorable de la livre sterling et du dollar américain.

Plusieurs sociétés en portefeuille sont directement soumises aux aléas des prix des matières premières :

Par conséquent, si le cours de l’une ou l’autre de ses matières premières restait durablement “bas”, les profits et ipso facto, les dividendes, des sociétés en question seront nécessairement abaissés.

Cela a déjà été le cas récemment pour toutes, sauf les majors pétrolières BP et Royal Dutch Shell. Mais le dividende n’est plus couvert par les flux de trésorerie et est payé partiellement par un accroissement de l’endettement.

D’autres sociétés ont un taux de distribution relativement élevé qui supporterait mal une éventuelle réduction de leurs profits, même temporaire :

La foncière canadienne Dream Office REIT était placée dans cette catégorie, mais après la réduction de son dividende en février 2016, elle retrouve une flexibilité financière et un dividende pérenne, quoique réduit.

D’autres sociétés, au contraire, devraient voir leur dividende s’apprécier année après année :

Enfin, certaines sociétés ont naturellement des profits et un dividende volatile :

Dans leur ensemble, tout cela devrait plus ou moins se compenser et la rente devrait être relativement pérenne sur le long terme, quoique j’escompte continuer à diversifier celle-ci dans le futur.

Valorisation du capital

Les vicissitudes boursières ne me préoccupent guère (cf. Comment faire face à la volatilité boursière ?), à long terme, seules la performance opérationnelle des sociétés et ipso facto, leur capacité à distribuer des dividendes, comptent.

Or, appréhendé dans son ensemble, j’ai peu d’inquiétude sur ce sujet compte tenu des sociétés présentes en portefeuille (cf. Caractéristiques des actions avec un dividende pérenne et supra).

Ceci étant dit, la valorisation du portefeuille d’actions est particulièrement volatile ces derniers mois : après un plus-haut à 549 k€ mi-avril 2015, elle est tombée à 386 k€ en février 2016, pour remonter quelques semaines plus tard à 447 k€ et aujourd’hui à 459 k€.

Les cours des matières premières sont toujours proches de plus bas à dix/quinze ans, et même les sociétés pétrolières/minières leaders ont baissé en bourse, en même temps que leur profitabilité. La situation s’inversera quand les cours des matières premières remonteront.

Stratégie de gestion

Mon univers d’investissement est celui des grosses capitalisations boursières (au moins 10 Md€ pour les sociétés “classiques”, au moins 2 Md€ pour les foncières cotées), parmi les leaders sur leur marché, avec des avantages concurrentiels, profitables, et une politique de versement de dividendes attractive.

Puisque mon objectif de rente mensuelle de deux SMIC nets est quasi atteint, je reviens progressivement à plus de diversification, afin de sécuriser ce revenu en évitant une dépendance trop forte à quelques sociétés et aux foncières cotées.

Ce mois-ci, la position sur Digital Realty Trust, qui a connu un superbe parcours opérationnel et boursier depuis mon achat fin 2013, a été à nouveau allégée et les dividendes du mois réinvestis sur le constructeur d’avions américain Boeing et le distributeur américain de vêtements Gap (cf. Mouvements du portefeuille Patrimoine).

Les deux sociétés présentent un IH Score élevé avec une valorisation attractive au regard de leurs multiples historiques et permettent de diversifier le portefeuille aux secteurs “Industriel” et “Consommation discrétionnaire”.

Ces acquisitions sont également en phase avec un recentrage progressif vers des sociétés proposant un rendement sur dividende plus faible (3-4%), mais à fort potentiel de croissance (de l’ordre de 5% par an à long terme).

Réponses aux questions fréquentes

N’avez-vous pas peur de vivre en zone EUR tandis que votre “rente” est majoritairement en USD, CAD et GBP ?

Les dollars américains, canadiens ou la livre britannique ne sont pas le rouble russe, le réal brésilien ou je ne sais quelle devise d’un pays émergent.

Les États-Unis sont la première puissance économique et militaire du monde, le Canada est un pays bien géré avec des ressources pétrolières, Londres est la première place financière mondiale.

Si ces devises évoluent par rapport à l’euro, je ne m’attends pas à des variations extrêmes. Quand bien même elles auraient lieu, il n’est pas certain que cela soit en faveur de l’euro.

Votre rente mensuelle est bien faible, vous n‘êtes pas un vrai rentier !

Ma mère, après avoir travaillé près de quarante ans dans la fonction publique hospitalière touche 1730 € de retraite mensuelle, accompagné d’un mal de dos chronique d’avoir porté des malades pendant toutes ces années.

L’avenir des retraites en France me semble également bien incertain (incertitude sur la durée de cotisation, incertitude sur le montant des cotisations, incertitude sur le montant des pensions, incertitude sur la revalorisation des pensions…) et morose : cotiser toujours plus et toujours plus longtemps, pour toucher moins.

Aussi je trouve ma situation plutôt enviable : Suis-je rentier ?

La vie en Espagne (Valencia : super climat, bon marché et agréable à vivre), ou ailleurs, est aussi notoirement moins chère qu’en France.

N’avez-vous pas peur que les sociétés en portefeuille suppriment leurs dividendes ?

