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Forums des investisseurs heureux

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#26 24/01/2015 09h23 → Richesse et pauvreté : faut-il réduire les inégalités ? (inégalités, pauvreté, richesse)

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Réputation :   69 

koldoun a écrit :

n’est-ce pas JP Morgan qui préconisait que dans une société idéale, les plus hauts salaires devaient être maximum 20 fois plus élevés que les plus bas salaires?

Dans mes souvenirs, c’était Henry Ford et il l’appliquait pour sa propre entreprise


Ericsson…!  Qu'il entre !

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#27 25/01/2015 13h31 → Richesse et pauvreté : faut-il réduire les inégalités ? (inégalités, pauvreté, richesse)

Banni
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Igorgonzola a écrit :

Titi27 a écrit :

Même si elle était réellement gratuite (ce qui est loin d’être le cas), les "meilleures" écoles elles ne le sont pas.

Mieux vaut passer par H4 puis hypocagne et l’ENA, que du lycée J. Jaurès de Stain à Paris VIII, regardez la cote sur le marché des cursus universitaires pour voir les implications en terme de débouché.

De mon point de vue on ne peut nier que le déterminisme du milieu social forge une bonne part de la réussite potentielle d’un individu, quel que soit son mérite et son intelligence intrinsèque.

Et si on ne fait pas l’ENA, on est susceptible d’être endoctriné par des terroristes ?
ça va faire beaucoup de candidats au djihad…

Pardonnez moi, je rentre d’un beau mariage ce WE, et peut être mon esprit n’est il pas encore assez éveillé, mais quel est le lien entre mes propos et les vôtres ?

En terme d’intégrisme, je pense que vous en connaissez un rayon, si j’en juge par cette discussion, et pas seulement sur mon intervention.

Peut être pourriez vous préciser votre pensée.

Cordialement


Il ne s'agit pas de changer le pansement, mais de penser le changement.

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#28 25/01/2015 18h35 → Richesse et pauvreté : faut-il réduire les inégalités ? (inégalités, pauvreté, richesse)

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Je mettais juste côté à cote votre raisonnement et celui de sanbouddha.

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#29 25/01/2015 20h01 → Richesse et pauvreté : faut-il réduire les inégalités ? (inégalités, pauvreté, richesse)

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Bonjour,
Je vais commencer par aller à l’essentiel : l’air du temps qui porte le sujet des inégalités commence à m’agacer. "Inégalité" fait maintenant partie dans la catégorie des mots qui nous empêchent de penser, comme solidarité, vivre ensemble, discrimination, etc. Qui peut être pour les discriminations  et contre la solidarité ? De même, qui peut être pour les inégalités ?

Il faut avoir le courage intellectuel de dire qu’aucune réponse ne s’impose d’évidence. Lorsque l’on parle d’inégalités, il faut déjà se mettre d’accord sur une définition. Cela a déjà été souligné plusieurs fois : mesurer les inégalités en termes chiffrés, c’est se condamner à opérer un raisonnement abstrait, déconnecté de réalités factuelles. Cela, les ONG et les politiques qui poussent le débat le savent très bien. Mettre en avant les faits leur interdirait de condamner le capitaliste et ses excès. Car, ces dix dernières années, des millions de personnes dans le monde sont sorties de l’extrême pauvreté grâce à l’économie de marché. Au passage, quelques ultras riches ont été créées et les inégalités chiffrées se sont creusées. Pourtant, je reste persuadé que l’écart factuel s’est réduit. Un ultra riche n’est finalement pas si éloigné d’une personne pouvant manger à sa faim et ayant accès au confort moderne, à la santé et au logement. Du moins, l’écart factuel serait bien plus important en comparant le cas de cette même personne et une autre atteinte de malnutrition et perdant ses enfants du fait de conditions de vie épouvantables.

Autre chose est l’égalité des chances, ou la capacité de tout un chacun, quel que soit son milieu d’origine, à accéder à un statut social plus élevé. Les obstacles ici ne sont pas qu’économiques. Ils peuvent aussi être sociaux-culturels (voyez les systèmes de castes) ou juridique. Sur ce dernier point, il est intéressant de constater que les plus grands pourfendeurs  politiques des inégalités sont également ceux qui défendent les monopoles légaux, les statuts spécifiques et le caractère exorbitant du droit public…

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#30 25/01/2015 21h13 → Richesse et pauvreté : faut-il réduire les inégalités ? (inégalités, pauvreté, richesse)

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Job a écrit :

koldoun a écrit :

n’est-ce pas JP Morgan qui préconisait que dans une société idéale, les plus hauts salaires devaient être maximum 20 fois plus élevés que les plus bas salaires?

