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Pour perdre de l’argent, suivez les conseils de la presse spécialisée !

28/06/2010 - Une médiocrité affligeante

La presse financière spécialisée N’est PAS un bon conseilleur quand il s’agit d’investir en bourse.

Question : si en bon élève, vous lisez régulièrement la presse financière, avez-vous réussi à surperformer les marchés boursiers, ou au moins à les égaler ?

Je prends l’exemple de l’Oréal, une valeur défensive et prévisible.

Voici les conseils d’achat/vente (élégamment nommés “opinion plutôt positive” ou “opinion plutôt négative”) d’un magazine financier sur celle-ci :


Et les voici posés sur le graphique de l’Oréal :


Non mais franchement, comment peut-on être aussi mauvais ?

C’est un secret de polichinelle que les conseils des médias financiers ou des analystes publiés au grand public sont nullissimes.

Mais quand on débute en bourse, on ne le sait pas.

On se doute que s’ils savaient prévoir les marchés, ils ne seraient pas journalistes, mais plutôt investisseurs en compte propre.

Cependant, on se dit que sans être omniscients, ils en savent plus que nous et que l’on gagnera à suivre leur recommandation.

C’est un tord !

S’il y a quelque chose à bien soigner quand on débute, c’est son allocation d’actifs : diversifier entre monétaire, obligataire, actions et immobilier ; diversifier par secteur ; diversifier par devise.

Pas de chance pour vous, les médias n’en parlent quasiment jamais et la presse spécialisée est complètement centrée sur les valeurs françaises.

C’est ainsi que quand votre serviteur s’est mis à la bourse en 2000, il a investi toutes ses économies dans cinq valeurs technologiques franco-françaises recommandées par les magazines. Il a moyenné à la baisse, histoire de bien profiter des opportunités quand ça allait rebondir fort…

Le bilan : 90% de pertes que j’ai mis des années à rattraper.

Ne faîtes pas la même erreur : soignez votre allocation d’actifs et ne suivez pas aveuglément les conseils des magazines.

---------

"Nous n’avons pas besoin d’être plus intelligents que les autres, nous avons juste besoin d’être plus disciplinés que les autres" – Warren Buffett

 

9 commentaires

1) Spiny
29/06/2010
le constat est éloquent...de médiocrité.

C'est affligeant.

On peut peut-être adopter une autre stratégie...: faire le contraire de ce que recommande ces pseudo spécialistes....visiblement, cela aurait été une bonne source d'enrichissement pour le cas l'oréal!
2) JPA
29/06/2010
"Je prends l’exemple de l’Oréal, une valeur défensive et PREVISIBLE."
Je suis heureux pour vous si vous pouvez sans risque prévoir les cours de L'Oréal, ou de toute autre action, sans faire d'erreur.
Il m'arrive d'avoir quelques convictions et d'investir en conséquence, mais plusieurs années d'investissements boursiers m'ont guéri de toute prétention aussi catégorique.

Considérons maintenant l'exemple qui vous a conduit à un jugement lapidaire contre la presse magazine.

J'ai relevé les cours de L'Oréal et du CAC 40 au 7 mai 2009, au 14 avril 2010 et ce 29 juin.

Sur la période où le magazine est vendeur, le CAC 40 fait +24% et l'Oréal +44% Voilà qui n'inspire pas confiance a priori.

Mais si on compare ces instruments depuis le 14 avril, le CAC fait -14% tandis que l'Oréal fait +1%.

Certes, en pur "stock picking" on peut toujours trouver mieux. Mais je crois que sur cette période, puisque vous parlez de diversification, L'Oréal tient largement la dragée haute au MSCI World (je vous laisse le soin de faire les calculs).

On ajoutera que l'investisseur (heureux) aura perçu pendant ce temps un dividende de 1.5 €.

Aussi, le changement de recommandation du 14 avril dernier est loin d'être aussi ridicule qu'il n'y parait.

