Suivez les discussions sur : Twitter Facebook RSS   Abonnez-vous à la newsletter : Newsletters   Utilisez la recherche : 
Chercher
Membres  |  Mission

Forums des investisseurs heureux

Discussions courtoises et réfléchies sur l'investissement patrimonial pour s'enrichir, générer une rente et atteindre l'indépendance financière

Vous n'êtes pas identifié : inscrivez-vous pour échanger et participer aux discussions !

#26 12/08/2012 08h51 → Portefeuille d'actions de Sergio8000

Administrateur
Réputation :   1309 

Marcopolo a écrit :

Le résultat de Sextant PEA sur 10 ans est excellent mais c’est du à un excellent départ, le FCP étant flat depuis 2006 (hors inflation donc en fait en baisse).

Je me suis tjs demandé si leur succès initial était un "coup de chance" lié à un bais sectoriel (les valeurs Internet).

Cela dit mieux vaut être investi dans Sextant que dans Performance Avenir de la Financière de Champlain… Ce dernier a aussi explosé jusqu’en 2007. Il a coulé en 2008, mais a contrario de Sextant, n’est jamais remonté…

Des 3 fonds les plus populaires sur les forums Sicav de Boursorama (2004-2007), c’est Entrepreneurs de Flinvest (Thierry Flecchia) qui a été le plus consistant. Ils n’ont pas fait la "course aux fonds", et n’en ont que deux après s’être débarrassé de Flinvest Patrimoine (un fonds de fonds qui n’a jamais décollé). Ca n’empêche pas la maison de gestion d’être hyper-profitable d’ailleurs (5 MEUR de RN en 2012 pour 13 collaborateurs, soit 384 KEUR par collab - ça fait rêver !)…

J’ai aussi l’impression que faire de la pure gestion value en France est difficile. La liquidité sur les smalls caps est trop faible et intuitivement je dirais qu’il y a moins d’opérations capitalistiques susceptibles de "réaliser" la valeur comme il peut y avoir aux USA.

Hors ligne

 

#27 08/10/2012 19h41 → Portefeuille d'actions de Sergio8000

Membre
Réputation :   421 

InvestisseurHeureux a écrit :

Je me suis tjs demandé si leur succès initial était un "coup de chance" lié à un bais sectoriel (les valeurs Internet).

Je le pense aussi. Il y a eu un effet boule de neige. Quand vous prenez 10% du capital de nano cap le cours prends 50%, attire des spéculateurs etc…  C’est ce qui s’est passé avec la financière de Champlain, en partie avec Amiral Gestion. Ils ont aussi misé sur le bon secteur au bon moment.
Attention, je ne dis pas qu’ils sont mauvais, mais j’ai une confiance limitée.

InvestisseurHeureux a écrit :

Cela dit mieux vaut être investi dans Sextant que dans Performance Avenir de la Financière de Champlain… Ce dernier a aussi explosé jusqu’en 2007. Il a coulé en 2008, mais a contrario de Sextant, n’est jamais remonté…

Eux ils sont énorme. Leurs reportings une vraie delectation… Les perspectives de Golog, PAJ acheté pour le rendement, Cesar une société qu’ils connaissent bien… Après 3 mois sans reporting et un grand ménage ils ne semblent pas s’améliorer. Nouvelle perle on a attendu le détachement du dividende pour céder les Caisses Régionales du Crédit Agricole.

InvestisseurHeureux a écrit :

J’ai aussi l’impression que faire de la pure gestion value en France est difficile. La liquidité sur les smalls caps est trop faible et intuitivement je dirais qu’il y a moins d’opérations capitalistiques susceptibles de "réaliser" la valeur comme il peut y avoir aux USA.

C’est tout à fait exact. L’essentiel de ma surperformance est réalisée sur des OPA. J’ai l’impression qu’il en va de même pour l’Amiral ou Moneta.

La seule société qui trouve grâce à mes yeux et dans laquelle je sois investi est Moneta; je trouve que :
- Ils prennent moins de frais qu’Amiral et la commission de surperformance est uniquement par rapport à l’indice net return.
- Ils comparent leurs perfs aux indices net return.
- Ils ont le courage de fermer leur fond vedette.
- Leurs perfs sont très linéaires et pas dues à un bon choix ponctuel.
- Ils ne font pas de grands discours (très souvent contradictoires) comme Amiral Gestion ce qui ne les empêche pas d’être sévèrement Burnés (sans jeux de mots). C’est les seuls qui assument d’avoir des bancaires depuis longtemps.