Dans mes souvenirs, c’était Henry Ford et il l’appliquait pour sa propre entreprise

Non non, c’est bien JP Morgan, je l’ai lu au hasard d’une lecture je ne sais plus trop ou, mais cet article le confirme, sauf qu’ici on parle de 30 fois.

http://www.lecercledeseconomistes.asso. … s-quand-jp

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#31 25/01/2015 22h20 → Richesse et pauvreté : faut-il réduire les inégalités ? (inégalités, pauvreté, richesse)

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PierreQuiroule a écrit :

Pourtant, je reste persuadé que l’écart factuel s’est réduit. Un ultra riche n’est finalement pas si éloigné d’une personne pouvant manger à sa faim et ayant accès au confort moderne, à la santé et au logement. Du moins, l’écart factuel serait bien plus important en comparant le cas de cette même personne et une autre atteinte de malnutrition et perdant ses enfants du fait de conditions de vie épouvantables.

Exactement.
Ceux qui agitent les inégalités oublient souvent de dire que les pauvres d’aujourd’hui vivent mieux que les ultra riches il y a moins d’un siècle.
En France, on peut avoir un frigo, une télé, un téléphone avec forfait illimité, un ordi avec internet, une voiture, une machine à laver, manger à sa faim tous les jours, avoir un toit sur la tête, et quand même être sous le seuil de pauvreté.

Pire, si les 500 plus grandes fortunes de France voient leurs actifs financiers monter (à la faveur d’un QE au hasard), alors il y a aura plus de pauvres selon les statistiques.

Quelle est la logique de tout ça ?

PierreQuiroule a écrit :

Autre chose est l’égalité des chances, ou la capacité de tout un chacun, quel que soit son milieu d’origine, à accéder à un statut social plus élevé. (…) Sur ce dernier point, il est intéressant de constater que les plus grands pourfendeurs  politiques des inégalités sont également ceux qui défendent les monopoles légaux, les statuts spécifiques et le caractère exorbitant du droit public…

Encore exact.
Les libéraux combattent farouchement ces idioties sur les inégalités, et vous n’en trouverez pas un qui ne prône pas une égalité absolue en droits.

Par contre, vous trouverez de plus en plus de libéraux qui s’offusquent et s’inquiètent des impacts des manipulations monétaires sur la répartition des richesses.

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#32 04/05/2015 14h11 → Richesse et pauvreté : faut-il réduire les inégalités ? (inégalités, pauvreté, richesse)

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Le fait est que les inégalités provoquent des tensions et peuvent aller jusqu’a l’affrontement physique.
On peut toujours se dire que ceux qui sont envieux ont tort (je le pense) mais si on s’arrete a ce constat, on n’a pas reglé le probleme et les tensions continueront d’augmenter.

Je trouve l’idée d’un salaire maximum tout a fait intéressante moi aussi, ca permettrait a ceux qui ont des besoins (ou plutot des envies) élevés d’etre satisfaits, sans démesure.

Concernant le terrorisme, oui il s’agit certainement d’endoctrinement et d’ignorance. Hélas si l’école est gratuite dans la plupart des pays cela ne signifie nullement que tous les enfants concernés y aillent effectivement (travail des enfants, dififcultés d’acces…).

Dernière modification par nor (04/05/2015 14h13)

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#33 04/05/2015 16h37 → Richesse et pauvreté : faut-il réduire les inégalités ? (inégalités, pauvreté, richesse)

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nor a écrit :

Le fait est que les inégalités provoquent des tensions et peuvent aller jusqu’a l’affrontement physique.

Ce qui me pose problème avec cette assertion, c’est que cela donne une justification morale à ceux qui insatisfaits de leur condition, veulent y remédier par des moyens illégaux ou contraires aux libertés fondamentales.

Je m’explique, je reviens toujours au même point de départ, mais c’est fondamental : pourquoi se forme-t-on en communauté ?
Pourquoi construit-on des institutions, transférons-nous le monopole de la violence à l’Etat, si ce n’est pour que celui-ci fasse respecter certaines règles ?

Très schématiquement : deux homos sapiens abandonnent leurs massues respectives pour les donner à un troisième qui sera le représentant de l’ordre. Ce troisième se chargera de réprimer le premier ou le second s’il venait à vouloir piquer la pomme dans la caverne de son voisin.