A votre question "comment peut-on être aussi mauvais?", je vous répondrais que si je parvenais à surperformer le CAC 40 de 15% tous les 2 mois 1/2, il y a longtemps que je serais à la retraite...
3) JPA
29/06/2010
J'ajouterais qu'un conseil d'achat ou de vente pris seul, sans aucune explication, sans horizon de détention, sans analyse de la valeur ou sectorielle, sans connaître un peu les "biais" habituels de l'auteur de la recommandation, ou pas de conseil du tout, c'est la même chose à mes yeux.

Aussi il serait intéressant de savoir quels étaient les arguments sur lesquels se sont fondées ces recommandations, pour savoir si elles apparaissent rétrospectivement pertinentes ou à côté de la plaque. En particulier lors du changement de reco.
L'investisseur heureux : devenir rentier
Philippe
29/06/2010
Le terme prévisible s'appliquait au CA de l'Oréal et non à son cours. L'Oréal est + prévisible que Renault par exemple.

"je vous répondrais que si je parvenais à surperformer le CAC 40 de 15% tous les 2 mois 1/2, il y a longtemps que je serais à la retraite…"

Certes, sauf que là en l'occurrence, la surperformance relative n'a eu lieu que 2 mois 1/2 sur 13 mois, donc on est un peu loin de ce que vous évoquez...

Je suis bien d'accord avec vous sur les conseils données sans horizon temporelle.

De toute façon, mon propos n'était pas de me "faire" un magazine (d'ailleurs je n'ai cité aucun nom) et j'ai pris ceci en pure exemple. J'en ai 3 tonnes comme ça. J'aurai aussi pu citer les portefeuilles boursiers modèles qui sont périodiquement réinitialisés dès que leur performance devient trop catastrophique.

Avec tout le respect que je vous dois, je trouve étonnant que sous couvert d'humilité vous défendiez la médiocrité. Franchement le graphique + les recos est quand même assez explicite.
5) JPA
29/06/2010
"Le terme prévisible s’appliquait au CA de l’Oréal et non à son cours."
J'en prends acte. Le contexte permettait de comprendre les choses différemment.

"la surperformance relative n’a eu lieu que 2 mois 1/2 sur 13 mois, donc on est un peu loin de ce que vous évoquez…"
Nous sommes pourtant d'accord. J'avais commencé par noter que les recommandations précédentes ne plaidaient pas en faveur du magazine.
Cependant, je souhaitais souligner que le seul changement significatif de la série de recos (on peut supposer une analyse plus précise), n'était pas nécessairement malvenu.

"Avec tout le respect que je vous dois, je trouve étonnant que sous couvert d’humilité vous défendiez la médiocrité. "
Je ne défends ni la médiocrité en général, ni les choix de ce journal en particulier. Je souhaite mettre en évidence que tous les conseils donnés dans votre exemple ne sont pas forcément aussi mauvais que le laisserait supposer une lecture rapide de votre graphique. Voyez le commentaire de Spiny: "faire le contraire de ce que recommande ces pseudo spécialistes…". Et justement, ce n'est pas si simple... Le graphique est explicite, mais il peut aussi être trompeur (D'ailleurs, voyez si tel gérant ou tel journal ne présentera pas ses performance sous un graphique, qui en apparence sera flatteur, pour des performances qui seront elles médiocres après analyse, il suffit de choisir le graphe qui va bien).

Au demeurant, mon deuxième message (et c'est je crois un point de convergence) avait pour but de montrer qu'on ne peut juger d'un conseil que s'il est accompagné d'un minimum d'explications et d'horizon de placement. De la série brute de recommandations que vous relevez, je me garderais bien de conclure à la médiocrité autant qu'à son contraire, sans savoir ce qui a pu motiver l'auteur.

D'une certaine façon, si ce journal publie ses conseil de façon brute, sans analyse et sans horizon de placement, cela me semble condamner encore plus sûrement ses conseils que la seule étude de quelques mois sur L'Oréal (je ne doute pas que vous puissiez produire d'autres exemples...)
L'investisseur heureux : devenir rentier
Philippe
29/06/2010
Tout à fait, nous convergeons et je reconnais que mon billet est un peu racoleur.