Le pouvoir doit se définir par la possibilité d'en abuser

Hors ligne

 

#28 08/10/2012 21h59 → Portefeuille d'actions de Sergio8000

Membre
Réputation :   57 

Pour la gestion value, il y a le fonds Stock Picking France qui affiche un track record de 11.8% sur 21 ans.

Ils limitent volontairement la croissance du fonds pour pouvoir continuer à investir sur les small/micro/nano caps françaises, en effet peu liquides. J’ai au moins deux positions en commun avec eux (Gevelot et Delfingen Industry) et je peux affirmer que ce n’est pas le royaume des day traders. smile

Hors ligne

 

#29 08/10/2012 23h52 → Portefeuille d'actions de Sergio8000

Membre
Réputation :   554 

Mon gérant français favori est également Romain Burnand. Si je devais prendre un fond, ce serait clairement le sien chez Moneta. Toutefois, pour moi, cette gestion n’est pas assez burnée (je reprends le terme sans mauvais jeu de mots :-)). Après, il a des clients qui ne seraient pas forcément pour, je conçois cela très bien.

Hors ligne

 

#30 05/02/2014 22h01 → Portefeuille d'actions de Sergio8000

Membre
Réputation :   55 

SBERBANK?
Je comprends Sergio que vous avez deja achete Sberbank par le passe. La baisse du rouble et la defiance envers tout ce qui est russe semblent offrir a nouveau un point d’entree interessant.

La plus grosse banque russe, la 3eme plus grande banque en Europe. Operating profit et part de marche domestique > a toute autre banque europeenne. Un play contrariant EM value tres simple

Metriques Value et timing de marche
RUB 94.66. Stock price flat en RUB depuis 4 ans.
EURRUB 47.44, 10y range 34-47.8. Devise au plus bas depuis 10 ans.
Tangible Book Value RUB 79.83:P/B=~1.2. EPS=16.14:P/E<6 Div yield ~2.8%.

Moat & Faits
la garantie explicite du gouvernement Russe  sur les depots explique l’enorme avantage de cout de  financement par rapport aux concurrents. Le gvt russe a encore une part de 50.1% (en baisse).
Part de Marche Russe : dominateurs…de tres loin …..46% des depots particuliers, 32% des depots entreprises, 34% des prets entreprises, 43% des cartes de debit et de credit, 18625 agences >1583 pour RAB et 1257 pour  VTB. 10x la taille du numero 2…..
Bilan : assez robuste NPL a 3.2%. Tres haute NIM ~6.1%.ROE 24.2%
Rapide croissance du business: fees+commissions+28% au Q3 2013, card fees +48% in 2012, nombre de credit cards +97% en 2012

Dynamique du Marche  la russie reste un pays sous-endette et sous -bancarise:
Dette financiere/PIB: 40% Russia versus 80% US 120% Spain
Prets au secteur prive % PIB Russia 48% versus 57% China, 102% Germany, 179% UK, 194% US. Dette des menages 13% versus 31% China, 67% France, 78% US, 98% UK.

Risques
Dependence PIB/oil+gaz, capital buffer pas si fort/standards Basel 3, si grosse crise gvt avec 50.1% peut imposer des mesures non share-friendly pour soutenir leconomie….
Baisse ineluctable de la NIM a prevoir avec la concurrence et lexpansion internationale.
Mais sauf crise, Sberbank est important/reputation de la Russie et la protection des interets minoritaires semble Ok, comme la gouvernance.

Cela se tente-il Maestro?

Dernière modification par ChevalierdAven (05/02/2014 22h04)


"He who lives by the crystal ball will eat shattered glas." Ray Dalio

Hors ligne

 

#31 06/02/2014 01h06 → Portefeuille d'actions de Sergio8000

Membre
Réputation :   554 

CdA,

La Sberbank est sans aucun doute la plus belle banque que je connaisse dans le monde entier en termes de métriques opérationnelles si je me base sur le passé. Pour dire les choses brièvement, je ne connais aucune autre banque qui a pu retourner entre 20 et 25% sur son equity aussi longtemps que celle-ci. L’opportunité est clairement de composer un rendement identique à son ROE, à condition que la Sberbank puisse continuer à composer à ce rythme.