Si qqs jours après, le premier a plus de pommes que le second, il n’y a pas de légitimité à remettre en cause les règles de départ. Et si c’était le cas, quel est l’intérêt pour le premier d’abandonner l’usage de la violence ?

Je trouve très dangereux les attaques répétées aux droits fondamentaux ces dernières années dans ce pays, qu’il s’agisse du droit de propriété ou des libertés les plus basiques (expression, vie privée en premiers lieux, mais il y en a des centaines qui ont disparues). Tout cela sans absolument aucun bénéfice sur la sûreté.

Parler de république, de démocratie, de solidarité, c’est bien, mais il faudrait un peu plus parler de droits fondamentaux et de contrat social, cela obligerait à se poser vraiment les bonnes questions.

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#34 04/05/2015 16h37 → Richesse et pauvreté : faut-il réduire les inégalités ? (inégalités, pauvreté, richesse)

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L’idée du salaire minimum est séduisante… mais qu’est ce qui empecherait les prix de monter d’autant que ce salaire minimum ? Ou du moins, l’inflation de détruire tout ou partie de l’intéret de ce salaire minimal?

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#35 04/05/2015 18h25 → Richesse et pauvreté : faut-il réduire les inégalités ? (inégalités, pauvreté, richesse)

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On peux bien disserter des lustres sur le fait qu’il faille réduire ou non les inégalités, mais encore faut il se mettre d’accord sur lesquelles et établir une hiérarchie dans l’ordre de celles que l’on voudra traiter mais nous aurons un gros problème car il y a autant d’inégalité que d’êtres humains vivant sur cette Terre : je suis grand, l’autre est petit… Je suis beau, l’autre l’est moins… Je suis riche, l’autre ne l’est pas autant… Je vis dans un pays riche et prospère, l’autre dans un pays moins riche et moins prospère… Je suis intelligent, l’autre est sot… Je suis fainéant, l’autre non… Etc…
Pour faire court, les inégalités ont toujours existé et existeront toujours, c’est un fait et il faut vivre avec!!
Il est facile de critiquer untel ou untel parce qu’il gagne trop (encore faudrait-il s’entendre sur le montant à partir duquel l’on considère que c’est trop) mais n’oublions pas que dans la majeure partie des cas, ce n’est pas volé et que, tout comme n’importe qui, "plus j’en ai, plus j’en dépense et plus j’en veux…".
De plus, si l’on parle d’inégalité matérielle, est on sûr que l’on soit foncièrement plus heureux avec beaucoup plus d’argent? Ce n’est pas dit et pour être franc, je n’envie pas la vie de ces PDG aux salaires annuels à 6 chiffres car je ne suis pas sûr qu’ils voient grandir leurs enfants, ni même qu’ils aient le temps de s’occuper eux-mêmes de leur femme (;-))

En conclusion, je dirais que, au delà de toute considération philosphique, le problème dans ce pays selon moi est que l’on confond égalité et égalitarisme, ce qui conduit à tirer tout le monde vers le bas en pénalisant systématiquement toute forme de réussite individuelle ou en la regardant avec suspicion et jalousie plutôt que de considérer qu’il s’agit d’exemples à suivre.

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#36 04/05/2015 19h00 → Richesse et pauvreté : faut-il réduire les inégalités ? (inégalités, pauvreté, richesse)

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Aux états-Unis il suffirait de supprimer les avantages dont bénéficient les grosses fortunes américaines depuis Raegan et G.W Bush… Il faudrait même simplement annuler ces mandats présidentiels qui n’ont fait qu’accroître ces différences qui servaient simplement à déréglementer le marché et à créer des oligopoles dans tous les secteurs. Recréer une véritable économie de marchés avec plusieurs concurrents et renationaliser les bénéfices indus de ces multinationales… Le pays s’en sortirait mieux. 

En France, c’est différent ; c’est l’état qui possède 66% de l’économie du pays (fonctionnaires + entreprises sous subventions + entreprises clientes + entreprises publiques). On est dans un pays communiste ; la richesse se trouve ou l’état français se trouve… Total ; Dassault , Airbus, SNCF, EDF… Et puis les banques que l’état sauve sans arrêt et que l’état sauvera au prochain soucis…
Il suffirait de désengager l’état de ces secteurs en le poussant simplement à réglementer de façon externe. D’interdire l’interventionnisme de l’état.

Bref, la France et les Etats-Unis ont 2 problèmes totalement différents et la richesse ne vient pas du même endroit. Le résultat est pourtant le même ; les riches s’enrichissent sans limites… Pendant que les états font faillite.