Pour l'Oréal, l'avenir nous dira, mais avec EV/EBITDA 2010 à 13,83, la valeur est très chère. Coca Cola est à 11,25.
7) Jean-Marc
29/06/2010
Bonjour, j'ai la même analyse. La revue à laquelle je suis abonné et que je nommerai pas, a produit fin 2008 une liste de 10 valeurs à posséder absolument en 2009 et une liste de 10 valeurs à éviter absolument. En supposant que l’on mette la même somme sur ces 10 valeurs à la date du conseil, le portefeuille constitué des 10 sociétés recommandées aurait affiché une performance de +6.9% au 11 septembre 2009 (date à laquelle je m'étais recroisé), à comparer à +15.0% pour le CAC40 ; c’est assez moyen mais cela montre bien comment la performance d’un gérant sous-performe en général les indices. Plus grave, le portefeuille composé des 10 sociétés à éviter absolument affichait une performance de +39.4%.

Je pense que la lecture de la presse financière permet de collecter beaucoup d'infos sur les sociétés et de données chiffrées. C'est aussi mon divertissement du week-end quand les marchés sont désespérément fermés. Mais en aucun cas il ne faut suivre le moindre conseil boursier.

Je suis même encore plus catégorique : chaque investisseur doit commencer par se poser la question de savoir ce qu'il attend d'un placement (boursier). En fonction de la réponse, les "conseils" peuvent être très différents. Des conseils au kilomètre que l'on trouve un peu partout n'ont aucune logique d'ensemble. Rien que pour cette raison, il faut les fuir.
L'investisseur heureux : devenir rentier
Philippe
29/06/2010
C'est exactement ça. On distille du conseil mais sans une approche globale en phase avec un objectif.

Si c'était bien fait, il y aurait des portefeuilles modèles par horizon de temps et profil de risque.

Alors quand en + les conseils sont "bidons".

L'exemple le + flagrant que j'ai c'est la page Bourse du magazine Challenges. Un magazine censé être pour les CSP+.

En mars 2009, il était à la vente sur toutes les valeurs du CAC. C'est seulement au + haut du rebond court terme du CAC (juin 2009) qu'il a commencé à passé à l'achat sur quelques valeurs cycliques qui avait déjà rebondi. Timing complètement faux, comme sur l'exemple de l'Oréal + haut.

De toute façon on voit bien dans l'analyse de certains dossiers que c'est assez superficiel. Ca parle de PER, de dividendes (sans vérifier s'il est couvert par le cash flow...) et ça reproduit quelques phrases tirés ici et là des AG ou des analystes et c'est tout.
9) pat-mail
29/06/2010
Je nuancerais vos propos, même si je suis également très septique quand à la valeur ajoutée de ces magazines.
Il faut considérer le risque prix sur les titres choisis.La bourse récompense la prise de risque.Les analystes des magazines ( et les autres ) privilégient les titres peu spéculatifs.Donc le portif de valeurs recommandées (peu risqué) raporte beaucoup moins que l'indice .Il est également logique que les valeurs " à fuir", très risquées, ( value dans le jargon), rapportent elles nettement davantage...Certains de ces titres "à fuir" auraient pu tomber très bas sans rebondir , le portif aurait été alors bien déprimé.

Mark Hulbert est célèbre pour avoir lui aussi décortiqué les recommandations boursières, notemment les lettres payantes.Les résultats sont calamiteux.Les portifs constitués à un moment donné (figés) faisaient mieux que les portifs suivis, corrigés au fil de l'eau...Là aussi, un portif indiciel écrase la majorité de ces lettres.

J'ai fait cet exercise en 2008, pendant la chute.Là aussi, une valeur vendue à perte remplacée par une soit disant meilleure , rebondissait en 2009 compensant toutes les pertes.La remplaçante faisant 20% moins bien...Biensûr avec un résultat global nettement moins bon qu'avec un "vulgaire" tracker CAC40 !

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