Par rapport à mes connaissances sur la situation, je vois un seul élément qui me bloque aujourd’hui : lorsque je vois les taux de crédit pratiqués en Russie sur l’immobilier et les business (12-15% de taux annuel), et lorsque je vois que les prix de l’immobilier augmentent, je me dis que tout va vraiment dépendre de la politique d’acceptation des crédits de la Sberbank. Est-ce qu’ils vont prêter à tous comme les banques Sud-africaines et les banques turques, où est-ce qu’ils ont su garder un politique d’underwriting conservatrice ? La vérité est que je n’ai pas la réponse à cette question : je ne connais que des personnes isolées qui ont affaire à la Sberbank, et la qualité de crédit de ces personnes est acceptable.

Par rapport à votre raisonnement : Je pense que l’endettement d’Etat est effectivement très faible en Russie, tout comme en Turquie d’ailleurs, mais cela n’empêche pas que l’endettement des ménages et du secteur privé puisse dériver et peser sur l’économie et les banques, surtout si les gens souscrivent des dettes à des taux élevés. Ce que je trouve aberrant à Moscou même, c’est que les gens ont un crédit à plus de 10% par an sur de l’immobilier dont le rendement locatif net serait plutôt dans les 6% par an. Lorsque j’ai investi, je rendement locatif était supérieur à 15% par an minimum (on pouvait aller à 25-33% en achetant bien) et les taux de crédit étaient à 6-7 %. J’étais donc plus à l’aise sur ce plan, non seulement par rapport à la valeur du collatéral, mais en plus par rapport à la solvabilité "pifomètriquement estimable" des clients.

Clairement, si Sberbank parvient à continuer ce qu’elle fait sur le long terme, vous allez composer autour de 20% par an, j’en conviens sans problèmes. Le seul truc qui me bloque est que je n’arrive pas à bien cerner la probabilité d’un tel scénario vis à vis de celle d’un scénario de downside. Tout cela parce que je ne suis pas super confortable sur les taux de prêt pratiqués, mais c’est peut être un erreur de ma part.

Et svp, me m’appeler pas Maestro, ce n’est pas mérité ! J’essaie simplement de trouver quelques situations de type "pile je gagne, face je ne perds pas beaucoup". Sberbank me semble loin d’être idiot comme investissement aujourd’hui, mais j’ai un point qui me gêne : peut-être à tort ! Du coup, je reste pour l’instant fidèle à mes banques US.

Hors ligne

 

#32 06/02/2014 08h21 → Portefeuille d'actions de Sergio8000

Membre
Réputation :   74 

sergio8000 a écrit :

Mon gérant français favori est également Romain Burnand. Si je devais prendre un fond, ce serait clairement le sien chez Moneta. Toutefois, pour moi, cette gestion n’est pas assez burnée (je reprends le terme sans mauvais jeu de mots :-)). Après, il a des clients qui ne seraient pas forcément pour, je conçois cela très bien.

Bonjour Sergio,

1/ Peut être que la gestion de Romain n’est pas burnée, mais son fonds de référence est Moneta Micro Entreprises et  je le félicite pour sa performance en 2013.
a/ il a eu raison de fermer son fond, c’est plus facile à gérer.
b/ les rapports de ses fonds sont publiquement disponibles. Ses principales lignes sont indiquées dans ces rapports, ce qui peut donner des idées d’achat à certains.
NB: Même si vos placements sont totalement différents, vous pouvez toujours utiliser la performance de ce fond comme un de vos benchmark.

2/ Par ailleurs, vu sa charge de travail étant donné le montant géré par Moneta Multi Caps, j’espère qu’il n’a pas facturé moins de 8000 euros (le chiffre magique) l’Interview de Be Rich.
Moneta Asset Management (AM) - Société de gestion de fonds, OPCVM Actions

A+

CPaulus

Hors ligne

 

#33 06/02/2014 08h24 → Portefeuille d'actions de Sergio8000

Membre
Réputation :   211 

CPaulus a écrit :

Par ailleurs, vu sa charge de travail étant donné le montant géré par Moneta Multi Caps, j’espère qu’il n’a pas facturé moins de 8000 euros (le chiffre magique) l’Interview de Be Rich.