Ensuite, parler de l’immigration, du Smic… C’est du Hors Sujet, ce n’est pas ça qui changera quelque chose. Et c’est plein de contre-sens. La hausse du smic entraine une inflation… Au final ça n’apportera rien à personnes.

Dernière modification par azorgues (04/05/2015 19h02)

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#37 05/05/2015 03h21 → Richesse et pauvreté : faut-il réduire les inégalités ? (inégalités, pauvreté, richesse)

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Igorgonzola a écrit :

nor a écrit :

Le fait est que les inégalités provoquent des tensions et peuvent aller jusqu’a l’affrontement physique.

Ce qui me pose problème avec cette assertion, c’est que cela donne une justification morale à ceux qui insatisfaits

Peut-etre pensez-vous que je suis faible et que je plie devant l’adversité en tolérant des comportements violents.
Pour etre clair, je suis obstiné a penser que la violence est un fléau qui s’auto-entretien. Que ce soit une violence provenant de part ou d’autre. Je dis juste que devant une réalité il faut chercher a comprendre les causes et agir sur elles.

Le salaire maximum est une idée totalement discutable, mais elle est concrete. Elle aurait le mérite de réduire le sentiment de déconnexion totale que peut sentir une partie de la population vis-a-vis des tres grosses rémunérations.
Je serais ravi de connaitre des idées concretes d’autres bords.

Igorgonzola a écrit :

Très schématiquement : deux homos sapiens abandonnent leurs massues respectives pour les donner à un troisième qui sera le représentant de l’ordre. Ce troisième se chargera de réprimer le premier ou le second

Oui. Sauf qu’un etre humain est plus complexe qu’un clou qu’il suffit de taper pour qu’il s’enfonce. (métaphore inspirée d’une expression japonaise qui dit en substance "enfoncer les clous qui dépassent" pour parler de briser les personnes qui tentent de sortir du lot).
Je crois que vouloir simplement réprimer ceux qu’on appelle les "envieux", qui ont parfois des aspirations révolutionnaires, ne fera qu’agraver le probleme.

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#38 05/05/2015 11h44 → Richesse et pauvreté : faut-il réduire les inégalités ? (inégalités, pauvreté, richesse)

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volpe a écrit :

Landais, dont l’honnêteté et la rigueur ne font pas débat, a mis en perspective l’évolution eds inégalités sur longue période : il montre que revenues et patrimoine stagnent pour les ménages les plus modestes, alors que les plus riches (en gros un dix-millième des ménages) voient leur patrimoine véritablement exploser.

Sans vouloir critiquer un éminent économiste, je n’ai jamais compris cette position.
Une société est elle plus inégale quand ceux qui pouvaient s’offrir 3 jets peuvent s’en offrir 5 ?

Quelle est la société la plus inégale ?
- 9 personnes qui peinent à se nourrir et 1 personne vivant confortablement
- 2 personnes qui peinent à se nourrir, 6 qui se nourrissent correctement et 2 millionnaires

Certains "économistes" (souvent politisés) semblent trouver que la seconde est plus inégalitaire que la première.
Ils ont peut-être raison… mais une chose est sûre, je préfère de loin la seconde à la première.
Quelle société voulez vous ?

Dernière modification par Faith (05/05/2015 12h12)


La vie d'un pessimiste est pavée de bonnes nouvelles…

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#39 05/05/2015 11h46 → Richesse et pauvreté : faut-il réduire les inégalités ? (inégalités, pauvreté, richesse)

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Peut on seulement réduire les inégalités ?

J’en doute:

Distribuons 100K€ à 100 personnes

Laissons faire la vie, pendant un an

et au bout d’un an: Qui pense que les capitaux de ces 100 personnes seront identiques ?


Vf = Vi . (1+ρ)α. But cash is king !

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#40 05/05/2015 12h17 → Richesse et pauvreté : faut-il réduire les inégalités ? (inégalités, pauvreté, richesse)

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Bonjour,

Je pense qu’il y a un certain nombre de confusions dans ce débat :

Ne pas mélanger pauvreté et inégalité : la lutte contre la pauvreté est un credo libéral, pas la lutte contre les inégalités.
Limiter les rémunérations : au nom de quoi : limite t on administrativement le talent ?
les Riches : une erreur très classique consiste à parler "des riches" de façon intemporelle en oubliant ce petit détail, c’est que les riches d’aujourd’hui ne sont pas ceux d’hier et ne seront pas ceux de demain. (une simple observation internationale sur les 30 dernières années de ceux qui sont ainsi dénommés suffit à s’en convaincre).

