Outils pour évaluer une action américaine
Jusqu’ici, j’utilise pour le calcul du DCF d’une entreprise US et les comparaisons entre sociétés la feuille Excel Old School Value.
La semaine dernière, je découvre ValueCruncher.
En quelques clics, il propose une comparaison avec les pairs et un DCF.
Voici un exemple pour PepsiCo (PEP) :
Comparaison avec les pairs
ValueCruncher
Feuille Excel
Discounted Cash Flow
ValueCruncher
Avec un taux d’actualisation à 9% :
Feuille Excel
Avec un taux d’actualisation à 9% :
Justification des écarts
Taux de croissance estimé
L‘écart entre les deux calculs s’explique par le taux de croissance utilisé. ValueCruncher le déduit d’après les estimations futures des analystes, tandis que dans la feuille Excel, on s’appuie sur le taux de croissance annualisé passé des cinq dernières années.
Ici, on voit la “puissance” de la feuille Excel qui met en relief l’historique de cours avec l’historique des DCF :
Même si le taux d’actualisation du DCF est faux (ici j’ai mis un classique pour une blue chip US de 9%), il suffit d’analyser visuellement l‘écart moyen entre le DCF théorique (courbe rouge) et le cours de bourse (courbe violette) : quand l‘écart se creuse par rapport à l‘écart moyen, c’est un potentiel signal d’achat, quand l‘écart augmente par rapport à l‘écart moyen, c’est potentiel un signal de vente.
Sur le graphique, on peut ainsi voir deux potentiels signaux d’achat : fin 1999 et début 2009.
Données divergentes
Le problème de ses outils quantitatifs, c’est que sur certains ratios comme l’EV/EBITDA, les chiffres ne se recoupent pas.
Pour InFinancials, l’EV/EBITDA 2010 de PEP est de 9,33.
Pour Yahoo! Finance, qui est utilisé par la feuille Excel, l’EV/EBITDA TTM (12 derniers mois) est de 10,716.
Pour ValueCruncher, l’EV/EBITDA (pas précisé si c’est le courant ou le futur) est de 10,92 !
C’est un peu mieux si on prend l’EV/Revenue (Revenue = Sales = Chiffres d’Affaires), avec 2,28 pour Yahoo! Finance et 2,26 pour ValueCruncher. On peut donc espérer le ratio à peu près bien calculé !
Un des points fort de ValueCruncher c’est qu’il a en bibliothèque les données d’entreprises UK.
Ce qui permet de comparer par exemple British American Tobacco (BATS) avec Altria Group (MO) ou Philip Morris Internationnal (PM) :
Voici une autre analyse avec la feuille Excel, pour Jonhson & Jonhson (JNJ). Pour rapprocher le DCF (courbe rouge) du cours de l’action, j’ai mis un taux d’actualisation de 15% :
Impressionnant comme l’outil détecte bien les signaux d’achat et de vente !
Il manque un screener “value”
L’inconvénient de ces outils gratuits c’est qu’ils ne permettent pas de lancer des recherche sur les entreprises qui cotent nettement en deçà de leur DCF. Il faut le faire entreprise par entreprise.
Sur des screeners payants, il est possible de définir ses propres ratios et alertes en cas de franchissement de seuil.
Une autre stratégie que j’utilise est de tester les valeurs qui se rapprochent de leur plus-bas à 52 semaines. Par exemple, en ce moment ce sont certaines valeurs de la grande distribution US qui sont pénalisées, comme Kroger (KR). Mais je n’y ai pas vu pour autant d’opportunité d’achat.
Je trouve quand même impressionnant comment à partir d’une simple feuille Excel il est déjà possible d‘évaluer quantitativement une action. Je n’imagine même pas les outils que les gérants professionnels ont à leur disposition. Leur sous-performance par rapport aux indices est encore plus incompréhensible ?
Comme toujours sur les valeurs françaises, il est impossible d’utiliser la même stratégie, compte-tenu de la pauvreté des informations financières à notre disposition. J’ai quand même envisagé d’essayer de créer prochainement une sorte de screener pour valeurs françaises, en “aspirant” les chiffres présents sur Fininfo. Mais ce n’est pas pour tout de suite !
PS : pour rappel, le DCF ne marche pas pour les valeurs financières ou avec les start-up.
"Quand la marié est trop belle, c’est souvent qu’elle a la vérole." – Adage populaire