Mais non mon cher CPaulus, c’est lui qui nous a payé pour qu’on l’interview ! wink
Blague à part, un Grand Monsieur : respect et chapeau bas.

Dernière modification par spiny (06/02/2014 08h28)

Hors ligne

 

#34 16/03/2014 23h35 → Portefeuille d'actions de Sergio8000

Membre
Réputation :   554 

Je reviens un peu sur ma réflexion par rapport à Sberbank.

Vu les inquiétudes sur l’Ukraine et la baisse de 40% du cours de la Sberbank, on est désormais à un ratio price to book à 0,75 et à moins de 5 fois les profits 2013 (dividende 4%), alors qu’on a un ROE supérieur à 20%. Des ratios vraiment attractifs.

Dans son plan quinquennal, la Sberbank prévoit de doubler sa profitabilité par des réductions de coûts, une modernisation technologique et des acquisitions. Bien que les plans quinquennaux présidentiels n’engagent que ceux qui y croient, ceux de la Sberbank ont été historiquement dépassés. Les profits ont bien été triplés dans le dernier plan quinquennal, et le management se veut crédible.

Ces perspectives à 3/4 de la book et à moins de 5 fois les profits pour la banque la plus rentable au monde, je commençais sérieusement à redevenir intéressé… Je me suis dit qu’il était temps de revisiter cette idée.

J’ai mesuré l’impact du write-off des actifs de la Sberbank Ukraine : ce serait épongé par à peine plus de 6 mois de profits de la division Russie. Pas d’inquiétude à ce niveau là de mon côté.

J’ai également appliqué un write-off des actifs Biélorusses, car, avec des taux d’emprunts immobiliers supérieurs à 10% et souvent proches de 20% dans le pays, je doute que les prêts puissent être considérés conservativement comme étant de bonne facture. Là aussi, je suis relativement confiant sur le fait que quelques mois de profits épongeront un souci massif au niveau du loan book Biélorusse.

Cependant, un élément me freine encore : En faisant cependant le tour du loan book (qui n’est pas assez détaillé à mon goût, mais je fais avec ce que j’ai), je suis tombé sur Denizbank, leur acquisition en Turquie de 2012, qui représente 6,5% des actifs totaux. Je ne pense pas le plus grand bien de l’économie turque (une des plus grande bulle de crédit au monde à mon sens) et pense qu’il y a des risques réels d’effondrement encore plus fort que ce que nous observons déjà. Je vois aussi que la Sberbank a triplé le montant de ses provisions cette année (mais on ne sait pas vraiment pourquoi), mais si je fais un write-off de 6,5% des actifs, il ne me reste plus grand chose dans mon equity (moins de 0,5 fois la book)…
Je ne sais pas trop quoi faire avec ce risque au niveau de la Denizbank, et de la situation économique turque. Je n’ai pas les éléments nécessaires dans le breakdown pour faire une analyse plus poussée… Ainsi, je reste en touche pour le moment, malgré des ratios réellement attractifs par rapport au core business russe (s’ils n’avaient que la Russie et rachetaient leurs actions, je n’hésiterais pas une seconde pour prendre des parts).

Dernière modification par sergio8000 (16/03/2014 23h46)

Hors ligne

 

#35 12/05/2015 15h30 → Portefeuille d'actions de Sergio8000

Membre
Réputation :   

Bonjour Sergio,

Permettez que je déplace un sujet abordé sur ma file de portif vers la votre, car elle vous concerne.

sergio8000 a écrit :

Pour en revenir à la question de gtaman, début 2009, mon portefeuille a accusé une moins value latente de plus de 60% en trois mois : je persiste à dire que c’est la meilleure chose qui me soit jamais arrivée. Rendez-vous compte : j’avais acheté dans le lot une entreprise profitable à un dixième de ce que j’estimais être sa valeur liquidative. Quelques mois plus tard, elle cotait à un trentième de mon estimé alors que son profit était en croissance : comment puis-je être mécontent ?

Moi qui débute, moi qui n’avait que 19 ans et presque pas toutes mes dents en 2009, comment me serai-je senti avec -60% en trois mois ?
Réponse très sanglante : dégouté ! Et vous donc ?