Je ne saurais trop conseiller la lecture du blog de l’excellent Guillaume Nicoulaud : Ordre Spontané

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#41 05/05/2015 12h19 → Richesse et pauvreté : faut-il réduire les inégalités ? (inégalités, pauvreté, richesse)

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En fait, le rapport revenu moyen/revenu médian est resté constant autour de 1.21 depuis 1970 (source Insee-DGI). Mais le rapport décile supérieur/inférieur est passé dans la même période de 3,5 à 7. A euros constants, les même revenus ont progressé de 70%.

Pour les patrimoines, c’est encore plus (de mémoire autour de 20, mais j’ai pas vérifié).

Ce que ça veut dire,  c’est qu’on est passé, pour reprendre l’exemple de Faith de la situation,1 personne qui peine à se nourrir, 8 qui se nourrissent  à peu près correctement et 1 riche, à la situation, 3 personnes qui peinent à se nourrir mais mieux qu’en 70, 4 qui se nourrissent  correctement, 2 riches, 1 très riche.

Le problème n’est pas en France réellement les pauvres (redistribution généreuse), mais le déclassement et la perte de patrimoine des déciles intermédiaires. Quand j’ai commencé à travailler, dans mon métier, le salaire moyen avec 5 ans d’expérience était autour de 3x le SMIC. Aujourd’hui le même salaire est < 2x SMIC. Dans le même temps, ceux qui s’en sortaient déjà bien s’en sortent beaucoup mieux.

Il est facile de comprendre la progression du sentiment d’inégalité.

Il est à noter aussi que vers 75-80 l’écart entre déciles s’était compressé pas mal, en fait plus que les pays OCDE, mais que depuis cet écart croit plus vite ici que chez eux.

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#42 05/05/2015 12h31 → Richesse et pauvreté : faut-il réduire les inégalités ? (inégalités, pauvreté, richesse)

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Faith,

Je suis bien d’accord avec vous.

L’inégalité de revenus n’est pas un problème si :
1 - Le top 1% est roulant : il est facile de changer de "classe"
2 - Donc que l’accès à l’éducation est égalitaire

Aux US, pour le 2 ce n’est pas vraiment le cas.

Mais en tout cas, c’est à mon avis, sur ça qu’il faut travailler.

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#43 05/05/2015 12h47 → Richesse et pauvreté : faut-il réduire les inégalités ? (inégalités, pauvreté, richesse)

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Le coefficient de Gini mesure la différence entre le 1er décile et le dernier décile en terme de revenu, au plus il est bas au plus la société est égalitaire.
De mémoire ce coefficient et de
- 5 en Belgique, le pays le plus égalitaire.
- 6 pour les pays scandinaves
- 7 pour la France notons que la France a connu une croissance des inégalités de 1,1%, l’Espagne plus encore avec 2,4%.
- 8 pour la Grande-Bretagne.
- 11 pour les États-Unis
et en bas du classement des pays de l’OCDE
- 50 pour le Chili et le Mexique
et 100 pour le Brésil.

Une autre étude sur ceux qui possédaient plus de 2 millions en investissement mobilier a conclu que cet argent est très mal géré.
Après tout les riches sont des hommes comme les autres.

Et il faut sans voire quelles en est la provenance à côté de ceux dont l’enrichissement provient de leur propre mérite, création de son entreprise …, il y a ceux dont elle provient de l’héritage le seul mérite est d’être bien né en d’autre terme la reproduction d’élite et depuis peu nous avons les fortunes issues du show-business et du sport dont on peu se demander quel en est la légitimité.

À un niveau global, les classes moyennes sont toujours en croissance et si dans nos pays, nous pouvons croire sur le court terme à un accroissement des inégalités, si l’on regarde sur de plus longues périodes 20-30 ans, on constate une baisse de l’inégalité, une diminution de la pauvreté et une augmentation de la classe moyenne et les petites variations de court terme ne remettent absolument pas en cause les tendances de longs termes.

Au début du capitalisme en 1800, plus de 90% de la population était pauvre aujourd’hui le risque de pauvreté purement statistique, ne tient comte que des revenus est de 15%  et la pauvreté réelle est située entre 5 et 10%.

Dernière modification par pvbe (05/05/2015 12h49)

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#44 22/03/2016 19h20 → Richesse et pauvreté : faut-il réduire les inégalités ? (inégalités, pauvreté, richesse)

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@pvbe: le coefficient de Gini est toujours compris entre 0 et 1! (0 = égalité parfaite ; 1=inégalité totale). Il me semble qu’il faut donc revoir vos chiffres.