Mon portefeuille est essentiellement constitué de leaders mondiaux ou nationaux. Croyez-moi, si un jour la totalité des dividendes était coupée, c’est qu’il y aurait une telle crise économique mondialisée que nous aurions tous bien d’autres préoccupations.

Par contre, je m’efforce de réduire progressivement la dépendance aux sociétés immobilières Cominar, VEREIT et CYS.

N’avez-vous pas peur d’une hausse de la fiscalité ?

Si la fiscalité devenait insupportable, je peux m’expatrier définitivement au Portugal ou dans le pays approprié à ce moment-là.

Mais mes revenus sont modestes, et en réalité je suis nettement moins imposé maintenant que lorsque j’avais une activité à temps plein et payait environ 15 k€ d’impôts sur le revenu chaque année.

N’avez-vous pas peur ?..

Quand on réfléchit sereinement et avec recul, les risques apparaissent bien plus contenus qu’ils ne semblaient initialement (cf. La peur de tout : Philippe, n’avez-vous pas peur que…).

Pouvez-vous divulguer la totalité de votre patrimoine, votre impôt sur le revenu, les revenus de votre compagne, etc.

L’objectif de ce reporting est de partager une démarche d’investissement, pas d’exposer ma vie privée et satisfaire la curiosité de chacun.

Peu de blogueurs ont déjà le niveau de transparence auquel je m’astreins, qui sert aussi de prétexte pour m’insulter copieusement sur Internet (cf. Pourquoi les autres souhaitent-ils vous voir échouer ?).

---------

"Nous n’avons pas besoin d’être plus intelligents que les autres, nous avons juste besoin d’être plus disciplinés que les autres" – Warren Buffett

 

9 commentaires

1) enzo
05/04/2016
Bonsoir,
Vous êtes positionne uniquement sur des valeurs hors CAC.
Pourriez-vous m'en expliquer la raison.
Merci.
2) James
05/04/2016
Intéressant. Merci pour cette "non réponse" qui m'incite à la prudence.
L'investisseur heureux : devenir rentier
Philippe
06/04/2016
@Enzo,

Trois raisons :
1) je perçois déjà des dividendes en EUR via la TPE française dans laquelle je suis actionnaire
2) j'aime les dividendes trimestriels et mensuels
3) cf. la newsletter Vive les entreprises anglo-saxonnes !
4) Enzo
07/04/2016
Merci pour votre blog et réponse.
Ma seule source d interrogation à LT pour la gestion d un compte titre ordinaire est comme vous l indiquez : une dépendance des sociétés foncières dans votre portefeuille. Celles-ci sont actuellement en vogue.
Mais pour combien de temps ?

C est la problématique de s engager sur un secteur d activité avec une contrainte ensuite de fiscalité de ne pas pouvoir trop revendre.
Depuis 10ans on a connu des phénomènes de mode qui se sont vite éteints : les technos, les bancaires, les pharmas et maintenant les énergies.....
Voilà je ne suis qu un novice, et bien entendu nous sommes tous à la recherche d une solution optimale.
L'investisseur heureux : devenir rentier
Philippe
07/04/2016
Les foncières cotées ne sont pas une mode, il s'agit d'une classe d'actif maintenant bien établie, avec un business tangible, des profits et un tracking record.

Cela n'a rien à voir avec la survalorisation des biotechs ou de certaines sociétés de l'internet (Twitter) qui ne gagnent pas d'argent.

Mais vous avez raison, il n'est pas très sain d'avoir d'aussi grosses positions sur VEREIT et Cominar et petit à petit, je vais les réduire.
6) Nathan
09/04/2016
Bonjour Philippe,

Merci pour votre site et ce reporting, je les suis régulièrement ayant le même objectif de "devenir rentier".

Une question: comment calculez-vous l'évolution de la valeur de la part? Cf. graphique de comparaison à Carmignac Patrimoine (part A).

Merci d'avance pour votre réponse.

Nathan
7) MisterVix
11/04/2016
@Nathan

Si réellement vous lisez régulièrement ce site, il est surprenant que vous n'ayez pas été interpelé par les commentaires ou les publicités vers XLS portofolio, la feuille Excel de suivi automatique de portefeuille de l'IH, qui calcule l'évolution de la valeur de part versus un Benchmark (comme Carmignac patrimoine)

ET si vous utilisez l'onglet de recherche vous trouverez une file intéressante sur la valorisation du portefeuille et le calcul de performance qui détaille le TMI et la valeur de part.
8) Nathan
11/04/2016
Bonjour MisterVix,

Pour comprendre une formule il suffit de la lire c'est tout ce que je demandais. Je ne comprends pas le rapport avec xlsportfolio, même si ce fichier est sûrement utile et pratique.

J'ai lu la file du forum et ce n'est toujours pas clair pour moi.

Merci d'avoir répondu
9) Silicon
22/04/2016
Bonjour

Je suis surpris que dans votre portefeuille il n'y ait pas des ETF foncier (ex ZRE de BMO) qui assureraient a tout le moins une certaine répartition foncière.

Des banques Canadiennes , elles sont d'envergure et pas trop risquées tout en assurant un dividende qui a du sens.

Des telecoms comme BCE , T qui elles aussi donnent un dividende qui a du sens.

En 2015 le marché Canadien a été moins bien que coté US (je parle en général) espérons qu'en 2016 ce sera l'inverse.

Bons investissements.

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