Pouvez-vous nous dire votre "méthode" suite à cette chute brutale ? Comment avez-vous réagis ? Avez-vous repris une part de gâteau ?

Quel était en fait votre ressenti personnel ? Et surtout, qu’avez-vous fait factuellement et psychologiquement une fois dans vos derniers retranchements ?

Je conçois que l’on puisse avoir confiance en soi, et même que l’on puisse être "impassible" grâce à une méthode de type fondamentale. Mais comment ne pas réagir ?

--> Attention, je ne parle pas de la "théorie", je parle bel et bien de la pratique : au jour le jour, quand vous avez vu le château de carte s’écrouler, quel a été votre comportement ?

J’aborde évidemment un sujet on ne peut plus personnel, et bien que très intéressé par cet aspect "psychologique", je comprendrais que vous ne fassiez qu’esquisser une réponse partielle… Pour être plus précis, ces aspects m’intéresse car comme vous avez pu le constater, je ne sais pas toujours comment réagir moi-même.


Investisseur Novice - Parrain Serein pour Bourse Direct et Boursorama

Hors ligne

 

#36 12/05/2015 16h03 → Portefeuille d'actions de Sergio8000

Membre
Réputation :   554 

J’ai très bien vécu ce moment mais, soyons honnêtes : La préparation de ce moment a commencé bien avant, dès mes premiers jours dans l’investissement et même avant d’avoir investi mes premiers sous.
Après avoir lu l’Investisseur Intelligent, j’ai commencé un travail de "câblage intellectuel" qui pourrait sembler un peu étrange pour beaucoup : à chaque fois qu’un cours montait, je m’attristais, et à chaque fois qu’un cours baissait, je me sentais euphorique. Je me suis forcé à le ressentir et à rationaliser cette attitude, me plaçant du point de vue d’un acheteur qui veut construire son patrimoine / acquérir des biens. Si je veux une voiture, je la veux au rabais, idem pour une entreprise. Ce câblage est devenu un système (et je me suis réjoui et ai profité à chaque baisse de Sears récemment par exemple, alors que je sais que plusieurs personnes ont paniqué).

Qu’est-ce qui peut permettre à un type ordinaire d’être aussi arrogant ? Le fait d’avoir étudié son entreprise et d’avoir placé une plage de valeur dessus. Acheter bien en-dessous de son estimé le plus pessimiste est souvent une source de confiance, et, si le prix baisse, une fois câblé comme expliqué ci-dessus, on ne peut que se réjouir (essayez : si vous êtes discipliné, vous verrez ce que je veux dire et vous verrez la volatilité comme votre meilleure alliée).

Qu’est-ce qui empêche le plus grand nombre de faire pareil ? Sans doute le biais de preuve sociale : suivre la foule et faire comme tout le monde est toujours rassurant (je fais bref - le sujet est très bien étudié par les psychologues et un investisseur doit bien connaître la psychologie. Si le sujet ne vous est pas familier, des auteurs comme Rolf Dobelli ou Robert Cialdini vous en parleront très bien). Or une bonne affaire se fait justement lorsque le plus grand nombre ne veut pas du bien que vous convoitez (c’est une condition que je qualifierais de nécessaire, pas forcément suffisante - car la foule a le droit d’avoir raison, notamment si une entreprise fait faillite parce qu’elle manque de liquidités. Dit autrement, ce n’est pas parce que personne ne se jette sous un train lancé à pleine vitesse que nous devons le faire).

Donc, quand mon portefeuille baisse (peu importe de combien), je réagis et je vérifie mes faits (en 2009 ou maintenant). S’ils sont inchangés, ou disons moins fortement modifiés que le cours de bourse qui plonge, je me réjouis et je continue à me renforcer jusqu’à ce que je n’ai plus de liquidités. Après, je me déconnecte jusqu’à ce que j’ai de nouvelles liquidités et à ce moment là, j’achète encore au rabais et me réjouis de pouvoir le faire. Pour tout vous dire, je pense avoir alors compris ce que voulait dire Buffett par "I feel like an oversexed man in a harem" à chaque forte baisse d’une entreprise dans mon portefeuille, et a fortiori lorsque la baisse est généralisée.