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#45 23/03/2016 10h33 → Richesse et pauvreté : faut-il réduire les inégalités ? (inégalités, pauvreté, richesse)

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Effectivement, ce n’est pas le coefficient de Gini à proprement parler.
Mais la différence entre le premier décile, les plus pauvres et le dernier décile, les plus riches tel que le mesure l’OCDE.

le coefficient plus bas le Danemark: 5,2 inégalité la plus faible
Belgique: 5.9
Allemagne: 6.6
France: 7.4
Grande-Bretagne: 10.5
Etats-Unis: 18.8
Mexique: 30.5, inégalité la plus élevée.

Ce chiffre est de 9.6 pour l’OCDE.

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#46 12/06/2016 02h23 → Richesse et pauvreté : faut-il réduire les inégalités ? (inégalités, pauvreté, richesse)

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Je viens de lire un article (ici) au titre un peu provocateur : "La France a besoin de plus d’inégalités" qui me semble instructif (même si on peut ne pas en partager certains aspects et la conclusion), et en particulier met en perspective l’évolution des inégalités en France et dans le monde, et introduit une notion de bonne et mauvaise inégalité.

Eric Le Boucher a écrit :

Ce n’est pas le 1 % le plus riche des Français qui a amélioré la situation, mais les 10 % les plus pauvres qui ont vu la leur se dégrader. Il faut donc améliorer les aides sociales et mieux rémunérer les talents.

Sitôt assis dans son fauteuil à l’Elysée, dès l’été 2012, François Hollande découvre une réalité totalement contraire à ses croyances les plus installées, aux professions de foi de son parti et à l’idéologie de tout son camp : les entreprises françaises ne gagnent pas assez d’argent. C’est le contraire de ce que pense et dit toute la gauche française, qui regarde la dérive de la répartition salaires/profits dans le monde et conclut que les bénéfices sont trop gras. Qui se focalise sur « les milliards » du CAC 40 et renforce sa conviction que ses membres en gagnent trop. Que « l’argent est là » et qu’il suffit de le prendre pour le redistribuer aux nécessiteux.

Toute l’explication du quinquennat est dans cette découverte post-scrutin faite à la lecture du rapport de Louis Gallois : les marges réelles des entreprises n’ont cessé de diminuer depuis quinze ans, elles sont nettement inférieures à celles des concurrents étrangers. Quant aux profits des géants du CAC, ils proviennent pour une majorité de leurs activités à l’étranger. La réalité est là toute bête : les profits ne sont pas mirifiques, ils sont trop maigres. Le retour de l’économie française à l’investissement et l’emploi, à la bonne santé naturelle, passe par un accroissement des marges, par une économie de l’offre.

François Hollande s’engagera dans cette voie à l’exact opposé de celle annoncée. Choix économiquement inévitable mais politiquement meurtrier. La France lui sera redevable, mais il ouvre une irréconciliable opposition au sein de son parti et ses électeurs embrouillés le lui reprocheront jusque la fin.

En 2017, une autre erreur, très semblable, pointe son nez à propos non plus des entreprises mais des inégalités. Comme il y a cinq ans, le débat politico-médiatique n’est en France que polémique : enflammé par les primes de Carlos Ghosn, le pdg de Renault-Nissan, qui gagne 15 millions d’euros autant que « mille salariés smicards », explosé par des reportages sur les patrons de « hedge fund » de Wall Street qui engrangent plus de 1 milliard de dollars par an. La tentation est trop irrésistible, les députés de gauche sont tentés de plafonner les hauts revenus et la droite se tient muette devant l’indignation populaire.

Pourtant on peut d’avance le prédire : le futur président, quel qu’il soit, ne le fera pas. Au contraire, il fera l’inverse. Parce que le réalisme de 2017 l’amènera cette fois à mener l’équivalent d’une « politique de l’offre » pour les hautes qualifications et ce qu’on nomme des « talents ». Mais cette politique très nécessaire sera aussi difficile à expliquer aux Français en 2017 que le hollandisme depuis 2012. Il faudra aller contre l’opinion courante et contre le blason de la République et avancer un point très épineux : la France a besoin non pas de plus d’égalités mais de plus d’inégalités.

Entendons-nous. Les chiffres montrent que la France est un pays plus inégalitaire qu’elle le croit. Avec un coefficient de Gini de 0,31 elle n’est qu’à la moyenne de l’OCDE (0,32). Les 10 % les plus riches gagnent 7,4 fois plus que les 10 % les plus pauvres, situation médiane entre le 5,2 fois au Danemark et le 9,6 fois aux Etats-Unis. En outre, les inégalités hors revenus ne sont pas à l’honneur du pays : le système éducatif donne de plus en plus ses diplômes aux enfants de diplômés, les régions pauvres accumulent les handicaps d’emplois, de transports, de présence des services publics. Sans parler des handicaps immenses de sécurité ou d’embauche des populations immigrées.

Surtout, après avoir longtemps été stables, ce qui contraste avec la tendance mondiale, les inégalités se creusent en France depuis la crise de 2008. Mais la cause n’est pas, comme ailleurs, la montée hyperbolique de certains revenus du 1 % : très hauts cadres dirigeants, créateurs d’entreprise, traders, sportifs et autres superstars de la mondialisation. Cette part du gâteau prise par le 1 % est montée de 1981 à 2012 de 8 % à 20 % du revenu total avant impôts aux Etats-Unis, de 11 % à 14 % en Allemagne et même de 4 % à 8 % en Suède. Mais elle est restée stable à 8 % en France (1).

Non. La cause de la croissance des inégalités françaises ne vient pas du haut, elle vient du bas, de la nette dégradation de la situation des plus faibles. Les 10 % de personnes les plus pauvres ont vu leurs revenus abaissés de 1 % par an en moyenne, selon l’OCDE. « Le poids de la crise porte presque exclusivement sur les couches sociales défavorisées, avec un taux de chômage qui dépasse les 20 % », notent Louis Maurin et Nina Schmidt (2). La pauvreté stagne voire remonte ces dernières années, en rupture avec sa tendance historique. Et la situation des catégories les moins favorisées est très loin de s’améliorer, comme le montre la hausse de 200.000, soit +12,9 %, du nombre de titulaires du RSA entre 2012 et 2014.

Ce constat appelle des mesures spécifiques fortes d’aides sociales, d’éducation, de logement, de transport. Mais l’attraction et la conservation des talents appellent aussi, en parallèle, à une remise en cause générale de la politique de rémunération, de stimulation et globalement du regard français sur l’égalité. Il en est de la politique de la toise comme de celle du rabot budgétaire : elles touchent la substance. La France paie mal. Elle doit faire revenir ses chercheurs, ses médecins, ses créateurs, ses cadres supérieurs, ses banquiers. L’Etat doit lui-même mieux payer ses soldats, infirmiers comme généraux, et, pour cela, ne pas stigmatiser les bulletins de paie le plus hauts. Au contraire. Il faut de plus fortes et bonnes inégalités, elles permettront la croissance qui donnera les moyens de combattre les mauvaises inégalités.

(1) OCDE rapport Income Inequality  : The Gap between rich and Poor, 15 décembre 2015.
(2) Observatoire des inégalités, 7 juin 2016.


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#47 12/06/2016 10h41 → Richesse et pauvreté : faut-il réduire les inégalités ? (inégalités, pauvreté, richesse)

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Je m’étonne que tous ces gens qui réfléchissent et écrivent sur les inégalités ne parlent pas de ce qui depuis quelques années est le facteur le plus important d’inégalités : les mesures des Banques centrales.

Toute cette manipulation autour de la monnaie et des taux a quand même pour effet de faire gonfler massivement le prix des actifs (donc la richesse de ceux qui ont déjà) et rincer tout le monde via impôts et inflation (et laisser ceux qui n’ont pas sur le quai).

L’inflation est faible aujourd’hui seulement sur les prix à la consommation. Et aussi beaucoup grâce au pétrole.

Après il y a bien sûr en France un facteur aggravant qui est la part croissante de la population qui n’a pas accès à l’emploi. Mais c’est un peu le même phénomène d’éviction : surprotection des uns et mise à l’écart des autres.

Enfin il est logique que la hausse hyperbolique des revenus des 1% ne soit pas la cause des inégalités en France. Ils ne restent pas en France.

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#48 12/06/2016 11h12 → Richesse et pauvreté : faut-il réduire les inégalités ? (inégalités, pauvreté, richesse)

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Eric Le Boucher a écrit :

La tentation est trop irrésistible, les députés de gauche sont tentés de plafonner les hauts revenus et la droite se tient muette devant l’indignation populaire.

Pourtant on peut d’avance le prédire : le futur président, quel qu’il soit, ne le fera pas. Au contraire, il fera l’inverse.

Il ne s’agit pas de plafonner les hauts revenus, mais d’éviter des abus
(Carlos Ghosn, le PDG de Renault-Nissan, qui gagne 15 millions d’euros contre l’avis majoritaire des actionnaires)
rendus possible par le "code de bonne conduite" du MEDEF.