Au risque de vous décevoir, même si je pense avoir beaucoup de chance dans ma vie et en investissement, investir ne s’improvise pas : c’est 99% de préparation et 1% d’action. La préparation peut être longue, mais on ne peut pas passer à côté (je suis particulièrement peu doué : j’ai mis un an avant d’investir mes premiers euros).
La bonne nouvelle, c’est que nous avons vraiment de la chance de vivre à une époque où on peut profiter aussi facilement de l’expérience d’autres investisseurs (n’importe qui connecté à Internet peut profiter de la sagesse de Buffett ou d’autres). Ce dernier point est absolument fabuleux, et je réalise combien ma vie eut été différente si j’avais commencé à l’époque de Buffett… Profitez-en !

Hors ligne

 

#37 12/05/2015 16h34 → Portefeuille d'actions de Sergio8000

Membre
Réputation :   50 

Je partage totalement votre avis, je pense que le conditionnement mental est fondamental. Plus ça va, plus je me rend compte que la dimension psychologique est vraiment très importante.

J’arrive bien à supporter la volatilité, et je me réjouis même des baisses … mais tant que j’ai du cash ! Quand je n’ai plus de liquidité, ça n’est plus du tout pareil ! Car le cours de ma société fétiche aura beau dévisser, je ne pourrais pas en profiter ! Comment gérez vous ce dernier point ?

Hors ligne

 

#38 12/05/2015 16h51 → Portefeuille d'actions de Sergio8000

Membre
Réputation :   214 

Vibe a écrit :

J’arrive bien à supporter la volatilité, et je me réjouis même des baisses … mais tant que j’ai du cash

Sinon, essayez de suivre le conseil de Munger : "look at the cannibals". Si votre société achète ses actions, vous êtes toujours acheteur d’actions sur le marché, même, et j’ai envie de dire surtout, quand il baisse.

Dernière modification par Wawawoum (12/05/2015 16h55)

Hors ligne

 

#39 12/05/2015 16h58 → Portefeuille d'actions de Sergio8000

Membre
Réputation :   554 

Vibe a écrit :

Comment gérez vous ce dernier point ?

J’ai déjà été sans liquidités à plusieurs reprises, et je ne peux que vous dire qu’une seule chose à ce sujet : il est alors urgent d’attendre !
Au prochain apport d’épargne, vous vous sentirez bien mieux. Il m’arrive parfois de profiter d’une telle période pour reconcentrer un peu le portefeuille sur mes meilleures convictions (celles que je définis comme les moins risquées), mais j’essaie de le faire aussi peu que possible tout de même (il faut vraiment que mes meilleures convictions aient fortement baissé pour déclencher cela).

Hors ligne

 

#40 12/05/2015 17h01 → Portefeuille d'actions de Sergio8000

Membre
Réputation :   70 

Dans les recommandations de Jim Rogers (de mémoire, tiré de "The New Money Masters" de John Train) : emprunter rarement, et seulement en période de baisse des cours.


The only real failure is the failure to try.

Hors ligne

 

#41 12/05/2015 17h18 → Portefeuille d'actions de Sergio8000

Membre
Réputation :   554 

Dans les recommandations de Peter Lynch, investir uniquement de l’argent dont vous n’avez pas besoin (vous aurez beaucoup moins de pression en cas de baisse des cours).

Hors ligne

 

#42 12/05/2015 17h30 → Portefeuille d'actions de Sergio8000

Membre
Réputation :   48 

Statistiquement vous verrez au moins une ou deux fois dans votre vie une baisse brutale de la valeur de votre portefeuille de 30 à 50%. Cela peut se produire cet été ou dans trois ans ou dans dix ans mais votre portefeuille s’effondrera de moitié.
Si vous pensez perdre le sommeil ou tout loquider lorsque cela se produira, le mieux est alors de mettre votre argent sur des fonds euros ou sur des livrets.
Il n’y a pas de honte à cela, très peu de personnes en fait sont cables et connectés pour endurer cela. D’ou les performances mediocres des particuliers qui blament le systeme au lieu de se remettre en question.

Hors ligne

 

#43 12/05/2015 17h55 → Portefeuille d'actions de Sergio8000

Membre
Réputation :   25 

Je pense qu’il ne faut pas exagérer en disant que les baisses sont systématiquement bonnes et que les hausses systématiquement mauvaises.