Et c’est en train de se faire !
Les actionnaires vont enfin avoir leur mot à dire sur les salaires des dirigeants

Le Monde a écrit :

Pas de plafond pour les salaires de patrons, mais un vote contraignant. Le texte adopté dans le cadre de la loi Sapin 2, dans la nuit de jeudi 9 juin à vendredi 10 juin, prévoit un vote préalable de l’Assemblée générale des actionnaires pour valider la rémunération des patrons, proposée par le conseil d’administration

Loïc Dessaint, directeur général de la société de conseil financier Proxinvest, a écrit :

Que pensez-vous de la consultation publique sur son code de conduite lancée par l’AFEP-Medef fin mai ?
C’est une stratégie pour éviter la loi, mais cela arrive un peu tard. Nous sommes d’ailleurs le seul pays où le code de gouvernance des entreprises est uniquement défini par leurs dirigeants. En Angleterre, en Allemagne, en Espagne, le code est rédigé par plusieurs parties prenantes, des entreprises mais aussi des fonctionnaires, des chercheurs… En France, ils gardent la main sur leurs propres règles, qui ne sont donc pas assez contraignantes.
Il existe ici encore un vrai problème d’alignement entre salaire et performance. Au Royaume-Uni, les dirigeants sont très bien payés, même mieux qu’en France, par contre, les conditions de performance sont beaucoup plus dures. Il faut être vraiment très bon. En France, on est peu exigeants. Finalement, ce sont des députés de gauche qui viennent de donner une leçon de libéralisme aux grands patrons, pas si libéraux quand il s’agit de leur rémunération et de se retrouver obligés de rendre des comptes.

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#49 12/06/2016 11h16 → Richesse et pauvreté : faut-il réduire les inégalités ? (inégalités, pauvreté, richesse)

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Igorgonzola a écrit :

Toute cette manipulation autour de la monnaie et des taux a quand même pour effet de faire gonfler massivement le prix des actifs (donc la richesse de ceux qui ont déjà) et rincer tout le monde via impôts et inflation (et laisser ceux qui n’ont pas sur le quai).

Le problème étant que les banques centrales font cela dans l’espoir d’éviter la déflation, qui est elle aussi très favorable aux détenteurs de capitaux nets (sans emprunts).

En période de déflation il est plus difficile d’accumuler du capital, que ce soit par les salaires ou par l’investissement (taux bas). Et il est plus difficile d’emprunter, les banques font moins de marge sur leurs prêts, elles préfèrent aller gagner de l’argent ailleurs. D’ailleurs il y a une tendance que j’ai remarquée dans les sociétés non cotées : quand les banques prêtent pas mal d’argent, elles veulent aussi une participation au capital de l’entreprise.

Sinon pour l’article posté par GBL, j’ai envie de dire à M. Le Boucher : "améliorer les aides sociales et mieux rémunérer les talents, oui mais avec quel argent ?"

A un moment ou à un autre il faut faire des choix. Je suis surpris que l’article ne parle pas du coût du travail. Si on supprimait les charges salariales, aucun politicien ne peut nier que ça n’améliorerait pas la situation de beaucoup de personnes. Alors oui, ça ferait un trou dans le budget de l’État. Mais bon franchement, quand je vois que le quartier des Halles a été refait pour une facture de 1,6 Md€, je me dis quand même qu’il y a beaucoup de choses dont on pourrait se passer… Ou pas, la France est peut-être en fait merveilleusement riche, mais on ne va pas redistribuer cet argent à ceux qui en ont le plus besoin, ça ferait négligé…

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#50 12/06/2016 11h35 → Richesse et pauvreté : faut-il réduire les inégalités ? (inégalités, pauvreté, richesse)

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Si la période d’inflation négative se transforme en véritable déflation, avec baisse des salaires.

Car je ne suis pas certain que l’inflation 0 que l’on connaît, une fois retiré l’effet pétrole, soit véritablement une déflation. Pour l’instant les salaires n’étaient pas sur une tendance à la baisse mais plutôt en stagnation.

Et une déflation est bien plus mauvaise pour les détenteurs d’emprunt, au premier rang desquels les Etats qui sont terrorisés à l’idée que l’inflation ne reparte pas.

Ceux qui n’auraient pas accès au crédit en période de déflation sont à mon sens ceux qui en sont déjà exclus.
Idem sur l’investissement, les taux bas favorisent une mauvaise allocation du capital.

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