Pour moi il y a 3 types des cas :
1) J’ai un apport de liquidités régulier (salaire par exemple) et dans ce cas les baisses sont nettement positives pour moi car je peux me renforcer moins cher.
2) Je n’ai pas d’apport de liquidités régulier (capital fixe) mais les sociétés de mon portefeuille ont une facheuse tendance à racheter leurs actions, dans ce cas les baisses sont encore positives car mes sociétés peuvent réduire le nombre d’actions en circulation plus rapidement.
3) Je n’ai pas d’apport de liquidités régulier (capital fixe) et  les sociétés de mon portefeuille ne rachètent pas leurs actions. Dans ce cas, il n’y a pas d’effet positif d’une baisse. Il n’y a même que des effets négatifs, car cela affecte une des possibilités de financement (l’augmentation de capital).

Pour ce 3eme cas, si quelqu’un voit des effets positifs, je suis ouvert bien sur.

Une dernière chose,

On parle de pourcentages de baisse élevés 30%, 40%, 60% mais qu’en est-t-il pour les baisses bien plus extrêmes : pour 90% ou 95% de la valeur de son portefeuille ?

Quelqu’un connaîtrait-t-il un investisseur qui a "survécu" à des baisses aussi extrêmes (>90%) ?

Dernière modification par Lazard (12/05/2015 17h57)

Hors ligne

 

#44 12/05/2015 18h10 → Portefeuille d'actions de Sergio8000

Membre
Réputation :   421 

J’ai commencé à acheter des actions au printemps 2007. 20 mois après le CAC avait perdu pratiquement 60% de sa valeur…
Je ne comprenais absolument pas ce que j’achetais et mon analyse se limitait à Vinci = cashmachine et Nicox = naproxinod, gros potentiel (elle n’est guère meilleure aujourd’hui).
N’ayant pas trop de certitudes sur les sociétés que j’achetais (il faut savoir qu’en 2009 on attendait la fin du monde capitaliste), je me suis réfugié derrière la finance mathématique : avec une bonne diversification et en renforçant toujours à la baisse on doit sortir gagnant.
J’ai vite compris que je renforçais beaucoup plus volontiers Vinci que Nicox… J’ai rapidement vendu Nicox, Vergnet et Finaxo pour acheter du rendement (la seule chose que je comprenais vraiment) : Axa, SMTPC, Rallye, les CRCA etc…
A chaque rebond je prenais des bénéfices pour toujours avoir du cash. Heureusement j’ai eu des rentrées, mais en 2009 j’étais à sec.
De ces débuts j’ai gardé :
- Une méthode pour être à l’aise dans tous les types de marchés.
- Une aversion pour les sociétés qui ne versent pas de dividende que j’achète et surtout renforce à regrêt (et en général que je ne rachète pas au meilleur prix me disant que finalement ca ne vaut rien).
- Une méfiance qui m’empêche de profiter pleinement des occasions que je comprends bien mieux maintenant et qui me pousse souvent à alléger mes positions juste parce qu’elles ont monté.

Je sais que ces biais ne sont pas bons dans l’absolu, mais ils m’ont sauvé en 2008-09 alors je les accepte.


Le pouvoir doit se définir par la possibilité d'en abuser

Hors ligne

 

#45 12/05/2015 20h52 → Portefeuille d'actions de Sergio8000

Membre
Réputation :   40 

Un élément clé à aborder également : l’effet levier.

Le levier force à vendre à la baisser et incite à acheter à la hausse…

Une baisse de 60% des cours en 1 an n’interviendrait sans doute si aucun acteur financier n’avait de levier. (dans le sens levier proposer par des courtiers comme IB).

C’est sans doute grâce au levier que les valorisations de certains actifs, à la hausse comme à la baisse peut devenir intéressante.

Pour un PP sans levier, une forte baisse des marchés sans dégradation économique majeure est une aubaine.

Dernière modification par AleaJactaEst (12/05/2015 20h56)

Hors ligne

 

#46 22/08/2015 18h27 → Portefeuille d'actions de Sergio8000

Membre
Réputation :   103 

Sergio8000 Heureusement que des personnes comme vous , il y’en à une sur 100 000 voir 1 000 000
Sinan la concurrence serait féroce …

Dernière modification par vbvaleur (22/08/2015 18h43)

Hors ligne

 

Pied de page des forums

Propulsé par FluxBB
Hébergé par Arcustech